« C’est un yéti ! »

La vie de la nature étonne à chaque instant. Que ce soit le Yéti, découvert en 2005, le Toxot, l’autruche ou encore le Wombat, tous font preuve d’une particularité qui les rend extraordinaires. Les plus âgés furent bercés au son des histoires rocambolesques du célèbre reporter croqué par Hergé, avec entre autres « Tintin au Tibet » et la rencontre avec l’abominable homme des neiges. Cette légende n’existe plus, depuis l’année 2005.

Il est blanc, il est poilu et vit caché, c’est le fameux Yéti ! Pas tout à fait, c’est le Kiwa Tyleri, le petit dernier de la famille des crabes-yétis à avoir été découvert, mais le premier dans les eaux froides de l’Antarctique, en 2015. Le premier représentant du groupe de créatures aux pattes velues (mis à part l’Homme) a été détecté dans l’océan Pacifique Sud, le fut une décennie auparavant. À contrario de l’abominable homme des neiges avec qui il partage son nom, ce crustacé à pinces mesure de 0, 5 à 15 centimètres. Ce n’est que la troisième espèce de crabe-yéti connue à ce jour. Des scientifiques, en exploration, dirigeaient leur véhicule vers les sources hydrothermales de l’est de la dorsale Scotia. Elles se situe à plus de 2 600 mètres de profondeur. Ils découvraient que d’importantes communautés de crabes-yétis y vivaient dans des conditions stupéfiantes. Les températures ici-bas dépassent de peu le point de congélation, cependant, l’eau qui s’échappe des sources brûlantes le cuirait instantanément avec ses 400 °C.

Les crabes-yétis, qu’ils soient femelles ou mâles, se regroupent sur une source hydrothermale de la dorsale de Scotia. Ils vivent à 700 par mètre carré. (Crédits : Conseil national britannique de recherche environnementale)

Dépourvus de rayons de soleil, ces crabes trouvent leur ressource vitale en mêlant l’utile à l’agréable. Grâce à leur pilosité plus qu’importante, nommée setae, ils attirent les bactéries dont ils se nourrissent principalement, et prirent le surnom de « crabe Hoff », en hommage à la star d’Alerte à Malibu David Hasselhoff. Sven Thatje, (directeur de l’étude et écologiste à l’université de Southampton au Royaume-Uni), avoue préférer le nom officiel de l’espèce, K. tyleri. Un choix effectuer avec son équipe pour rendre hommage à la carrière de Paul Tyler, professeur émérite de l’université de Southampton et pionnier de la recherche en eaux profondes.

L’œil plus gros que son cerveau

Dans les particularités, l’autruche en possède plus d’une, mais celle de son œil n’est pas piquée de hannetons. Premièrement, l’image qu’elle plante sa tête dans le sable pour se cacher est pure légende. Elle vient de Pline l’Ancien, naturaliste romain, qui rapportait ce phénomène dans Histoire naturelle, au premier siècle de notre ère. Néanmoins, cet oiseau pourrait presque dunker sans sauter. Elle mesure pour les plus grandes jusqu’à 2, 80 m quand le panier de basket culmine à 10 pieds ou 3, 05 mètres.

L’autruche est le plus grand des oiseaux, pèse 90 kilos chez les femelles et près de 150 kilos pour les mâles. Elle peut aussi sauter jusqu’à 1, 5 mètres en hauteur et des bonds de 4 m. Son espérance de vie à la naissance est de 70 ans , et de 40 ans en captivité. (crédits : Andreas Volz/Pixabay)

C’est pourquoi voyant ses prédateurs de loin, elle a tendance à se plier pour bénéficier du fait des mirages pour se cacher. L’effet visuel de réflexion de la lumière donne la sensation de grande flaque d’eau, ainsi le plus gros et plus grand des oiseaux se sert à bon escient de ses capacités mentales. Chose impressionnante, car l’autruche a deux yeux de 5 cm de diamètre quand l’homme atteint tout au plus 2, 4 cm. De plus chaque globe oculaire pèse 47, 6 grammes, pour 7 chez l’homme. Enfin son cerveau est 33 fois plus petit que celui de l’homme (1, 4 kg) avec 42, 1 gramme, ce qui démontre que la taille ne fait pas tout.

Cupidon ou Toxot ?

Dans le but d’atteindre votre but à l’aide d’une flèche, préféreriez-vous Cupidon ou le Toxot ? Tous deux sont redoutables et font mouche à chaque fois. Le premier est selon la mythologie romaine le fils de Vénus et de Mars, Dieu de l’amour, le second connu sous le nom de Toxotes Jaculatrix ou poisson archer à bandes noires. Originaire des côtes sud de l’Asie, il mesure en moyenne 20 cm. Il possède la capacité d’envoyer un jet d’eau à 2 mètres au-dessus de la surface, dix fois sa taille.

Le Toxot ou poisson archer vit dans les eaux légèrement saumâtres des estuaires et des mangroves de Asie du Su-Est ainsi qu’en Océanie. (Crédits : Marhi_226/flickr)

Un tube formé entre son palais et le bord de sa langue recueille de l’eau qui éjectera avec force en fermant ses ouïes. Pour être sûr de toucher leurs proies, chaque jet est dix fois plus important que la cible (insectes, lézards, araignées…). En cas de blocage de cette dernière, cet « as de la gâchette » peut effectuer un bond hors de son milieu naturel de 30 cm.

Le Wombat bat Usain Bolt

Si la comparaison demeure anecdotique, le Wombat, marsupial dodu de trente kilogrammes environ, peut sprinter à 40 km/h durant 90 secondes, en cas de danger. Il effectuerai le 100 m en 9 secondes, alors qu’Usain Bolt, qui détient le record du monde depuis le 16 août 2009 terminerait avec 58 centième de secondes de retard. De plus, son arrière-train est doté d’une plaque cartilagineuse dure, protégeant l’entrée de son terrier. L’originalité réside en l’expulsion de ses excréments sous la forme de cube. Cette particularité est associée au nombre de cacas quotidien, comme le lapin, il est prolixe. Pas moins de 100 chaque jour, mais de la forme d’un dé à jouer.

Une mère Wombat et son petit. Ils vivent dans les forêts montagneuses d’Australie, et sont herbivore. (Crédits Yang Et Al)

Le wombat à nez nu (vombatus ursinus) laisse comme marque de son territoire des crottes cubiques. Comment fait-il alors que son anus est rond, voici la question que se sont posée des scientifiques. Scott Carver, spécialiste australien de la faune sauvage et coauteur de l’étude, dissèque un cadavre de wombat euthanasié après avoir été percuté par une voiture. Il remarque alors la présence des fameuses crottes cubiques dans le dernier mètre des boyaux de l’animal. En revanche, les excréments sont encore liquides en amont. Ils ont examiné les intestins, et constaté qu’ils contiennent deux rainures où les viscères sont plus flexibles. Les parties les plus rigides sont « Comme un élastique rigide, elles vont se contracter plus rapidement que les régions molles », souligne David Hu, chercheur en biomécanique au Georgia Institute of Technology et auteur de l’étude.

Une crotte en forme de cube est déposée par le mammifère sur le sommet d’un rocher, il borne les limites de son territoire. (Crédits : Yang Et Al)

Les zones intestinales plus souples se contractent lentement et moulent les derniers coins du cube, explique l’équipe. Chez d’autres mammifères, le péristaltisme ondulatoire des muscles gastro-intestinaux est constant dans toutes les directions. Mais chez le wombat, le tissu rainuré et les contractions irrégulières sur de nombreux cycles forment des cubes fermes aux côtés plats. Cette étude, pour le moins originale, peut prêter à rire. Mais pour Scott Carver, cette façon de fabriquer des cubes à partir d’un tube souple pourrait être appliquée à d’autres domaines, comme le secteur de la santé ou de l’industrie. Une question de pose : « Quelles sont les véritables inventions de l’Homme ? »

Romuald Pena

Journaliste et curieux de nature, j’aime les mots et ce qu’ils chantent aux oreilles qui les entendent. « La vérité, c’est qu’il n’y a pas de vérité », assurait Pablo Neruda. Ainsi j’apporte des faits, des faits, encore et toujours des faits, car : « Nous ne pouvons être condamnés à pire, à juger les autres, à être des juges. » (Le Testament d’Orphée, de Jean Cocteau)

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.