De l’Ukraine à l’Algérie

Le torchon brûle entre l’Algérie et le Maroc. En cause, une accusation de piratage d’un compte officiel , celui du ministère algérien de la Justice. Tandis que le conflit armé perdure entre l’Ukraine et la Russie, la guerre de la communication fait rage. Le gouvernement algérien accable des pirates informatiques marocains d’avoir pris le contrôle de son compte officiel #Twitter « @Mjustice_gov_dz ». Le vendredi 11 mars 2022, ledit compte avait relayé des messages soutenant l’opération militaire russe en #Ukraine.

Mais, plus encore, ces gazouillis accusaient le président ukrainien Volodymyr Zelensky de « nazisme et du meurtre de ses propres citoyens ». Le même jour, le parquet de la République enjoignait l’ouverture d’une enquête préliminaire. « Suite au piratage du compte Twitter du ministère de la Justice, vendredi 11 mars 2022 et en application des dispositions de l’article 11 du code de procédure pénale, le Parquet général de la cour d’Alger tient à informer l’opinion publique que le parquet de la République près le tribunal de Bir Mourad Rais a ordonné l’ouverture d’une enquête préliminaire pour investiguer sur cet incident. » Puis ajoutait, que ces « publications, attribuées à l’Algérie, portent atteinte à nos positions internationales »

Il est fort à parier que l’enquête menée actuellement désignera un coupable. Il ressort des relents datant de moins d’une année, une autre enquête mondiale révélait l’affaire Pegasus. Le scandale du nom du logiciel édité par l’entreprise israélienne NSO Group, dépassait l’entendement. L’Express DZ, journal électronique algérien expliquait le 26 décembre 2020 que « le Maroc cherche à gagner sa guerre médiatique par tous les moyens. […] Mais depuis la normalisation avec Israël, il est passé à la vitesse supérieure. Désormais, il bénéficie des réseaux hyper dangereux des geeks de Tsahal. […] l’Unité 8200 a développé depuis deux décennies une expertise de très haut niveau en matière de cyberattaques. »

Aura-t-on une révélation, sur l’affaire dite du piratage d’un compte Twitter, il faut en douter. Dans le dossier Olympics Games, tous possédaient de fortes présomptions sur l’instigateur qui seraient la NSA en collaboration avec la fameuse unité 8200 pour s’attaquer aux centrifugeuses iraniennes d’enrichissement d’uranium en 2010. (Crédits : DR)

Dans le cadre de l’enquête, onze États ont été pointés du doigt, dont le Mexique, l’Arabie saoudite, l’Inde, l’Indonésie, les Émirats arabes unis, le Kazakhstan, l’Azerbaïdjan, le Togo, le Rwanda et le Maroc. L’Unité 8200, service d’élite du renseignement israélien et fournisseur officiel de hackers, aurait une succursale au pays du couchant lointain. Propager des fake news ou infox, désinformer, noyauter, écouter, infiltrer… sont devenues autant d’armes entre les mains des plus offrants, surtout en cas de conflits, que ce soit entre l’Ukraine et la Russie, en Syrie, au Yémen… Si l’affaire Pegasus incrimine onze États, il ne faut pas oublier que « tout le monde attaque et espionne tout le monde. » Alors le piratage du compte officiel du ministère de la Justice algérienne est-ce un nouveau ver, groupe d’opérateurs à la solde d’un gouvernement, réminiscence ou descendance de Pegasus ?

Romuald Pena

Journaliste et curieux de nature, j’aime les mots et ce qu’ils chantent aux oreilles qui les entendent. « La vérité, c’est qu’il n’y a pas de vérité », assurait Pablo Neruda. Ainsi j’apporte des faits, des faits, encore et toujours des faits, car : « Nous ne pouvons être condamnés à pire, à juger les autres, à être des juges. » (Le Testament d’Orphée, de Jean Cocteau)

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