Il y a cent ans… mourait le député Paul Meunier
Paul Meunier est décédé le 17 mai 1922 à deux heures du matin, au 18 rue de Marignan dans le VIIIe arrondissement de Paris chez Mme Bernain de Ravisi. Mais ce n’est pas sa mort suite à une péritonite qui marqua la presse. L’ancien avocat à la cour d’appel, député de l’aube en 1902, 1904, 1910, 1914, maire de sa commune natale était accusé d’intelligence avec l’ennemi. Le 21 février 1922, un non-lieu était prononcé pour Paul Meunier et Mme Bernain de Ravisi alors que cette dernière était écrouée à la prison de Saint-Lazare.
L’affaire remonte à 1917, lorsque l’homme fonda le journal La Vérité. Une instruction ouverte contre Ernest Judet, réfugié en Suisse en mars 1918, chercha à connaître les relations de l’accusé. Il s’avérait que le prévenu s’était lié d’amitié pour le peintre suisse Hans Bossard. Concours de circonstances, le député Meunier avait séjourné chez l’artiste, en compagnie de Mme Marie Fortunée Clara Bernain de Ravisi. Les deux avaient alors rencontré le ministre allemand Von Romberg et l’attaché militaire Von Bismarck.
Le 13 novembre 1919, au cours d’une tournée électorale à Aix-en-Othe, le député et directeur de presse fut mis en état d’arrestation sous l’inculpation d’intelligence avec l’ennemi, par ricochet. Il fut emmené chez lui à Saint-Parres-lès-Vaudes, et lors la perquisition, il tenta de s’évader. Repris il fut conduit à Paris, où il fut écroué à la prison de la Santé. L’instruction perdura deux années et vingt-huit mois de détention, sous le ministère Clemenceau, avant de conclure à la libération des deux prévenus par un non-lieu pour faute de preuves. « La chambre des mises en accusation, devant laquelle j’ai pu m’expliquer, n’a point voulu se prêter à la hideuse machination. Mais ce que je lui ai dit ce qu’elle est seule à savoir, demain il faut que le grand public le sache. Il faudra que l’on sache quel intérêt pouvaient avoir à perdre un innocent et une femme — douloureuse victime des hommes qui pour en arriver à leurs fins, n’hésitèrent point, par deux fois à fabriquer des faux. Le non-lieu qui me libère rend plus ardente encore ma volonté de faire toute la lumière. »
Sur commission rogatoire du juge CLuzet, MM Cucrocq, directeur de la police judiciaire et Pineau secrétaire de la même institution se rendirent au domicile de Mme Bernain pour se faire remettre le corps du défunt Meunier, pour subir une autopsie. Car peu de temps après la clôture de la première affaire, la chambre des mises en accusation, à huis clos, estima que l’affaire dite « Pantin de Guerre » constituait des charges nouvelles contre Paul Meunier et sa collaboratrice, Mme Bernain. Ils étaient accusés d’avoir reçu quatre chèques pour un montant total de 125 000 francs et de les avoir touchés alors en détention. Les sommes étaient envoyés de Suisse.
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