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  • Du pain, un tampon, un silence…

    Du pain, un tampon, un silence…

    Une femme attend un cachet. Une autre retire son voile, au milieu des caméras. Ailleurs, des mères comptent les jours derrière des barbelés. Dans plusieurs pays, tels que l’Afghanistan, l’Iran, la Syrie ou l’Irak, le sort des femmes se négocie désormais à hauteur de corps : corps contrôlés, corps punis, corps rançonnés. Il est primordial de se pencher sur les facteurs déclenchants : l’aide humanitaire, la loi, la guerre, la « morale ». Et pose une question simple, brutale, froide : quand l’État devient l’arbitre du quotidien, que reste-t-il d’une liberté ?

    En Afghanistan, des témoignages font état d’exploitations sexuelles en échange d’accès à l’aide alimentaire, dans un contexte de pauvreté et de restrictions imposées aux femmes. En Iran, la répression d’un régime islamique à bout de souffle — et en soins palliatifs — fait plus de 30 000 morts, 100 000 blessés et plus de 41 000 prisonniers. Une question demeure : quelle est la destinée des femmes ?

    L’effacement organisé (de la présence publique) des femmes afghanes

    Ici, le récit ne débute pas par un discours, mais par une file d’attente. Pour obtenir une carte d’aide, il faut un document, puis une validation par des « autorités » locales. Dans ce goulot, la dépendance crée une zone grise. Elle devient celle où l’on monnaye une signature, un cachet, une place sur une liste. « Avant de pouvoir accéder à l’aide, Laila (prénom d’emprunt) avait besoin de remplir un formulaire et de le faire estampiller par l’imam de sa mosquée locale ou son Wakil Guzar, un leader communautaire qui agit comme médiateur entre le gouvernement et le public », relate Rukhshana Media.

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    Rukhshana Media rapporte des allégations de femmes à qui des responsables auraient proposé des faveurs en échange d’actes sexuels. Ce qui décrit une prédation enracinée dans l’asymétrie totale entre la partie qui demande et celle qui détient l’autorité.
    Laila a perdu son mari en 2020. Veuve avec trois enfants, elle a trouvé du travail de cuisine et de ménage. Mais, tout lui est retiré quand les talibans arrivent au pouvoir. Désespérée, elle visite son Wakil Guzar pour solliciter leur aide.

    « Le jour où je suis allé le voir, il était seul. Il s’est approché de moi et a essayé de me toucher. J’étais tellement terrifié que je ne me souviens même pas comment je suis sorti de son bureau. » (Crédits : Stringer/Reuters)

    Elle s’est juré de ne plus s’approcher de cet homme, quitte à mourir de faim. « Je lui ai raconté que je venais de perdre mon mari, que mes enfants mouraient de faim, et je l’ai supplié de m’aider pour l’amour de Dieu », raconte-t-elle. « Il a dit que si je l’invitais chez moi pour la nuit, il ne m’obtiendrait pas une, mais deux cartes. » Ce qui change depuis 2021 n’est pas seulement une liste d’interdictions ; c’est une architecture. Les rapports onusiens décrivent la persistance de restrictions majeures sur l’éducation, le travail, la circulation et l’accès à l’espace public pour la gent féminine, peu importe son âge.

    Dans ce système, le risque va au-delà de la violence physique : c’est l’effacement progressif. Quand une femme ne peut ni travailler, ni étudier, ni se déplacer librement, la survie devient une négociation permanente — et cette négociation, dans une économie informelle, expose aux abus, aux violences, aux crimes.

    Depuis la prise de pouvoir des talibans en août 2021, les Afghanes sont progressivement reléguées aux sphères privées. Selon les rapports des Nations unies, elles sont désormais interdites d’enseignement secondaire et universitaire, exclues de nombreux emplois, notamment dans les ONG nationales et internationales, et soumises à des restrictions strictes de déplacement sans accompagnateur masculin. Cette exclusion ne constitue pas une mesure isolée, mais un système cohérent de gouvernance visant à limiter leur autonomie sociale, économique et politique.

    Un effacement systémique

    15 août 2021 — Le monde du silence, pour les femmes, la rupture se joue dans des gestes minuscules et irréversibles. Les talibans demandent aux femmes de rester chez elles, « provisoirement ». Le provisoire devient une condition. Des enseignantes ne retournent pas dans leurs écoles. Des employées attendent des appels qui ne viendront jamais. Le travail disparaît, simplement par absence.

    En septembre 2021, les portes des écoles se referment pour les filles. À partir de 12 ans, l’éducation cesse. La rupture est clairement définie, administrative, froide. Une génération entière bascule dans l’attente. Les cartables restent posés contre les murs, comme des objets qui ne servent plus à rien. Dès décembre, les déplacements deviennent conditionnels. Une femme ne peut plus voyager seule, sans accompagnateur. Le mouvement subroge l’autorisation. La liberté évolue en exception. (Crédits : Faruk Tokluoğlu/Pexels)

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    En mai 2022, le visage disparaît, le voile intégral s’impose dans l’espace public. Le corps féminin doit se dissoudre dans le tissu. Le décret ne parle pas d’effacement, mais il le produit. L’individu devient silhouette, la silhouette une ombre, l’ombre une poussière. En décembre de la même année, les universités ferment leurs portes aux femmes. Des milliers d’étudiantes quittent les campus. Certaines pleurent devant les grilles closes. D’autres brûlent leurs notes.

    Femme, neige, nature

    Au mois d’avril 2023, les organisations internationales ne sont plus un refuge. Elles ne peuvent plus travailler pour les Nations unies. Le dernier espace institutionnel s’efface. L’aide continue d’exister, mais elles ne peuvent plus y participer.
    En juillet 2023, les salons de beauté ferment, sur une simple injonction orale. Ces lieux, à la fois des zones de travail et de sociabilité, disparaissent. Plus de 12 000 femmes perdent leur revenu. L’économie informelle s’effondre comme leurs futurs.

    En 2024, leurs timbres de voix deviennent même une infraction. Il est interdit aux femmes de chanter, de parler en public. Le silence se métamorphose en une norme, mais les Afghanes expriment leur détermination en chantant. Il se semble plus rester de libertés aux femmes, et pourtant. Les talibans offrent aux femmes une invisibilité comme horizon. (Crédits : Ankiyay/Pexels)

    Les restrictions forment un système. Absente des écoles, des universités, des institutions, de nombreux lieux de travail, la seule présence d’une femme dans le paysage du « cimetière des Empires » devient une anomalie. Les Afghanes n’ont pas disparu. Elles vivent, respirent, survivent, pensent, espèrent. Mais leur existence est contenue dans des espaces invisibles.

    Des articles absurdes fleurissent. L’une des dispositions les plus frappantes est l’article 34. Il dispose qu’une femme peut être incarcérée pendant trois mois simplement pour être restée chez sa famille sans l’autorisation de son conjoint ou sans ce que l’on appelle une « raison justifiée par la charia ». L’article 32 stipule que si un mari bat son épouse avec une force disproportionnée — définie comme causant des fractures, des blessures ou des ecchymoses visibles — il peut être condamné à 15 jours d’emprisonnement, à condition que la femme puisse prouver les abus devant le tribunal.

    Peine capitale pour un apostat

    L’article 37 prévoit une peine de prison d’un an à un homme pour avoir tenu par la main, enlacer ou embrasser une femme. L’article 58 prévoit qu’une femme apostate — quelqu’un qui quitte l’islam — peut être condamnée à la réclusion à perpétuité. De plus, elle doit recevoir dix coups de fouet tous les trois jours jusqu’à ce qu’elle revienne à la foi. La punition pour les apostats n’est pas explicite, mais, selon la tradition jurisprudentielle hanafite que les talibans suivent, les hommes ont jusqu’à trois jours pour se repentir et revenir à l’islam avant de faire face à la peine capitale s’ils refusent de se rétracter.

    Ainsi, l’effacement des femmes n’est pas physique. Il est administratif, juridique, social. Il est organisé méthodiquement. Cette marginalisation a des conséquences directes sur la survie matérielle. Dans un pays où, selon les Nations Unies, 22,9 millions de personnes ont besoin d’une aide humanitaire, son accès devient un levier de vulnérabilité. Rukhshana Media rapporte des témoignages de femmes affirmant avoir subi des pressions. Tout comme le sort réservé à la journaliste Nazira Rashidi. Elle a été arrêtée le mardi 6 janvier à 8 h du matin dans la province nord-est de Kunduz. Puis plus de nouvelles… (Crédits : Faruk Tokluoğlu/Pexels)

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    La disparition des femmes de l’espace public ne signifie pas qu’une perte de droit, mais une transformation structurelle de leur existence. Privées d’éducation, d’emploi et de liberté de circulation, elles sont soumises à l’autorité politique et religieuse, plus simplement aux hommes, à leurs bourreaux : les talibans. Cette dernière augmente l’exposition aux abus, tout en réduisant leur capacité à les signaler ou à s’en protéger. Leur existence se mue en résistance, une question de vie… de survie.

    Depuis Mahsa Amini, le corps des femmes est une ligne de front, en Iran

    Le 16 septembre 2022, Mahsa Jina Amini, 22 ans, meurt à Téhéran après son arrestation par la police « des mœurs » pour un port du voile jugé « inapproprié ». Sa disparition déclenche une onde de choc immédiate. En quelques jours, un tsunami déferle sur plus de 160 villes, portées par un slogan qui devient un manifeste : « Femme, Vie, Liberté». Ce mouvement ne se limite pas à la contestation d’une loi vestimentaire. Il remet en cause le principe même d’un ordre politique fondé sur le contrôle des corps féminins, du corps des filles et des femmes.

    Révolte, Iran, femme

    Plusieurs chercheurs affirment que ce moment est une rupture. La question des femmes cesse d’être un enjeu social périphérique pour devenir un point de fracture central entre le peuple et le pouvoir. Selon l’anthropologue Chowra Makaremi, cette situation relève d’une incompatibilité structurelle entre une communauté en mutation et une autorité théocratique basées sur la régulation du féminin.

    Le gouvernement iranien l’use comme un marqueur politique. Le contrôle vestimentaire, les sanctions pour non-conformité, et les condamnations de femmes. Des cas documentés incluent des peines corporelles pour des infractions en relation aux normes sociales, ainsi que des exécutions dans des contextes de violence conjugale ou de mariage dit précoce.

    Malgré ces contraintes, les Iraniennes demeurent visibles et actives dans la société, ce qui les place dans une position paradoxale : présentes sous surveillance constante.

    La réponse de l’État est immédiate et brutale. La répression s’organise à plusieurs niveaux : arrestations massives, usage de la force contre les manifestants, condamnations judiciaires accélérées… (Crédits : Capture d’écran/X (anciennement Twitter)

    Puis l’estimation tombe comme un couperet, femmes et hommes confondus, filles et fils : plus de 30 000 morts et 100 000 blessés. Des milliers de personnes sont arrêtées, parmi lesquelles de nombreuses femmes, étudiantes, journalistes, avocates ou simples citoyennes. Certaines sont détenues sans procès, d’autres condamnées à de lourdes peines de prison. Des organisations de défense des droits humains documentent également le recours à des violences physiques et psychologiques, visant à dissuader toute forme de dissidence. Mais la stratégie du pouvoir ne se limite pas à la répression directe, à la persécution. Elle s’inscrit dans une tentative plus large de réaffirmation de son autorité symbolique. Des familles sont obligées de débourser des sommes astronomiques pour récupérer le corps d’un enfant, d’un mari, d’une sœur.

    Le féminin devient un espace de contrôle politique. Le voile, au-delà de sa dimension, fonctionne comme un marqueur de loyauté envers le régime. Les Iraniennes tombent le voile. Marcher dans les rues en portant un simple t-shirt constitue une forme de protestation. C’est un symbol non seulement de leur droit fondamental à la liberté d’expression, mais aussi leur combat pour la liberté vestimentaire.

    Selon les analyses publiées dans The Conversation, le pouvoir iranien perçoit cette désobéissance comme une menace existentielle. En effet, elle remet en cause le fondement idéologique de la République islamique, construite en partie sur la régulation des comportements féminins, ainsi qu’une interprétation des vers et sourates du Coran issue de son écriture au septième siècle de notre ère. (Crédits : La Presse canadienne/Darryl Dyck)

    Liberté, femmes, Iran

    Face à cette contestation, le régime développe une stratégie d’effacement. Il s’agit non seulement de punir, mais aussi de faire disparaître le mouvement, au même niveau des répressions ensanglantées — comme celle de 1988 — lors des différentes oppositions au régime. Le Guide suprême, l’ayatollah Khomeini, prend, en 1980, le contrôle total de la République islamique d’Iran servi par les gardiens de la révolution islamique. Face à l’acharnement du pouvoir en place, le peuple iranien se soulève.

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    Malgré les efforts fournis, le mouvement « Femme, Vie, Liberté » n’a pas disparu. Il s’est transformé. La protestation ouverte dans les rues fait place à une résistance plus diffuse, inscrite dans les gestes quotidiens : le refus du voile, la présence dans l’espace public, la visibilité assumée.

    Selon plusieurs analyses, cette transformation marque une évolution profonde. La contestation ne repose plus uniquement sur des manifestations, mais sur une modification progressive des comportements sociaux. C’est une confrontation entre deux visions du pouvoir, entre deux temps dont l’un est révolu. D’un côté, un régime qui considère le contrôle des femmes comme de sa légitimité. De l’autre, une partie croissante du peuple iranien refuse cette assignation. Elles ne sont plus seulement des symboles dans ce conflit : elles en sont devenues les actrices principales. (Crédits : AFP)

    Depuis la mort de Mahsa Amini, la République islamique d’Iran se trouve confrontée à une contestation qui dépasse amplement la question du voile. Elle touche à la nature même du pouvoir, à la légitimité de Ali Hossaini Khamenei et ses 86 ans. Mais aussi à l’imposition de la vision du corps, de la liberté et de l’ordre social. Le mouvement « Femme, Vie, Liberté » incarne cette fracture. Et malgré la répression sanglante, il continue d’exister — non plus seulement comme un slogan, mais comme une transformation durable du rapport entre les femmes et l’autorité, le renouveau d’un peuple.

  • L’étonnant printemps de 1925

    L’étonnant printemps de 1925

    Une société évolue sans cesse, sinon elle meurt. Si les femmes voient leurs droits et leurs devoirs s’aligner sur ceux des hommes, ce ne fut pas toujours le cas. La politique se targue de vouloir afficher autant de femmes que d’hommes dans les assemblées. Mais il a fallu bien du courage aux femmes, aux suffragettes peu importe le parti politique, pour se mettre dans la lumière en 1925. Si les réseaux libèrent la parole et la portent aux quatre coins du monde, seule la presse existe en 1925, il ne faut pas l’oublier. La liberté d’aujourd’hui s’est construite hier.

    Le 26 août 1925, le quotidien « Le Journal » publie un croquis satirique intitulé « L’évolution féminine ». Derrière la caricature, un constat : la société française change, lentement, mais irréversiblement. Alors que l’Europe panse encore les plaies de la Grande Guerre, déjà, une autre bataille s’esquisse : celle de l’émancipation des femmes.

    Élues sans avoir le droit de vote

    Ce printemps-là, les Français sont appelés aux urnes pour les élections municipales des 3 et 10 mai 1925. Le scrutin marque un tournant. Le Parti communiste ose présenter une dizaine de candidates, un geste plus qu’audacieux à une époque où l’idée même d’une femme en politique hérisse encore la plupart des formations. « En dehors du Bloc ouvrier et paysan, les femmes candidates sur des listes électorales sont loin de réjouir les autres partis », rappellent les archives. Mais l’histoire s’écrit dans le tumulte : pas à pas, une brèche s’ouvre dans le mur de l’exclusion.

    La polémique est telle que le ministère de l’Intérieur doit intervenir. Il ordonne à la préfecture de la Seine d’instruire chaque bureau de vote : les bulletins déposés en faveur d’une candidate doivent être comptés. Une précision qui en dit long sur les résistances de l’époque.

    Et le 10 mai, l’impensable se produit : plusieurs femmes accèdent à des conseils municipaux de banlieue parisienne. Augustine Variot à Malakoff, Marie Chaix à Saint-Denis, Marthe Tesson à Bobigny. Événement doublement paradoxal : ces élues siègent dans l’arène politique… sans avoir, elles-mêmes, le droit de voter. Cela semble ubuesque aujourd’hui, mais « plus d’une dizaine d’entre elles sont élues », écrit Retronews.

    Mais l’accession de Marthe Tesson au poste d’adjointe au maire soulève alors un brouhaha national. Comment admettre qu’une femme dirige… alors qu’elle n’est même pas reconnue électrice ?

    Un imbroglio politique

    À travers ce printemps mouvementé, un symbole s’impose : l’égalité réelle ne naît pas d’un décret unique, mais de batailles successives, de brèches ouvertes et de résistances affrontées. Comme le dessin du quotidien Le Journal, l’évolution d’une société se mesure à l’équité de ses droits et de ses devoirs.

    Il faudra attendre vingt ans encore, et l’ordonnance du 21 avril 1944, pour que les Françaises obtiennent enfin le droit de vote et d’éligibilité. Mais en ce mois de mai 1925, dans les urnes de banlieue, le futur de la République s’était déjà invité. (Crédits : Le Journal/BnF/Gallica)

    L’exemple de Marthe Tesson ou Marie Chaix est criant de vérité sur la société d’hier, elle évolue petit à petit. Marthe Tesson siégera au conseil municipal de Bobigny jusqu’en novembre 1925, en tant que deuxième adjointe. Une suspension préfectorale d’un mois prononcée le 15 juin 1925, puis une de trois mois le 11 juillet entravent leurs avenirs d’élues politiques. Marthe Tesson et Marie Chaix, portent un recours devant le Conseil d’État, mais celui-ci sera rejeté le 29 janvier 1926. Elles quittent leurs fonctions le jour même.

  • Accès suspendu à Pornhub, et après…

    Accès suspendu à Pornhub, et après…

    Depuis le milieu de l’après-midi du mercredi 4 juin 2025, certains sites WEB proposant du contenu pornographique sont suspendus. YouPorn, RedTube et Pornhub de l’éditeur Aylo ne sont plus « accessibles » en France. L’un engage la liberté, l’autre la protection des mineurs. « S’ils ne veulent pas protéger nos enfants, alors qu’ils s’en aillent. C’est inacceptable, ce coup de pression qu’ils nous mettent », répond Clara Chappaz, ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du numérique.

    « À partir du 4 juin, nous suspendons l’accès à notre site Internet en France pour s’adresser à vous, nos usagers adultes français ! », écrit Aylo, éditeur de trois sites pornographiques (YouPorn, RedTube et Pornhub). Suite au blocage des sites pornos accessibles aux mineurs, la ministre se targue en affirmant que : « comme un videur en boîte de nuit, il nous faut aujourd’hui une vérification d’âge. » Peut-on encore protéger efficacement les mineurs sur le web, avec en permanence leur smartphone, quand la technologie évolue plus vite que la loi et que les adolescents en maîtrisent déjà tous les codes ?

    La bataille est engagée

    Cette interrogation, que partagent de nombreux parents, enseignants comme juristes, révèle la complexité d’un monde numérique en mutation constante. Les jeunes savent déjà contourner les filtres, créer des comptes anonymes, utiliser des VPN, change de serveur DNS et bien d’autres astuces encore. Face à cela, les lois, souvent lentes à être votées puis appliquées, peinent à suivre dans le WEB 2.0.

    Les internautes français découvrent désormais une page d’accueil vide, car ils sont inaccessibles depuis le territoire. Enfin, pas tout à fait vide, une illustration évoquant le tableau d’Eugène Delacroix « La Liberté guidant le peuple » est proposée avec un texte. La cause ? Une loi française exigeant des sites pornographiques une vérification d’âge plus stricte, destinée à bloquer l’accès des mineurs.

    Sur le papier, l’intention est noble. Éviter que nos enfants, parfois dès 11 ou 12 ans, ne tombent sur des contenus explicites. Les contenus proposés, qui mettent en scène des acteurs et actrices, sont de la fiction, qui peut être souvent violents ou dégradants. La réaction d’Aylo en dit long : elle préfère se retirer que se soumettre à des obligations jugées « dangereuses pour la vie privée » et « techniquement inefficaces ». (Crédits : Pavel Danilyuk/Pexels)

    L’Arcom affiche des statistiques sur un rapport de mai 2023 : dès 12 ans, plus de la moitié des garçons se rendent sur des sites adultes en moyenne chaque mois (12-13 ans, 51 % de garçons, 31 % de filles). « Je refuse que nos enfants grandissent avec la pornographie », assure la ministre. L’étude porte sur 14 111 sites recensés par Médiamétrie, dont 179 sites disposent d’une audience significative, soit plus de 50 panélistes. En précisant que les plateformes de partage de vidéos ou les réseaux sociaux ne sont pas prises en compte.

    Pornographie cs Réalité

    La fiction cinématographique suit l’évolution de la société. Par des expériences neurobiologiques, en faisant visionner des images pornographiques à des mineurs avec des capteurs sur le cerveau, vous observerez des réactions neurobiologiques apparentes sont les mêmes que dans un trauma, explique Marie Estelle Dupont, psychologue clinicienne.

    Quand tout un chacun visionne vidéos et images, les neurones miroirs entrent en jeu. L’apprentissage par répétition produit des traces mnésiques. Nommée aussi « engramme », elle est une modification durable du cerveau résultant de l’encodage d’une nouvelle information. L’apprentissage s’effectue par l’encodage, la consolidation, le stockage et le rappel. Lorsqu’une expérience, un fait ou une compétence est appris, le cerveau ne se contente pas de stocker cette information de manière statique.

    Ce concept fondamental amène à comprendre comment notre cerveau encode, conserve et rappelle les informations. Chaque souvenir, chaque compétence apprise laisse une empreinte durable dans notre cerveau, façonnant notre capacité à naviguer dans le monde.

    « Quand vous aimez le tennis et que vous regardez Roger Federer jouer au tennis, vos neurones miroirs vont faire progresser les schémas moteur. Mais quand vous regardez une scène de crime, une scène de viol, une scène de torture, vous avez des traces mnésiques », explique Marie Estelle Dupont.

    Pour prendre du recul, l’expérience est vitale. Le mineur n’a pas la maturité pour cela. Ce qui explique « quand on fait des enquêtes, il y a 46 % des jeunes qui nous disent qu’ils ont des pratiques violentes. 97 % du temps, c’est des garçons vers les filles, évidemment, puisque dans le porno, on retourne à quelque chose de très archaïque, où, en fait, ce n’est pas la dimension du plaisir qui compte, c’est la dimension de la domination et de la destructivité », martèle Marie-Estelle Dupont. (Crédits : Liza Summer/Pexels)

    Sur les réseaux, de nombreuses vidéos évoquent un chiffre, prônant la quantité à la qualité : le « bodycount ». Ce dernier prône la qualité des personnes. Comme par hasard, une fille qui aurait, selon les suppositions perdrait de sa « valeur » selon certains « influenceurs ». Les mêmes garçons qui ont été biberonnés à la pornographie débridée, où, quand ils émettent une onde cérébrale, pensent que les fictions pornographiques sont la réalité. « Maintenant, il y a une notion de réputation sexuelle où, si les filles ne se soumettent pas à très jeune à certaines pratiques, elles ont peur d’être harcelées et qu’il y ait un espèce d’effet de délation de celles qui ne veulent pas. »

    Temps juridique vs Adolescents

    L’étude de l’Arcom détermine que 57,5 % des garçons de 12 à 17 ans consultent des sites à caractère pornographique, contre 27,25 % des filles du même âge. Pour de nombreuses personnes, cette loi est une avancée essentielle. La bataille entre les législateurs et les adolescents ressemble à un jeu de chat et de souris… sauf que la souris court à la vitesse de la fibre, et le chat s’embourbe dans les procédures parlementaires. La loi française du 30 juillet 2020, comme celle en cours au Royaume-Uni (Online Safety Act, votée en 2023), et la loi étasunienne Senate Bill 287, plus connue sous « S.B. 287 », imposent donc un contrôle renforcé.

    Il est nécessaire de prouver son identité par différents moyens (carte bancaire, reconnaissance faciale…), autant d’outils pour s’assurer que l’internaute est majeur.

    En France, la loi produit ses premiers effets. Côté britannique, elle entrera pleinement en vigueur dans un mois, avec des obligations de « robust age assurance » pour les plateformes. Mais là encore, le rythme reste lent face à la créativité numérique des adolescents. Pendant ce temps, les États-Unis avancent en ordre dispersé. La Californie indique que toute application qui ne limite pas ses contenus nocifs aux mineurs peut être poursuivie en justice. L’approche plus dissuasive que protectrice ne garantit pas non plus une application uniforme à l’échelle fédérale. Partout, les États tâtonnent, contraints de réécrire des lois dans un monde où les ados ont déjà changé de plateforme, de langage et d’algorithmes. Le temps juridique est un temps long, le leur est instantané. (Crédits : Kindel Media/Pexels)

    Finalement, on peut bien légiférer, filtrer, surveiller… Mais peut-on vraiment protéger efficacement les mineurs dans un univers qu’ils comprennent mieux que nous ? Quand la technologie galope, que les codes se déverrouillent à douze ans, et que la loi, elle, marche encore à pas d’escargot ? Cette question, chaque parent se la pose. Mais c’est une question d’éducation. Le comportement, les attitudes, le savoir-vivre sont l’apanage des parents ou de l’État ? Logiquement, l’État produit des enseignements et les parents éduquent leurs enfants. Il est temps de remettre l’église au milieu du village, en affrontant avec lucidité et humilité : nous ne dresserons pas de murailles numériques solides si nous oublions de parler, d’écouter et de transmettre.

  • Le célèbre « J’accuse » d’Émile Zola du 13 décembre 1898, sous fond de laïcité

    Le célèbre « J’accuse » d’Émile Zola du 13 décembre 1898, sous fond de laïcité

    Il y a plus de cent ans, que le célèbre écrivain lançait en moins de dix caractères le plus flamboyant plaidoyer. L’affaire Dreyfus divisait la France. Elle est une affaire d’État devenue conflit social et politique majeur de la Troisième République. Tout est issu de l’accusation de trahison portée au capitaine Alfred Dreyfus. Fin de l’année 1894, la condamnation et dégradation du capitaine Dreyfus est une erreur judiciaire documentée sur fond d’espionnage. Le climat de la France est profondément propice à l’antisémitisme.

    L’affaire Dreyfus est un camouflé de justice, au vu de son Histoire. Accusé à tort, il ne récupérera jamais le retard de grade et de solde qui lui ont été enlevés, mais gardera son Honneur contre vents et marées. Il fut tout d’abord condamné à la déportation à perpétuité, ainsi qu’à la dégradation publique en 1894. Cinq ans plus tard, sa peine est commuée à dix ans de réclusion. Il sera enfin acquitté le 12 juillet 1906.

    Révolution française, Religions et Laïcité

    Ces trois choses forment un triptyque qui érige la société. Elles sont imbriquées et indissociables. Mais pour comprendre, plusieurs périodes sont à prendre en compte. La IIIe République avec l’affaire dite Dreyfus, les fondements de l’article 10 de la Révolution française et la mise en application d’une loi la liberté de conscience.

    La IIIe République, ou la mise en application

    En 1894, la IIIe République est toute jeune. Elle atteint ses vingt-quatre ans. Mais déjà, les crises s’enchaînent : le boulangisme (1889), le scandale de Panama en 1892, et la menace anarchiste. Mais le point essentiel apparaît en décembre 1898, lorsque l’affrontement entre dreyfusards et antidreyfusards devient prégnant. Mais ce qui fera bouger les choses est que ce mouvement menace la stabilité de la République.

    (Crédits : Le Temps/BnF/Gallica)

    Leur texte fondateur est « L’Appel à l’union », paru le 23 janvier 1899 dans le journal Le Temps, appel au calme. Les dreyfusiens soutiennent la politique de Waldeck-Rousseau et prônent une laïcisation de la société.

    La Laïcité, késako ?

    Oui, mais qu’est-ce que la laïcité ? C’est un terme employé à tort et à travers. Chaque politique y va de sa définition. Elle est issue de la Loi du 9 décembre 1905, qui instaure la séparation de l’État et des Religions. Pour tenter de comprendre ce qu’est la Laïcité, il remonter à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Sous la Révolution française de 1789, la Convention projette de rendre l’école obligatoire et gratuite. Condorcet recommande un système d’enseignement laïc, ainsi que l’égalité entre filles et garçons en 1792.

    L’article 10 dispose que « nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la Loi. » Le 18 juin 1833, François Guizot, alors ministre de l’instruction publique fait voter une première loi relative à l’enseignement primaire.

    C’est en 1882 que la Loi passe via Jules Ferry. Il instaure de la même façon, je jeudi de repos pour tous les écoliers. D’où l’expression de la semaine des quatre jeudis et des trois dimanches.

    Puis le 9 décembre 1905, la loi de séparation de l’État et de l’Église. Dans son article 1er « La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l’intérêt de l’ordre public. »

    (Crédits : svklimkin/Pixabay)

    La liberté de conscience est donc de mise. Quelle est la définition de ce mot, car elle instaure les fondements de la laïcité ?

    La liberté de conscience

    Tout vient de ce terme. Mais comme la langue française est vivante, les sens et définition évoluent. Quelle est votre définition ? Que ressentez-vous lorsque vous entendez ce mot, que vous soyez une femme comme moi ou un homme, jeune ou moins jeune ? Pas facile à définir, n’est-ce-pas.

    La première édition de l’Académie française date de 1694. La conscience est la « lumière intérieure, sentiment intérieur par lequel l’homme se rend témoignage à lui-même du bien et du mal qu’il fait. »

    En 1878, elle est associée au Conseil de conscience. Ce Conseil qui était établi pour régler les affaires ecclésiastiques. Depuis la séparation de l’État et de l’Église donc des cultes en général, et surtout de la définition de 1935, la conscience est devenue, du moins sa liberté « pour chacun de croire ce qu’il veut et de conformer ses actes à ses croyances. »

    La loi comme tout texte juridique est issue des us et coutumes, qui deviennent Lois. Elles sont soumises à interprétation.

    (Crédits : Jose Romo/Pixabay)

    La laïcité est donc la liberté de conscience. Pour autant elle diffère, la conscience des expériences de vies, de votre culture, de vos origines… chacun possède son avis propre depuis la loi de 2004. Le partager peut engendrer des conflits, il est préférable quelques fois de se taire pour ne pas souffler de mauvaises idées. Car, comme disait l’inspecteur Harry en 1971 : « Les avis, c’est comme les trous de cul : tout le monde en a un ! »

  • Qu’est-ce que l’effet Streisand ?

    Qu’est-ce que l’effet Streisand ?

    Il n’en faut pas plus que d’interdire quelque chose pour que tout le monde en parle. Le président du tribunal judiciaire de Paris a fait injonction à Mediapart de ne pas publier de nouvelles révélations sur les pratiques politiques de Gaël Perdriau. « Cette censure préalable est une attaque sans précédent contre la liberté de la presse », explique Edwy Plenel, directeur de la publication de Mediapart. Le journal s’apprêtait à révéler des pratiques qui seraient en vigueur à la mairie de Saint-Étienne.

    Dans une vidéo le directeur de publication explique que l’histoire débuta quand le journal fit des révélations sur le chantage que l’entourage du maire Gaël Perdriau aurait effectué pendant plusieurs années. Comme dans l’affaire Valbuena une sex-tape, mais cette fois contre son premier adjoint Gilles Artigues. Par commissaire de justice (nouvelle dénomination des huissiers de Justice), une ordonnance du président du tribunal judiciaire de Paris ordonne une « censure préalable ». Autrement dit un commandement judiciaire de non-publication assorti de 10 000 € par extrait publié.

    « La loi qui régit la liberté de la presse en France, la loi du 19 juillet 1881, cette loi d’immense conquête républicaine a un article premier qui dit la librairie et l’imprimerie sont libre. Autrement dit, la parole et l’écrit sont libres », martèle Edwy Plenel. Une censure sans précédent indique-t-il.

    Oise Hebdo, journal fondé et dirigé par Vincent Gérard, avait été condamnée le vendredi 14 août 2015 à retirer de la vente les quelque 20 000 exemplaires de son dernier numéro. Le tribunal de Beauvais avait imposé le retrait de tous les points de vente son journal avant samedi, 18 h. À défaut, la société éditrice se devra d’acquitter une astreinte de 500 euros par heure de retard, ainsi qu’une peine d’amende de 500 euros par infraction constatée. La cour d’appel d’Amiens avait cassé le référé pour atteinte à la vie privée.

    L’effet Streisand

    Le hashtag « Streisand » est populaire sur twitter, mais qu’est-ce que ce fameux effet ? Une définition simple est l’effet boomerang des tentatives de censure médiatique. Il évoque une mésaventure vécue par l’actrice américaine en 2003. Le litige est la divulgation d’une photo. Ken Adleman, millionnaire de la Silicon Valley et écologiste, avait survolé la côte californienne en prenant de nombreuses photos. Sur son site WEB, il publia 12 000 clichés photographiques. Jusque-là limité à une audience confidentielle, le site enregistre dès lors des centaines de milliers de vue quand Barbara Streisand se mêla de l’histoire.

    Le cliché et la fameuse maison dont il est question. (Crédits : Kenneth & Gabrielle Adelman/California Coastal Records Project)

    Depuis que Barbra Streisand avait intenté un procès de 10 millions de dollars contre Ken Adelman, lui demandant de retirer de son site Web une photo aérienne de sa propriété de Malibu située au bord de l’océan, plus de 420 000 personnes ont visité le site. Les exemples associés à l’effet « Streisand » sont nombreux. L’émission TPMP et son animateur Cyril Hanouna avec le député Louis Boyard, la DCRI qui tentait de faire interdire une page Wikipédia, la rumeur d’une liaison entre l’ancien président de la République française François Hollande et Anne Hidalgo…ou encore celle concernant le footballeur gallois Ryan Giggs en avril 2011. À trop vouloir interdire quelque chose qui était passé sous les radars, vous attirez encore plus l’attention, c’est l’effet « Streisand ».

  • Mahsa Amini, 22 ans morte pour un voile

    Mahsa Amini, 22 ans morte pour un voile

    Depuis la mort le 16 septembre 2022 de Mahsa Amini dans un hôpital à Téhéran, l’Iran s’est embrasé. La jeune femme de 22 ans avait été arrêtée par la police des mœurs pour non-respect du code vestimentaire. Toutes les couches de la population sont touchées. Le pouvoir est octroyé bon gré mal gré aux hommes, qui plus est religieux. Depuis 1983, la loi n’a cessé de se durcir jusqu’au décret du 15 août 2022 exposant les femmes à des punitions encore plus sévères.

    Elle pourrait être ma sœur, votre nièce, votre fille, votre voisine, votre amie, votre copine, votre compagne, ou tout simplement l’inconnue croisée au détour d’une rue… Mahsa Amini est morte à l’âge où commence la vie, morte à 22 ans pour ne pas voir « correctement » portée un voile, un hijab selon la loi en vigueur en République islamique d’Iran décrétée par le guide suprême et le président actuel.

    La police des mœurs, qui l’a accusée d’avoir enfreint la loi obligeant les femmes à se couvrir les cheveux avec un hijab et les bras et les jambes avec des vêtements amples. Elle s’est effondrée après avoir été emmenée dans un centre de détention pour y être « éduquée ». Le voile symbole préhistorique du régime abusif des mollahs (Crédits : DR)

    Mahsa Amini, était une Iranienne d’origine kurde de 22 ans, née à Saqqaz, dans le nord-ouest de l’Iran. Selon différentes sources, elle avait récemment été acceptée à l’université d’Urmia. Ce voyage familial à Téhéran était censé être ses dernières vacances avant le début de l’année scolaire. « Mahsa voulait étudier la microbiologie pour devenir médecin », selon le site de la BBC. Un rêve selon les déclarations de la famille à la BBC, un rêve qui ne se réalisera jamais.

    L’image date d’un autre temps, en 1977 à l’université de Téhéran. « Ils ont essayé d’empêcher les femmes d’aller à l’université, mais il y a eu un tel retour de bâton qu’ils ont dû les autoriser à revenir », explique la baronne Haleh Afshar, qui a grandi en Iran dans les années 1960. (Crédits : A. Abbas/Magnum Photos)

    Elle fut arrêtée, le 13 septembre 2022 par l’unité de police en charge du code vestimentaire strict de la République islamique pour les femmes en Iran. Les patrouilles « Al-Irshad » de cette police, connues sous le nom de « Gashti Irshad », sont chargées de « veiller au respect de la morale islamique et de détenir les femmes considérées comme portant des vêtements inappropriés ».

    La photo d’un salon de coiffure en 1977 à Téhéran parait être de la science-fiction. Aujourd’hui les femmes qui sur les différents réseaux sociaux se coupent les cheveux, sortent la tête nue pour dénoncer l’étouffement progressif des femmes depuis 1979. Elles revendiquent leurs libertés de mouvement, de vivre tout simplement. (Crédits : A. Abbas/Magnum Photos)

    Le pays est dirigé par Ali Hossaini Khamenei, dit Ali Khamenei. Il est exercé la profession de religieux dans un pays gouverné par la religion. Il est le guide suprême et occupe des fonctions qui lui confèrent des pouvoirs au-dessus du président. La comparaison pourrait s’effectuer entre la Première ministre, Élisabeth Borne, et le président de la République française, Emmanuel Macron. L’une applique la volonté politique de l’autre.

    Mais qui est le guide suprême Ali Khamenei ?

    Il est né en avril 1939 à Mechhed. Sa loyauté envers le leader religieux, l’ayatollah Khomeiny, lui aurait valu six séjours dans les prisons du schah au cours desquels il aurait été victime de torture. En 1981, Ali Khamenei devient célèbre malgré lui. Il survit à un attentat à la bombe organisé par les Moujahidines du peuple. Une bombe était cachée dans un magnétoscope. Blessé, il en perd l’usage de sa main droite. Quelques mois plus tard, le 13 octobre 1981 il devient le troisième président de la nouvelle République islamique d’Iran jusqu’au 3 août 1989. Depuis le 4 juin 1989, il occupe la fonction de guide suprême. Il décide de tout, nomme, évince, dirige.

    Il y eut un avant et un après de la révolution islamique. Sous couvert de religion, les libertés se sont amoindries, pour les femmes. Les pouvoirs en place accuseront l’occident d’avoir fomenté l’opération Olympics Games pour contrer l’enrichissement d’uranium iranien. (Crédits : DR)

    La loi se durcit depuis l’arrivée au pouvoir des religieux et de la révolution islamique de 1979. En 1983, les personnes se sexe féminin sont contraintes, dès l’âge de 7 ans à porter le Hijab. Elles encouraient, quel que soit l’âge des peines pouvant aller de la prison aux coups de fouet. Depuis le 5 juillet 2022, elles doivent couvrir l’ensemble des épaules en plus des cheveux et du cou. Depuis le décret du 15 août, signé le lendemain par le président Ebrahim Raîssi, les sanctions plus sévères sont prononcées en cas de non-respect.

    Si les tensions sont visibles en Iran et ne cessent chaque jour d’augmenter et de gagner du terrain, elles sont tout aussi violentes chez le voisin irakien. Le retrait de la vie politique du leader chiite Moqtada al-Sadr ce lundi 29 août 2022 a provoqué des affrontements meurtriers à Bagdad. Les autorités dénombrent 30 morts 600 blessés. (Crédits : AFP)

    Selon l’enquête de la police, Mahsa Amini aurait souffert d’un arrêt cardiaque soudain. Au site internet IranWire, le frère de la victime à déclaré qu’il attendait sa sœur à l’extérieur du commissariat, a vu une ambulance en sortir et l’emmener à l’hôpital. Il dit avoir été informé qu’elle avait fait une attaque cardiaque et cérébrale et qu’elle était dans le coma. « Il ne s’est déroulé que deux heures entre son arrestation et son transfert à l’hôpital, a-t-il déclaré, annonçant son intention de porter plainte. Je n’ai rien à perdre. Je ne laisserai pas les choses ainsi sans protester. » La police a nié qu’elle ait été maltraitée, sa famille a déclaré qu’elle était en bonne santé. Selon l’Académie de médecine française les causes d’un arrêt cardiaque sont triples :

    • cardiaques (infarctus du myocarde)
    • broncho-pulmonaire (embolie pulmonaire, obstruction des voies aériennes par corps étranger, strangulation, œdème aigu ou noyade)
    • nerveuse (réflexe vasovagal), hypoxie exogène

    La Haute Commissaire de l’ONU aux droits humains par intérim, Nada al-Nashif, a exprimé « son inquiétude face à la réaction violente des forces de sécurité aux manifestations », et réclamé une enquête « impartiale » et « indépendante ». En marge de l’assemblée générale de l’ONU à New York, le président français Emmanuel Macron a déclaré, après un entretien avec le président iranien Ebrahim Raïssi, avoir « insisté sur le respect des droits des femmes » en Iran.

  • Il y a cent ans… le Sénat garantissait la liberté individuelle

    Il y a cent ans… le Sénat garantissait la liberté individuelle

    Les discussions au Sénat, le 22 juin 1922, se focalisaient sur l’abrogation de l’article 10 du code de l’instruction criminelle. Cet article donnait le pouvoir aux préfets d’arrestation préventive, perquisitions ce sans jugement, du seul fait que le représentant de l’État dans les départements jugeait ladite personne suspecte. Une divergence d’opinions animait les débats. Le garde de Sceaux déclarait que le gouvernement acceptait les conclusions de la commission.

    Si le gouvernement abondait à cette abrogation, Pierre Marraud, sénateur du Lot-et-Garonne, craignait que celle-ci ne désarme la police et la sûreté générale, « notamment lorsqu’il s’agit des espions, des malfaiteurs et des tenanciers de maisons de jeux ». Le rapporteur de la commission soutenait qu’« en matière criminelle, la liberté provisoire est de droit cinq jours après le premier interrogatoire. » Une dérogation de prolongement à dix jours était possible par une ordonnance motivée du juge, puis que le juge d’instruction saisisse la chambre du conseil du tribunal. « Sous le bénéfice de ces observations, nous vous demandons d’adopter le projet qui reproduit, avec de légères modifications, le texte adopté par le Sénat en 1909. » L’article en question était dans le code d’instruction criminelle qui était promulgué par les Lois des 27 novembre et 26 décembre 1808. Il indiquait que « les préfets des départements, et le préfet de police à Paris, pourront faire personnellement, ou requérir les officiers de police judiciaire, chacun en ce qui le concerne, de faire tous actes nécessaires à l’effet de constater les crimes, délits et contraventions, et d’en livrer les auteurs aux tribunaux chargés de les punir, conformément à l’article 8 ci-dessus. » (Code d’instruction criminelle de 1808)

    La police judiciaire recherche les crimes, les délits et les contraventions, en rassemble les preuves, et en livre les auteurs aux tribunaux chargés de les punir.
    Une séance au Sénat du temps où Édouard Philippe était Premier ministre. (Crédits : Mumu’s Pictures)

    Le sénateur de la Vienne, Raymond Duplantier, demandait le renvoi à la commission du projet, pour que les amendements que devaient déposer un certain nombre de sénateurs, soit examiner. La proposition de Duplantier était rejetée par 245 voix contre, et 41 pour. Aujourd’hui, le juge d’instruction ne fait plus qu’un travail de juge du siège. Le travail d’investigation étant largement confié à la police qui est beaucoup plus professionnelle qu’elle ne l’était. En 1808, il accomplissait à la fois le travail du juge d’instruction et de la police.

  • Il y a cent ans… la censure et liberté de la presse en Russie

    Il y a cent ans… la censure et liberté de la presse en Russie

    Le 11 juin 1922, M. Hullinger correspondant de presse à Moscou pour le Chicago Tribune racontait son expulsion de Russie. La raison avancée parce que le journaliste souhaitait informer les lecteurs en toute impartialité. Tandis qu’un siècle plus tard, le conflit armé entre l’Ukraine et la Russie se joue tant sur le terrain militaire que dans la communication, les journalistes ne peuvent exercés leur profession de rapporter les évènements dans le pays dirigé par Vladimir Poutine, sans risque de partir en prison. La liberté de la Presse existe-t-elle ?

    L’homme rendait compte aux lecteurs de son éviction. « Je fus expulsé de Russie parce que j’ai revendiqué le droit pour les correspondants de journaux américains à Moscou, de relater touts les faits, et non pas quelques-uns seulement ; et cela sans être constamment empêché par les ciseaux du censeur politique, qui tout ce printemps a retardé la transmission de ce que le Kremlin ne voulait pas que le monde le sût ». Qu’est-ce que la liberté de la Presse ? Tout dire, pas tout à fait. La personne qui est journaliste doit en toute impartialité raconter des réalités, uniquement les faits, en ayant au préalable croisé à minima trois sources, tout en ménageant le fait de sortir le premier l’information. Ce à l’ère du tout internet, ayant pour finalité d’avoir le plus de visites, ou clicks. Cependant la censure, passe d’abord par le ressenti du rédacteur, puis de son supérieur, pour arriver sur le bureau du rédacteur en chef, etc. puis vient la liberté de la presse.

    « La concentration peut être bienvenue en termes de solidité économique du secteur, mais elle soulève des enjeux d’indépendance éditoriale, spécialement quand des propriétaires ou des administrateurs sont actifs dans plusieurs industries », a affirmé Thierry Breton. (Crédits : RSF)

    La liberté de la presse se réfère à l’article 11 de la Déclaration française des droits de l’homme et du citoyen de 1789. Il dispose que « la libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre à l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi. » Renforcé par l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme aussi dispose la protection de la liberté de la presse.

    L’article 10 de la Convention européenne des droits de l’homme dispose que « toute personne a droit à la liberté d’expression. Ce droit comprend la liberté d’opinion et la liberté de recevoir ou de communiquer des informations ou des idées sans qu’il puisse y avoir ingérence d’autorités publiques et sans considération de frontière. » (Crédits : RSF)

    Si les lois disposent de principes, l’article 10 de la Convention européenne des droits de l’homme n’empêche aucunement les États de soumettre les entreprises de radiodiffusion, de cinéma ou de télévision à un régime d’autorisations, qu’ils définissent. La période rencontrée depuis mars 2020, avec le SARS-CoV-2 remet en question bien des principes. En Europe, depuis le mois d’avril 2021, Thierry Breton expliquait que « la crise sanitaire et économique actuelle pose une multitude de défis à l’écosystème culturel, médiatique et audiovisuel. » Ce qui engendre la Loi européenne pour la liberté des médias (European Media Freedom Act).

    Les menaces sont nombreuses, a souligné Thierry Breton, énumérant « les interférences gouvernementales », « la politisation des médias du service public » et « la forte concentration du capital des médias dans les mains d’une poignée de propriétaires ». (Crédits : DR)

    Bruxelles s’inquiète en particulier des dérives constatées en Hongrie, en Pologne, en République tchèque ou encore en Slovénie… la contribution à cette enquête était ouverte du 21 décembre 2021 au 25 mars 2022. Seuls 1465 avis sont valides, 79 % viennent de Slovaquie, 6 % de France, 5 % de Tchéquie, etc. Ce qui est surprenant est que seulement 0,00033 % d’Européens ont échangé, soit sur 1470 sur 447 millions d’individus sur la CEE.

    Norvège1erDanemark2eSuède3eEstonie4eEire6e
    Lituanie9eLiechtenstein10eJamaïque12eAllemagne16eCanada19e
    France26eEspagne32eAustralie39eUSA42eAndorre53e
    Kosovo61ePérou77eGéorgie89eGabon105eBrésil110e
    Liban130eLibye143eColombie145eSri Lanka146eSyrie171e
    Chine175eBirmanie176eIran178eÉrythrée179eCorée du Nord180e
    PaysPlacePaysPlacePaysPlacePaysPlacePaysPlace
    L’Ukraine est 106e quand la Russie est 155e sur 180 en 2022, le dernier du classement est somme toute logique, la Corée du Nord.
    En 2002, le pays dirigé par Vladimir Poutine était 121e et l’Ukraine 112e. (Crédits : RSF)

    Reporters sans frontières a publié son classement à travers cinq indicateurs :

    • Le politique évalue le degré de soutien et de respect de l’autonomie des médias, face aux pressions politiques exercées par l’État ou d’autres acteurs politiques de la société.
    • L’économique évalue les contraintes économiques liées à des politiques gouvernementales, à des acteurs non étatiques (annonceurs et partenaires commerciaux), et aux propriétaires des médias.
    • Le législatif évalue l’environnement légal et réglementaire dans lequel travaillent les journalistes (niveau de censure, capacité à protéger les sources, impunité des violences commises envers des journalistes par exemple).
    • Le socioculturel évalue les contraintes sociales basées sur des questions de genre, de classe, d’origine ethnique ou de religion. Ainsi que les contraintes culturelles empêchant la remise en cause de certains pouvoirs ou problèmes parce que cela irait à l’encontre de la culture du territoire.
    • La sécurité évalue la capacité à concevoir, collecter et diffuser des informations selon les méthodes et l’éthique du journalisme, sans risque inconsidéré de dommages corporels, détresse psychologique ou émotionnelle, ni risque de préjudice professionnel (perte d’emploi, saisie d’équipements ou saccage d’installations par exemple)

    En Europe, alors que la Norvège reste la tête d’affiche du Classement mondial de la liberté de la presse, la région connaît toujours de très importantes disparités. Les anciens États communistes, l’Estonie (4e) et la Lituanie (9e) font leur entrée parmi les dix pays les mieux classés du monde, alors que les Pays-Bas (28e) les quittent. À la dernière place en Europe, la Bulgarie (91e) est remplacée par la Grèce (108e).

    « Toute personne a le droit d’exprimer ses opinions par la parole, l’écrit, l’image imprimée ou autrement, et de chercher, recevoir et répandre librement des idées et des informations, sans considération de frontières. […] Je ne suis pas d’accord avec la pratique prescriptive de 50 ans à la Mccarthy. » (Crédits : RSF)

    Les protections contre les armes sont le blindage, le gilet pare-balles… mais pour d’autre, comme la propagande, il est difficile de se prémunir. L’invasion de l’Ukraine par la Russie le 24 février 2022 est emblématique, car préparée par une guerre de la propagande. La Chine (175e) a utilisé son arsenal législatif pour confiner sa population et la couper du reste du monde, particulièrement celle de Hong Kong. La logique d’affrontement des « blocs », comme ce le fut au temps de la « Guerre froide » se renforce, au même degré qu’entre l’Inde (150e) du nationaliste Narendra Modi et le Pakistan (157e). Au Moyen-Orient, l’insuffisance de la liberté de la presse, où l’omniprésence de la propagande continue d’impacter le conflit entre Israël (86e), la Palestine (170e) et les pays arabes. La liberté d’informer continue de faire des orphelins, d’endeuiller et de déchirer des familles, avec les disparitions de Frédéric Leclerc-Imhoff, Armando Linares, Roberto Toledo, Juan Carlos Muniz

  • Et s’ils avaient raison ?

    Et s’ils avaient raison ?

    Une question que tout un chacun peut poser sur de nombreux sujets. Le « Convoi de la Liberté » est un mouvement à l’origine contre l’obligation vaccinale anti-Covid-19 pour entrer par voie terrestre au Canada, introduite le 15 janvier 2022 par le gouvernement canadien, à travers Justin Trudeau. Puis repris en France contre l’obligation du passe vaccinal, sous-entendu l’obligation vaccinale déguisée afin d’accéder aux restaurants, salles de spectacle, bars, ou tout autre loisir. Avaient-ils raison de manifester ?

    En premier lieu, quelle est la définition du droit à manifester ? C’est le droit d’organiser une réunion dans un lieu public ou sur la voie publique pour exprimer une conviction collective. Elle peut être fixe ou emprunter un itinéraire sous la forme d’un cortège. Les organisateurs peuvent-être des syndicats défendant la cause des travailleurs, une minorité pour la reconnaissance et la défense de ses droits, ou encore en soutien à une cause générale. Là où le bat blesse, est qu’il faut effectuer le distinguo entre un attroupement et la manifestation.

    Sont soumis à l’obligation d’une déclaration préalable tous cortèges, défilés et rassemblements de personnes, et, d’une façon générale, toutes manifestations sur la voie publique.

    Article L211-1. Création Ordonnance n°2012-351 du 12 mars 2012

    Depuis le décret-loi du 23 octobre 1935, publié le lendemain au journal officiel, sous la troisième république et le président Albert Lebrun, le droit de manifester est subordonné à une déclaration préalable. « Les réunions sur la voie publique sont et demeurent interdites dans les conditions prévues par la loi du 30 juin 1881, article 6 », stipulait le décret-loi. Il a été abrogé par l’ordonnance n° 2012-351 du 12 mars 2012, mais car il y a un « mais », ses dispositions ont été reprises dans le Code de la sécurité intérieure.

    « Au Quartier latin, ce fut la journée la plus longue… » commence le journaliste, relatant la grève de mai 1968. Après Rome, Berlin-Ouest ou encore Varsovie, l’agitation étudiante s’est manifesté à Paris poursuivait-il, avant de toucher tout le pays, car « il est interdit d’interdire » revendiquait le slogan. (Crédits : capture d’écran/INA)

    Cette loi est adoptée sous la présidence de Nicolas Sarkozy. Le trouble à l’ordre public se définit (article 431-3 du Code pénal) par ce qui « constitue un attroupement tout rassemblement de personnes sur la voie publique ou dans un lieu public susceptible de troubler l’ordre public. » Autrement dit, toute manifestation non autorisée ou déclarée semble être considérée en tant qu’attroupement, donc un trouble à l’ordre public. Parallèlement, l’article 431-1 du Code pénal punit le fait d’entraver le droit de manifester de 1 an d’emprisonnement et 15 000 € d’amende. La peine peut même s’élever à 3 ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende en cas de violence, voie de fait, coups…

    Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.

    La fontaine. Les animaux malades de la peste

    Donc tout est une question d’interprétation, soit vous autorisez la manifestation, soit vous la prohibez. Pour la première, il n’y a pas de répression du mouvement possible. Tandis que si vous êtes contre le fait d’avoir des bonbons de plusieurs couleurs, car votre préférence va à l’orange, vous l’interdisez, elle devient attroupement. Les trois dates qui font écho en France, sont la Révolution française de 1789, les grèves de mai-juin 1936 et celle de mai 1968. Les deux dernières n’ont fait l’objet d’aucune déclaration d’intention de grève, qui est désormais obligatoire. Mais pourquoi des personnes en France, comme dans d’autres pays, manifestent contre le « passe vaccinal » ?

    Le passe vaccinal

    Nombreux en France, se sont fait injecter plusieurs doses de « vaccin », pour recouvrer une certaine souveraineté de mouvements de faits et de lieux. « Si j’ai fait tout mon parcours vaccinal, ce n’est pas parce que j’avais peur du virus, c’est tout simplement que je voulais retrouver toutes mes libertés », déclarait Laurent Ruquier dans l’émission On est en direct, sur France 2. Puis, nous apprenions que le passe sanitaire mutait en passe vaccinal, car le ministre des Solidarités et de la Santé, Olivier Véran sur Brut, expliquait que : « Le passe vaccinal est une façon d’arriver à l’obligation vaccinale, mais moi, je pense que c’est plus efficace que de mettre une amende ». Il indique que ledit passe vaccinal a eu l’effet escompté de protéger les personnes contre le virus. Or, selon les statistiques de la DREES, 0 % des moins de soixante ans sont décédés du variant Omicron. Sur la tranche 60-80 ans, 0,5 % de vaccinés et 0,8 % de non vaccinés sont décédés.

    Sur la levée du masque, comme du passe vaccinal, le ministre répond à la question d’Amélie Carrouër : « […] je dis vers la mi-mars ça veut dire que ça peut-être peut-être une semaine plus tôt ça peut être quelques jours plus tard cela dépendra uniquement de notre capacité à faire fonctionner normalement les hôpitaux […] ». (Crédits : capture d’écran/RTL)

    Les défunts de plus de quatre-vingts ans étaient pour 5 % non vaccinés contre 2,4 % pour les autres. « Le passe vaccinal est quelque chose qui discrimine les gens, qui jette l’opprobre sur une catégorie de la population qui n’a pas du tout engorgé les hôpitaux […] c’est la crise de l’hôpital public qui a créé, malheureusement, ce système depuis des années », précisait le Dr Gérald Kierzek.

    Pour ou contre

    L’OMS est contre. « Les États parties sont vivement encouragés à reconnaître que l’exigence d’une preuve de vaccination peut aggraver les inégalités et favoriser une liberté de circulation différenciée », affirmaient les membres du comité. Le hasard fait que le jour où le comité d’urgence de l’OMS indiquait ne pas être favorable à un passeport vaccinal, cela coïncide avec le jour où le gouvernement français présentait TousAntiCovid-Carnet. Lors de l’émission du Grand Jury sur RTL, Olivier Véran martèle que « si la situation dans six mois, dans un an, dans cinq ans, dans dix ans que sais-je devait justifier qu’à nouveau nous vérifions que les Français ne prennent pas de risque élevé de se contaminer dans un bar ou dans un restaurant […] »

    Le nombre de participants est l’instrument de discorde lors des manifestations. Comme celui du taux de vaccination en France, mais tout est accessible. (Crédits : capture d’écran)

    Si un tel procédé est mis en vigueur et pérenne, serait-il le parent pauvre du crédit social chinois, créant ainsi un peuple docile et enclin aux délations, dans un climat et un État policier ? Ou tout simplement, le moyen de trouver un bouc émissaire aux échecs de toute situation, assurant auxdits gouvernants, quelque pays que ce soit, une immunité, car en toute bonne foi, ce n’est pas de leur faute. Alors, « avaient-ils raison de manifester ? » C’est une excellente question, sur laquelle vous êtes seul juge, en votre âme et conscience sur la réponse que vous y apporterez. Cela dit tout est entendable, discutable et différent selon tout un chacun, vos priorités de vie, et surtout votre définition du mot « Liberté ».

  • L’âge est tout aussi important que relatif

    L’âge est tout aussi important que relatif

    Toute notre vie nous courons après notre âge, soit pour le minimiser ou l’accroître. « Tu pourras quand tu seras grand ! » Phrase typique qui renvoie chacun à sa genèse ou son adolescence. Il y a un âge pour tout, dit l’adage, mais certaines choses demeurent avec l’enfance, comme d’autres nous métamorphosent en « adulte ». Ainsi jouer à la Barbie, se marier, avoir une progéniture, divorcer, se séparer, se supporter, tout est une question d’années au compteur de votre existence.

    Nombreuses filles, devenues femmes aujourd’hui, ont espéré leurs mondes avec Barbara Millicent Roberts. Elle affiche fièrement ses 62 printemps, mais qui est-elle ? Ce n’est pas une cousine éloignée du pirate Bartholomew Roberts, ni la tante du prédicateur Alfred Roberts, et encore moins la grande sœur de l’actrice et productrice Julia Roberts, elle est simplement Barbie. Oui, la fameuse poupée au « corps de rêve ». La connaissez-vous vraiment ?

    L’image se modèle à travers les âges

    La première a été présentée à l’American Toy Fair de New York, le 9 mars 1959, par sa créatrice, Ruth Handler. La femme d’affaires qui a révolutionné l’industrie du jouet à l’aube des années soixante a eu, avec son mari Elliot, deux enfants prénommées Barbara et Kenneth. Si la Barbie caractéristique est blonde aux cheveux longs et aux traits européens, c’est qu’elle reprend la forme adulte d’une autre poupée, mais allemande, la « Bild Lilli».

    Sa famille est composée de ses parents, George et Margaret Roberts, et de six frères et sœurs. La puînée Skipper, Stacie, Chelsea, Krissy, Kelly, et les faux jumeaux Tutti et Todd. La cadette est brune avec des mèches violettes. Elle a eu deux petits amis, le premier Scott, et le second Kevin. Son conjoint, Ken Carson, est né le 11 mars 1961, il vit en concubinage, car jamais marié.

    Elle grandit dans la ville fictive de Willows (Wisconsin), où elle a étudié au collège, avant le lycée de New York nommé « Manhattan International High School » établissements fictionnels basés sur une véritable école, Stuyvesant High School. Coup de tonnerre dans le couple en juin 2004. Au moment où Barbie et Ken semblent filer le parfait amour… la belle le largue. « Pour être juste envers eux, ils sont ensemble depuis environ 43 ans, alors vous savez, je pense que tout le monde a besoin d’une pause », dit McKinght. Le brun est remplacé par un surfeur australien bronzé et peroxydé, Blaine, le frère d’une de ses amies (Summer).

    En 2019, pour son 60e anniversaire, Mattel sort une ligne de 20 poupées inspirées par autant de personnalités, dont une atteinte de handicap. Au fil des années, Cyndi Lauper, Diana Ross, Grace Kelly, Gigi Hadid, Jennifer Lopez, Jennifer Lawrence, Gabby Douglas… possèdent une barbie à leur effigie. (Crédits : Mattel)

    L’idylle ne durera qu’un temps, Ken revient officiellement le 14 février 2011 dans la vie de Barbie à l’occasion de la Saint-Valentin. Pionnière avant l’heure des évolutions de la société, Barbie a eu une carrière aux plus de 200 métiers. Ainsi, elle occupa les fonctions de paléontologue, d’infirmière pendant l’opération Tempête du désert, de membre de la police montée canadienne, de caissière chez McDonald’s, de médecin de zoo, de chef d’entreprise, de secrétaire, de Catwoman et, de rappeuse…

    L’âge de se marier

    Il est réglementé depuis la nuit des temps. Pour autant ne pas confondre l’âge matrimonial de la nubilité. Le dernier est l’état d’un adolescent, ou d’une adolescente ayant atteint l’âge d’être marié, définit le centre national de ressources textuelles et lexicales (CNRTL).

    L’autre est le nombre d’années à partir desquelles vous pouvez vous passer de l’autorisation de vos parents, ou tuteurs. Depuis 2006, la loi no 2006-399 du 4 avril 2006, l’article 144 stipule que « l’homme et la femme ne peuvent contracter mariage avant dix-huit ans révolus. »

    Au point de la Révolution française, selon le droit canonique, l’âge nubile et la majorité matrimoniale étaient de 12 ans pour les filles, et de 14 ans pour les garçons. De même un édit de Henri II, entré en vigueur en 1556, fixait la majorité maritale à 30 ans pour les sieurs et 25 ans pour les dames. Mais la loi du 20 septembre 1792 changea la donne. L’union à partir de 13 ans pour les femmes et 15 ans pour les hommes, mais avec l’assentiment des parents jusque 21 ans révolus.

    La question de la majorité

    Malgré la publication de cette loi, l’article 151 du Code civil stipule que « Les enfants ayant atteint l’âge de vingt et un ans révolus et jusqu’à l’âge de trente ans révolus, sont tenus de justifier du consentement de leurs pères et mères […] ».

    Sous Napoléon Bonaparte, et le Code civil (1804), la nubilité passe à 15 ans pour les filles et 18 ans pour les garçons, quand respectivement, la majorité matrimoniale passera à 21 et 25 ans. Il faudra attendre plus d’un siècle pour que les hommes soient autorisés à s’unir officiellement, sans l’accord parental, à l’identique des femmes (Loi du 21 juin 1907).

    (Crédits : BNF)

    La révolution vient de la Loi du 5 juillet 1974 : « La majorité est fixée à dix-huit ans accomplis ; à cet âge, on est capable de tous les actes de la vie civile». Ce qui modifie aussi la jouissance des droits politiques. On peut se marier sans le consentement de ses parents, et dorénavant voter à partir de 18 ans.

    Quel âge à votre enfant ?

    La question reste simple au demeurant en France, mais plus complexe ailleurs. Effectivement, en Corée du Sud, la grossesse fait partie intégrante de la vie du chérubin et, par conséquent, de son âge. Le principe consiste à prendre en compte les neuf mois passés par l’enfant dans le ventre de sa mère et considérer qu’il a un an dès la naissance. Les années supplémentaires s’ajoutent non au jour de la naissance, mais à la nouvelle année du calendrier grégorien.

    Ainsi, un enfant né le 31 décembre 2021, aurait deux ans le 1er janvier 2022. Oui, vous avez bien lu. Le calcul, aussi appelé Hanguk-nai est originaire de Chine. Utilisé au Vietnam et au Japon, il l’est encore au pays dirigé par le président Moon Jae-in. Le problème soulève bien des questions, et le concept d’âge est bien ancré dans la langue et culture coréenne. L’âge des gens n’est pas seulement important pour savoir si vous l’êtes assez pour acheter des cigarettes et de l’alcool, mais pour toute une série d’interactions sociales en Corée.

    Ainsi, l’âge auquel tous s’attachent est un chiffre, puis un nombre. Pour autant, s’il différencie les gens, et les affuble de sobriquets, il ne touche pas tout. La seule chose qui n’est pas altérée par notre âge est le sourire que l’on garde de l’enfance. (Crédits : Victoria Borodinova/Pixabay)

    Ils utilisent un langage différent lorsqu’ils s’adressent à des personnes d’un autre âge. Ils s’attendent à ce que les gens agissent différemment, les plus jeunes devant servir les boissons ou les plus âgés devant payer les choses. Même la façon dont vous vous référez à vos amis, et familles est basée sur leur âge. S’ils ont un an de plus que vous, ils peuvent être votre nuna ou eonni (aîné), s’ils sont plus jeunes, ils seront votre dongsaeng (cadet). « L’on est vieux, lorsque le poids des bougies dépasse celui du gâteau. Soyez gourmands de gâteau et de la vie. »