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  • Avis de tempête au pays de vos données

    Avis de tempête au pays de vos données

    Le « pass sanitaire » vient d’être voté en France par les chambres basse et haute, afin de pouvoir participer, selon les dires des autorités gouvernementales, à des événements qui pourront regrouper plus de 1000 personnes. Dans le même temps, des fuites plus que conséquentes de documents d’identités, de renseignements médicaux, d’informations bancaires, d’adresses e-mail, de numéros de téléphone, d’identités numériques sont légion. Qu’en est-il des données, de vos données ? Seront-elles sécurisées ?

    L’infection d’AXA par le ransomware « Avaddon » affole la toile et le reste du monde. Mis à part le fait d’avoir touché un très gros poisson, cela démontre que les infrastructures doivent être renforcées, et les moyens mis en adéquation avec les risques encourus. D’autant qu’il s’agit de renseignements ultrasensibles. « Vous pouvez nous féliciter pour l’attaque réussie de l’entreprise, nous avons crypté AXA Asia dans les pays suivants : Thaïlande (Krungthai-AXA), Philippines, AXA Investment, Hongkong et Malaisie », se congratulent les opérateurs.

    Données médicales volées

    Ils revendiquent posséder trois téraoctets de données. Elles sont d’ordre médical (antécédents, y compris des comptes rendus sur le VIH, l’hépatite, les MST et d’autres maladies), les réclamations des clients, les paiements aux clients, toutes les pièces d’identité des clients, les comptes bancaires et tous les documents scannés des clients, mais pas seulement.

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    L’Agefi stipule que le matériel réservé des hôpitaux et des médecins (enquêtes privées pour fraudes, accords réservés, remboursements refusés, contrats et rapports, cartes d’identité, etc.) y figure également.

    Les données sont en libre accès lorsque les opérateurs du ransomware n’obtiennent pas la rançon escomptée. Des informations extrêmement sensibles sont livrées à tous, comme les quasiment 200 GB de la ville de Presque Isle dans le Maine, aux États-Unis.

    (Crédits : capture d’écran)

    La société comme les personnes assurées sont les victimes, à plus d’un titre, de la cyberattaque. Le principe de la double extorsion est de mise. L’ingénierie sociale peut alors utiliser ses données sensibles pour d’autres méfaits.

    Frappé deux fois de suite

    Il y a plus de deux mois que l’incendie chez OVH Cloud, à la veille de son introduction en bourse, le 10 mars 2021, rendait inaccessibles différents sites. Dans un mail interne qu’Agefi avait pu consulter, Axa France indiquait avoir été « victime d’une extraction non autorisée de données concernant certains collaborateurs d’Axa en France ». Ainsi, début mai, ce sont 7500 actuels et anciens salariés de 55 ans et plus qui ont vu leurs civilités complètes divulguées.

    Leurs adresses, numéros de sécurité sociale… ont fuité à la suite du feu, fragilisant les serveurs dans lesquels un des fournisseurs d’AXA hébergeait ses données. La dernière société à subir une infection est Acer Finance, basée à Paris, qui est une société de gestion de portefeuille.

    Elle venait d’annoncer le 21 avril 2021 que « Laillet Bordier et Acer Finance fusionnent pour donner naissance à LB&AF ». Le message des opérateurs est sans appel. Les données sont cryptées et la menace de divulguer toutes les informations est réelle. Cathar Games a vu 779,06 GB de documents compressés en libre accès. (Crédits : capture d’écran)

    Communiqué, rançon, fuite

    Quelques jours auparavant, c’est la Fédération des syndicats des métiers de la prestation intellectuelle, du conseil, de l’ingénierie et du numérique de plus de 3000 TPE-PME, CINOV. Après la fuite datant de 2019, qui ressurgit en 2021, donne entrée à 20 millions de comptes de Français sur le réseau « social » Facebook, et les données de santé de 500 000 personnes en France au mois de février 2021.

    500 000 dossiers médicaux

    De son côté, la CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés) avait annoncé mercredi 24 février 2021 qu’elle avait lancé une enquête pour savoir si les sociétés (dont les données ont été volées) ont manqué à leurs obligations. En plus de prodiguer des consignes de sécurisation des données, le RGPD impose aux entreprises ayant subi une violation de leurs données de le signaler.

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    Or la CNIL avait déclaré ne pas en avoir été avertie. Peut-être plus inquiétant, s’il en est, l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) annonçait ce même mercredi 24 février 2021 qu’ils avaient identifié l’origine de cette fuite de données dès le mois de novembre 2020, et informé le ministère de la Santé, Olivier Véran.

    « Les recommandations nécessaires ont été données par l’ANSSI pour traiter l’incident. »

    (Crédits : capture d’écran)

    Le groupe Stelliant aurait été victime d’une offensive malveillante dans la nuit du 14 au 15 mai 2021, qui paralysait certaines de ses activités depuis ce week-end. Le spécialiste de l’expertise travaille actuellement au redémarrage de ses systèmes. De l’autre côté de la mer du Nord, l’Irlande a subi également, dans la période, une infection.

    « Il y a une attaque ransomware importante sur les systèmes informatiques de HSE. Par précaution, nous avons arrêté tous nos systèmes informatiques afin de les protéger de cette attaque et de nous permettre d’évaluer pleinement la situation avec nos propres partenaires de sécurité », tweetait l’organisme.

    La maternité Rotunda de Dublin a prévenu que toutes les visites ambulatoires avaient été annulées, sauf pour les femmes enceintes d’au moins trente-six semaines, « en raison d’un grave problème informatique ».

    Le docteur Fergal Malone, responsable de cette maternité, a expliqué à RTE que l’attaque visait des ordinateurs stockant des dossiers médicaux. (Crédits : Jonathan Borba/Pexels)

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    « Il n’y a pas de problème pour la sécurité des patients », a-t-il assuré et l’hôpital est passé en mode dégradé avec les dossiers papiers. « Mais évidemment, le débit sera beaucoup plus lent », a-t-il déclaré.

    Le « Pass Sanitaire » est-il sécurisé ?

    Clément Beaune, secrétaire d’État en charge des Affaires européennes, indiquait au Sénat que la version française du « pass sanitaire » serait « soumise, avant toute mise en œuvre, à l’avis de la CNIL ». Elle possède un pouvoir tout relatif de recommandation, souligne le journaliste Olivier Tesquet, interviewé par Salomé Saqué, sur Blast. L’exemple des caméras intelligentes de Datakalab, pour mesurer le port du masque dans les transports en commun, est criant de vérité.

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    La CNIL émettait des recommandations, mais l’État est passé par un décret. Les nouvelles sanctions que la CNIL, hormis le caractère pénal, peut prononcer sont :

    • Une astreinte
    • Le retrait d’une certification
    • Le retrait d’agrément
    • Des amendes administratives (de 4% du CA mondial à concurrence de 20 millions d’euros)

    Dématérialisé, le dispositif pose évidemment la question de la protection des données. Selon le gouvernement, les données sont chiffrées et restent en local sur le terminal téléphonique des usagers. Ce dernier assure que l’application ne garde rien en mémoire pour scanner les codes. Grâce à l’usage de ces QR code, les autorités ou effectifs habilités n’ont par ailleurs accès qu’aux informations qui leur sont utiles selon le gouvernement : « Quand vous tendrez votre pass, la seule chose qui apparaîtra à l’écran sera du vert ou du rouge. Personne ne saura si vous pouvez vous déplacer grâce à un vaccin ou un test PCR », déclarait Cédric O, secrétaire d’État en charge du numérique, sur Europe 1.

    La cocasserie du « pass sanitaire » vient de l’interview du maire de Nice, Christian Estrosi, par Jean-Jacques Bourdin, sur BFM-TV le 30 mars 2021. « Je suis en faveur d’un pass sanitaire tout de suite […] ce qui permettrait de libérer un certain nombre d’activités au plan culturel, au plan commercial […] muni de ce pass sanitaire, et la condition naturellement serait que vous n’ayez à aucun moment refusé d’être vacciné […] », explique l’édile. « C’est presque de la vaccination obligatoire », questionne le journaliste. (Crédits : Juliettpapa97/Wikipedia)

    « Non, ça veut dire que vous acceptez de ne plus participer à un certain nombre d’activités où vous pourriez être contaminant. » Autrement dit, vous avez le choix d’approuver votre vaccination obligatoire pour vous rendre sur la promenade des Anglais. Endroit même où la reconnaissance faciale était testée lors du carnaval. Un sondage demandé par BFM-TV posait la question suivante : « Vous personnellement, seriez-vous favorable ou opposé à la mise en place de ce “pass sanitaire” permettant aux personnes ayant un test négatif récent ou étant vaccinées d’accéder à certains lieux (stades, salles de concert, voyages, etc.) et interdisant à celles n’ayant pas de test négatif ou non vaccinées d’y accéder ? » Près de deux tiers des personnes interrogées sont favorables (63 %), dont plus de 71 % de ces personnes ont plus de 50 ans. Concernant la sécurité, chiffrée ou non, il faut se rappeler qu’avant d’être ajoutés à « TousAntiCovid », les résultats de tests et autres certificats sont, quoi qu’il arrive, centralisés sur la plateforme sidep.gouv.fr et, aussi protégée soit-elle, aucun système informatique n’est infaillible. Mélangez toutes ces données, les confidentielles, celles qui ont fuité, celles qui échappent à tout contrôle, épicez de la loi de sécurité globale, saupoudrez de reconnaissance faciale, vous obtenez un cocktail explosif. Sachant qu’« il n’y aura pas de retour en arrière… »

  • Suis-je complotiste ? (2ᵉ partie)

    Suis-je complotiste ? (2ᵉ partie)

    La crise mondiale due au SARS-CoV-2 pose question sur l’information et son rayonnement. Deux termes sont apparus, le premier « fake news », dont la publicité fut faite par l’ancien président des États-Unis, Donald Trump. Puis les « deepfakes », extrêmement plus dangereuses, car on peut faire dire n’importe quoi à n’importe qui. Qui sont ceux qui diffusent les fausses données, les fake news ou les infox ? Qu’en est-il de la vérité lorsque l’intelligence artificielle deviendra plus que performante ?

    Les complotistes mettent en doute chaque média, chaque renseignement et chaque journaliste. Sun Tzu dans « L’Art de la guerre » décompose ses savoirs en treize chapitres. Le dernier, et pas des moindres, s’intitule « De la concorde à la discorde ». Il y dresse cinq types de discordes. Elles sont dans les villes et villages, extérieures, entre les inférieurs et les supérieurs, de la vie et de la mort. Ainsi l’utilisation des dissensions à travers l’usage intensif de l’espionnage est le plus sûr moyen d’user et d’abuser de ces dernières.

    La discorde : union des complotistes ?

    Qu’est-ce que la discorde ? Selon Le Larousse, elle se définit par le « désaccord, dissentiment violent qui oppose des personnes entre elles et les dresse les unes contre les autres ». Plusieurs synonymes aident à saisir la portée du nom féminin : « conflit – désunion – division – querelle – zizanie ». Ainsi vous comprendrez aisément que la guerre est celle du contrôle de l’information, et de ses systèmes.

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    « Les grands généraux en viennent à bout en découvrant tous les artifices de l’ennemi, en faisant avorter tous ses projets, en semant la discorde parmi ses partisans, en les tenant toujours en haleine, en empêchant les secours étrangers qu’il pourrait recevoir, et en lui ôtant toutes les facilités qu’il pourrait avoir de se déterminer à quelque chose d’avantageux pour lui. » (Sun Tzu, L’Art de la guerre)

    En 2020, le rapport Reuters propose un éclairage extrêmement intéressant et de nombreuses données. Ainsi, il montre la proportion de personnes ayant utilisé différentes sources pour s’informer. Elles sont la télévision, la presse écrite, l’Internet et les réseaux sociaux.

    Le graphique démontre le changement des habitudes. L’information traditionnelle est la grande perdante. Elle représentait, en 2013, 64,16 % des auditeurs, pour chuter d’un quart pour atteindre 47,57 %.

    Ce qui permet logiquement aux autres de croître, l’Internet en général. Ce dernier progresse de 20 %, passant de 27,88 % à 33,49 % des sources, pour occuper 52,42 % (35,84 % en 2013). Dans ce laps de temps, la proportion de terminaux téléphoniques, couramment nommés smartphones, arrive, en une décennie, à 9,038 milliards d’unités contre 5,275 en 2010 (Sources : Statista).


    (Crédits : John Hain/Pixabay)

    Dans ce nouveau paysage numérique, les réseaux sociaux sont devenus le principal théâtre d’opérations de la guerre de l’information. Leur force : la viralité. Leur faiblesse : l’absence de filtre. Propices à l’émotion, aux raccourcis et aux jugements hâtifs, ils transforment l’utilisateur en relais, souvent malgré lui. Des algorithmes, invisibles, mais puissants, favorisent les contenus polarisants, car ils génèrent plus d’engagements — donc plus de profit. C’est dans ce terreau que prospèrent les manipulations, les deepfakes et les campagnes de désinformation organisées, qu’elles émanent de groupes idéologiques, d’États ou d’intérêts privés.

    Voici la résultante à la question posée en avril 2020 : « Au cours de la semaine dernière, quelles sont les sources d’information suivantes que vous avez utilisées ? » La prédominance des réseaux égale la télévision.

    L’échantillon total est Royaume-Uni = 2191, États-Unis = 1221, Allemagne = 2003, Espagne = 1018, Corée du Sud = 1009, Argentine = 1003. (Crédits : Reuters)

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    En quelques clics, une rumeur devient vérité pour des millions d’yeux. La discorde n’est plus seulement semée par des discours, elle est entretenue, démultipliée, orchestrée à grande échelle. Et lorsque les réseaux sociaux deviennent la première source d’information, la frontière entre réalité et fiction s’amenuise dangereusement.

    La culture de la désinformation

    Premièrement, la désinformation est l’utilisation des médias pour faire passer un message susceptible de tromper ou d’influencer l’opinion publique. Dans son acception générale, elle peut être définie comme la manipulation d’une cible déterminée à des fins politiques, militaires ou économiques, à l’aide d’une donnée traitée par des moyens détournés.

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    La désinformation est un art à part entière. Elle se décompose en plusieurs volets : la désinformation ; la mésinformation ; la réinformation ; la manipulation ; la déstabilisation ; les opérations de « false Flag » ou « deepfake » ; la propagande ; la guerre psychologique ; les morts suspectes.

    Elle désigne, selon Vladimir Volkoff, une technique qui consiste à fournir à des tiers des renseignements erronés, qui les conduisent à commettre des actes collectifs ou à diffuser des jugements souhaités par les instigateurs. Vient ensuite la mésinformation, ou mauvaise qualité du produit. Elle est due en partie à la course aux scoops, ou au besoin de rentabilité exacerbé des organes de presse. L’exemple du regain de violence au Proche-Orient fait à nouveau les gros titres de l’actualité, le conflit israélo-palestinien est « de retour ». (Crédits : Hartono Creative Studio/Pixabay)

    « Tout est parti, à mon avis, de l’action de la police israélienne la nuit de la prière durant le ramadan, des images de grenades lancées dans les mosquées. Avant, lors de périodes de fortes tensions, la police israélienne interdisait aux moins de 40 ans de venir à la mosquée », indique Charles Enderlin, ancien grand reporter et correspondant de presse, lors de l’émission « C Politique » dimanche 16 mai 2021. Le fond du conflit se résume en six dates :

    Remontons le temps… Le 4 novembre 1995, le Premier ministre israélien Yitzhak Rabin, cheville ouvrière des accords d’Oslo entre Palestiniens et Israéliens, était assassiné par Yigal Amir, jeune Israélien. Dans la continuité, le sioniste religieux Baruch Goldstein est l’auteur le 25 février 1994 du massacre de 29 Palestiniens, dont sept enfants, et de 125 blessés dans la mosquée Ibrahim, à Hébron.

    Baruch Goldstein avait un autre admirateur : Itamar Ben Gvir. Actuel chef de l’organisation Otzma Yehudit (Puissance juive N.D.L.R.), radicalisé lors de la première Intifada, il a 19 ans à l’époque des faits, et est hostile au processus de paix. Il rejoint le parti Moledet, favorable à la déportation des Palestiniens, avant de rallier la mouvance kahaniste exclue de la Knesset en 1984 en raison de la discrimination raciale de son parti.

    « C’est un mouvement nationaliste et raciste israélien », assure Charles Enderlin, habitant à Jérusalem depuis 53 ans. L’homme ci-dessus est entré dans le « saint des saints », la Knesset, il est l’incarnation même de l’extrême droite israélienne.

    Itamar Ben Gvir, président d’Otzma Yehudit, au centre, à Jérusalem, le 22 mars 2021. (Crédits : Menahem Kahana/AFP)

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    Le président d’Otzma Yehudit, Itamar Ben Gvir, a profité de son tout premier discours en plénière en tant que membre de la Knesset, lundi 26 avril 2021, pour insister sur le fait que les médias avaient procédé à un « assassinat » de son mentor, le rabbin radical Meir Kahane, écrit Jacob Magid. En omettant de manière fortuite ou volontaire d’indiquer que le militant d’extrême droite avait été condamné pour incitation à la violence et soutien à une organisation terroriste dans ses jeunes années. Est-ce de la mésinformation ou de la manipulation ?

    La réinformation, ou la vérité détenue

    Ce néologisme est usé par les personnes détenant « la vérité ». Elle part souvent d’un bon sentiment. Les médias sont le pouvoir ultime, galvanisant les foules, déstabilisant d’autres. Au sein d’une mondialisation du mensonge, ou de l’approximation politique, et de la manipulation de l’information, une minorité aurait en charge le rétablissement de la vérité.

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    Ema Krusi, à propos du référé au Conseil d’État en France, et de son ordonnance, exhorte : « C’est incroyable, et c’est écrit noir sur blanc […] Les personnes vaccinées sont celles qui sont le plus exposées aux formes graves et aux décès ».

    Elle dit à juste titre dans cette vidéo postée sur Facebook que les textes juridiques sont rédigés pour se couvrir, chaque mot et ponctuation compte. Elle omet cependant et volontairement, à deux reprises (car elle lit le texte), le terme « aussi ». Consécutivement, elle affiche en encadré le texte tiré de l’article du Figaro. Aussi est un adverbe signifiant une relation d’égalité, également…

    (Crédits : capture d’écran)

    En remplaçant aussi par également, la phrase de l’article indique que les personnes vaccinées sont les mêmes qui sont également exposées aux formes graves et au décès. Oui, toutes les personnes qui dépassent l’espérance de vie à la naissance sont plus susceptibles de décéder. Sur le rôle des médias, Luc Bronner répond : « Les mots ne sont pas neutres ». En effet, chaque mot possède sa propre définition.

    Comme la machination, lorsque pris par le temps d’antenne, la durée d’un reportage, ou la longueur d’un article, on ne peut tout dire, des choix sont alors obligatoires pour que le reportage soit instructif et intéressant. Les adeptes des théories du complot s’introduisent dans cette brèche involontaire.

    Le Larousse définit la manipulation comme le fait d’amener quelqu’un insidieusement à tel ou tel comportement, le manœuvrer. L’incendie du Reichstag en février 1933, où les communistes furent accusés d’avoir mis le feu, est un parfait exemple. Les nazis profitent de cet acte pour invoquer un complot, interdire le Parti communiste et instaurer la dictature.

    (Crédits : Flickr/Pexels)

    Rouages, machine, mouvement

    Outre-Atlantique, Liz Cheney (fille du vice-président Dick Cheney), députée républicaine, et ancien numéro trois du parti dénonce et déclare : « Des millions d’Américains ont été manipulés par l’ancien président. Ils n’ont entendu que ses mots, pas la vérité, et il continue de fragiliser la démocratie américaine. » En cause, hormis les critiques envers Donald Trump, c’est son refus de soutenir sa rhétorique complotiste sur une fraude électorale lors de la présidentielle de 2020, qui lui vaut les foudres des républicains.


    Déstabiliser, propagande, deepfake, et morts suspectes

    Les opérations de déstabilisation sont monnaie courante. Elles peuvent être politiques, géopolitiques, économiques, culturelles… Les deepfakes le permettent, grâce aux technologies de l’intelligence artificielle et au deep learning. Elles peuvent superposer des fichiers audio ou vidéo existants sur d’autres fichiers déjà existants.

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    Cette technique peut être utilisée pour créer des infox et des canulars malveillants. Prendre le visage d’un individu sur une vidéo, pour le remplacer dans des vidéos politiques ou pornographiques (revenge porn), mais également reproduire la voix d’une personne pour lui faire dire ce que l’instigateur souhaite. Cela peut se faire à des fins politiques, pour ruiner une vie, que la personnalité soit connue ou non, ou encore de propagande.

    Elle est un concept désignant des techniques de persuasion, mis en œuvre pour propager une idée, une opinion, une idéologie et stimuler l’adoption de comportements au sein d’un public cible. Ces techniques sont exercées sur une population, afin de l’influencer, voire de l’endoctriner, bon gré mal gré (Corée du Nord, Chine, Allemagne nazie…).

    Jouer sur l’affectif

    La propagande utilise la publicité, car cette dernière vise à modifier des choix, des modèles de société, des opinions et des comportements, et la publicité est de la propagande. Elle provoque des conflits, des guerres psychologiques, qui parfois deviennent armés. Ainsi sont déclenchés les drames perpétrés en Irak ou en ex-Yougoslavie.

    La propagande sert à vous faire des choses dont vous n’auriez peut-être pas envie. L’affiche d’enrôlement américain, avec « I Want You for U.S. Army », de James Montgomery Flagg (1877-1960) lors de la Première Guerre mondiale. (Crédits : Library of Congress Prints and Photographs Division Washington, D.C.)

    Colin Powell fut un exemple et l’instrument de l’administration sous Georges W. Bush. « Il ne peut faire aucun doute que Saddam Hussein a des armes biologiques en nombre suffisant pour tuer des centaines de milliers de personnes. Grâce à des laboratoires mobiles clandestins qui fabriquent des agents atroces tels que la peste, la gangrène gazeuse, le bacille du charbon ou le virus de la variole. Nous avons une description de première main de ces installations de la mort », s’exprime-t-il le 5 février 2003, au siège des Nations unies.

    Dans une interview à L’ObsColin Powell : comment la CIA m’a trompé », 3 mars 2013), il avouait avoir seulement trois jours pour préparer son discours, et « à partir d’un texte rédigé par un conseiller du vice-président Cheney » et bien « évidemment, je pensais que la CIA avait vérifié ses informations. »

    Et il ajoutait : « Dix ans plus tard, Tenet n’a toujours pas reconnu que celles-ci étaient fausses ! Pas une fois, il n’a expliqué pourquoi ses services avaient écrit, par exemple, que Saddam Hussein avait des centaines de tonnes d’armes chimiques, alors qu’il n’en possédait pas un gramme ! ».

    Colin Powell à l’ONU montrant un tube indiquant que ceci est de l’anthrax comme preuve des centaines de tonnes d’armes chimiques détenues par Saddam Hussein. (Crédits : capture d’écran INA)

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    Mais la guerre de l’image et de l’influence ne se joue plus seulement sur les plateaux de télévision ou à la tribune de l’ONU. Elle se livre désormais sur les réseaux sociaux, devenus les premiers vecteurs de diffusion de l’information — ou de perversion. Ces plateformes sont le théâtre d’une bataille cognitive continue où se mêlent vraies alertes, infox virales et narratifs toxiques. Les algorithmes de recommandations, les bulles de filtres, les bots automatisés et les campagnes de désinformation ciblée (Cambridge Analytica) permettent de manipuler les perceptions, d’orienter les émotions et de polariser les débats. Une vidéo trafiquée, un tweet mensonger, une image sortie de son contexte suffisent à faire basculer l’opinion publique, à allumer des incendies sociaux ou à renforcer les discours radicaux. Ce n’est plus seulement la propagande qui s’adresse à la foule, c’est la foule elle-même qui devient relais, caisse de résonance, et parfois même bourreau volontaire. Il ne reste que les morts suspectes : « Qui a tué Lady Di ? » C’est la théorie du complot qui a le plus d’adeptes, juste après la dangerosité des vaccins. À suivre…

  • Cyberattaque d’un pipeline aux USA

    Cyberattaque d’un pipeline aux USA

    Colonial Pipeline, qui détient le plus grand oléoduc sur le sol américain, est infecté par un code malveillant. La police fédérale américaine refuse de communiquer quant au versement possible d’une rançon. Seule indication de la part du FBI, le ransomware DarkSide serait à l’origine de l’attaque. Un vent de panique concernant une hausse du prix des carburants, ou encore un impact sur l’économie, affole la population outre-Atlantique. Cet oléoduc transporte essence et diesel sur près de 9000 kilomètres à travers les États-Unis, de Houston (Texas) jusqu’au port de New York.

    Colonial Pipeline est la firme qui délivre quotidiennement plus de 380 millions de litres de fioul, elle a cessé toutes opérations samedi 8 mai 2021. La distribution représente quasiment 45 % des carburants consommés sur la côte est américaine. « Le 7 mai, la compagnie Colonial Pipeline a appris qu’elle était victime d’une attaque de cybersécurité », explique le groupe.

    Une faille dans les tuyaux de l’énergie

    Dans un communiqué laconique, Colonial Pipeline confirme avoir placé à l’arrêt toutes ses actions. « Nous avons mis certains de nos systèmes hors ligne par précaution afin de contenir la menace, ce qui a temporairement interrompu toutes les opérations de pipelines et affecté certains de nos systèmes informatiques. » En coulisses, l’information circule, le groupe est victime du ransomware DarkSide.

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    Le président des États-Unis, Joe Biden, continue d’être régulièrement renseigné de l’incident du Colonial Pipeline, stipule le site de la Maison-Blanche. L’institution apprécie en permanence la répercussion de cet incident sur le ravitaillement en carburant de la côte est.

    « Nous surveillons les pénuries d’approvisionnement dans certaines parties du Sud-Est et évaluons toutes les mesures que l’administration peut prendre pour atténuer l’impact autant que possible. »

    Le locataire de la Maison-Blanche a ordonné aux agences du gouvernement fédéral de mobiliser leurs ressources pour aider à édulcorer les déficits là où ils se produisent.

    (Crédits : AFP)

    Des responsables américains ont cherché à apaiser les inquiétudes, soulignant que les répercussions ont été modestes jusqu’à présent. Pour autant, les prix de l’essence aux États-Unis avaient augmenté de 1,5 % lundi matin, d’après la BBC.

    Inquiétudes au Québec

    L’arrêt du pipeline a des conséquences immédiates : files d’attente interminables devant les stations-service, flambée des prix à la pompe, et crainte de pénuries dans plusieurs États du Sud-Est. Des mesures d’urgence sont prises pour réacheminer le carburant par voie terrestre ou maritime. Les aéroports de Baltimore, Atlanta, Charlotte ou encore Nashville devront décider quant à leur alimentation en kérosène, dès demain mercredi 12 mai 2021. Au Québec, le gestionnaire d’actifs des épargnes des travailleurs possède 1,5 milliard de dollars américains de participations.

    « Oui, la Caisse détient une participation dans Colonial Pipeline », corroborait le porte-parole de la Caisse de dépôt Maxime Chagnon, joint dimanche après-midi par La Presse.

    « Le ransomware DarkSide est responsable de la compromission des réseaux de Colonial Pipeline », confirme le FBI. Les enquêteurs ont déterminé l’origine de l’agression dès lundi, par deux faits. Le premier concerne le langage utilisé, le russe. Le second vise le codage, qui est réalisé pour ne pas s’attaquer aux entreprises qui usent de claviers russes, selon l’agence gouvernementale. Cette opération révèle au grand jour une nouvelle forme de vulnérabilité nationale. Pour la première fois, une cyberattaque non étatique paralyse un pan entier de l’économie américaine.

    (Crédits : Mikhaël Noury/Pexels)

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    « Nous continuons à travailler avec l’entreprise et nos partenaires gouvernementaux sur l’enquête. » Le président du Bureau ovale indiquait que rien ne permet pour le moment de conclure à une participation de Moscou. Le Kremlin a nié mardi être impliqué dans cette opération. « La Russie n’a rien à voir avec ces cyberattaques. La Russie n’avait rien à voir avec les cyberattaques perpétrées précédemment », souligne le porte-parole du Kremlin, Dimitri Peskov. « Nous rejetons catégoriquement toute accusation à notre endroit à ce sujet. »

    DarkSide, la face obscure du hacking rentable

    Apparu à l’été 2020, le rançongiciel DarkSide fait ses classes. Vraisemblablement issu de la sphère russophone, il se distingue dès ses premières attaques par un code sophistiqué et un modèle économique structuré : celui du RaaS, Ransomware-as-a-Service. Il repose sur la location de leur rançongiciel à des affiliés, en échange d’un pourcentage sur les rançons versées.

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    L’organisation se revendique de proposer un « produit visant uniquement les grandes entreprises ».

    D’après plusieurs sources concordantes, Colonial Pipeline aurait payé 4,4 millions de dollars en cryptomonnaie pour recouvrer ses données. Le FBI parviendra à retracer une partie de la transaction et à récupérer une portion des fonds, soit 2,3 millions de dollars américains.

    Après 2021, plusieurs groupes cybercriminels apparaissent. Ils possèdent des méthodes similaires à celles de DarkSide, notamment BlackMatter et AlphV (BlackCat). Le modèle RaaS, quant à lui, continue de prospérer, décentralisant les attaques et brouillant les pistes d’attribution. (Crédits : Antoni Shkraba Studio/Pexels)

    Les spécialistes parlent déjà d’un tsunami numérique, non pas pour son ampleur destructrice, mais pour la prise de conscience brutale qu’il a provoquée. L’organisation fait sa dernière apparition le 13 mai 2021, la possible dispersion dans d’autres groupes similaires tels que Revil/Sodinokibi ou Ragnar Locker est avérée. La fin du ransomware REvil est actée par le FSB en 2022.

  • Suis-je complotiste ? (1ʳᵉ partie)

    Suis-je complotiste ? (1ʳᵉ partie)

    Le film « Hold-up » défraie la chronique le 11 novembre 2020, jour de l’armistice de la Première Guerre mondiale. Dès sa sortie, la population est scindée en deux, les personnes qui acquiescent, et celles réfutant la véracité inscrite sur la pellicule. Durant 163 minutes, les images posent des questions sur la pandémie due au SARS-CoV-2. Pour autant, sommes-nous tous des complotistes ? Mais qu’est vraiment une théorie du complot ? Un complotiste ? Sont-ils nombreux ?

    Est-ce qu’émettre des doutes, des interrogations envers les institutions, la parole de nos dirigeants fait de nous des adeptes de la doctrine… sûrement pas. Il est la résolution concertée secrètement et pour un but le plus souvent coupable, en droit, pour un attentat politique définit le Littré. C’est une atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation. Cette dernière est l’ensemble des êtres humains vivants dans un territoire identique, ayant une communauté d’origine, d’histoire, de culture, de traditions, parfois de langue, et constituant un groupe diplomatique.

    Les mécanismes à la base

    Le complot et la conspiration se retrouvent dans le sens de la cabale, dans son sens figuré. « Les menées secrètes de gens qui s’entendent pour un même dessein. Former des cabales. C’est un homme de cabale. On a fait, on a monté une cabale contre cette tragédie. » Ainsi les mécanismes de base se tiennent en cinq points. Le premier est l’opposition à une déclaration, ou thèse officielle, dont les instigateurs seraient des institutions politiques, des lobbies scientifiques voir des médias. Ainsi, les attentats du 11 septembre 2001 commis aux États-Unis ne seraient pas l’œuvre des terroristes, mais de l’administration Bush elle-même.

    Lady Di, Uk, princesse

    En deuxième, il serait la manipulation de l’actualité effectuée en coulisse par une organisation mondiale et confidentielle, dans ses propres intérêts. En France, Mohammed Merah aurait été un agent français, abattu pour permettre la réélection de Nicolas Sarkozy. Le hasard est la troisième composante. Rien n’est dû au hasard, le tremblement de terre secouant Haïti aurait été provoqué à l’aide d’une arme sismique « top secret » américaine. La mort de la princesse de Galles, dite Lady Di, émanerait d’une résultante de la famille royale britannique, et selon Mohamed Al-Fayed, père de Dodi décédé dans le même accident, par le biais du MI6.

    Manipulations et vérités

    L’empilement d’arguments, exact ou non, est l’avant-dernier rouage. Qu’ils possèdent des rapports entre eux ou pas, ils donnent une orientation différente de la mouture dite officielle. Les explications ne convenant pas à leur thèse, les contradictoires sont écartés. Ne reste que ceux qui appuient leur version de la vérité, ils font feu de tout bois. Les virus d’Ebola, du SIDA ou du SARS-CoV-2 seraient les œuvres des laboratoires à la solde des gouvernements. Le projet Apollo 11 est édifiant pour les « complotistes ». Enfin, toutes personnes n’adhérant pas à la théorie sont naïves. (Crédits : DR)

    À l’heure, des réseaux dits « sociaux » ou les informations se partagent sans prendre le temps de les vérifier ni de se poser des questions est légion. Ainsi, la vindicte populaire condamne une personne sans avoir un accès aux documents accumulés par la justice, les belligérants, et les preuves de l’accusation. Ils se fondent une opinion. La rumeur est un grand brouhaha indistinct d’origine quelconque, mais encore un ensemble confus de bruits, de sons, de voix provenant d’un lieu où de nombreux individus sont rassemblés définit Le Larousse. Elle est nommée « radio moquette ».

    Différencier rumeurs, désinformations et théories du complot

    Taper son code de carte bancaire, sur le clavier d’un distributeur de billets (DAB), à l’envers pour appeler la police. La fin du monde prédit par les Mayas en 2012, comme de porter sa bague de mariage à l’annulaire, car directement relié au cœur… Ainsi lorsqu’elle est confirmée, la rumeur devient renseignement authentique, dans le cas contraire, elle est fausse, voire de la diffamation ou pire de la désinformation. Cette dernière, bien plus dangereuse, puisqu’elle utilise les systèmes en place, pour induire en erreur, cacher ou travestir des faits.

    Les exemples ne sont pas rares, certains plus gros que les autres. En France, le nuage de Tchernobyl n’aurait jamais traversé le pays selon le gouvernement et les médias de l’époque. Tout comme l’invasion et la guerre en Irak, car Georges W. Bush connaissait l’existence d’armes de destruction massive.

    Quant aux théories du complot, elles proviennent régulièrement de nos peurs. Elles sont six, à savoir la mort, l’étranger, la maladie, la technologie, le progrès et la mondialisation, dans seul et unique but, à l’initiative de groupes tels les Illuminati, les francs-maçons

    Qu’allons nous faire cette nuit demande Minus à Cortex : « la même chose que chaque nuit, Minus, tenter de conquérir le MONDE ! », répond Cortex. (Sources : TF1.fr)

    Nuage, Tchernobyl, Russie

    Pour le reste, c’est un savant mélange, presque une formule magique issue d’un vieux grimoire. Au départ, quelques soupçons de mensonge, une pincée de crédulité, faire mijoter l’ensemble, et servir bien chaud. « Le mensonge et la crédulité s’accouplent et engendrent l’opinion », explique Paul Valéry (1871 – 1945).

    Le complot, la cabale, la brigue

    La brigue est individuelle, la cabale requiert une association de personne. Le complot diffère de la machination par son côté subversif et politique dont l’intention est le changement. Ces termes ont comme dessein commun l’expression d’une entente à plusieurs pour atteindre un objectif. Une conception de la conjuration mettrait en scène : « un petit groupe de gens puissants qui se coordonne en secret pour planifier et entreprendre une action illégale et néfaste affectant le cours des événements », selon Peter Knight, professeur de littérature et civilisation américaines à l’université de Manchester.

    Sion, Israël, invention

    Elles seraient issues des lettres puis de l’imaginaire des êtres humains. « Beaucoup de théories du complot sont nées dans des œuvres de fiction, qui ont ensuite été considérées comme réelles », martèle l’enseignant dans un article du Monde.

    L’exemple le plus parlant est « Les protocoles des sages de Sion », connu sous le titre original russe « Протоколы сионских мудрецов » ou « Сионские протоколы ». C’est un faux inspiré d’un roman allemand [Biarritz, d’Hermann Goedsche, 1868]. Lui-même calqué, voire plagié, d’un texte français paru fin XIXe [dialogue aux enfers entre Machiavel et Montesquieu, un pamphlet anti-bonapartiste publié par Maurice Joly en 1864]. Ce texte fut inventé, de toutes pièces, par la police secrète du Tsar en 1903. L’Okhrana, présente un plan de conquête établi par les israélites et les francs-maçons. L’antisémitisme fleurit en Europe au début du XXe siècle, et notamment en France, l’affaire Dreyfus en est le parfait exemple.

    Du pamphlet au complot

    Dans « Les Protocoles des sages de Sion », l’auteur décrit et dénonce les abus de pouvoir de Napoléon III, et les manipulations politiques utilisant les médias écrits durant le Second Empire. Pour information, la liberté de la presse en France est classée, en 2021, 34e sur 180 (25e en 2025) par Reporters sans frontières, pour n’être que 18e des membres de l’Europe, juste devant le Royaume-Uni (avant la loi de sécurité globale). Ce pamphlet lui vaudra l’emprisonnement.

    Cette idéologie d’une machination absolument montée de toutes pièces sera reprise par Adolf Hitler dans Mein Kampf. Elle l’utilise pour fomenter une théorie selon laquelle un ou plusieurs gouvernements seraient contrôlés par des israélites, ZOG (N.D.L.R. Gouvernement d’occupation sioniste, en français).
    (Crédits : DR)

    « Les protocoles des sages de Sion », inventé de toutes pièces servira de nombreuses fois. La police secrète russe, l’Okhrana est à l’origine de l’écrit, dans le but de la préservation de l’ordre et de la sécurité publique. Ci-dessus se trouve la couverture du pamphlet de 1912, réalisée par Sergueï Nilus.

    De nombreuses philosophies étaient des satires à l’origine. C’est ce qu’explore Umberto Eco dans Le Pendule de Foucault [Grasset, 1990], avec ces trois amis inventant, pour s’amuser, un complot mondial qui leur échappe. Ce scénario se produit chaque jour sur l’Internet.

    En 2005, basé sur des romans et théories du complot, l’extrémisme de droite slovaque est entré dans la vie politique du pays avec son dirigeant Marian Kotleba. « Le parti a exalté l’histoire de la guerre en Slovaquie, lorsque le pays a collaboré avec l’Allemagne nazie. Ses membres portaient des uniformes qui ressemblaient beaucoup aux uniformes utilisés par les forces de la force paramilitaire de l’État fasciste slovaque pendant la guerre — la Garde de Hlinka », écrivent les journalistes Irena Bihariová et Daniel Milo. (Crédits : The Slovak Spectator)

    idéologie, nazisme, extrême droite

    « Quand on veut noyer son chien, on dit qu’il a la rage. » Pour nuire à quelqu’un, les calomnies sont le plus court chemin. Elles sont des imputations que l’on sait fausses, et qui blessent la réputation et l’honneur de quelqu’un, pourrait-on y voir un dessein politique ? Un complotiste est donc défenseur d’une ou de plusieurs théories. Il est déterminé par ses paires, car il ne donne pas la même version que les bien pensants, ou se pose-t-il des questions. Quoiqu’il en soit, leur nombre n’est pas connu, seule une estimation existe. En 2018, selon une étude de l’IFOP pour la fondation Jean-Jaurès et le site Conspiracy Watch, 79 % des Français croient à au moins une thèse répandue (Source : Libération). Sur les 66, 97 millions de Français en 2018, quatre sur cinq, soit 52, 91 millions seraient donc considérés comme complotiste, à tort ou à raison. À suivre…

  • « C’est un yéti ! »

    « C’est un yéti ! »

    La vie de la nature étonne à chaque instant. Que ce soit le Yéti, découvert en 2005, le Toxot, l’autruche ou encore le Wombat, tous font preuve d’une particularité qui les rend extraordinaires. Les plus âgés furent bercés au son des histoires rocambolesques du célèbre reporter croqué par Hergé, avec entre autres « Tintin au Tibet » et la rencontre avec l’abominable homme des neiges. Cette légende n’existe plus, depuis l’année 2005. Mais saviez-vous que le wombat court plus vite et plus longtemps qu’Usain Bolt ?

    Il est blanc, il est poilu et vit caché, c’est le fameux Yéti ! Pas tout à fait, c’est le Kiwa Tyleri, le petit dernier de la famille des crabes-yétis à avoir été découvert, mais le premier dans les eaux froides de l’Antarctique, en 2015. Le premier représentant du groupe de créatures aux pattes velues, mis à part l’Homme a été détecté dans l’océan Pacifique Sud, il y a une décennie.

    A la découverte du crabe yéti

    À contrario de l’abominable homme des neiges avec qui il partage son nom, ce crustacé à pinces mesure de 0,5 à 15 centimètres. Ce n’est que la troisième espèce de crabe-yéti connue à ce jour. Des scientifiques, en exploration, dirigeaient leur véhicule vers les sources hydrothermales de l’est de la dorsale Scotia.

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    Elle se situe à plus de 2 600 mètres de profondeur. Ils découvraient que d’importantes communautés de crabes-yétis y vivaient dans des conditions stupéfiantes. Les températures ici-bas dépassent de peu le point de congélation, cependant, l’eau qui s’échappe des sources brûlantes le cuirait instantanément avec ses 400 °C.

    Les crabes-yétis, qu’ils soient femelles ou mâles, se regroupent sur une source hydrothermale de la dorsale de Scotia. Ils vivent à 700 par mètre carré.

    Dépourvus de rayons de soleil, ces crabes trouvent leur ressource vitale en mêlant l’utile à l’agréable. Grâce à leur pilosité plus qu’importante, nommée setae, ils attirent les bactéries dont ils se nourrissent principalement, et prennent le surnom de « crabe Hoff », en hommage à la star d’Alerte à Malibu David Hasselhoff. (Crédits : NERC Conseil national britannique de recherche environnementale)


    Sven Thatje (directeur de l’étude et écologiste à l’université de Southampton au Royaume-Uni) avoue préférer le nom officiel de l’espèce, K. tyleri. Un choix effectué avec son équipe pour rendre hommage à la carrière de Paul Tyler, professeur émérite de l’université de Southampton et pionnier de la recherche en eaux profondes.

    L’œil plus gros que son cerveau

    Dans les particularités, l’autruche en possède plus d’une, mais celle de son œil n’est pas piquée de hannetons. Premièrement, l’image qu’elle plante sa tête dans le sable pour se cacher est pure légende. Elle vient de Pline l’Ancien, naturaliste romain, qui rapportait ce phénomène dans Histoire naturelle, au premier siècle de notre ère. Néanmoins, cet oiseau pourrait presque dunker sans sauter.

    Elle mesure pour les plus grandes jusqu’à 2,80 m quand le panier de basket culmine à 10 pieds ou 3,05 mètres. L’autruche est le plus grand des oiseaux, pèse 90 kilos chez les femelles et près de 150 kilos pour les mâles. Elle peut aussi sauter jusqu’à 1,5 mètre en hauteur et des bonds de 4 m. Son espérance de vie à la naissance est de 70 ans, et de 40 ans en captivité.

    C’est pourquoi, voyant ses prédateurs de loin, elle a tendance à se plier pour bénéficier du fait des mirages pour se cacher. L’effet visuel de réflexion de la lumière donne la sensation de grande flaque d’eau, ainsi le plus gros et plus grand des oiseaux se sert à bon escient de ses capacités mentales.

    (crédits : Andreas Volz/Pixabay)

    Œil, autruche, nature


    Chose impressionnante, car l’autruche a deux yeux de 5 cm de diamètre quand l’homme atteint tout au plus 2,4 cm. De plus chaque globe oculaire pèse 47,6 grammes, pour 7 chez l’homme. Enfin son cerveau est 33 fois plus petit que celui de l’homme (1,4 kg) avec 42,1 grammes, ce qui démontre que la taille ne fait pas tout.

    Vous êtes plus Cupidon ou Toxot ?

    Dans le but d’atteindre votre but à l’aide d’une flèche, préféreriez-vous être Cupidon ou le Toxot ? Tous deux sont redoutables et font mouche à chaque fois. Le premier est, selon la mythologie romaine, le fils de Vénus et de Mars. Le second est connu sous le nom de Toxotes Jaculatrix, ou poisson archer à bandes noires. Il est un petit prodige des mangroves d’Asie du Sud-Est et d’Océanie. Long d’à peine 20 cm, il possède un talent hors du commun : il crache de l’eau avec une précision chirurgicale pour faire tomber les insectes perchés sur les branches, parfois à plus de deux mètres au-dessus de la surface.

    Poisson, archer, cupidon

    Loin d’être un simple jet désordonné, son tir est calculé, corrigé par la réfraction de l’eau, et ajusté selon la distance. On pourrait croire à une fable, si la science n’avait pas validé cette adresse stupéfiante. Originaire des côtes sud de l’Asie, il mesure en moyenne 20 cm. Il possède la capacité d’envoyer un jet d’eau à deux mètres au-dessus de la surface, soit dix fois sa taille.

    Un tube se forme entre son palais et le bord de sa langue. Il recueille de l’eau qui sera éjectée avec force en fermant ses ouïes. Pour être sûr de toucher leurs proies, chaque jet est dix fois plus important que la cible (insectes, lézards, araignées…). En cas de blocage de cette dernière, cet « as de la gâchette » peut effectuer un bond hors de son milieu naturel de 30 cm. (Crédits : Marhi_226/flickr)

    À sa manière, le toxote est le Cupidon des mangroves : sauf que ses flèches ne percent pas les cœurs, elles décrochent les proies. Là où le dieu ailé vise les sentiments, le poisson archer vise la survie. L’un déclenche l’amour, l’autre l’ingestion. Mais tous deux partagent une arme : la précision. Et dans les deux cas, gare à celui qui croise leur trajectoire.

    Le Wombat bat à la régulière Usain Bolt

    Si la comparaison demeure anecdotique, le Wombat, marsupial dodu de trente kilogrammes environ, peut sprinter à 40 km/h durant 90 secondes, en cas de danger. Il effectuerait le 100 m en 9 secondes, alors qu’Usain Bolt, qui détient le record du monde depuis le 16 août 2009, terminerait avec 58 centième de seconde de retard. De plus, son arrière-train est doté d’une plaque cartilagineuse dure, protégeant l’entrée de son terrier.

    L’originalité réside en l’expulsion de ses excréments sous la forme de cube. Cette particularité est associée au nombre de cacas quotidien, comme le lapin, il est prolixe. Pas moins de 100 chaque jour, mais de la forme d’un dé à jouer.

    Le wombat à nez nu (Vombatus ursinus) laisse comme marque de son territoire des crottes cubiques. Comment fait-il alors que son anus est rond ? Voici la question que se sont posée des scientifiques. Scott Carver, spécialiste australien de la faune sauvage et coauteur de l’étude, dissèque un cadavre de wombat euthanasié après avoir été percuté par une voiture. Il remarque alors la présence des fameuses crottes cubiques dans le dernier mètre des boyaux de l’animal. (Crédits Yang Et Al)

    Australie, wombat, nature

    En revanche, les excréments sont encore liquides en amont. Ils ont examiné les intestins, et constaté qu’ils contiennent deux rainures où les viscères sont plus flexibles. Les parties les plus rigides sont « comme un élastique rigide, elles vont se contracter plus rapidement que les régions molles », souligne David Hu, chercheur en biomécanique au Georgia Institute of Technology et auteur de l’étude.

    crotte, cubique, australie

    Une crotte en forme de cube est déposée par le mammifère sur le sommet d’un rocher. Il borne les limites de son territoire.

    Les zones intestinales plus souples se contractent lentement et moulent les derniers coins du cube, explique l’équipe. Chez d’autres mammifères, le péristaltisme ondulatoire des muscles gastro-intestinaux est constant dans toutes les directions.

    Mais chez le wombat, le tissu rainuré et les contractions irrégulières sur de nombreux cycles forment des cubes fermes aux côtés plats. Cette étude, pour le moins originale, peut prêter à rire. (Crédits : Yang Et Al)

    Mais pour Scott Carver, cette façon de fabriquer des cubes à partir d’un tube souple pourrait être appliquée à d’autres domaines, comme le secteur de la santé ou de l’industrie. Une question se pose : « quelles sont les véritables inventions de l’Homme ? »

  • Ransomware : un chaud mois d’avril

    Ransomware : un chaud mois d’avril

    Les infections par code malveillant ne se sont pas arrêtées durant le mois d’avril 2021, bien que le mois de mars soit déjà bien rempli. Ce sont donc vingt-et-une attaques perpétrées contre des entreprises privées et publiques en France. Souvent, les tracas sont comme une rangée de dominos, des dommages collatéraux arrivent avec des coûts pour la remise en fonction. Elles sont catastrophiques pour des petites et moyennes entreprises, mais restent un problème majeur pour tout un chacun.

    « Pierre Fabre » avait subi dans la nuit du 30 au 31 mars 2021 une infection par code malveillant de type ransomware. Les opérateurs derrière le RaaS (Ransomware as a Service) « Revil » demandaient une rançon de 50 millions de dollars. L’entreprise amorce un retour progressif à la « normale » un mois après l’infection. Puis, ce fut l’hôpital de Saint-Gaudens, où les soignants s’accommodaient d’une seconde infection, entre LE SARS-CoV-2 et le ransomware. L’armateur Bourbon, leader dans les services de l’offshore pétrolier, infecté dans la nuit du 8 au 9 avril 2021.

    Ce vendredi 9 avril 2021, le maire de Douai (59), Frédéric Chéreau s’exprimait en vidéo : « Une attaque informatique que nous avons subie la nuit dernière, la ville de Douai est l’objet , en ce moment même, d’une attaque par un rançongiciel […] ». Une commune en chasse une autre. À l’inverse du film Ch’tis, direction le Vaucluse. La ville de L’Isle-sur-Sorgue se voyait réclamer une somme rondelette : « […] des hackers professionnels sans doute issus du Liechtenstein réclament une rançon de 500 000 euros à la Ville en échange d’une clé de décryptage », confirmait Pierre Gonzalvès, le maire. Puis Morières-lès-Avignon, autre commune du département, subit à son tour une infection informatique.

    70 attaques mondiales en dix jours

    Un début d’avril particulièrement douloureux en France, sur le front des infections suite aux cyberattaques. Elles sont sept en France, mais soixante-dix dans le monde entier, 229 au mois de mars. L’entreprise infectée In Extenso revendique 100 000 clients en TPE (Très petite entreprise) et PME (Petites et moyennes entreprises).

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    Cocasserie du moment, cette attaque survient alors que la délégation aux entreprises du Sénat organisait le 15 avril 2021 à 9 h une table ronde sur la cybersécurité des ETI-PME-TPE, avec Guillaume Poupard (ANSSI) et Jérôme Notin (GIP Acyma), entre autres.

    Conti News est l’un des ransomwares les plus présents quant aux attaques cybernétiques de type ransomware. Le Canadien Capmatic est, avec les trois dernières victimes présentes sur le site de fuite du ransomware sur le darkweb. Les cybercriminels pratiquent la double extorsion, avec sur l’image ci-contre, l’une des dernières revendications des opérateurs.

    (Crédits : capture d’écran/Conti News)

    La fondation Hopale prenait une piqûre de rappel avec l’attaque infectieuse du centre de vaccination de Berk-sur-Mer, dans le Nord-Pas-de-Calais. Les principales menaces venaient des ransomwares Ryuk, Conti et Darkside. Trescal informait par communiqué être la cible d’une attaque sur quelques serveurs européens et asiatiques.

    • 15 avril : Gecos
    • 16 avril : Fondation Santé des étudiants de France
    • 18 avril : Oré Peinture
    • 19 avril : Protectim, prestataire de services sécurité privés, Marietton développement, API
    • 20 avril : l’escape game castrais, Challenge Room
    • 21 avril : Unilasalle, le centre François-Baclesse
    • 23 avril : Apperton, Dirickx, Interfel
    • 25 avril : CNE, la maison de champagne Laurent Perrier, le groupe Hopps, Bourg Saint-Maurice-Les Arcs, Invicta Group
    • 27 avril : Voies navigables de France
    • 28 avril : Reorev

    Les fuites de données de santé, des réseaux sociaux (20 millions de comptes en France), permettent de croiser les données, et, ainsi, de pouvoir accéder à des informations sur des habitudes, préférences… permettant la future infection des systèmes d’information. Douze établissements de la Fondation santé des étudiants de France, dont la clinique iséroise de la Tronche, étaient en pause le 17 avril 2021.

    Chiffrement et extorsion

    « Les hackers ont bloqué le serveur et réclament une rançon », indique Nice-Matin. Les opérations criminelles cherchent à gagner de l’argent, tout simplement, sans états d’âme. Le spécialiste du génie mécanique frappé par le groupe « LV » le 28 avril 2021. Il est partenaire des groupes stratégiques français, tels Thales, Safran, SKF, Eiffage, Schneider Electric, Groupe Atlantic (infecté en 2020) ou encore Michelin, sur les 43 affichés par le groupe sur son site. L’un des derniers à s’afficher au palmarès des opérateurs est la firme japonaise « Kajima Corp ». Les attaques ne sont pas dues au hasard, il existe une démarche première financière, mais pas seulement.

    Car l’entreprise est spécialisée dans la conception, l’ingénierie, la construction et le développement immobilier, et depuis la seconde moitié des années 90, dans l’environnement. Notamment pour le traitement des déchets, le traitement de l’eau, la réhabilitation des sols et le conseil en environnement.

    Nous sommes actuellement sur le web dit sémantique, nommé 3.0, avec en point de mire l’internet 4.0, dont le standard n’est pas encore établi. Il y aura un changement radical, bénéfique pour certains, car grâce à la surveillance de masse votée et en cours d’application en France, avec la loi de sécurité globale, différentes lois « antiterroristes », couplées à l’internet des objets, vous vous trouverez comme les personnages du film « Wall-E ». (Crédits : Obayashi)

    Japon, construction, ransom

    Il est déjà en train de grignoter du terrain, millimètre après millimètre… Est-ce le retour de la trilogie Matrix ou celle de Terminator ? Faudra-t-il beaucoup de temps avant d’y être immergé ? « Les technologies qui le rendront possible sont déjà en développement et commencent à voir le jour. Les assistants virtuels, tels que Siri, Cortana ou Google Now, obtiennent, jour après jour, une meilleure compréhension du langage naturel grâce aux systèmes d’apprentissage automatique. Dans le même temps, Big Data est traité de plus en plus efficacement, reliant toutes les informations obtenues à travers de multiples sources », écrivait en septembre 2020 le journaliste Dimas Pardo.

  • Prenez garde aux Saints de glace

    Prenez garde aux Saints de glace

    Souvent, cette expression est prononcée par les aïeux, inconnue de la génération Z. La connaître peut éviter aux plantations de souffrir, ou de limiter la souffrance. Trois sont connus de tous, Saint-Mamert, Saint-Pancrace et Saint-Servais, le plus redouté, car le tout dernier. Les jardiniers, les agriculteurs et tous les travailleurs de la terre les redoutent. Mais d’où viennent-ils ? Est-ce réel ? Quelle peut être l’origine de ces Saints de glace qui chaque année sont un marronnier journalistique ? Partons à la découverte des fameux cavaliers.

    Les cinq cavaliers du froid que sont Saint-Georges (23 avril), Saint-Marc (25 avril), Saint-Eutrope (30 avril), Saint-Croix (3 mai) et le Saint qui ferme la porte du froid, quoique, Saint-Jean Porte Latine (6 mai). Ce quintuor précède les fameux Saints de glace, ils sont Saint-Mamert (11 mai), Saint-Pancrace (12 mai) et Saint-Servais (13 mai). La période correspond au mois Floréal du calendrier révolutionnaire français.

    À quel Saint se vouer ?

    Ils font parler d’eux, car c’est à cette période que jardiniers amateurs et confirmés sèment les graines de plantes gélives. Elles sont celles qui s’épanouissent durant la saison chaude, mais craignent le froid. Ainsi ce sont des légumes-fruits tels les agrumes, les tomates, les poivrons, les piments, les aubergines… mais aussi les cucurbitacées (concombres, melons, cornichons, courges, courgettes, pastèques, potimarrons…).

    Chaque semi doit être protégé du froid, surtout les gélives. La période de gel du mois d’avril 2021 produit des dégâts considérables auprès des maraîchers.

    La ville de Beauvais (60) enregistre son treizième jour de gel du mois le 27 avril 2021, un record.

    L’image des saints de glace est associée aux dictons. Ils se suffisent à eux-mêmes pour comprendre l’importance de ces jours pour les récoltes futures : quand il pleut le jour de Saint-Georges, sur cent cerises, on en a quatorze.

    (Crédits : Dirk (Beeki®) Schumacher/Pixabay)

    Mais c’est également : entre Georges et Marquet, un jour de l’hiver se met ; qui n’a pas semé à la Sainte-Croix au lieu d’un grain en mettra trois ; s’il fait beau à la petite Saint-Jean, année fructueuse en froment ; attention, le premier des saints de glace, souvent tu en gardes la trace ; les trois saints au sang de navet, Pancrace, Mamert et Servais, sont bien nommés les saints de glace, Mamert, Servais et Pancrace ; avant Saint-Servais, point d’été, après Saint-Servais, plus de gelée.

    Une coutume du Vᵉ siècle

    Ils sont issus des us et coutumes aux alentours des 500 ans après Jésus-Christ. Le 11 mai, à la sainte Mamert, soit 37 jours après Pâques, introduisait les trois jours des Rogations. Elles consistent à l’origine en des rituels apotropaïques et propitiatoires que sont des chants religieux, prières d’intercession, ou encore processions pour favoriser la prospérité des moissons, des cultures et plantations. Des processions, la mémoire est restée intacte, d’autant que la Lune rose et rousse, est présente.

    En effet, si le phénomène de Lune rousse est évoqué, c’est surtout que si le ciel est dégagé, la lune va roussir, indirectement, les jeunes pousses. Le phénomène de gelée associé à la rosée du matin donne aux végétaux un aspect brûlé, de couleur rousse. Cette année, elle prend effet du 12 avril 2021 au 11 mai 2021. Elle se calcule en prenant la lunaison suivant le jour de Pâques, soit du 16 avril 2022 au 16 mai 2022.

    La Lune a une influence sur le jardin, comme sur les marées, un satellite d’une aide précieuse lorsqu’on y prête attention. Concernant la période des saints de glace, des scientifiques, plus terre à terre, auraient observé que les poussières stellaires seraient plus abondantes durant ce laps de temps… (Crédits : Romuald Pena)

    Cette explication est infirmée par le fait que les astronomes ne détectent aucun nuage de poussière de ce type sur la trajectoire de la Terre, même avec des instruments très sensibles comme les miroirs de télescopes spatiaux et les instruments de la Station spatiale internationale où le Français, Thomas Pesquet survole la Terre. Quoi qu’il en soit, dans le cas où vous avez effectué des plantations et que vous souhaitez les protéger du froid, vous pouvez placer un voile d’hivernage, mettre un paillis ou encore retourner un pot en terre, comme une bouteille en plastique coupée sur les jeunes pousses.

  • Ma voiture électrique est-elle écologique ?

    Ma voiture électrique est-elle écologique ?

    De prime abord, cela semble logique. La transition énergétique pour la croissance verte votée le 17 août 2015 a l’air d’adopter la « bonne » direction, car il est prévu l’installation de sept millions de bornes de recharge pour véhicules électriques, mais pas seulement. Le renouvellement des flottes de l’État et de ses établissements publics avec au moins 50 % de véhicules propres est acté. De quelle manière est produite l’électricité ? Les voitures sont-elles réellement propres ?

    À l’heure de la prise en compte que la planète Terre est unique, et que nous vivons dessus. Les questions sur la pollution engendrent des discussions dans chaque foyer. La distance entre le domicile et le lieu de travail s’allonge, ce qui nécessite un moyen de locomotion. La voiture thermique est-elle polluante ? La réponse est oui, mais est-ce que la voiture électrique est écologique ?

    Écologique, ma voiture électrique ?

    Premièrement, la voiture électrique n’est pas née d’hier. Les premiers modèles du genre apparaissent au XIXᵉ siècle. Grâce à l’amélioration des batteries effectuée par deux ingénieurs français, Gaston Planté en 1859, puis Camille Faure en 1881, l’essor de ces véhicules arrive. Ainsi l’Exposition internationale d’électricité à Paris, du 15 août au 15 novembre 1881. La première automobile à se placer au départ d’une course le fera en 1895, pour la célèbre Paris-Bordeaux. Elle devra abandonner sur le retour à Orléans, l’autonomie était d’environ 50 km à la vitesse moyenne de 24 à 30 km/h.

    Voiture, jamais, contente

    Pièce phare du musée du château de Compiègne (60), la « Jamais Contente », est une voiture électrique conçue et conduite par le Belge Camille Jénatzy. Elle fut la première automobile à franchir le cap des 100 kilomètres par heure, le 29 avril 1899, sur la plaine d’Achères (78). Le pilote et son épouse aux Tuileries.

    Il était nécessaire de disposer de batteries de rechange tout le long du parcours. La vitesse n’est pas encore la préoccupation principale. Ce n’est que huit années plus tard que la « Jamais Contente » passe la barre des 100 km/h.

    Pour cause, elle possédait deux moteurs à propulsion électrique ainsi qu’une nouveauté révolutionnaire, des pneus en caoutchouc… Mais le bouleversement électrique attend patiemment durant de très nombreuses années, au fond d’un garage, rangé dans une boite en carton. (Crédits : DR)

    À croire que les hommes ont toujours préféré, et de loin, la vitesse à la durée, un concept qui amène à réflexion pour comprendre bien des choses de la société, bref… Pour autant, il ne faut pas confondre vitesse et précipitation, ici ou ailleurs.

    La fée Électricité habite depuis notre quotidien. Nous avons tous en tête l’image de Benjamin Franklin sous l’orage, à ne pas confondre avec la tortue nommée Franklin, ou Benjamin au Québec… Revenons au citoyen des États-Unis et à son cerf-volant. En juin 1752, ce dernier eût attaché une clé métallique au bas de la corde de l’ensemble, puis l’aurait fait voler au sein d’un orage.

    Démontrant par l’expérience que la foudre était de nature électrique. Ce n’est que plus d’un siècle après que la première centrale de production naissait. En 1868, Zénobe Gramme améliorait la dynamo, une décennie passait, pour que William George Armstrong alimente ses bâtiments de ferme et son habitation d’une centrale hydroélectrique de 7 kW, en courant continu. (Crédits : Colin Behrens/Pixabay)

    Ampoule;image, prise

    Ce n’est qu’en 1890 que le courant alternatif apparaît. La révolution industrielle est en marche. L’invention de l’électricité fut lumineuse. Elle est devenue indispensable, voire vitale pour de nombreux pays et populations.

    Comment est-elle produite ?

    Le site de Réseau de transport d’électricité (RTE) affiche la couleur quant à la production, de manière journalière. Les diverses ressources sont le solaire, le fioul, le charbon, les bioénergies, l’hydraulique, le gaz, l’éolien et le nucléaire. Les données sont simples et claires, la production est comme ce qui suit :

    Type d’énergieProduction en MégawattPourcentage
    Nucléaire335 40067,1 %
    Hydraulique65 10013 %
    Éolien39 7007, 9 %
    Gaz34 5006, 88 %
    Solaire12 6002, 5 %
    Bioénergies9 6001, 9 %
    Charbon et Fioul3 1000, 6 %
    La production française d’électricité en 2020 par filière sur l’ensemble du territoire tire son bilan. (Sources : RTE)


    Comment comparer les différentes énergies, l’éolien peut-il compenser à sa mesure ? Car pour produire 5,7 TWh en 2017, soit l’équivalent des deux réacteurs de la centrale nucléaire de Fessenheim (fermée le 29 juin 2020), 262 éoliennes en mer ou 900 terrestres sont nécessaires. Actuellement 10 518 mâts (au 1er janvier 2025) sont déployés, qui devrait atteindre pratiquement 13 000 en 2028, comme l’explique Le Figaro. Mais leurs installations échauffent les tensions, comme dans les Hauts-de-France, où Xavier Bertrand, président du conseil régional, et candidat déclaré à l’élection présidentielle de 2022, propose que tout projet d’implantation soit soumis à un référendum local.

    EDF, énergies, renouvelable

    Rappelons qu’au préalable, des enquêtes publiques sont réalisées, et que la loi a été modifiée comme l’indique le rapport sur l’« Économie circulaire dans la filière éolienne terrestre en France », en page 14. Par exemple du 15 avril au 18 mai 2021, pour les communes de Fontaine-le-Sec et Forceville-en-Vimieu, toutes deux dans la Somme, ladite enquête est disponible sur le site de la préfecture de la Somme. « Les éoliennes défigurent le paysage, pourrissent la vie des riverains et coûtent un fric fou », explique-t-il. Qu’elles soient sur terre ou en mer, la facture a atteint 1,93 milliard d’euros.

    Le mix d’énergies, que revendique EDF, utilisé pour produire l’électricité en France, est nucléaire pour trois quarts, les énergies renouvelables représentent moins d’un sixième du total, avec 13,6 %, dont 9,8 % dus à l’hydraulique. (Crédits : EDF)

    Le coût d’un parc éolien terrestre, vendu clé en main, oscille entre 1,4 à 1,6 million pour une production d’un mégawatt. Il faut ajouter le prix de l’entretien, du recyclage… souligne le rapport Nᵒ 2019/Nᵒ 01/CGE/SG du ministère de la Transition écologique et solidaire. « La nouvelle programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) prévoit d’atteindre pour l’éolien terrestre 24,6 GW en 2023 et entre 34,1 et 35,6 GW en 2028. […] rendre obligatoire d’ici 2023 le recyclage des matériaux constitutifs des éoliennes lors de leur démantèlement […] favoriser la réutilisation des sites éoliens en fin de vie pour y réimplanter des machines plus performantes ». Donc, la consommation de la voiture électrique est « écologique » à 23,4 %, par des énergies renouvelables dans la production 2020. De plus, la production électrique a reculé de 7 % en 2020, son niveau le plus bas depuis 2009. La production nucléaire est en baisse de 11,6 % en raison de la crise sanitaire et des mesures de confinement qui ont perturbé le calendrier de maintenance des réacteurs.

    Qu’en est-il de ses composants ?

    Les véhicules, qu’ils soient à moteur thermique ou électrique, émettent de la pollution. Pollution qui existe pendant l’extraction des matières premières, lors de la construction, de l’utilisation et du recyclage, donc nous polluons chaque jour. Néanmoins, la société nous sollicite à travers différentes obligations (travail, alimentations, scolarité…). La voiture électrique se caractérise par une recharge, le passage de l’électricité alternative en continu (transformateur), la batterie… de nombreuses ressources nécessaires sont extraites des réserves de terres rares.

    Bloc, tableau, stat

    Selon les écrits de Didier Julienne, les terres rares ne le sont pas ! En effet, sans être de l’infox, « métaux rares » est un abus de langage. Leur découverte date de la fin du XVIIIᵉ et du début du XIXᵉ siècle. La langue française régissait les échanges internationaux à l’époque. L’emploi du terme « terre » désigne les minéraux, d’où la confusion. Les minéraux se définissent par : « Tout corps non organisé, qui se trouve dans l’intérieur de la terre ou à sa surface, tels que métaux, pierres, substances combustibles ».

    Réserves en milliers de tonnes d’oxydes de terres rares dans le monde en 2019. (Crédits : Statista)

    Ainsi les terres rares regroupent dix-sept métaux : le scandium, l’yttrium, et les quinze lanthanides (Lanthane, Cérium, Praséodyme, Néodyme, Prométhium, Samarium, Europium, Gadolinium, Terbium, Dysprosium, Holmium, Erbium, Thulium, Ytterbium, et Lutécium).

    La consommation de minerai ou de terres rares diffère : Une éolienne demande 17 kg de terres rares (10 518 éoliennes) ; Une voiture électrique consomme entre 5 et 9 kilogrammes de cobalt ; Un ordinateur dispose de 30 g de cobalt ; Un smartphone de 5 à 10 g de cobalt.


    Abondant au sein de la croûte terrestre, leur exploitation n’est pas, au moment de leur découverte, chose facile. Leur consommation croît depuis 1970, ainsi l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME) affirme que les besoins mondiaux se chiffrent à 130 000 tonnes par année.

    Ci-contre des fragments purs (99,9 %) de cobalt, raffinés par électrolyse, à côté d’un cube d’1 cm3 de cobalt de pureté (99,8 % = 2N8), pour comparaison. (Crédits : Alchemist-hp/Pixabay)

    Terre rare, cobalt, minerai


    Concernant le rapport de production d’électricité en les éoliennes et une centrale nucléaire, connaissez-vous le rapport ?. « Si l’on veut tout de même répondre à la question de façon stricto sensu, posons les bases. Prenons une production d’énergie annuelle moyenne de 1800 MWh pour le nucléaire (correspondant à l’ancienne centrale nucléaire de Fessenheim), et de 3 MWh par éolienne pour l’éolien. En prenant en compte le facteur de capacité de chacune de ces énergies, respectivement de 70 et 21 %, il faut un peu plus de 4 000 éoliennes terrestres pour remplacer une centrale nucléaire de la taille de Fessenheim », explique le site Transition écologique.

    D2sert, Chili, volcans

    Le lithium ne fait pas partie des terres rares, pourtant présent dans la croûte terrestre. Selon l’ONU, en 2018, seul un pour cent de terres rares est recyclé.

    L’Ademe dans son rapport affiche des données pour l’extraction de minerai. Ainsi il est nécessaire de puiser respectivement, pour un kilo de vanadium, de cérium et de gallium, 8,5 tonnes, 16 tonnes et 50 tonnes de roches. Ensuite la purification d’une tonne de roches demande 200 m³.

    L’extraction du lithium contribue à la dégradation de l’environnement, à la dégradation des paysages et à la contamination des sols selon la CNUCED, comme le salar d’Atacama qui est le dépôt salin le plus grand du Chili. (Crédits : Francesco Mocellin/Wikipedia)


    La demande accrue de matières premières pour les batteries des voitures électriques semble inéluctable. Car elles ont augmenté de 65 % en 2018 par rapport à l’année précédente, pour atteindre 5,1 millions de véhicules. « Cette hausse devrait même atteindre 23 millions en 2030, selon l’Agence internationale de l’énergie », relève la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED).

    Quid des batteries ?

    Selon les chiffres, la voiture de marque Renault dite « Zoé » est le véhicule à moteur électrique le plus vendu en Europe (99 432 en 2020, devant la « Tesla Model 3 » 85 979). La batterie la plus utilisée est composée de lithium-ion, donc du lithium, mais aussi de cobalt, nickel, manganèse. Il est le 33ᵉ élément le plus abondant sur terre, et peut être extrait par lixiviation de roches magmatiques dites pegmatites (l’Australie-Occidentale est 1ᵉʳ producteur mondial), dans une moindre mesure de granite, mais également d’argiles (Nevada, États-Unis — Sonora, Mexique).

    Vitesse (km/h)Température (°C)ChauffageClimatisationAutonomie (km)
    13035nonoui206
    130-15ouinon149
    8035nonoui266
    80-15ouinon165
    5035nonoui301
    50-15ouinon173
    3035nonoui319
    30-15ouinon177

    La meilleure autonomie, selon le simulateur, est de 409 km pour une vitesse de 30 km/h à une température de 20 °C en mode économique. La recharge à 80 % pour une autonomie de 317 km est de 29 h 34 sur une prise domestique, et 1 h 5 en charge rapide. (Sources : Renault)


    En outre, à partir de réservoirs de saumures naturellement riches en sels de lithium, sodium et potassium localisés sous le lit de lacs salés, notamment au Chili, en Amérique du Sud. L’extraction du lithium utilise près de 65 % de l’eau de la région de Salar de Atamaca, l’une des zones désertiques les plus sèches du monde, pour pomper les saumures des puits forés. « Cela a provoqué l’épuisement et la pollution des eaux souterraines, obligeant les agriculteurs locaux de quinoa et les éleveurs de lamas à migrer et à abandonner les établissements ancestraux. » Jusqu’à présent, aucune solution viable économiquement n’a été jusqu’ici proposée pour extraire le lithium de l’eau de mer. Une batterie est à remplacer dès que ses capacités deviennent inférieures à 70 %, indiquent les constructeurs automobiles, ce qui arrive en général au bout de 8 à 10 ans d’utilisation normale, en fonction de la vitesse, de la température extérieure, de l’utilisation de climatisation ou chauffage. La garantie d’une batterie est, pour la majorité des offres, de 8 ans, comme sa baisse de recharge. Chez Renault, un simulateur est disponible en ligne pour la « Zoé »,

    La pollution dite « grise »

    Qu’est-ce que la pollution ? C’est l’action de souiller par des ordures. Autrement dit, le fait de laisser ici et là des déchets qui ne sont pas assimilables par la nature. La science de la molysmologie est celle qui étudie les pollutions. Futura-Sciences la définit par la science de la pollution et des problèmes posés par les différents types (comme la pollution lumineuse) et le comportement de leurs polluants (origines, voies de transfert, transformations, effets…).

    La pollution grise, ou énergie grise est plus pernicieuse. Elle est la quantité d’énergie consommée lors du cycle de vie d’un matériau ou encore d’un produit. Son cheminement suit des étapes : la production, l’extraction et le transport des matières premières, la transformation, la fabrication, le transport, la mise en œuvre, l’entretien, sa commercialisation et enfin le recyclage.

    « L’extraction nécessite beaucoup d’énergie, dans des pays où l’électricité est le plus souvent produite à partir d’énergies fossiles. Sur place, ces activités peuvent également provoquer des pollutions des sols ou des cours d’eau. Pour ne rien arranger, ces métaux pourraient venir à manquer dans les années à venir, surtout le cobalt », commente EDF. (Crédits : Jean-Brice Lemal [Planimonteur], Pagecran)

    Zpé, batterie, électrique

    La voiture électrique n’est donc ni la promesse d’une mobilité immaculée, ni le mirage d’une révolution sans contrepartie. Rappelez-vous que toute énergie utilisée produit des déchets, avant, pendant et après, il faut choisir entre bénéfice et risque. Elle déplace les pollutions plus qu’elle ne les efface : moins de gaz d’échappement dans nos villes, mais davantage de pressions sur les sols, les mines et l’eau dans d’autres régions du monde. Son impact dépend du mix électrique qui l’alimente, des conditions d’extraction des métaux rares et de la capacité à recycler ses batteries. Au fond, la question principale n’est peut-être pas de savoir si la voiture électrique est « écologique », mais si notre rapport collectif à la mobilité peut le devenir. Car le véritable enjeu n’est pas seulement la nature du moteur, mais la place que nous choisissons de donner à la voiture dans un monde contraint par ses ressources finies.

  • Êtes-vous heureux ? C’est quoi le bonheur ?

    Êtes-vous heureux ? C’est quoi le bonheur ?

    C’est une excellente question ? Comment savons-nous que nous sommes heureux ? Quel est ce ressentiment qui nous transporte à sourire, rire, vivre sans penser au lendemain ? La perception varie en fonction de l’âge, du pays, du sexe… . Le Larousse définit le fait d’être heureux par « Qui jouit du bonheur ». Ce terme est souvent associé à la bonne fortune, à la chance, une occasion… Et pourtant, il suffit d’une simple attention envers une personne qui ne possède rien, pour lui apporter de la joie. Que savons-nous du bonheur ?

    Le mot bonheur se décompose en « bon » et « heur ». Le premier est le contraire de mauvais, et le second vient du latin Augurium, se référant au « présage tiré de l’observation des oiseaux ». Le tout premier sens fut chance. Il prit ensuite le sens d’une personne dont l’état d’esprit est comblé. Donc l’heur désigne ainsi un présage (augure, prédiction, prophétie), quel qu’il soit. D’où l’expression de « bon augure ». Mais alors, comment combler quelqu’un à part en satisfaisant tous ses désirs ? Sera-t-il heureux lorsqu’il aura tout ?

    Le bonheur est si simple

    Depuis le 1er avril 2012, il existe un classement mondial du bonheur par pays, le World Happiness Report. En 2020, le classement « par indices de bonheur » les plus élevés du monde donne sont la Finlande, le Danemark, la Suisse, l’Islande, et la Norvège. En 2024, La Finlande est toujours première, la France est 33e. Les pays ayant les plus faibles indices relatifs au bien-être sont l’Afghanistan, le Soudan du Sud, le Zimbabwe, le Rwanda, la Syrie, la Centrafrique, et la Tanzanie en 2020.

    Paris, Halliday, champs

    « L’argent ne fait pas le bonheur, mais il y contribue », souligne un proverbe français. Il est ainsi aisément possible d’aligner ici et là plus de deux mille citations évoquant le bonheur, mais quelle est votre définition ? J’ai recherché à la manière journalistique cette réponse, et de manière intuitive. La première définition donnée, « pouvoir m’acheter ce que je veux, voyager, faire la fête, oui, faire la fête… » Ce qui est cocasse à la vue du reportage sur ARTE Regards dont le sujet est « Millionnaires du bitcoin », Didi Taihuttu explique qu’un jour son père le contacte pour l’informer d’une chose importante : « J’ai un cancer, il me reste un an à vivre ».

    « Être heureux avec ma famille et profiter de la vie […] Je ne retournerais jamais à mon ancien mode de vie », explique Didi Taihuttu. (Crédits : Romuald Pena)

    L’homme riche d’une femme et trois filles, comme disait Grand Corps Malade à pris une décision primordiale à ses yeux. « Est-ce que je dois travailler comme un fou pendant dix ans, puis tomber malade et mourir, à 48 ans comme ma mère ou à 61 ans comme mon père ? »


    Deux mois après il vend ses deux sociétés, ses voitures et part en voyage avec sa famille. Malgré leur fortune, ils souhaitent retourner à une vie simple. « Être riche » en est une autre, mais qu’est-ce que la richesse ? Fabien Marsaud, dit « Grand Corps Malade » donne sa définition de la richesse : « À partir d’une femme et d’un enfant » dans l’émission clique TV présentée par Mouloud Achour.

    Comme ceux qui dans la commune de Chaumont-en-Vexin (60) ont assisté au Royal Jump de Bertichères, et croiser Élodie Fontan, Philippe Lacheau, Noémie Lenoir, ou d’assister au concert de Patrick Bruel… Être heureux de partager un moment malheureux, la phrase peut paraître nauséabonde, et pourtant.

    (Crédits : Romuald Pena)

    Groupe, sourire, fête

    Lors des funérailles de Johnny Hallyday en décembre 2017, environ un million de personnes s’étaient donné rendez-vous sur l’avenue des Champs-Élysées, autour de l’Arc de Triomphe, ou près de l’église la Madeleine pour communier de leur tristesse, mais en étant heureuses de vivre ce moment. Peu importe, ils sont en création de souvenirs, de bons moments, d’euphorie, ne les jugez pas, ne soyez pas envieux, souriez pour eux, ils sont heureux des plaisirs simples.

    Homme, radio, exposition

    Ensuite, « Aller au restaurant, boire un verre en terrasse, sortir en club, s’enjailler quoi ». Oui, le faites-vous pour être à la vue de tous, abhorrant une bouteille d’alcool, avec des bougies d’ambiance, ou fontaine d’artifice, afin de montrer « oui, je suis là ». C’est compréhensible lorsque la population estudiantine s’amuse, pour autant, sont-ils plus heureux ?

    Où dorénavant, nombreux, et nombreuses sont en concert, en festival et bras tendu filme avec leur smartphone. « Donc je mets comme d’habitude, de la French Touch, j’ai essayé un peu de commercial, de la tech, un peu de deep », raconte Bob Sinclar. « Mais les gens sont anesthésiés. Ils sont avec leur téléphone, je ne sais pas ce qu’ils attendent. Même sur World Hold On, même sur Love Generation et sur tous mes hits, ils sont amorphes, complètement morts », poursuit-il.

    Sont-ils heureux de vivre un moment unique de leur vie, ou heureux de montrer à de nombreux inconnus qu’ils y étaient ?

    D’autres vous diront le plaisir de partager leurs passions. C’est ainsi que Jean-Claude Beïret Montagné affichait son sourire à l’exposition des TSF (Télégraphie sans fil) dans la commune de Thiron-Gardais (28).

    Cet ancien ingénieur radio électricien, devenu électronicien est incollable sur le sujet. Il était heureux d’expliquer aux curieux le fonctionnement des radios que nous écoutons désormais sur nos smartphones.

    Mais un mal sombre tourne tout autour des personnes envieuses de la joie des autres : la jalousie. Elle se définit par : « Mauvais sentiment qu’on éprouve quand on n’obtient pas ou ne possède pas les avantages obtenus ou possédés par un autre. » (Crédits : Romuald Pena)

    Pourquoi afficher sa jalousie pour un bien, pourquoi être jaloux de ce que détient votre voisin, serez-vous plus heureux que maintenant en le possédant ? Le désir de jouir d’un avantage pareil à celui d’autrui n’est pas de la jalousie, mais de l’envie. Pourquoi vous contenter médiocrement de cela, visez plus haut, car « Autant viser la lune, car même en cas d’échec on finit dans les étoiles », disait Oscar Wilde. Alors, soyez heureux de sa réussite, enviez-la, c’est à votre tour !

    Se promener au sein du jardin du Collège Royal et Militaire de Stéphane Bern, en contemplant le travail de Louis Benech. « Dans ce métier, ce qui est merveilleux, c’est que l’on n’est jamais sûr de ce que l’on fait, de comment les choses vont évoluer. Il y a plein de paramètres que l’on ne maîtrise pas, des sous-sols qu’on connaît mal, les éléments climatologiques… Tout cela est passionnant ! », répondait le jardinier d’exception à l’Écho Républicain.

    Certains vous diront qu’ils ont eu la chance d’accéder aux lieux où s’exerce le pouvoir comme le Sénat. Déambuler au sein de la chambre haute, suivre un pensionnaire du Palais du Luxembourg toute une journée. Approcher les ministres en poste, avoir l’exclusivité d’être dans l’hémicycle en leurs présences.

    Se rendre compte que dans cet espace prennent place, les deux personnages les plus importants de l’État français, le Premier ministre Édouard Philippe et Gérard Larcher.

    Ou encore d’accéder au tarmac d’un circuit automobile, entouré de voitures d’exceptions, de Porsche, de Ferrari, Lamborghini, et, voir un papy de 76 ans vivre son rêve de gosse en participant au Championnat de France de formule 3000, au volant de sa monoplace.

    Le bonheur passe souvent par de simples espiègleries, comme le Prince Philip Mountbatten, duc d’Édimbourg et Prince consort du Royaume-Uni qui porte le costume d’un garde gallois, sous l’œil amusé de la Reine Élisabeth II.

    (Crédits : Reuters)

    Reine, royaume-uni, rire


    Le bonheur, ou le sentiment d’être heureux semble être fugace, mais réel. Il se retrouve lorsqu’un petit-fils offre un citron du jardin à sa grand-mère. Lorsqu’on se promène en forêt, lors du partage d’un gâteau entre deux enfants, qui ne se jugent pas, car ils sont des enfants. L’adulte est un enfant qui s’ignore.

    Danse, duo, bonheur

    Le simple fait de proposer son aide à deux personnes âgées pour les aider à descendre de gros cartons de leur voiture, aider quelqu’un à traverser une voie de circulation.

    Le simple fait de prêter attention à l’autre, saluer par un bonjour n’importe qui que vous croisez, ramasser des choses tomber au sol pour autrui, sourire à une personne pour le simple fait de lui sourire, être présent, sans rien dire, lors de moment douloureux pour autrui, regarder le soleil se lever ou se coucher sur l’océan, ou ailleurs…

    Un simple pas de deux peut suffire à procurer du bonheur, il faut vivre l’instant présent, comme le couple de danseurs lors d’une fête à Méru (60). (Crédits : Romuald Pena)

    Nous sommes heureux de voir le nombre croissant de personnes nous suivant sur « nos réseaux sociaux », cela est nécessaire à notre époque, mais rappelez-vous que vous êtres des millions, voire des milliards devant votre écran d’ordinateur, de smartphone, de tablette… à regarder ce que fait l’autre, mais seul.

    Le côté positif de cette période est de pouvoir se recentrer sur l’humain. Alors, soyez heureux, le masque que vous portez ne vous empêche pas d’être heureux, de rire, de sourire, de savourer la vie, de vivre bien au contraire.

    Les végétaux que sont les fleurs connaissent également le bonheur, seule la définition change. Comme le bonheur est différent d’un individu à un autre, d’une ethnie à une autre… Car peu importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse.

    Avons-nous besoin réellement de quantifier le bonheur, comme toutes ses choses qui ne sont pas matérielles, pas vraiment ?

    (Crédits : Ina Lübeck Hertel/Pixabay)

    Alors, qu’est-ce que le bonheur ? Une richesse faite d’instants, pas de possessions. Une émotion partagée, pas un trophée exhibé. Il est là, discret, fugace, mais toujours sincère. Il naît d’un regard, d’un geste gratuit, d’un éclat de rire imprévu. Le bonheur ne se cherche pas : il se cueille, à la volée, dans les détails du quotidien. Et s’il fallait retenir une seule chose, ce serait peut-être celle-ci : le bonheur ne se possède pas, il se donne, il se partage, il se vit… simplement : « Souriez à la vie et soyez heureux ! »

  • L’Italie subit de multiples infections par ransomware

    L’Italie subit de multiples infections par ransomware

    Après l’ordre national des notaires, la municipalité de Brescia et celle de Rho, c’est au tour d’un groupe automobile d’Italie du nord d’être infecté par un code malveillant de type ransomware. L’attaque de l’ordre par RansomExx n’a fait que peu de bruit, en revanche, c’est la rançon demandée pour chaque commune lombarde qui fait couler beaucoup d’encre. Tout comme l’attaque cybernétique contre l’entreprise Axios, qui ressemble à celle subie par le CNED en France.

    Le nouveau rapport sur la cybersécurité en Italie confirme que le courrier électronique est l’un des vecteurs principaux de violation des systèmes d’information dans l’industrie et le domaine bancaires. Ainsi, les clients du géant automobile « Gino Grupo » basé à Cuneo, dans le Piémont, font les frais d’opérateurs malveillants.

    L’e-mail vecteur principal des cyberattaques


    C’est par un courriel que les milliers de clients du principal concessionnaire de la région de Granda, et l’un des plus importants d’Italie furent prévenus : « Chers clients, le 7 avril 2021, nous avons malheureusement découvert que nos systèmes avaient été attaqués par des pirates informatiques inconnus. Nous avons donc immédiatement fait appel à une entreprise spécialisée afin de tenter de résoudre le problème et de limiter au maximum les dégâts », précisaient-ils. La Stampa explique que le groupe visé « livre chaque année plus de 10 000 voitures » de marques prestigieuses (Mercedes Benz, BMW, Mini, Aston Martin), possède huit succursales et 340 employés au Piémont, en Ligurie et en Toscane, avec un chiffre d’affaires de 250 millions d’euros.

    « C’est le mercredi que l’attaque aurait eu lieu, la conséquence se ressentait avec la panne du site le lendemain jeudi 8 et vendredi 9 avril 2021. Des enquêtes sont en cours – poursuis la lettre aux clients —. L’attaque a provoqué, d’une part, le cryptage de données dans nos serveurs (nous essayons de réinstaller une copie qui n’a pas été compromise) et, d’autre part, une exportation de données ». La procédure est identique aux infections par code malveillant de type ransomware, une partie des données sont inaccessibles, car chiffrées.

    Caselle Torinese voit ses données exfiltrées suite à l’infection par un ransomware. (Crédits : Capture d’écran)


    L’autre partie est lisible comme preuve de l’infection, puis de l’exfiltration. En France, l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) propose un guide afin d’anticiper, et de connaître les démarches à effectuer dans : « Attaques par rançongiciels, tous concernés – comment les anticiper et réagir en cas d’incident ? » De son côté le groupe automobile continue de travailler dans le but d’atténuer les effets, et en restaurant les données, puis en les sécurisant. « Nous avons préparé la plainte qui sera déposée auprès de l’autorité judiciaire le lundi 12 avril et nous en informons l’Autorité de protection de la vie privée », conclut le groupe en conseillant à ses clients de signaler toute situation anormale et de changer leurs mots de passe.

    Une rançon de 26 bitcoins

    La commune de Brescia, chef-lieu de la Lombardie, située au nord de l’Italie est infectée par un code malveillant. Les opérateurs derrière le ransomware DopppelPaymer se sont attaqués aux terminaux de la municipalité. Il n’existe aucun doute possible sur la nature de l’intervention subie par la ville : « À des fins d’extorsion », martèle la municipalité aux journalistes du « Corriere della sera ».

    L’attaque se serait effectuée en deux temps, la première dans la nuit du 29 au 30 mars 2021, puis celle du 31 mars au 1er avril. Étrangement, elle se déroule au moment où les données de la ville de Brescia se dirigeaient vers un cloud. « Un projet qui devrait augmenter considérablement le seuil de sécurité […] ».

    Il fallu attendre quelques jours pour que les intentions soient dévoilées aux dirigeants de la commune italienne. Une demande de rançon, a été formulé, de 26 bitcoins, équivalents à plus de 1, 36 millions d’euros. « Bien entendu, la police a été immédiatement informée et tout paiement est exclu, |…] », explique le directeur général du Palazzo Loggia, Giandomenico Brambilla. (Crédits : capture d’écran)

    Italie, notaire, cyberattaque

    Le ransomware DopppelPaymer a extorqué, entre 2019 et 2021, plus de 600 victimes. C’est le 28 février 2023 qu’Europol coordonne une opération de Police. Deux descentes, une en Allemagne et l’autre en Ukraine permettent l’arrestation de deux suspects et la confiscation de matériel. Trois ressortissants russes étaient activement recherchés. Le groupe avait mené une attaque contre le National Health Service du Royaume-Uni en 2017, celle en 2021 contre la NRA.

    La commune de Rho se relève

    La ville lombarde de Rho est infectée par DoppelPaymer, comme Brescia auparavant. L’action se déroule dans la nuit du 1er avril 2021, entre 3 h 21 et 5 h 40 selon les autorités. Il Giorno relate, qu’après 13 jours, les dommages causés au réseau sont réparés ; mais le retour à la normale est encore loin.

    Rho, Italie, ville

    Il est fréquent qu’une période de trois mois soit nécessaire après de telles infections. Au sein de la municipalité, un travail de fourmi s’effectue. Le personnel, soutenu par des techniciens de sociétés externes, travaille à la réinitialisation de tous les terminaux, soit près de 300.

    En plus de la reconfiguration du système informatique, un nettoyage en profondeur est nécessaire. Un travail scrupuleux, mais fondamental pour repartir en toute sécurité.

    La municipalité s’en sort mieux que prévu selon son maire Pietro Romano, mais le retour à la normalité promet d’être long.

    (Crédits : DR)


    « Les modalités de l’attaque contre la ville de Rho sont très similaires à celles utilisées par les hackers de Brescia. Heureusement, nous n’avons perdu aucune donnée. […] Malheureusement, l’incident s’est produit malgré le fait que les systèmes antivirus et de sécurité de l’information sont actifs », souligne l’édile Pietro Romano. La rançon demandée était de 7,62 pour augmenter à 13,178 bitcoins, soit près de 700 000 euros au cours actuel.

    Axios, le CNED italien


    L’entreprise Axios fournit l’interface entre parents, professeurs et élèves pour environ 40 % des écoles italiennes, ce qui représente plus de 5, 5 millions d’étudiants. « Suite aux vérifications techniques approfondies effectuées depuis samedi matin parallèlement aux activités de restauration du service, nous avons reçu la confirmation que l’inefficacité créée est sans équivoque le résultat d’une attaque de ransomware sur notre infrastructure », affirmait le site Axios le 5 avril 2021.

    Le rêve de chaque enfant s’est réalisé en Italie. Imaginez-vous le premier jour des vacances scolaires ayant cette discussion avec vos parents : « As-tu des devoirs à faire pour les vacances de Pâques ? », demanderait votre maman.

    « Non ! », auriez-vous répondu. « Comment ça, non ? Je vais vérifier… » Et, là grande surprise, pas de bulletins de notes, ni de devoirs, de véritables vacances en perspective.

    « Tous nos techniciens travaillent à un rythme incroyable pour rétablir tous les services dans les plus brefs délais, mais cela n’exclut pas qu’il puisse y avoir de légers retards par rapport à ce qui est indiqué », souligne la direction. (Crédits : capture d’écran)

    Italie, ransom, cyber

    Suite à la cyberattaque de Rho, la police a commencé ses investigations. Les premières informations indiquent que l’attaque est partie de Moldavie et que les auteurs devraient être les mêmes que ceux qui ont attaqué la ville de Brescia et Axios. Le ransomware avait été utilisé contre plusieurs entreprises, dont le géant taïwanais Foxconn et le français Manutan. Les principaux suspects, Igor Garshin, Igor Olegovich Turashev et Irina Zemlianikina, sont arrêtés. Un autre suspect, Artem Stryzhak arrêté en 2024 en Espagne est extradé en avril 2025 vers les États-Unis.