Alors que le Code de la route faisait son apparition quelques jours auparavant, la préfecture de Paris déployait des mesures rendues « nécessaires » par le développement intense de la circulation dans la capitale. Les prémisses des feux tricolores pour canaliser le flux de voitures voyaient le jour ce 18 juin 1922. Ils étaient placés aux principaux carrefours où un disque indiquait l’arrêt ou la libre circulation aux automobiles. Le balbutiement donnait quelques fils à tordre à tout usager.
Ainsi qu’un terre-plein central, un policier actionnait le dispositif pour alerter les administrés que le sens de circulation était libre avec « Passez » ou au contraire que vous deviez stopper en voyant le disque s’exprimer d’un « Halte ». Le chemin fut long explique C. d’Avron journaliste du quotidien Excelsior. En premier lieu, le docteur Goupil, de surcroît conseiller municipal, construisait un kiosque pour améliorer la circulation.
En 1912, un exemplaire de ce « kiosque-signal » est placé à titre expérimental au carrefour situé à l’angle des rues Montmartre et du Faubourg-Montmartre. L’expérimentation n’étant pas satisfaisante, elle était jugée plus divertissante qu’utile, il sera démonté 20 jours plus tard. (Crédits : DR)
Les ordonnances se suivent. La première le 10 juillet 1900 établit en quelque sorte une charte de la circulation. Les écrits du 10 février 1909, et du 28 juillet 1910 précède la quatrième du 24 juillet 1913 qui stipulait que les voitures devraient ralentir at s’arrêter aux points d’arrêts des omnibus et tramways, ou trolley, pour laisser les pétions descendre et traverser la chaussée sans risque de se faire écraser. Les 25 et 27 décembre 1921, les deux dernières rendaient obligatoire le sens unique de certaines voies, notamment pour les ancêtres des poids lourds.
Surnommé « bâton Lépine », le bâton blanc est l’emblème des agents de circulation. En mars 1965, avec la réorganisation de la police, qui devient nationale, deux attributs disparaissent avec de l’équipement : la pèlerine et… le bâton blanc. Mais il apparaît à la main de MichelGalabru dans le film de ClaudeZidi « Les Sous-doués ». (Crédits : DR)
LouisLépine au retour d’un voyage en Angleterre ramena comme souvenir le fameux bâton blanc qu’usaient les personnels des gardiens de la paix. La simplicité et surtout l’efficacité de l’homme et du matériel encourageaient la préfecture à en déployer davantage. Plus les jours effilochaient, plus la présence de véhicules était prégnante. Si bien, que chaque agent fut muni d’un bâton en noyer encaustiqué « à peu près aussi visible que le bâton passé au ripolin blanc ».
Les premiers dispositifs pour aider les piétons à traverser des voies n’apparaissent qu’au début des années 1930. Le passant « n’aura qu’à appuyer sur un bouton, une lampe rouge s’allumera et les voitures devront stopper pour permettre à l’isolé de circuler ». Le tout accompagné d’une sonnerie, comme certains passages à niveau. (Crédits : DR)
La catégorie qui deviendra reine, fut au départ des signaux de phares à feu clignotant de couleur blanche puis jaune, « placés comme guides de circulation ou régulateurs placés à un croisement » il faudra attendre l’année 1938 pour que les feux tricolores « rouge, jaune, vert » apparaissent.
La famine qui a sévi en Russie de 1921 à 1922 effrayait les populations françaises et les journalistes qui relayaient des épisodes de survie du peuple russe. La principale cause est la sécheresse de 1921 qui toucha les régions tempérées de l’hémisphère nord de l’automne 1920 au début du printemps 1922. À Paris, il ne tombe que 267 mm de pluie dans l’année, ce qui en fait l’année la plus aride du XXe siècle, loin devant 1976 avec 440 mm. Entre le 20 mai et le 17 juillet 1921, il ne pleut que 18,6 millimètres.
La seconde raison est anthropique, avec la désorganisation des moyens de production et de distribution en raison des réquisitions du communisme de guerre et de la collectivisation forcée. Des images qui hantent les chaumières de jusqu’aux steppes de l’Asie centrale. Chaque jour, des milliers de vies humaines dépérissent. Les cimetières trop petits sont délaissés, alors les défunts privés de sépulture sont abandonnés là où ils se trouvent, dans une cour, une rue, un chemin… Quant à ceux qui fraîchement ensevelie six pieds sous terre, les vivants — seule la peau reste sur leurs corps décharnés — se jettent sur leurs tombes, les ouvrent et arrache le défunt à sa dernière demeure avant de les couper en morceaux et de les dévorer.
Lors de la première famine 1921-1922, cinq millions de morts sont à déplorés. Au plus fort des estimations, le nombre allait jusqu’à huit millions entre 1931 et 1933. Des paysans affamés, gisent dans la rue à Kharkov en 1933. (Crédits : Alexander Wienerberger/Diocesan Archive of Vienna/BA Innitzer)
Le journaliste en ce 17 juin 1922 relatait que des réserves de chair humaine auraient été découvertes chez des fermiers, en Crimée. « À Karassoubazar, on a trouvé chez un Tzigane 17 corps d’enfants formant toute une salaison ». À Samara, plus un chien, ni un chat. Du côté de Volsk, l’horreur se lit sur les visages, les parents ne laissent pus sortir les enfants. Le soir venu, il faut se déplacer au milieu de la rue, c’est la règle si on veut survivre. Celui qui marche sur le trottoir est attrapé au lasso, il est entraîné à l’intérieur des maisons et…
À Stavropol, les affamés se nourrissaient de paille, d’écorce, d’herbes, de bouses de vaches à laquelle on ajoutait une quantité ridicule d’orge ou de maïs. Cela rappelle la famine qui a touché Madagascar en 2021. Une décennie plus tard, une autre famine fera de 6 à 8 millions de morts. L’épisode russe semble être presque un mauvais et lointain souvenir, pourtant chaque jour, 25 000 personnes meurent de faim, décèdent, car elles n’ont rien à manger.
La cherté de la vie, que ce soit d’un côté ou de l’autre du Rhin, est réelle. L’Assemblée nationale en France maintenait sa confiance au ministre de l’Agriculture M Chéron. Le prix des matières premières, les importations et exportations, les discussions revenaient en boucle sur le coût de la vie. Les tensions suivant la Première Guerre mondiale ont fait naître des rancœurs parmi les différents belligérants, surtout en ce qui concerne les réparations. En Allemagne, des mouvances nationalistes faisaient déjà beaucoup de bruit, le 16 juin 1922.
Tandis qu’en France, les dockers bloquaient le port de Marseille, pour obtenir que les salaires de nuit soient portés à 40 francs, la peur d’un coup d’État semblait probable outre-Rhin. Le 24 juin 1922 était annoncé de grandes manifestations nationalistes, elles se dérouleraient à Caub. Les futurs participants sont nommés : Ludendorff, et le député pangermaniste Wullé. Caub est l’endroit ou durant la guerre napoléonienne, le maréchal Gebhard Leberecht von Blücher passa le Rhin. De plus, les nationalistes souffraient de se livrer le 28 juin 1922 à une démonstration de force, jour de l’anniversaire de la signature du traité de Versailles. Les autorités craignaient des conflits sanglants, car deux camps s’opposaient : les classes ouvrières à la Ligue nationale des officiers et des soldats allemands. L’intention était de reproduire la nuit de la Saint-Barthélemy envers le gouvernement et la République, et l’histoire montrera la montée en puissance d’un caporal. Depuis le 29 juillet 1921, Adolf Hitler est le dirigeant incontesté du parti nazi : « il n’était alors qu’un agitateur de brasserie : une célébrité locale assurément, mais à peine connue ailleurs ».
L’homme fils d’Émile Rathenau, fondateur d’AEG, est de confession juive. Le 17 juillet 1933, l’organisation paramilitaire Stahlhelm et le chef de la brigade Ehrhardt, affichent leur vision du futur en honorant publiquement les assassins de Rathenau au château de Saaleck. (Crédits : Le Journal/BnF/Gallica)
Deux mois après la signature du traité de Rapallo, le 24 juin 1922, le ministre des Affaires étrangères, Dr Walther Rathenau était assassiné à coups de grenade et de tirs de revolver. Les dispositions du gouvernement en danger indiquaient que par décret spécial, « toutes les manifestations susceptibles de troubler l’ordre et le calme et de mettre en danger la patrie vont être interdites ». Les rassemblements prévus le 28 juin contre le traité de paix et la question de la responsabilité allemande dans la Première Guerre mondiale étaient, d’ores et déjà, prohibés. Quatre jours après l’assassinat de Rathenau, un communiqué officiel de la préfecture de police annonçait les noms des meurtriers présumés. Il s’agissait de Ernest Werner Techow, 21 ans, Fischer dit le pécheur, 25 ans, Knauer, dit Koener, 25 ans, appartenant à l’organisation Consul qui exécuta 354 personnes de 1919 à 1922.
La cour pénale internationale de La Haye qui juge les personnes accusées de génocide, de crime contre l’humanité, de crime d’agression et de crime de guerre est connue de tous. Mais elle ne doit pas être confondue avec la cour internationale de Justice ou tribunal pénal international. Cette dernière a été créée en 1945, après la Seconde Guerre mondiale, pour remplacer la Cour permanente de justice internationale (CPJI), instaurée par la Société des Nations (SDN). Mais qu’elle cette Cour qui vit le jour le 14 juin 1922 ?
Cent ans, un âge honorable pour une entité juridique ! La Cour permanente de justice internationale exista du 14 juin 1922 au jour de sa dissolution, le 18 avril 1946. Sa création résulte de l’article 415 du traité de Versailles et de l’article 14 du pacte de la SDN. Elle fut la première juridiction internationale permanente dotée d’une compétence générale. La CPJI a permis d’éclairer de nombreux aspects du droit international et a ainsi contribué au développement de ce dernier.
Le comité consultatif de juristes réuni dans la grande salle de justice du Palais de la Paix, en juillet 1920. Ce comité était chargé de préparer le Statut de la future Cour permanente de Justice internationale. (Crédits : Livre sur La Cour permanente de Justice internationale)
L’idée de créer une cour de justice internationale remonte à la première Conférence de la paix, qui se tint à La Haye en 1899 et qui aboutit à l’adoption d’une convention pour le règlement pacifique des conflits internationaux prévoyant la création d’une Cour permanente d’arbitrage.
Il existe de grands arrêts issus de la Cour :
L’affaire du vapeur Wimbledon. La Cour a rendu l’arrêt condamnant le gouvernement allemand à réparer le refus d’accès au canal de Kiel le 21 mars 1921.
L’affaire du vapeur Lotus. La Cour donne raison à la Turquie suite à la collision entre le navire français Lotus et le Boz-Kourt, entraînant la mort de huit ressortissants turcs. Elle n’a pas agit en contradiction de l’article 15 de la Convention de Lausanne du 24 juillet 1923
L’affaire des concessions Mavrommatis en Palestine en 1924 puis finalement l’arrêt est prononcé le 10 octobre 1927.
L’affaire de l’usine de Chorzów. Le gouvernement polonais était tenu de payer une indemnité au titre du préjudice subit Sociétés anonymes Ober-schlesische Stickstoffwerke et Bayerische Stickstoffwerke
« La voie judiciaire est ouverte à M. Mavrommatis pour obtenir la réparation du dommage qu’il prétend avoir souffert de par l’inaccomplissement des obligations que le Haut-Commissaire pour la Palestine avait assumées envers lui à la suite des contrats du 25 février 1926. » (Crédits : CPJI)
Elle s’éteint pour engendrer la Cour internationale de Justice qui constitue l’organe judiciaire principal des Nations unies, toujours d’actualité. « Elle fonctionne conformément à un Statut établi sur la base du Statut de la Cour permanente de Justice internationale et annexé à la présente Charte dont il fait partie intégrante. »
Celle de Gènes se terminait quelques jours auparavant que ces beaux messieurs se retrouvaient déjà aux Pays-Bas. En premier lieu, les experts allaient déterminer leur réunion préparatoire, le 15 juin 2022. Puis six jours après, les représentants techniques et le nom des États participants seraient connus. Enfin le 26 juin, deux commissions, toujours de spécialistes, l’une composée des puissances ayant donnée leur agrément, et l’autre ceux de la Russie allaient discuter. L’Allemagne était toujours exclue.
L’interrogation prépondérante suite à la Première Guerre mondiale, est celle des réparations et méandres des négociations entre belligérants. Ainsi, la conférence avait pour but « d’étudier la question de reprise des relations générales avec la Russie, en se conformant aux résolutions de Cannes », expliquait PierreBruneau, journaliste à Excelsior. Trois sujets au centre de l’intrigue : les dettes, la propriété privée et les crédits. Le pensionnaire du 10 downing Street martelait qu’elles devaient être examinées par lesdits experts « conformément au bon sens qui régit les affaires du monde entier ».
Trois thèses s’affichaient :
la thèse française appuyée par la Belgique
la thèse anglaise soutenue par l’Italie
le point de vue des Russes
Les Dettes
L’empire russe avait contracté deux types de dettes, celles d’avant et d’après-guerre. Les premières concernaient les fonds accordés durant la guerre par les alliés, puis les créances d’avant 1914 comme le fameux emprunt russe auprès des Français. D’ailleurs le gouvernement souhaitait que son homologue soviétique prenne les mesures nécessaires pour faire face à ses engagements.
Dette de guerre (en millions)
568,2 (£)
0
115 (Francs-or)
282,136 ($)
950 (Francs-or)
36,723 (Lire)
255 (Yen)
0
Dette totale (en millions de Francs-Or)
19 000
3 500
3 500
2 000
25 000
0
0
5 000
Pays
Angleterre
Allemagne
Belgique
États-Unis
France
Italie
Japon
Hollande, Suisse et pays scandinaves
Les dettes d’avant-guerre auprès de la Belgique s’élevaient à 525 millions de Francs-Or, et de 16 308 millions pour la France. Dont plus de 14 milliards de Francs-Or contractés par les deux peuples pour les « Emprunts-Russes ».
La propriété privée
La France et la Belgique n’avaient pas signé le document le 2 mai 1922 suite aux divergences sur la propriété privée. Il faut dire que la France avait en Russie, dix sociétés minières de charbon et trois de fer à Donetz, quatre entreprises métallurgiques, une de produits explosifs, de soude, de ciment, de sel gemme… Les Belges possédaient trente-sept compagnies minières, charbonnières et métallurgiques, seize fonderies et ateliers de construction, trois de pétroles, quatre de produits chimiques, etc. L’ensemble représentait une valeur commerciale en 1922 de 8,7 milliards de Francs or pour la France et 2,35 pour le « Plat Pays ».
Les cartes réalisées par le Journal Excelsior montraient les intérêts économiques Belges et Français au sein de la Russie. (Crédits : BnF/Gallica/Excelsior)
L’hexagone n’admettait pas la réquisition des biens sans « une juste et préalable indemnité, de plus la restitution doit être la règle et la compensation effective l’exception ». Les Britanniques ne l’entendaient pas comme ceci. « Que le gouvernement russe restitue la propriété saisie par lui ou qu’il dédommage les propriétaires » sous la réserve que les biens à restituer doivent être offert d’abord à leurs anciens propriétaires appuyait Pierre Bruneau.
« Le traité avec l’Angleterre est une base effective pour la reconnaissance expresse de notre nationalisation de la terre et d’entreprises, de la répudiation des dettes et de toutes les autres conséquences de notre révolution », écrivait le dirigeant soviétique Kamenev dans la Pravda le 24 septembre 1924. (Crédits : BnF/Gallica/Excelsior)
Pris entre le marteau et l’enclume, l’empire soviétique devait, pour obtenir des crédits, reconnaître les dettes et indemniser les propriétaires des biens spoliés. La promesse politique de Tchitcherine déclarant « respecter les intérêts des petits porteurs d’emprunts russes » n’engageait que ceux qui écoutèrent le politique. « En 1997, 6 ans après la dissolution de l’URSS, Boris Eltsine passait un accord avec Paris pour mettre définitivement fin au contentieux sur les titres russes. Les 400 millions de dollars obtenus de la Fédération de Russie en 1997-2000 par la France ne représentent qu’environ 1 % des sommes réclamées à la Russie soviétique par les porte-paroles des créanciers français représentés par l’État [57]. Il faut également souligner que l’accord entre la Russie et le Royaume-Uni du 15 juillet 1986 a permis l’indemnisation des porteurs britanniques pour 1,6 % de la valeur actualisée des titres », explique le site CADTM.
Les Parisiens pensaient à fêter les noces d’argent du Métro, car cela faisait bientôt vingt-cinq années que fut mise en exploitation la première ligne. Celle qui transporte de la porte Maillot à celle de Vincennes était logiquement baptisée no1. M Bienvenüe ingénieur en charge des travaux, annonçait l’ouverture des prochaines lignes, entre autres Trocadéro-Porte-de-Saint-Cloud, enfin juste les quatre premiers kilomètres, jusqu’à la station du boulevard Exelmans.
C’est en grande pompe que d’ici l’année 1925 devrait être achevé les 135 kilomètres de voies du Métropolitain de Paris. Saviez-vous que M Fulgence Marie Auguste Bienvenüe, inspecteur général des ponts et chaussées, était chargé des services techniques et de l’éclairage, et du Métropolitain ? Son bureau était situé au 48 de la rue de Rivoli. L’homme né le 27 janvier 1852 à Uzel dans les Côtes-du-Nord (elles deviendront les Côtes-d’Armor en 1990) arborait cheveux et barbe de neige, contait le journaliste RenéBarjean. « Il a toujours ses sourcils épais, restés blonds, et ses yeux bleus ce Celte, brillant d’un feu vif, comme juvénile, et son sourire est toujours doux et aussi bon que naguère ». Suite aux études, le plan d’exécution de cette œuvre gigantesque lui fut confié. C’est en 1896, que les hautes instances décidément de créer comme à Londres, son métropolitain. La première ligne fut ouverte le 19 juillet 1900.
Surnommé « Le père du métro », l’homme y consacrera trente années. Ce sont en moyenne près de 48 personnes qui prennent le Métro chaque seconde à Paris et en Île-de-France ; cela représente 1,479 milliard de voyages par an dans le Métro. Autrement dit 4,1 millions de passagers transitent dans le métro parisien chaque jour. (Crédits : DR)
Le 13 juin 1922, il y avait 87 kilomètres de voies ferrées exploitées. « On est en train d’équiper treize kilomètres et cinq et dei sont en cours de construction », expliquait l’ingénieur. La somme dépensée à l’époque était astronomique, et jusqu’ici elle était de 600 millions de Francs, mais avait transporté 540 millions d’individus en une seule année. Sa famille est apparentée au MaréchalFoch, ayant épousé Julie Bienvenüe le 5 novembre 1883. En 1932, âgé de 80 ans, il fait valoir ses droits à la retraite, laissant derrière lui un réseau de douze lignes et près de 130 km, dont 115 km édifiés sous sa direction. Il meurt à Paris le 3 août 1936, à l’âge de 84 ans. Il comporte maintenant 226,9 kilomètres et 308 stations.
Le 11 juin 1922, un père retrouvait sa fille de 15 ans disparue quelque temps auparavant. C’est en novembre 1921 que l’affaire démarrait. Dans cette partie du XIXe siècle, le travail commençait bien plus tôt qu’aujourd’hui. Si tôt le certificat d’études en poche, la plupart des diplômés cherchaient un travail pour subvenir aux besoins de la famille, avant de pouvoir voler de leurs propres ailes. La naïveté et crédulité qui caractérise les adolescents, quel que soit le siècle fait partie de la vie, l’expérience ne s’acquiert qu’en multipliant ces dernières.
Parfois, elles sont douloureuses, mais dans le cas de Lucie Rosy, 15 ans, elle se termine bien fort heureusement. Mécontente de sa situation chez un commerçant lyonnais, elle fit connaissance d’un certain Gilbert Cepede, de onze ans son aîné. Il lui présenta une femme du nom de Parisse, qui lui proposa de manière alléchante une place de femme de chambre, à Barcelone. L’imprudente — qualifiât le journaliste — acceptait et se retrouvait bon gré, mal gré dans une pension « Borde » au 16 de la rue Barbona, au sein de la capitale catalane.
Sauf que cet endroit était une plaque tournante de la traite des blanches. Elle y fut vendue pour 1 600 pesetas, avec une compagne d’infortune, à un trafiquant sur le point de s’envoler vers les Amériques. La police ibérique veillait au grain : trafiquants et intermédiaires furent tous arrêtés. Tous à l’exception de la femme Parisse, qui agrippa et emmena avec elle l’adolescente. Elle voulut continuer son négoce, mais la proie se détacha de l’étroite surveillance, et se réfugiait dans un couvent de religieuse. C’est à cet endroit que le père put récupérer son enfant. Arrivée à Lyon, le juge d’instruction Regimbeau eut à entendre la jeune fille qui lui racontait toute l’histoire. Cepede fut arrêté, pendant que la police espagnole appréhendait Parisse et un de ses complices, Arthur Bréda, qui n’était pas étranger au meurtre d’un policier à Paris, quelques années auparavant.
Le 11 juin 1922, M. Hullinger correspondant de presse à Moscou pour le Chicago Tribune racontait son expulsion de Russie. La raison avancée parce que le journaliste souhaitait informer les lecteurs en toute impartialité. Tandis qu’un siècle plus tard, le conflit armé entre l’Ukraine et la Russie se joue tant sur le terrain militaire que dans la communication, les journalistes ne peuvent exercés leur profession de rapporter les évènements dans le pays dirigé par Vladimir Poutine, sans risque de partir en prison. La liberté de la Presse existe-t-elle ?
L’homme rendait compte aux lecteurs de son éviction. « Je fus expulsé de Russie parce que j’ai revendiqué le droit pour les correspondants de journaux américains à Moscou, de relater touts les faits, et non pas quelques-uns seulement ; et cela sans être constamment empêché par les ciseaux du censeur politique, qui tout ce printemps a retardé la transmission de ce que le Kremlin ne voulait pas que le monde le sût ». Qu’est-ce que la liberté de la Presse ? Tout dire, pas tout à fait. La personne qui est journaliste doit en toute impartialité raconter des réalités, uniquement les faits, en ayant au préalable croisé à minima trois sources, tout en ménageant le fait de sortir le premier l’information. Ce à l’ère du tout internet, ayant pour finalité d’avoir le plus de visites, ou clicks. Cependant la censure, passe d’abord par le ressenti du rédacteur, puis de son supérieur, pour arriver sur le bureau du rédacteur en chef, etc. puis vient la liberté de la presse.
« La concentration peut être bienvenue en termes de solidité économique du secteur, mais elle soulève des enjeux d’indépendance éditoriale, spécialement quand des propriétaires ou des administrateurs sont actifs dans plusieurs industries », a affirmé Thierry Breton. (Crédits : RSF)
La liberté de la presse se réfère à l’article 11 de la Déclaration française des droits de l’homme et du citoyen de 1789. Il dispose que « la libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre à l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi. » Renforcé par l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme aussi dispose la protection de la liberté de la presse.
L’article 10 de la Convention européenne des droits de l’homme dispose que « toute personne a droit à la liberté d’expression. Ce droit comprend la liberté d’opinion et la liberté de recevoir ou de communiquer des informations ou des idées sans qu’il puisse y avoir ingérence d’autorités publiques et sans considération de frontière. » (Crédits : RSF)
Si les lois disposent de principes, l’article 10 de la Convention européenne des droits de l’homme n’empêche aucunement les États de soumettre les entreprises de radiodiffusion, de cinéma ou de télévision à un régime d’autorisations, qu’ils définissent. La période rencontrée depuis mars 2020, avec le SARS-CoV-2 remet en question bien des principes. En Europe, depuis le mois d’avril 2021, Thierry Breton expliquait que « la crise sanitaire et économique actuelle pose une multitude de défis à l’écosystème culturel, médiatique et audiovisuel. » Ce qui engendre la Loi européenne pour la liberté des médias (European Media Freedom Act).
Les menaces sont nombreuses, a souligné ThierryBreton, énumérant « les interférences gouvernementales », « la politisation des médias du service public » et « la forte concentration du capital des médias dans les mains d’une poignée de propriétaires ». (Crédits : DR)
Bruxelles s’inquiète en particulier des dérives constatées en Hongrie, en Pologne, en République tchèque ou encore en Slovénie… la contribution à cette enquête était ouverte du 21 décembre 2021 au 25 mars 2022. Seuls 1465 avis sont valides, 79 % viennent de Slovaquie, 6 % de France, 5 % de Tchéquie, etc. Ce qui est surprenant est que seulement 0,00033 % d’Européens ont échangé, soit sur 1470 sur 447 millions d’individus sur la CEE.
Norvège
1er
Danemark
2e
Suède
3e
Estonie
4e
Eire
6e
Lituanie
9e
Liechtenstein
10e
Jamaïque
12e
Allemagne
16e
Canada
19e
France
26e
Espagne
32e
Australie
39e
USA
42e
Andorre
53e
Kosovo
61e
Pérou
77e
Géorgie
89e
Gabon
105e
Brésil
110e
Liban
130e
Libye
143e
Colombie
145e
SriLanka
146e
Syrie
171e
Chine
175e
Birmanie
176e
Iran
178e
Érythrée
179e
Corée du Nord
180e
Pays
Place
Pays
Place
Pays
Place
Pays
Place
Pays
Place
L’Ukraine est 106e quand la Russie est 155e sur 180 en 2022, le dernier du classement est somme toute logique, la Corée du Nord. En 2002, le pays dirigé par Vladimir Poutine était 121e et l’Ukraine 112e. (Crédits : RSF)
Reporters sans frontières a publié son classement à travers cinq indicateurs :
Le politique évalue le degré de soutien et de respect de l’autonomie des médias, face aux pressions politiques exercées par l’État ou d’autres acteurs politiques de la société.
L’économique évalue les contraintes économiques liées à des politiques gouvernementales, à des acteurs non étatiques (annonceurs et partenaires commerciaux), et aux propriétaires des médias.
Le législatif évalue l’environnement légal et réglementaire dans lequel travaillent les journalistes (niveau de censure, capacité à protéger les sources, impunité des violences commises envers des journalistes par exemple).
Le socioculturel évalue les contraintes sociales basées sur des questions de genre, de classe, d’origine ethnique ou de religion. Ainsi que les contraintes culturelles empêchant la remise en cause de certains pouvoirs ou problèmes parce que cela irait à l’encontre de la culture du territoire.
La sécurité évalue la capacité à concevoir, collecter et diffuser des informations selon les méthodes et l’éthique du journalisme, sans risque inconsidéré de dommages corporels, détresse psychologique ou émotionnelle, ni risque de préjudice professionnel (perte d’emploi, saisie d’équipements ou saccage d’installations par exemple)
En Europe, alors que la Norvège reste la tête d’affiche du Classement mondial de la liberté de la presse, la région connaît toujours de très importantes disparités. Les anciens États communistes, l’Estonie (4e) et la Lituanie (9e) font leur entrée parmi les dix pays les mieux classés du monde, alors que les Pays-Bas (28e) les quittent. À la dernière place en Europe, la Bulgarie (91e) est remplacée par la Grèce (108e).
« Toute personne a le droit d’exprimer ses opinions par la parole, l’écrit, l’image imprimée ou autrement, et de chercher, recevoir et répandre librement des idées et des informations, sans considération de frontières. […] Je ne suis pas d’accord avec la pratique prescriptive de 50 ans à la Mccarthy. » (Crédits : RSF)
Les protections contre les armes sont le blindage, le gilet pare-balles… mais pour d’autre, comme la propagande, il est difficile de se prémunir. L’invasion de l’Ukraine par la Russie le 24 février 2022 est emblématique, car préparée par une guerre de la propagande. La Chine (175e) a utilisé son arsenal législatif pour confiner sa population et la couper du reste du monde, particulièrement celle de Hong Kong. La logique d’affrontement des « blocs », comme ce le fut au temps de la « Guerre froide » se renforce, au même degré qu’entre l’Inde (150e) du nationaliste Narendra Modi et le Pakistan (157e). Au Moyen-Orient, l’insuffisance de la liberté de la presse, où l’omniprésence de la propagande continue d’impacter le conflit entre Israël (86e), la Palestine (170e) et les pays arabes. La liberté d’informer continue de faire des orphelins, d’endeuiller et de déchirer des familles, avec les disparitions de Frédéric Leclerc-Imhoff, Armando Linares, Roberto Toledo, Juan Carlos Muniz…
La loi du talion s’appliquait dans la cité du grand brouillard, il y a un siècle, « œil pour œil, dent pour dent ». La capitale britannique frissonnait encore ce 10 juin 1922, après la pendaison d’un adolescent, de tout juste 18 ans. Deux jeunes hommes, Henry Julius Jacoby, enfant du peuple, Ronald True, fils de la noblesse, étaient jugés pour le crime d’assassinat, leurs sorts différents, car « selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir… » écrivait Jean de La Fontaine.
L’opinion publique habituellement rangée derrière les décisions de justice, mais pas cette fois. Le recours en grâce signé par l’ensemble du jury, accompagnant la condamnation à mort, ni les pétitions innombrables parvenues au ministère de l’intérieur, connu outre-Manche sous Home Secretary, n’émouvaient Edward Shortt. « L’assassin adolescent de Lady White à payé sa dette à l’humanité ». Il est rare que le Royaume-Uni soit si soudé derrière une cause, une affaire, une personne. Chaque citoyen, après avoir su que le jeune avait été pendu, s’accordait à maudire cette justice implacable, qui veut que selon la loi du talion ceux qui ont tué doivent être tués.
L’hôtel où se déroulait la tragédie est dorénavant the Marble Arch Doubletree by Hilton. Le marteau qui a servis pour commetre le crime avait été emprunté, sans sa permission à un ouvrier. Le jeune homme serait originaire de Prusse, avant d’être accueilli par une famille londonienne. (Crédits : paulohabreuf/Pixabay)
Henry Julius Jacoby avait assassiné Lady Alice White, 65 ans, le 14 mars 1922. Il déclarait à la police qu’ « il avait l’intention de voler dans les chambres d’hôtel où il travaillait et qu’il avait emporté un marteau pour l’utiliser si nécessaire. Il avait trouvé la porte de la chambre de Lady White déverrouillée et était entré. Elle s’était réveillée et il l’avait battue pour l’empêcher de donner l’alerte. » En avril 1922, à l’Old Bailey, il a été reconnu coupable, avec une recommandation de clémence, et condamné à mort, par le juge McCardie. Il est exécuté à la prison de Pentonville par John Ellis, le 7 juin 1922.
Un garçon de salle de l’hôtel, Henry Julius Jacoby, a été déclaré coupable de meurtre. Le jury a ajouté une forte recommandation à la clémence, mais il a été pendu. Henry Julius Jacoby sur le banc des accusés au tribunal de Marylebone pendant le procès, le 7 avril 1922 (Crédits : Daily Mirror/Getty Images)
Le flegme anglais si reconnu explosait en l’air lorsque l’affaire de Ronald True s’affichait en lettre d’imprimerie, dans les tabloïds. La grâce refusée à Jacoby le fut sous un biais tout autre, pour l’assassin de la jeune femme, Gertrude Yates connue comme prostituée et call-girl sous Olive Young. L’homme avait été reconnu par les médecins atteint d’aliénation mentale, mais condamné, par McCardie, à mort par pendaison. Condamnation annulée à la suite d’un examen psychiatrique ordonné par Edward Shortt : True était légalement fou. Jacoby lui avait la mentalité d’un enfant de douze ans, selon les mêmes praticiens.
True a été interné à l’hôpital Broadmoor, où il a surmonté sa dépendance à la morphine et a participé énergiquement aux activités théâtrales. Il est mort d’une crise cardiaque le 8 janvier 1951 à l’âge de 59 ans, à l’hôpital. Seule sa mère, Elizabeth Angus, qui adorait son fils, était présente à son enterrement. (Crédits : DR)
Le 6 mars 1922, vers 7 h 30, True préparait une tasse de thé pour Gertrude Yates et lui. Alors qu’elle relevait la tête de son oreiller pour boire, Ronald True lui assénait cinq coups de rouleau à pâtisserie sur la tête avant de lui enfoncer une serviette dans la bouche, puis serrait le cordon d’une robe de chambre autour de son cou, la tuant par asphyxie. L’homme prit le temps de déguster sa propre tasse, de manger quelques biscuits puis traîna la défunte complètement nue jusqu’à la salle de bains. L’assassin volait le somme de 8 £, et différents bijoux dont la valeur fut estimée à environ 200 £ (environ 13 350 € en 2021).
Jacoby était l’un des quatre adolescents à être pendu à la prison de Pentonville. Les autres étaient Arthur Henry Bishop, 18 ans, le vendredi 14 août 1925, John Frederick Stockwell, 19 ans, le mercredi 14 novembre 1934 et William Henry Turner, 19 ans, le mercredi 24 mars 1943. (Crédits : DR)
Ce n’est qu’à 9 h 35, en se préparant à quitter l’appartement, qu’il croisait Emily Steel, la femme de ménage. « Ne réveillez pas Mlle Young, nous sommes restés tard hier soir. Elle dort profondément. J’enverrai la voiture la chercher à douze heures », dira-t-il après avoir découvert le corps, elle préviendra la police. Ronald True finira sa vie à l’hôpital où il fut interné. Quant à Henry Julius Jacoby, du haut de ses dix-huit ans John Ellis se souvenait que « Jacoby ne semblait pas du tout préoccupé par son sort et qu’il jouait à un cricket improvisé avec l’un des gardiens dans la cour d’exercice », l’après-midi précédant son exécution. Après être menotté, Jacoby remerciait le gouverneur et les gardiens de prison pour leur gentillesse, puis calmement se dirigeait vers la salle d’exécution.
Les Français seraient-ils, comme les autres pris pour des imbéciles ? C’est une excellente et primordiale interrogation. Le 9 juin 1922, C.-M. Savarit, journaliste à L’Écho de Paris écrivait un article sur « le gaspillage de nos réserves d’énergie ». Dans celui-ci, il indiquait s’être épanché sur la question le 20 mai. Selon les experts de l’époque, il n’y aurait plus de pétrole d’ici quinze à vingt ans. Que penser des gouvernements, des grandes compagnies, experts… au vu des prix des carburants sous couvert du conflit armé russo-ukrainien ?
Le constat de consommation de l’or noir affolait, sachant que le combustible était devenu l’un des éléments essentiels de l’industrie moderne, en 1922. Ce qui directement ou indirectement n’a guère changé. « L’utilisation mondiale du pétrole, était en 1860 d’environ 355 000 barils — de 189 litres — est devenue, en soixante ans, presque 2 000 fois plus importante, avec 694 850 000 barils en 1920 », affirmait l’écrivain et journaliste. Les États-Unis et le Mexique fournissaient à eux deux 87,5 % de la production internationale. Il ne restait que 12,5 % pour les autres pays, à savoir la Russie (4 %), les Indes britanniques et néerlandaises (2,8 %), la Perse (1,8 %), la Roumanie (1,1 %), la Pologne (1 %) et le reste du monde (1,4 %). Le service géologique, avec les outils qu’il avait à leur disposition en 1920, estimait que « les richesses en pétrole des États-Unis sont épuisées dans la proportion de 40 % et en supposant que la consommation actuelle se maintienne, ce qu’il reste sera épuisé dans seize ans ».
Pays
Venezuela
Arabie S.
Iran
Canada
Irak
Koweït
ÉAU
Russie
Libye
USA
Réserves en milliards de barils
303,806
258,6
208,6
170,3
145,019
101,5
97,8
80
48,363
47,107
Production en millier par jour
595
9 313
3 110
4 439
4 085
2 527
3 091
10 112
1 238
11 188
« Sommes-nous donc menacés de mourir de froid et de misère sur notre globe, par l’effet du gaspillage de nos réserves d’énergies, par la faute de l’imprévoyance de l’être humain, dans un avenir relativement rapproché ? ». (Crédits : Country Economy)
L’homme constatait déjà qu’ils existaient des énergies bien plus puissantes : « Quel est l’unique fournisseur d’énergie sur notre globe, c’est celui qui nous fournit le pain et le vin chaque année, le Soleil, qui enlève l’eau des mers pour nous la rendre en chutes et rivières, qui continue à faire pousser les forets, comme au temps géologique […] ». Il tirait une conclusion qui quelles que soient les erreurs des experts sur les chiffres livrés, il ne résulte que depuis la seconde partie du XIXe siècle le monde a été un formidable prodigue de ses réserves d’énergies, et qu’il est grand temps qu’il mette de l’ordre dans ses affaires.
L’écologie semble être au cœur des préoccupations politiques des législatives des 12 et 19 juin 2022 en France. Si bien que le parti récemment créé qu’est la nouvelle union populaire écologique et sociale (NUPES) à grand coup de communication nous amène à regarder l’évolution du climat. Ainsi à Poitiers où les élus de la commune et candidats ont marché au milieu de la rivière Le Clain, au niveau du pont Joubert pour démontrer le manque d’eau, et par ricochet l’influence de l’Homme sur la planète.
En début d’après-midi @JLMelenchon a chaussé les bottes pour traverser le Clain au niveau du pont Joubert à #Poitiers. L’occasion pour la @NUPES_2022_ de présenter ses propositions pour lutter contre le dérèglement climatique et la sécheresse 🌍⬇️ pic.twitter.com/mRxvmc5a7t
« Nous avons un quart des départements en alerte sécheresse et puis bientôt plus pour cet été. Notre intérêt à nous, qui pensons gagner les élections législatives et donc de gouverner le pays, est de lancer l’alerte avant », explique Jean-Luc Mélenchon à la Nouvelle-République.
En 2021, la production mondiale de lithium s’élevait à environ 100 millions de tonnes, hors USA. L’or blanc a vu sa production mondiale presque quadruplée en une décennie. La Chine en contrôlait déjà en 2018 près de la moitié à l’échelle planétaire. (Crédits : Ivan Alvarado/Reuters)
Les gaz à effets de serre, la pollution des énergies fossiles, la sécheresse, l’évolution du climat… tout met en exergue les naturelles, dites renouvelables, comme les automobiles électriques, qui sont propres. L’État français veut développer l’automobile propre et les voitures électriques, car « réduire les émissions de gaz à effet de serre, la dépendance énergétique et améliorer la qualité de l’air en milieu urbain : c’est tout l’enjeu du développement des véhicules propres. Cette filière constitue aussi un enjeu industriel majeur pour le secteur automobile. » Or toutes batteries usent du composant qu’est le Lithium (Li sur le tableau périodique de Mendeleïev).
Pays comptant les plus grandes réserves de lithium dans le monde en 2020. Deux des pays dans le trio de tête sont situés en Amérique latine. (Crédits : Statista)
Les réserves mondiales, selon l’USGS (Institut d’études géologiques des États-Unis) — exploitables — étaient estimées en 2021 à 21 millions de tonnes, dont près de la moitié au Chili (9,2 Mt). Les ressources (sans tenir compte des conditions d’exploitation) sont évaluées à 86 millions de tonnes au total. Les principaux gisements identifiés sont dans le « triangle ABC » de « l’or blanc » en Amérique latine, généralement sur des lacs d’altitude « salars » : Bolivie (21 Mt estimés), Argentine (19,3 Mt) et Chili (9,6 Mt).
Quelles sont les méthodes de production et risques pour environnement ? Elles sont de trois types :
Pompage de saumures chargées de lithium et évaporation pour isoler les cristaux. La méthode, largement utilisée en Amérique latine, est critiquée par les ONG pour l’assèchement des ressources hydriques qu’elle provoque dans le milieu
L’utilisation du procédé à base de spodumène en Europe pour isoler et purifier l’Or blanc permet d’économiser l’eau
Recyclage des batteries pour récupérer les métaux. Selon la Commission européenne, cela devrait permettre « de réduire les besoins en matières premières de 10 % d’ici 2040 »
Au beau milieu du désert d’Atacama au Chili, des piscines de saumures d’une mine de lithium, le métal devenu incontournable pour fabriquer toutes les batteries des voitures électriques, des smartphones et autres appareils high-tech contemporains. L’endroit est le plus aride du monde, avec un taux d’humidité ne dépassant jamais 3 %. (Crédits : Ivan Alvarado/Reuters)
Chaque candidat se saisit du sujet du manque d’eau et de la sécheresse à des fins politiques, vantant les mérites des véhicules à carburant électrique. Si les réserves de lithium nécessaire aux batteries, les méthodes d’extraction sont, semble-t-il, gourmandes en eau. Le pompage de saumures réclame de grandes quantités d’eau, et provoquent, selon les ONG l’assèchement des ressources hydriques comme au Chili.
La production mondial du Lithium croît sans cesse depuis dix ans. (Crédits : Statista)
« Environ 2 millions de litres d’eau sont évaporés pour produire une tonne de lithium. » La seconde est la fabrication de carbonate de lithium à partir de spodumène, elle est énergivore. Les concentrés de spodumène doivent être chauffés à environ 1100 °C pour le rendre plus réactif. Puis, ils sont broyés finement, mélangés à de l’acide sulfurique, chauffés à 250 °C pour produire le sulfate de lithium et, ensuite, lavés à l’eau pour dissoudre le sulfate de lithium.