Quel jour sommes-nous ?

Voilà une question qui parait simple de prime abord, savez-vous ce qu’est un calendrier ? Bien sûr, vous avez les souvenirs des Sapeurs-pompiers ou du facteur qui venait sonner à la porte, il y a encore quelques années. Le démarchage à domicile étant interdit par la loi, pour les 2010 et inférieurs cela reste une légende. L’être humain nécessite des repères comme ledit calendrier. Quel est le plus vieux trouvé actuellement ? En existe-t-il plusieurs sortes ?

Aujourd’hui, 30 octobre 2021, le soleil se lève timidement, sous la couverture de nuage sur Berd’huis et partout en France, avec le paradoxe dut à la distance entre l’Est et l’Ouest. Hors mis le décalage du aux fuseaux horaires, les départements et territoires d’outre-mer, comme les terres australes, la date est commune à tout un chacun.

« Chéri », entonna M Phot de bon matin.

« Oui », répondit Mme Kharéson, le nez dans les effluves du petit déjeuner.

« Si nous sommes le jeudi 4 octobre 1582, quel jour serons-nous demain », questionne-t-il sa dulcinée d’un œil malicieux.

Après un silence marquant l’incrédulité d’une telle interrogation, surtout de si bon matin… Séki prenait le temps de terminer son breuvage nécessaire pour un réveil en douceur… Voyant l’air amusé du gamin qu’il était, elle ne fit plus languir.

« Quelle date as-tu mentionnée ? », souffla-t-elle.

« Le 4 octobre 1582 », souffle-t-il impatient.

« Après toutes ses années ensemble je sais que la réponse ne sera pas logique, surtout vu ta mine enjouée… le 5 octobre », affirma-t-elle dubitativement.

« Tu me connais que trop bien. En fait le lendemain du 4 octobre 1582 fut le 15 octobre de la même année. J’ai lu ce … »

Elle comprit qu’elle avait eu la réponse et que l’explication allait chantonner à ses oreilles… bien qu’elle aurait préféré le silence jusqu’à ce que son mug de café au lait, sucré du miel de sa ruche, et ses tartines grillées ne soit engloutis.

« … matin que c’est le pape Grégoire XV qui a tout organisé. Il avait choisi cette date pour migrer du calendrier Julien au Grégorien, avec un décalage de dix jours, donc les Romains se réveillèrent le 15 octobre 1582. Complètement dingue, non ? »

Elle n’eut pas le loisir de s’exprimer que …

« Donc le 5 octobre 1582 n’a jamais existé, et en une nuit ils sont passés du 4 au 15 octobre 1582. D’après qu’ils prenaient du retard par rapport aux saisons, le journaliste parle d’année astronomique, sans l’expliquer. Ces journalistes… », conclut-il.

Alors satisfait de son effet, il marqua un silence. Séki en profita pour lui poser une devinette, qui se transforma en colle.

« Toi qui semble tout maîtriser, de quand date le plus vieux calendrier », se réjouit-elle.

« Je n’en sais fichtre rien », s’exclama-t-il en adoptant sa moue caractéristique.

« Vous avez quatre heures », explosa-t-elle de rire. Elle allait avoir la paix jusqu’au repas de treize heures, et le sacro-saint journal télévisé.

Mouché, il débarrassa la table, après s’être resservi un thé à l’orange… avant de se pencher sur le sujet. La notion de temps, au même degré que le calendrier, fut inventée par l’homme pour diviser et orchestrer l’instant sur de longues durées. Les bases furent, le retour des saisons, le cycle lunaire, ou encore le déplacement de l’ombre du à l’astre de feu, pour organiser la vie agricole, sociale et religieuse des différents peuples. Le mot calendrier provient du latin calendarium signifiant livre de comptes qui lui-même dérive de calendae considéré comme le premier jour du mois chez les Romains.

Ci-dessus, une illustration du fonctionnement des fosses. « L’alignement de la fosse correspond également au lever du soleil du milieu de l’hiver, ce qui permettait aux chasseurs-cueilleurs de bénéficier d’une “correction astronomique” annuelle afin de mieux suivre le passage du temps et le changement des saisons. » (Crédits : BBC)

Le plus vieux calendrier date de 10 000 ans, bien avant l’écriture cunéiforme. Il fut identifié en 2013, non sur le continent africain comme pourrions-nous croire, car berceau de la vie, mais en Écosse. Des archéologues pensent avoir découvert le plus ancien « calendrier » sélène du monde dans un champ de l’Aberdeenshire. Appartenant au Mésolithique, il consiste en un ensemble de fosses organisées de manière à correspondre aux phases lunaires. Déjà à cette époque, un cycle calendaire entier était divisé en douze parties.

Une grande inscription cunéiforme a été trouvée sur le côté sud de la colline du château de Van, à quatre kilomètres à l’ouest de l’actuelle ville de Van, dans l’est de la Turquie. Elle mesure plusieurs mètres de haut et de large, a 25 siècles et le message vient du roi perse Xerxès. (Crédits : DR)

Cette découverte surprit la communauté scientifique. Les Hommes vivant à cette époque étaient plus intelligents qu’elle ne le croyait. En effet, c’est au Néolithique, vers 7 000 av. J.-C., que débutent l’agriculture et l’élevage en Europe. « Les preuves suggèrent que les sociétés de chasseurs-cueilleurs en Écosse avaient à la fois le besoin et la sophistication de suivre le temps au fil des années, de corriger la dérive saisonnière de l’année lunaire et que cela s’est produit près de 5 000 ans avant les premiers calendriers officiels connus au Proche-Orient », affirme Vince Gaffney, professeur d’archéologie du paysage à Birmingham.

Différents types

Les principales sources desdits calendriers sont la Lune et le Soleil. Les lunaires, basés sur les phases de notre satellite, les solaires établis sur le cycle annuel de notre astre, les luni-solaires, fondés sur les deux. Ils existent cependant de nouveaux types motivés sur d’autres étapes. Avec l’invention de l’écriture cunéiforme vint le calendrier sumérien. Celui-ci vit le jour environ 3 000 ans av. J.-C. en Mésopotamie, l’actuel Moyen-Orient. En ces temps immémoriaux, l’année solaire a été scindée en deux périodes, l’« été » incluant la moisson des céréales, entre mai et juin, et l’« hiver » qui correspondait au nôtre. « Trois saisons en Assyrie et quatre en Anatolie ont été comptées, mais en Mésopotamie la bipartition de l’année a semblé normale. »

La course autour du chrono est la principale source de discorde. Il suffit d’imaginer que vous arriverez à l’endroit choisi en temps et en heure, pour ne plus être en retard. Ce n’est pas la peine de se prendre pour un pilote de rallye sur route ouverte, puisque le temps de vie perdu ne se rattrape pas. (Crédits : Karolina Grabowska/Pixabay)

Au fil des siècles, de nombreux calendriers virent le jour aux quatre coins du monde, chacun possédant ses propres spécificités. Le calendrier nilotique de l’Égypte antique se basait sur le Nil. Le chinois quant à lui utilise la lune et le soleil et ses cycles ne se renouvellent pas en même temps que le calendrier Grégorien. Si bien, que si ce dernier est usité en Chine, le Nouvel An chinois est encore actuellement célébré selon le calendrier chinois pour des raisons traditionnelles. L’hégirien ou islamique est un calendrier lunaire synodique non solaire, fondé sur une année de 12 mois de 29 à 30 jours chacun. Une année hégirienne compte entre 354 et 355 jours. Elle est donc plus courte que l’année solaire d’environ 11 jours. C’est pour cela que la période du Ramadan n’est jamais la même d’année en année. Le calendrier hébraïque est luni-solaire composé d’années solaires, de mois lunaires, et de semaines de sept jours commençant le dimanche et se terminant le samedi, jour du Shabbat… Chaque mois débute avec la nouvelle lune.

N’oubliez pas que durant cette nuit, avant celle d’Halloween, à trois heures du matin, il sera deux heures. (Crédits : Gerd Altmann/Pixabay)

Celui menstruel qui affecte la moitié de la population planétaire est habituellement compris entre 21 à 35 jours, avec une moyenne de 28 jours. Le calendrier solaire utilisé sur Terre est qualifié de « Grégorien » car institué par le pape Grégoire XIII au XVIe siècle. Appliqué uniquement dans les pays catholiques en raison de son origine, il s’est depuis étendu à la quasi-totalité des États du monde, tous sauf l’Afghanistan, l’Éthiopie, l’Iran, le Népal et le Vietnam. Ainsi, alors qu’il parait aujourd’hui parfaitement normal d’en accrocher un rigolo dans sa cuisine, ou d’en imprimer un annuel, ou celui de votre smartphone. À l’avenir, vous connaîtrez l’histoire et les péripéties de ce simple élément du quotidien considéré comme acquis par beaucoup.

Romuald Pena

Journaliste et curieux de nature, j’aime les mots et ce qu’ils chantent aux oreilles qui les entendent. « La vérité, c’est qu’il n’y a pas de vérité », assurait Pablo Neruda. Ainsi j’apporte des faits, des faits, encore et toujours des faits, car : « Nous ne pouvons être condamnés à pire, à juger les autres, à être des juges. » (Le Testament d’Orphée, de Jean Cocteau)

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *