Étiquette : Librexpression

  • Peurs sur la banquise

    Peurs sur la banquise

    Quand l’un des plus connus cofondateurs d’entreprise dans l’univers de la sécurité des systèmes d’informations lance un pavé dans la mare, ça éclabousse ! Cette personne n’est autre qu’Eugène Kaspersky, à la tête de l’empire du même nom : Kaspersky Lab. Tous ne sont pas d’accord, mais cela permet, à minima, de se poser des questions, avec en vue une collaboration régionale et internationale. Durant le 33e forum économique Asie-Pacifique (APEC) à distance, pandémie oblige, parrainé par Kaspersky Lab, son président directeur général s’est exprimé le 2 mars 2021.

    Quand vous avez du temps de libre, que l’ensemble des pays de la planète, ou la majeure partie est confinée à domicile, que faire ? Il suffi alors de naviguer sur le WEB, parcourir des forums, s’intéresser au code, se tester… Pour le reste, cela est écrit dans les faits-divers à la rubrique Tech.

    Terreau favorable à la cybercriminalité

    « Si la pandémie disparaît, les criminels partiront en vacances, déclarait-il en ajoutant que l’une des raisons du ralentissement des attaques serait de la prise du temps nécessaire pour qu’ils dépensent l’argent volé pendant la pandémie, et qu’un retour aux vols “habituels” pourrait être attendu dans quelques mois ». Lui coupant l’herbe sous le pied, Greg Austin, professeur de cybersécurité, de stratégie et de diplomatie à l’université de Nouvelle-Galles du Sud a rapidement rejetée cette théorie.

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    Le contre-argument du Dr Greg Austin affirme qu’à mesure que les travailleurs retournent à leurs bureaux, les comportements à risque (comme tomber dans le piège des courriels d’hameçonnage) s’ensuivent.

    « Les cybercriminels, étant les opportunistes qu’ils sont, vont essayer de tirer profit de la situation en intensifiant les campagnes de phishing », disait-il et, a appelé à mettre de nouveau l’accent sur la formation et l’éducation en matière de sécurité.

    À la section cybercriminalité du parquet de Paris, 148 procédures pour attaque au rançongiciel ont été ouvertes en 2019. Ce nombre est passé à 436 en 2020. Une quarantaine d’autres ont déjà été ouvertes pour le seul mois de janvier.

    (Crédits : L’Internet est comme l’iceberg qui dérive, le plus dangereux est en dessous de la surface/DR)

    Après l’hôpital de Villefranche-sur-Saône, le 15 février 2021, c’est le leader des solutions d’encaissement pour les commerces de proximité, Cashmag, qui subit une attaque revendiquée par les opérateurs derrière le ransomware Avaddon, le 3 mars 2021. Ce scénario catastrophe se répète jour après jour, semaine après semaine, en France et dans le monde. Tous les voyants sont actuellement au rouge. En France, l’agence nationale de sécurité des systèmes d’information (ANSSI) intervient quand des attaques touchent le secteur public ou les entreprises sensibles.

    Recrudescence de groupe criminels

    En 2020, l’agence a été appelée à 192 reprises. Le nombre a quasiment quadruplé par rapport à l’année 2019, où elle était intervenue à 54 reprises. « De plus en plus de jeunes criminels rejoignent le cyberespace, déclare Eugène Kaspersky. Je crains que ce soit la prochaine étape d’une cyberguerre, pour pirater non seulement les systèmes informatiques traditionnels et les smartphones, mais aussi pour pénétrer dans les systèmes industriels, dans les infrastructures, y compris les infrastructures critiques. »

    Depuis le début de la pandémie, les confinements et restrictions de libertés s’enchaînent. Il n’en faut pas plus pour qu’un cybercriminel junior monte d’un échelon supplémentaire, profitant du terreau fertile ainsi créé, et intègre un gang international.

    Le forum accueillait des représentants des gouvernements du Vietnam, de la Malaisie et de l’Indonésie. Ces derniers présentaient leurs approches nationales de la sécurité des systèmes d’information. Le vice-ministre vietnamien de l’Information et de la Communication, M. Nguyen Huy Dung a détaillé l’adoption d’une stratégie de protection à quatre niveaux. Elle comprend la sécurité interne, des services de sécurité 24 heures sur 24 fournis par un professionnel externe, une sécurité indépendante supplémentaire et un système de surveillance. Il a également déclaré que le Vietnam avait lancé une campagne de sensibilisation du public à la sécurité de l’information.

    Azleyna Ariffin, la directrice adjointe principale de l’Agence nationale de cybersécurité de Malaisie, décrivait la sécurité du cyberespace malaisien comme une nécessité de collaborations régionales et internationales. Elle a également parlé d’une campagne nationale de sensibilisation à la cybersécurité qui s’étend de l’enseignement primaire jusqu’à l’âge adulte.

    Avaddon, darknet, web

    Quant au directeur de l’infrastructure nationale d’information critique, à l’Agence nationale de la cybersécurité et de la cryptographie en Indonésie, Achmadi Salmawan, a souligné l’importance d’impliquer tous les acteurs, en particulier dans une Indonésie géographiquement et culturellement diversifiée où les motivations et les approches varient considérablement.

    Un apprentissage plus que nécessaire

    M. Austin a souligné que l’éducation sur le sujet de la cybersécurité est essentielle. Il a déclaré que s’il est important de se préparer à lutter contre la cybercriminalité et le développement de logiciels malveillants, il est également essentiel de comprendre que le monde de la cybercriminalité et de la sécurité évolue rapidement et que les criminels améliorent leurs méthodes d’attaque.

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    La pandémie de Covid-19 a obligé de nombreuses personnes à travailler à distance, loin de la sécurité des réseaux d’entreprise et des appareils de travail.

    Nombreux sont ceux qui ont utilisé leurs appareils pour leur travail privé et professionnel, souvent à la recherche d’informations sur la pandémie, de programmes de secours et de vaccins dans des coins éloignés d’Internet.

    Les dirigeants pendant le dialogue informel des pays insulaires du Pacifique avec les dirigeants de l’APEC à Port Moresby, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, le 17 novembre 2018. (Crédits : Image d’illustration /AP/Aaron Famila)

    Au niveau Européen, l’ANSSI martèle, le manque de sensibilisation aux risques « cyber », l’absence de maîtrise des systèmes d’information, le non-respect des mesures d’hygiène informatique, la pénurie d’experts en cybersécurité et, dans une certaine mesure, l’augmentation de la surface d’attaque du fait de la généralisation du télétravail, sont autant de faiblesses exploitées par les cybercriminels. Les campagnes d’attaques, qui ont touché la France et l’Allemagne en 2020, ont perturbé de nombreuses activités, et des pertes financières importantes. L’ANSSI a d’ailleurs dévoilé sa stratégie pour faire face à la menace.

  • D’où viennent les jours de la semaine

    D’où viennent les jours de la semaine

    Lundi, mardi, mercredi, jeudi, vendredi, samedi et dimanche, connaissez-vous leur point commun ? Exact, c’est bien la syllabe « DI », pourquoi est-ce si important. Les latinistes auront déjà trouvé, j’imagine.

    Les deux lettres présentes dans chaque jour, proviennent de dies, qui en latin signifie journée. Il suffit de trouver la solution pour le reste des lettres.

    Lundi se décompose en dies lunae et se réfère à la Lune. Mardi donne martis dies et fait appel à Mars, dieu de la guerre. Mercredi, mercurii dies, pour Mercure, messager des dieux, dieu de l’éloquence, des poètes et du commerce.

    Logiquement, jeudi se traduit par lovis dies, Jupiter dieu de la terre et du ciel, et des êtres vivants s’y trouvant. Vendredi pour veneris dies, Venus, déesse de la beauté, mère de Cupidon et des Amours. Samedi, exprime saturni dies, Saturne dieu des Saturnales, du temps et de la mort. Quant à dimanche, il fait référence au jour du Seigneur, avec dies dominica.

  • La loi dite de Sécurité Globale

    La loi dite de Sécurité Globale

    Cette proposition de loi défraie la chronique depuis sa genèse. Quel est le constat de départ ? Que préconise-t-elle ? Pour qui ? Pourquoi ? Est-elle liberticide ? Toutes ces questions méritent une étude approfondie de cette dernière. En premier lieu son étymologie, puis la procédure législative avec les différentes étapes du vote d’une loi, avant le plus important, la dissection des articles. Commençons par le commencement, il faut déterminer le sens de « sécurité globale ».

    L’étymologie de la première composante « sécurité » nom féminin venant du latin securitatem : qui a été refait sur le mot sûreté (qui est la forme ancienne). La sûreté est du caractère de celui sur qui l’on peut compter, ou l’état de celui qui n’a rien à craindre pour sa personne ou pour sa fortune définit le Littré. Quant à l’adjectif « global », selon le centre national de ressources textuelles et lexicales (CNRTL) : qui est considéré en bloc, dans sa totalité, qui s’applique à un ensemble sans considérer le détail.

    Le constat de départ

    Donc, la proposition au sens littéral est une proposition de loi dans laquelle tout individu n’a rien à craindre pour sa personne ou sa fortune en totalité, cela semble être intéressant de prime abord. La première brigade de sûreté vit à sa tête Eugène-François Vidocq sous Napoléon « lorsqu’il est écarté de la Brigade de Sûreté en 1827, il se lance, en parallèle de son agence de renseignements, dans la fabrication de papiers. Vidocq, qui est tombé pour faux en écriture, se passionne pour le papier infalsifiable et l’encre indélébile », raconte le Figaro à la sortie du film « L’empereur de Paris »

    Actuellement, mardi 2 mars 2021, la proposition de loi est à la quatrième étape sur sept, après avoir été adoptée par l’Assemblée nationale : L’initiative ; Le dépôt ; L’examen de la première assemblée ; Le vote de la première assemblée ; La navette entre les deux assemblées ; L’adoption ; La promulgation

    « l’insécurité prend aujourd’hui des formes de plus en plus variées dans le quotidien des Français : depuis les incivilités dans les transports jusqu’aux violences graves sur les personnes en passant par les trafics — notamment de stupéfiants — en bas des immeubles, les violences urbaines ou les rixes entre bandes.

    En 2017, le président de la République a fait de la sécurité la priorité de son quinquennat. […] Le groupe La République en marche, et la majorité à l’Assemblée nationale ont contribué au renforcement des mesures protectrices des Français en votant notamment en faveur de la loi du 30 octobre 2017 renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme […]. » Voici l’exposé des motifs de proposition de loi n°3452 relative à la sécurité globale.

    (Crédits : Eugène-François Vidocq vers 1835, portrait dessiné par Achille Devéria, lithographie, Paris, musée Carnavalet.)

    Donc l’insécurité est grandissante selon les premiers mots de la proposition de loi n° 3452. Les données accessibles sur « data.gouv.fr » des crimes et délits enregistrés par les services de gendarmerie et de police depuis 2012 donnent le tableau suivant :

    AnnéeNombreDifférence n-1Tendance 2012Tendance n-1
    20203 327 737-450 089-4.30 %-11.91 %
    20193 777 826+106 616+8.64 %+2.90 %
    20183 671 210+10 650+5.58 %+0.29 %
    20173 660 560+110 020+5.27 %+3.09 %
    20163 550 540-27 948+2.11 %-0.78 %
    20153 578 488+3 586+2.91 %+0.10 %
    20143 574 902+52 273+2.81 %+1.48 %
    20133 522 619+45 328+1.30 %+1.30 %
    20123 477 301000
    Les données affichent une baisse de la délinquance en 2020 par rapport à l’année 2012, de François Hollande à Emmanuel Macron

    La proposition de loi relative à la sécurité globale s’étend sur 31 articles, en plusieurs chapitres. Renforçant ou octroyant des pouvoirs de police, dans une certaine mesure aux agents de sécurité privée, mais donnant la charge de police judiciaire à la police municipale, entre autres.

    La police municipale

    L’article premier donne à titre expérimental, et pour trois ans – après la promulgation de la loi au journal officiel – le pouvoir de police judiciaire aux communes et établissements publics de coopération intercommunale à fiscalité propre (NDLR communauté de communes ou EPCI). Donc les communes et « Com Com » ayant plus de 20 agents de police municipale pourraient demander les compétences de police judiciaire.

    Selon l’article 14 du Code de procédure pénale, la police judiciaire est l’autorité ayant pour mission de « constater l’infraction, d’en rassembler les preuves et d’en rechercher les auteurs ». Dans le cadre de cette mission, la police judiciaire doit « recevoir les plaintes déposées par les victimes d’infractions, et, de les transmettre le cas échéant au service territorialement compétent » (art.15-3 du code de procédure pénale).

    Les pouvoirs octroyés par le premier article seraient susceptibles de voir les policiers municipaux procéder à l’immobilisation et à la mise en fourrière du véhicule en vertu de l’article L. 325-1-1 du code de la route, mais pas seulement. « […] pour les infractions commises sur la voie publique et qu’ils sont habilités à constater, procéder à la saisie des objets […]. Les objets saisis sont immédiatement inventoriés et placés sous scellés, en présence de la personne, qu’elle en soit la propriétaire ou qu’elle en ait la libre disposition […] »

    La charge d’officier de police judiciaire prend la majeure partie du temps du professionnel. (Crédits : DR)

    Sans oublier qu’ils pourraient intervenir pour des délits comme l’ivresse sur la voie publique, la vente à la sauvette, la conduite sans permis, les squats de halls d’immeubles, les tags, l’occupation illégale d’un terrain communal, l’usage de stupéfiants, le port ou le transport d’armes, ou encore le défaut d’assurance. « Ces mesures d’application interviennent au plus tard le 30 juin 2021 »

    Police administrative et judiciaire

    Quelle est la différence entre les deux entités ? La police administrative a pour mission de prévenir les infractions, de maintenir l’ordre et de protéger les citoyens. Elle est dite police d’ordre. La police judiciaire a une mission d’investigation et de répression. L’article 14 du code de procédure pénale prévoit que la police judiciaire est chargée de constater les infractions à la loi pénale, d’en rassembler les preuves et d’en rechercher les auteurs tant qu’une information n’est pas ouverte. En pratique, ce sont souvent les mêmes personnes qui exercent et remplissent les fonctions administrative et judiciaire.

    Le fait que ladite proposition de loi autoriserait la police municipale au constat pour la rédaction d’un procès-verbal montre que les agents ne possèdent pas les autorisations actuellement. Comme le fait de relever l’identité des auteurs des délits (premier alinéa de l’article 78-6 du code de procédure pénale), contrôler l’obligation d’assurance d’un véhicule (l’article L. 451-1-1 et au 2e alinéa de l’article L. 451-1-2 du code des assurances).

    La sécurité privée

    Le marché de la sécurité privée employait 175 000 personnes en France, en 2019. Cette proposition de loi donnerait habilitation a recueillir ou à relever l’identité de l’auteur présumé de l’infraction. Ainsi en cas de refus ou d’impossibilité de confirmer votre identité : « L’agent qui dresse procès-verbal en rend compte immédiatement à tout officier de police judiciaire […] qui peut alors lui ordonner sans délai de lui présenter sur-le-champ la personne concernée ou de la retenir pendant le temps nécessaire à son arrivée […] ».

    À défaut d’un tel ordre, l’agent ne peut retenir la personne concernée. Cependant, durant le temps incombé à l’information et décision de l’officier de police judiciaire (OPJ), le fait de ne pas demeurer avec l’agent de sécurité, ou le refus d’obtempérer à l’ordre de suivre l’agent pour se voir présenter à l’OPJ sont puni, au maximum de deux mois d’emprisonnement et de 7 500 € d’amende.

    Le survol des lieux stratégiques par des aéronefs est une priorité de défense. (Crédits : MOBOTIX)

    Lorsque les circonstances et les lieux l’exigent, ils peuvent également utiliser des moyens radioélectriques, électroniques ou numériques permettant la détection des aéronefs circulant sans personnes à bord, comprenez drones dans le cas ils seraient susceptibles de représenter une menace de sécurité. Comme ce fut le cas en 2014 avec le survol de centrales nucléaires, ou encore avec l’action revendiquée par Greenpeace en 2019, relate L’Express. « Ils peuvent exploiter et, si besoin, transmettre les informations recueillies aux services de l’État concourant à la sécurité intérieure et à la défense nationale », souligne l’article 19 bis.

    Big Brother is watching you

    La modification du second alinéa de l’article L. 252-2 du code de la sécurité intérieure ajoute : « […] nationales et des services de police municipale ainsi que par les agents individuellement désignés et dûment habilités mentionnés aux articles L. 531-1, L. 532-1 et L. 533-1. » Ainsi la CCTV connue outre-Manche pourra fleurir à chaque coin de rue en métropole, comme en outremer. Lorsqu’un EPCI exerce la compétence relative aux dispositifs locaux de prévention de la délinquance, il peut décider, sous réserve de l’accord de la commune d’implantation, d’acquérir, d’installer et d’entretenir des dispositifs de vidéoprotection.

    Si la comparaison peut paraître précipitée, l’exemple de la capitale anglaise fait référence, avec ses 42000 caméras. La pandémie actuelle due au virus SARS-nCoV-2, dit Covid-19, rend la part belle aux caméras dites intelligentes. À Paris, la station Châtelet-Les-Halles la douzaine de caméras observent le port ou non du masque, relate relate France Inter. Faute de festival en 2020, c’est au marché de Cannes qu’il faut sourire, comme l’explique Le Monde, « à Cannes, des tests pour détecter automatiquement par caméras le port du masque ». La commission nationale informatique et des libertés (CNIL) appelle à la vigilance sur l’utilisation des caméras dites « intelligentes » et des caméras thermiques. (Crédits : DR)

    Le dernier comptage effectué en 2012 par la CNIL faisait état de 935 000 caméras de surveillance installées sur notre territoire. Où sont-elles ? Absolument partout ! Aux guichets de banque, dans les bureaux de tabac, les parkings, les couloirs de métro et même sur les lieux de travail… La modification ou mise à jour des systèmes de surveillance est effectuée par l’ajout d’une couche logicielle à des systèmes de vidéoprotection préexistants, ou du déploiement de nouveaux systèmes vidéo dédiés. Ainsi, elles œuvrent dans les dispositifs de prise de température automatique (caméras thermiques), de détection du port de masque, de respect des mesures de distanciation sociale, etc.

    Surveillance biométrique de masse

    Mis en place pour la DSP2, la surveillance biométrique ne se limite pas à la reconnaissance faciale. « Alors que la police continue d’utiliser de façon massive la reconnaissance faciale à travers le fichier des traitements des antécédents judiciaires (TAJ), plusieurs villes et administrations ont déployé des dispositifs de contrôle de température, de détection de port du masque ou des projets de vidéosurveillance intelligente pour suivre et tracer les mouvements sociaux », ajuste la quadrature du net.

    Il n’y a pas qu’en France ou se développe cette surveillance, en Italie, Serbie, Grèce, ou encore Pays-Bas. « L’État déploie plusieurs dispositifs qui promettent à l’Europe un avenir de surveillance automatisée permanente. »

    L’article 22 traite des caméras aéroportées. Il se veut rassurant : « Le public est informé par tout moyen approprié de la mise en œuvre de dispositifs aéroportés de captation d’images et de l’autorité responsable, sauf lorsque les circonstances l’interdisent ou que cette information entrerait en contradiction avec les objectifs poursuivis. » Que cela semble désuet ! Les dispositifs portés à la connaissance de la CNIL qui prévoient la possibilité pour les personnes de manifester leur opposition par un mouvement corporel significatif, tel un « non » de la tête, n’apparaissent pas satisfaisants du point de vue de la protection des intérêts des personnes. (Crédits : PublicDomainPictures/Pixabay)

    Cette solution est peu vraisemblable, elle contraint également les individus à afficher publiquement leur opposition au traitement et fait porter une charge trop importante sur la personne, a fortiori si les dispositifs de ce type se multiplient. La période de conservation des données serait portée à 30 jours avant effacement selon le quatrième alinéa de l’article L424-4.

    La quadrature du net alerte les citoyens à travers un article intitulé « Sécurité globale : La droite appelle à la reconnaissance faciale ».

    Elle rappelle que : « demain 3 mars, la commission des lois du Sénat examinera la loi Sécurité globale, déjà adoptée en novembre par l’Assemblée nationale. Alors que le texte était déjà largement contraire à la Constitution et au droit européens, les sénateurs et sénatrices de droite et du centre souhaitent s’enfoncer encore plus loin dans l’autoritarisme en officialisant un système jusqu’alors implicite dans la loi : instaurer un vaste régime de reconnaissance faciale. »

    Biométrie, l’individu devient une monnaie, de la data (Crédits : Tumisu/Pixabay)

    « Je considère que l’interdiction érigée par l’article 24 […] constitue une atteinte au droit à la liberté d’expression », explique Dunja Mijatovic, Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe.

    L’article 24

    Le Conseil de l’Europe exhorte le Sénat à amender le texte. « Le texte de cet article tel qu’il est soumis à votre examen demeure, à mon sens, insatisfaisant du point de vue du respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales », écrit la Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, Dunja Mijatovic, dans une lettre datée du 15 décembre et adressée aux membres de la commission des lois de la Chambre haute et à son président, François-Noël Buffet.

    Une « atteinte au droit à la liberté d’expression »

    « Cette interdiction constitue une atteinte au droit à la liberté d’expression, laquelle inclut la liberté d’informer, et elle est de nature à aggraver la crise de confiance entre une partie de la population et une partie des forces de l’ordre, ce qui ne saurait concourir à la protection de ces dernières », souligne encore la commissaire.

    S’exprimer est une liberté dont tout être humain devrait jouir. Or le fait de tuer des libertés, comme de les restreindre est définie par l’adjectif liberticide — du latin libertas, liberté, et cædere, tuer —, comme cela se produite ne République Populaire de Chine.

    « Les autorités ont renforcé leurs restrictions visant les droits à la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique. Elles ont exercé une censure très stricte sur tous les médias, de la presse écrite aux jeux en ligne », écrit Amnesty International.

    Vers un État policier ?

    Dire que cette proposition de loi relative à la sécurité globale est liberticide, il n’y aurait qu’un pas à franchir.

    De l’autre Médiapart écrit « le signe d’un État policier réside dans le fait que la police n’est contrôlée que par elle-même et non par une autorité indépendante d’elle. Cette absence de contrôle par une autre instance qu’elle est le premier signe que nous vivons dans un état policier. »

    Un État policier est un gouvernement qui exerce son pouvoir de manière autoritaire et arbitraire, par le biais des forces policières… Pour le juriste français Raymond Carré de Malberg, la notion d’État policier est à considérer par opposition à l’État de droit.

    (Crédits : Valeria Boltneva/Pexels)

  • Les secrets du Petit-Beurre

    Les secrets du Petit-Beurre

    Il est possible que vous ayez déjà croqué dans le fameux et désormais culte petit-beurre de LU, sans savoir que le hasard n’est en rien à l’origine de la forme du biscuit. Hormis le fait qu’il fut inventé en 1886 par Louis Lefèvre-Utile – vous comprenez mieux le LU – et que la production avoisine les 9000 tonnes chaque année, soit un milliard d’unités, il y a des choses que vous ne soupçonnez pas. Si, comme chaque enfant, vous commencez par croquer les quatre côtés, vous vous approchez du secret bien gardé.

    Un peu d’histoire auparavant. C’est à l’origine une rencontre entre deux artisans-biscuitiers, Jean-Romain Lefèvre et Pauline-Isabelle Utile, en 1846. Deux années plus tard, la maison LU naquit au 5, rue Boileau, à Nantes. C’est aussi une source de fautes d’orthographe pour les écoliers. La gourmandise promet le pluriel, car en manger un seul est triste. Il s’écrit donc Petits-Beurre.

    La qualité et le travail paient

    En 1882, à l’exposition de Nantes, la maison LU remportait la médaille d’or. Dix-huit printemps passent lorsque la consécration internationale frappe à la porte. Lors de l’exposition universelle de 1900 à Paris, la maison nantaise reçoit l’unique grand prix décerné à la biscuiterie.

    C’est vers l’année 1886 que leur fils Louis s’inspire d’un napperon pour dessiner celui qui deviendra le véritable Petit Beurre. Regardez bien le biscuit pour mieux cerner l’inventivité du créateur. « Il possède quatre oreilles traduisant les quatre saisons, 52 dents pour le nombre de semaines dans une année et 24 points pour les heures de la journée, ingénieux, non ? »

    Le Petit Beurre, de la marque LU, est désormais détenu par Mondelēz, multinationale agroalimentaire américaine. (Crédits : DR)

  • Le premier jour de l’an était le 1er avril

    Le premier jour de l’an était le 1er avril

    Cela peut paraître complètement insolite pour les contemporains que nous sommes, et pourtant. Le 9 août de l’an de grâce 1564, jour de la Saint Amour, Charles IX signait en présence de sa mère la régente Catherine de Médicis, un édit qui allait bouleverser le monde. C’est dans la commune de Roussillon, entre Grenoble et Saint-Étienne, situé dans le département de l’Isère, que le cortège royal arrivait en grande pompe et prestement. Il semble peu probable que le souverain se rendit dans cette bourgade, si la peste ne sévissait dans la capitale.

    Avant l’adoption du calendrier grégorien en 1582, le Nouvel An est fêté dans plusieurs régions d’Europe autour du 1er avril, à l’issue de la Semaine sainte ou à la fin de l’équinoxe de printemps. Mais un Roi de France, avec la complicité tardive d’un Pape change le monde.

    Un rendez-vous avec l’Histoire

    Lorsque le roi Charles IX, en France, décide de déplacer le début officiel de l’année, du 1er avril au 1er janvier, nombre de citoyens, par ignorance ou par tradition, continuèrent à célébrer le Nouvel An au début d’avril. Les réseaux sociaux ne fonctionnaient pas encore, faute de connexion.

    Pour se moquer d’eux, certains prirent l’habitude de leur jouer des tours, ou de leur offrir de faux cadeaux. C’est ainsi serait né le poisson d’avril, ancêtre facétieux et perpétuel de nos blagues printanières et enfantines.

    Revenons à nos moutons. Durant ce séjour, il signe un document qui aura des répercussions inimaginables pour l’époque.

    Le lendemain du jeudi 4 octobre 1582, les Romains doivent s’éveiller le vendredi 5 octobre 1582. Rien de plus logique, sauf que…

    C’est sans compter sur le pape Grégoire XV, qui choisit cette date pour passer du calendrier Julien au Grégorien, avec un décalage de dix jours, donc les Romains se réveillèrent le 15 octobre 1582.

    Un retour vers le futur

    Cette date n’a jamais existé, car le lendemain du jeudi 4 octobre 1582 devint le vendredi 15 octobre 1582. Une réforme du calendrier était devenue nécessaire, car notre calendrier prenait du retard par rapport aux saisons (année astronomique).

    Il faut attendre l’année 1622 pour que le pape Grégoire XV généralise la mesure de l’édit de Roussillon prise 58 ans plus tôt à l’ensemble du monde catholique.

    L’édit indique un seul et même jour pour le commencement de l’année, sur l’ensemble du territoire et bien au-delà (Crédits : Association l’Édit de Roussillon)

  • La galette des Rois

    La galette des Rois

    Ce moment de partage et de gourmandise, qui surpasse les religions ou les croyances, subit bien des évolutions au fil des siècles. De l’époque romaine à nos jours en passant par la monarchie, les us et coutumes changèrent. Une tradition ancrée qui se partage au bureau comme à la maison, que ce soit en famille, entre collègues ou avec des amis. Quelques différences subsistent, que vous vous trouviez au nord ou au sud des Pyrénées, surtout la date. Bien que, concernant la gourmandise, elle semble n’avoir aucune frontière.

    Selon un sondage effectué entre le 2 et 3 janvier 2018 par l’Institut français d’opinion publique (IFOP) pour la fédération des entreprises de boulangerie (FEB), 94 % des personnes interrogées en consomment, dont certains plusieurs fois pour 64 % des gens. Près de la moitié des Français l’achète chez leur artisan, et plus d’un tiers en grande surface commerciale, les autres gourmands la confectionnent chez eux. « Les pâtissiers se régalent à la faire, les boulangers se régalent à la faire, nos clients se régalent à la consommer », salivait Thierry Marx dans l’histoire à la carte sur France info. Ce sont plus de neuf Français sur dix qui consomment de la galette au mois de janvier.

    Mais d’où vient-elle ?

    Il faut enfourcher la machine à explorer le temps, pour se retrouver dans la Rome antique. Lors des fêtes des Saturnales, une semaine avant le solstice d’hiver (du 17 au 23 décembre), les Romains célébraient le dieu Saturne. C’était l’occasion de réjouissances populaires. Durant cette période, l’ordre hiérarchique est aboli. Si bien que l’autorité des maîtres sur les esclaves est suspendue.

    Les Romains utilisaient une fève pour déterminer le « roi » d’un jour. Ainsi l’heureux élu a le pouvoir d’exercer tous ses désirs, quels qu’ils soient, avant d’être mis à mort, ou de retourner à sa vie servile.

    Dans « Recherches de la France » d’Étienne Pasquier, écrit en 1581, l’homme de loi explique la coutume, à laquelle il assiste dans le livre IV au chapitre IX. « Celle des Rois […] une infinité de débauches de bouche. Celui qui est le maître du banquet a un grand gâteau, dans lequel il y a une fève cachée, gâteau dis-je, que l’on coupe en autant de parts qu’il y a de gens conviez au festin. Cela fait on met un petit enfant sous la table, lequel le maître interroge sous le nom de Phébé […] À cet interrogatoire l’enfant répond d’un mot latin Domine, pour cela le maître l’adjure de dire à qui il distribuera la portion du gâteau qu’il tient dans la main. » Le convive recevant la part contenant la fève est désigné « Roi » de la compagnie. Les fêtes perdurent souvent jusqu’au 6 janvier.

    « L’Hiver ou Les Saturnales » d’Antoine-François Callet. (Crédits : Musée du Louvre)

    La date du 6 janvier évoque dans la religion catholique, l’Épiphanie. « La fête est venue d’Orient où elle a été fixée au 6 janvier : fête des lumières, fête de l’eau, elle est beaucoup plus la célébration de l’inauguration du ministère public du Christ, lors de son baptême au Jourdain, qu’une festivité des événements de l’enfance de Jésus », explique sur son site l’Église catholique de France. Dans la liturgie latine, là où ce jour n’est pas férié, la célébration de cette fête est fixée au dimanche le plus proche du 6 janvier, cette année, ce fut le 3 janvier 2021. Elle est surtout la fête des Mages ou des « Rois ».

    Au XVIe siècle, sous le règne de François 1er, la confection du gâteau des Rois est à l’origine d’une querelle entre boulanger et pâtissier. Le souverain, surnommé le « Roi Chevalier », trancha en faveur des pâtissiers. Les boulangers contournèrent cette faveur en confectionnant la galette des Rois, qu’ils offraient à leurs clients. Chaque année en France, c’est près de 30 millions de galettes qui sont mangées.

    (Crédits : Capture d’écran de Recherches de la France, Livre IV chapitre IX/Gallica/BNF)

    À l’origine, la visite des rois mages et le baptême de Jésus étaient regroupés au 6 janvier. Au IVe siècle, l’Église romaine a déplacé la nativité au 25 décembre afin de combattre les fêtes païennes, suivie par l’Église d’Orient au début du Ve siècle. Pour les orthodoxes en Russie, le 6 janvier est le jour de la veille de Noël, en Grèce, c’est le jour de la Théophanie, qui commémore la manifestation divine de la Trinité lors du baptême du Christ dans le Jourdain. Quand, en Espagne, le 6 janvier, les enfants reçoivent les cadeaux de « Noël », 12 jours après la naissance de l’Enfant Jésus, en dégustant le fameux et traditionnel Roscón de Reyes.

  • L’authentification forte entre en fonction le 15 mai

    L’authentification forte entre en fonction le 15 mai

    Tous les paiements de plus de 30 euros seront vérifiés à l’aide d’au moins deux éléments d’authentification, à la mi-mai. Cette procédure, le DSP2, va hanter vos nuits et vos jours dans les prochaines semaines. Qu’est-ce que c’est encore que ça ? Suis-je concerné ? Quel est le bénéfice ? Pour qui ? Toutes les questions sont légitimes ! Vous devriez recevoir, si ce n’est déjà le cas, un courrier de votre établissement bancaire vous signalant une mise en authentification forte de vos moyens de paiement.

    L’authentification forte, ou 2e directive européenne sur les services de paiement (DSP2) est exigée dorénavant pour tous les paiements électroniques en ligne. Dès septembre 2019, l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement (OSMP) avait publié un plan de migration pour assurer la mise en œuvre en France.

    Lutter contre les fraudes

    La norme de sécurisation des paiements, la DSP2, s’applique à l’ensemble des achats en ligne. Son but, lutter contre les fraudes par carte bancaire. Leurs fréquences augmentent avec le développement du e-commerce. Ce système d’authentification forte assure la protection des commerçants et rassure les clients. Car « le taux de fraude est 20 fois plus élevé en e-commerce (0,16 % des montants) que dans les commerces de proximité », explique Jean-Michel Chanavas, délégué général de Mercatel.

    Les données semblent être séparées, le tout encadré par les RGPD (Crédits : Banque de France)

    Mais quel est ce nouvel anachronisme ? Créé par la loi n° 2016-1691 du 9 décembre 2016, sous la présidence de François Hollande l’OSMP est une instance destinée à favoriser l’échange d’informations et la concertation entre toutes les parties concernées — les consommateurs, commerçants et entreprises, autorités publiques et administrations, banques et les gestionnaires de moyens de paiement — par le bon fonctionnement des moyens de paiement et la lutte contre la fraude. À ce titre, l’OSMP reprend toutes les missions précédemment dévolues à l’Observatoire de la sécurité des cartes de paiement créé en 2001, auquel il succède, sur un périmètre élargi à l’ensemble des moyens de paiement scripturaux.

    Une évolution nécessaire

    À partir du 15 mai prochain, toutes les transactions en ligne de plus de 30 euros seront vérifiées à l’aide d’au moins deux éléments d’authentification sur les trois suivants : un code de saisie que seul l’utilisateur connaît, par une notification de la banque reçue sur le terminal téléphonique de l’utilisateur, ou une caractéristique personnelle de l’utilisateur (empreinte digitale, reconnaissance faciale ou reconnaissance d’iris). Selon un calendrier précis et déjà mis en place pour le mois de janvier 2020.

    La pandémie a effectué un décalage de trois mois glissants (Crédits : Banque de France)

    Les niveaux ainsi décidés s’échelonnent à partir du mois d’octobre 2020. C’est pourquoi les transactions de 2000 € non authentifiées selon le protocole DSP2 sont rejetées. Le seuil du montant de la transaction diminue pour arriver progressivement à zéro. Cela fait donc dix jours, depuis le 15 février 2021 qu’un règlement de 500 € sera rejeté le cas échéant.

    Dans le rapport annuel de 2019, l’OSMP dresse le portrait des opérations de paiement scripturales (l’argent en chiffre enregistré dans les banques dans les comptes courants forme ce qu’on appelle la monnaie scripturale) réalisées par les particuliers, les entreprises et les administrations représentent en 2019 un volume de 26 milliards de transactions pour un montant total de 28 658 milliards d’euros.

    « Comme les années précédentes, la carte continue d’avoir la préférence des Français qui l’utilisent dans plus de la moitié des transactions scripturales en volume (55 %, contre 53 % en 2018) pour un montant total de 599 milliards d’euros en 2019 », explique la commission. Concomitant au refus rencontré de plus en plus grand du paiement par chèque. Le déclin continu du chèque, observé depuis les années 2000, s’est encore poursuivi en 2019 « tant en nombre qu’en valeur d’opérations (- 9 % dans les deux cas), avec une émission de près de 1,6 milliard de chèques en 2019, pour un montant global de 814 milliards d’euros. » Il reste cependant ancré dans les habitudes de paiement, ce pour les règlements de montants élevés. Il conserve sa troisième place des moyens de paiement le plus utilisé, avec 6 %, en valeur de transactions, derrière la carte bancaire (55 %), prélèvement (17 %), et juste devant le retrait d’espèces (5 %).

    Conditions de mise en œuvre

    La mise en place de telles mesures d’authentification forte est justifiée par le rapport : « En cumulant les transactions de paiement et de retrait, la carte enregistre également une hausse de ses montants de fraude en 2019 (470, contre 439 millions d’euros en 2018, soit + 7 % sur un an), et représente toujours une écrasante majorité (97 %) du nombre de transactions frauduleuses », ajuste la commission. Soit, le bénéfice est axé sur la diminution des fraudes pour le consommateur, les commerçants, et surtout les banques auprès desquelles vous devez demander le remboursement des sommes selon des critères définis. Il peut vous être demandé de supporter une partie des pertes (50 € maximum).

    La note de l’observatoire de la sécurité des moyens de paiements conclut en stipulant « En parallèle, en lien avec les réseaux de paiement par carte, la Banque de France établira des lignes directrices sur les conditions de mise en œuvre de l’authentification forte pour quelques cas d’usage emblématiques (paiement one-click avec carte préenregistrée sur le site marchand, paiement effectué avec un portefeuille électronique sur lequel la carte de paiement est enregistrée, abonnements en ligne, réservation de service de type VTC, etc.) »

    Trois solutions, dont un dispositif physique délivré par l’établissement bancaire, sont la volonté de l’Europe pour lutter contre la fraude de 470 millions d’euros sur les 28 658 milliards d’euros de paiements scripturaux. (Crédits : Banque de France)

    Une question demeure, « quid de la sécurité des données ainsi enregistrées auprès des différents établissements bancaires ? » Que deviennent-ils, lorsque l’on change de banque ? D’autant plus qu’après la fuite des données médicales de 500 000 Français, le doute est plus que permis.

  • Les pandémies à travers les âges

    Les pandémies à travers les âges

    De nombreuses personnes expriment, sur l’internet, qu’une pandémie arriverait tous les siècles 1820, 1920, 2020… Ils semblent oublier celles des années 1957 et 1968, le SIDA ou encore la tuberculose, pour ne citer que ces dernières. De l’ignorance à la désinformation, jusqu’au complot, il n’y a qu’un pas que tout un chacun peut franchir consciemment ou inconsciemment. Mais que sont les pandémies ? Sont elles des périodes de l’histoire contemporaine ? Comprendre et observer pour mieux saisir les enjeux.

    Le dictionnaire de l’Académie de médecine définit le terme pandémie par : « Épidémie qui frappe de nombreux pays ou le monde entier ou qui atteint la plupart des individus d’un même pays. » L’étymologie de pandémie est issue du grec « pan », qui signifie « tout » et « demos » pour « peuple ». Elle survient lorsqu’un nouveau virus, ou bactérie apparaît, se propage dans le monde entier, en l’absence d’immunité dans la grande majorité de la population, par exemple un nouveau type de grippe.

    Depuis quand existent-elles ?

    Les témoignages de pandémie se transmettent grâce à l’écriture. Les grandes épidémies sont rares, puis augmentent avec les échanges commerciaux. Ainsi la première épidémie connue fut la peste dite « d’Athènes » entre 430 à 426 avant notre ère. C’est au début de la guerre du Péloponnèse, en 430, quand les spartiates entrent en Attique, péninsule et région de la Grèce, menée par Périclès, que la force des Athéniens est vaincue par un ennemi invisible, mais meurtrier, la peste.

    Décrite par l’historien Thucydide — atteint puis guéri —, la maladie se manifeste par des diarrhées, des rougeurs, des convulsions précédées par des fièvres. Elle aurait tué plus du quart de la population de l’Attique.

    « Il brûle d’une fièvre si dévorante qu’il ne peut supporter le contact des tissus les plus légers. Il faut rester nu. Par désir d’une eau fraîche, beaucoup, pris d’une soif inextinguible, sont entraînés à se jeter au fond des puits », raconte l’article « La peste d’Athènes. Épidémie et conséquences politiques » d’Olivier Battistini pour Conflits.

    De l’année 165 à 190, la peste Antonine, a touché l’Empire romain, durant les règnes de Marc-Aurèle et Commode. Il s’agit probablement d’une épidémie de variole. Elle est connue par des écrits antiques, dont celui du médecin Gallien.
    Elle aurait tué environ 10 % de la population, soit plusieurs millions d’individus. La variole est une affection contagieuse aiguë, causée par le virus variolique.

    (Crédits : Michel Serre, Vue de l’hôtel de ville pendant la peste de 1720/DR)

    Elle se transmet d’un individu à l’autre par des particules en suspension ou des gouttelettes provenant des personnes infectées qui présentent les symptômes de la maladie. « Suite à une campagne de vaccination mondiale menée par l’OMS, la variole a été déclarée éradiquée en 1980. Elle ne survient plus de façon naturelle, mais des stocks de virus variolique sont encore conservés dans deux laboratoires de confinement renforcé », souligne l’OMS.

    Près de 50 000 cas de peste entre 1990 et 2020

    La toute première pandémie n’arrive qu’à partir du milieu du Ve siècle. La peste – Yersina Pestis – serait probablement venue d’Asie, par la route de la soie. Dans le livre « Les Sociétés en Europe du milieu du VIe à la fin du IXe siècle » où les textes sont réunis et présentés par Alain J. Stoclet, l’historien Procope de Césarée raconte : « Il y eut en ces temps-là une pestilence qui manqua d’emporter la race humaine tout entière. […] Elle ne se manifesta pas seulement dans une région ni n’affligea tel homme plutôt qu’un autre […], mais embrassa toute la terre et prit la vie de tous les hommes. […] ». L’estimation du nombre de morts, principalement autour de la méditerranée, oscille de vingt-cinq à cent millions de décès.

    Grégoire de Tours, dans son Histoire des Francs, livre quatrième « De la mort de Théodebert Ier à celle de Sigebert Ier, roi d’Austrasie (547 – 575) » raconte : « […] il y eut dans tout le pays une telle mortalité sur le peuple, qu’il est impossible de compter les multitudes qui périrent. Comme les cercueils et les planches manquaient, on en enterrait dix et plus dans une même fosse ; on compta, un dimanche, dans une basilique de Saint-Pierre, trois cents corps morts. La mort était subite ; il naissait dans l’aine ou dans l’aisselle une plaie semblable à la morsure d’un serpent ; et ce venin agissait tellement sur les hommes qu’ils rendaient l’esprit le lendemain ou le troisième jour [xxxvi] ; et la force du venin leur ôtait entièrement le sens. Ainsi mourut le prêtre Caton […] » Comme le fit le pape Pelage II, en 590.

    La peste noire, du XIVe siècle à aujourd’hui

    La plus grande épidémie de l’histoire est sans doute celle de la peste noire, qui débuta en 1347 pour finir en 1352. Elle aurait tué d’un tiers à la moitié de la population européenne, soit environ 34 millions de personnes. À nouveau, elle arrive par la route de la soie. Constantinople fut la première ville touchée en Europe, puis Marseille… Elle atteint les îles britanniques et la Scandinavie.

    (Crédits : Carte de diffusion de la peste noire en Europe et Afrique du Nord. /FlyingPC)


    Elle frappe de nouveau et à maintes reprises au XVIIe siècle, à Lyon. Puis en 1656, plus de la moitié des habitants de Naples sont morts, leur nombre est estimé à 450 000. Dix ans plus tard, c’est Londres qui est meurtrie. Près de 100 000 décès, soit 20 % de la population. Le grand incendie de la City du jeudi 2 septembre au lundi 6 septembre 1666 aurait aidé à clore la pandémie.

    Le même nombre de défunts est à déplorer en Provence. Arrivée par le biais d’un navire marchand en 1720, jusqu’à 1722, cette épidémie de peste est la dernière sur le sol français. « La peste est une maladie infectieuse très grave chez l’homme avec un taux de létalité de 30 % à 100 % en l’absence de traitement », prévient l’OMS.

    Selon la voie d’infection, il est observé trois formes de peste : la peste bubonique, septicémique et pulmonaire. La forme bubonique, caractérisée par une tuméfaction douloureuse des ganglions lymphatiques appelés « bubons », est la plus courante. De 2010 à 2015, l’OMS rapporte que 3248 décès sont imputés à la peste.

    (Crédits : Le ministère attaqué du Choléra morbus, estampe de Grandville/Gallica/BnF)

    Variole, Choléra, Grippes…

    Chassez une épidémie, une autre prend la place. La variole fut un fléau majeur durant trois siècles, de 1500 à 1800. À la fin du XVIIIe siècle, le médecin anglais Edward Jenner vaccine James Phillips 8 ans, le 14 mai 1796. Il utilise du pus issu de la vaccine des vaches, maladie apparentée, mais bénigne pour l’homme. Ce sera le début avec succès de la vaccination.

    De 1817 à 1923, c’est le choléra qui fait des ravages. À travers six pandémies, de l’Asie — dont il est originaire — au continent américain en passant par l’Europe, l’infection fera des millions de morts. Mais c’est la troisième vague de 1852 à 1860 qui sera la plus meurtrière.
    De 1855 à 1945, la peste de Chine a fait des ravages en Inde, avec une dizaine de millions de morts. L’Europe et l’Amérique maîtriseront les quelques cas.

    (Crédits : Les soldats suédois touchés par l’épidémie de grippe qui a ravagé la planète en 1918. /EL MUNDO)

    La grippe espagnole est la plus forte pandémie ayant frappé l’Europe depuis la peste noire du XIVe siècle. Elle aurait tué entre 20 et 50 millions de personnes en 1918 et 1919, selon l’OMS (voir tableau ci-dessous). Originaire d’Asie, elle apparaît en mars 1918 dans les bases militaires américaines, au Kansas. Nommée ainsi, car l’Espagne, non soumise au secret militaire, fut la première à en parler publiquement. Le virus s’est propagé comme une traînée de poudre, suite à l’arrivée, en Europe des militaires d’outre-Atlantique.

    Tableau récapitulatif des pandémies de grippe (Crédits : OMS)


    De 1956 à 1958, la grippe asiatique affecte mortellement d’un à quatre millions de personnes, essentiellement en Asie. Les souvenirs français sont moindres, elle aurait causé 15 000 décès. Une décennie plus tard, la grippe de Hong-Kong sévit. Si elle laisse peu de souvenirs aux Français, elle dénombre 30 000 morts dans l’hexagone, et jusqu’à 4 millions selon l’OMS. Quant à la grippe H1N1, dite « influenza », elle engendre entre 100 et 400 mille décès. Les jeunes adultes et les enfants sont les plus touchés. La tuberculose a contaminé 10 millions de personnes, dont 1,4 million de morts dans le monde en 2019 : 56 % sont des hommes, 32 des femmes et 12 % sont des enfants.


    Chaque semaine, environ 5500 jeunes femmes âgées de 15 à 24 ans sont infectées par le VIH.

    Le virus d’immunodéficience humaine (VIH) communément nommé SIDA atteint le système immunitaire. Les premiers signes sont apparus en 1970, aux États-Unis. À ce jour, un traitement à base de médicament antirétroviral peut permettre de vivre comme tout un chacun. 26 millions de personnes avaient accès à la thérapie antirétrovirale en juin 2020. Sur les cinq continents, 38,0 millions de personnes vivaient avec le VIH en 2019, 1,7 million est devenu nouvellement infecté en 2019.

    Des maladies liées au sida en 2019, 690 000 personnes meurent. 75,7 millions ont été infectés par le VIH depuis le début de l’épidémie. Au total 32,7 millions de personnes décédées de suite de maladies liées au sida depuis le début de l’épidémie (fin 2019) selon l’ONUSIDA.

    « Les femmes et les filles représentaient environ 48 % de toutes les nouvelles infections à VIH en 2019. En Afrique subsaharienne, elles représentaient 59 % de toutes les nouvelles infections. Plus d’un tiers (35 %) des femmes dans le monde ont subi des violences physiques ou sexuelles de la part d’un partenaire intime ou des violences sexuelles de la part d’un partenaire non régulier à un moment de leur vie. Chaque semaine, environ 5500 jeunes femmes âgées de 15 à 24 ans sont infectées par le VIH », martèle l’ONUSIDA

    Message explicite et sans équivoque (Crédits : ONUSIDA)

  • J’ai encore reçu des spams !

    J’ai encore reçu des spams !

    Il est fréquent de recevoir des courriels indiquant « Vous êtes millionnaire » ou encore « Vous avez gagné un téléviseur de 152 cm »… Le seul problème est que l’augmentation et la fréquence de réception peuvent engendrer une baisse de la surveillance. Les données que nous acceptions de partager peuvent parfois tomber entre de mauvaises mains. Ainsi, les intentions malveillantes resurgissent. Quand le cadeau est trop gros, il est nécessaire de prendre du recul, de se questionner et d’user de ruses et de logiciels.

    Comme tout un chacun, M. Sépa Phot en reçoit chaque jour, mais ne comprend pas comment c’est possible. « Je n’ai pas donné mon adresse e-mail », grommelle-t-il dans son coin, face à son écran d’ordinateur. Attirée par les soupirs incessants, Mme Kharéson arrive auprès de lui : « Teste ton adresse e-mail », lui dit-elle. « Je veux bien, mais je ne sais pas comment faire, tu as une idée ? », questionne Sépa.

    3.2 milliards d’e-mails et de mots de passe

    « Bien sûr, tu vas sur “haveibeenpwned” ce qui veut dire “Ai-je été piraté ?” », explique-t-elle tout en pianotant.

    « À toi de jouer », exhorte Séki Kharéson.

    Le résultat est sans appel !

    Capture d’écran (Crédits : Haveibeenpwned.com / Site https://haveibeenpwned.com/)

    Il n’y a plus qu’à prendre les mesures de sécurité nécessaires :

    Changez le mot de passe de l’adresse e-mail concernée
    Choisir un mot de passe, ou passphrase, à sécurité forte.
    Affecter un mot de passe pour un et un seul e-mail, ou donnée de connexion à un site.

  • L’abolition de l’interdiction du port du pantalon

    L’abolition de l’interdiction du port du pantalon

    Un couple partage, depuis bien longtemps, le bonheur d’être ensemble. Mme Séki Kharéson et M. Sépa Phot habitent dans un endroit paisible du sud de l’Orne, non loin de Nogent-le-Rotrou, à Berd’huis. La vie y est paisible et ritualisée. La journée débute toujours par un café noir pour monsieur, et un thé avec un nuage de lait pour madame. Accompagné par une odeur de pain grillé, de beurre demi-sel et de confiture, sans oublier le journal bien sûr. Les jeux de mots et blagues, comme explications alambiquées sont légion.

    Souvent l’impensable est malheureusement vrai. C’est ainsi que la presse apporte son lot de nouvelles. Hormis la rubrique nécrologique, l’horoscope et les mots fléchés. Alors que le matin souffle ses brumes, d’autres embaument la cuisine. Entre l’odeur des viennoiseries et des boissons chaudes, l’odeur particulière du journal ajoute son grain de sel.

    Deux siècles pour abroger une loi

    Rien de tel qu’une habitude prise lors de la retraite : lire le journal. En fonction de l’âge, certains jettent un coup d’œil plus à la nécrologie qu’au mariage, mais parfois un sujet hors du temps fait l’unanimité.

    « Séki ! », cria Sépa.

    « Oui, chéri ? », répondit-elle en se demandant ce qu’il voulait bien encore.

    « Je suis tombé sur un article ce matin et… »

    « Tu ne t’es pas fait mal ? », sourit-elle malicieusement.

    « Ah, ah, ah… Imagine depuis le 31 janvier 2013, tu as le droit de porter un pantalon sans craindre de te faire arrêter par la police ! »

    « Tu te moques de moi », rétorque-t-elle d’un air dubitatif.

    « Pas tout le temps », ria-t-il à gorge déployée. « Écoute ce que raconte le journaliste. »

    Il chausse ses lunettes, se chauffe la gorge en finissant d’un trait son café et lut d’un ton enjoué.

    « Le 16 brumaire an IX (NDLR 7 novembre 1800), le préfet de police Dubois ordonnait que toute femme, désirant s’habiller en homme, devra se présenter à la préfecture de police pour en obtenir l’autorisation, et que toute femme trouvée travestie, qui ne se sera pas conformée aux dispositions des articles précédents, sera arrêtée et conduite à la préfecture de police. »

    C’est le sénateur UMP de la Côte-d’Or Alain Houpert, qui s’est penché sur la loi intitulée « Ordonnance concernant le travestissement des femmes », en juillet 2012. Elle avait été levée partiellement par deux circulaires en 1892 et 1909 sous certaines conditions : « Si la femme tient par la main un guidon de bicyclette ou les rênes d’un cheval. » Six mois après le ministère des Droits des femmes abondait à la demande du sénateur Houpert : « Cette ordonnance est incompatible avec les principes d’égalité entre les femmes et les hommes qui sont inscrits dans la Constitution et les engagements européens de la France. » Dans le journal officiel, il est noté « De cette incompatibilité découle l’abrogation implicite de l’ordonnance du 7 novembre qui est donc dépourvue de tout effet juridique et ne constitue qu’une pièce d’archives conservée comme telle par la Préfecture de police de Paris. »

    « C’est dingue, deux siècles pour abroger une loi », s’étonne Sépa.

    « En même temps, ça ne change rien », exhorta-t-elle.

    « Quoi ? », s’étonna M Sépa Phot.

    « Ça fait bien longtemps que les femmes portent la culotte, non ? », s’esclaffe madame Séki Kharéson.