L’un des plus grands cabinets d’avocats au monde, Jones Day est victime le 3 février 2021 du ransomware, CLOP. Basé à Cleveland, Ohio aux États-Unis il emploie plus de 2500 avocats sur cinq continents. Le bureau français est à Paris dans le premier arrondissement, à deux pas de la place de la Concorde. Jones Day est l’un des plus grands cabinets d’avocats au monde. Il compte plus de 2500 avocats dans le monde, et affiche un chiffre d’affaires annuel de 2 milliards de dollars.
Ce cabinet n’est pas un simple cabinet d’avocats. Il entretient des liens étroits avec l’administration Trump, après que plus d’une douzaine de ses avocats ont travaillé à la Maison Blanche, y compris Don McGahn, qui y a été l’avocat jusqu’en 2019.
100 Gigaoctets de données sur le darknet
Jones Day a fait la une des journaux outre-Atlantique pour avoir représenté Trump dans sa tentative d’invalidation de l’élection présidentielle américaine de 2020 en affirmant l’existence de « fraude électorale ». Cela a suscité une immense critique outre-Atlantique, pour autant continue de travailler avec l’organisation Trump.
« Contrairement aux allégations publiées dans divers médias, Jones Day ne représente ni le Président Trump, ni son comité de campagne, ni aucune autre partie dans un quelconque litige relatif à des fraudes électorales. Le Cabinet ne représente aucune partie dans aucun contentieux ayant pour objet de remettre en cause ou de contester les résultats des élections américaines », démentait le cabinet.
Un cabinet d’avocat attaqué, c’est un comble. Mais ce n’est pas en cela que l’information est détonante. Jones Day compte de nombreux clients de premier plan, dont l’ancien président des États-Unis, Donald Trump, mais pas seulement.
JP Morgan Chase & Co., Google d’Alphabet inc., et McDonald’s. pour ne citer qu’eux. La fuite de 100 Go de données pourrait avoir des répercussions conséquentes.
Tyler Combs sur Advintel prophétisait par son article, publié le 12 février 2021, sur les menaces qui pèsent sur les cabinets d’avocats, et comment les opérateurs des ransomwares exploitent les informations confidentielles contre les cabinets d’avocats.
(Crédits : Google)
« L’une des principales tâches d’un cabinet d’avocats est de gérer et de protéger les informations privées d’un client. Sachant cela, les acteurs de la menace recherchent ces informations lorsqu’ils pénètrent dans le réseau d’un cabinet d’avocats, les volent et les proposent à la vente sur les forums et les marchés du Dark Web», explique Tyler Combs.
Déjà en septembre 2020, un opérateur a eu accès à des données contenant les formulaires d’autorisation I-9, nécessaires aux États-Unis pour pouvoir travailler. Ainsi, il accédait aux noms, numéros de téléphone, adresses e-mail, dates de naissance, numéros de sécurité sociale, numéros de passeport…
Dès le 13 février 2021, DataBreaches.net révèle l’information en titre de son article : « Les opérateurs prétendent avoir volé des fichiers Jones Day ; le cabinet d’avocats reste silencieux.» Peu de temps après, les opérateurs affichaient des données comme preuve de leurs délits sur le Darkweb, amorçant de ce fait la négociation. Les pirates affichent 23 liens liés à Jones Day, d’une taille allant de 1, 54 Go à 4, 5 Go. L’un d’eux est signalé comme « e-mails extraits ».
Les opérateurs du ransomware, CLOP affichent les preuves de leur délit sur le dark web (captures d’écran)
Dans un communiqué, Jones Day affirmait qu’il était le deuxième grand cabinet d’avocats en deux semaines à voir des données privées exposées à la suite d’une violation chez Accellion, qui fournit des services de transfert de fichiers et d’autres services à un certain nombre de cabinets. « Cependant, le pirate a déclaré au Journal (NDLR The Wall Street Journal) qu’il avait piraté directement le serveur de Jones Day et qu’il n’était pas impliqué dans le piratage d’Accellion », relate The Wall Street Journal.
Les opérateurs affichent sur le Dark Web plusieurs documents qui appartiendraient audit cabinet. « Jones Day continue d’enquêter et sera en discussion continue avec les clients concernés et les autorités compétentes », conclut le porte-parole de Jones Day, David Petrou.
L’affaire Duhamel aura-t-elle brisé le silence autour de l’inceste ? Des milliers de victimes d’inceste présumées témoignent sur Twitter sous le hashtag #MeTooInceste, depuis le samedi 16 janvier 2021. Trois ans après après la déferlante #MeToo et ses variantes à travers le monde, qui avait initié la chute d’Harvey Weinstein, libérant la parole autour du harcèlement sexuel, maintenant vient la libération des paroles concernant les crimes sexuels sur mineur.
« J’avais 14 ans et j’ai laissé faire […]. J’avais 14 ans, je savais et je n’ai rien dit », écrit Camille Kouchner, maîtresse de conférences en droit, dans son livre « La Familia Grande ». Œuvre qui suit, de près d’une année « Le Consentement » de Vanessa Springora. Au-delà des différentes accusations écriées sur les différents réseaux « sociaux », c’est la parole des victimes qui est exhortée. Car les agressions sexuelles présumées sur une personne majeure comme mineure, au moment des faits, sont mises plus facilement au jour de tous.
Libération des paroles
« Ce mouvement de libération de la parole, c’est extraordinaire, d’abord parce que ça la libère, c’est un poids considérable, colossal pour les victimes. Il faut le supporter ! En revanche, je dis : attention, la justice, et vous le savez, ne se rend jamais sur les réseaux sociaux », explique le garde des Sceaux, Éric Dupond-Moretti, lors d’une interview accordée à Brut. Les réseaux permettent aux témoignages d’exister, de libérer une parole souvent lourde à porter. Les mots mettent à nue la cruauté que les victimes ont subie :
La chanteuse, Yasmine Modestine livre crûment son histoire. «Un oncle m’a sorti” du lit quand j’avais 6 ans il m’a déshabillée mis sa langue dans la bouche retourné il s’est déshabillé J’ai senti une énorme chose contre mes fesses Je pensais que si je n’ouvrais pas les yeux alors j’étais plus forte que lui Tu parles ! » #metooinceste” @yasminmodestine 15 janvier 2021
Des anonymes osent, comme Pascal Toullet : « J’ai 52 ans, je suis heureux de vivre, Mes 3 enfants et mon ex femme sont mes rayons de soleil. Oui,j’ai bien fais de parler. De croire en notre police ou gendarmerie,MERCI. De croire en notre justice,MERCI. De croire en ma thérapeute MERCI » #metooinceste 15 février 2021
(Crédits : Luis Quintero/Pexels)
Et d’autre encore « Violée par ma mère, à partir de 2ans environ,je suis devenue toxicomane, (héroïne, alcool,) et violée enfant et adulte, par des hommes. Je vous comprends vraiment. » @catou1957 #MeTooInceste #incestematernel 11 février 2021
Que dit la loi
L’article 222-22 du Code pénal est limpide à ce sujet : « Constitue une agression sexuelle, toute atteinte sexuelle commise avec violence, contrainte, menace ou surprise. » Mais pas seulement : « Le viol et les autres agressions sexuelles sont constitués lorsqu’ils ont été imposés à la victime […], quelle que soit la nature des relations existant entre l’agresseur et sa victime, y compris s’ils sont unis par les liens du mariage.» En quoi, ledit article conclut sur celles commises sur un mineur à l’étranger : « Lorsque les agressions sexuelles sont commises à l’étranger contre un mineur par un Français ou par une personne résidant habituellement sur le territoire français, la loi française est applicable par dérogation au deuxième alinéa de l’article 113-6 et les dispositions de la seconde phrase de l’article 113-8 ne sont pas applicables. »
Concernant le viol — articles 222-23 à 222-26-1du code pénal — il est indiqué que tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui ou sur la personne de l’auteur par violence, contrainte, menace ou surprise est un viol. Le viol est puni de quinze ans de réclusion criminelle, et vingt ans pour des circonstances aggravantes, comme l’âge — mineur de 15 ans —, lorsqu’il est commis par plusieurs personnes agissant en qualité d’auteur ou de complice, avec menace d’une arme, et cætera. Pour autant, pour que la victime présumée soit reconnue comme telle, il faut que la personne présumée auteure des faits soit reconnue coupable. Pour cela, il est nécessaire et primordial que les victimes portent l’action en justice. (Crédits : Capture d’écran/C à vous/France5)
Les violences, les agressions sexuelles et la mise en péril de mineur concèdent un délai de prescription de 20 ans à compter de la majorité du mineur-victime. La loi prévoit désormais pour les infractions sexuelles sur mineur des délais de prescription de 30 ans, mais il ne s’applique pas aux infractions prescrites avant le 6 août 2018. Ainsi, la victime peut porter plainte jusqu’à 30 ans après sa majorité dans les cas les plus graves que sont le viol ou le crime de proxénétisme.
En ce qui concerne le cas de la plainte de Coline Berry envers son père, le délai de prescription de 20 ans après sa majorité serait en date de 2014.
« […] le parquet va donc faire mine d’enquêter, non pour vérifier si les faits sont prescrits – ce serait faire offense à son niveau de compétence –, mais pour apporter à la victime une autre réponse que celle de la prescription tant décriée », souligne dans une tribune, Marie Dosé, Céline Lasek, Delphine Meillet, Christian Saint-Palais, Daniel Soulez Larivière, Hervé Temime, avocates et avocats-pénalistes. Les mots possèdent un poids dans la communication d’un côté comme de l’autre. Une déclaration de culpabilité, à mots couverts : « Les faits dénoncés sont susceptibles d’être qualifiés pénalement mais sont prescrits. » (Crédits : Donald Tong/Pexels)
Actuellement Éric Dupond-Moretti, garde des Sceaux travaille sur un texte qui sera présenté aux assemblées pour que les victimes soient considérées en tant que telle, et non plus comme simple témoin explique-t-il à Brut : « Exemple une affaire de viol, quatre autres affaires commises par le même auteur victimes sont prescrites, aujourd’hui, une seule affaire sera jugée, les autres ne le seront pas […] Je trouve juste que les quatre victimes des quatre affaires prescrites aient un statut de victime, et qu’en quelque sorte la prescription qui était acquise dans leur affaire, soit décalée, et que dans le procès, qu’il n’y ait pas qu’une seule victime et quatre témoins, mais cinq victimes. »
Quels sont les chiffres en France
L’auteur du site « Politologue, crimes et délits » abat un travail considérable, rendant accessibles et claires les informations. Toutes les données ont été enregistrées auprès de la Police nationale et de la Gendarmerie nationale. Ainsi, entre 2012 et 2019, c’est 57 175 viols sur majeurs, 63 828 sur mineurs, 71 643 harcèlements sexuels et autres agressions sexuelles sur majeurs et 106 974 sur mineurs, sans oublier les 103 367 atteintes sexuelles.
Pour l’année 2020, selon les datas de la plateforme ouverte des données publiques françaises, 13 018 (+1450, 12,5 % par rapport à 2019) viols sur majeurs, 13 072 (+1101, +9,2 %) sur mineurs, 13 524 (-145, -1,1 %) harcèlements sexuels et autres agressions sexuelles sur majeurs et 18 190 (-446, -2,4 %) sur mineurs, et 15 218 (+205, +1,4 %) atteintes sexuelles ont été pris en compte par dépôt de plainte.
Le constat est significatif entre 2012 et 2020 en France.
France
2012
2020
Tendance
Viols sur majeur
4 749
13 018
+274 %
Viols sur mineur
6 145
13 072
+213 %
Harcèlements sur majeur…
5 612
13 524
+241 %
Harcèlements sur mineur…
9 797
18 190
+186 %
Atteintes sexuelles
13 400
15 218
+114 %
Total
39 703
73 022
+183 %
En huit années, les viols sur majeur comme sur mineur ont plus que doublé en France.
Quel est le point de vue ramené à un département, prenons comme exemple la Vienne. Elle affiche deux sous-préfectures, Châtellerault et Montmorillon et Poitiers en préfecture. Cette dernière, de taille moyenne, est classée première grande ville de France où il fait bon vivre, selon « l’Étudiant » en septembre 2020.
L’évolution et structure de la population, entre 2007 et 2017, selon les services de l’INSEE, donne la vision de la répartition sur l’ensemble du département.
La population de la Vienne a peu augmenté sur une décennie (Crédits : INSEE)
Sur la période de 2012 à 2020, il y a eu 159 800 crimes et délits enregistrés auprès des services de la Police nationale et de la Gendarmerie nationale. Quand aux crimes sexuels dans la Vienne, ils sont en augmentation, comme partout en France.
(Sources : Crimes et délits enregistrés par les services de gendarmerie et de police depuis 2012)
La présomption d’innocence
L’Assemblée nationale reconnaît et déclare les droits de l’Homme et du Citoyen en 1789. La présomption d’innocence est décrite dans le neuvième des dix-sept articles : « Tout homme étant présumé innocent jusqu’à ce qu’il ait été déclaré coupable, s’il est jugé indispensable de l’arrêter, toute rigueur qui ne serait pas nécessaire pour s’assurer de sa personne doit être sévèrement réprimée par la loi. » Fin janvier 2021, Coline Berry-Rojtman, fille aînée de Richard Berry, a déposé plainte contre son père pour «viols et agressions sexuelles sur mineur de 15 ans par ascendant» et « corruption de mineur ».
Dans l’émission « C à vous », sur France 5 animée par Anne-Élisabeth Lemoine, le 16 février 2021, le conseil de Richard Berry, Me Hervé Temime s’exprimait : « Devant un tribunal, c’est à l’accusation d’apporter la preuve de la culpabilité, sur les plateaux télé, c’est le contraire. » Sans le savoir, une bombe allait être lâchée en direct devant le journaliste Patrick Cohen et l’animatrice Anne-Élisabeth Lemoine. « Le service public, que j’apprécie tant, est-il toujours à la hauteur de ce respect de la présomption d’innocence ? Il y a aujourd’hui une telle peur des réseaux sociaux que vous savez ce qu’il s’est passé vendredi soir ? Un film dans lequel Richard Berry n’est qu’acteur a été déprogrammé au dernier moment », s’insurgeait l‘avocat.
(Crédits : Capture d’écran/C à vous/France5)
La réponse est arrivée quelques minutes plus tard par un communiqué de France 3, transmit en direct à Anne-Élisabeth Lemoine : « Afin de ne pas perturber les démarches juridiques, dont la presse, se fait l’écho entre Richard Berry et sa fille, et en accord avec les ayants droit, France 3 décale le téléfilm la loi de Damien. » En colère, l’avocat de Richard Berry martelait : « C’est ce que je vous disais, j’avais raison. Si c’est cette raison qui est avancée, plus jamais aucun film de Richard Berry ne sera programmé sur le service public puisque la justice ne pourra jamais trancher. CQFD. Qu’ils prennent un bon avocat ! Avec des explications de cette nature, ils ont intérêt à être bien défendus… »
Des droits et des devoirs
Le garde des Sceaux approuve le bien-fondé de la libération de la parole, mais rappelle les règles élémentaires du droit. « Donc oui à la libération de la parole de la victime, c’est un mouvement merveilleux, puis ça démontre que la société tout entière a conscience de la gravité de ces crimes et des conséquences qu’ils génèrent, mais attention, ensuite, il y a des règles, notamment des règles de preuve qu’il faut mettre en œuvre, parce que la justice, ça n’est pas l’arbitraire, ça n’est pas la rue, ça n’est pas les réseaux sociaux. »
« Il vaut mieux hasarder de sauver un coupable que de condamner un innocent » (Voltaire, Zadig ou la destinée)
Dans plusieurs journaux, la fille aînée de Richard Berry s’est exprimée, comme ici dans 20 minutes. « J’ai besoin de la reconnaissance des faits» en dépit d’une éventuelle prescription, explique Coline Berry-Rojtman. C’est bien la reconnaissance des faits, afin de se reconstruire que les victimes demandent. « […] Pour d’autres victimes qui souhaitent libérer leurs paroles, mais qui ne veulent pas de procès, elles attendent le bénéfice de la prescription — les poursuites ne sont plus possibles – pour dire les choses en sachant qu’il n’y aura pas de procès, car elles ne veulent pas de procès », souligne le garde des Sceaux.
(Crédits : Алексей Васильев/Pexels)
Les violences, d’autant plus les crimes sexuels ne connaissent de frontières. « […] L’inceste, le viol, ça touchent toutes les catégories sociales ou sociologiques », a affirmé le garde des Sceaux à Brut. Néanmoins, les droits et devoirs de chacun doivent être respectés. Près de deux ans après la déferlante #balancetonporc sur les réseaux sociaux, Sandra Muller, l’initiatrice du hashtag emblématique, a été condamnée en première instance par le tribunal de Paris, mercredi 25 septembre 2019, pour diffamation. Elle devra verser à Éric Brion, qu’elle accusait de harcèlement, la somme de 15 000 euros de dommages et intérêts. Elle a interjeté appel par son conseil. L’appel a été jugé mercredi 27 janvier 2021. La cour ne rendra son verdict que le 31 mars 2021. Sandra Muller reste à ce jour innocente en vertu de l’article 9 de la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen.
Une attaque informatique visant à empoisonner l’eau potable a été déjouée de justesse dans une ville de Floride, annonçaient lundi les autorités américaines. Après les faiblesses mises au jour par les différents ransomwares, la vulnérabilité des systèmes d’information dans des infrastructures critiques, comme la distribution de l’eau, pose question. La ressource indispensable à toute vie sur terre se devrait d’être surveillée comme le lait sur le feu.
Boire de l’eau du robinet aurait pu gravement nuire à la santé des habitants d’Osldsmar, dans le comté de Pinellas, en Floride. Dans la matinée du 5 février 2021, l’eau potable de la ville côtière a été chargée de 11 100 parties par million (ppm) d’hydroxyde de sodium – soude caustique – au lieu des 100 ppm habituelles. « Quelqu’un a piraté le système non pas une, mais deux fois… », a déclaré Bob Gualtieri.
Problème de sécurité nationale
Sans l’intervention rapide des employés, les conséquences pouvaient être graves. En effet, le fait d’ingérer de l’hydroxyde de sodium, utilisé pour contrôler l’acidité de l’eau, peut brûler les lèvres, la langue, la gorge et l’estomac en provoquant des dommages irréversibles. Dans les cas les plus graves, les victimes peuvent décéder.
Lors d’une conférence de presse, le shérif du comté de Pinellas, Bob Gualtieri, a déclaré qu’un opérateur légitime avait vu le changement et l’avait rapidement annulé, mais ce dernier avait signalé que la tentative de piratage comme une menace sérieuse pour l’approvisionnement en eau de la ville. Le policier se montrait de suite rassurant.
Le shérif, Bob Gualtieri, au centre lors de la conférence de presse (Crédits : capture d’image YouTube)
« L’approvisionnement en eau n’a pas été affecté de manière significative, le public n’a jamais été en danger. Il aurait fallu entre 24 et 36 heures pour que l’eau infectée atteigne le système de distribution de la ville », expliquait-il. Le bureau du shérif du comté a ouvert une enquête criminelle avec le FBI et les services secrets, a déclaré Gualtieri.
Les cyberattaques et leurs cibles
Le sénateur de Floride, Marco Rubio s’est empressé de tweeter : « Je demanderai au FBI de fournir toute l’assistance nécessaire dans le cadre d’une enquête visant à empoisonner l’approvisionnement en eau d’une ville de Floride. Cela devrait être traité comme une question de sécurité nationale. »
Cette attaque fait écho à un article écrit en juin 2016, sur le site Partage des eaux. En mars 2016, l’Américain Verizon avait fait état de l’attaque d’une usine d’eau potable, ou les belligérants avaient modifié les quantités des composants chimiques présents dans l’eau. En octobre 2016, c’est au tour de l’agence de l’eau du Rhin Meuse d’être une victime. Durant l’année 2017 en Italie, un Marocain voulait empoisonner l’eau potable de Rome. Un an plus tard, c’est en Sardaigne qu’une menace similaire se tenait.
En avril 2020, le système d’approvisionnement en eau en Israël avait subi des tentatives d’intrusions, déjouées. Elle donne également à parler du ver informatique Stuxnet découvert en 2010. Il aurait été conçu pour s’attaquer aux centrifugeuses d’enrichissement d’uranium, afin de ralentir le programme nucléaire iranien, connu sous le nom de l’opération « Olympics Games ». Ce dernier a la capacité de reprogrammer des automates programmables industriels (API). Certains automates sont utilisés pour la distribution d’eau potable ou les oléoducs.
Insolite comme titre ! En fait, c’est le statut que le serveur donne suite à une erreur client HTTP 418. « Je suis une théière ». Par cette phrase, le serveur indique qu’il refuse de préparer du café, car le café est infusé dans une cafetière, non une théière. Cette erreur est une référence au protocole Hyper Text Coffee Pot Control Protocol, ou HTCPCP qui signifie littéralement : « Protocole hypertexte de gestion de cafetière ». C’est le poisson d’avril du 1er avril 1998 des RCFs.
Un tsunami a atteint le Brésil le 19 janvier 2021. Une base de données contenant des informations détaillées sur 104 millions de véhicules et des données sur 40 millions d’entreprises, déballe la quasi-totalité de la vie des citoyens. Les données exposées concernent plus de 220 millions de Brésiliens, soit plus que le total de la population (la base contient aussi des données de personnes décédées). L’entreprise de sécurité Psafe identifiait le 19 janvier 2021 une fuite extrêmement inquiétante.
Trois jours plus tard, le site Tecnoblog expliquait qu’une personne ayant découvert ladite fuite avait téléchargé des données critiques, en août 2019, raconte sur son cybermagazine, Numerama. Ces données sont critiques parce que la base contient le « Cadastro de Pessoas Físicas » (CPF) des victimes, l’équivalent de notre cher Trésor public, le centre des impôts en France. L’équivalent du CPF serait le numéro fiscal, l’identifiant lié au paiement des impôts.
220 millions de Brésiliens concernés
En effet, Le CPF est un document d’identité qui se révèle indispensable pour tout un tas de formalités au Brésil par exemple ouvrir un compte en banque, faire une carte de transport, ouvrir une ligne téléphonique et bien entendu aussi en vue de l’obtention d’un visa. La seule présence du CPF suffit à envisager des risques de fraude ou d’usurpation d’identité, puisqu’il enregistre les données des véhicules, des sociétés et des Brésiliens.
« Les cybercriminels mettent à disposition une partie des bases pour prouver la véracité des informations obtenues et tentent d’une manière ou d’une autre de profiter de ces incidents, en vendant des données telles que les e-mails, les numéros de téléphone, le pouvoir d’achat et les données d’occupation des personnes concernées. »
La carte indispensable pour vivre au Brésil (Crédits : lostinbrasil.net)
Au total, c’est 37 bases qui comprennent l’état civil, la liste des parents, l’adresse complète, avec latitude et longitude, le niveau d’éducation, le salaire, le revenu, le pouvoir d’achat… mais pas seulement. Il s’accompagne d’une variété de données d’une précision effrayante. Voici une liste non exhaustive de ce que contient la base sur chaque individu :
• Nom, prénom, date de naissance, nom des deux parents, statut marital, niveau d’éducation. • E-mail, numéro de téléphone, adresse (nom précis de la rue, mais aussi coordonnées GPS). • Plusieurs équivalents du numéro de sécurité sociale, et le détail de certaines prestations régulières, similaires à celles de la caisse d’allocation familiale française. • Des détails sur le foyer : nombre de personnes, niveau de revenu. • Des détails sur le travail : nom et identifiant légaux de l’employeur, type d’emploi, statut du poste, date d’embauche, salaire, nombre d’heures par semaine. • Des estimations de revenu : ce calcul prend en compte le salaire, le loyer, ou encore la perception d’une éventuelle rente. Ces données servent à classer les personnes par niveau de classe sociale (baisse, moyenne, haute) et par niveau de revenu. • Toutes sortes de données financières : le détail du score de crédit ; le nom des débiteurs et le statut des dettes ; l’identifiant de la banque des mauvais payeurs.
Jusqu’à 50 millions de Réaux d’amende
Le directeur du laboratoire dfndr, Emilio Simoni s’est exprimé : « […] les données sont utilisées pour des escroqueries de phishing, une fois que le cybercriminel a le CPF et d’autres données réelles de la personne, il serait facile de se faire passer pour un service légitime et utiliser l’ingénierie sociale pour obtenir des données plus critiques de la victime, qui pourraient être utilisées pour demander des prêts, des mots de passe bancaires et des contrats de service, prévient-il. » Dans la déclaration, PSafe n’indique ni le nom de la société impliquée ni la manière dont les informations ont été divulguées, que ce soit en raison d’une faille de sécurité, d’une invasion de hackers ou d’un accès facile. La nouvelle loi brésilienne, de protection des données personnelles (Lei Geral de Proteção de Dados pessoais, LGPD n° 13.709/18), inspirée du RGPD européen prévoit des sanctions, qui ne seront appliquées qu’à partir d’août 2021. Les entreprises qui ne respecteraient pas les nouvelles obligations paieraient une amende de 2 % de son chiffre d’affaires dans la limite de 50.000.000 Réaux (environ 7, 7 millions d’euros).