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  • Nous mentent-ils ?

    Nous mentent-ils ?

    Le mensonge, qu’il soit pieux, dans le but d’être utile ou agréable, d’éviter un chagrin, afin de ne pas blesser, ou encore par obligation, par conservation de secret professionnel ou d’État, reste un mensonge. Ce qui dérange est la multiplication et la fréquence des mensonges, car croire devient difficile, voire impossible. L’expression « à force de crier au loup » prend tout son sens dans un monde contemporain dit de « communication ». D’autant que les grands de ce monde aiment les belles phrases alambiquées, pour ne rien dire.

    Mais d’où vient ce mot mentir, et sa conséquence verbeuse qu’est le mensonge ? Le verbe mentir est apparu au Xe siècle. Du latin « mentiri », il donne pour vrai, affirme ce qu’on sait être faux. Le nom issu du verbe est un mensonge, c’est la vérité, bref… Ce nom est issu du bas latin « mentio », de même sens, explique l’Académie française. C’est un propos contraire à la vérité, tenu avec dessein de tromper, voici le mensonge.

    Les affaires « Alfred Dreyfus » et « François Mitterrand »

    La première affaire est l’arrestation, la condamnation et la dégradation du Lieutenant-Colonel Alfred Dreyfus (1859-1835). En 1892, Édouard Drumont fondateur du journal La Libre Parole (avec en sous-titre « La France aux Français »), antidreyfusard, nationaliste et antisémite, il est le créateur, avec le marquis de Morès, de la Ligue nationale antisémitique de France. Député d’Alger de 1898 à 1902, il est l’une des principales figures historiques de l’antisémitisme en France. Il est d’ailleurs le premier à annoncer à mots couverts l’arrestation d’Alfred Dreyfus.

    Presse, antisémite, calomnie

    Le journal affichera cette une (voir ci-contre) après les deuxièmes procès et la condamnation de Dreyfus le 10 septembre 1899. Ce dernier est accusé d’espionnage au profit de l’Allemagne et passe devant le conseil de guerre le 19 décembre 1894.

    Le 5 janvier 1895, il est dégradé dans la cour d’honneur de l’École militaire de Paris devant une foule haineuse criant « À mort Judas ! Mort au juif ! » Il sera réhabilité le 12 juillet 1906.

    L’affaire « François Mitterrand »

    L’autre se passe quelques années ultérieurement. Le 16 octobre 1959, un commando tire à la mitraillette sur la voiture du sénateur de la Nièvre, François Mitterrand. Près du jardin du Luxembourg, à Paris, il échappe à l’attentat en se réfugiant dans le jardin de l’Observatoire. Son sang-froid est célébré dans les jours qui suivent. Pourtant les soupçons changent de direction. « Le Sénat va lever son immunité parlementaire et Mitterrand sera inculpé. Mitterrand, la fausse victime, le menteur, accuse le coup. Des amis le voient pleurer, le pensent proche du suicide », raconte Claude Askolovitch sur France Inter.

    Ce qui est sûr, c’est que le mystère reste entier. L’ancien gaulliste devenu poujadiste Robert Pesquet — ayant avoué l’organisation de l’attentat et rencontré François Mitterrand auparavant — est-ce qu’il l’a fait avec la complicité de François Mitterrand pour remettre ce dernier au cœur du jeu politique ? Ou pour discréditer le futur président de la République. À vous de vous faire une idée.

    (Crédits : DR)

    Tchernobyl, mensonge d’État français

    Le 26 avril 1986, le réacteur numéro quatre de la centrale de Tchernobyl explose. 650 000 militaires, pompiers, mettront dix jours à maîtriser l’incendie. Sous la présidence de François Mitterrand, et Jacques Chirac Premier ministre, en place depuis cinq semaines, une politique du silence est mise en place pour ne pas ébranler la confiance des Français quant au nucléaire. « Il y a ce que l’on appelle un lobby du nucléaire, c’est-à-dire qu’il y a des gens qui ont des énormes intérêts financiers à ce que le nucléaire, soit bien perçu par la population », explique Jean-Claude Bourret, présentateur du journal télévisé (1975-1987).

    À l’époque, l’éminent professeur Pierre Pellerin du SCPRI (Service central de protection contre les rayonnements ionisants), sous la tutelle de la ministre Michèle Barzach, ministre de la Santé et de la Famille. « Je voudrais bien dire, ici, clairement, que même pour les Scandinaves la santé n’est absolument pas menacée […] ça ne menace personne, sauf peut-être dans le voisinage immédiat de l’usine et encore […] », martelait le professeur. Même la journaliste et présentatrice du bulletin météo Brigitte Simonetta se veut rassurante : « En France, l’anticyclone des Açores s’est développé, la météo affirme qu’il restera jusqu’à vendredi prochain suffisamment puissant pour offrir une barrière de protection. Il bloque en effet toutes les perturbations venant de l’est. » (Crédits : DR)

    nuage, nucléaire, Tcheernobyl

    Interrogée pour le magazine en 2002, elle explique avoir fait de son mieux avec les informations reçues. « Je me demande si à l’époque je n’ai pas fait preuve d’incompétence, j’éprouve des remords avec ce que l’on sait maintenant […] », raconte-t-elle dans l’émission Secrets d’actualité présentée par Laurent Delahousse. Pour autant, comme l’explique les paroles de la chanson « Né en 17 À Leidenstadt » de Jean-Jacques Goldman : « Aurais-je été meilleur ou pire que ces gens… ».

    Le nuage est passé sur la France

    Aujourd’hui, la vérité est crue, le nuage est bien passé sur la France contrairement à ce que disait l’État. Jean-Claude Zerbig, ingénieur au commissariat à l’énergie atomique (1965-1998) à Saclay, en région parisienne. « Toutes les alarmes étaient en déclenchement, ça sonnait de partout et les gens ne voyaient pas du tout d’où ça pouvait venir », soulignait l’ingénieur en se rappelant du 1er mai 1986. Dans la caserne d’Ajaccio, le déclenchement du détecteur de radioactivité sonne à 10 h 20 selon la main courante de la caserne le 2 mai 1986.

    Panneaux, personnages, image

    Nice-Matin écrivait dans son édition du dimanche 4 mai 1986 : « Ajaccio : un étrange nuage a enveloppé, avant-hier soir le centre-ville d’Ajaccio, lui donnant pendant quelques minutes un aspect fantomatique […] L’appareil en provenance de Paris, à 21 h 35 et celui venant de Nice, à 22 h, n’ont pas pu se poser sur la piste de Campo-dell’Oro, la visibilité étant inférieure à 200 m ».

    Le 6 mai 1986, une missive arrive de l’hôtel de Villeroy : « Le territoire français a été totalement épargné, affirme le communiqué du ministre de l’Agriculture », François Guillaume. Corine Lalo, journaliste grand reporter intriguée se rend à la frontière franco-allemande, tous les chiffres lui sont donnés sur l’ampleur de la catastrophe. La vérité arrivera le 10 mai 1986, sur le plateau de Jean-Claude Bourret.

    (Crédits : Gerd Altmann/Pixabay)

    « L’omission est-elle un mensonge ? » Elle est l’action d’omettre, manquer à faire, à dire une chose. Du côté du droit, c’est un terme de jurisprudence qualifiant le manquement à une chose exigée par la loi, et qui, dans certains cas, entraîne la nullité. En droit, cela va bien plus loin. La non-dénonciation de crime est un délit. (À ne pas confondre avec la délation, qui est une dénonciation inspirée par l’intérêt, la haine, le désir de nuire ou le sectarisme). Le fait, pour quiconque ayant connaissance d’un crime dont il est encore possible de prévenir ou de limiter les effets, ou dont les auteurs sont susceptibles de commettre de nouveaux crimes qui pourraient être empêchés, de ne pas en informer les autorités judiciaires ou administratives est puni, de trois ans d’emprisonnement et de 45.000 € d’amende (Code pénal, art. 434-1). Lorsque le crime visé au premier alinéa de l’art. 434-1 constitue une atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation […] la peine est portée à cinq ans d’emprisonnement et à 75.000 € d’amende (Code pénal Art. 434-2).

  • De quel genre êtes-vous ?

    De quel genre êtes-vous ?

    Le « genre », deux voyelles et trois consonnes composent un simple mot, qui à lui seul peut déclencher envolées lyriques et vastes polémiques à chaque coin de rue. Mais, au-delà de ses cinq lettres, qu’est-il réellement ? Depuis son apparition outre-Atlantique dans les années 70, il débarque avec les années eighties en France. Il provoque un tsunami dont les vagues perdurent encore aujourd’hui. Si de nombreuses questions subsistent, le questionnement permet éclaircissement.

    Rappelons-nous, en préambule que dans le domaine de l’être vivant, il y a deux espèces, l’animal et le végétal. Au sein de l’espèce animale, le genre humain est l’ensemble des êtres humains sans distinction. Un ensemble composé de personnes avec des sexes différents, un féminin, l’autre masculin. Le terme « Gender » est apparu dans les années soixante-dix, après un des plus grands moments, de l’histoire de la musique populaire, classé par le magazine Rolling Stone parmi les 50 qui ont changé l’histoire du rock’n’roll, apothéose du mouvement hippie, le festival de Woodstock. Il fut et reste un des plus grands moments à divers points, il a contribué à la libération sexuelle.

    Le guide de la bonne épouse décrivait en 1955 les bonnes attitudes selon les auteurs. Suivi par Fascinating Womanhood, d’Helen Andelin, en 1963, est un best-seller, en réaction à la seconde vague féministe. Un manuel de protection pour surfer sereinement sur le net existe. (Crédits : DR)

    Le guide de la bonne épouse

    En 1955, aux États-Unis d’Amérique, un article intitulé « le guide de la bonne épouse » est paru dans le mensuel « The housekeeping Monthly » (ci-dessus) provoquant un scandale retentissant. Le mouvement féministe américain venait de naître. Il prend de l’ampleur, avec la libération sexuelle et cherche à faire entendre sa voix. Robert Stoller popularise en 1968 une idée dans laquelle il n’y a pas de réelle correspondance entre le genre, féminin ou masculin, et le sexe, femme ou homme.

    « De l’enfance à l’adolescence, tout semble disposé pour creuser davantage le fossé naturel qui la sépare de l’homme […] », résumait Simone de Beauvoir sur le tome II de « Le deuxième sexe ». (Crédits : Alexandra Galakof)

    Le deuxième sexe

    Dans le tome 1 intitulé « Les faits et les mythes » de l’ouvrage « le deuxième sexe » de Simone de Beauvoir, l’auteure débute par deux citations antinomiques, écrites par leurs auteurs avec un écart de plus de deux millénaires. La première de Pythagore (-580 -495) : « Il y a un principe bon qui a créé l’ordre, la lumière et l’homme et un principe mauvais qui a créé le chaos, les ténèbres et la femme ». Puis la seconde, aux antipodes du réformateur religieux et philosophe présocratique grec : « Tout ce qui a été écrit par les hommes sur les femmes doit être suspect, car ils sont à la fois juge et partie », écrit François Poulain de la Barre (1647-1725), écrivain, philosophe cartésien et féministe français.

    L’hyperandrogénie

    Il est nécessaire de différencier le genre de la « sexualité ». L’appareil génital confère notre identité, femme ou homme, mais pas seulement. Il permet de déterminer biologiquement et physiologiquement les différences entre le genre humain. Malgré que cela pose dans le sport des romans-fleuves, tel le cas de l’athlète sud-africaine Caster Semenya.

    Caster Semenya, lors des championnats d’Afrique d’athlétisme à Durban, le 26 juin 2016. (Crédits : AFP)

    La chose qui lui est reprochée est que son corps produise un taux de testostérone supérieure de 5 nmol/l que la norme définit, à 10 nmol/l par la fédération internationale d’athlétisme, la World Athletics (IAAF jusqu’en octobre 2019). Fédération qui impose un traitement médical aux sportives hyperandrogènes pour abaisser leur taux d’hormones masculines racontent Isabelle Mougere et Liliane Charrier. Le 19 février 2021, l’athlète décide de porter l’affaire devant la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH).

    Naître dans le mauvais corps

    Être né garçon avec une personnalité de fille et inversement n’est pas une maladie. L’association ORTrans estimait en 2018 que la France comptait 15 000 personnes transgenres, selon la question que posait le député (LFI) Bastien Lachaud au ministre de l’Intérieur en avril 2018. Isaac, 14 ans est née Taila. Très tôt, l’adolescent se posait des questions. « Je ne comprenais pas pourquoi je n’avais pas un corps comme les autres garçons », évoquait-il dans une partie du programme qui lui était consacrée dans Zone Interdite, en 2017.

    Il est temps que le monde reconnaisse et célèbre la riche diversité de la nature humaine»

    Victor Madrigal-Borloz et Dainius Pras (OMS)

    L’homosexualité dépénalisée en 1982

    Gisèle Halimi (1927-2020) défendait le 27 juillet 1982, dans l’hémicycle l’abrogation de l’alinéa 2 de l’article 331 du Code pénal. « Comment des députés français, c’est-à-dire par définition même, des femmes et des hommes, ont pu légiférer contre l’homosexualité. » C’est sur une proposition du ministre de la Justice, Robert Badinter, l’Assemblée nationale vote la dépénalisation de l’homosexualité. Avec l’abrogation de l’article 331-2 du Code pénal, l’homosexualité n’est plus considérée comme un délit, depuis bientôt quatre décennies.

    Connaître sa préférence sexuelle

    Selon l’étude effectuée par Statista, plus de quatre personnes sur cinq indiquent une sexualité « conventionnelle », l’hétérosexualité, puis cela se complique. Les personnes attirées par le même sexe sans forcément franchir le pas, les bisexuelles, les homosexuelles… Il n’y a pas de bonnes réponses quant à votre orientation ou préférence sexuelle, seule celle qui vous satisfait est la bonne. D’autant qu’elle fait partie de votre vie intime, personne ne vous oblige à la renseigner. Vous n’êtes pas caractérisé par votre sexualité, mais par votre personnalité. Elle se présente par des caractéristiques émotionnelles, morales ou intellectuelles.

    La répartition de la population française en 2019 selon l’orientation sexuelle. Enquête réalisée auprès de 3013 personnes. (Crédits : Statista 2021)

    L’OMS a supprimé le « trouble de l’identité de genre » de sa liste des maladies le 25 mai 2019 à la suite d’une résolution. « Nous nous attendons à ce que cette reclassification ait un impact très positif sur la perception erronée selon laquelle certaines formes de diversité de genre sont des pathologies, ou une maladie […] », ont déclaré Victor Madrigal-Borloz, Expert indépendant sur la protection contre la violence et discrimination fondée sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre, et Dainius Pras, Rapporteur spécial des Nations Unies sur le droit à la santé. « Il est temps que le monde reconnaisse et célèbre la riche diversité de la nature humaine », concluaient les deux experts de l’OMS.

    Le tableau comporte des colonnes, où les « identités de genres » apparaissent (Crédits : drapeau-lgbt)

    La communauté LGBTQ+

    Elle peut s’identifier par deux acronymes. Le premier LGBT, puis le second LGBTQIA+, cependant un autre apparaît également somme toute plus complet, LGBTQQI2SAA. Il semblerait que le mouvement LGBT soit apparu au début des années 70 en France. En mars 1971, explique le site « c’est comme ça » : « La création du front homosexuel d’action révolutionnaire (FHAR) par Françoise Marie-Thérèse Piston d’Eaubonne, dite Françoise d’Eaubonne (1920-2005). L’association radicale, issue des mouvements étudiants de mai 68, elle rompt avec l’ancien militantisme LGBT+ qui était assimilationniste (le droit à l’indifférence était revendiqué). »

    Puis viennent les différentes identités de genre :

    • Androgyne
    • Asexuel(le)
    • Bisexuel(le)
    • Cisgenre
    • Fluid
    • Gay
    • Hétérosexuel(le)
    • Intersexué(e)
    • Lesbienne
    • Pansexuel(le)

    Les orientations sexuelles méconnues

    Comme l’indique le site, passeport santé, hétérosexualité, homosexualité ou bisexualité ne sont que les trois orientations sexuelles les plus connues. Il en existerait bien d’autres, continu l’article, marqué par des tendances sentimentales diverses ou inexistantes. Le sentiment se définit par le fait de porter de l’intérêt pour quelqu’un ou quelque chose, quant à l’adjectif sentimental, il concerne l’amour. La sexualité est l’ensemble des phénomènes sexuels ou liés au sexe, que l’on peut observer dans le monde des vivants. Ainsi, passeport santé à travers sa journaliste, Marie-Eve Wilson-Jamin ajoute ces dernières :

    • Aromantique
    • Demisexuel
    • Demiromantique
    • Graysexuel
    • Lithromantique
    • Polysexuel
    • Sapiosexuel
    • Skoliosexuel

    Christianisme, Islam, Judaïsme

    Il faut effectuer une différence entre le physique d’une personne et sa volonté de s’habiller avec les vêtements qui lui sied. Ainsi, les Écossais portent des kilts, les pratiquants de l’Aïkido portent un pantalon ample pouvant être apparenté à « une jupe-culotte », le Hakama. Les marins avaient des boucles d’oreilles pour aiguiser leur vue, et les différentes sommités religieuses des trois religions monothéistes portent des « robes ». Si elles ne sont pas au sens général des robes de femmes, elles sont un costume traditionnel. En quoi être un homme vêtu de vêtement typiquement dit féminin est un problème, comme son contraire ? Pascale Gorguet, conservatrice au musée de la mode de la ville de Paris stipule que cette robe des religieux « remonte aux origines ».

    Brian Molko, au centre, chanteur du groupe Placebo à l’aise avec son apparence, aime à jouer sur son image androgyne et la confusion qu’elle crée dans l’esprit des gens. (Crédits : DR)

    Jusqu’au XIVe siècle, les hommes étaient en robe

    « Dans l’Ancien Testament, le pantalon n’existait pas, et jusqu’au XIVe siècle, les hommes étaient en robe. Le religieux est comme l’homme en général. » La soutane intérieure, appelée ordinairement soutane est une robe portée par tous les clercs, moines, et souvent par des séminaristes, pour la confession catholique. Les personnes de confession musulmane portent une Djellaba, robe longue avec un capuchon, enfin ceux de confession juive portent un Kittel. Dans les trois religions monothéistes qu’est le Christianisme, Islam, Judaïsme, les personnes portent des tenues assimilées à une robe. Il ne faut pas assimiler la tenue que porte un être humain avec son identité de genre ni sa sexualité.

    Androgyne, ou l’art de troubler

    L’androgynie est involontaire, cependant « C’est comme ça » justifie et définit qu’elle peut aussi être affirmée, comme revendiquée par l’apparence vestimentaire et l’attitude. Hermaphrodite est un synonyme, une personne qui tient des deux sexes. David Bowie, Tilda Swinton, Cillian Murphy ou encore Brian Molko (Placebo) qui indiquait « Je suis très à l’aise avec mon apparence et avec la confusion que cela crée dans l’esprit des gens. » Ce qui est cocasse est le fait de vouloir se différencier de la norme sociétale dite « hétéronormée », pour ne pas être « genré » tout en déterminant et catégorisant les populations non hétérosexuelles, l’arroseur arrosé.

    Le 11 octobre 1972 à Bobigny, Gisèle Halimi et Delphine Seyrig pendant le procès de Marie-Claire Chevalier, âgée de 16 ans, poursuivie à cause d’un avortement consécutif à un viol. (Crédits : Michel Clément)

    Qui suis-je ?

    Le coming-out serait nécessaire pour le bien-être de la personne selon les témoignages. L’amour, c’est aimer quelqu’un tout en connaissant ses défauts. Que ce soit un homme qui aime un autre homme, une femme avec une femme… Plutôt que de vouloir entrer dans la norme, se fondre dans la masse insipide, être dans l’ordinaire… Soyez extraordinaire ! La mode n’est pas définie par ce que vous portez, mais par la manière de le vêtir. En quoi, la société comme les individus, comme mes voisins, mes collègues de travail, etc. ont besoin de connaître ma préférence sexuelle, en quoi doit on connaître mes préférences culinaires, comme mes préférences politiques. « Car s’il est un choix individuel par essence et devant échapper à toute codification, c’est bien celui de la sexualité », exhortait en 1982 l’avocate, la militante féministe et femme politique franco-tunisienne, Gisèle Halimi.

  • La nature est magique

    La nature est magique

    Souvent le règne animal est empli de surprises, sur lesquelles l’être humain s’émerveille. Certaines font froid dans le dos, quand d’autres sont peu ragoûtantes. Elles permettent de contempler avec stupéfaction l’accommodation des différentes espèces et leurs évolutions. Un florilège de nos voisins, issus des mers et étendues d’eau de nos contrées. D’autant que toutes ont une utilité, dans un monde sauvage où la survie est la règle, ne laissant peu de place au relâchement.

    Le Fugu prend la grosse tête face à ses détracteurs. Il absorbe une quantité d’eau suffisante, à l’approche de prédateurs, pour se gonfler et afficher ostensiblement des piquants à faire pâlir de jalousie les escrimeurs du monde entier. Celui que l’on surnomme affectueusement poisson-globe, poisson-lune, ou encore le poisson-poison est un met connu et couru des Japonais, à plus d’un titre. Le premier se juge à la fin du repas, une fois que les lèvres sont légèrement anesthésiées par l’infime dose de poison qu’il contenait encore.

    Aucun antidote !

    Puis la rareté provoque une flambée des prix exorbitants, transformant un simple plat en véritable luxe. La dégustation d’un plat de Fugu dans de grandes tables comme le restaurant deux étoiles Usukifugu Yamadaya situé à Hiroo commence à 6000 yens (46 €) jusqu’à 30 000 (230 €). De bonnes adresses proposent également le Fugu, ainsi le Kikuchi à Ueno, propose une entrée de gamme à 4000 yens (30 €).

    Fugu, Japon, sashimi

    Le poisson-lune possède une toxine plus puissante que le cyanure, la tétrodotoxine. Cette dernière est contenue dans ses organes que sont le foie, les ovaires et les yeux.

    C’est pourquoi seuls des spécialistes sont autorisés à le cuisiner et après une formation de trois à cinq années sanctionnée par un certificat d’État.

    Ses effets sont fulgurants : la langue s’engourdit d’abord, puis les lèvres et la bouche entière. Le système nerveux est atteint, la victime peut être prise de convulsions, perdre la parole, être paralysée puis perdre conscience et en mourir.

    Quatre à huit heures, c’est le délai moyen de survie après l’absorption du poison. De plus qu’il n’existe aucun antidote.

    (Crédits : DR)

    Chaque année, on déplore au Japon plusieurs empoisonnements liés à une mauvaise préparation de ce poisson. Comme Bandô Mitsugorô VIII (1906-1975), célèbre acteur de théâtre kabuki, qui par défi se risquait à goûter au fruit défendu. En voulant impressionner ses invités, il goûtait le foie de l’animal… et qui a succombé à sa bravade, seul dans sa chambre.

    Avaler grâce à ses yeux

    Inconcevable pour nous êtres humains, mais la grenouille se sert de ses yeux pour avaler plus facilement. Elle fait descendre un œil, voire les deux, dans sa cavité buccale pour faire passer sa nourriture de l’extérieur vers l’intérieur. L’impression donne à voir qu’elle dort, pas du tout, maintenant vous observerez d’un autre œil les amphibiens. Elles sont très utiles aux jardiniers.

    En effet, devenue adulte, la grenouille comme la rainette verte, se délecte d’insectes de toutes sortes (papillons, mouches, moustiques…). Si vous croisez une grenouille dans votre jardin, vous pouvez tenter de l’embrasser, elle se transformera peut-être en princesse, avec votre âme d’enfant vous pourriez donner vie au conte et légende, qui sait.

    Saviez-vous que la plus grosse grenouille de la planète, Conraua goliath, pèse plus de 3 kg, et mesure plus de 30 centimètres, sans compter ses pattes arrières. Une fois déployée, elle triple sa longueur.

    Un papillon vit dangereusement posé sur la tête du batracien, la grenouille n’a d’yeux que pour lui (Crédits : Frank Winkler/Pixabay)

    Grenouille, mare, papillon

    Elle vit au Cameroun, en Afrique de l’Ouest. Quant à la plus petite, qui est Cubaine, elle ne mesure pas plus d’un centimètre. Néanmoins, elles sont championnes de saut avec des bonds à plus de 20 fois leur propre taille, faites le calcul pour la vôtre c’est impressionnant.

    Respiration aérienne

    Pléthores d’insectes vivent et évoluent dans une mare. Ainsi les acilies, coléoptères nageurs, possèdent une particularité déconcertante. Les mâles sont munis de ventouses sur leurs pattes pour retenir les femelles durant l’accouplement. Mais ces dames, préférant la multiplicité de partenaires, ont quant à elles développé sur le thorax une structure empêchant ces derniers de s’éterniser.

    Dyptique, amre, aquatique

    L’acilie adulte mesure pas plus de 20 mm. Les dytiques ont hacké, ou détourné de l’utilisation première, leurs ailes afin de chasser sous l’eau. Car ils forment une famille de coléoptères, comme leurs cousins les scarabées et les coccinelles, dont ils possèdent une respiration terrienne.

    Mais comment font-ils ? Le plus simplement du monde, ils se servent de leurs ailes, ou élytres, pour emprisonner une bulle d’air, comme le commandant Cousteau et ses bouteilles de plongée. Les dytiques mettent leur ingéniosité à leur propre service, avec ses pattes arrières frangées de poils natatoires qui lui servent de véritables rames pour se déplacer aisément sous l’eau, magique !

    (Crédits : DR)

  • Élèves et écoles cyberattaqués aux USA

    Élèves et écoles cyberattaqués aux USA

    Le malheur des uns fait le bonheur des autres, stipule l’adage : les criminels profitent de la pandémie, sans scrupules. Le FBI mentionnait une augmentation significative des vols de données envers les étudiants, les enseignants comme les établissements entre août et septembre 2020 avec la cyberattaque du district de Clark, dans le Nevada. Ces attaques se perpétuent encore aujourd’hui, comme celle du district d’Hanover, en Pennsylvanie, début mars 2021, sans connaître la date de fin, si elle existe.

    Dans un rapport du Bureau fédéral d’investigation (NDLR : Federal Bureau of Investigation, FBI) publié sur son site officiel, il est indiqué que les cybercriminels « volent et menacent de divulguer au public des données confidentielles sur les étudiants à moins que les institutions ne paient une rançon ». L’agence de sécurité américaine avait reçu des rapports depuis le début de l’année 2020, mais de janvier à juillet, le vol de données liées à l’enseignement en ligne avait représenté 28 % de toutes les attaques de ransomware signalées aux États-Unis.

    Augmentation des cyberattaques aux États-Unis

    L’augmentation entre août et septembre s’est produite dans plus d’une douzaine d’entités et, dans de nombreux cas, les établissements d’enseignement ont accepté de payer la « rançon ». L’agence pour la cybersécurité et la sécurité des infrastructures (CISA) et le Multi-State Information Sharing and Analysis Center (MS-ISAC) collaborent dans la lutte contre ce fléau.

    Selon le FBI, les cybercriminels ralentissaient l’accès aux vidéoconférences pour forcer les verrous menant à des informations sensibles. Dans certains cas, ils « rendent les systèmes inaccessibles pour les fonctions de base, en utilisant des tactiques précédemment exploitées par les entreprises et l’industrie ».

    Ils utilisaient des noms d’élèves absents de la classe pour participer à la vidéoconférence, racontaient des témoins à l’agence fédérale. « Les criminels harcelaient verbalement les élèves et les enseignants, leur montraient des images pornographiques et violentes, pour les faire chanter », raconte le journal mexicain Excelior le 13 décembre 2020. (Crédits : DR)

    Puis, toujours selon l’agence d’investigation outre-Atlantique, ils incitaient les victimes à révéler des informations personnelles (mot de passe, informations bancaires, date de naissance, nom…) à travers un courriel piégé. Dans le but que les personnes ciblées se rendent sur un site Web compromis avec un logiciel malveillant. Ainsi les cinq variantes de ransomware les plus courantes identifiées par le FBI sont : Ryuk, Maze, Nefilim, AKO et Sodinokibi/REvil.

    Attaques par déni de service

    « Les opérateurs considèrent les écoles comme des cibles attrayantes, et ces types d’attaques devraient se poursuivre tout au long de l’année scolaire. Ces problèmes seront particulièrement difficiles pour les écoles qui font face à des limitations de ressources », ont averti la CISA et le FBI dans leur rapport du mois de décembre 2020. « Dans ces attaques, les opérateurs ciblent les systèmes d’information des écoles, ralentissant l’accès et, dans certains cas, rendant les systèmes inaccessibles pour les fonctions de base, y compris l’enseignement à distance. Adoptant des tactiques précédemment utilisées contre les entreprises et l’industrie, les acteurs du ransomware ont également volé – et menacé de divulguer au public – des données confidentielles sur les étudiants, à moins que les établissements ne paient une rançon », martèlent les agences.

    Ce que confirme le 28 septembre 2020 l’article du Wall Street Journal : « Certains districts ont payé des rançons, le Journal ayant trouvé des exemples allant de 25 000 à plus de 200 000 dollars, décidant que la reconstruction des serveurs est plus coûteuse, et pourrait retarder l’apprentissage pendant des semaines. » Le comté de Clark, dans le Nevada, est le plus grand district scolaire touché par des cybercriminels durant la pandémie de Covid-19.

    Les pirates auraient divulgué les numéros de sécurité sociale, les adresses et les informations sur la retraite des employés du district, ainsi que des fichiers sur les étudiants comprenant leurs noms, dates de naissance, adresses, écoles et même leurs notes, soulignait le site Fast Company, après avoir eu accès au rapport. (Crédits : Ethan Miller/Getty Images)

    Cyber, école, usa

    Selon les agences fédérales, les pirates continueront à utiliser tout un assortiment d’outils, des attaques par déni de service aux rançongiciels en passant par les intrusions via des technologies éducatives tierces (comme les suites d’apprentissage en ligne telles que Google Classroom). Les écoles sont des lieux où la sensibilisation aux risques est faible, où le financement de la cybersécurité est minimal. Selon le FBI, tous ces phénomènes devraient se poursuivre au rythme actuel, voire s’aggraver en 2021, souligne le site Gizmodo le 5 janvier 2021.

    Le district d’Hanover ciblé

    « Plus le passage à l’enseignement à distance se généralise, plus les attaques vont se multiplier […] », avait déclaré Dave Ring, chef de la section cyber du FBI, à ABC News. Le 2 mars 2021, lors d’une réunion virtuelle du conseil scolaire d’Hanover en Pennsylvanie, le surintendant Nathan Barrett déclarait que l’établissement avait subi une attaque des systèmes d’information, comme les voisins les plus proches.

    Lycée, USA, cyberattack

    Le complexe de la démesure est un district scolaire public de taille moyenne situé dans la Wyoming Valley, il s’étend sur environ 78 km2.

    Les criminels profitaient de la pandémie et de l’enseignement à distance pour opérer. « Le district a connu des problèmes intermittents d’Internet lundi et mardi », a déclaré Nathan Barrett. Le manque de surveillance et d’hygiène informatique, couplé aux objets connectés, suffisent parfois. La pandémie, et les mesures de confinement ont fait le reste.

    (Crédits : Capture d’écran)

    Le président du conseil scolaire, John Mahle, a contacté la Garde nationale de l’armée pour enquêter avec sa division des cyberopérations nationales « afin d’identifier les points problématiques », relatait Michael Buffer dans « The Citizens’ Voice ». Ils annonçaient en parallèle un plan hybride de cours en ligne et en présentiel dès le 22 mars 2021.

  • Qui est le plus rapide entre l’escargot et la limace ?

    Qui est le plus rapide entre l’escargot et la limace ?

    Imaginons que vous deviez arrêter votre choix entre ces deux êtres pour faire une course en binôme. Qui désignerez-vous entre la limace avec son corps élancé, profilé, ou bien l’escargot qui porte sa « maison » sur le dos, donnant plus de prise au vent ? La réponse à la question est plus facile à donner qu’il n’y paraît de prime abord. Êtes-vous sûr de votre choix, totalement sûr ? Très bien, les jeux sont faits, rien ne va plus… Mettons-nous à la hauteur de ces deux spécimens, donc au ras du sol.

    Commençons par faire connaissance. Ils sont tous deux des mollusques gastéropodes. Mais, bien sûr ! Premièrement, un mollusque vient du latin mollusca, c’est un animal invertébré, à corps mou. Puis, le gastéropode est un mollusque aquatique ou terrestre muni d’un large pied ventral (servant à la reptation, parfois à la natation) et le plus souvent d’une coquille univalve hélicoïdale (généralement dextre). Les gastéropodes forment une classe importante, groupant actuellement plus de 7 000 genres, explique le Larousse.

    Limace, forêt, nature
    Ne pas juger un livre à sa couverture. (Crédits : Maxime Thibault/Pixabay)

    Une limace est le nom commun de certains mollusques gastéropodes pulmonés, terrestres ou marins, apparemment sans coquille. Les limaces sont des animaux polyphylétiques, explique le site aquaportail. Elles s’apparentent à des escargots dont la coquille a presque disparu, très réduits et quasiment invisibles. Elle conserve un reste de coquille, mais à l’intérieur de leur corps. Il sert de stockage pour les sels de calcium indispensables à la digestion.

    Une jeune limace est appelée limaçon

    Malgré leur réputation de nuisible, elle joue un rôle important dans l’écosystème, dont l’être humain fait partie intégrante. Elle est détritivores (elle se nourrit de débris animaux et végétaux) ou mycophage (champignon). Donc si elles mangent vos salades, c’est pour une bonne raison, le déséquilibre de la chaîne alimentaire, mais aussi parce qu’elles sont affamées. La solution, leur offrir une alternative avec une planche de bois au sol. Elles peuvent participer au compostage de vos déchets verts. De plus, elles sont à leur tour des mets de choix pour d’autres, « les hérissons, les serpents, les nématodes, les staphylins, les lézards ou les oiseaux ». De plus la science s’inspire de la nature, donc des limaces. Ainsi des chercheurs de Harvard ont développé un scotch qui pourrait révolutionner la chirurgie.

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    L’escargot est un équilibriste. Ils sont environ 60 000 à 75 000 espèces différentes connues dans le monde entier (Crédits : azeret33/Pixabay)

    Les escargots sont apparus sur terre, il y a 600 millions d’années, d’abord dans l’eau puis sur terre. Leurs « cornes » sont en fait des tentacules, les plus grandes sont les yeux, celles du dessous constituent un organe à la fois tactile et olfactif. Son plus grand atout n’est pas sa vue, mais les « cornes » inférieures lui permettant de se déplacer par le toucher. Son muscle reptateur ne lui confère pas de marche arrière. Le pied, qui est en fait un énorme muscle capable de se contracter et de s’allonger, n’autorise qu’un déplacement vers l’avant.

    Hermaphrodite comme sa cousine

    La plupart des escargots, comme les limaces, sont hermaphrodites. L’accouplement est toutefois nécessaire pour fertiliser les ovules de chaque individu. Ils ne sont pas comme Nemo, le désormais célèbre poisson-clown, hermaphrodite successif. C’est-à-dire qu’ils commencent leur vie mâle, pour la finir femelle, ou inversement. L’escargot possède une particularité. À la fois mâle et femelle, il possède des ovules et des spermatozoïdes, cependant les produits de reproduction mâle arrivent à maturité avant les produits de reproduction femelle. C’est pour cela qu’il doit s’accoupler avec un partenaire, pour une fécondation dite croisée.

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    Un véritable pèlerinage, d’un côté comme de l’autre. (Crédits : open street map)

    Un périple de 45 ans

    Mais revenons à votre choix pour la course, imaginez qu’elle se déroule entre Paris et Marseille, soit une distance de 794 kms. En qualité de binôme vous effectuez le retour : lequel des deux groupes sera le plus rapide ? Supposons que vous marchiez à la vitesse de cinq kilomètres par heure. Votre temps devrait être inférieur à 178 heures (177 h et 8 minutes pour être exact). Malgré la coquille apparente contenant ses viscères, l’escargot se déplace à la vitesse moyenne de 0, 005 km/h tandis que la limace prend plus son temps et file à la vitesse moyenne de 0, 002 km/h. Donc la limace effectuerait la distance de Paris à Marseille en 397 000 heures. Ce qui donne avec la calculatrice magique donne 45 ans 116 jours et 16 heures. L’escargot quant à lui prendrait 149 940 heures correspondant à 18 ans 46 jours et 16 heures. Bon courage !
    La conclusion est simple : ne vous fiez jamais aux apparences, elles sont parfois trompeuses.

  • L’agence pour l’emploi espagnole cyberattaquée, est hors service

    L’agence pour l’emploi espagnole cyberattaquée, est hors service

    Le Service public de l’emploi de l’État (SEPE) a subi hier matin, 9 mars 2021, une attaque informatique générale. Elle a touché tous ses bureaux sur le territoire ibérique, l’obligeant à suspendre toute activité et à reporter les rendez-vous de la journée. Des actions urgentes ont eu lieu, avec pour objectif principal de contenir, d’isoler et, d’atténuer son impact sur les systèmes d’informations. Depuis, le site est hors ligne, en raison de l’attaque cybernétique subit et plonge dans l’attente les assurés.

    Le site du SEPE est hors service depuis mardi en raison d’une cyberattaque. « Le ministère du Travail enquête sur l’origine de la faille de sécurité dans les systèmes informatiques du service public de l’emploi qui a également affecté les ordinateurs des employés de l’agence, qui ont dû les éteindre en attendant de connaître l’ampleur », explique El Diario.

    Le SEPE est hors ligne

    Une équipe de techniciens et d’experts du ministère travaille pour le retour à une activité normale dès que possible. « Le ministère du Travail et de l’Économie sociale regrette profondément les désagréments causés aux utilisateurs en raison de cette cyberattaque », indique le ministère. « Des travaux sont en cours dans le but de restaurer les services prioritaires dès que possible, notamment le portail du service public de l’emploi de l’État, puis de rétablir progressivement le reste des services destinés aux citoyens, aux entreprises, aux prestations et aux agences pour l’emploi », affiche l’agence.

    « Les délais de demande de prestations seront prolongés d’autant de jours […], cette situation n’affectera en aucun cas les droits des demandeurs de prestations », mentionne le SEPE.

    Le renouvellement des droits se fera automatiquement ou pourra être renouvelé une fois que le service aura été rétabli sans perte.

    (Crédits : capture d’écran)


    « Cette situation a provoqué le retard dans la gestion de centaines de milliers de rendez-vous dans toute l’Espagne […] avec les difficultés que tout cela entraîne dans la situation d’avalanche de dossiers à laquelle est confronté le SEPE depuis le début de la pandémie. »

    4 008 489 Espagnols au chômage

    Le syndicat des employés du service public (CSIF) s’inquiète de l’obsolescence du matériel informatique relate Vozpopuli. Luis Gonzalez, représentant du syndicat CSIF (Centrale indépendante des syndicats et des fonctionnaires) à Tarragone en Catalogne, rappelle que les matériels informatiques sont « dépassés ». Le nombre des demandeurs d’emploi dépasse les 4 millions (4 008 489), une première depuis avril 2016.

    Les mécanismes de chômage partiel, croient le nombre total. Ce type de chômage est mis en place dès le début de la pandémie en mars 2020. Il a été renouvelé jusqu’au 31 mai prochain relate Les Échos.

    Les premières investigations ne permettent pas, actuellement, de connaître l’origine de cette attaque. Néanmoins la signature d’apparition du ransomware Ryuk est définie sous la forme d’un fichier texte ou d’un fichier HTML comme le montre l’image ci-contre. En janvier 2020, les opérateurs derrière le ransomware Ryuk s’introduisirent et mirent hors service les systèmes de l’hôpital de Torrejón, dans la province de Madrid, mais pas seulement. (Crédits : elDiario.es)

    Comme l’explique El Mundo, d’autres entreprises espagnoles ont subi également le ransomware « d’origine russe », la radio privée SER et Everis. Gerardo Gutierrez, directeur du SEPE, a confirmé qu’il s’agit de « la dernière version du virus Ryuk » et que l’agence a subi « une cyberattaque similaire à celles reçues par d’autres entreprises ou administrations dans le monde ».

    Le rançongiciel Ryuk

    Nouveau venu dans le monde des ransomwares ? Pas vraiment ! Selon le rapport de l’agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI), le rançongiciel Ryuk a été observé pour la première fois en août 2018. « C’est une variante du rançongiciel Hermes 2.1, vendu sur le forum souterrain exploit.in à partir de février 2017 par le groupe cybercriminel CryptoTech pour environ 300 dollars. Depuis octobre 2019, Ryuk dispose d’une fonctionnalité lui permettant d’allumer les postes éteints présents sur le réseau local (Wake-on-LAN) afin d’accroître sa surface de chiffrement », continue le rapport de l’Agence.

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    Son apparition remonterait à décembre 2019, le rançongiciel Conti serait mis à la disposition d’affiliés selon le modèle de ransomware-as-a-service (RaaS).

    (Crédits : Déroulé simplifié de la chaîne d’infection Emotet-TrickBot-Ryuk/ANSSI)

    « Il a notamment été déployé en parallèle de Ryuk au cours de chaînes d’infection Emotet-TrickBot-Ryuk/Conti ou BazarLoader-Ryuk/Conti. Il est à l’origine de la compromission de nombreuses entités depuis août 2018, qu’il cible pour leur rentabilité et leur capacité à payer des rançons de montants élevés (Big Game Hunting). En octobre 2020, Ryuk serait responsable de 75% des attaques sur le secteur de la santé, secteur qu’il attaquerait depuis le premier semestre 2019 », poursuit l’ANSSI. Bien qu’aucun ciblage sectoriel spécifique ne puisse être identifié, il apparaît cependant qu’il cible particulièrement les États-Unis et le Canada, mais dorénavant aussi en Espagne.

  • Les cyberattaques s’enchaînent en France

    Les cyberattaques s’enchaînent en France

    Un grand coup était porté le 27 janvier 2021 pour perturber et détruire l’infrastructure du botnet connu sous le nom d’Emotet. Depuis les opérateurs derrière les ransomwares et autres attaques des systèmes d’information n’ont pas arrêté. Que ce soit en France, Espagne, Allemagne, États-Unis… que ce soit dans le domaine de l’éducation, de l’emploi, de l’assurance, de la banque, des la santé, des hôpitaux… personne n’est épargné. Quand un groupe tombe, souvent comme l’hydre, un autre apparaît.

    Début février 2021, les opérateurs derrière le ransomware Avaddon, affichaient leurs méfaits. C’est la compagnie SVI Assurances qui en faisait les frais. L’entreprise n’ayant pas coopéré, Avaddon affichait la conséquence : « l’entreprise ne veut pas coopérer avec nous, et nous divulguons les informations personnelles de l’entreprise, de ses employés et de ses clients ».

    Cyberattaques en série

    Ainsi près de 472 Mo de données décompressées, contenants plus de 3000 dossiers, avec des informations critiques d’identité de personnel et de client misent à la disposition de tout un chacun par les opérateurs. Au mois de décembre 2020, c’est Dassault Falcon qui devient la cible des opérateurs derrière Mount Locker.

    Quinze communes de l’Oise attaquées en 2020. Creil, Vandélicourt, Boubiers… pour ne citer qu’elles. La plus importante fuite est sans doute les données de la mairie de Villers-Saint-Paul, au nord de Creil (fichiers électoraux, d’état civil et comptabilité).

    Le 29 décembre 2020, la commune de Saint-Crépin-Ibouvillers est victime d’une attaque, via un courriel. « On ne s’imagine pas être une cible », s’étonne encore Alain Letellier, l’édile de la commune située à 20 km au sud de Beauvais. Le siège de la communauté de commune des Sablons, dont il était président avait été victime en 2019 d’une attaque plus conséquente. (Crédits : capture d’écran)

    Les dossiers sensibles chiffrés, la collectivité se devaient de les récupérer. « C’était des budgets, des payes, des archives de la communauté de communes… et ils demandaient une rançon en bitcoin », soupirait Alain Letellier. Ils ont dû payer l’équivalent de 10 000 euros en bitcoins, relatait Julie Jeunemaître sur le site de France 3 Hauts-de-France.

    Angers, Bayonne, Marseille

    Le samedi 16 janvier 2021, c’est le service informatique de la mairie d’Angers. La mairie de Bayonne début décembre 2020, et celle de Marseille à la mi-mars de la même année. Le 14 février 2021, c’est le ramsomware Darkside qui signait un nouveau méfait. « Darkside signe de son côté, la 32e prise d’otage de données appartenant à une entreprise française […] et après avoir piraté la société Wonderbox, affiche leur menace à l’encontre de la société de recrutement Penelope », souligne le site ZATAZ. Le mardi 16 février 2021, c’est au tour de l’hôpital nord-ouest et ses trois sites de Villefranche-sur-Saône (69), Tarare/Grandris (69) et Trévoux (01) de subir une attaque.

    Comme Publi-Hebdos du groupe SIPA-Ouest France en novembre 2020, le centre hospitalier universitaire Charles-Nicolle à Rouenle 16 novembre 2020, le quotidien Paris Normandie le 18 novembre 2020, la Ville d’Évreux et l’agglomération Évreux Portes de Normandie 17 décembre 2020, l’hôpital aura à batailler durant un trimestre avant de revenir à la normale.

    En effet, une période de trois mois est souvent nécessaire pour recouvrer une organisation adéquate, en remettant progressivement en route, et par ordre de priorité, tous les terminaux (après nettoyage et vérifications) des systèmes d’information infectés. Dans Le Progrès Arnaud Mabire, vice-président de la communauté d’agglomération Évreux portes de Normandie expliquait que « Nous avons dû formater 1 500 ordinateurs et réinitialiser 250 serveurs », suite à l’attaque d’un rançongiciel mi-décembre. (Crédits : AFP/Philippe Desmazes)

    L’hôpital de Dax affecté par un ransomware, celui des Escartons à Briançon pourrait l’avoir été également, indique le Dauphiné, et hier, le 9 mars 2021, c’est France bleu Pyrénées-atlantique qui délivre l’information concernant l’établissement situé à Oloron Sainte-Marie. Si aucune fuite n’a été détectée, les dossiers des patients sont inaccessibles aux personnels soignants. Les opérations ne sont, pour l’heure, pas déprogrammées, néanmoins, la pharmacie ne peut plus accéder à ses stocks. Le directeur de l’hôpital, Frédéric Lecenne s’inquiète : « Ça met en péril tout de même l’activité normale de l’hôpital. »

    Le plan quantique en route

    Lors de la présentation de la stratégie nationale sur les technologies quantiques « plan quantique », le 21 janvier 2021 à Paris-Saclay, le président de la République Emmanuel Macron soulignait l’importance stratégique nationale de la recherche pour aujourd’hui et demain. Le Président de la République a annoncé le lancement de la stratégie quantique nationale, comprenant : La mise à disposition de nouveaux moyens pour les chercheurs, y compris sur la formation, mais aussi pour les start-ups et les industriels ; Le développement de l’informatique quantique ; Des investissements dans toutes les technologies autour du quantique : communications, capteurs, cryptographie.

    Quantique, Macron, France

    C’est un plan massif, de 1,8 milliard d’euros, dont 1 milliard de l’État, pour les 5 prochaines années, qui positionne la France à un très bon niveau à l’échelle internationale. « C’est ce que je suis venu vous dire : cette profonde accélération et transformation de notre écosystème, et le fait aussi que nous décidons de nous hisser sur le podium mondial en termes de financement, d’investissement dans le quantique », martèle Emmanuel Macron.

    « Le nombre d’attaques a augmenté de 255 % en 2020 par rapport à 2019, rappelle l’Élysée. Le phénomène touche tous les secteurs de tous les pays. » L’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) a vu ses effectifs gonfler de 50 %, passant de 400 à 600 personnels, entre 2017 et 2020. « 150 millions d’euros seront consacrés à la cryptographie post-quantique pour sécuriser les communications avec des protocoles résistant aux méthodes de calcul des futurs ordinateurs quantiques. » (Crédits : capture d’écran YouTube)

    L’idée est de faire infuser la sécurité numérique sur l’ensemble du territoire, de la simple sensibilisation d’individus lambda à la création d’un écosystème mêlant recherche et formation, public et privé, start-up et collectivités. Une enveloppe de 500 millions d’euros, soit la moitié du financement global, est réservée à la recherche-développement, à destination de secteurs porteurs comme la sécurité des objets connectés par exemple. Un milliard d’euros doit être mobilisé pour augmenter le chiffre d’affaires de la cybersécurité d’à peine 8 milliards d’euros en 2019, et ainsi arriver au triple en 2025, soit 25 milliards. L’Élysée veut doubler le nombre d’emplois du secteur, pour l’amener à 40 000, et voir émerger « au moins trois licornes » françaises, c’est-à-dire des entreprises au top niveau mondial (start-up dont la capitalisation dépasse un milliard de dollars).

  • Vous souffrez d’alopécie !

    Vous souffrez d’alopécie !

    Tous les voisins de M. Sépa Phot portent une casquette, un chapeau ou un béret. Mais pour lui, le choix s’est porté naturellement, ou presque, sur une casquette gavroche. « Ça revient à la mode », soufflait avec persuasion Mme Kharéson quelques jours plus tôt. Il faut dire qu’avec le mouchodrome se formant sur l’os pariétal, plus précisément les golfes temporaux et le vertex, les fortes bises rafraîchissent les idées de son conjoint. Pas besoin de s’arracher les cheveux.

    Ah, l’alopécie ou quand la nature appuie sur le bouton « suppression » au sommet du crâne. Ce mot savant désigne une réalité capillaire moins poétique : la perte des cheveux. Pas ceux qui tombent en automne pour mieux repousser au printemps — non ! Ceux qui font leurs valises sans laisser d’adresse et toujours sans remords. C’est le genre de surprise qui commence souvent par un « Papa, on voit ton crâne briller ! » Merci, mon cœur, nous répondons.

    L’alopécie, c’est capillotracté

    La perte des cheveux est naturelle. Mais quand elle prend plus de place, alors nous parlons de calvitie, pelade… Elle commence souvent par une diminution sur l’os frontal pour s’étendre sur l’arrière de la tête, ou l’os pariétal. C’est à cet instant que certains préfèrent avoir la boule à zéro. Inquiet M. Phot, après plusieurs mois d’attente, rencontrait son dermatologue. Après plusieurs minutes, le docteur renseigne le verdict : « M. Phot, j’ai une bonne nouvelle, vous êtes atteint d’alopécie androgénétique masculine sur les golfes temporaux et le vertex, tout va bien ! »

    La chute des cheveux est différente selon le sexe, l’âge, et les gênes (Crédits : Ryan McGuire/Pixabay)

    Les yeux écarquillés, il ne comprend pas un seul mot du docteur. « Pardon », s’interroge-t-il. « C’est simplement de la calvitie », claque l’homme en blouse blanche. M. Phot acquiesça sans dire un mot en attente d’explications fournies du spécialiste. « L’alopécie androgénétique masculine ou calvitie est une évolution normale, banale et fréquente de la vie des cheveux, ce n’est pas une maladie. Elle est cependant plus fréquente aux alentours des 40 ans. Elle touche environ 15 % des hommes à l’âge de 20 ans, puis 30 % à 30 ans et la moitié des hommes de plus de cinquante ans, assure-t-il. Vous êtes dans la moyenne haute »

    Légende autour des cheveux

    « Tu vois bien, tu n’es pas chauve, tu souffres d’alopécie », s’amuse Mme Kharéson. De par le regard jeté vers sa femme, le docteur ajoute « que la chute des cheveux ne connaît pas de genre. Les cheveux des femmes ne tombent pas de manière régulière sur une année, ils chutent plus particulièrement au printemps et en automne ». En partant du cabinet médical, le professionnel tend une brochure complète sur les cheveux au couple.

    Samson et Dalila, de Paul Rubens. Son épouse Dalila soudoyée par les Philistins, obtient le secret de la force contenue dans sa chevelure de Nazir.

    Permettant de savoir, que le cuir chevelu comporte en moyenne 150 000 cheveux, qu’ils poussent de 0,35 cm chaque jour, soit 1 cm par mois. Qu’un renouvellement de 50 à 80 cheveux est effectué de manière physiologique, et qu’au-delà de 100 précieux cheveux, cela est pathologique. Les légendes autour de la virilité ont défrayé les croyances. La chevelure a une connotation incontestable de séduction chez la femme, mais aussi chez l’homme. Ainsi, dans la Bible existe la légende des cheveux de Samson, dont ils tireraient toute sa force. Texte que l’on trouve dans le chapitre XIV du Livre des Juges de la Bible hébraïque. Des légendes urbaines et contemporaines indiquent que les hommes chauves sont les plus virils, en raison d’une quantité d’hormones masculines supérieure à la normale.

  • La journée internationale du Droit des femmes

    La journée internationale du Droit des femmes

    La Journée internationale du Droit des femmes est célébrée dans de nombreux pays à travers le monde. C’est un jour où les femmes sont reconnues pour leurs réalisations, sans égard aux divisions, qu’elles soient nationales, ethniques, linguistiques, culturelles, économiques ou politiques, explique l’ONU. Elle est établie au 8 mars de chaque année. Purement symbolique est-elle, elle a le mérite, comme toutes les journées internationales, de mettre en lumière ledit sujet. Pourquoi créer une telle journée ? Pour qui ? Depuis quand ?

    Chaque 8 mars, une clameur mondiale s’élève. Celle qui remémore que l’égalité entre les femmes et les hommes n’est pas encore la norme. Elle est officiellement reconnue par l’ONU en 1977, la Journée internationale des droits des femmes est bien plus qu’un simple rituel. Elle dresse le bilan : inégalités salariales persistantes, violences sexistes et sexuelles, accès inégal à l’éducation ou aux soins, invisibilisation dans certains métiers… Même de mettre en lumière des femmes privées de tout qui résistent tout de même.

    La Journée du 8 mars

    « Elle sera sans doute l’occasion, comme souvent, d’un accroissement des propos misogynes, notamment sur les réseaux sociaux. Le 8 mars n’est pas, comme on l’entend encore parfois, la journée de “la” femme, qui mettrait à l’honneur un soi-disant idéal féminin (accompagné de ses attributs : cadeaux, roses ou parfums). Elle est une journée de mobilisation des pouvoirs publics pour rappeler que l’égalité femmes–hommes est une priorité. C’est dans ce sens que nous souhaitons l’organiser », écrivait le 7 février 2013 la ministre française des Droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem.

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    Que veut dire « égalité » ? C’est un nom féminin, issu du latin « aequalitas ». Le Larousse le définit selon « qualité de ce qui est égal », et le Littré comme la « qualité de ce qui est égal. Égalité de deux lignes, de deux angles. Égalité d’âge, de mérite. »

    Cette journée est antérieure à la publicité qui lui est faite. Elle daterait du XIXe siècle, 1848 pour être précis, sur le continent américain. Lors d’une convention contre l’esclavage, qui sévissait encore, deux femmes s’indignaient de l’interdiction faite aux femmes de prendre la parole. Ainsi les Américaines Elizabeth Cady Stanton et Lucretia Mott réunissent plusieurs centaines de personnes à leur Convention pour les droits des femmes à Seneca Falls, la première du genre. Elles revendiquaient des droits civils, sociaux, politiques et religieux pour les femmes.

    Cela amènera la première journée américaine des femmes le dimanche 28 février 1909. Elle sera célébrée jusqu’en 1913. Il est nécessaire d’indiquer que le premier pays à avoir autorisé les femmes à voter est la Nouvelle-Zélande en 1893 — 2015 pour l’Arabie saoudite —, non sans mal. Imaginez une pétition de 270 mètres signée par 30 000 femmes, soit le quart des Néo-Zélandaises, une année plutôt pour revendiquer ce droit fondamental. Elles ne seront éligibles qu’après la Première Guerre mondiale, en 1919.

    (Crédits : La déclaration de sentiments et de résolutions du 19-20 juillet 1848 /DR)

    Puis c’est au tour de l’Europe de se mettre en marche. Du 28 août au 3 septembre 1910 se déroule le huitième congrès socialiste international à Copenhague, au Danemark. Plus de 100 femmes de 17 pays se retrouvent pour entériner une journée honorant la Femme, et favorisant l’obtention du droit de vote. À la suite de la décision prise à Copenhague, la Journée internationale des femmes est célébrée pour la première fois, le 19 mars 1911, en Allemagne, en Autriche, au Danemark et en Suisse, où plus d’un million de femmes et d’hommes assistent à des rassemblements.

    Une lente avancée

    Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, l’assemblée des Nations unies adopte un document emblématique et pierre angulaire du futur. La Déclaration des droits de l’Homme est la première reconnaissance mondiale de l’existence de droits fondamentaux inaliénables et de libertés essentielles qui s’appliquent à chaque être humain — les femmes comme les hommes —.

    Il a fallu attendre 1977 pour qu’elle soit officialisée par l’assemblée des Nations unies. En appelant « tous les États à proclamer, comme il conviendra en fonction de leurs traditions et coutumes historiques et nationales, un jour de l’année Journée des Nations Unies pour les droits de la femme et la paix internationale ».

    En 1979, la convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF). Souvent appelée la « Charte des droits des femmes », la CEDEF est le document international le plus complet visant à protéger les droits humains des femmes.

    (Crédits : une copie de cette pétition est conservée aux Archives nationales de la Nouvelle-Zélande/DR)

    Pétition, Nouvelle Zélande, femme

    Le droit à l’égalité de rémunération, y compris de prestation, à l’égalité de traitement pour un travail d’égale valeur aussi bien qu’à l’égalité de traitement en ce qui concerne l’évaluation de la qualité du travail », écrit la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes.

    Serment, Onu,

    L’article 11, alinéa 1.c, donne droit à l’égalité de rémunération entre femmes et hommes. Mais ce qui peut paraître choquant à la lecture est le fait « d’interdire, sous peine de sanctions, le licenciement pour cause de grossesse ou de congé de maternité et la discrimination des licenciements fondée sur le statut matrimonial » (Article 11, alinéa 2.a).

    Sous-entendu que certains pays l’autorisaient. L’article 13 donne une vision étendue sur la liberté des femmes avant les années 80. Il octroie le droit aux prestations familiales, aux prêts bancaires, prêts hypothécaires et autres formes de crédit financier, à la participation aux activités récréatives, aux sports et à tous les aspects de la vie culturelle…

    (Crédits : ONU)

    Les jeunes filles nées en 2010 possèdent le même âge qu’« ONU Femmes », 11 ans. Le 9 mars 2020, il y a tout juste un an, la commission de la condition de la femme soulignait un constat d’échec. Le rapport de la 64e session, disponible en anglais, arabe, chinois, espagnol, français et russe, est affligeant de vérité.

    « Nous, les ministres, représentantes et représentants de gouvernements […] reconnaissons que, 25 ans après la quatrième Conférence mondiale sur les femmes, aucun pays n’est vraiment parvenu à assurer l’égalité des genres et l’avancement des femmes et des filles, qu’il existe toujours des inégalités marquées à l’échelle mondiale […] »

    Les rapporteurs exhortent les hommes et les garçons à se mobiliser pleinement en faveur de l’égalité des genres et de l’avancement de toutes les femmes et les filles.

    Les collages s’affichent partout dans les rues des villages ou villes, ici à Poitiers, dans la Vienne (86). (Crédits : DR)

    Poitiers, rues, femmes

    Puis la violence ne connaissant pas de frontière, le 17 juin 2011, le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies adopte « par 23 voix contre 18 et avec six abstentions, le Conseil a adopté une résolution sur la protection contre la violence et la discrimination en raison de l’orientation sexuelle et de l’identité de genre […] La discrimination à l’encontre de ce groupe est étroitement liée à son identité de genre et se manifeste à travers sa vulnérabilité face à l’exclusion sociale ou la violence, comme des actes de ” viol correctif “, des agressions et le refus d’accès à des services de base », ajuste ledit Conseil.

    Quels sont les chiffres ?

    Le constat de l’ONU est factuel. La population en 2020 en millions d’individus est de 7 795, dont 49,6 % sont des femmes. La différence est de 92 millions d’hommes sur l’ensemble du globe. Certains pays comptent plus de femmes que d’hommes et inversement. Pays où la population féminine est supérieure (Nombre d’hommes pour 100 femmes) : Népal (84,5), Hong Kong (84,8), Russie (86,8), Lettonie (85,5), Ukraine (86,3) et inversement, pays où la population féminine est inférieure (Nombre d’hommes pour 100 femmes) : Qatar (302), Émirats arabes unis (223,8), sultanat d’Oman : (194,1), Inde (108), Chine (105)

    Les chiffres indiquent que les femmes représentent peu ou prou la moitié de la population mondiale. Or, comme le stipule le rapport de la 64e session de l’ONU Femmes « aucun pays n’est vraiment parvenu à assurer l’égalité des genres et l’avancement des femmes et des filles ».

    Cela signifie que malgré tout les femmes ne bénéficient pas des mêmes droits. L’inégalité salariale est considérable, l’écart est de 16 %. Cela correspond à peu de chose à la différence, entre le salaire brut et le chômage partiel, instaurée actuellement en France. Les femmes gagneraient 84 % du salaire moyen des hommes.

    Les femmes et les hommes ne sont physiquement pas égaux. Chaque État prône l’égalité à défaut de l’équité. Cette dernière donne la disposition à faire à chacun parts égales, à reconnaître impartialement le droit de chacun. (Crédits : DR)

    Une loi islandaise prône depuis le 1er janvier 2018 l’égalité de salaire, elle oblige les employeurs à prouver qu’homme et femme gagnent autant au même poste. « Le nouveau texte de loi inverse la charge de la preuve : il ne revient plus aux salariées de prouver la discrimination en raison de leur genre, mais aux entreprises de démontrer que, si écart de salaire il y a, le genre n’y a aucune part », raconte le Point. Autre pays, autre avancée, en Nouvelle-Zélande, le parlement compte 57 élues pour 120 sièges, soit 48,33 % tandis que la moyenne mondiale est de 25 %. Le grand gagnant est le Rwanda avec 61,25 % de femmes au parlement.

    Mariées avant leurs 18 ans

    Le monde compte 1,1 milliard de filles. L’UNICEF atteste que « si toutes les femmes bénéficiaient d’une éducation secondaire, le taux de mortalité des enfants diminuerait de 49 % ». L’exemple de l’Afghanistan est criant de vérité. « On estime que seuls 32 % des garçons et 8 % des filles ont participé à une forme quelconque d’enseignement primaire, et que les taux de fréquentation, d’abandon et d’achèvement des études ont été aggravés par les restrictions imposées par les talibans à l’éducation des filles », souligne le rapport rédigé en 2002 par l’ONU.

    Après la chute des talibans, « on estime que 1,5 à 1,8 million d’enfants – dont des filles – sont venus à l’école […] » Ainsi le chiffre estimé de filles bénéficiant d’éducation sous le régime des talibans à la chute dudit régime est passé de 5 000 à 2 400 000 en 2011. Depuis leur retour, la liberté des femmes est inexistante. La loi dite sur la « prévention et vices et la promotion des vertus » oblige les femmes et les filles « à couvrir leur visage et leur corps dans l’espace public, à être toujours accompagnées d’un homme de leur famille lorsqu’elles utilisent les transports, qui leur interdit de chanter et même de parler en dehors de chez elles ».

    Dans le monde, 700 millions de femmes ont été mariées avant 18 ans, écrivait en 2016, Eugénie Bastié (le Figaro). En 2019, une femme sur cinq ayant entre 20 et 24 ans était mariée avant l’âge de 18 ans. (Crédits : Roberto Nickson/Pexels)

    Au cours de la dernière décennie, le taux mondial de mariage d’enfants a chuté, la diminution la plus importante sur cette période étant observée en Asie du Sud. De nos jours, c’est en Afrique subsaharienne que le risque de mariage d’enfants est le plus élevé : plus d’une femme sur trois de la tranche d’âge 20-24 ans y a été mariée avant ses 18 ans. « Si toutes les femmes avaient accès à l’enseignement secondaire en Afrique subsaharienne ainsi qu’en Asie du Sud et de l’Ouest, le nombre des mariages d’enfants chuterait de 64 % », appuie l’UNICEF.

    « Le mariage tue l’enfance », affirme Henrietta Fore, directrice exécutive du Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF). Ces nouvelles estimations portent le nombre total d’enfants mariés dans le monde à 765 millions, en 2019. Les filles continuent toutefois d’être disproportionnellement touchées, avec une jeune femme âgée de 20 à 24 ans sur cinq mariée avant son 18e anniversaire, contre un jeune homme sur 30. Il y a une année, le 11 mars 2020, l’ONU affirmait que plus de 14 millions d’adolescentes dans 12 pays d’Afrique, du Moyen-Orient et d’Asie du Sud vont pouvoir bénéficier des services du programme mondial de l’UNFPA et de l’UNICEF pour mettre fin au mariage des enfants d’ici 2023. (Crédits : DR)

    Le droit à disposer de son corps semble échapper encore aux femmes. À peine plus d’une femme sur deux dans le monde connaît cette liberté sur les choix inhérents à la santé, la sexualité comme la procréation. Pire, chaque jour, 137 femmes sont tuées par un membre de leur famille. On estime que sur les 87 000 femmes qui ont été intentionnellement tuées en 2017 dans le monde, plus de la moitié (50 000) l’ont été par un partenaire intime ou un membre de leur famille. Plus d’un tiers (30 000) des femmes intentionnellement tuées en 2017 l’avaient été par leur partenaire intime actuel ou par un ex-partenaire.

    Le droit à l’avortement en France existe depuis 17 janvier 1975 grâce à la loi relative à l’interruption volontaire de grossesse, dite loi Veil. Promulguée le 17 janvier 1975, pour 5 ans à titre expérimental, elle est reconduite sans limites de temps par une loi depuis le 31 décembre 1979. En Irlande, cela ne fait que deux ans. Depuis décembre 2020, l’Argentine accède à la liste des 68 pays autorisant légalement l’avortement. Avec ce texte, l’Argentine rejoint des pays comme Cuba, l’Uruguay et le Guyana, qui autorisent l’interruption volontaire de grossesse (IVG) sans condition en Amérique du Sud. Tandis qu’en octobre 2020, la Pologne régresse sur cette question à travers la décision de la cour constitutionnelle de bannir ce droit.

    (Crédits : extrait du Journal officiel du 18 janvier 1975/Légifrance)

  • Le papier hygiénique fête ses 11 siècles d’existence

    Le papier hygiénique fête ses 11 siècles d’existence

    Ce petit rien, qui pendant le premier confinement provoqua des batailles rangées, est né au Xe siècle… en Chine, lors de la dynastie Song. Il était fabriqué pour l’usage exclusif des empereurs. Depuis, ce bout de papier a fait couler bien de l’encre ici et là. Les Américains, champions toutes catégories, sont suivis de près par les Allemands, avec 141 rouleaux par an et par personne. Comment sommes-nous passés de solutions naturelles à celles d’utiliser du papier dans un usage intime ?

    Avant l’invention chinoise, les techniques utilisées divergeaient selon les civilisations. Au Ve siècle avant notre ère, les Grecs utilisaient leurs doigts, des cailloux ou encore leurs vêtements, explique ça m’intéresse. Le besoin de confort amène son évolution. Au fil du temps, il passe par le tissu, la laine parfumée, le lin, le chanvre, le papier journal…

    Un bout de papier salvateur

    Longtemps taboue, l’histoire du papier hygiénique traverse les civilisations avec discrétion. Bien avant son invention moderne, les pratiques d’hygiène variaient selon les époques et les régions : eau, feuilles, coquillages, tissus ou encore bâtons d’hygiène dans la Chine ancienne.

    Le premier papier toilette tel que nous le connaissons est né dans les années 1850 en Angleterre. Mais c’est aux États-Unis qu’il sera fabriqué à la chaîne en 1857. Joseph Gayetty déposa le brevet du « Gayetty’s Médicated Paper ».

    Son prix de 50 cents octroyait à l’acheteur un paquet de 500 feuilles. Un dollar de 1850 en vaut 33,54 aujourd’hui, selon le calculateur. Il avait eu la riche idée de marquer chaque feuille d’un filigrane à son nom. Son papier contenait une quantité certaine d’Aloe pour des questions d’hygiène, mais pas seulement. Il était recommandé pour la prévention des hémorroïdes.

    Il faudra attendre quatre décennies pour que le papier toilette devienne le best-seller que nous arrachons feuille après feuille. C’est en juin 1891 que l’Américain Seth Wheeler dépose le brevet du « papier toilette » en rouleau.

    Trois mois plus tard, le 15 septembre 1891, il améliore son système en imaginant des lignes de perforations afin de pouvoir détacher plus facilement les feuillets si précieux.

    Mais c’est le XXe siècle, avec la généralisation des toilettes modernes et l’évolution des normes sanitaires, qui donne au papier toilette ses lettres de noblesse. Il devient un bien de consommation très courant en Occident.

    Aujourd’hui, cet objet du quotidien, tombé dans la banalité, incarne à lui seul les inégalités d’accès à l’hygiène dans le monde… et un poids environnemental non négligeable.

    L’affiche ventait les mérites et bienfaits pour la santé du papier hygiénique. (Crédits : DR)

    Meilleure disposition du rouleau

    Il existe des débats à haute envolée lyrique et indispensables à l’évolution de l’espèce humaine. Le premier est celui de nommer une viennoiserie contenant du chocolat. « Vous l’avez ? » Alors certains expliquent que c’est une chocolatine, d’autres un pain au chocolat. Du reste, le principal est que cette gourmandise soit délicieuse, le reste… Mais une question demeure quel est le bon positionnement du rouleau. Entre nous, chacun sa préférence, il n’existe pas de meilleure disposition, quoique…

    En dessous (DR)
    Au-dessus (DR)

    Fort du débat que vous venez d’entamer avec les personnes qui vous entourent, ou vos collègues devant la machine à café, l’inventeur Seth Wheeler propose sa vision des choses. Oprah Winfrey, dans le talk-show AM Chicago sur WLS-TV dans les années 1980, qui deviendra The Oprah Winfrey Show aurait affiché sa préférence

    « Laissez-moi vous dire que moi, Oprah Winfrey, je suis moi-même une fille qui opte par-dessus », a-t-elle révélé. « Je préfère par-dessus », poursuit-elle, face à des applaudissements déchaînés, « parce que ça se déchire si facilement ! »

    Bien que cet autre débat soit vital, faites bon usage, c’est là tout l’enjeu. Pour le reste, il faut adapter son positionnement au dérouleur installé.

    Selon son inventeur, voici la disposition adéquate pour en tirer le meilleur usage (Crédits : S. Wheeler)

    Quoi qu’il en soit, le chiffre d’affaires du fameux papier en Europe représente 8,5 milliards d’euros, et certains prétendent que l’argent n’a pas d’odeur. Cela dit, il y eut en mars 2020 une augmentation significative de la vente de papier toilette. Italie (+140 %), Australie (+98 %), Espagne (+82 %), Royaume-Uni (+80 %), États-Unis (+60 %), Inde (+51 %), Allemagne (+35 %), France (+30 %). Ainsi, comparé au tableau de consommation, avec un produit en croix, les chiffres paraissent lunaires.

      À l’échelle mondiale, les estimations indiquent que plus de 42 millions de tonnes de papier toilette seraient produites chaque année.

      Or, cette production ne serait pas sans conséquence. Selon des ONG, environ 270 000 arbres sont abattus chaque jour pour répondre à la demande mondiale en papier toilette, soit près de 10 millions par an. Une grande partie de cette production provient encore de fibres vierges, parfois issues de forêts primaires, malgré les efforts de recyclage dans certains pays.

      Il faudra attendre la fin des années 1960 pour que le papier hygiénique se démocratise en France, bien que le papier journal eût toujours sa place dans les années 70, croyez-moi. Dorénavant, une solution alternative existe, le lavage avec de l’eau. Certains appareils comme la toilette japonaise sont équipés de jet d’eau réglable. Mais, il existe aussi le fameux bidet, utile à cet effet, que vous pouvez observer chez vos grands-parents ou parents. Désormais, vous ne le verrez plus jamais du même œil.

      À l’heure où les questions d’écologie et de sobriété s’imposent, le papier toilette cristallise un débat : entre confort, culture et nécessité de repenser notre rapport à l’hygiène… et à la nature et à l’eau.

      Crédits : La consommation annuelle en rouleau et en kilogramme au cours de l’année 2018 /Statista Consumer Market Outlook)