Les violences faites aux Femmes (1re partie)

C’est un terme qui évoque et englobe tellement de choses, une succession de mots, qui traduisent souvent des maux. Cette locution semble appartenir qu’aux femmes. Mais quelles sont ces violences ? Lorsque le sujet est abordé, pléthore de personnes répondent de prime abord la sexualité. Est-ce vraiment que ces crimes, ou existe-t-il d’autres formes ? La violence se caractérise par la « force dont on use contre quelqu’un, contre les lois, contre la liberté publique, etc. »

Partons d’un postulat, en 2011 naissait la petite Danica, à Manille, aux Philippines. Elle créait la liesse dans son pays, fier d’abriter la 7 milliardième locataire officielle de notre planète bleue. Selon l’Institut national d’études démographiques (INED), le nombre d’habitants sur terre était de 7 910 176 220, le 6 décembre 2021 à 11 h 51 (GMT). De plus, selon les données de l’ONU de 2019, s’il y a peu près autant de femmes que d’hommes sur Terre, ces derniers sont légèrement plus nombreux. En effet, pour cent femmes existent deux de plus, en 2020. Plus précisément encore, sur un millier de personnes, ils représentent 50,4 % (504) et par conséquent 496 sont des femmes (49,6 %).

LieuPopulationFemmesHommesRatio Femmes/Hommes
Finistère905 238464 799440 4391.05
Hérault1 165 412607 643557 7691.09
Nord2 592 1851 251 7851 340 4001.07
Oise825 207422 127403 0801.05
Pyrénées-Atlantiques679 354353 017326 3371.08
Paris2 140 5261 135 6931 004 8871.13
Vienne437 368226 590210 7781.08
France64 812 05233 450 61331 361 4391.06
Il y a donc plus de femmes en France que d’hommes, même si les naissances annoncent le contraire. (Source : Insee, Estimations de population 2019)

S’il naît plus de garçons que de filles (106 garçons pour 100 filles), la mortalité y est plus forte chez la gent masculine, dans l’enfance, comme à l’âge adulte. Il faut attendre et atteindre entre 50 et 54 ans pour que l’égalité des sexes se prononce. Au-delà de cet âge, ce sont les femmes qui sont plus nombreuses, l’écart se creusant avec la maturité. Ainsi, huit centenaires sur dix sont des femmes en 2020.

Qu’est-ce que la violence envers les femmes ?

Cela regroupe et englobe l’ensemble des comportements violents, qui sont majoritairement perpétrés par des hommes, en individuel ou collectif, dirigés contre les femmes. Elles sont multiples et constituent une violation grave des droits humains et un obstacle majeur à la réalisation de l’égalité entre les femmes et les hommes explique la Convention d’Istanbul :

  • Mariages forcés
  • Grossesses forcées
  • Avortements forcés
  • Mutilations génitales
  • Lapidations
  • Défigurations à l’acide et autres crimes dits d’honneur
  • Esclavages
  • Agressions sexuelles
  • Violences conjugales et ordinaires
  • Violences psychologiques
  • Viols d’épuration ethnique
  • Trafic d’être humain
  • Esclavage sexuel

La violence à l’égard des femmes exercée dans la famille et dans la société se répand partout, quels que soient le revenu, la classe sociale et la culture.

ONU. 23 février 1994

Il n’y a que depuis le 20 décembre 1993 et Déclaration sur l’élimination de toutes les aspects de maltraitance envers des femmes, qu’elles sont reconnues. Elle atteste d’une confirmation internationale du fait que les violences concernant la gent féminine constituent une violation des droits de l’Homme et une forme de discrimination à l’égard des femmes. L’ONU constate « avec préoccupation » que les femmes appartenant à des minorités, autochtones, réfugiées, migrantes, vivant dans des communautés rurales ou reculées, sans ressource, internées, détenues, les petites filles, handicapées, âgées et les femmes dans des zones de conflit armé, « sont particulièrement vulnérables face à la violence ».

En France, l’État et les gouvernements, actuels comme passés, ont décidé de focaliser l’attention depuis peu sur les violences sexistes et sexuelles. (Crédits : Alexas_Fotos/Pixabay)

Le 25 novembre 2017, le président de la République fraîchement élu, Emmanuel Macron, érigeait l’égalité entre les femmes et les hommes en grande cause du quinquennat : « Pour cela, je me suis en effet engagé à ce que la cause du quinquennat soit celle de l’égalité entre les femmes et les hommes et le premier pilier de cette cause, c’est bien la lutte pour l’élimination (complète) des violences faites aux femmes… pour que la honte change de camp… c’est une question de dignité pour notre République ».

Qu’en est-il de l’équité des droits, des devoirs, des traitements et de la considération des deux genres de l’être humain ?

L’Observatoire des violences

La première information de cet observatoire date de novembre 2013, vingt années après la convention d’Istanbul. Mais le poste de secrétaire d’État à la condition féminine fut créé en 1974, sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing. La première personne à occupé ce poste est du 16 juillet 1974 au 24 août 1976 se nomma Françoise Giroud. Depuis et à grand renfort de communication, les lois, décrets diligentés par la chambre haute et basse (dont la majorité est constituée d’hommes) se targue d’avoir fait évoluer le cadre.

En 2012, il y a eu 95 000 victimes et de tentatives de viols, dont 83 000 femmes et 13 000 hommes de 18 à 59 ans. (Crédits : Anemone123/Pixabay)

Une évolution de ce dernier renforce la protection des victimes et la sanction des auteurs de ces violences, notamment la création d’une infraction d’outrage sexiste ou l’allongement du délai de prescription de 20 à 30 ans pour les crimes sexuels commis sur mineurs, etc. En 2012, il y a eu 95 000 victimes et de tentatives de viols. Sur ce nombre 17 % ne connaissent pas l’auteur, pour 31 % d’entre elles, l’auteur est connu, mais ne fait pas partie du ménage de la victime. Pour plus d’une sur cinq, l’auteur fait partie du ménage de la victime (au moment des faits) sans y être le conjoint, enfin l’auteur est le conjoint vivant avec la victime au moment des faits pour 31 %.

Les démarches entreprises par les femmes victimes de viols et de tentatives de violsEffectifs%
Nombre total de victimes83 000100
A été vue par un médecin à la suite de cet incident24 00029
S’est rendue au commissariat ou à la gendarmerie
a déposé plainte
a déposé une main courante
24 000
9 000
11 000
28
11
13
A appelé un numéro vert, un service téléphonique d’aide aux victimes10 00013
A rencontré des membres d’une association d’aide aux victimes7 0009
A parlé de sa situation aux services sociaux9 00011
A consulté un psychiatre, un psychologue28 00034
N’a fait aucune des démarches citées ci-dessus38 00046
« Pour faciliter les comparaisons, les chiffres représentés ci-dessus ont été calculés sur les femmes âgées de 18 à 59 ans et vivant en ménage dit ordinaire en métropole », indique l’étude. (Sources : Insee-ONDRP, enquêtes « Cadre de vie et sécurité » de 2010 à 2012)

D’autres statistiques font froid dans le dos :

Les démarches entreprises par les femmes victimes de violences conjugales physiques
et/ou sexuelles vivant avec leur l’auteur des faits au moment de l’enquête
Effectifs%
Nombre de victimes habitant avec l’auteur des faits au moment de l’enquête131 000100
A été vue par un médecin à la suite de cet incident36 00027
S’est rendue au commissariat ou à la gendarmerie27 00020
A appelé un numéro vert, un service téléphonique d’aide aux victimes11 0008
A rencontré des membres d’une association d’aide aux victimes13 00010
A parlé de sa situation aux services sociaux23 00017
A consulté un psychiatre, un psychologue26 00020
N’a fait aucune des démarches citées ci-dessus68 00052
« Parce ce qu’elles atteignent la victime dans son intimité et qu’elles sont, le plus souvent, le fait de proches ; les violences conjugales et les violences sexuelles, diffèrent des autres types de violences. Cela justifie la mise en place de dispositifs spécifiques de prise en charge et d’accompagnement des victimes », explique le rapport.

Dans cette investigation sont définies les violences physiques (gifles, coups et toutes autres violences physiques), sexuelles (attouchements et rapports sexuels non désirés et tentatives) avec le terme conjoint qui est à prendre de manière élargie. Il détermine l’ensemble de partenaires intimes (époux(se), concubin(e), pacsé(e), petit(e)-ami(e), etc.). Quant aux membres du ménage, ils sont les personnes vivant avec l’enquête au moment de l’enquête. Durant l’année 2012, 174 personnes sont décédées, victimes de leur partenaire ou ex-partenaire de vie, 148 sont des femmes et 26 des hommes.

En 2012, une femme décédait toutes les soixante heures, victime de son compagnon ou de l’ex. Huit ans plus tard, 102 femmes on été tuées, soit une tous les 3,5 jours. Trente-six avaient subi au moins une forme de violences antérieures. (Crédits : Diana Cibotari/Pixabay)

La moyenne macabre indique qu’une femme décédait tous les deux jours et demi, victime de son compagnon ou de son ex. De l’autre versant, un homme succombait tous les quatorze jours. Suite à ces faits, 51 hommes et 3 femmes auteurs ont mis fin à leurs jours. À ces faits, il faut ajouter 23 homicides (18 femmes victimes et 5 hommes) perpétrés au sein de couples dits non officiels (amants, maîtresses, petit(e)s-ami(e)s, relations épisodiques..) et six suicides d’auteurs.

À suivre…


Elise Dardut

Épicurienne, je reste une jeune femme à l’aise dans son corps et dans sa tête. Je pense par moi-même, j’agis par moi-même, j’entends les conseils et n’écoute que mon intuition. « Le jour où l’homme aura la malice, la finesse et la subtilité de la femme, il sera le roi du monde… mais ce n’est pas pour demain », me chantait mon grand-père. Il m’a appris que « les seuls beaux yeux sont ceux qui vous regardent avec tendresse. » (Coco Chanel) Depuis, je m’évertue, pour qui veut bien entendre et écouter, à distiller des graines ici et là, au gré du vent. Un proverbe indien explique que « si vous enseignez à un homme, vous enseignez à une personne. Si vous enseignez à une femme, vous enseignez à toute la famille » Il est temps d’inverser les rôles et admettre l’équité, non ?

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