L’Archange du mont saint Michel

Un îlot de terre situé entre la Normandie de la Bretagne, à qui doit être rattaché ce lieu unique en son genre, peu importe. De nombreuses légendes entourent cet endroit mythique et mystique, connu dans le monde entier. Il est au sein de sa baie, dont le cordon littoral figure au patrimoine mondial de l’UNESCO, depuis 1979. Habité depuis l’an 709, il ne cesse d’évoluer au gré des pèlerinages durant douze siècles, jusqu’à la Révolution française. Mais qui est donc l’Archange Saint Michel, dont la statue orne et surplombe la flèche de l’abbatiale ?

Peu importe votre religion ou vos croyances, toutes respectées et respectables, ce n’est ici pas le propos, je vous invite à un voyage à travers le temps. Ce périple permet la compréhension comment le Mont Tombe est devenu, celui que le monde entier connaît sous le Mont saint Michel. La statue de cuivre dorée représente l’Archange Saint Michel, il est affublé d’une épée et d’une balance. Il est le prince de la milice des anges, guerrier et justicier. « Mi-ka-el » en hébreu signifie « qui est comme Dieu ». Il apparaît dans les écritures catholiques comme celui qui à la fin des temps se manifestera annonçant le Jugement dernier pour mener les troupes à l’affrontement contre l’Antéchrist.

La représentation de l’Archange est visible à différents lieux, sur le dyke du Puy-en-Velay, les falaises en Lorraine, des tumulus funéraires à Carnac. Il est toujours, selon les légendes, situé à la porte de la terre et l’enfer, ou plus simplement aux frontières entre la vie et la mort. (Crédits : Dobby310/Pixabay)

Présent dans les trois religions monothéistes, il est le messager et le gardien des passages. Michel est le prince de la milice céleste, mentionné dans le Livre de Daniel de la Bible hébraïque pour le judaïsme (מיכאל) et le christianisme, comme dans l’Apocalypse du Nouveau Testament pour le christianisme et également dans le Coran (ميكائيل) pour l’islam. Les plus anciennes mentions de son nom se trouvent dans des ouvrages israélites du IIIe et IIe siècle avant notre ère, où il est le chef des anges et des archanges et responsable de la protection d’Israël. « L’Exode d’Israël hors d’Égypte » est un récit biblique selon lequel les Hébreux, réduits en esclavage, s’émancipent pour revenir, sous la conduite de Moïse et Aaron, dans le pays de Canaan. « Je vais envoyer un ange devant toi pour te garder en chemin et te faire parvenir au lieu que je t’ai préparé. Respecte sa présence, écoute sa voix. Ne lui résiste pas, car mon nom est en lui. […] Mon ange marchera devant toi » (Livre de l’Exode au chapitre 23).

En novembre 589, la crue du Tibre déverse la peste partout dans Rome. Le pape Grégoire1er, successeur du pape Pelage II en octobre 590 dirige une procession contre cette dernière. L’Archange serait apparu au-dessus du mausolée d’Adrien. Essuyant son épée ensanglantée, la remettant au fourreau, l’épizootie aurait cessé séance tenante. (Crédits : DR)

À la suite de la fin de l’épidémie à Rome, le mausolée d’Adrien prendra le nom de château de Saint-Ange, une église y sera consacrée sur la via Salaria, ancienne voie romaine. En 708, un sanctuaire est édifié sur le mont tombe. Charlemagne adoptait saint Michel comme « Protecteur et Prince de l’empire des Gaulles ». Le choix aurait pour origine un petit oratoire en forme de grotte construit saint Aubert, l’évêque d’Avranches, dédié à l’Archange saint Michel. Le nom complet est Le Mont-Saint-Michel-au-péril-de-la-mer. Les restes de cet oratoire ont été retrouvés et sont encore visibles dans la chapelle Notre-Dame-Sous-Terre, c’est-à-dire sous la nef de l’abbatiale. Puis, il apparaîtra une nouvelle fois dans un village nommé Domrémy-la-Pucelle, dans le département des Vosges (où on y mange d’excellente tarte aux brimbelles) à une jeune fille de 13 ans prénommée Jeanne, qui séjournait il y a quelques siècles à Poitiers.

Romuald Pena

Journaliste et curieux de nature, j’aime les mots et ce qu’ils chantent aux oreilles qui les entendent. « La vérité, c’est qu’il n’y a pas de vérité », assurait Pablo Neruda. Ainsi j’apporte des faits, des faits, encore et toujours des faits, car : « Nous ne pouvons être condamnés à pire, à juger les autres, à être des juges. » (Le Testament d’Orphée, de Jean Cocteau)

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