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  • Réelle saturation des lits de réanimation ?

    Réelle saturation des lits de réanimation ?

    L’occupation des lits de réanimation est de 114,8 % selon les données que recueille le site CovidTracker auprès de Santé publique France et de l’INSEE pour la France. Ce qui inquiète, au vu de la situation, est le nombre de lits d’hospitalisation dans nos lieux de santé en France. La situation semble « critique » et « partout très préoccupante », selon les interventions du Premier ministre, Jean Castex, et du ministre de la Santé, Olivier Véran. Qu’est-ce qu’un lit de réanimation ? De combien de lits dispose la France ? Depuis quand ?

    Avant de parler de réanimation, quel est le nombre de lits au sein des établissements de santé en France ? Il est nécessaire de les différencier, nommer et dénombrer, afin d’effectuer un constat, un daguerréotype du soin en France. Car chaque parole, chaque chiffre, chaque démonstration est étroitement lié au point de référence adopté.

    Déserts médicaux et « Communication »

    Ainsi, entre 2003 et 2018, le nombre de lits d’hospitalisation à temps complet installés, tous établissements, toutes disciplines et tous secteurs confondus, est passé de 468 000 à 396 000 (service de santé des armées et établissements de Mayotte compris). « Ce mouvement général résulte de la volonté de supprimer des lits excédentaires et de réorganiser l’offre », explique la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES). Ce mouvement supprime volontairement et réorganise l’offre de soin.

    En quinze années, c’est 33 000 lits de médecine, chirurgie obstétrique et odontologie (MCO) supprimés. Le plus préoccupant, si vous avez été hospitalisé dernièrement, c’est la durée du séjour qui es drastiquement réduite. La capacité d’accueil en long séjour a perdu 49 000 lits sur 15 ans, pour atteindre 31 000 en 2018.

    Donc au total, ce sont 69 000 lits en moins sur l’ensemble des établissements, et plus de 100 000 par rapport à 1997 (507 996). La raison : la transformation en établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes de certaines unités.

    (Crédits : DREES)

    Cette décision est relative à la circulaire DHOS/02/F2/DGAS/2C/CNSA n° 2008/340 relative à la mise en œuvre de l’article 46 de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2006, modifiée concernant les unités de soins longue durée (USLD). Circulaire décidée sous Jacques Chirac, appliquée sous Nicolas Sarkozy. En début de mandat, les personnes élues appliquent, semble-t-il, les décisions de leurs prédécesseurs.

    La santé est devenue lucrative

    Il ne faut pas être dupe : si la baisse est constatée en psychiatrie de 7 000 lits entre 2003 et 2018 dans les établissements publics, elle augmente de 3 800 dans ceux (privés) à but lucratif, où « elle représente 26 % de la capacité d’accueil ». Cette croissance se rencontre dans les accueils de moyen séjour, où la progression est positive, passant de 92 000 à 106 000 places. Dans les établissements à but lucratif, la capacité croit de 12 000 lits et représente un tiers de la capacité totale d’accueil en 2018. C’est de notoriété publique que des fonds de pension américains rachètent des cliniques françaises, depuis plus d’une décennie, comme l’expliquait déjà Le Télégramme en 2007.

    Le groupe Vitalia, branche immobilière de Blackstone créé en avril 2006, avait en un an et demi racheté 45 cliniques ou maisons de convalescence en France. « Le groupe est associé au fonds de pension américain Blackstone qui a investi près de 32 milliards de dollars au cours des vingt dernières années aux États-Unis, en Europe, en Chine ou en Inde », ce que confirmait Le Monde. Les fondateurs du fonds d’investissement, Pete George Peterson et Stephen Allen Schwarzman, sont issus de l’ancienne banque d’affaires new-yorkaise Lehman Brothers à l’origine de la crise financière mondiale de 2008.

    (Crédits : DR)

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    Dans l’hexagone, une mise en examen sème le trouble dans le groupe Elsan, numéro 2 de l’hospitalisation privée en France. « Il aurait soigneusement organisé sa banqueroute » titrait Marianne, de plus L’Indépendant ajoute : « Or Elsan avait repris le projet de construire une nouvelle clinique à Montredon-Corbières, conçu par Marcel Hermann, PDG de Médipôle Sud Santé, lui-même contraint de céder son poste en avril 2016 après le scandale international des Panama Papers. » Néanmoins le conseil, Me Christophe Dejean insiste sur le fait qu’Elsan conteste toute irrégularité dans cette procédure mise en œuvre sous l’égide du tribunal de commerce. « Elsan a payé l’intégralité des dettes de l’établissement et accompagné le reclassement des salariés. Jérôme Nouzarède entend coopérer pour que justice lui soit faite », ajoute l’avocat, Me Dejean.

    Saturation des lits de réanimation en France

    Parmi les mesures annoncées, mercredi 31 mars, veille du premier avril, par le gouvernement pour enrayer la progression du virus figure l’augmentation des lits de soins intensifs à 10 000. La direction générale de la Santé (DGS), au 19 mars, recensait 7503 lits de réanimation, dont 6456 occupés, soit 86 %. Existe-t-il une différence entre lit de réanimation, de soins intensifs et de surveillance continue ?

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    Vous vous doutez qu’à la lecture de la question, la réponse est positive. Une unité de surveillance continue (USC) est destinée à accueillir et prendre en charge des malades nécessitant une surveillance rapprochée, puis la dégradation de l’état de santé place le patient en surveillance continue, puis en réanimation.

    Au sens strict, selon l’Académie de Médecine, la réanimation désigne au sein de l’hôpital « un ensemble de moyens diagnostics et de traitements permettant de maintenir les fonctions vitales lorsque le patient ne maîtrise plus “un équilibre aussi proche que possible de la normale dans le milieu intérieur” (J. Hamburger, 1950) pour protéger le métabolisme des organes essentiels, en particulier celui du cerveau. »

    (Crédits : Engin Akyurt/Pixabay)

    Celui-ci prend en charge les patients présentant ou susceptibles de présenter des défaillances viscérales aiguës mettant en jeu le pronostic vital. Cela nécessite à la fois l’utilisation de techniques spécifiques, de matériels coûteux et la permanence de nuit comme de jour d’un personnel médical et d’auxiliaires spécifiques, compétents et entraînés. Elle nécessite aussi des structures appropriées pour mettre en œuvre les diagnostics et les traitements.

    6733 lits de réanimation

    Début janvier 2021, la direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) propose à qui veut bien les lire les données du nombre de lits de réanimation, de soins intensifs et de soins continus en France, fin 2013 et 2019. « Le nombre total de lits de soins critiques est désormais estimé à 19 604 lits, contre 19 580 en septembre dernier », ajuste la DREES. Ces données établissent le nombre de lits (adultes et enfants) au sein de la France entière, ainsi que par département, soit 5433 lits de réanimation, 5954 de soins intensifs et 8217 de surveillance continue pour commencer l’année 2020.

    La Montagne a joint les agences régionales de santé (ARS) qui auraient communiqué le chiffre de 6733 lits « armés » pour les réanimations en janvier 2021, très bien, mais le personnel soignant existe-t-il en nombre suffisant ? La réglementation des articles D. 712-108 et D. 712-109 impose au minimum deux infirmiers pour cinq patients et un aide-soignant pour quatre patients, sous la responsabilité d’un cadre infirmier, avec, selon le texte, un ou plusieurs médecins compétents en réanimation.

    RégionsNombre de lits au 31/12/2019Nombre de lits au 15/01/2021Évolution
    Auvergne – Rhône-Alpes614790+ 28, 66 %
    Bourgogne – Franche-Comté203262+ 29, 06 %
    Bretagne171226+ 32, 16 %
    Centre – Val-de-Loire198229+ 20, 53 %
    Corse1838+ 111, 11 %
    Grand-Est505620+ 22, 77 %
    Guadeloupe3335+ 6, 06 %
    Guyane1329+ 123, 08 %
    Hauts-de-France474595+ 25, 53 %
    Île-de-France12251425+ 16, 33 %
    La Réunion7580+ 6, 67 %
    Martinique2930+ 3, 45 %
    Mayotte1216+ 33, 33 %
    Normandie258294+ 13, 95 %
    Nouvelle-Aquitaine443509+ 14, 90 %
    Occitanie482628+ 30, 29 %
    Pays de la Loire198249+ 25, 76 %
    Provence-Alpes-Côte d’Azur490678+ 38, 37 %
    France54336733+ 23, 93 %
    Le nombre de lits de réanimation au 31 décembre 2019 provient d’une enquête de la DREES (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques) publiée le 12 janvier dernier. Le nombre de lits de réanimation au 15 janvier 2021 a été communiqué par la Direction générale de l’offre de soins à la Montagne.

    Prenons l’exemple de la Marne qui affiche, selon l’article paru en janvier et mis à jour le 3 février 2021 sur le site de la DREES, 60 lits de réanimation adultes et enfants. Ils sont 42 en centre hospitalier régional et 18 dans d’autres établissements. Imaginons que l’occupation des lits est totale. La journée est découpée en trois tranches de huit heures, ce qui nécessite 24 personnels infirmiers, 15 aides-soignants, 12 cadres de santé et autant de médecins. Cela représente soixante-trois pour un service, et donc 189 sur une journée de 24 heures. Comptant seuls les lits de réanimation, soit 6733, il faut à minima 21 209 médecins, cadres de santé, infirmiers et aides-soignants… Quand il n’y a pas de décompensation (insuffisance cardiaque, pulmonaire, hépatique et rénale), car dans ce cas les équipes peuvent alors doubler, atteignant 42 418 personnes.

    La France 10e au classement de l’OCDE

    En France, nous avons au 1er janvier 2019, avec les données accessibles de l’INSEE, 11 524 médecins anesthésistes-réanimateurs, dont plus d’un tiers sont des femmes. 722 572 infirmières, car les femmes représentent près de 90 % du contingent, et 245 200 aides-soignants.

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    Il existe, selon le document du syndicat national (SNIA), que 10 843 infirmiers-anesthésistes diplômés d’État (IADE) en France. Encore une fois, selon les données du SNIA, près de 72 % des IADE sont des femmes, comme les cadres de santé. La raison première de la « saturation » des lits de réanimation ne date pas d’hier.

    En 2017, un article dans l’Obs titrait « Grippe : les hôpitaux en souffrance à cause des lits supprimés par Touraine ? »

    (Crédits : OCDE)

    Frédéric Valletoux, président de la Fédération hospitalière de France et maire (Agir) de Fontainebleau, expliquait déjà que « l’hôpital se paie les dysfonctionnements de notre système. […] La crise actuelle montre surtout la désorganisation du système de santé où une grande partie des malades vont aux urgences alors qu’ils pourraient être traités par la médecine de proximité. Le véritable problème se situe dans le développement des déserts médicaux ! »

    La politique de la Communication

    Marisol Touraine, ministre de la Santé et des Affaires sociales, mettait en place un plan d’économie de 10 milliards d’euros, en 2017, sous François Hollande. La santé est comme une piscine municipale, la balance est rarement positive, pour autant, est-il possible de quantifier le prix d’une vie ? La raréfaction des docteurs en médecine, associée à une population dont l’espérance de vie à la naissance est de 85,6 ans pour les femmes et de 79,7 ans pour les hommes, ajoutée à une diminution drastique, car économique, du nombre de lits, pose de nombreux problèmes.

    La parole du président de l’association des médecins urgentistes de France, Patrick Pelloux, est claire : « Notre activité est constante avec une petite augmentation, mais, en gros, on y arrive », assure-t-il. Selon un récent décompte de la DGOS auprès de l’AFP, il y avait ainsi 7655 lits « armés » affirme LCI. Car selon ses estimations, sur les quelque 5090 patients malades du Covid-19 comptabilisés dans ces services de soins critiques, 3827 sont en services de réanimation selon Santé publique France au 1er avril. L’urgentiste avait indiqué au préalable 25 % avant de se raviser et de corriger en indiquant que seuls 50 % « sont en réanimation, avec intubation et respirateur ».

    Donc, la moitié d’entre eux ne serait donc pas sous oxygénation, mais « dans des unités de soins continus qui dépendent des réanimateurs. » (Crédits : Fauxels/Pexels)

    La saturation des lits de réanimation en France, souvent brandie comme un tocsin médiatique, mérite d’être nuancée, contextualisée et surtout replacée dans l’histoire longue des politiques de santé publique. Si les chiffres bruts peuvent impressionner, ils sont le reflet d’un système hospitalier profondément transformé depuis plusieurs décennies. Sans personnel formé, un lit n’est qu’un meuble. La crise sanitaire, en réalité, a joué le rôle d’un révélateur : révélateur d’un hôpital public contraint, d’un système de soins sous tension chronique, d’une politique de gestion comptable. Entre le fantasme de la saturation totale et la réalité, une chose est sûre : derrière chaque pourcentage, il y a des soignants, des patients, des choix politiques. Et peut-être, au bout du compte, une question simple : quelle place voulons-nous encore accorder au soin dans notre société ?

  • « J’ai été élu, à une large majorité »

    « J’ai été élu, à une large majorité »

    Voici ce que disent tous les politiques, lorsque le dépouillement les nomme vainqueurs de l’élection. Or, lire le résultat d’une étude, d’un sondage, d’une élection est toujours assujetti à votre point de vue, mais pas seulement. Chaque lecture dépend des choix que vous avez effectués au préalable, de vos hypothèses de départ, des questions ouvertes ou fermées… Lorsque vous biaisez volontairement ou fortuitement les bases, votre maison ne peut être stable. Ainsi lorsque les études visent un produit, lucratif potentiellement, il est si simple d’ajouter un grain de sable…

    « J’ai été élu à une large majorité. » Combien de fois avons-nous entendu cette formule ? sans jamais en interroger la mécanique ? Derrière les chiffres officiels se cachent des réalités moins flatteuses, des votes minoritaires érigés en plébiscites. Entre abstentions massives, votes blancs et usages stratégiques des données, les prestidigitateurs ont plus d’un tour dans leurs chapeaux. Car parfois, tout se joue à une virgule près.

    Résultat électif ou réel ?

    Prenons pour commencer le résultat des élections municipales de 2020 dans quatre villes de moins de 100 000 habitants, Avignon, Créteil, Poitiers et Fort-de-France. Elles affichent respectivement une population de 93 434, 92 737, 88 291 et 80 041 âmes, selon l’INSEE. En Avignon, Mme Cécile Helle (LDVG) est élue au 2e tour avec 45,62 % des voix, à Créteil, M. Laurent Cathala (LSOC) est élu avec 69,82 % des voix, sur Poitiers, Mme Léonore Moncond’huy (LDVG) devient l’édile poitevin avec 42,83 %, puis sur l’île de la Martinique à Fort-de-France, M. Didier Laguerre (LDVG) s’impose avec 67,44 % des voix. Réellement, combien de citoyens, inscrits sur les listes électorales, ont finalement voté pour eux ?

    Nom/VilleÉlecteursParticipation
    (1er Tour / 2d Tour)
    Votants / exprimés
    (1er Tour / 2d Tour)
    Résultat électifRésultat réel
    Helle / Avignon55 28534, 93 %/31, 87 %19 278/18 807-17 617/17 19345, 62 %14, 19 %
    Cathala / Créteil44 40730, 14 %/22, 64 %13 386/12 807-10 088/9 56769, 82 %14, 99 %
    Moncond’huy / Poitiers43 70536, 40 %/33, 19 %15 891/18 532-14 504/13 99642, 83 %13, 72 %
    Laguerre / Fort-de-France60 81025, 01 %15 209/14 40367, 44 %15, 98 %
    La différence entre la joie non dissimulée de l’édile à grands coups de chiffres reflète souvent une mascarade quant à la vérité crue.

    Les élections municipales de 2020 connurent un contexte particulier, il faut le reconnaître. La réaction à chaud du maire sortant, réélu à Fort-de-France, semble être sans appel : « […] Merci aux électeurs et aux électrices qui se sont mobilisés et qui, à près de 70 %, ont choisi leur maire à Fort-de-France […] », explique Didier Laguerre. Il se targue d’une victoire à près de 70 %, avec une abstention de trois quarts de la population.

    Au final, c’est un électeur sur six qui a voté pour lui. Dans la cité poitevine, une nouvelle venue, Mme Léonore Moncond’Huy rafle la mise avec 42,83 % de votes. « C’est confirmé, ma liste Poitiers Collectif remporte la victoire, et c’est massif », a assuré la jeune femme, âgée de 30 ans, qui s’est affirmée « particulièrement fière que Poitiers ait fait le choix de l’écologie et de la justice sociale », relate France TV Info. C’est exact, près de 43 % des votes, mais au réel moins d’un électeur sur sept. Tout est une question de point de vue

    68 000 décès imputables à la pandémie

    Selon le numéro 587 de mars 2021 de l’Institut national d’études démographiques (INED), la France métropolitaine a enregistré 654 000 décès en 2020. Soit 55 000 décès de plus que les 599 000 de 2019. Pour être exact, les données de l’INSEE indiquent 668 516 morts en 2020 pour 613 456 en 2019, soit un écart de 55 060, entre le 1er janvier et le 31 décembre 2020.

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    C’est une hausse de 9,2 %, justifie le rapport (8,97 % avec les derniers chiffres). Mais parmi ces 55 000 décès supplémentaires, environ 13 000 sont statistiquement imputables au vieillissement de la population. Celui-ci « s’observe chaque année en l’absence de gain d’espérance de vie », ce qui entraîne mécaniquement une hausse annuelle du nombre de décès, indépendamment de tout contexte épidémique, détaille l’étude.

    Restent donc 42 000 décès supplémentaires en 2020, liés à la pandémie de Covid-19. Ces 23 000 décès de moins que les 65 000 imputés à la Covid-19 en 2020 par Santé publique France soulignent les auteurs Gilles Pison et France Meslé. Plusieurs phénomènes, mais un en particulier a influé : « la comorbidité ». Les décès par Covid-19 ont frappé en partie des personnes fragiles souffrant d’autres maladies (diabète, maladie cardiovasculaire, insuffisance respiratoire chronique…). « Une fraction d’entre elles serait de toute façon décédée en 2020, même en l’absence d’épidémie de Covid-19 », martèlent les auteurs. Seule une incertitude est certaine : le solde naturel, qui est la différence entre le nombre annuel des décès et des naissances, ne cesse de décroître depuis 2015 (197,1) pour atteindre 73 aujourd’hui.

    Les deux graphiques montrent un taux de décès très important pour les plus de 60 ans. La pandémie de Covid-19 est supérieure de 9,1 % au taux de mortalité de la grippe de Hong Kong entre 1968 et 1970. (Crédits : INED/Creative Commons)

    « Et si on mangeait, les enfants ? »

    La ponctuation est importante dans un texte, voire vitale. Sur la seule phrase : « Et si on mangeait, les enfants ?! », cela permet de faire la lumière sur sa fonction linguistique. Avec la présence de la virgule placée juste derrière le verbe, elle indique l’invitation aux enfants à venir se restaurer. Omettre cette ponctuation propose aux convives de littéralement manger les enfants, comme un met.

    Une autre phrase célèbre propose une compréhension, sur la simple présence de ladite virgule.

    Il s’agit d’une phrase dont le sens change selon la façon dont elle est ponctuée (rapportée par Beauzée dans son article « Ponctuation » de l’Encyclopédie de Diderot) : « On rapporte que le général Fairfax, au lieu de signer simplement la sentence de mort du roi d’Angleterre Charles 1er songea à se ménager un moyen pour se disculper dans le besoin, de ce qu’il y avoit d’odieux dans cette démarche, & qu’il prit un détour, qui, bien apprécié, n’étoit qu’un crime de plus. » (Crédits : DR)

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    Il écrivit sans ponctuation, au bas de la sentence : « Si omnes consentiunt ego non dissentio » ce qui se traduit par « Si tous sont d’accord, je ne diverge pas », mais avec la virgule dans : « Si omnes consentiunt ego non, dissentio » la traduction est tout autre : « Si tous sont d’accord, moi non, je diverge ». Ce qui en laissait le sens ouvert, à charge pour les récipiendaires de l’interpréter.

  • Du poisson d’avril à la fricassée en chocolat

    Du poisson d’avril à la fricassée en chocolat

    Habituellement, les enfants dessinent un poisson sur un morceau de papier et le découpent. Puis, ils les accrochent avec du ruban adhésif dans le dos de leurs camarades, celui de leur professeur ou encore le votre. Quelle que soit l’âge de la personne auprès de laquelle vous évoquez ce souvenir, tous vous répondront avec un grand sourire, le sourire de l’enfant qui sommeille en chacun. Que savez-vous de cette coutume ? Connaissez-vous son origine ? Existe-t-elle seulement en France ?

    Le 1er avril arrive toujours avec son cortège de rires, farces et surprises. Le poisson d’avril, farce innocente, nous rappelle que l’humour à toujours sa place, même dans les affaires les plus sérieuses. Ainsi le plaisir des enfants, que cela soit à l’école, chez les grands-parents comme au domicile familial, d’accrocher un poisson dans le dos est intact.

    Quand le poisson d’avril nage dans nos agendas…

    Le poisson d’avril, ce rituel de farces et de sourires, puise ses racines en Europe, au XVIᵉ siècle. Du 7e siècle jusqu’en 1564, l’année commence autour du 25 mars. Une semaine où la tradition était de se faire des cadeaux pour célébrer le passage de l’année, le 1er avril. C’est ce qu’on appelle les étrennes, une tradition héritée des Romains. En l’an de grâce 1564, sous le règne du Roi Charles IX, l’envie de réforme du calendrier est prégnante. Ainsi, ils organisent, Charles IX et le pape Grégoire XV, un saut dans le temps, car le lendemain du 4 octobre 1582, c’est le 15. Mais, c’est le pape Grégoire XV qui a tout organisé. Il avait choisi cette date pour migrer du calendrier Julien au Grégorien, avec un décalage de dix jours.

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    Une date judicieusement choisie. En effet, le 25 mars est célébrée l’Annonciation. « L’Annonciation à la Vierge Marie est d’abord la fête de l’Incarnation puisque Dieu commence en Marie sa vie humaine qui conduira Jésus jusqu’à la Croix et la Résurrection, jusqu’à la Gloire de Dieu. Elle est célébrée par les catholiques le 25 mars. Lorsque le 25 mars tombe au moment de la Semaine sainte, elle est célébrée le lundi suivant l’Octave de Pâques », explique le site de l’Église catholique en France. Le fameux lundi de Pâques, qui tombe huit jours ensuite est le 1er avril.

    Or, sous Charles IX, en 1564 l’édit de Roussillon fixe uniformément le début de l’année sur le royaume du souverain, au premier jour du quatrième mois calendaire. Ledit édit de Roussillon fixa le premier jour de l’année au 1er janvier. Il fallu attendre 1622 pour que l’ensemble des chrétiens commence l’année le même jour, à travers le Pape Grégoire XV.

    Le poisson d’avril découlerait, semble-t-il, d’une volonté de moquer un individu. Comme lorsque, par exemple, l’on demande à un apprenti en brasserie, souvent âgé de quatorze ou quinze ans, d’aller chercher de l’huile de coude chez des commerçants avoisinants.

    La locution « poisson d’avril » est attestée au XVe siècle : sa plus ancienne occurrence connue se trouve dans le Doctrinal du temps présent et Danse aux aveugles de Pierre Michault, daté de 1466 ; elle y désigne un « entremetteur, intermédiaire, jeune garçon chargé de porter les lettres d’amour de son maître ». Puis, les décennies s’égrainent, la locution se transforme en tromperie. Ainsi, la signification serait d’« obliger quelqu’un à faire quelque démarche inutile pour avoir lieu de se moquer de lui ». (Crédits : Bibliothèque nationale de France)

    Ceux qui, par habitude ou par esprit de résistance, continuaient de célébrer la nouvelle année en avril étaient pris en dérision et moqués comme de naïfs « poissons d’avril ». Le choix du poisson n’est pas anodin : il évoque le Carême, cette période de jeûne où l’on consommait surtout du poisson. Très vite, les farces se multiplient et se popularisent : coller un poisson en papier dans le dos d’un ami ou inventer des histoires absurdes devient un jeu commun, des cours royales aux villages. À travers les siècles, cette tradition a traversé les frontières et les époques, se réinventant à l’ère numérique avec des blagues virales et des canulars médiatiques. Le poisson d’avril reste ainsi un symbole de légèreté et de malice, rappelant que même dans un monde sérieux, l’humour a toujours sa place et sait survivre aux changements de calendrier et aux modes.

    La création du Robilait

    Le 1er avril 1985, le journal de FR3 Poitiers, présenté par Marie-Agnès Cordier, lance un reportage sur un procédé révolutionnaire : le Robilait. Ouvrir son robinet, d’eau froide, entre 6 h 30 et 9 h pour voir couler… du lait. L’expérience conjointe entre le chef-lieu du département de la Vienne et la coopérative « Bonilait » distribuait le lait dans les quartiers de la ZUP.

    Les camions livrent le lait au château d’eau près de l’antenne régionale de France Télévisions, rue Fief des Hausses, avant le déménagement prévu cette année. Le directeur de la laiterie, Pierre-Jean Ribardiere et même le chef du rayon d’un supermarché, Philippe Bovani, jouaient le jeu. Vingt-quatre ans plus tard, ils remettent ça. Cette fois, les éoliennes ralentiraient la rotation de la Terre, preuves à l’appui, obligeant à passer de 35 h à 40 travaillées, et des journées de 25 h. Deux poissons d’avril passés à la postérité.

    Mais populairement, le poisson d’avril consiste à faire courir quelqu’un sous de faux prétextes le premier jour d’avril, affiche Le Littré, dans le 7e alinéa,« Poisson d’avril, maquereau ». (Crédits : Capture d’écran INA)

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    De fil en aiguille, nous arrivons au poisson le Maquereau, qui possède deux sens dans le langage courant. Le premier est celle d’un poisson de mer (scomber vulgaris, scomber scombrus) nommé auriol ou aurion sur les bords de la méditerranée. Le second est un terme qui ne se dit pas en bonne compagnie, mais également le fait de débaucher et de prostituer des femmes ou des filles. Ainsi découle le terme maquereau ou maquerelle, marquant la personne se livrant au proxénétisme, tenant une maison de prostitution. En France, Fernande Joséphine Grudet, dite Madame Claude (1923-2015) qui régna sur un réseau dans les années 1960-1970, était une maquerelle célèbre.

    L’origine des œufs de Pâques

    Ils prennent naissance au sein de la religion, une fois de plus, mêlées aux traditions païennes. Dans la religion juive, « Pessa’h », commémore l’exode des israélites retenus esclaves, hors d’Égypte, emmenés par Moïse. Lors de leur premier repas d’hommes libres, ils ont sacrifié un agneau, animal sacré en Égypte. Cette viande est depuis consommée par les Juifs à l’occasion de Pessa’h.

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    Lors de la dixième plaie d’Égypte, la mort passait au-dessus de ou par-dessus les maisons des Hébreux, étymologiquement. Pour les chrétiens, Pâques est la symbolique de la vie après la mort. Ce jour-là, ils célèbrent la résurrection du Christ, après sa crucifixion, le Vendredi saint. Pâques met aussi fin à la période de carême, qui dure quarante jours. On retrouve des similitudes avec Pessa’h, notamment l’agneau.

    On retrouve également Pâques dans les traditions païennes : c’est une période de renouveau, avec l’arrivée du printemps. Le renouveau est comme la sempiternelle question : « Qui est arrivé en premier l’œuf ou la poule ? » En soit peu importe, car qu’il soit en chocolat, en sucre, peint ou encore cuit : l’œuf est le symbole de la fête de Pâques. (Crédits : Pezibear/Pixabay)

    « Chez les Égyptiens, les Perses et les Romains notamment, l’œuf est un symbole de vie, que l’on s’offrait au printemps », souligne ça m’intéresse. Ainsi, s’inspirant du Nouveau Testament, la friture en chocolat, ces bonbons en forme de poisson, de crustacé et de coquillage, fait référence à deux épisodes précis de la Bible, des pêches miraculeuses. Les célébrations laissent libre cours à l’imagination. Souvent considéré comme la journée du fou, des innocents, les farces, les blagues… elle célèbre l’innocence. En Espagne, cette journée est le 28 décembre, « Dia de los santos inocentes », car les cadeaux de Noël sont distribués aux passages des Rois Mages, puis le premier avril pour l’Allemagne comme les Pays-Bas, c’est « Aprilscherz », le Brésil, la Suisse et la Suède fêtent « le jour des fous », au Québec elle se nomme « Courir le poisson d’avril », en Angleterre et aux États-Unis, le « April Fool’s Day », en Écosse « Cuckoo d’Avril »…

  • 533 millions de Facebookiens, et moi, et moi, et moi…

    533 millions de Facebookiens, et moi, et moi, et moi…

    Non, ce n’est pas un poisson d’avril qui s’extirpe d’un chapeau de magicien tardivement, la fuite est réelle. Les données de plus d’un demi-milliard d’utilisateurs du réseau social Facebook voient leurs données diffusées. Exfiltrées en 2019 par le biais d’une fonctionnalité non sécurisée, résolue depuis, elle circule depuis dans les méandres de l’Internet, pour apparaître samedi aux yeux de tous. 533 millions de profils du réseau social de Mark Zuckerberg ainsi exposés à la vue de tous.

    Lorsqu’un réseau social, a plus de deux milliards d’utilisateurs, est attaqué, des quantités énormes de données fuitent. Les cyberattaques ne donnent pas toutes des publications. Certaines passent sous le radar, pour n’apparaître que bien plus tard.

    Fuite massive de données

    Les cloches ont sonné en plein week-end pascal, c’est samedi 3 avril 2021, qu’Alon Gal tire la sonnette d’alarme, sur twitter. Les données de plus de 500 millions de personnes s’affichent sur un site, elles sont classées par pays en ordre alphabétique. De l’Afghanistan, l’Allemagne, du Bahrain, le Bostwana, la Bulgarie, le Burundi, le Canada, Chypre, la Croatie, l’Égypte, les Émirats arabes unis, l’Espagne, les États-Unis, l’Éthiopie, la France, la Grèce, L’Islande, l’Inde, l’Irak, la Libye, le Luxembourg, le Mexique, la Namibie, la Norvège, les Pays-Bas, le Portugal, le Royaume-Uni, la Syrie… Ils sont cent six pays sur la liste.

    Fuite, tableau, Facebook

    Les données ayant fait l’objet d’une fuite ne sont pas valables que pour les années 2018 et 2019. Elles ne sont apparues qu’en 2021. Comment est-ce possible ?

    En réalité, des cybercriminels exploitent la vulnérabilité en 2019, et Facebook l’a corrige immédiatement. Mais, la firme a oublié d’informer ses utilisateurs, de l’incident. En conséquence, Meta a été confrontée à des critiques sévères, ainsi qu’à une lourde amende de 265 millions d’euros (environ 276 millions de dollars américains).

    Le tableau recense, selon son concepteur, les pays dont les utilisateurs ont été le plus touchés. (Crédits : Twitter/zlatanvano)

    Ces données comportent en premier le numéro de téléphone, puis l’identifiant Facebook, votre civilité, la ville de résidence, l’ancien lieu de villégiature, la date de naissance, votre statut de relation (en couple, célibataire, compliqué, etc.), la date de création du compte, la biographie, et rarement l’adresse mail. Sur les 40 millions d’utilisateurs en France (en mars 2021), la moitié est concernée.

    Qui est concerné ?

    Maintenant, une question se pose : « Comment puis-je savoir si mes données ont fuité ? » Premièrement, ne pas surfer n’importe où. Le site Have I Been Pwned affiche depuis plusieurs années une sécurité des informations, et dans cette optique, son fondateur Troy Hunt, a décidé de débloquer la recherche par numéro de téléphone. Pour effectuer cette recherche, il faut se rendre sur le site « Have I Been Pwned » puis indiquer ledit numéro avec l’indicatif, +33 pour la France, en omettant le premier chiffre, le « 0 ».

    Le site vous indique si le numéro recherché fait partie des 533 millions de données. Prenez garde aux différents messages que vous pourriez recevoir, des cybercriminels s’en servent via du phishing, ou hameçonnage pour collecter d’autres données encore plus sensibles. Ainsi des sites sont apparus, permettant, selon eux, de vérifier que votre numéro de téléphone apparaissait parmi la liste. Les données que vous indiquez sur le site « Have I Been Pwned » subissent un hachage, garantissant votre sécurité.

    Rappelez-vous de cette maxime, littéralement, d’un certain Vladimir Lénine : « La confiance n’exclut pas le contrôle ».

    (Crédits : Capture d’écran)

    Site, web, hs

    Quiconque entre en possession de données provenant de la violation, pour une éventuelle utilisation, même à des fins positives, est interdit par la législation sur la vie privée, ces informations étant le résultat d’un traitement illicite, et pénalement répréhensible. Le site « https://haveibeenfacebooked.com » permettant, selon les indications, de vérifier si votre numéro de téléphone est l’un des 533 millions, est suspendu pour une durée indéterminée. La fuite comprend également les numéros de téléphone du PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, et des cofondateurs Chris Hughes et Dustin Moskovitz.

    Facebook, x, fuite

    De plus, il apparaît que le même numéro de téléphone est également enregistré à son nom sur l’application de messagerie Signal, axée sur la protection de la vie privée, relate « The Hacker News ». « Mark Zuckerberg respecte également sa propre vie privée en utilisant une application de chat qui dispose d’un cryptage de bout en bout et qui n’est pas détenue par Facebook », a tweeté Dave Walker, chercheur à SynackRedTeam.

    L’arroseur arrosé, car les données du fondateur de Facebook se trouvent parmi celles exfiltrées (Crédits : Dave Walker)

    La fuite questionne sur la sécurité, la directrice des communications de réponse stratégique, se veut rassurante dans un tweet : « Il s’agit d’anciennes données qui ont déjà été signalées en 2019. Nous avons trouvé et corrigé ce problème en août 2019 », déclare-t-elle. Alors que les dirigeants sont avares en communication avec la presse et les journalistes, Dave Walker ironise : « si les journalistes ont du mal à obtenir une déclaration de Facebook, peut-être peuvent-ils lui donner un coup de fil ? »

  • L’écoparticipation est abracadabrantesque !

    L’écoparticipation est abracadabrantesque !

    La fameuse écoparticipation qui nous rend plus écoresponsables, plus verts, plus… crédules, car notre imagination laisse à penser que le magasin vers lequel nous nous tournons pour nos achats, reprendra notre ancien lave-vaisselle, réfrigérateur, ou encore notre vieille commode, meuble à chaussures ou encore le matelas qui a bercé les nuits de votre dernier, ou pour commencer une nouvelle vie de couple… Mais savez-vous réellement ce qu’est l’éco-participation ? En quoi cela consiste ?

    C’est en ce lundi de Pâques que M. Sépa Phot déambule dans la maisonnée en chantonnant « Y a d’la joie » de Charles Trenet. Chipant au passage une navette qu’il affectionne tant. Souvenir provençal de son enfance, ce biscuit ovale à la fleur d’oranger le remplit de joie à chaque bouchée. C’était le gâteau que lui offrait son papet, son grand-père. Comme un pinson, il arrive enchanté devant la penderie, un léger rayon de soleil lèche le mur.

    Histoire d’écologie participative

    Après l’avoir entrouvert, il saisit d’un œil espiègle sa redingote parsemée de pétas. Ces pièces de tissu rapiècent avec merveille la Provence et le Pays basque de ses jeunes années. « Tu ne l’as pas encore jetée cette vieille guenille », sourit malicieusement Mme Séki Kharéson. Il se mit à rire voyant le sourire couvrant le doux visage de son amour de jeunesse. « Elle était livrée avec le mannequin », répondit-il.

    Vélo, panier, écologie

    Alors qu’il allait prendre les clés de son automobile pour acheter du pain, pâté de Pâques, chocolats et pâtisseries à la boulangerie du village, Séki l’interrompt : « Tu fais quoi ? Avec ta lubie sur l’écologie, tu n’as qu’à prendre le vélo plutôt que la voiture, comme ça pas de pollution », s’amusa-t-elle. Piqué, et pour ne pas perdre la face, il se dirigea vers la bicyclette. « Ah ! Tu es bien ostiné », appuya-t-elle.

    C’est vrai qu’il est un peu têtu, mais pas rancunier. Il enfourcha son clou, en chantant : « Y a d’la joie. Bonjour bonjour les hirondelles. Y a d’la joie, dans le ciel par-dessus le toit. Y a d’la joie, et du soleil dans les ruelles, y a d’la joie, partout y a d’la joie… » et disparu derrière les bosquets.

    (Crédits : Free-Photos/Pixabay)

    Comme tout un chacun, la famille se réunit pour déguster un bon repas, profitant de la « largesse » de la maréchaussée décrétée par son ministre de tutelle. Quoi qu’il en soit, les sujets s’égrenaient à table quand tout d’un coup, le mot « écoparticipation » vint casser l’ambiance festive.

    « Tu te rends compte, j’ai acheté matelas et sommier auprès d’une grande chaîne d’ameublement française. J’ai demandé à ce que soit pris mon ancien lit, lors de la livraison…» Le vendeur m’a répondu « Cela fera 15 euros de plus », s’offusque le beau-fils, Jean.

    « Mais, c’est l’écoparticipation », rétorque M. Sépa Phot, sûr de son fait.

    « Non, elle est déjà comprise dans la facture totale, il fallait que je paye en plus… J’hallucine », dramatise Jean Éthaissure, levant les yeux au ciel, devant son beau-père.

    À quoi ça sert l’écoparticipation ?

    L’écoparticipation est une somme ajoutée sur votre achat, représentant le coût de la collecte et du traitement des déchets électriques et électroniques, pour leur recyclage. Elle est fixée par le décret du 20 juillet 2005 (Articles R.543-172 à R. 543-206 du code de l’environnement).

    L’article R543-188 stipule qu’« en application de leur obligation de responsabilité élargie, les producteurs d’équipements électriques et électroniques ménagers sont tenus d’enlever ou de faire enlever, puis de traiter ou de faire traiter les déchets d’équipements électriques et électroniques ménagers collectés séparément, quelle que soit la date à laquelle ces équipements ont été mis sur le marché ».

    Si elle est devenue naturelle pour l’électroménager, l’union fédérale des consommateurs-Que Choisir (UFC-Que Choisir) rappelle « quant au recyclage, la réglementation impose aux distributeurs d’électroménager la reprise de l’ancien appareil lors de l’achat d’un nouveau. Ce service est financé par l’écoparticipation, incluse dans le prix de vente. Pour un lave-vaisselle, celle-ci tourne autour de 8 ou 10 € en moyenne. » (Crédits : Ryan McGuire/Pixabay)

    Laverie, linge, propreté

    L’écomobilier

    Puis en 2013, sa petite-sœur est née, l’écomobilier, issue de la loi n°2016-344 du 24 avril 2013. L’article du code de l’environnement R. 543-240 détermine et précise les conditions de mise en œuvre de l’obligation de responsabilité élargie du producteur aux éléments d’ameublement, ainsi que les modalités de gestion des déchets qui en sont issus. L’article approfondi et affirme que « l’on entend par éléments d’ameublement, les biens meubles et leurs composants dont la fonction principale est de contribuer à l’aménagement d’un lieu d’habitation, de commerce ou d’accueil du public en offrant une assise, un couchage, du rangement, un plan de pose ou de travail. »

    C’est-à-dire la liste suivante :

    1. Meubles de salon, de séjour, salle à manger
    2. Meubles d’appoint
    3. Meubles de chambre à coucher
    4. Literie
    5. Meubles de bureau
    6. Meubles de cuisine
    7. Meubles de salle de bains
    8. Meubles de jardin
    9. Sièges
    10. Mobiliers techniques, commerciaux et de collectivité
    11. Produits rembourrés d’assise ou de couchages

    Là où le bât blesse, c’est concernant l’obligation de reprendre, par exemple, un ancien matelas. L’association UFC-Que choisir est formelle : « Non. Le vendeur de matelas n’est pas tenu de reprendre votre ancien matelas. La filière a tellement bien négocié qu’elle est parvenue à échapper à l’obligation de reprise gratuite lors de l’achat d’un matelas neuf, contrairement à tous les autres secteurs qui appliquent le principe du 1 pour 1. »

    canapé sofa, cuir

    Sur son site, l’association martèle que « certaines enseignes reprennent votre ancien matelas. Renseignez-vous sur les conditions et le coût de ce service, qui peut être gratuit ou payant. »

    Ce qui est cocasse au vu de la liste des 24 actionnaires fondateurs d’Écomobilier : Alinea, Alsapan, But International, Cauval Industries, Compagnie Continentale Simmons, Conforama France, Meubles Demeyere, Fournier SA, Gautier France, Gram, Grand Litier First Service, Cofel, J. P. Gruhier, Meubles Ikea France SNC, Hygena Cuisines, Maison de la Literie, Mobilier de France, Mobilier Europeen, Groupe Parisot, Roset SA, Salm Sas, Sesame, Ucem, WM88.

    (Crédits : d Bossarte/Pixabay)

    Le site ELLE rédigeait un article à ce sujet, intitulé « Écomobilier : la nouvelle filière recyclage des meubles ». Chez Alinea, « les clients ayant opté pour la location d’un véhicule pour transporter leur nouveau meuble pourront laisser dans ce même véhicule leurs meubles hors d’usage, et leur assurer ainsi une seconde vie ». Dans les conditions générales de vente, l’enseigne affirme qu’ « à l’achat d’un appareil neuf, le client paie une “écoparticipation” correspondant au coût de collecte, de réemploi, de dépollution et de recyclage d’un appareil usagé équivalent. Son montant varie selon le produit et le type de traitement qu’il nécessite. Son montant est indiqué sur chaque fiche produit, séparément du prix du produit. Ce montant est reversé à l’éco-organisme agréé écomobilier. »

    Cela sans ajouter les 15 euros demandés pour reprendre la fameuse literie qu’une autre enseigne réclamait, un comble ! Jean Éthaissure s’est rendu, a priori, dans un magasin qui à dû effectuer une mauvaise interprétation de la loi, sinon, faire payer deux fois un client pour une même chose pourrait être considéré pénalement comme du vol.

    La majeure partie montre patte blanche, ainsi du côté d’Alpasan-Darty, un astérisque stipule que le prix comprend la participation au recyclage dit « l’écomobilier ». Chez Conforama, « le recyclage du mobilier usagé est intégralement financé par l’écoparticipation que paie chaque client lors de l’achat d’un produit ». Les meubles Demeyere distribués par exemple par Balitrand, l’enseigne y affiche la couleur. Il faut ajouter l’écoparticipation au prix du meuble acheté, une fois et une seule, tout comme la Maison de la Literie. (Crédits : DR)

    Loi, mention, légale

    La filière écomobilière est financée par l’adhésion des fabricants et distributeurs à travers une contribution financière payée par le consommateur pour chaque meuble (concerné par la réglementation) acheté. De la même manière que pour l’électroménager, une écoparticipation sera ajoutée au prix de vente du mobilier pour compenser le coût de la collecte et du traitement des déchets. Elle sera ensuite reversée à Écomobilier, par l’entreprise qui met le produit sur le marché, rappelle le site Elle. « Un dernier conseil pour ton prochain achat, pose toutes les questions nécessaires, sur la livraison, le recyclage du produit… avant de signer et de payer », conclut Sépa Phot.

  • Le ransomware « Cl0p » infecte six universités américaines

    Le ransomware « Cl0p » infecte six universités américaines

    Elles sont six universités américaines à avoir subi une infection par code malveillant, en un peu plus de dix jours. L’attaque cybernétique est de type ransomware. L’université du Colorado, de Miami, de Yeshiva, du Maryland, de Californie et la non moins prestigieuse université de Stanford, deuxième au classement mondial derrière le légendaire MIT. Tout ceci est rendu possible par l’infection préalable de l’application FTA d’Accellion de « transferts de fichiers sécurisés ». Des données privées sont ainsi divulguées.

    Tout commence avec la diffusion des notes, des numéros de sécurité sociale des étudiants de l’université du Colorado et de celle de Miami au début de l’année 2021. L’origine est l’application FTA (File transfer appliance) d’Accelion pour le transfert de données sécurisé. C’est un fournisseur de services de transfert de fichiers sécurisés qui permet aux organisations de partager « en toute sécurité » des documents sensibles avec des utilisateurs extérieurs à leur organisation.

    Cl0p exploite une faille

    Ce service, FTA, est populaire parmi les banques, les agences gouvernementales et les organisations financières qui partagent couramment des documents sensibles avec des utilisateurs externes. Une vulnérabilité a été découverte et documentée dans un rapport de onze pages, par la société de conseil en cybersécurité Mandiant. Il indique que la première faille a été découverte et résolue par Accellion le 16 décembre 2020, tandis que la seconde l’a été le 20 janvier 2021. En premier, l’opérateur malveillant a enchaîné les vulnérabilités suivantes : Injection SQL (CVE-2021-27101) et exécution de commandes du système d’exploitation (CVE-2021-27104).

    Les attaques impliquaient l’exploitation de plusieurs vulnérabilités zero-day dans l’ancien logiciel FTA. Un « zero-day » (0-day) est une vulnérabilité n’ayant fait l’objet d’aucune mise à jour, car n’ayant pas de publication, elle n’est pas connue. Elle cesse de l’être dès qu’un exploitant s’en sert. Le but fut l’installation d’un nouveau shell web, ou « code encoquillé », nommé « Dewmode », permettant un accès et un contrôle à distance. L’ANSSI documente un shell web avec l’exemple « Supernova » suite à la présence d’un code malveillant dans Solar Winds Orion.

    L’accès à des données de patients s’affich sur le site de fuite de Cl0p. (Crédits : capture d’écran)

    Quatre failles critiques

    Suite à de nombreuses attaques, l’entreprise Accellion a corrigé quatre vulnérabilités FTA. Elles étaient connues pour être exploitées par les opérateurs malveillants, en plus d’incorporer de nouvelles capacités de surveillance et d’alerte pour signaler tout comportement suspect. Les défauts sont les suivants :

    • CVE-2021-27101 – Injection SQL via un en-tête Host spécialement conçu
    • CVE-2021-27102 – Exécution de la commande OS via un appel de service Web local
    • CVE-2021-27103 – SSRF via une requête POST spécialement conçue
    • CVE-2021-27104 – Exécution de la commande du système d’exploitation via une requête POST spécialement conçue

    « Bien que nous croyons, sur la base de notre enquête à ce jour, que l’incident est limité au serveur Accellion utilisé pour les transferts de fichiers sécurisés, nous continuons à améliorer notre programme de cybersécurité pour protéger davantage nos systèmes contre les cybermenaces. Nous continuons à servir notre communauté universitaire conformément à notre engagement envers l’éducation, la recherche, l’innovation et le service », assure l’université de Miami. Sans pour autant être devin, le site Bleeping Computer avertissait : « il est probable qu’il publiera davantage de fichiers à l’avenir pour faire pression sur les victimes, afin qu’elles paient. »

    « Bien que l’ampleur de l’attaque n’ait pas encore été déterminée, les premières informations issues de l’enquête confirment que la vulnérabilité a été exploitée et que plusieurs types de données ont pu être consultées, notamment des informations personnelles identifiables sur les étudiants de Boulder et Denver, des informations personnelles identifiables sur les futurs étudiants, des informations personnelles identifiables sur les employés, des données cliniques et de santé limitées, ainsi que des données d’étude et de recherche », affirme l’université du Colorado dans son communiqué. Le 1er avril, sans mauvaise blague, « un certain nombre d’universités ont été ajoutées au site de fuite sur le dark web des acteurs de la menace Cl0p », souligne le site Data Breaches.

    La pression ne s’est pas fait attendre, sur leur site, les données s’affichent en cinq parties téléchargeables. (Crédits : capture d’écran)

    Elles semblent être liées à la brèche d’Accellion en décembre et janvier, renchérit l’auteur. La menace est prise très au sérieux, ainsi le 2 avril, le directeur financier de Stanford Medicine, M Randy Livingston et le doyen Lloyd Minor, ont confirmé dans un e-mail, adressé à leur communauté, l’exfiltration de données, relate le journal The Stanford Daily.

    Sous-investissements en cybersécurité ?

    Accellion a déclaré que 300 clients utilisaient l’ancien logiciel FTA, vieux de 20 ans, et que moins de 100 d’entre eux ont été victimes d’une brèche par les opérateurs derrière le ransomware Clop et FIN11. La chaîne de télévision CBS SF annonçait que « le système informatique de l’un des plus grands districts scolaires du pays a été piraté par une bande criminelle qui a crypté les données du district et exigé une rançon de 40 millions de dollars, faute de quoi elle effacerait les fichiers et mettrait en ligne les informations personnelles des élèves et des employés ».

    Code, cyber, web

    D’ailleurs, selon le site Bleeping Computer, des sources dans le domaine de la cybersécurité leur auraient révélé que la vulnérabilité du logiciel d’Accellion aurait été également à l’origine de l’infection de la Harvard Business School. Un sous-investissement en matière de sécurité des systèmes d’informations serait-il sous-jacent ?

    Au vu des nombreuses infections, la question a le mérite d’être posée ! Car, déjà deux décennies auparavant, le 25 avril 2001, ZDNET relatait déjà une attaque de l’université de Stanford où était scolarisée Chelsea Clinton, fille du 42e président des États-Unis.

    (Crédits : Gerd Altmann/Pixabay)

    Les opérateurs revendiquent que « nous n’avons jamais attaqué les hôpitaux, les orphelinats, les maisons de retraite, les fondations caritatives, et nous ne le ferons pas. Les organisations pharmaceutiques commerciales ne sont pas éligibles pour cette liste ; elles sont les seules à bénéficier de la pandémie actuelle. Si une attaque se produit par erreur sur l’une des organisations susmentionnées, nous fournirons le décrypteur gratuitement, nous nous excuserons et nous aiderons à corriger les vulnérabilités. » Parmi les autres victimes d’Accellion FTA infectées par « Cl0p » figurent le géant des supermarchés Kroger, la Reserve Bank of New Zealand, l’autorité australienne de régulation des marchés financiers (ASIC), Singtel, la société de cybersécurité Qualys, l’institut de recherche médicale QIMR Berghofer, le bureau de l’auditeur de l’État de Washington « SAO », ainsi que la société Shell.

  • La vie face aux mensonges des puissants

    La vie face aux mensonges des puissants

    Le scandale du Mediator connaît son épilogue ce lundi 29 mars 2021, après 10 ans de procédures judiciaires. Une décennie pour que le tribunal correctionnel de Paris inflige une amende de 2,7 millions d’euros au laboratoire Servier. Ce dernier est reconnu coupable de « tromperie aggravée » et d’« homicides et blessures involontaires ». Les tribunaux ont-ils rencontré ce genre d’affaires auparavant ? Comment accorder à nouveau sa confiance lorsque le mensonge est avéré ?

    « Malgré la connaissance qu’ils avaient des risques encourus depuis de très nombreuses années […] ils n’ont jamais pris les mesures qui s’imposaient et ainsi trompé les consommateurs du Mediator », a déclaré la présidente de la 31e chambre correctionnelle, Sylvie Daunis, au début de la lecture du délibéré.

    Mensonges, condamnations et amendes

    Condamné à payer 2,7 millions d’euros d’amende, le groupe pharmaceutique a été relaxé du délit d’« escroquerie ». Jean-Philippe Seta, l’ex-numéro 2 du groupe pharmaceutique et ancien bras droit du tout-puissant Jacques Servier, décédé en 2014, a quant à lui été condamné à quatre ans d’emprisonnement avec sursis et 90 000 euros d’amende. Cet ancien salarié du cabinet incriminé est pneumologue, tout comme la lanceuse d’alerte, Irène Frachon. Le groupe pharmaceutique, relaxé des faits d’escroquerie, a « fragilisé la confiance dans le système de santé », appuie la présidente du tribunal.

    Mediator, justice, jugement

    Dans ses réquisitions, la procureure Aude Le Guilcher a appelé à « restaurer la confiance trahie » en sanctionnant le « choix cynique » et le « sinistre pari » d’une firme ayant privilégié « ses intérêts financiers » à la santé des consommateurs du médicament, malgré « les risques qu’elle ne pouvait ignorer ».

    Le parquet avait requis à son encontre cinq ans, dont trois ferme et 200 000 euros d’amende. Plus dramatique et grave, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM, ex-Afssaps), qui a « gravement failli dans sa mission de police sanitaire », a été condamnée à 300 000 euros d’amende. Le parquet avait requis une amende de 200 000 euros.

    (Crédits : Thomas Coex/AFP)

    Comme suite aux réquisitoires de la procureure Aude le Guilcher, nous sommes amenés à nous questionner sur comment « restaurer la confiance trahie ». Car, quel que soit l’être, lorsque ce dernier reçoit un coup de bâton d’une personne en qui elle avait toute confiance, ayant entendu au préalable « Jamais je ne donnerai de coup de bâton ! » Comment réagiriez-vous ?

    Le scandale du tabac aux États-Unis

    De plus en plus de citoyens accusent l’Industrie de cacher la vérité, et l’Industrie s’en défend, alors comment la connaître ? Simplement, par le biais scientifique. « La science devenue arbitre, voici ce qui fait d’elle une cible, une activité à influencer, à corrompre ou à miner », pose le documentaire « La fabrique de l’ignorance » réalisé en 2020 par Franck Cuveillier et Pascal Vasselin, et, disponible sur ARTE. Le scandale du tabac n’explose outre-Atlantique qu’en 1994. L’un des personnages à l’initiative de la plainte collective est Howard Engle (1919-2009).

    Ce pédiatre spécialisé en neurologie se sert de ses expériences pour alerter sa patientèle. Il commence à fumer, plusieurs paquets par jour, à l’université. Malgré la survenue d’un emphysème pulmonaire, il ne peut s’arrêter de fumer, et meurt, sans connaître le jugement final. L’ordonnance initiale découlait d’un jugement civil de 1600 pages sur le racket rendu par la juge Gladys Kessler, qui reprochait à l’industrie du tabac d’avoir menti sur ses produits et de les avoir présentés sous un faux jour dès les années 1950.

    Dans le New York Times, Spana Maheswari explique « pourquoi les fabricants de tabac paient pour vous dire que fumer tue ». Le dimanche 26 novembre 2017, les grandes sociétés de tabac des États-Unis avaient commencé à diffuser des messages publicitaires aux heures de grande écoute et des pleines pages dans les journaux nationaux. (Crédits : Basil MK/Pexels)

    Cigarette, tabac, produits chimiques

    « Plus de gens meurent chaque année à cause du tabac que de meurtres, de sida, de suicides, de drogues, d’accidents de voiture et d’alcool, réunis », explique une publicité. En effet, selon l’OMS, le tabac fait plus de 8 millions de morts chaque année, équivalent à la population de la ville de Busan, en Corée du Sud. Plus de 7 millions d’entre eux sont des consommateurs ou d’anciens consommateurs ; environ 1,2 million des non-fumeurs involontairement exposés à la fumée, relate l’Organisation mondiale de la Santé. Ainsi, le jury a également déclaré les défendeurs responsables à l’égard du groupe pour des dommages-intérêts punitifs forfaitaires d’un montant de 145 milliards de dollars, en plus du libre accès à l’ensemble des documents secrets des fabricants de tabac.

    Le scandale du glyphosate de Monsanto

    Paul François, agriculteur du pays charentais, inhale accidentellement des vapeurs d’un herbicide de la firme Monsanto commercialisé sous le nom de Lasso, le 27 avril 2004. L’accident est survenu en vérifiant une cuve restée au soleil, alors qu’il pratique un épandage classique avec son tracteur sur ses cultures. L’herbicide n’est interdit en France que depuis novembre 2007, alors qu’il avait été banni du Canada dès 1985, puis en Belgique et au Royaume-Uni en 1992.

    Monsanto, agriculteur, Charente

    Il faudra attendre le 21 octobre 2020, pour que la firme Monsanto, rachetée par l’Allemand Bayer en juin 2018 pour 63 milliards d’euros, soit définitivement reconnue coupable.

    Un autre homme, outre-Atlantique, fait vaciller le colosse de l’industrie agrochimique Bayer-Monsanto, Edwin Hardeman. L’homme avait utilisé à des fins personnelles le « Roundup » dans son jardin pendant près de trois décennies. Le 27 mars 2019, un tribunal fédéral américain de San Francisco condamnait la firme à verserr 80,8 millions de dollars, soit 71,8 millions d’euros à Edwin Hardeman atteint par un lymphome non hodgkidien. Comme le scandale du tabac, après celui du Watergate dans les années 1970, c’est le « Monsanto Papers » qui rend compte de la manipulation de l’Industrie. (Crédits : Philippe Juste/MaxPPP)

    Cela montre comment la puissante firme faisait paraître des articles montés et écrits par ses employés et signés par des scientifiques de renom, contre rémunération.

    « Considérée comme une forme grave de fraude scientifique, cette pratique consiste, pour une entreprise, à agir en “auteur fantôme” : alors que ses propres employés rédigent textes et études, ce sont des scientifiques sans lien de subordination avec elle qui les endossent en les signant, apportant ainsi le prestige de leur réputation à la publication. Ces derniers sont bien entendu rémunérés pour ce précieux service de ‘blanchiment’ des messages de l’industrie. Dans le plus grand secret, Monsanto a eu recours à ces stratégies », souligne Le Monde.

    Edwin Hardeman est l’un des hommes reconnu victime des agissements et mensonges de la firme Monsanto. (Crédits : capture d’image CGA)

    Edwin Hardeman, monsanto, condamnation

    L’agnotologie

    L’instrumentalisation de la science à des fins pécuniaires et sans remords aucun de la part des grandes firmes donne naissance à une nouvelle discipline, l’agnotologie. Littéralement, science de la production d’ignorance, du doute ou de la désinformation. Elle met au jour les pratiques et les mécanismes cachés qui contribuent à retarder, parfois de plusieurs décennies (les poursuites judiciaires s’arrêtent au décès du plaignant en France) des décisions vitales, mais aussi le trucage des protocoles, voire la fabrication ad hoc de rats transgéniques pour garantir les résultats souhaités.

    Science, complot, poursuite

    Elle explique enfin, au plus près de la recherche, pourquoi nos sociétés dites « de l’information » s’accommodent si bien de l’inertie collective qui, dans le doute, favorise le business « as usual » et la consommation sans frein. Quelques-uns de ses représentants sont reconnus, dont l’historienne américaine des sciences Naomi Oreskes.

    Cette science donne la parole à des acteurs de premier plan pour un combat déterminant entre « bonne » et « mauvaise » science. Un exemple, avec les « découvreurs » des méfaits du bisphénol A, menant à son interdiction, sur l’hexagone depuis le 24 décembre 2012, mais discutée en Europe. Le produit ayant des effets observés sur la fertilité est toxique pour la reproduction humaine.

    (Crédits : Princeton University Press)

    Quand on voit également que le président brésilien, Jair Bolsonaro, ancien capitaine de l’armée, catholique converti à l’évangélisme, a des prises de positions radicales, racistes, homophobes, misogynes et emplies d’une nostalgie de la dictature. D’ailleurs pour Bolsonaro, il n’y a pas eu de coup d’État en 1964, c’était une « révolution démocratique ».

    Il s’est servi du « guide du zizi sexuel », pour discréditer le ministère de l’Éducation, Fernando Haddad, à des fins présidentielles. D’autant que ce dernier affirmait, dans une interview d’août 2018, qu’il s’agissait d’un « kit gay » distribué dans les écoles au Brésil.

    En réalité, il est un ensemble de documents devant être distribué en 2011 dans le cadre du projet « École sans homophobie », pour lutter contre l’intolérance envers la communauté LGBT. Alors que le best-seller de 2001 de ZEP et d’Hélène Bruller, ne l’a jamais été.

    Sans être complotiste, le cumul des scandales de toutes sortes, « Tabac », « l’ARC », « Sang contaminé », « Diamants de sang »… comme les mensonges de l’ancien ministre Cahuzac devant ses pairs, ou celui du président américain Bill Clinton en 1998, le président Georges W Bush affirmait selon un rapport le 7 octobre 2002 que l’Irak de Saddam Hussein « possède et produit des armes biologiques » tout en « poursuivant un programme d’armes nucléaires ».… entache la confiance envers les femmes et les hommes politiques.

    (Crédits : ZEP)

    Zep, Titof, bd

    Ajoutez à la défiance des politiques, une proposition de loi renforçant le pouvoir des forces de l’ordre et de la répression, un soupçon de complotiste, des caméras intelligentes, la reconnaissance faciale, un transfert de compétences régaliennes vers le domaine privé et saupoudrez le tout d’une pandémie d’un virus tel le Covid-19, et vous obtenez des idées de scénario pour des séries à succès.

  • J’ai un « bug » informatique

    J’ai un « bug » informatique

    Ne vous est-il pas déjà arrivé que ce soit en cours, au travail, chez vous… que le matériel informatique ne fonctionne plus, ou que l’écran reste figé, ou encore, à la fin d’une journée, votre ado, interloqué, vous dise « JPP, askip ma gow a poucave »… Oui, c’est effectivement à cet instant que vos neurones s’entrechoquent, se nouent et qu’à la fin votre cerveau « bug ». Rassurez-vous, ce n’est que passager. Car chaque problème possède sa solution, autrement, il n’y a pas de problème. Mais, connaissez-vous l’origine de ce terme ?

    Selon le Cambridge Dictionnary, le mot bug signifie un tout petit insecte. S’exprimer par « J’ai un bug informatique » signifierait que vous possédiez un insecte informatique ? Non, c’est plus simple que cela. Mais, que vient faire un insecte dans le monde informatique ? La légende prend date au mardi 9 septembre 1947, à 15 h 45 précise. C’est-à dire que dans 163 jours, à partir du 30 mars 2021, soit le 9 septembre 2021, cela fera 74 ans, soit 648 684 heures, donc 2 335 262 400 secondes… Vous avez buggé, pardon, boggué !

    Vous avez-dit « bug »

    C’est à cette date que l’informaticienne Grace Hopper, travaillant à l’université d’Harvard aux États-Unis, trouve un papillon de nuit dans le calculateur Mark II. Composé de relais électromagnétiques, le papillon s’était bloqué dans l’un d’eux. Il provoquait un court-circuit mettant en défaut l’ordinateur. Le premier « bug » de l’histoire informatique était né, il n’en faut pas plus pour construire une légende.

    Bug, papillon, informatique

    Plus surprenant, si l’attribution de la maternité du mot « bug » est fréquente envers l’informaticienne et officier Grace Hopper (1906-1992), or cette mention apparaît déjà dans les notes de l’inventeur Thomas Edison (1847-1931) explique Isabelle Collet. Dans « Les oubliées du numérique », la professeure en sciences de l’éducation rappelle que « ce terme était déjà en usage pour désigner une panne au temps de Thomas Edison ».

    Voici l’image, conservée à la Smitsonian Institution, du premier cas réel de bug. (Crédits : Smithsonian Institution)

  • Le cybercasse de deux Français pour 9,5 millions de dollars

    Le cybercasse de deux Français pour 9,5 millions de dollars

    C’est le cybercasse le plus important à ce jour. Si la société GateHub a déclaré croire que le pirate informatique avait abusé de son API pour mener ses attaques, sans vraiment savoir comment. Cela semble similaire à une attaque DDoS par réflexion, d’où l’usurpation d’identité. Cette attaque (DDoS) fleurit chez les opérateurs de Ransomware, parce qu’elle est relativement facile à mettre en œuvre. Pour autant, il est possible d’anticiper cette menace, car les conséquences peuvent être dramatiques pour les cibles impactées.

    Le préjudice peut être financier, atteindre l’image même de l’entreprise, causant des dommages irrémédiables. En premier lieu, qu’est-ce qu’une attaque par DDoS ? Quelles sont les cibles privilégiées ? Comment s’en prémunir ? Que faire en cas d’infection ?

    DDoS, rien ne va plus…

    « Les attaques par déni de service distribué (Distributed Denial of Service ou DDoS) sont aujourd’hui fréquentes, notamment du fait de la relative simplicité de leur mise en œuvre, et de leur efficacité contre une cible non préparée. Ces attaques peuvent engendrer des pertes financières non négligeables par l’interruption de service ou encore indirectement, par l’atteinte portée à l’image de la cible », explique le rapport, « Comprendre et anticiper les attaques DDoS » de l’agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) en préambule.

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    Une attaque par « déni de service distribué » (de l’anglais Distributed Denial of Service, DDoS) vise à rendre indisponibles un ou plusieurs services dans un but purement malveillant. L’origine peut être une vengeance, jusqu’aux revendications idéologiques, et bien sûr les extorsions de fonds, à l’aide des fameux Ransomares. Cette attaque se sert d’une faiblesse, d’une vulnérabilité logicielle ou encore ,. Imaginons que votre site possède la capacité de 100 000 connexions simultanées, il suffit de saturer la bande passante, ou attaques volumétriques, pour rendre inopérant votre site. Comme lorsqu’en plein cours, ou, lors d’une réunion, vous recevez trop de demandes et d’informations. Elles vous provoquent un « Bug » au cerveau.

    L’attaque use de machines infectées, dites zombies, pour multiplier les connexions et ainsi faire tomber le site de la cible. (Crédits : numerama)

    Il peut s’agir aussi d’une grande ouverture de nouvelles sessions TCP dans un intervalle de temps très court, ou encore d’un nombre trop important de traitements concurrents effectués par une base de données. Le TCP (NDLR : Transmission Control Protocol), littéralement, « protocole de contrôle de transmissions », est un protocole de transport fiable, en mode connecté, documenté dans la RFC 7931 de l’IETF. Oubliant le bien-fondé et la protection de notre vie privée, une phrase est entendue maintes et maintes fois : « Je n’ai rien à cacher »… indiquant la non-conscience et supputant la faible protection des systèmes d’informations usités par le grand public.

    Néanmoins, nous parlons d’attaque DDoS lorsqu’elle fait intervenir un réseau de machines (souvent compromises, par exemple le vôtre) afin d’interrompre la majeure partie, du ou, des services d’une entreprise, d’une collectivité, d’un centre de soins, d’un hôpital, d’un SDIS… a contrario, d’un ordinateur du quidam lambda.

    Les opérateurs derrière le ransomware Avaddon revendiquent, preuve à l’appui, l’attaque par DDoS, l’une des dernières victimes affichées ci-dessus, comme Mikro Trading, en Tchéquie, Basque Centre for applied mathematics (BCAM) en Espagne, mais aussi l’entreprise Targetcom basée en France.

    La réponse est plus simple qu’il n’y paraît. Toute entité dont l’activité dépend d’une infrastructure connectée à l’Internet, autrement dit, toutes ! Évidemment, des cibles sont plus lucratives pour les entités malveillantes : ainsi le e-commerce, les gouvernements, les institutions financières, ou bien encore les structures d’hébergement informatique sont des mets privilégiés. En 2014, l’ANSSI admet que les opérateurs français constataient plus d’un millier d’attaques journalières, soit une toutes les 86 secondes. (Crédits : capture d’écran)

    DDoS, ransomware, avaddon

    Plusieurs moyens d’attaques : ils peuvent user de botnets, de réflexion, d’amplification (DNS, NTP). L’attaque par réflexion consiste à envoyer des paquets (comme vous envoyez des courriers à un tiers) en utilisant l’adresse IP de la machine ciblée comme IP source, pour tromper le terminal par usurpation d’identité. L’amplification est volumétrique, a pour objectif d’épuiser la bande passante réseau disponible afin de rendre un ou plusieurs services inaccessibles. Elle se distingue avec des protocoles DNS, NTP et bien d’autres encore.

    Comment s’en prémunir

    En premier lieu, considérer qu’un système d’information peut avoir des faiblesses, et donc renforcer l’équipe pour améliorer la sécurité desdits systèmes. Les équipements de type pare-feu et les répartiteurs de charges contribuent à absorber certaines attaques. La limite est lorsque les sites possèdent une forte audience. « Ils ne constituent pas une protection suffisante contre ce type d’attaque d’une manière générale », assure le rapport de l’ANSSI.

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    Pour cela il est nécessaire, comme dans un bâtiment de guerre (par exemple un sous-marin), de posséder des contres-mesures. Avant de lancer ces protections, il faut identifier la procédure des attaquants. Les moyens mis en œuvre sont pléthores. Car une attaque peut intervenir sur n’importe quelle partie de la chaîne, en interne comme en externe.

    Donc, une fois les terminaux protégés, il est primordial que les services ayant accès auxdits terminaux le soient également. Les hébergeurs sont susceptibles d’être force de proposition (entreprise extérieure pour l’hébergement des serveurs), des filtrages comme lorsque vous tamisez votre farine pour la rendre plus fine. Ces derniers sont effectués par un opérateur de transit ou encore en amont par des filtreurs. (Crédits : David Mark/Pixabay)

    De plus, il existe un réseau de diffusion de contenu (Content delivery network, CDN) formant un maillage de terminaux reliés via l’Internet et protègeant vos installations, car toutes les données ne sont pas au même endroit. Cela est comme les pièces d’un puzzle disséminées à droite et à gauche, vous pouvez assembler toutes les pièces et obtenir l’objectif final, le beau château ou les petits chatons jouant avec la pelote de laine, sans posséder aucun morceau dudit puzzle chez vous… Le plus simple est d’avoir et d’être en bonne relation avec le responsable de la sécurité informatique, vulgarisé par « RSSI » et de lui demander conseil.

    Que faire en cas d’attaque ?

    Lorsqu’une attaque est détectée, cela signifie que vous disposez de moyens de supervision et d’alerte, si ce n’est le cas, munissez-vous-en. Vous pouvez évaluer votre niveau d’exposition à la menace « Cyber » sur cette page-ci. Cmme les premiers gestes en portant secours à une personne, il est indispensable de protéger, alerter, écarter et secourir rappellent les sapeurs-pompiers de France. Avant de lancer les contre-mesures, identifier l’élément défaillant, le ou les protocoles utilisés ainsi que les sources de l’attaque… L’attaque DDoS peut-être un cheval de Troie, masquant la véritable volonté des opérateurs malveillants, à savoir une exfiltration de données (Ramsomware) ou une tentative d’intrusion.

    « Selon la nature de l’organisme attaqué, la loi peut imposer une déclaration d’incident. Cette déclaration ne constitue en aucun cas un dépôt de plainte, et ne s’assortit d’aucune garantie d’assistance technique », martèle l’ANSSI. De plus, les opérateurs d’importance vitale sont tenus d’informer sans délai l’agence nationale. En 2014, un incident considéré comme significatif atteint au minimum 100 000 abonnés. En cas de survenance d’incident, l’ANSSI possède une page, plus que complète, pour le déclarer « En cas d’incident ». Elle apporte des réponses aux questions que vous pourriez vous poser et les liens s’y rapportant. Car l’attaque DDoS peut avoir de graves conséquences pour l’entreprise ou la collectivité et judiciaires pour ces auteurs. Le Code pénal, à travers son article L 323-2, prévoit jusqu’à 5 ans de prison et 150 000 euros d’amende le fait d’entraver ou de fausser le fonctionnement d’un système de traitement automatisé de données. Lorsque cette infraction a été commise à l’encontre d’un système de traitement automatisé de données à caractère personnel mis en œuvre par l’État, la peine est portée à sept ans d’emprisonnement et à 300 000 € d’amende.

    (Crédits : Mary Pahlke/Pixabay)

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    Ces sanctions n’incluent évidemment pas les dommages et intérêts que les victimes de l’attaque pourraient réclamer au civil, au titre du préjudice, notamment matériel. En outre, l’article L 323-1 insiste sur « le fait d’accéder ou de se maintenir, frauduleusement, dans tout ou partie d’un système de traitement automatisé de données est puni de deux ans d’emprisonnement et de 60 000 € d’amende. Lorsqu’il en est résulté soit la suppression ou la modification de données contenues dans le système, soit une altération du fonctionnement de ce système, la peine est de trois ans d’emprisonnement et de 100 000 € d’amende. Lorsque les infractions prévues aux deux premiers alinéas ont été commises à l’encontre d’un système de traitement automatisé de données à caractère personnel mis en œuvre par l’État, la peine est portée à cinq ans d’emprisonnement et à 150 000 € d’amende. »

    Jusqu’à 7 ans de prison

    Les exemples de condamnations sont nombreux. Blanchiment d’argent avec le ransomware Locky, « The dark overlord » condamné à 1, 5 million de dollars d’amende, et 5 ans de prison, même nombre d’années de prison pour un hacker Canadien, Karim Baratov tandis que Roman Seleznev en prenait 27. Grant West citoyen britannique condamné à dix ans et huit mois en 2018. Le 13 janvier 2020, en France, un jeune hacker écopait d’une peine de quatre mois de prison avec sursis.

    Prison, noir, détenu

    Un jeune Grenoblois de 20 ans, connu sous le pseudo « Prosox » avait pris six mois avec sursis dans une précédente affaire et 140 heures de travail d’intérêt général pour le piratage de la chanson, dont le clip est le deuxième le plus visionné avec 7,264 milliards de vues au 24 mars 2021, « Despacito » sur le site Vevo.

    Mais ce dernier se retrouvait dans une bien plus grosse affaire judiciaire. En effet, deux jeunes Français de 20 et 21 ans, Nassim B et Gabriel K.A.-.B. connu respectivement sous les pseudonymes « Prosox » et « Kuroi’SH », ont dérobé plus de 9 millions de dollars en cryptomonnaie. « Sur Internet, nul n’est à l’abri d’une action malveillante ou de messages non sollicités. »

    (Crédits : Ichigo121212/Pixabay)

    Le 18 février 2021, le gouvernement français affichait la stratégie française pour accroître la cybersécurité et faire face à la menace. « La cybersécurité constitue un moteur de croissance important pour les années à venir. Saisissons-nous de cette technologie pour nous positionner dans les secteurs économiques de demain : le véhicule autonome, l’Internet des objets ou l’informatique en nuage (Cloud) par exemple. C’est maintenant que cela se joue […] », explique Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, des Finances et de la Relance. Le but : renforcer la protection des citoyens, des administrations et des entreprises. Et le 8 mars 2021, l’ANSSI proposait un guide des mécanismes cryptographiques, avec des règles et des recommandations. Comme les services de la météorologie, l’agence nationale possède une page relatant les principales menaces. Enfin, elle propose des liens pour signaler toute malveillance ou encore des spams reçus, car l’ANSSI exhorte : « Sur Internet, nul n’est à l’abri d’une action malveillante ou de messages non sollicités. »

  • Habillé aux parfums de Bretagne

    Habillé aux parfums de Bretagne

    Le chandail de ma grand-mère m’évoque des souvenirs. « Il fait frisquet, mets un chandail », me disait-elle. Cela doit évoquer des images pour certains, quand d’autres iront voir dans un dictionnaire, ou directement, via un moteur de recherche, sur l’Internet. Mais savez-vous d’où vient ce fameux chandail ? Pourquoi le portait-on ? Et surtout quelle est son histoire ? Tout comme la marinière célébrée par Jean-Paul Gaultier. Retour sur cet élément de la garde-robe d’un temps ancien.

    Le chandail vestige d’un temps incertain se trouve dans les armoires des grands-parents. L’un évoque les pêcheurs, l’autre conte les mousses de la Marine nationale. Mais derrière ces deux pièces, ces vêtements nous racontent l’histoire de la mode. Entre fragments d’une culture populaire et l’histoire de la Bretagne, jusqu’aux podiums des défilés parisiens.

    Du chandail à la marinière

    Remontons un siècle, voire deux en arrière, pour nous replonger dans « un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître », chantait Charles Aznavour. En effet, filons au XIXe siècle, dans un pays cher à Gwen, un ami journaliste, la Bretagne. Les maraîchers bretons qui vendaient l’ail aux Halles de Paris portaient de gros pulls tricotés en hiver. C’est donc de ces « marchands d’ail » que nous vient l’origine du terme de chandail.

    Halle, Paris, marché

    Il est un vêtement de dessus en tricot de laine généralement épais, à col roulé et manches longues, qui s’enfile par la tête et s’arrête à la taille ou aux hanches, définit le centre national de ressources textuelles et lexicales (CNRTL). Pour saisir l’origine du mot chandail, il faut se plonger dans la langue française et ses subtilités. Ainsi une aphérèse consiste à enlever une lettre ou une syllabe au commencement d’un mot. Emprunté du latin aphaeresis, du grec aphairesis, proprement « action d’enlever » explique l’Académie française à travers son dictionnaire.

    Ainsi, l’artiste peintre, sculpteur et architecte Giotto a subi l’aphérèse de son prénom Ambrogiotto, tout comme Lino Ventura (1919-1987) dont le prénom était Angiolino. Acteur incontournable et père d’une enfant pas comme les autres, il est à l’origine de la fondation Perce-neige. Donc l’aphérèse appliquée au marchand d’ail, donnera « chand-ail », d’où le nom porté par le pull tricoté, qui gratte un peu, après l’avoir revêtu, pour la première fois. « J’ai l’impression qu’on vit comme quand grand-mère tricotait, une maille après l’autre, et ce n’est qu’après un long temps qu’on se rend compte que c’est un chandail », ajustait André Brink dans son œuvre « Le Mur de la peste »

    Les Halles de Paris en 1931 concentraient et représentaient la vie populaire (Crédits : DR)

    Du chandail à la marinière

    La marinière est indissociable de la vie des mousses et de la Marine nationale. C’est aujourd’hui, il y a 163 ans, le 27 mars 1858, que le bulletin officiel détaillait la liste des uniformes des matelots. « Les marins français sont fiers d’être reconnus du premier coup d’œil par leurs frères d’armes et leurs concitoyens, voire par les marins étrangers. […] Aussi, bien que pouvant être jugés d’un autre temps, le sabre, le veston croisé, la vareuse et son col bleu, le tricot rayé et le bonnet à houppette rouge ont encore un bel avenir devant eux », détaille Éric Schérer dans « Le marin et son uniforme. Une identité à affirmer ».

    Incontournable, cette pièce qui officiait en tant que sous-vêtement devait compter un nombre de lignes bien précises est devenue un classique de la mode. Soumise à des codes et dimensions strictes : « 21 raies blanches larges de 20 mm et 20 ou 21 raies bleues larges de 10mm. Pour les manches, le tricot doit comporter 15 raies blanches et 14 ou 15 raies bleues ».

    Elle était à manches trois quarts pour ne pas dépasser de la vareuse. « À bord d’un bateau, il faut éviter tout ce qui est coutures, boutons, pour éviter de se prendre dans les cordages. Comme le tricot descend jusqu’aux débuts des cuisses, c’est long, donc il y a plus de rayures, c’est tout », souligne Delphine Allanic.

    Deux femmes changeront, à tout jamais, le statut de la marinière. Sidonie-Gabrielle Colette, dite Colette (1873-1951), écrivaine et présidente de l’Académie Goncourt de 1949 à 1954, et, Gabrielle Chanel, dite Coco Chanel (1883-1971), créatrice de mode, modiste et grande couturière française. La première porte régulièrement la tunique dans les bals masqués à Paris vers la fin du XIXe siècle, relate Le Point.

    Cependant, il faut attendre XXe siècle pour que le tricot rayé passe à la forme que nous connaissons. Dans les années 1916-1917, Coco Chanel, va le vulgariser et le rendre plus fluide, à base de soie. Un grand pari pour l’époque, car elle propose aux femmes bourgeoises de porter un vêtement de travail… masculin ! (Crédits : DR)

    Le tricot rayé connaît une reconnaissance internationale à travers 7e art et la Nouvelle Vague française, le tout au travers d’un film culte : « Le Mépris » de Jean-Luc Godard. « Quand j’y réfléchis bien, outre l’histoire psychologique d’une femme qui méprise son mari, Le Mépris m’apparaît comme l’histoire de naufragés du monde occidental, des rescapés du naufrage de la modernité, qui abordent un jour, à l’image des héros de Verne et de Stevenson, sur une île déserte et mystérieuse, dont le mystère est inexorablement l’absence de mystère, c’est-à-dire la vérité », décrit le cinéaste. Mais c’est une autre icône de la mode, grand couturier au demeurant et idole d’une amie, Élodie, qui fera de la marinière une création mythique, un certain Jean-Paul Gaultier. « J’aime voir les choses sous un angle inhabituel, et remettre en question l’attendu ». Le toucher de l’artiste se découvre jusqu’aux flacons des parfums de sa marque en marinière, la boucle est bouclée…