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  • Suis-je complotiste ? (1ʳᵉ partie)

    Suis-je complotiste ? (1ʳᵉ partie)

    Le film « Hold-up » défraie la chronique le 11 novembre 2020, jour de l’armistice de la Première Guerre mondiale. Dès sa sortie, la population est scindée en deux, les personnes qui acquiescent, et celles réfutant la véracité inscrite sur la pellicule. Durant 163 minutes, les images posent des questions sur la pandémie due au SARS-CoV-2. Pour autant, sommes-nous tous des complotistes ? Mais qu’est vraiment une théorie du complot ? Un complotiste ? Sont-ils nombreux ?

    Est-ce qu’émettre des doutes, des interrogations envers les institutions, la parole de nos dirigeants fait de nous des adeptes de la doctrine… sûrement pas. Il est la résolution concertée secrètement et pour un but le plus souvent coupable, en droit, pour un attentat politique définit le Littré. C’est une atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation. Cette dernière est l’ensemble des êtres humains vivants dans un territoire identique, ayant une communauté d’origine, d’histoire, de culture, de traditions, parfois de langue, et constituant un groupe diplomatique.

    Les mécanismes à la base

    Le complot et la conspiration se retrouvent dans le sens de la cabale, dans son sens figuré. « Les menées secrètes de gens qui s’entendent pour un même dessein. Former des cabales. C’est un homme de cabale. On a fait, on a monté une cabale contre cette tragédie. » Ainsi les mécanismes de base se tiennent en cinq points. Le premier est l’opposition à une déclaration, ou thèse officielle, dont les instigateurs seraient des institutions politiques, des lobbies scientifiques voir des médias. Ainsi, les attentats du 11 septembre 2001 commis aux États-Unis ne seraient pas l’œuvre des terroristes, mais de l’administration Bush elle-même.

    Lady Di, Uk, princesse

    En deuxième, il serait la manipulation de l’actualité effectuée en coulisse par une organisation mondiale et confidentielle, dans ses propres intérêts. En France, Mohammed Merah aurait été un agent français, abattu pour permettre la réélection de Nicolas Sarkozy. Le hasard est la troisième composante. Rien n’est dû au hasard, le tremblement de terre secouant Haïti aurait été provoqué à l’aide d’une arme sismique « top secret » américaine. La mort de la princesse de Galles, dite Lady Di, émanerait d’une résultante de la famille royale britannique, et selon Mohamed Al-Fayed, père de Dodi décédé dans le même accident, par le biais du MI6.

    Manipulations et vérités

    L’empilement d’arguments, exact ou non, est l’avant-dernier rouage. Qu’ils possèdent des rapports entre eux ou pas, ils donnent une orientation différente de la mouture dite officielle. Les explications ne convenant pas à leur thèse, les contradictoires sont écartés. Ne reste que ceux qui appuient leur version de la vérité, ils font feu de tout bois. Les virus d’Ebola, du SIDA ou du SARS-CoV-2 seraient les œuvres des laboratoires à la solde des gouvernements. Le projet Apollo 11 est édifiant pour les « complotistes ». Enfin, toutes personnes n’adhérant pas à la théorie sont naïves. (Crédits : DR)

    À l’heure, des réseaux dits « sociaux » ou les informations se partagent sans prendre le temps de les vérifier ni de se poser des questions est légion. Ainsi, la vindicte populaire condamne une personne sans avoir un accès aux documents accumulés par la justice, les belligérants, et les preuves de l’accusation. Ils se fondent une opinion. La rumeur est un grand brouhaha indistinct d’origine quelconque, mais encore un ensemble confus de bruits, de sons, de voix provenant d’un lieu où de nombreux individus sont rassemblés définit Le Larousse. Elle est nommée « radio moquette ».

    Différencier rumeurs, désinformations et théories du complot

    Taper son code de carte bancaire, sur le clavier d’un distributeur de billets (DAB), à l’envers pour appeler la police. La fin du monde prédit par les Mayas en 2012, comme de porter sa bague de mariage à l’annulaire, car directement relié au cœur… Ainsi lorsqu’elle est confirmée, la rumeur devient renseignement authentique, dans le cas contraire, elle est fausse, voire de la diffamation ou pire de la désinformation. Cette dernière, bien plus dangereuse, puisqu’elle utilise les systèmes en place, pour induire en erreur, cacher ou travestir des faits.

    Les exemples ne sont pas rares, certains plus gros que les autres. En France, le nuage de Tchernobyl n’aurait jamais traversé le pays selon le gouvernement et les médias de l’époque. Tout comme l’invasion et la guerre en Irak, car Georges W. Bush connaissait l’existence d’armes de destruction massive.

    Quant aux théories du complot, elles proviennent régulièrement de nos peurs. Elles sont six, à savoir la mort, l’étranger, la maladie, la technologie, le progrès et la mondialisation, dans seul et unique but, à l’initiative de groupes tels les Illuminati, les francs-maçons

    Qu’allons nous faire cette nuit demande Minus à Cortex : « la même chose que chaque nuit, Minus, tenter de conquérir le MONDE ! », répond Cortex. (Sources : TF1.fr)

    Nuage, Tchernobyl, Russie

    Pour le reste, c’est un savant mélange, presque une formule magique issue d’un vieux grimoire. Au départ, quelques soupçons de mensonge, une pincée de crédulité, faire mijoter l’ensemble, et servir bien chaud. « Le mensonge et la crédulité s’accouplent et engendrent l’opinion », explique Paul Valéry (1871 – 1945).

    Le complot, la cabale, la brigue

    La brigue est individuelle, la cabale requiert une association de personne. Le complot diffère de la machination par son côté subversif et politique dont l’intention est le changement. Ces termes ont comme dessein commun l’expression d’une entente à plusieurs pour atteindre un objectif. Une conception de la conjuration mettrait en scène : « un petit groupe de gens puissants qui se coordonne en secret pour planifier et entreprendre une action illégale et néfaste affectant le cours des événements », selon Peter Knight, professeur de littérature et civilisation américaines à l’université de Manchester.

    Sion, Israël, invention

    Elles seraient issues des lettres puis de l’imaginaire des êtres humains. « Beaucoup de théories du complot sont nées dans des œuvres de fiction, qui ont ensuite été considérées comme réelles », martèle l’enseignant dans un article du Monde.

    L’exemple le plus parlant est « Les protocoles des sages de Sion », connu sous le titre original russe « Протоколы сионских мудрецов » ou « Сионские протоколы ». C’est un faux inspiré d’un roman allemand [Biarritz, d’Hermann Goedsche, 1868]. Lui-même calqué, voire plagié, d’un texte français paru fin XIXe [dialogue aux enfers entre Machiavel et Montesquieu, un pamphlet anti-bonapartiste publié par Maurice Joly en 1864]. Ce texte fut inventé, de toutes pièces, par la police secrète du Tsar en 1903. L’Okhrana, présente un plan de conquête établi par les israélites et les francs-maçons. L’antisémitisme fleurit en Europe au début du XXe siècle, et notamment en France, l’affaire Dreyfus en est le parfait exemple.

    Du pamphlet au complot

    Dans « Les Protocoles des sages de Sion », l’auteur décrit et dénonce les abus de pouvoir de Napoléon III, et les manipulations politiques utilisant les médias écrits durant le Second Empire. Pour information, la liberté de la presse en France est classée, en 2021, 34e sur 180 (25e en 2025) par Reporters sans frontières, pour n’être que 18e des membres de l’Europe, juste devant le Royaume-Uni (avant la loi de sécurité globale). Ce pamphlet lui vaudra l’emprisonnement.

    Cette idéologie d’une machination absolument montée de toutes pièces sera reprise par Adolf Hitler dans Mein Kampf. Elle l’utilise pour fomenter une théorie selon laquelle un ou plusieurs gouvernements seraient contrôlés par des israélites, ZOG (N.D.L.R. Gouvernement d’occupation sioniste, en français).
    (Crédits : DR)

    « Les protocoles des sages de Sion », inventé de toutes pièces servira de nombreuses fois. La police secrète russe, l’Okhrana est à l’origine de l’écrit, dans le but de la préservation de l’ordre et de la sécurité publique. Ci-dessus se trouve la couverture du pamphlet de 1912, réalisée par Sergueï Nilus.

    De nombreuses philosophies étaient des satires à l’origine. C’est ce qu’explore Umberto Eco dans Le Pendule de Foucault [Grasset, 1990], avec ces trois amis inventant, pour s’amuser, un complot mondial qui leur échappe. Ce scénario se produit chaque jour sur l’Internet.

    En 2005, basé sur des romans et théories du complot, l’extrémisme de droite slovaque est entré dans la vie politique du pays avec son dirigeant Marian Kotleba. « Le parti a exalté l’histoire de la guerre en Slovaquie, lorsque le pays a collaboré avec l’Allemagne nazie. Ses membres portaient des uniformes qui ressemblaient beaucoup aux uniformes utilisés par les forces de la force paramilitaire de l’État fasciste slovaque pendant la guerre — la Garde de Hlinka », écrivent les journalistes Irena Bihariová et Daniel Milo. (Crédits : The Slovak Spectator)

    idéologie, nazisme, extrême droite

    « Quand on veut noyer son chien, on dit qu’il a la rage. » Pour nuire à quelqu’un, les calomnies sont le plus court chemin. Elles sont des imputations que l’on sait fausses, et qui blessent la réputation et l’honneur de quelqu’un, pourrait-on y voir un dessein politique ? Un complotiste est donc défenseur d’une ou de plusieurs théories. Il est déterminé par ses paires, car il ne donne pas la même version que les bien pensants, ou se pose-t-il des questions. Quoiqu’il en soit, leur nombre n’est pas connu, seule une estimation existe. En 2018, selon une étude de l’IFOP pour la fondation Jean-Jaurès et le site Conspiracy Watch, 79 % des Français croient à au moins une thèse répandue (Source : Libération). Sur les 66, 97 millions de Français en 2018, quatre sur cinq, soit 52, 91 millions seraient donc considérés comme complotiste, à tort ou à raison. À suivre…

  • De quel genre êtes-vous ?

    De quel genre êtes-vous ?

    Le « genre », deux voyelles et trois consonnes composent un simple mot, qui à lui seul peut déclencher envolées lyriques et vastes polémiques à chaque coin de rue. Mais, au-delà de ses cinq lettres, qu’est-il réellement ? Depuis son apparition outre-Atlantique dans les années 70, il débarque avec les années eighties en France. Il provoque un tsunami dont les vagues perdurent encore aujourd’hui. Si de nombreuses questions subsistent, le questionnement permet éclaircissement.

    Rappelons-nous, en préambule que dans le domaine de l’être vivant, il y a deux espèces, l’animal et le végétal. Au sein de l’espèce animale, le genre humain est l’ensemble des êtres humains sans distinction. Un ensemble composé de personnes avec des sexes différents, un féminin, l’autre masculin. Le terme « Gender » est apparu dans les années soixante-dix, après un des plus grands moments, de l’histoire de la musique populaire, classé par le magazine Rolling Stone parmi les 50 qui ont changé l’histoire du rock’n’roll, apothéose du mouvement hippie, le festival de Woodstock. Il fut et reste un des plus grands moments à divers points, il a contribué à la libération sexuelle.

    Le guide de la bonne épouse décrivait en 1955 les bonnes attitudes selon les auteurs. Suivi par Fascinating Womanhood, d’Helen Andelin, en 1963, est un best-seller, en réaction à la seconde vague féministe. Un manuel de protection pour surfer sereinement sur le net existe. (Crédits : DR)

    Le guide de la bonne épouse

    En 1955, aux États-Unis d’Amérique, un article intitulé « le guide de la bonne épouse » est paru dans le mensuel « The housekeeping Monthly » (ci-dessus) provoquant un scandale retentissant. Le mouvement féministe américain venait de naître. Il prend de l’ampleur, avec la libération sexuelle et cherche à faire entendre sa voix. Robert Stoller popularise en 1968 une idée dans laquelle il n’y a pas de réelle correspondance entre le genre, féminin ou masculin, et le sexe, femme ou homme.

    « De l’enfance à l’adolescence, tout semble disposé pour creuser davantage le fossé naturel qui la sépare de l’homme […] », résumait Simone de Beauvoir sur le tome II de « Le deuxième sexe ». (Crédits : Alexandra Galakof)

    Le deuxième sexe

    Dans le tome 1 intitulé « Les faits et les mythes » de l’ouvrage « le deuxième sexe » de Simone de Beauvoir, l’auteure débute par deux citations antinomiques, écrites par leurs auteurs avec un écart de plus de deux millénaires. La première de Pythagore (-580 -495) : « Il y a un principe bon qui a créé l’ordre, la lumière et l’homme et un principe mauvais qui a créé le chaos, les ténèbres et la femme ». Puis la seconde, aux antipodes du réformateur religieux et philosophe présocratique grec : « Tout ce qui a été écrit par les hommes sur les femmes doit être suspect, car ils sont à la fois juge et partie », écrit François Poulain de la Barre (1647-1725), écrivain, philosophe cartésien et féministe français.

    L’hyperandrogénie

    Il est nécessaire de différencier le genre de la « sexualité ». L’appareil génital confère notre identité, femme ou homme, mais pas seulement. Il permet de déterminer biologiquement et physiologiquement les différences entre le genre humain. Malgré que cela pose dans le sport des romans-fleuves, tel le cas de l’athlète sud-africaine Caster Semenya.

    Caster Semenya, lors des championnats d’Afrique d’athlétisme à Durban, le 26 juin 2016. (Crédits : AFP)

    La chose qui lui est reprochée est que son corps produise un taux de testostérone supérieure de 5 nmol/l que la norme définit, à 10 nmol/l par la fédération internationale d’athlétisme, la World Athletics (IAAF jusqu’en octobre 2019). Fédération qui impose un traitement médical aux sportives hyperandrogènes pour abaisser leur taux d’hormones masculines racontent Isabelle Mougere et Liliane Charrier. Le 19 février 2021, l’athlète décide de porter l’affaire devant la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH).

    Naître dans le mauvais corps

    Être né garçon avec une personnalité de fille et inversement n’est pas une maladie. L’association ORTrans estimait en 2018 que la France comptait 15 000 personnes transgenres, selon la question que posait le député (LFI) Bastien Lachaud au ministre de l’Intérieur en avril 2018. Isaac, 14 ans est née Taila. Très tôt, l’adolescent se posait des questions. « Je ne comprenais pas pourquoi je n’avais pas un corps comme les autres garçons », évoquait-il dans une partie du programme qui lui était consacrée dans Zone Interdite, en 2017.

    Il est temps que le monde reconnaisse et célèbre la riche diversité de la nature humaine»

    Victor Madrigal-Borloz et Dainius Pras (OMS)

    L’homosexualité dépénalisée en 1982

    Gisèle Halimi (1927-2020) défendait le 27 juillet 1982, dans l’hémicycle l’abrogation de l’alinéa 2 de l’article 331 du Code pénal. « Comment des députés français, c’est-à-dire par définition même, des femmes et des hommes, ont pu légiférer contre l’homosexualité. » C’est sur une proposition du ministre de la Justice, Robert Badinter, l’Assemblée nationale vote la dépénalisation de l’homosexualité. Avec l’abrogation de l’article 331-2 du Code pénal, l’homosexualité n’est plus considérée comme un délit, depuis bientôt quatre décennies.

    Connaître sa préférence sexuelle

    Selon l’étude effectuée par Statista, plus de quatre personnes sur cinq indiquent une sexualité « conventionnelle », l’hétérosexualité, puis cela se complique. Les personnes attirées par le même sexe sans forcément franchir le pas, les bisexuelles, les homosexuelles… Il n’y a pas de bonnes réponses quant à votre orientation ou préférence sexuelle, seule celle qui vous satisfait est la bonne. D’autant qu’elle fait partie de votre vie intime, personne ne vous oblige à la renseigner. Vous n’êtes pas caractérisé par votre sexualité, mais par votre personnalité. Elle se présente par des caractéristiques émotionnelles, morales ou intellectuelles.

    La répartition de la population française en 2019 selon l’orientation sexuelle. Enquête réalisée auprès de 3013 personnes. (Crédits : Statista 2021)

    L’OMS a supprimé le « trouble de l’identité de genre » de sa liste des maladies le 25 mai 2019 à la suite d’une résolution. « Nous nous attendons à ce que cette reclassification ait un impact très positif sur la perception erronée selon laquelle certaines formes de diversité de genre sont des pathologies, ou une maladie […] », ont déclaré Victor Madrigal-Borloz, Expert indépendant sur la protection contre la violence et discrimination fondée sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre, et Dainius Pras, Rapporteur spécial des Nations Unies sur le droit à la santé. « Il est temps que le monde reconnaisse et célèbre la riche diversité de la nature humaine », concluaient les deux experts de l’OMS.

    Le tableau comporte des colonnes, où les « identités de genres » apparaissent (Crédits : drapeau-lgbt)

    La communauté LGBTQ+

    Elle peut s’identifier par deux acronymes. Le premier LGBT, puis le second LGBTQIA+, cependant un autre apparaît également somme toute plus complet, LGBTQQI2SAA. Il semblerait que le mouvement LGBT soit apparu au début des années 70 en France. En mars 1971, explique le site « c’est comme ça » : « La création du front homosexuel d’action révolutionnaire (FHAR) par Françoise Marie-Thérèse Piston d’Eaubonne, dite Françoise d’Eaubonne (1920-2005). L’association radicale, issue des mouvements étudiants de mai 68, elle rompt avec l’ancien militantisme LGBT+ qui était assimilationniste (le droit à l’indifférence était revendiqué). »

    Puis viennent les différentes identités de genre :

    • Androgyne
    • Asexuel(le)
    • Bisexuel(le)
    • Cisgenre
    • Fluid
    • Gay
    • Hétérosexuel(le)
    • Intersexué(e)
    • Lesbienne
    • Pansexuel(le)

    Les orientations sexuelles méconnues

    Comme l’indique le site, passeport santé, hétérosexualité, homosexualité ou bisexualité ne sont que les trois orientations sexuelles les plus connues. Il en existerait bien d’autres, continu l’article, marqué par des tendances sentimentales diverses ou inexistantes. Le sentiment se définit par le fait de porter de l’intérêt pour quelqu’un ou quelque chose, quant à l’adjectif sentimental, il concerne l’amour. La sexualité est l’ensemble des phénomènes sexuels ou liés au sexe, que l’on peut observer dans le monde des vivants. Ainsi, passeport santé à travers sa journaliste, Marie-Eve Wilson-Jamin ajoute ces dernières :

    • Aromantique
    • Demisexuel
    • Demiromantique
    • Graysexuel
    • Lithromantique
    • Polysexuel
    • Sapiosexuel
    • Skoliosexuel

    Christianisme, Islam, Judaïsme

    Il faut effectuer une différence entre le physique d’une personne et sa volonté de s’habiller avec les vêtements qui lui sied. Ainsi, les Écossais portent des kilts, les pratiquants de l’Aïkido portent un pantalon ample pouvant être apparenté à « une jupe-culotte », le Hakama. Les marins avaient des boucles d’oreilles pour aiguiser leur vue, et les différentes sommités religieuses des trois religions monothéistes portent des « robes ». Si elles ne sont pas au sens général des robes de femmes, elles sont un costume traditionnel. En quoi être un homme vêtu de vêtement typiquement dit féminin est un problème, comme son contraire ? Pascale Gorguet, conservatrice au musée de la mode de la ville de Paris stipule que cette robe des religieux « remonte aux origines ».

    Brian Molko, au centre, chanteur du groupe Placebo à l’aise avec son apparence, aime à jouer sur son image androgyne et la confusion qu’elle crée dans l’esprit des gens. (Crédits : DR)

    Jusqu’au XIVe siècle, les hommes étaient en robe

    « Dans l’Ancien Testament, le pantalon n’existait pas, et jusqu’au XIVe siècle, les hommes étaient en robe. Le religieux est comme l’homme en général. » La soutane intérieure, appelée ordinairement soutane est une robe portée par tous les clercs, moines, et souvent par des séminaristes, pour la confession catholique. Les personnes de confession musulmane portent une Djellaba, robe longue avec un capuchon, enfin ceux de confession juive portent un Kittel. Dans les trois religions monothéistes qu’est le Christianisme, Islam, Judaïsme, les personnes portent des tenues assimilées à une robe. Il ne faut pas assimiler la tenue que porte un être humain avec son identité de genre ni sa sexualité.

    Androgyne, ou l’art de troubler

    L’androgynie est involontaire, cependant « C’est comme ça » justifie et définit qu’elle peut aussi être affirmée, comme revendiquée par l’apparence vestimentaire et l’attitude. Hermaphrodite est un synonyme, une personne qui tient des deux sexes. David Bowie, Tilda Swinton, Cillian Murphy ou encore Brian Molko (Placebo) qui indiquait « Je suis très à l’aise avec mon apparence et avec la confusion que cela crée dans l’esprit des gens. » Ce qui est cocasse est le fait de vouloir se différencier de la norme sociétale dite « hétéronormée », pour ne pas être « genré » tout en déterminant et catégorisant les populations non hétérosexuelles, l’arroseur arrosé.

    Le 11 octobre 1972 à Bobigny, Gisèle Halimi et Delphine Seyrig pendant le procès de Marie-Claire Chevalier, âgée de 16 ans, poursuivie à cause d’un avortement consécutif à un viol. (Crédits : Michel Clément)

    Qui suis-je ?

    Le coming-out serait nécessaire pour le bien-être de la personne selon les témoignages. L’amour, c’est aimer quelqu’un tout en connaissant ses défauts. Que ce soit un homme qui aime un autre homme, une femme avec une femme… Plutôt que de vouloir entrer dans la norme, se fondre dans la masse insipide, être dans l’ordinaire… Soyez extraordinaire ! La mode n’est pas définie par ce que vous portez, mais par la manière de le vêtir. En quoi, la société comme les individus, comme mes voisins, mes collègues de travail, etc. ont besoin de connaître ma préférence sexuelle, en quoi doit on connaître mes préférences culinaires, comme mes préférences politiques. « Car s’il est un choix individuel par essence et devant échapper à toute codification, c’est bien celui de la sexualité », exhortait en 1982 l’avocate, la militante féministe et femme politique franco-tunisienne, Gisèle Halimi.

  • L’abolition de l’interdiction du port du pantalon

    L’abolition de l’interdiction du port du pantalon

    Un couple partage, depuis bien longtemps, le bonheur d’être ensemble. Mme Séki Kharéson et M. Sépa Phot habitent dans un endroit paisible du sud de l’Orne, non loin de Nogent-le-Rotrou, à Berd’huis. La vie y est paisible et ritualisée. La journée débute toujours par un café noir pour monsieur, et un thé avec un nuage de lait pour madame. Accompagné par une odeur de pain grillé, de beurre demi-sel et de confiture, sans oublier le journal bien sûr. Les jeux de mots et blagues, comme explications alambiquées sont légion.

    Souvent l’impensable est malheureusement vrai. C’est ainsi que la presse apporte son lot de nouvelles. Hormis la rubrique nécrologique, l’horoscope et les mots fléchés. Alors que le matin souffle ses brumes, d’autres embaument la cuisine. Entre l’odeur des viennoiseries et des boissons chaudes, l’odeur particulière du journal ajoute son grain de sel.

    Deux siècles pour abroger une loi

    Rien de tel qu’une habitude prise lors de la retraite : lire le journal. En fonction de l’âge, certains jettent un coup d’œil plus à la nécrologie qu’au mariage, mais parfois un sujet hors du temps fait l’unanimité.

    « Séki ! », cria Sépa.

    « Oui, chéri ? », répondit-elle en se demandant ce qu’il voulait bien encore.

    « Je suis tombé sur un article ce matin et… »

    « Tu ne t’es pas fait mal ? », sourit-elle malicieusement.

    « Ah, ah, ah… Imagine depuis le 31 janvier 2013, tu as le droit de porter un pantalon sans craindre de te faire arrêter par la police ! »

    « Tu te moques de moi », rétorque-t-elle d’un air dubitatif.

    « Pas tout le temps », ria-t-il à gorge déployée. « Écoute ce que raconte le journaliste. »

    Il chausse ses lunettes, se chauffe la gorge en finissant d’un trait son café et lut d’un ton enjoué.

    « Le 16 brumaire an IX (NDLR 7 novembre 1800), le préfet de police Dubois ordonnait que toute femme, désirant s’habiller en homme, devra se présenter à la préfecture de police pour en obtenir l’autorisation, et que toute femme trouvée travestie, qui ne se sera pas conformée aux dispositions des articles précédents, sera arrêtée et conduite à la préfecture de police. »

    C’est le sénateur UMP de la Côte-d’Or Alain Houpert, qui s’est penché sur la loi intitulée « Ordonnance concernant le travestissement des femmes », en juillet 2012. Elle avait été levée partiellement par deux circulaires en 1892 et 1909 sous certaines conditions : « Si la femme tient par la main un guidon de bicyclette ou les rênes d’un cheval. » Six mois après le ministère des Droits des femmes abondait à la demande du sénateur Houpert : « Cette ordonnance est incompatible avec les principes d’égalité entre les femmes et les hommes qui sont inscrits dans la Constitution et les engagements européens de la France. » Dans le journal officiel, il est noté « De cette incompatibilité découle l’abrogation implicite de l’ordonnance du 7 novembre qui est donc dépourvue de tout effet juridique et ne constitue qu’une pièce d’archives conservée comme telle par la Préfecture de police de Paris. »

    « C’est dingue, deux siècles pour abroger une loi », s’étonne Sépa.

    « En même temps, ça ne change rien », exhorta-t-elle.

    « Quoi ? », s’étonna M Sépa Phot.

    « Ça fait bien longtemps que les femmes portent la culotte, non ? », s’esclaffe madame Séki Kharéson.