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  • Sous le ciel ensoleillé d’Akaroa (33/55)

    Sous le ciel ensoleillé d’Akaroa (33/55)

    Sur la péninsule de Banks, les collines plongent dans la grande bleu azur où s’ébattent les dauphins d’Hector, le plus petit au monde. En cette aurore radieuse, Flavien embarque pour une ultime traversée : celle d’un voyage en Nouvelle-Zélande où nature, histoire et humanité se répondent. D’un front de mer à un sommet battu par le vent, entre Fish and chips et forêts d’Hinawai, il capture chaque instant d’une aventure à la fois intime et universelle — celle du lien fragile entre l’homme et le vivant.

    « Ce matin, personne n’a frappé à la vitre de la voiture, alors je pousse le réveil jusqu’à 9 h. » Une nuit agréable, une nouvelle fois, sur le siège passager. Le petit déjeuner est frugal. « Je termine le gâteau à la cannelle et à la pomme », tandis qu’il se dirige vers la jetée. Il reste de la place pour partir sur la prochaine sortie en bateau dans la baie. « Bonne nouvelle ! », se réjouit-il. Le ticket n’est pas donné, mais pour 120 NZD, il aspire à observer le dauphin d’Hector, le plus rare et le plus petit de tous. « Je n’ai pas beaucoup vu de cétacés pendant ce voyage, j’espère bien me rattraper ce matin. »

    Du pain, du fromage et une banane

    Avant d’embarquer pour une croisière de deux heures à 10 h 45, « je prends un chocolat chaud au café d’en face ». La première heure n’est pas très réconfortante, s’inquiète l’aventurier : chou blanc. Mais, il se rassure, car « je pense avoir tiré le portrait d’un manchot pygmée à aileron blanc, endémique de la péninsule. »

    C’est alors que la magie opère. « Comme dans les films… Un, puis deux, puis trois… puis une vingtaine de dauphins entourent le bateau. » Il ne lâche pas son appareil photo ni le téléobjectif fixé dessus. Rusé, il anticipe la navigation pour se positionner du bon côté pour la lumière. « Je pense à ma sœur, Ophélie, qui est fan de dauphins… Enfin, dans son enfance, c’est une certitude », sourit-il. Plusieurs espèces déjà observées par le baroudeur, mais rarement d’aussi près, assure la naturaliste.

    Le trajet continue en direction d’une petite colonie d’otaries. « Décidément ! C’est la septième fois du voyage que je contemple ces otaries endémiques de Nouvelle-Zélande. » Chemin faisant, l’heure du retour au port sonne. « Deux heures sous une météo radieuse et une mer presque d’huile. » (Crédits : Flavien Saboureau)

    La Capitaine leur confie que c’est la plus belle journée de la saison. Après être descendu, « je prends un Fish and chips. » La suite, Flavien n’y a pas réfléchi, alors il traîne dans la ville, profitant de la douceur et de la chaleur des rayons du soleil néo-zélandais. Après avoir fait quelques courses, il se rend à 16 heures à l’Akaroa Museum qui raconte l’histoire de cette ville, la plus française d’entre toutes, souffle Flavien. « Ici, on voit des drapeaux français accrochés aux demeures, c’est assez déconcertant. »

    En aparté : C’est en 1838 que Jean François Langlois, capitaine français d’un baleinier – Le Chachalot — négocie plusieurs milliers d’hectares de terres aux Maoris, pour fonder une colonie française. Sa résidence, la maison Langlois-Éteveneaux, se trouve aujourd’hui là où elle a été bâtie, dans sa forme originelle. Historiquement, elle est l’unique survivante construite par les colons français au début des années 1840.

    Langlois convainc le roi Louis-Philippe de financer la colonie. Le capitaine crée la compagnie Nanto-Bordelaise et rassemble des émigrants. À son retour, l’Angleterre venait de signer le traité de Waitangi avec les chefs maoris, et le drapeau anglais flottait.

    « Le musée fermant trente minutes plus tard, je prends la direction de la réserve d’Hinawai, l’un des seuls lieux à peu près préservés et boisés de la péninsule. » (Crédits : Flavien Saboureau)

    Flavien tente vainement d’y voir un gecko. L’ambiance y est sympathique, ajoute-t-il. « Il y a une petite cabane où l’on peut dormir gratuitement. Le propriétaire semble être une brave personne, que je n’ai pas le plaisir de rencontrer. » Il profite de la liberté octroyée par la voiture. La montée vers le sommet est raide, le chemin peu marqué. « Ça veut dire que je ne serai pas dérangé par la foule là-haut », se réjouit-il par avance. J’arriverai à 806 m d’altitude à 19 h 40.

    « J’ai du temps à tuer. C’est l’occasion de faire une sieste et de faire le point sur ces incroyables et intenses quinze jours qui viennent de passer. » Au menu, un énième coucher de soleil, avec de quoi casser la croûte : du pain, du fromage et une banane. « La vue sur la baie so Frenchie est incroyable. Quelques nuages semblent vouloir taper l’incruste en vain. Alors, ils nappent les crêtes d’un duvet blanc… »

    L’astre de feu passe derrière l’horizon, Flavien redescend et croise les doigts. Il espère dénicher quelques bestioles nocturnes.

    La frontale éclaire au maximum et à quelques centaines de mètres de la voiture, « J’illumine le dessous d’un Raukaua simplex et là surprise ! Plusieurs Wetas sortent de leur cachette. Je suis étonné, c’est beaucoup plus facile qu’hier. » Plus loin une autre espèce, avec des antennes de plus de 30 cm. « Whouhaou ! Les monstres… », sourit-il. (Crédits : Flavien Saboureau)

    Durant plus d’une heure, il évolue d’arbre en arbre, tel un orpailleur à la recherche d’un trésor. Il est 23 h 30 à sa tocante. « Il est temps de rentrer. Bien qu’interdit, je souhaite poser ma tente près de la voiture, mais l’humidité et la flemme l’en dissuadent. » Comme pour un au revoir, il profite une ultime fois du siège passager. Mais avant de partir… L’aventurier tourne autour de gros rochers non loin de la voiture pour y dénicher une nouvelle espèce de Weta terrestre : « Décidément c’est une orgie ce soir ! Une dernière journée pleine de découvertes. »

    De retour à Christchurch

    C’est la dernière nuit du baroudeur sur le siège passager de la voiture de location. Ce matin, il souhaite contempler la naissance du jour, ce moment suspendu de l’éveil de la nature. « J’ai calé le réveil à six heures pour voir le lever de soleil. Raison pour laquelle je me suis stationnée de ce côté de la montagne. Mais, un bref coup d’œil, et je me rendors aussitôt. » À 7 h 30, Flavien jouit de la présence du soleil pour ranger la voiture et mettre toutes ses affaires dans son sac.

    Pour le retour à Christchurch, le naturaliste conduit sur la route d’altitude de la péninsule. « J’en profite ce matin, car on y trouve beaucoup moins de circulation et les lumières sont top. »

    C’est aux alentours de dix heures qu’il parvient à une station de lavage repérée la veille. « Oui, les stations en libre-service sont rares, car, comme en Patagonie, il faut payer des gens pour nettoyer sa voiture. »

    Pour la modique somme de 19 NZD (9,5 €), il passe et repasse l’aspirateur. Après l’habitacle, c’est l’extérieur que Flavien doit bichonner. « Je m’y reprends à plusieurs fois pour laver la carrosserie. Elle est dans un sale état après toutes ces pistes empruntées dont la poussière s’est incrustée partout. »

    (Crédits : Darcy Lawrey/Pexels)

    Une fois que la voiture recouvre son aspect d’origine, et après trente minutes à traverser la ville, « j’arrive près de l’agence de location. Mais avant de restituer la voiture, je fais le plein et achète quelques lingettes pour nettoyer le tableau de bord et les portes. » Ensuite c’est un moment de suspense peu agréable. Puis, « À l’agence, je croise les doigts pour qu’ils me rendent ma caution sans problème… Ce qui est le cas », souffle avec grand soulagement Flavien. Car même si le ménage est réalisé, il existe toujours un risque de passer à côté de quelque chose sans le voir.

    La navette le prend et le dépose à l’arrêt de bus de l’aéroport. Un gros quart d’heure s’écoule quand Flavien aperçoit arriver l’autobus de la ligne 8. « Je grimpe dedans et vingt-cinq minutes plus tard, je suis au pied de mon auberge habituelle. » Une fois de plus ils ont une place pour lui. Il est 13 h. L’aventurier change de casquette pour une toque de chef. « Je cuisine des pâtes pour terminer mon pesto. En début d’après-midi, une douche bien agréable, avec la sempiternelle lessive à la main. Ce que je n’ai pas fait depuis un moment, mais comme je reste à l’auberge plus longtemps, ça devrait pouvoir sécher. »

    Après deux semaines de grand air, « je passe dans le lit le reste de l’après-midi. Comme un besoin de couper. » Il ne s’extirpe que pour aller manger un burger en soirée. Ce temps lui permet de régler quelques trucs comme sa déclaration auprès de l’URSAAF. (Crédits : Lgh_9/Pexels)

    C’est le moment idéal pour identifier quelques plantes et donner des nouvelles à ses proches. « En fin de soirée, je partage mes expériences de voyages, et réciproquement, avec les trois Françaises présentes dans le dortoir. L’une se prénomme Johanna, elle vient de Cherbourg. Une autre est dijonnaise, et a fait GPN, s’étonne Flavine. C’est la première Française que je croise qui s’y connaît un peu en naturalisme… Avant de me coucher, je réserve mon bus et mon auberge de demain. » À suivre…

  • Qui a la meilleure mémoire : l’éléphant ou la pieuvre ?

    Qui a la meilleure mémoire : l’éléphant ou la pieuvre ?

    La mémoire est un outil essentiel pour la survie dans un monde naturel. Aujourd’hui, peu utilisent leur mémoire, remplacée par ce bon vieux smartphone, et pourtant. Elle est indispensable. Le sujet de la mémoire peut provoquer un duel absurde sur la question. Cela dit, il éclaire notre manière de penser le monde. Car, qui de l’éléphant ou de la pieuvre détient la meilleure mémoire ? Souvent, l’être humain place l’Homme au-dessus de la liste. Mais est-ce, en proportion gardée, une place de tout premier, ou est-ce une affabulation ?

    L’un parcourt les plaines de la savane comme les forêts tropicales et subtropicales, conduit par la mémoire de ses ancêtres. L’autre est tapi dans l’ombre des profondeurs, dans son royaume marin. Deux animaux au sein de deux mondes nous offrent deux formes d’intelligence. Et qui sait, une leçon sur nous-mêmes, sans avoir à interroger l’IA.

    La mémoire ancestrale au service du troupeau

    Nous avons toutes et tous entendu la fameuse expression : « avoir une mémoire d’éléphant ». Et pour cause. L’éléphant est capable de retenir les visages, les chemins, les dangers, les points d’eau, des décennies durant. Une matriarche peut conduire son groupe vers une mare oubliée en période de sécheresse, sur la base d’un souvenir vieux de plusieurs années. Cette mémoire remarquable est essentielle à sa survie et à celle du troupeau.

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    Elles détiennent un savoir transmis au fil des générations. Cela permet une guidance du groupe vers des ressources vitales, même dans les environnements les plus arides.

    Cette mémoire s’étend au-delà des simples faits. Elle englobe des connaissances sociales, sociétales, acquises au cours de décennies d’expérience. Les éléphants sont tout aussi capables de reconnaître des individus grâce à des vocalisations uniques, un peu à la manière des prénoms. Ce qui facilite la cohésion et la communication au sein du groupe.

    Cette mémoire collective se nourrit de l’expérience et de la transmission. Ce qui constitue le socle de la structure sociale des éléphants, où chaque membre joue un rôle essentiel dans la préservation de la communauté. (Crédits : Pixabay/Pexels)

    Selon une étude menée au Kenya par le biologiste Richard Byrne, les éléphants peuvent reconnaître plus de cent individus à leur simple barrissement. Ils différencient les amis des ennemis. Leur mémoire sociale est aussi étendue que la spatiale. Elle se transmet par apprentissage cognitif au sein du troupeau. Leur cerveau ? L’un des plus imposants du règne animal, environ 5 kg (1,4 kg pour l’Homme), avec un hippocampe très développé. L’hippocampe est une structure du télencéphale des mammifères, qui appartient au système limbique et joue un rôle central dans la mémoire et la navigation spatiale.

    Le poulpe, maître des énigmes

    Face à ce colosse terrestre, la pieuvre semble presque fragile. Et pourtant, grâce à ses huit bras, ses ventouses, son cerveau éclaté en plusieurs centres nerveux : tout chez lui respire l’étrangeté et l’ingéniosité. « Elles ont trois cœurs et plusieurs cerveaux, possèdent une intelligence qui peut rivaliser avec celle d’animaux comme les corbeaux (connus pour leur intelligence) et les singes, et leurs capacités de communication visuelle sont mystérieuses et séduisantes », explique Stéphanie Schmidt dans Trust My Science.

    Des chercheurs du SISSA à Trieste, de la SZN à Naples et de l’IIT à Gênes ont séquencé le génome de trois individus de deux espèces différentes. À savoir, la pieuvre commune (Octopus vulgaris) et la pieuvre à deux points de Californie (Octopus bimaculoides). Ils y ont décelé des éléments génétiques mobiles, les transposons.

    Le transposon, appelé gène sauteur, est une séquence d’ADN capable de se déplacer de manière autonome dans un génome, par un mécanisme appelé transposition.

    Une étude de l’Institut de neurosciences de Naples a montré que, malgré une évolution séparée de celle de l’être humain, elle partage avec nous des bases biologiques de mémoire. (Crédits : Pia B/Pexels)

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    Pour autant, « nous ne savons pas si leurs comportements apparemment complexes sont même étayés par une intelligence complexe ou s’ils utilisent des raccourcis cognitifs pour régir de tels comportements », explique Alex Schnell de l’université de Cambridge.

    pieuvre, tentacules, océan

    Néanmoins, au niveau des cellules nerveuses des pieuvres, « les transposons de la famille LINE (Long INterspersed Element) semblent conserver leur activité de copier-coller, à l’instar de ce qui se produit dans certaines zones du cerveau humain impliquées dans l’apprentissage et la mémoire », concluent les auteurs.

    Pour eux, cette similitude entre l’homme et la pieuvre serait le résultat d’une « convergence évolutive ». Simplement acquise de façon indépendante au sein de lignées distinctes, par la sélection naturelle, sous la pression de l’environnement.

    Différentes manières d’apprendre, en mémorisant ou en copiant. Certaines apprennent en observant leurs congénères. La pieuvre mimétique (Thaumoctopus mimicus) est passée maître dans l’art de la dissimulation. (Crédits : Ann Antonova/Pexels)

    Sa mémoire est rapide et adaptative. Si pendant longtemps la pieuvre est considérée comme solitaire, des doutes sont apparus depuis qu’en « 2012, Peter Godfrey-Smith […] et […] Matthew Lawrence ont pourtant observé des pieuvres sombres (Octopus tetricus) vivant en groupe sur une formation rocheuse de la baie de Jervis, au sud de Sydney, en Australie. »

    L’homme fait face aux miroirs

    Et nous, humains, où nous situons-nous entre la matriarche des plaines et le maître des énigmes abyssales ? Notre mémoire est polymorphe, éclatée en plusieurs facettes : mémoire à long terme, mémoire de travail, mémoire émotionnelle, mémoire procédurale. Comme l’éléphant, nous sommes des créatures de la transmission : nous racontons, nous enseignons, nous écrivons pour que le savoir survive au temps.

    Foule, femme, terre

    Mais, à l’instar de la pieuvre, nous savons aussi improviser, résoudre un problème inédit, bricoler une solution dans l’urgence. Notre mémoire est donc un mélange des deux : héritière des ancêtres, mais aussi stratège de l’instant.

    L’éléphant nous rappelle l’importance des racines et des liens sociaux, quant à la pieuvre, elle nous invite à cultiver l’agilité de l’esprit. Entre la lenteur majestueuse et la fulgurance tentaculaire, l’homme oscille, capable du meilleur comme du pire.

    Peut-être que la véritable mémoire humaine, au fond, ne se résume pas à retenir ou à comprendre, mais à donner du sens — à transformer un souvenir en histoire, et une histoire en civilisation.

    (Crédits : Josh Sorenson/Pexels)

    Alors, comparer l’éléphant et la pieuvre, c’est opposer deux philosophies. L’éléphant incarne la durée. La pieuvre, elle, brille dans l’instant présent. L’un se souvient pour transmettre, l’autre pour survivre. Tous deux nous obligent à élargir nos définitions : la mémoire n’est pas seulement l’art de conserver, elle est aussi l’art de réagir, d’interpréter, d’inventer. Alors, qui a la meilleure mémoire ? L’éléphant ou la pieuvre ? La question est peut-être mal posée. Car il n’y a pas de hiérarchie entre ces deux formes de génie, uniquement des adaptations différentes à deux mondes irréconciliables : la terre et l’océan. La véritable mémoire n’est pas celle qui se mesure, mais celle qui permet d’habiter son milieu avec justesse. Et dans ce jeu silencieux, éléphants et pieuvres nous rappellent qu’il existe mille manières de penser… et autant de façons de se souvenir.

  • Périple dans la « Petite Patagonie » (32/55)

    Périple dans la « Petite Patagonie » (32/55)

    Ce matin Flavien prend le temps de s’offrir du temps. La nuit, bien que passée dans un camping, est agréable. Un sommeil court, mais réparateur sur un matelas qui tient la route, grâce aux rustines. Cette journée est légère en activité. Tant et si bien que Flavien traîne. Au menu, le plus haut col de la Nouvelle-Zélande, Island Saddle. Petit détail, il se trouve au bout d’une piste… de 40 km. Il est accessible, selon les autochtones, à tous les véhicules, en théorie.

    La tente rangée, les affaires chargées, place à la conduite en direction d’Island Saddle. « J’ai demandé au gérant du camping si c’est envisageable de le faire sans 4×4. Il réponds que oui », explique l’aventurier du bout du monde. La confiance ne tient qu’à peu de choses. « Je me suis mis en tête que je peux le faire avec ma berline. » Elle en a vu d’autres désormais, pense-t-il… « Le début est bien rugueux, mais les trente kilomètres qui suivent sont largement carrossables. Il m’arrive même de monter à 50 km/h », s’enorgueillit Flavien.

    Le No Man’s Land néo-zélandais

    « Plus j’avance dans ce “no man’s land”, plus la météo s’améliore, plus le paysage devient steppique. » Flavien affiche un sourire non dissimulé au volant. « Je suis heureux d’avoir osé. J’ai envie d’appeler ce coin-là petite Patagonie, tellement j’ai l’impression de revoir les paysages argentins. » Il admet à mots couverts par le ronronnement de sa berline : « Si on me montrait une photo, je serais bien incapable de faire la différence, si je ne différenciais pas les plantes. »

    Après plus d’une heure à soulever de la poussière, à croiser des motos, il fait escale au col, à 1370 m d’altitude. « La température a chuté, le vent a forci… Encore de quoi me rappeler des conditions qui me seraient presque familières. » Cette fin de matinée est occupée à photographier, dans le pierrier qui juxtapose le col, Lobelia roughii et Wahlenbergia cartilaginea.

    « Je passe près de deux heures à user ma semelle dans ce paysage minéral pour trouver les deux espèces en fleur. L’une est précoce, l’autre est tardive. Une mission impossible menée à bien. »

    Durant tout ce temps, il conserve ses quatre couches de vêtements. Puis, vers 14 h, « je regagne la voiture pour casser l’habituel casse-croûte fait de pain, de fromage et de banane, mais pas en même temps. » (Crédits : Flavien Saboureau)

    L’objectif est réussi alors le baroudeur se pose et profite du paysage. Il contemple ce tableau qui se dessine. Ce rêve en couleurs s’imprime sur une toile appuyée sur le chevalet. Parfois, une moto peint avec délicatesse une empreinte blanche sur cette œuvre éphémère et imaginaire. « Sur le retour, je m’arrête au bord du lac Tennyson. »

    Le nom fait déjà américain, mais c’est sans compter sur les Néo-Zélandais et leurs 4×4 traînants leurs jet-skis, constate Flavien. Mais c’est un autre détail qui attire son regard.

    « Le lac est d’une couleur incroyable et ses berges constellées de vipérines en fleur. Les steppes quant à elles regorgent de Gentianella corymbosa en fleurs, quel tableau ! Pour couronner le tout, Aciphylla aurea, une ombellifère géante, ponctue le paysage qui inspirerait plus d’un artiste à mon humble avis. »

    Le mode touriste est enclenché.

    Il reprend le même chemin qu’à l’aller, mais « à la cool, car je sais que ça passe. Il fait beau, j’ai le bras accoudé sur la portière, la fenêtre est ouverte… La vie est belle, non ? » (Crédits : Flavien Saboureau)

    Il hésite à poursuivre ses investigations florales. Mais sans s’être renseignée sur l’état de la piste pour accéder au lieu, les nuages qui chargent le sommet, sachant que la pluie est annoncée pour ce soir, la sagesse le fait renoncer. « Je rentre à Hanmer Spring. » Comme à son habitude, il achète une glace et, via le spot de Wi-Fi, détermine le programme de la soirée. « Pour terminer mon road-movie, direction la péninsule de Banks, à plus de… trois heures de route, une fois encore. »

    Visibilité maximale de cinq mètres

    Flavien laisse derrière lui les collines boisées et les eaux tranquilles des sources thermales d’Hanmer Spring. La route s’étiole à travers des vallées ouvertes, avant de grimper vers des plateaux plus sauvages, balayés par le vent. Au fur et à mesure que la mer se rapproche, le paysage se transforme et annonce l’entrée dans la péninsule de Banks, où la nature semble inchangée depuis des siècles, intacte et majestueuse.

    Arrivé sur l’isthme au soleil couchant, le baroudeur n’a pas réservé de lieu où dormir. « Je me gare sur un parking, à côté d’une table de pique-nique. » Des pâtes au pesto à la frontale, il décide de ne pas s’arrêter là. Il monte dans sa voiture, pour grimper sur les crêtes de la péninsule, à plus de 650 m d’altitude. « La frontale bien vissée, je suis excité à l’idée de rencontrer un gecko ou un weta. »

    Les investigations effectuées justifient le lieu où il se trouve. « Mais je ne suis pas habitué à la recherche nocturne, chose plus courante chez les zoologistes. » Il débute sa chasse au trésor, à l’interface des affleurements rocheux et des buissons. Pour le moment, il fait chou blanc.

    Je ne vois pas à cinq mètres

    « Franchement, j’aurais dû venir repérer le terrain de jour. » Les falaises et dévers ne sont pas rassurants, même pour un aventurier. « La frontale est à fond, mais la brume qui s’amène ne m’aide pas, je ne vois pas à cinq mètres. »

    Soudain, un bruit. Un truc bouge dans un buisson. C’est un minuscule gecko. « Le temps d’attraper mon appareil photo, il se laisse tomber, et disparaît dans la végétation », explique-t-il frustré. Il tourne la tête sur la gauche. Et là ! « Un énorme weta est posé sur un rocher. »

    « Quelle montée d’adrénaline en quelques minutes ! Je suis aux anges ! Ça me rappelle la découverte du kiwi. » Il est heureux comme un gosse, car, en tant que naturaliste botaniste, la recherche de la faune n’est pas sa spécialité.

    « Je le photographie sous toutes les coutures. » Flavien surexcité poursuit son investigation en espérant trouver un gecko, en vain. Dans un ultime coup d’œil, là, dans un buisson, il repère un énorme phasme. (Crédits : Flavien Saboureau)

    « Il se révèle que c’est une espèce assez rare (Hemideina ricta), endémique de la côte est de l’île du Sud. Pas mal pour le premier phasme que je rencontre de ma vie », se félicite-t-il. Le sourire illuminant la nuit, il s’en retourne à sa voiture. « Je suis fier d’avoir pu trouver ce weta, emblème de la Nouvelle-Zélande et tellement difficile à dénicher. » Il se dirige vers sa voiture pour y passer la nuit sur son habituel siège passager. Les bras de Morphée grands ouverts l’accueillent prestement, après cette incroyable journée qui ne s’annonçait pas si riche en événements. Comme quoi la persévérance est un trésor que seul le temps sait enrichir. À suivre…

  • Une véritable purée de pois (31/55)

    Une véritable purée de pois (31/55)

    La consolidation de fortune faite de pierres pour asseoir la tente au sol a tenu fort heureusement. Face au vent, Flavien a su en tirer une leçon supplémentaire. Le point météo de la veille indique que le temps est censé se dégrader dans la journée. Le nycthémère appartient à ceux qui se lèvent tôt, explique l’adage. C’est dans ces conditions que l’aventurier décide de profiter dès potron-minet de la journée de ce dix-huit janvier 2025. Le voile de la nuit se déchire à 6 h 11, heure locale, mais Flavien jouis du samedi, début du week-end, pour dormir jusqu’à six heures quarante-cinq.

    « Je me réveille assez tôt », bâille-t-il en s’extirpant de son sac de couchage. À l’instant de l’aube avancée, le soleil commence à lécher la tente : « J’étends mes affaires sur les rochers en espérant que ça sèche. » Si la nuit a été venteuse, elle fut tout aussi humide. L’extérieur de son sac de couchage est trempé, constate-t-il. Mais bousculé par l’apparition des nuages, le botaniste presse le pas. « À 7 h 30, je prends la direction du parking… à 9 km de là. » Rien de tel qu’une petite marche matinale, pour vous mettre en forme pour la journée. Il suit la crête qu’il n’a pas osé emprunter hier.

    Un repas comme à la maison

    La première partie est magnifique : « La crête surplombe une mer de nuages comme je n’en ai pas vu depuis un moment. » Une autre surprise enchante Flavien : les crêtes sont recouvertes d’innombrables coussins de Haastia pulvinaris et Raoulia bryoides, parfois R. eximia. La densité impressionne le naturaliste, bien qu’il ait déjà voyagé sur plusieurs continents.

    Trek, vue, camping

    Ce qui devait arriver arriva. « Je n’arrête pas d’en prendre des photos et je ne progresse pas d’un pouce. » Petit à petit, un tapis de coton semble boucher un à un les coins dénudés du ciel. Conscient de ce changement de temps, Flavien s’efforce tant bien que mal d’avancer dans ces énormes pierriers. « Mais il y a toujours une plante qui m’interrompt », sourit-il.

    Au bout d’un moment les nuages enveloppent toute la montagne. « Je ne vois plus rien. Les photographies ne rendent rien, donc je n’ai d’autre choix que de progresser dans cette brume. »

    Le vent, partenaire de jeu, s’immisce dans la partie. L’ambiance demeure alors très humide. Ce qui n’est pas l’idéal pour son reflex, qu’il range aussitôt dans le sac. « J’enfile ma veste et ma capuche, car les minuscules perles d’eau s’accrochent de partout… en particulier à mes sourcils et ma barbe qui se mettent à goutter. » (Crédits : Flavien Saboureau)

    Son vêtement est conçu pour être imperméable, évitant que tout randonneur ne soit trempé, jusqu’à un certain point bien sûr. Autre avantage, elle laisse s’échapper la transpiration. Équipé, il accélère le pas. « Le sentier se métamorphose. Il est plus roulant et j’enclenche la seconde avant que le temps ne se dégrade encore plus. »

    Parvenu à l’étage forestier, Flavien observe une ambiance brumeuse. L’endroit revêt tout de suite un costume plus mystique. « Les forêts de Nothofagus ne m’ont jamais autant remémoré la Patagonie. » Le cortège floristique est plus intéressant et l’appareil photo sort de son fourreau.

    C’est donc après six heures de trajet, vers 13 h 30, qu’il arrive à la voiture. Ses affaires de bivouac n’étant pas tout à fait sèches, il les étale dans l’habitacle.

    « Je prends la direction d’Hanmer Springs, si proche à vol d’oiseau, mais à plus de trois heures de route », explique -t-il. L’itinéraire n’offre rien de particulier. Si ce n’est que « je passe par le Lewis Pass, un des derniers cols alpins que je n’ai pas encore emprunté. »

    (Crédits : Flavien Saboureau)

    Viande, pâte, repas

    Arrivé à Hanmer Springs en fin d’après-midi, il cherche en vain une auberge. Seul le camping propose de l’accueillir. « Il y a du monde. Je ne pensais pas que cette région était si prisée », s’étonne-t-il. Qui dit touristique, dit envolé des prix. « La place dans le camping n’est pas donnée (35 NZD, 17,5 €), souligne Flavien. Mais il y a un barbecue. » Après avoir apprécié de prendre une douche, il faut récompenser l’estomac. Il file à la supérette pour acheter de la viande et des chips, entre autres. « Je me fais plaisir. J’ai l’impression d’être en été en France. » Profitant du confort offert par la prestation, il passe sa soirée dans une espèce de salon à téléphoner aux amis et à la famille jusqu’à près de deux heures, le lendemain matin. À suivre…

  • Lara, Brenda et Morena sauvagement assassinées en Argentine

    Lara, Brenda et Morena sauvagement assassinées en Argentine

    Le monde en Argentine s’est arrêté ce samedi 27 septembre 2025. Lara Morena Gutierrez, 15 ans, et deux cousines âgées de 20 ans, Brenda del Castillo et Morena Verri, sont décédées dans d’atroces souffrances. Elles étaient censées se rendre à une fête qui se révélera être un piège mortel… Sur fond de trafic de drogue. Aucune limite n’appartient à cette société criminelle. Leur calvaire aurait été filmé et diffusé en direct dans un groupe privé de plus de 40 personnes. Depuis, douze individus sont interpellées, un mandat d’arrêt international à l’encontre du chef présumé « Pequeño J ».

    Amérique du Sud, Buenos Aires, le 19 septembre 2025. La nuit tombe sur la capitale argentine, mais pour Brenda Del Castillo (20 ans), Morena Verdi (20 ans) et Lara Gutiérrez (15 ans), la soirée s’annonçait festive. Elles quittent leurs foyers et montent dans un pick-up blanc au rond-point du quartier de « La Tabalada », vers 21 h 30. Elles viennent tout simplement de disparaître à jamais. Leurs téléphones cessent d’émettre. L’ultime bornage permettra à la police de localiser leur dernière position.

    L’Argentine s’indigne face au triple féminicide

    Leurs corps sont retrouvés cinq jours plus tard dans une maison à Florencio Varela, à moins de trente kilomètres au sud de Buenos Aires. Lara, Brenda et Morena ont été torturées, mutilées, tuées et enterrées dans le jardin. « Il y a eu préméditation […] », a déclaré mercredi le ministre de la Sécurité de la province de Buenos Aires, Javier Alonso. C’est à 21 h 29 que les trois jeunes femmes sont montées volontairement dans un pick-up Chevrolet Tracker de couleur blanche. Elles attendaient à l’intersection des avenues Monseñor Bufano et Crovara près de la station-service, dans la localité de La Tablada, située au nord-est du district de La Matanza, dans la province de Buenos Aires.

    La Direction départementale des enquêtes (DDI) de La Matanza a suivi le trajet du véhicule volé grâce à la vidéosurveillance. Le chauffeur se stoppe devant une maison, placée dans les rues Chañar et Jachal, à Varela. Plusieurs perquisitions ont été menées peu avant 8 heures ce mercredi 24 septembre, conduisant à de nombreuses arrestations.

    Deux corps ont été retrouvés enterrés, le troisième une heure après. Après avoir été transportés à la morgue, les proches ont reconnu les victimes. Les autopsies révèlent l’horreur : coups, brûlures, mutilations, démembrements. (Crédits : Google Maps)

    À Lara, on a coupé les cinq doigts d’une main et une partie de l’oreille avant de la décapiter. Morena et Brenda ont subi des tortures similaires. Le crime aurait été commandité par Tony Janzen Valverde Victoriano, alias « Pequeño J », trafiquant péruvien de 20 ans, et son bras droit, Matías Agustín Ozorio, également péruvien. Le procureur Gastón Duplaá de l’UFI décentralisée nᵒ 2 de La Matanza est chargé de l’enquête. « Les trois jeunes femmes assassinées, selon la plainte de leurs familles, étaient exploitées sexuellement dans cette région », relate Pagina 12.

    Des peines de prison jusqu’à perpétuité

    Au stade de l’enquête, douze individus sont en détention préventive pour ce triple assassinat. Quatre personnes en lien avec le lieu du crime. Il s’agit de Miguel Villanueva Silva, Péruvien, et d’Andrés Maximiliano Parra, Celeste González Guerrero et Daniela Iara Ibarra, tous trois Argentins. Ils sont inculpés d’« homicide qualifié pour avoir été commis avec la participation préméditée de deux ou plusieurs personnes, pour avoir été commis par traîtrise et acharnement et pour avoir été commis par un homme contre une femme par violence de genre ». L’un d’eux a évoqué le vol de 5 kg de cocaïne comme origine des crimes.

    Les huit autres détenus ont été arrêtés dans un bidonville de Buenos Aires, accusés d’appartenir à l’organisation criminelle qui perpétra ces assassinats. Magalí Celeste González Guerrero (28 ans), Andrés Maximiliano Parra (18 ans), Iara Daniela Ibarra (19 ans) et Miguel Angel Villanueva Silva (27 ans) sont d’ores et déjà transférés à la prison de Melchor Romero. Magalí Celeste González Guerrero a décidé de coopérer avec la justice. Ces informations cruciales ont permis de faire la lumière sur le déroulement du crime et les identités des agresseurs.

    Lázaro Víctor Sotacuro, cinquième suspect pour le triple féminicide, a été capturé dans un foyer à Villazin (Bolivie), à 600 mètres de la frontière avec l’Argentine. La police recherche le présumé commanditaire, un narcotrafiquant péruvien Tony Janzen Valverde Victoriano, alias « Pequeño J », contre lequel pèse un mandat d’arrêt international, ainsi que deux tueurs à gages. (Crédits : Ron Lach/Pexels)

    Ce triple assassinat est officiellement qualifié de féminicide. Villanueva Silva et Ibarra, s’ils sont reconnus coupables par un tribunal, encourent la réclusion à perpétuité, soit 50 ans de prison au maximum selon le code pénal modifié en 1994. Les deux autres personnes arrêtées, Andrés Maximiliano Parra, 18 ans, et Magalí Celeste González Guerrero, 28 ans, qui nettoyaient la scène de crime, ont été accusées de recel aggravé. Tous ont été déférés à la demande du procureur Dupláa, avalisée par le juge d’instruction de l’affaire.

    Manifestations spontanées dans l’ensemble du pays

    Des manifestations spontanées ont éclaté à Plaza de Mayo et devant le Congrès. Des centaines de citoyens dénoncent ainsi l’inaction des autorités face au problème colossal du trafic de drogue en Argentine. Les slogans scandés à l’unisson « Justice », des bougies allumées sur les trottoirs et des pleurs étouffés à la hauteur de la douleur collective. « L’Argentine n’est pas habituée à des crimes perpétrés avec autant d’acharnement », affirme El País América.

    « Il n’y a pas de précédent pour la sauvagerie, et encore moins pour la brutalité avec laquelle ces trois jeunes femmes ont été assassinées », qualifie l’avocat de la famille de Brenda, Fernando Burlando. Le gouverneur Axel Kicillof a pris la parole, appelant à une réponse coordonnée face au narcotrafic et exhortant le président Milei à prendre ses responsabilités.

    « Je demande au président qu’il convoque urgemment les gouverneurs pour une table de travail nationale, parce que la question du narcotrafic est internationale, mais elle affecte tout le territoire de l’Argentine », a exigé Axel Kiciloff. Le message est clair : le pays ne peut plus ignorer l’ampleur du fléau. Cependant, la Casa Rosada est restée silencieuse, alimentant le sentiment d’impuissance face à une menace qui dépasse les capacités des autorités locales. (Crédits : Anita Pouchard Serra/El País)

    Les enquêtes préliminaires orientent les soupçons vers des réseaux de narcotrafic actifs dans plusieurs provinces. Les experts et autorités judiciaires indiquent que ce triple meurtre pourrait être lié à des luttes internes entre cartels. Mais également à une stratégie d’intimidation des populations et des témoins. Le modus operandi correspond aux méthodes observées dans d’autres affaires de criminalité organisée transnationale. « Les quartiers les plus humbles d’aujourd’hui sont gérés par le trafic de drogue avec la complicité de la police, c’est comme ça », témoigne Vanina, au quotidien El País.

    Une onde de choc

    L’Argentine se réveille groggy de ce déchaînement de violence. Ces féminicides, loin d’être de simples drames isolés, révèlent le mécanisme pervers d’une société où les réseaux de drogue exploitent la vulnérabilité des quartiers populaires. Lieux où les femmes deviennent les premières victimes collatérales, car le corps des femmes devient une monnaie d’échange. Les tueurs liés à des bandes criminelles, transforment la mort en message, la peur en stratégie de contrôle.

    Ces narcotrafiquants utilisent la violence « pour envoyer un message à la communauté de voisins où ils s’installent ou aux autres groupes avec lesquels ils peuvent avoir une rivalité ; ou pour inspirer la peur ou s’amuser un moment », explique Esteban Rodríguez Alzueta, chercheur à l’université nationale de Quilmes, « Aujourd’hui, ce sont mes deux petites-filles qu’ils ont tuées. Cette fois-ci, ils ont pris trois vies, mais demain, ils vont en prendre quatre, puis cinq. Ça ne peut pas continuer comme ça », a déclaré au quotidien Perfil le grand-père de Morena et Brenda.

    Ce féminicide n’est malheureusement pas un fait divers isolé. Cette violence s’inscrit dans une dynamique régionale où le narcotrafic mexicain, paraguayen et brésilien étend son influence. L’Argentine devient un point stratégique pour le trafic de drogue. (Crédits : Anita Pouchard Serra/El País)

    Les cartels utilisent des zones comme Florencio Varela pour écouler leur marchandise, blanchir de l’argent et exercer leur pouvoir. Ils profitent et exploitent la vulnérabilité des quartiers populaires pour asseoir leur domination. La dimension géopolitique de ce triple féminicide apparaît dès lors que l’on considère le rôle des réseaux de narcotrafic dans la région. L’Argentine, comme toute l’Amérique du Sud, telle la Colombie se retrouve exposée à une criminalité capable d’influencer les décisions politiques et économiques. Les cartels utilisent la terreur ciblée pour intimider les populations et fragiliser les administrations locales, compliquant la gouvernance et la mise en œuvre des politiques publiques.

    Arrestations de Matías Ozorio et « Pequeño J »

    Le présumé commanditaire et son bras droit sont désormais sous les verrous. Les deux criminels avaient pris la fuite au Pérou. La police de Buenos Aires a confirmé mardi 30 septembre — en collaboration avec la direction antidrogue de la police nationale péruvienne — avoir arrêté au sud de Lima « Pequeño J », le présumé commanditaire du triple féminicide narco à Florencio Varela. La fuite de Tony Janzen Valverde Victoriano s’est interrompue sur l’autoroute Panamericana à 70 kilomètres de Lima, caché dans un camion.

    Avec Matías Agustín Ozorio, il devait se rejoindre à 22 heures, sur la place Parque Lima dans le district de Los Olivos. Aucun des deux n’est arrivé au point de rencontre. Le dernier post des cousines était une image à l’intérieur du véhicule. Deux porte-clés, l’un de « Baby Yoda » et l’autre de « Luigi ». Ces porte-clés contenaient des bâtonnets avec lesquels les filles consommeraient de la drogue nommé Tusi.

    « Ils veulent stigmatiser les victimes en disant qu’elles voulaient de l’argent facile ou qu’elles étaient des prostituées, comme si c’était pour cela qu’il était juste de les tuer, sans même savoir comment est la vie dans nos quartiers, les rares options qui sont offertes aux filles pour vivre, pour survivre », ajoute Vanina. (Crédits : Infobae)

    Brenda, Morena et Lara ne sont pas seulement des victimes individuelles. Leur mort résonne comme un signal d’alarme pour tout un pays, voire un continent. Cela souligne la nécessité de renforcer les dispositifs de sécurité, d’éclairer la société sur les enjeux du narcotrafic et de coordonner les efforts internationaux. Entre émotion, indignation et réflexion stratégique, l’Argentine est confrontée à l’urgence. L’urgence de protéger ses citoyens et ses institutions contre des menaces de plus en plus complexes et globales.

  • À la recherche du canard… bleu (30/55)

    À la recherche du canard… bleu (30/55)

    Après la visioconférence d’hier soir, Flavien est aspiré par son téléphone jusqu’à tard dans la nuit. Mais, ce soir, enfin cette nuit, il dort dans un lit, le premier depuis neuf jours. Sauf que lorsque vous partagez une chambre à plusieurs, il arrive parfois des surprises. Le lendemain sa finalité est de rallier le mont Arthur, et chemin faisant de tenter d’apercevoir le canard bleu, surnommé par son cri : Whio. Il est un canard inféodé dont il ne reste que 3 000 spécimens sur Terre.

    « Hier soir, je me suis couché tard », admet Flavien. L’aventurier semble avoir des valises sous les yeux ce matin. Il faut dire que la dernière fois qu’il a regardé son téléphone, il est deux heures. Comme un bonheur ne vient jamais seul, une femme d’un âge certain s’est mise à ronfler « comme pas possible », ajoute-t-il… « La nuit ne fut donc pas celle que j’espérais », soupire-t-il en poussant le réveil jusqu’à 8 h 20.

    De la frustration au plaisir, en une journée

    La voiture chargée, « je prends la direction du mont Arthur, où je compte dormir ce soir ». La durée escomptée pour arriver à destination lui laisse du temps de libre. Pourtant, l’aventurier n’est pas coutumier du fait, a-t-il une idée derrière la tête ? « Hier soir, j’ai glané des informations pour tenter de trouver le très rare Whio. » Ce canard inféodé aux torrents est en danger selon l’IUCN. Il ne reste que 3 000 individus, dont une population de quelques dizaines autour du Mont.

    Canard, UICN, Nouvelle-Zélande

    « Après avoir emprunté une route gravillonnée, tout de même plus praticable qu’il y a deux jours, j’arrive à mille mètres d’altitude. » Flavien stationne la voiture, puis descend un torrent, le Flora Stream, sur six kilomètres !

    « J’y croyais, j’ai mis toutes les chances de mon côté, mais rien. C’est frustrant de savoir qu’ils sont là, et de ne pouvoir les observer », admet-il. Une femme croisée sur le chemin lui indique les avoir vus hier un peu plus bas. Ni une ni deux : « Je marche deux kilomètres de plus, en vain. » Flavien n’affiche pas la même réussite qu’avec le Kiwi.

    Il est treize heures, quand il jette l’éponge. « Je dois grimper au sommet à 1700 m et parcourir les huit kilomètres pour revenir à la voiture. » Il y laisse son téléobjectif, pour prendre ses affaires de bivouac et repartir à la conquête du sommet. (Crédits : Karora/Wikipedia)

    « Je prends la direction du sommet à 760 m plus haut et 8,4 km plus loin. » C’est donc une pente moyenne assez élevée à laquelle se confronte l’aventurier (9 %). Dès les premiers mètres, le naturaliste n’avance déjà plus, et pour cause. « Je traverse de magnifiques forêts à Nothofagus fusca, N. cliffortioides et Dracophyllum traversii et n’arrête pas de déclencher l’appareil photo. » Cette journée à 24 kilomètres n’est pas encore finie, souffle l’aventurier.

    Une très longue journée de marche

    Flavien tombe en pâmoison devant ce Dracophyllum qui forme de véritables arbres. Tant et si bien qu’il ne tarit pas d’éloges. « Tout simplement admirable quand on connaît les autres espèces… », concède -t-il sans pour autant terminer sa phrase. Il se met à réfléchir, se remémore toutes les forêts traversées. Puis comme surgit une illumination : « C’est l’une des plus classes », conclut-il. À 1300 m, il passe devant une des fameuses « Hut » qui lui servira de refuge de secours s’il ne trouve pas chaussure à son pied ce soir. Le sommet se trouve dans les nuages, mais il se découvre en fin d’après-midi.

    Une fois au-dessus des cimes des arbres, le paysage se laisse découvrir. La particularité du coin, les karsts. « Je ne pensais pas voir ça en Nouvelle-Zélande. C’est beau, mais il n’y a pas d’eau. Je n’ai qu’un litre jusqu’à demain matin, je n’ai pas été des plus prévoyants sur ce coup-là. »

    La marche est longue, plus il grimpe, plus des espèces nouvelles se découvrent. Un couple croise sa route, lui indique qu’il y a une place pour sa tente sur la croupe sommitale. « Ça me rassure ! Jusqu’à maintenant je n’ai rien trouvé de convenable sur cette roche saillante. » Arrivé en haut, le soleil réchauffe le corps et l’esprit.

    Seul face à la nature

    Il n’y a pas de vent au sommet, l’aventurier se retrouve seul face à l’immensité. « La vue est majestueuse, je vois même Nelson (Whakatū) d’ici. Le coucher de soleil s’annonce splendide. » Mais, un petit hic contrarie son implantation. « L’installation de la tente est technique sur ce substrat 100 % minéral, les sardines ne s’enfoncent pas, alors je fais au mieux avec les cailloux qui traînent. » Il ne reste plus qu’à croiser les doigts pour que le vent ne se lève pas cette nuit. « Car, je ne peux pas être plus exposé à près de 1800 m d’altitude », tente de se rassurer Flavien.

    Par manque d’eau — juste un litre jusqu’à demain matin —, le repas est frugal et rustique. « Je grignote un bout de pain et de fromage que j’ai avec moi, agrémenté de quelques graines et fruits secs, c’est mieux que rien. » Le repas vite avalé, il photographie toutes les espèces qui ont colonisé le sommet. « Les réparations de mon matelas semblent tenir, je suis content pour mon dos, surtout sur ces cailloux… » (Crédits : Flavien Saboureau)

    arbre, forêt,

    La pénombre parvient, suite au coucher de soleil. Le vent arrive. L’aventurier bidouille une consolidation pour sa tente. « Sans pouvoir enfoncer de sardine, c’est du bricolage », constate-t-il en croisant les doigts pour que le vent se calme dans la nuit. La chaleur du soleil laisse place à la fraîcheur, au froid apporté par le vent. « Ça commence sérieusement à cailler maintenant que le soleil s’est fait la malle », tandis qu’un frisson lui parcourt le corps, amenant au même moment la chair de poule. À suivre…

  • Sans chemise, sans pantalon… (29/55)

    Sans chemise, sans pantalon… (29/55)

    Après une nouvelle nuit sur le siège passager, Flavien affiche une moue dubitative, voire la tête de Grincheux. Les années se suivent, et semblent être le miroir des précédentes. Le coup de Trafalgar arrive à mi-parcours, juste après les fêtes familiales de Noël. Depuis son voyage sur l’île d’Amsterdam (TAAF) en 2021, il n’a pas profité des festivités en famille. La chaleur de ces moments ne se rattrape pas, le temps file, mais l’expérience acquise en vaut-elle la chandelle ? Est-ce que l’année 2025 sera celle du renouveau ? Seul Flavien le sait…

    « Ce matin, je ne me suis pas levé du bon pied », confirme l’aventurier du bout du monde. Le premier coup de mou du périple se présente. Comble du bonheur, la pluie lui souhaite la bonne journée. « Ça faisait longtemps », soupire-t-il intérieurement ! Voyageant seul, il ne peut compter que sur lui pour se remonter le moral. C’est ainsi qu’il se lève, et se prépare à se ceindre les reins.

    L’indécis part en voyage

    Pas vu pas pris, dirait le légionnaire. « Je ne tarde pas à prendre la route, car il est interdit de dormir sur ce parking. » Avant que quiconque débarque, il file en direction de Fox Glacier. Après près de deux heures de route, passant parfois dans des forêts millénaires incroyables, savoure-t-il, « J’arrive à Franz Joseph, l’étape du matin. » Cette petite ville s’est construite avec le tourisme du glacier qui la surplombe.

    Glacier, neige, nature

    Partir à la découverte des glaciers Fox (Te Moeka o Tuawe) et Franz Josef (Kā Roimata o Hine Hukatere) est une pérégrination incontournable pour les aventuriers. Au cœur du Westland Tai Poutini National Park. Le voyageur se sent minuscule, témoin d’un monde en équilibre fragile, où chaque pas rappelle que la beauté peut s’effacer.

    Le temps très brumeux laisse place à la pluie. Flavien marche sur un kilomètre pour admirer la vue sur le glacier. « Il est aujourd’hui à plus de 3 km de là alors qu’il était ici quelques décennies plus tôt, impressionnant. »

    Le glacier recule, la vallée s’élargit, et pourtant, au cœur de cette blancheur, demeure le sentiment de toucher du doigt quelque chose de plus ancien que l’homme. « Finalement, je rallonge la marche par une petite rando de 4,5 km. » (Crédits : Flavien Saboureau)

    Avec ce temps, rien d’exceptionnel à se mettre sous la dent. Mis à part Dawnsonia superba, la plus grande mousse du monde, « J’avais oublié qu’elle poussait en Nouvelle-Zélande, elle ». Flavien reste indécis sur le programme de la journée, déjà entamée. Seule certitude, le coucher de soleil sur les Pancakes Rock ce soir, à 3 h 30 de trajet au nord d’ici, commente-t-il. « Donc, avant de reprendre la route pour une énième fois, je passe au DOC. »

    L’avantage est que, mis à part la fonction officielle, il fait office d’office de tourisme. L’aventurier en profite pour remplir ses gourdes et jeter un œil à ses messages.

    « C’est toujours un moment à part d’allumer le Wi-Fi. » La connexion au monde irréel de l’Internet où tout un chacun partage tout et rien. « C’est comme un sentiment de solitude quand on voit ce que les amis font entre eux. »

    C’est à cet instant qu’il apprend une nouvelle qui ne le ravit pas du tout. Mais la vie nous enseigne à faire face aux mésaventures. « Tant qu’à faire, autant savoir ça aujourd’hui. L’avantage est que ça ne me casse pas une super journée », se rassure-t-il. (Crédits : Flavien Saboureau)

    mer, océan, nature

    Chamboulé, voire émoussé, il se place devant le volant et avale l’asphalte pour réfléchir. Au fur et à mesure, le soleil fait son apparition. Flavien est désormais moins seul. D’autant que quelques Rhopalostylis apparaissent en bord de route. « C’est l’unique palmier de Nouvelle-Zélande, que je n’avais pas encore vu sur l’île du Sud. »

    À défaut d’une glace, des Pancakes Rock

    C’est en fin d’après-midi que l’aventurier du bout du monde arrive près des Pancakes Rock. Frustré de n’avoir pas trouvé une glace à croquer à Haast, il espère se rattraper. « Je prends un cornet avec deux boules », se réjouit le jeune homme. Il faut se faire plaisir, pense-t-il tout haut. Mais un autre l’attend patiemment. « J’enchaîne par une modeste rando de 4 km dans la vallée des palmiers. Romain me l’a recommandé. Il avait raison, j’en suis ravi. » Des milliers de palmiers poussent au milieu de fougères arborescentes dans des gorges calcaires, qui sont dignes de celles du Tarn, ou presque s’amuse Flavien.

    Pancakes, Rock, New-Zealand

    Des dizaines de Wekas — ces petits râles aptères et endémiques que je n’avais rencontrés que très brièvement sur Ulva Island — traversent le chemin sans peur. « J’ai le loisir de les photographier sur toutes les coutures. »

    Le futur s’annonce pluvieux. Direction le point Wi-Fi pour organiser la journée du 15 janvier, donc demain, murmure-t-il. « Je réserve une auberge. Ça fait neuf jours que je n’ai pas dormi dans un lit. Oui, je sais, j’ai connu pire, mais si je veux recouvrer mon quota de sommeil pour mes derniers moments avec la voiture de location. »

    Mais un autre événement le conduit aussi dans cette auberge. « J’ai une visioconférence pour l’atlas des TAAF dans la soirée, il me faut donc un endroit calme et adéquat. » (Crédits : Flavien Saboureau)

    La soirée se finit près de ces fameux Pancakes Rock à admirer le coucher de soleil… nuageux. Voir le verre à moitié plein, dit le sage. « Ces formations dolomitiques sont impressionnantes. » Flavien réussit tant bien que mal à les photographier. Avant de dénicher un nouvel espace de stationnement pour y passer la nuit, Flavien dîne sur le parking du glacier, le réchaud à même le bitume. « Pourquoi ? Parce que je suis juste à côté des toilettes pour accéder à l’eau et pouvoir faire la vaisselle, pardi ! ».

    Une vie sans sous-vêtements…

    Comme la précédente, « je dors sur un parking interdit à la nuitée ». L’auberge qu’il a réservée pour ce soir se trouve à Nelson. Il n’y a que quatre courtes heures de conduite pour s’y rendre, « alors il faut que je comble mon trajet vers le nord », songe Flavien, une idée derrière la tête.

    Durant la matinée, il emprunte la route longeant la côte Ouest. « Elle est magnifique », commente le naturaliste. Il effectue quelques arrêts, mais le plus important est réservé à Westport, la « grosse » ville du Nord-Ouest. Sur place, le mode tourisme est activé. « J’aime bien l’ambiance de la petite rue principale. Je me fais plaisir, et je m’offre un chocolat chaud. »

    Charité bien ordonnée commence par soi-même, Flavien !

    « En venant, j’ai vu sur un panneau qu’une colonie d’otaries n’était pas loin. » Un spectacle observé à plusieurs reprises, mais comme à chaque fois la magie opère. « La colonie n’est pas aussi importante que j’espérais, souffle-t-il. Je regarde les jeunes jouer et pousser leurs cris qui me rappellent de nombreux souvenirs. » (Crédits : RyanMcGuire/Pixabay)

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    Puis, il reprend le volant, la route continue. « Je traverse très peu de villages, c’est sauvage », explique-t-il. Jusqu’au moment où un panneau indique qu’il n’y a plus de stations-service pendant les prochains 100 km. C’est à ce moment que, malgré la certitude du réservoir plein, l’œil de Flavien se fige sur la jauge à carburant.

    Le bonheur simple de s’allonger sur un lit

    Avant de voir le panneau de la ville de Nelson, Flavien ondule dans les gorges de Buller. C’est un endroit où la rivière du même nom (Kawatiri) chemine entre falaises de schiste et de grès. Elle ouvre inclusivement la vision d’une nature sauvage et secrète à chaque visiteur. « J’effectue quelques pauses dans les gorges que je serpente », avoue l’aventurier en filant vers Nelson… La grande localité se niche au nord de l’île du Sud de la Nouvelle-Zélande, qu’il atteint à 14 h 30.

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    Sa réservation située au cœur de ville offre peu ou pas de gratuité au stationnement. « Je trouve une place pour seulement 3 NZD (1,5 €) pour être garé jusqu’au lendemain matin. »

    Mais à 15 h arrive la délivrance. « Je m’allonge enfin sur un lit, neuf jours plus tard… » Un plaisir que tout un chacun goûte quotidiennement sans en prendre la pleine conscience. C’est aussi le moment de la grande lessive de printemps, pour le contenu et le contenant.

    « Pour seulement 8 NZD, tous mes vêtements sont propres et secs. » Donc, à la place d’examiner les habits tourner et se retourner dans la machine à laver le linge, il en profite pour faire ses emplettes. Mais comme l’ensemble de ses vêtements, ou presque, se contemple à travers le hublot, « je me promène à Nelson sans sous-vêtements en attendant… ». (Crédits : Flavien Saboureau)

    Il prend enfin le temps de se pencher sur son matelas. Grâce aux rustines présentes dans son sac, la réparation semble tenir. « Je croise les doigts », prie Flavien. Avant de s’installer dans le lounge pour sa visio : « J’engloutis une pizza bien grasse pour changer des pâtes au pesto et du fromage. » L’équipement utilisé depuis sa première expédition sur l’île d’Amsterdam s’use. « Aussi, cet après-midi j’ai acheté de nouveaux écouteurs, car les anciens arrivaient en bout de course, comme une partie de mon matos d’ailleurs… » Sa réunion dure 2 h 30, mais il passe le reste de la soirée sur son portable, le confort d’un lit fait tout oublier, même le temps qui file à toute vitesse. À suivre…

  • Cyberattaques : un fléau qui frappe la France

    Cyberattaques : un fléau qui frappe la France

    En France, les cyberattaques ne cessent de se multiplier, touchant aussi bien les hôpitaux que les entreprises privées. Le site Ransomware Live recense déjà 402 attaques revendiquées par des groupes criminels organisés, ce depuis 2017. Un chiffre impressionnant, qui ne reflète pourtant qu’une partie de la réalité, puisque de nombreuses intrusions restent dans l’ombre. Les conséquences pour les entreprises subissant des cyberattaques peuvent être multiples : financières, réputationnelle et juridique.

    Les conséquences sont lourdes : pertes financières, atteinte à l’image, responsabilité juridique… faillite. Aucun secteur n’est épargné. Les cybercriminels, souvent jeunes, multiplient les assauts en exigeant des rançons contre la restitution ou la non-divulgation de données chiffrées. Mais les premières attaques remontent au 11 décembre 1989.

    Une menace omniprésente, des conséquences sans limites !

    Les vendredi 12 et samedi 13 mai 2017, Renault a dû interrompre la production dans de nombreuses usines à Batilly en Meurthe-et-Moselle, Douai dans le Nord, Sandouville en Seine-Maritime, Novo Mesto dans le sud-est de la Slovénie ou encore à Pitesti, en Roumanie. Il était urgent d’isoler les ordinateurs et les serveurs infectés par le ransomware Wannacry. Europol qualifie cette cyberattaque « d’un niveau sans précédent », car plusieurs dizaines de milliers de systèmes d’informations sont affectés, dans au moins 70 pays.

    Il n’y a pas un seul jour où des sociétés publiques comme privées ne soient sous le joug de groupes composés de cybercriminels, souvent jeunes. Les ransomwares « Qilin » revendique les cyberattaques de Bio3g, Wouters France, EPLS, PathoQuest, « The Gentlemen » affiche LPP, SAelen/Heizomat et Peggy Sage via « Datacarry ».

    Depuis « Wannacry » et Renault en 2017 , les ransomwares sont responsables de plus de 400 attaques réussies et rendues publiques dans l’hexagone. Parmi les plus actifs : LockBit (91 attaques connues), Qilin (30), 8Base (27), RansomHub (18), Hunters (12), Alphv/BlackCat (11), et d’autres comme Cl0p, Cactus, Play…

    Double extorsion

    Si les ransomwares dominent l’actualité, ils ne sont pas seuls. Les principaux vecteurs les plus connus du grand public sont les ransowmares, phishing et spear-phishing comme les attaques DDoS.

    Le phishing consiste à piéger les victimes par de faux courriels pour leur soutirer des informations sensibles. Le spear-phishing va plus loin, avec des messages personnalisés et donc plus crédibles. Les attaques DDoS, déni de service distribué paralysent quant à elles des sites web en les saturant de requêtes.

    Ces méthodes, souvent combinées, peuvent conduire à l’arrêt total d’une activité. De nombreux groupes, tels que Datacarry, adoptent une stratégie de double extorsion : ils menacent de les divulguer si la rançon n’est pas payée.

    (Crédits : Anete Lusina/Pexels)

    Ces attaques peuvent paralyser les sites web d’entreprises, entraînant des pertes financières et une altération de la réputation, voire bien pire : la faillite. Le plus emblématique des exemples sur les conséquences des cyberattaques se déroule outre-manche. Le géant britannique du transport, KNP Logistics a dû fermer ses portes en mai 2025 après une attaque du ransomware Akira de juin 2023. Une faillite brutale après 158 ans d’existence.

    L’attaque de Peggy Sage par Datacarry

    Le 15 août 2025, la marque française de cosmétiques Peggy Sage a été victime d’une cyberattaque revendiquée par le groupe Datacarry. Les opérateurs derrière le ransomware divulguent 11,3GB de données compressées sur leur site vitrine. L’ensemble des informations une fois décompressé atteint 14,3 GB. Quatre dossiers et trois documents au format CSV : stg_client de 6,9 Mo, un autre ods_client de 139.1 ko et dwh_client de 963,4 ko.

    Respectivement, ils affichent 268, 12742 et 1896 lignes. Puis quatre dossiers : Personnel de 1,2 Go (1,4 Go décompressé), shop_personnel de 5,9 Go (6,1 Go), recrut de 644,3 Mo (880,9 Mo), webOrders_old de 141,7 Mo (501,3 Mo) et recrut2 de 4,2 Go (5,5 Go).

    Les fichiers divulgués sont particulièrement sensibles : données personnelles (pièces d’identité, cartes vitales, coordonnées bancaires, adresses, numéros de téléphone…), documents RH (Documents pour le recrutement, correspondances France Travail, organigramme…), données internes (commandes, bases clients, favoris de navigation…). (Crédits : capture d’écran)

    Autrement dit, des informations exploitables pour lancer d’autres attaques ciblées contre les salariés ou les clients, par phishing ou usurpation d’identité. Chaque nouvelle cyberattaque rappelle la même réalité : la cybersécurité n’est plus un sujet réservé aux experts. Elle concerne les entreprises, leurs employés, et les citoyens dont les données circulent désormais sans protection. À l’heure où plus de 400 attaques revendiquées depuis 2017, rien qu’en France par ransomware, ont déjà été revendiquées par les cybercriminels, la question n’est plus de savoir si une vous allez être attaqué, mais : quand ?

  • À vos risques et périls (27/55)

    À vos risques et périls (27/55)

    La journée débute par une maxime, ou un titre de film selon votre choix : l’aventure c’est l’aventure. C’est un adage que Flavien applique dès ce matin au réveil. Aujourd’hui le naturaliste pointe sur la carte Bordland Saddle. Seule inconnue est la piste pour rallier le col. Une distance de seize petits kilomètres à parcourir, dans un sens et dans l’autre. Si la nuit sur le siège passager laisse peu de séquelles sur le dos du baroudeur, partie du corps qui reste essentielle pour tout un chacun. La vie est faite de priorités, à trop reculer, on risque de confondre vitesse et précipitation.

    Le mal de dos de la veille semble avoir disparu durant le sommeil du juste, ou du moins il demeure silencieux. La bonne surprise est cette nuit sur le siège passager. « J’étais plein de préjugés, je m’attendais à pire que ça », bien que cela ne vaille pas la nuitée sur le matelas. « Je prends la direction de ce col qui se trouve au bout de 16 km de piste. » L’appréhension le gagne. Lui qui ne souffre pas de l’impréparation. « L’inconnue dans l’équation est l’état de la piste », s’interroge Flavien.

    Une randonnée périlleuse

    Malgré les recherches effectuées, peu ou pas d’informations glanées, alors il se lance tambour battant. Au bout de quelques kilomètres sans encombre, un panneau apparaît, comme surgi de nulle part. Ce dernier peut vous glacer le sang. « La suite est aux risques et périls de chacun », lit Flavien à bord de son automobile. Un message est adjoint : « La route est déconseillée pour les deux roues motrices. »

    « Je prends mon courage à deux mains. Je serre les fesses pour ma caution… Et je m’engage… Sur la piste. » L’ambiance dans la voiture est au silence absolu, même le moteur étouffe son ronronnement. Équipé d’une berline, l’aventurier joue l’équilibriste.

    « Je n’en mène pas large. » Il parcourt la distance en une heure, et rallie Bordland Saddle. Sur le parking, chaque véhicule est un 4×4, enfin tous sauf un. « Qu’est-ce que je fais ici », se questionne-t-il.

    Je suis là pour l’aventure, non ?

    Avec tant d’efforts, la météo semble lui faire une fleur. Le climat est radieux, pour un lieu où il est censé pleuvoir le plus en Nouvelle-Zélande. À peine garé, Flavien ne perd pas de temps. Il s’attaque au dénivelé de l’unique chemin partant du parking. Après moins d’un kilomètre, le sentier disparaît et plus de traces sur son GPS non plus. « Je suis là pour l’aventure, non ? », se persuade Flavien. Malgré un panorama remarquable, le naturaliste avoue n’avoir pas eu grand-chose à se mettre sous l’appareil photo. « Je tente de rallier le sommet qui me surplombe. »

    Les graminées, appelées tussock, sculptent et déploient une unité au paysage. « Comme en Patagonie, où cela m’avait frappé, l’espace de combat entre la forêt et la zone alpine est extrêmement bien marqué, autour de 1000 m d’altitude », glisse d’un commentaire Flavien. Ça grimpe dur jusqu’au sommet à 1645 m, surtout « dans ces herbes où on n’avance pas ». L’ascension devient technique. À l’aveugle, il virevolte, tel un cabri qu’il n’est pas, de part et d’autre de la crête pour rallier la cime. (Crédits : Flavien Saboureau)

    « C’est aérien ! Il ne faut pas être sujet au vertige, ajuste-t-il. Il n’y a pas de vent, la visibilité est complète, alors avec un peu de concentration ça se passe bien. » La vue est incroyable tout en haut, admet-il avec une pointe d’émotion. « Je trouve un petit galet à l’intérieur d’un sachet, où, un Japonais a inscrit son nom après être monté ici en 2008 et 2009 », raconte le baroudeur.

    Après l’effort, le réconfort de l’aventurier

    Puis c’est le moment de redescendre. Flavien traverse quelques névés, quand il croise un couple de locaux et engage la discussion. Il projette une soirée hors des sentiers battus, ils campent en contrebas du sommet ce soir. « Quelle riche idée », ponctue Flavien. Ils sont étonnés de tomber nez à nez avec un étranger ici. « Je leur confie que si j’avais à revenir en Nouvelle-Zélande, je leur piquerais leur idée. » Oui, pour la prochaine fois, car pour s’alléger, ses affaires pour bivouaquer sont au chaud dans la voiture. « Je n’ai pas non plus de nourriture. » D’ailleurs je n’ai pas mangé aujourd’hui, borborygme son estomac lors de la descente.

    Les seize kilomètres de piste avalés, « je prends la direction du nord, plus particulièrement Cronwell (Tīrau) ou bien Alexandra (Areketanara) à plus de trois heures de route ». La voiture crie famine, alors après avoir fait le plein, « je m’arrête dans une grande surface près de Queenstown pour acheter moult denrées, et en particulier de nombreuses cochonneries. » À peine Flavien est-il assis dans la voiture qu’une fougasse, juste déballée, disparaît à vue d’œil comme par enchantement.

    « Je suis si heureux de dénicher une fougasse que j’en garde un souvenir. Comme si c’était la meilleure chose que j’avais mangée jusque là. » En tout cas la seule de la journée, jusqu’à présent. « Je profite du Wi-Fi pour trouver un camping à 1 h 30 d’ici, à Alexandra. Je n’ai pas regardé l’heure de fermeture… 21 h », remarque-t-il, en posant le téléphone et en croisant les doigts, pour qu’il arrive avant que porte soit close. (Crédits : Kyle Roxas/Pexels)

    Un ange tutélaire, discret et fidèle, l’enveloppant d’une présence silencieuse, ne le quitte jamais, et pour cause. « Heureusement qu’une employée fait des heures supplémentaires… Elle me donne un emplacement que je payerai demain matin », sourit le béni des Dieux. Heureusement, car les batteries pour l’appareil photo sont à plat. Après deux jours de transpiration intense, la douche est plus que bienvenue. « Je n’ai toujours pas eu le temps de regarder à mon matelas. Je le pose quand même dans ma tente en ajoutant quelques couches de vêtements en dessous. On verra bien ce que va donner la nuit… » À suivre…

  • Trois attaques ébranlent l’environnement Google, et pas que…

    Trois attaques ébranlent l’environnement Google, et pas que…

    En l’espace de quelques semaines, Google a vu son écosystème frappé par trois secousses majeures : une faille critique dans son service Cloud Dataform, une campagne de phishing exploitant Google Classroom et une possible fuite massive de données touchant Gmail. Ces incidents, confirmés par des sources spécialisées, révèlent la fragilité des géants du numérique face à des cybermenaces protéiformes. Entre correctifs d’urgence, exploitation de plateformes éducatives et piratage revendiqué par Shiny Hunters, la sécurité de milliards d’usagers se retrouve une nouvelle fois sur la sellette.

    L’été 2025 aura mis à l’épreuve la cybersécurité de Google. Trois événements distincts, mais significatifs, ont ciblé son infrastructure et ses services : une faille critique dans Google Cloud Dataform, une campagne de phishing exploitant Google Classroom, et une possible fuite de données concernant potentiellement des milliards d’utilisateurs de Gmail, démenti par la maison mère Google..

    Faille critique dans Google Cloud Dataform

    Le 21 août 2025, Google a corrigé une vulnérabilité critique affectant Google Cloud Dataform, référencée sous le numéro CVE-2025-9118. La faille reposait sur un path traversal (CWE-22) qui consiste à « sortir » du dossier prévu par l’application en injectant des chemins tels que « ../../../../../etc/passwd ».

    Ordinateur, bureau, google

    Le problème vient du fait que Google Dataform (un service cloud pour gérer des workflows de données SQL) lit le fichier package.json lors de l’installation de dépendances. Si ce fichier est piégé, il peut contenir des chemins qui obligent le système à écrire ou lire en dehors du répertoire prévu. Vulgairement, un immeuble, ici le Dataform, contient de multiples appartements individuels (les dépôts de différents clients). La faille est semblable à une porte dérobée dans une cloison mal sécurisée. Une personne malveillante peut s’introduire dans n’importe quel logement, en changer ce que bon lui semble, sans y être autorisée.

    L’attaquant à distance, sans avoir besoin de se connecter, peut créer un package.json malveillant — fichier qui décrit un paquet logiciel — pour lire ou modifier les fichiers d’autres clients, comme s’il était l’un d’eux. (Crédits : Caio/Pexels)

    Google a assuré que tous les clients ont été automatiquement protégés après le déploiement du correctif et qu’aucune action supplémentaire n’était requise de leur part. Le score CVSS 10.0 traduit la gravité maximale, car aucun mot de passe n’était requis, accès aux données privées, modification possible de fichiers.

    Campagne massive de phishing

    Quelques jours plus tôt, soit entre le 6 et le 12 août 2025, des acteurs malveillants exploitent la plateforme Google Classroom. Leur but : une campagne de phishing à grande échelle. Selon l’entreprise de cybersécurité Armorblox, environ 13 500 organisations à travers le monde ont été ciblées, via l’envoi de plus de 115 000 messages frauduleux.

    Le stratagème est aussi simple que redoutable. Les attaquants créent de faux cours dans Google Classroom, puis y intègrent des liens malveillants dissimulés dans des documents ou des annonces. Ces cours sont ensuite partagés par courriel sur des entreprises et administrations.

    Leur efficacité repose sur un levier psychologique : la confiance. Venant d’un service légitime, dont le nom de domaine et les certificats ne délivrent pas d’alerte immédiate, tout semble sûr. En réalité, il redirige vers des sites piégés qui distribuent des malwares ou récoltent des identifiants et mots de passe.

    Cette attaque, déjà observée, surfe sur une tendance. Détourner les services de confiance pour contourner les filtres de sécurité classiques et surtout tromper les utilisateurs. (Crédits : Pixabay/Pexels)

    Classe, tableau, écriture

    En détournant l’usage premier de Google Classroom, les cybercriminels hackent le pilier de confiance. Cela rappelle que le plus grand ennemi se cache dans les usages quotidiens. L’attaque exploite ce qu’il y a de plus humain : la confiance, la routine, l’habitude de cliquer sans se méfier, sans regarder. Cette affaire révèle que sans une culture de vigilance partagée par tous, la technologie ne suffira pas. Enfin, selon les révélations de PCWorld, le groupe de pirates Shiny Hunters affirme avoir compromis une base de données associée à Google, en exploitant des accès liés à Salesforce. L’incident aurait exposé les données d’au moins 2,5 milliards d’utilisateurs Gmail, incluant noms, identifiants d’entreprise et autres métadonnées.

    Shiny Hunters, qui sont-ils ?

    Le nom n’est pas nouveau. Depuis 2020, Shiny Hunters s’est imposé comme un acteur central du cybercrime mondialisé, multipliant les assauts contre des entreprises cotées comme contre des plateformes de niche. Leur stratégie : l’industrialisation de la compromission. Le collectif revendique une série de brèches spectaculaires.

    Mobile, google, smartphone

    Shiny Hunters est un collectif de cybercriminels qui a émergé en 2020. Célèbre pour des fuites massives — comme Tokopedia (91 millions de comptes volés), Wattpad (271 millions), AT&T (plus de 70 millions), ou encore l’exfiltration de 500 Go de code source Microsoft —, le groupe a rapidement gagné en notoriété. Il s’illustre par sa capacité à transformer les données volées en armes de chantage et de monétisation.

    À partir de 2025, leur méthode a profondément évolué. Shiny Hunters a fait un virage stratégique vers le vishing (phishing vocal) ciblant Salesforce. Ainsi, en usurpant l’identité du support IT, ils incitent des employés à installer des programmes malveillants, leur ouvrant l’accès aux CRM de Google, Workday, Cisco, Chanel ou Dior.

    (Crédits : BM Amaro/Pexels)

    Aujourd’hui, Shiny Hunters est en capacité de mener des campagnes d’exploitation sociale amplifiée par la technologie, avec une finalité économique claire : l’extorsion. Ce collectif n’est plus un simple groupe de pilleurs de données. Il mute en une entreprise criminelle sophistiquée, où l’intelligence sociale (vishing) devient l’une des clés pour pénétrer les bastions du cloud mondial.

    Shiny Hunters s’allie à Scattered Spider

    Après une année d’inactivité, « Shiny Hunters » refait surface. Silencieux entre juin 2024 et juin 2025, à la suite de l’arrestation de quatre de ses membres, ils signent leurs retours avec une vague d’attaques contre Salesforce.

    Selon les révélations de The Hacker News, « le groupe Shiny Hunters, tristement célèbre pour ses fuites massives de données, semble avoir conclu une alliance avec le gang Scattered Spider ». Reliaquest explique que « Shiny Hunters adopte les stratégies emblématiques de Scattered Spider ». Cette collaboration marque une montée en gamme du cybercrime, passant de l’exploitation individuelle à des campagnes de chantage coordonnées ciblant les clients de Salesforce.

    Scattered Spider, quant à lui, est un groupe de cybercriminels à but lucratif lié au collectif « The Community » (alias The Com). Initialement connu pour les opérations d’échange de données SIM, le groupe a progressé vers l’exécution de systèmes d’ingénierie sociale complexes. (Crédits : Pixabay/Pexels)

    Masque, anonymous, fleur

    Leurs outils sont une combinaison d’ingénierie sociale et des campagnes d’extorsion, une version 3.0 du cybercrime avec l’aide de l’IA. « Soupçonné d’inclure à la fois les membres Scattered Spider et Shiny Hunters, The Com est un réseau tentaculaire de sous-groupes et de cliques disparates qui s’engagent dans l’activité de prise de contrôle, de SIM-swapping, de vol de cryptomonnaie, et sextortion », explique Reliaquest. Quelles sont les prochaines étapes : le Chaos-as-a-Service ? Face à ces menaces, les États doivent-ils imposer une régulation plus ferme, ou le risque d’un monde numérique moins ouvert serait-il pire que le mal qu’il prétend combattre ?