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  • Pas plus de 40 à Paris

    Pas plus de 40 à Paris

    Non, il ne s’agit pas de la canicule qui a frappé l’Europe, mais de la vitesse maximale autorisée en 1911, notamment à Paris. Si les panneaux de signalisation font partie du décor, les chiffres qu’ils affichent sont le fruit de décennies de décisions politiques, de débats publics et d’évolutions techniques. Depuis les premières limitations imposées à la fin du XIXᵉ siècle jusqu’à l’instauration du 80 km/h sur certaines routes secondaires en 2018, les seuils de vitesse traduisent bien plus que de simples préoccupations de sécurité routière.

    Entre impératif de protection des usagers, contraintes écologiques et crispations sociales, la limitation de vitesse devient un marqueur révélateur des tensions entre liberté individuelle et intérêt collectif. La toute première réglementation applicable aux automobiles naît avec l’ordonnance du préfet de police Louis Lépine, le 14 août 1893. Depuis, de nombreuses villes limitent la vitesse maximale autorisée dans leurs agglomérations à 30 km/h. Tandis qu’en Europe certains pays font marche arrière sur les limitations.

    Limiter pour mieux protéger ?

    Le 30 mai 1851, la loi relative « à la police du roulage et des messageries publiques » est le texte fondateur de la sécurité routière. Le 16 août 1889, Léon Serpolet décroche le premier agrément de circuler sur un tricycle… à 16 km/h. Louis Lépine est à l’origine du « certificat de capacité ». La duchesse d’Uzès est la première femme à l’obtenir en 1897. Deux années se passent quand le décret en date du 10 mars 1899 rend obligatoire sa détention pour conduire un véhicule terrestre à moteur. Le 31 décembre 1922, il devient alors le « permis de conduire » ; quant à la suspension, elle n’existe qu’à partir du 12 avril 1927.

    Asphalte, trente, panneau

    En 1893, la vitesse maximale autorisée (VMA) est de 20 km/h en rase campagne et 12 km/h en agglomération pour les voitures à pétrole. À l’époque, il s’agit moins de sécurité que… de préserver les chevaux et d’éviter les poussières. Ces seuils, ridicules au regard des performances actuelles, visaient à encadrer les premiers « fous du volant » qui, déjà, inquiétaient les autres usagers. Les vitesses maximales augmentent le 10 mars 1899 à respectivement 30 et 20 km/h. L’obligation de se ranger à droite apparaît le même jour.

    L’évolution technologique des véhicules s’accompagne d’une régulation progressive. En 1954, une VMA de 60 km/h est instaurée en ville, suivie en novembre 1973 d’une mesure phare, conséquence du choc pétrolier. L’abaissement à 90 km/h sur les routes et à 130 km/h sur autoroute, en réaction à la flambée des accidents mortels (16 861) et au choc pétrolier.

    Le choc pétrolier de 1973

    Mais, en mars 1974, sous la présidence de Georges Pompidou, la VMA est augmentée à 140 km/h, ce jusqu’au 6 novembre 1974. Le décret officiel fixe les vitesses maximales à 130 km/h sur autoroutes, à 110 km/h sur voies express et 90 km/h sur les autres routes. En 1990, la vitesse s’uniformise à 50 km/h, en agglomération, puis des communes l’abaissent à 30 km/h.

    Plus récemment, en juillet 2018, la décision du gouvernement d’Édouard Philippe d’abaisser la vitesse à 80 km/h sur certaines routes. Mais la loi dite « LOM » de 2019 permet aux départements de relever cette limite à 90 km/h… ce qu’ont fait plus de 30 départements à ce jour, notamment dans l’ouest, le nord et le centre de la France. Les limitations sont, comme les politiques et la politique, changeantes. Des raccourcis autoritaires sont effectués, car plus personne ne prend le temps. (Crédits : Markus Spiske/Pixabay)

    Même dans l’apprentissage, nous brûlons les limites de vitesse autorisée. Pourtant, il est souvent nécessaire d’expliquer avec simplicité le pourquoi du comment. Ainsi, quand on parle de freinage d’urgence, tous évoquent la distance totale pour s’arrêter. Elle est — la distance d’arrêt (Da) — le temps de réaction (Tr) additionné à la distance de freinage (Df). Tr = v (en m.s⁻¹) x t (en s), soit pour 90 km/h, la vitesse est de 25 m/s. Soit 25 mètres parcourus en une seule seconde. Pour la Df = v²/2 a. La vitesse en mètre par seconde « a » la décélération 7 m.s⁻² sur route sèche, et en moyenne 4 sur route mouillée. Soit, pour 90 km/h, sur la route des vacances, une distance d’arrêt totale de Dt = (v x t) + (v x t) + (v²/2a). Ici Dt = (25 + 44,64), d’environ 70 mètres.

    Les enjeux de limitation de vitesse

    Plus les années défilent, plus les routes semblent de plus en plus limitées. Réduire la vitesse est un levier multiple qui touche à la sécurité routière, à la santé publique, à l’environnement et même à la cohésion sociale. Selon la Sécurité routière, un accident sur trois est directement lié à une vitesse excessive ou inadaptée. La probabilité d’être tué dans un choc augmente exponentiellement avec la vitesse.

    À 50 km/h, un piéton a une chance sur deux de survivre. À 70 km/h, c’est quasiment nul. La réduction à 80 km/h sur les routes secondaires aurait, selon les chiffres officiels, permis de sauver 349 vies en deux ans (2018–2019), malgré la fronde de nombreux automobilistes et élus locaux.

    Moins de vitesse, c’est aussi moins d’émissions de CO₂. À 110 km/h sur autoroute, une voiture moyenne consomme 10 à 15 % de carburant en moins qu’à 130 km/h. C’est pourquoi certaines ONG, et politiques plaident pour une limitation généralisée à 110 km/h, voire à 100 km/h, dans un contexte de lutte contre le changement climatique. La volonté est l’arrêt, pour les mêmes visées, des voitures thermiques. Pour les remplacer par des véhicules électriques moins polluants à l’utilisation, mais pas à la construction. Un changement de paradigme. (Crédits : Ralph Drasba/Pixabay)

    Voiture, vitesse, circulation

    Concernant la question de la vitesse, elle est autant culturelle que technique. Elle touche au rapport à l’espace, au temps, et à la liberté de mouvement. Reste une question sensible : celle de l’acceptabilité. Sur les routes françaises, le paysage réglementaire est morcelé. La vitesse autorisée dépend non seulement du type de voie, mais aussi du contexte local, urbain ou rural, de la météo et parfois… du bon vouloir du maire ou du préfet.

    Zone 30, zone de rencontre… et 30 km/h

    En ville, le passage de 50 à 30 km/h affiche une volonté, une transition en cours. La vitesse maximale en agglomération est officiellement de 50 km/h, sauf indication contraire. Mais dans les faits, les zones 30 se multiplient, notamment autour des écoles, des centres-villes et dans les « villes apaisées ». Paris, Grenoble, Nantes, Rennes, Lille, Strasbourg et Poitiers ont déjà généralisé cette limitation sur la quasi-totalité de leurs voiries. Il n’est pas rare de pester contre les usagers de bicyclettes, de trottinettes quand nous sommes au volant de notre voiture.

    Bouchon, ruelle, code de la route

    D’autant que nous sommes toujours pressées — les enfants à déposer à la crèche, dans les écoles, les bouchons, les horaires de travail… — ; qui plus est dans une zone à 30 km/h…

    Abaisser la vitesse à 30 km/h en ville est louable. Elle se veut protectrice des plus vulnérables : piétons, enfants, cyclistes. À cette vitesse, le risque de décès en cas de collision chute drastiquement. C’est aussi moins de bruit, moins de stress, une meilleure cohabitation des usagers… C’est une évolution nécessaire, face à des centres urbains saturés. Loin d’être une contrainte arbitraire, cette limitation est un outil de prévention efficace, validé par les faits. La route se partage, et la sécurité ne devrait jamais être négociable.

    Le respect dans le partage de la route

    Mais, car il y a un mais. Cet abaissement engendre d’autres modifications, notamment en ce qui concerne les deux roues. Saviez-vous — qu’après avoir été testé en France dès les années 1990 — que la généralisation des doubles sens cyclables est rendue obligatoire dans les rues à sens unique, en zone 30 et en zone de rencontre ?

    Rendu obligatoire par un décret n° 2008-754 du 30 juillet 2008 (art. 13) faisant référence à l’article R110-2 du Code de la route. Pour autant, c’est le maire de la commune qui, par arrêté municipal, instaure une ou plusieurs zones 30. Concernant les zones de rencontre, nos amis cyclistes et autres propriétaires des véhicules autorisés devraient lire l’article susnommé : « Dans cette zone, les piétons sont autorisés à circuler sur la chaussée sans y stationner et bénéficient de la priorité sur les véhicules. La vitesse des véhicules y est limitée à 20 km/h. » (Crédits : DR)

    Les cyclistes sont autorisés à prendre à contre-sens des voies de circulation, comme à Cenon. Les zones 30 sont définies par une « section ou ensemble de sections de voies constituant une zone affectée à la circulation de tous les usagers. Dans cette zone, la vitesse des véhicules est limitée à 30 km/h. Toutes les chaussées sont à double sens pour les cyclistes, les conducteurs de cyclomobiles légers et les conducteurs d’engins de déplacement personnel motorisés, sauf dispositions différentes prises par l’autorité investie du pouvoir de police. […] » Ce qui a soulevé une question au Sénat, c’est qu’il y a un hic. Quand cela se déroule dans une ville construite au Moyen Âge. Le coût engendré comme la disposition des rues rend les choses parfois compliquées. Parfois, les deux roues circulent volontairement sur les trottoirs et demandent aux piétons, par leur sonnette, de les laisser passer, car un bus arrive en contre-sens.

  • Tu tires ou tu pointes ?

    Tu tires ou tu pointes ?

    Les 40 ans d’Ozalee, fille de Sépa Phot et Séki Kharéson, se fêtent dans sa bourgade où vit le couple. C’est à Saint-Georges les Ballargeaux, dans la Vienne (86) que la fête se déroule. Les mises en bouche avec l’apéritif, le repas, l’ambiance, les gages… puis vient le moment de faire la sieste, de se balader ou bien de jouer à pétanque. C’est à ce moment que Sépa Phot sort de son coffre de voiture sa triplette avec le cochonnet. Les amis, les convives suivent, tous se retrouvent au bord du terrain pour en découvre. Mais savez-vous d’où provient la pétanque ?

    Gentiment, les équipes se forment. Vu les candidats à l’affrontement, trois équipes de triplette se forment. Les rôles partagés, la hiérarchie installée, la partie peu enfin commencer. C’est au tour de Sépa de lance sa boule pour coller au plus près du cochonnet. Bien loin de son terrain habituel de Nogent-le-Rotrou, il s’accommode.

    Une histoire particulière, du nord au sud de la France

    Les tentatives de déstabilisation s’enchaînent. Ozalee s’amuse à se positionner dans la ligne de mire de son père, pour le désorienter. « Je n’ai jamais vu ça », souffle Sépa, le sourire aux lèvres. « D’ailleurs, sais-tu, ou connais-tu l’origine ce la pétanque », s’enorgueillit Ozalee. « Alors là tu me poses une colle », répond-il.

    Au temps de l’Empire romain, le jeu de boules aurait été introduit en Gaule. Elles passent d’une fabrication en argile, en pierre, en bois puis à notre ère en acier. À la Renaissance, la noblesse s’empare du jeu à l’identique du bilboquet, comme du jeu de paume.

    Chemin faisant, elle prend racine dans le sud-est comme dans les frasques de Marcel Pagnol. Pourtant au XIXe siècle, chaque région de France y va se son grain de sel. Elles introduisent une variante d’usage. Dans la cité des gones, la Lyonnaise se développe. Les méridionaux, pour ne pas dire les Marseillais se passionnent pour la longue ou jeu provençal. La naissance officielle date de l’année 1907, à La Ciotat. Jules Hugues dit « Lenoir » propose de s’ancrer au sol, avec les « pieds tanqués ». Le nom est dérivé de l’expression provençale « pèd tanca ».

    (Crédits : joelARFIjoel/Pixabay)

    Ce choix s’explique par une légende qui raconte que Jules Hugues, passionné de provençal, souffrait de rhumatismes l’empêchant de jouer en prenant de l’élan. Le premier concours officiel, se déroule trois années plus tard à La Ciotat, sur le terrain du café « La Boule Étoilée », alors dirigé par les frères Ernest et Joseph Pitiot. Depuis la création, en 1959, les championnats du monde sacrent très régulièrement la France.

  • Le suppositoire : petite invention, grands effets

    Le suppositoire : petite invention, grands effets

    Ah, le suppositoire ! Arrivés à l’âge adulte, nous en rions, mais gamin, nous grimacions et nous l’évitions dès que possible. Ce petit corps, profilé, légèrement gras à insérer là où le soleil ne brille jamais, est pourtant un remède incontournable de l’histoire de la médecine. Objet discret, souvent redouté, il a parcouru les époques sans jamais réellement disparaître, mis à part au moment opportun… Comme Don Quichotte, il est temps de lui rendre justice, avec un brin d’humour, de la science, et quelque peu de doigté.

    Alors que Séki sort de la pharmacie, Capucine descend du bus scolaire. Elles traversent ensemble le passage piéton. La discussion s’engage sur le contenu du sachet remis par le pharmacien. « Dis, tu as quoi dedans ? »

    « Des suppositoires », lâche la grand-mère. « Des suppositoires ? Pour quoi faire ? », questionne la petite-fille.

    « Tu sais bien que ton grand-père me facilite le transit intestinal parfois… mais pas encore assez. Je suis constipée », avoue-t-elle. Un léger flottement s’installe tandis qu’elles traversent la route de Bellême, à Berd’huis. C’est à ce moment que Capucine ayant compris l’allusion, explose de rire. Le fou rire contagieux oblige les deux complices à s’arrêter juste devant la boulangerie.

    Un suppositoire ? Non merci !

    Le terme « suppositoire » connaît plusieurs sources. Certains disent qu’il vient du latin supponere, qui signifie substituer ou mettre une chose à la place d’une autre. D’autres il est une sorte de remède topique dont on se sert quand on est trop resserré. Jusqu’en 1935, le dictionnaire de l’Académie française le définit tel que : « Médicament solide en forme de cône, que l’on met dans le rectum pour faciliter les évacuations ou pour agir comme véhicule de certains médicaments. »

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    Il tient dans la main, se trouve souvent dans un tiroir à pharmacie, et provoque l’émoi quand il s’agit de l’utiliser. Si sa forme de torpille est enfantine, on ne peut pas dire qu’il soit très populaire. Pourtant, il reste l’un des moyens les plus efficaces d’administrer un médicament. Surtout lorsque la déglutition est devenue mission impossible, ou que la personne affiche des contre-indications hépatiques. Attention à ne pas le confondre avec un comprimé d’aspirine, il est prévu pour s’insérer insérer là où le soleil ne brille jamais.

    Les Égyptiens ont eu, les premiers, l’idée de se soigner en insérant un médicament par cet orifice. Les Grecs et les Romains suivent. Du latin supponere, suppōnō, « placer dessous », tout est dit.

    La médecine évolue grandement. Si outre-Manche l’idée parait toujours saugrenue, le suppositoire reste néanmoins toujours prescrit en France.

    (Crédits : bluebudgie/Pixabay)

    Il est un substitutif plus que profitable. Nicolas Lemery est reconnu « par les historiens de la chimie comme le plus important chimiste français du XVIIe siècle et sa Pharmacopée comme son Traité des Drogues sont considérés par les historiens de la pharmacie comme des références essentielles ». En 1697, sa Pharmacopée universelle réserve à ce suppositoire d’amples explications. Il y est spécifié son utilisation, en remplacement des clystères et lavements.

    Une histoire de plusieurs millénaires

    Si cet objet du quotidien n’est plus en odeur de sainteté, comme toute chose, cette invention est plus âgée qu’il n’y parait. Remontons au temps de l’Égypte antique, période présumée de son invention. Les premières traces écrites sur le sujet apparaissent au Xe siècle de notre ère, décrit par Ibn El Baytar.

    Si Nicolas Lemery l’a introduit dans la société, si l’on peut dire, il évolue dès 1762. Encapsulé par du beurre de cacao, le suppositoire fond à la température du corps humain.

    À la fin du XVIIIe siècle, le suppositoire est un médicament externe. Depuis sa forme galénique change pour avoir des bouts carrés.

    La pénurie de beurre de cacao lors de la Seconde Guerre mondiale amène des excipients de synthèse. À la fin du XIXe jusqu’aux années 60, la voie rectale est préférable à la voie orale, car elle permet de franchir la barrière hépatique. Ce que contredit le Dr Arnault Pfersdorff dans l’émission « La maison des Maternelles » (LMDM).

    (Crédits : RF._.studio _/Pexels)

    Tubes, couleurs, chimie

    Il poursuit sur la prétendue rapidité du principe actif alors introduit, là où le soleil ne brille jamais. Elle n’est pas avérée. Il s’appuie, entre autres sur un article publié en 2009 sur le site Pédiadol. D’ailleurs la prise du suppositoire est conditionnée à l’impossibilité des autres solutions. Pour les adultes c’est autre chose poursuit-il. Chacun voit midi à sa porte martèle l’adage, pour le reste il faut consulter votre docteur en médecine générale.

  • La conférence de Berlin

    La conférence de Berlin

    Le 26 février 1885, une conférence prend fin. Elle est celle de Berlin, qui est déterminante pour comprendre le découpage actuel du continent africain. Le but premier est d’éviter de se déchirer, entre Européens, lors de la course à la colonisation. Bien entendu, aucun représentant de l’Afrique n’est présent à la conférence. L’objectif est, déjà il y a 140 ans, les ressources que ce continent offre. Ainsi il sera question d’un accord sur les règles de la colonisation, donc du partage du continent africain. Quel est le contexte de ces années ? Quelles sont les conséquences ? Est-ce la première colonisation ?

    Les conflits entre les ethnies africaines ne cessent depuis que sa souveraineté lui est ôtée. L’Afrique dépouillée de sa souveraineté et de son indépendance au profit des puissances occidentales, ici européennes. Le continent est assailli, scindé en colonies de dimensions disparates. Sa physionomie passée sous scalpel chirurgical offre un visage remodelé, sans tenir compte des entités politiques préexistantes. La colonisation débute en 1880. Avant plus de 90 % du continent est dirigé par des Africains. Vingt ans plus tard, l’Afrique entière, hormis le Liberia et l’Éthiopie, est sous domination européenne.

    Un partage de l’Afrique sans les Africains ?

    Bismarck, un couteau à la main, qui a la volonté de découper un gâteau estampillé Afrique est une image d’Épinal. Or, la rencontre diplomatique de quatorze nations, a tout de même contribué à définir les règles communes pour de futures acquisitions territoriales. Au XIXe siècle, la monarchie de Juillet en France intensifie ses efforts coloniaux avec la conquête de l’Algérie en 1830. Cette entreprise marque le début d’une présence européenne plus profonde sur le continent, dépassant les simples comptoirs côtiers pour s’étendre à l’intérieur des terres.

    Afrique, continent, superficie

    L’objet de la conférence de Berlin est de procéder au règlement pacifique des litiges aux conquêtes coloniales.

    La conférence de Berlin n’a pas pour objet le partage de l’Afrique, mais un mécanisme d’appropriation des ressources. « […] si on regarde les textes et la réalité de ce qui s’est passé à l’époque : il n’y a pas eu de partage de l’Afrique lors de la conférence de Berlin », explique l’historienne Camille Lefèbvre (Institut des mondes africains) en 2010 à DW.

    Pour autant l’Allemagne et la France forment le duo concernant l’organisation de ladite conférence. D’ailleurs, les discussions se déroulent en français, selon les règles de la diplomatie internationale de l’époque. Le motif est de déterminer les taxes et barrières douanières établies par le Portugal et le Royaume-Uni à l’embouchure du fleuve Congo.

    À mots couverts, la conférence de Berlin se voit attribuer de fixer les conditions de la prise de possession de terres nouvelles, la colonisation sans le dire.

    (Crédits : Magda Ehlers/Pexels)

    « On donne d’abord à une compagnie privée ou à des commerçants un droit spécial qui lui permet de travailler, de faire du commerce avec telle ou telle région. Et c’est seulement au fil du temps, dans les années 1880 ou 1890, que les États européens ont pris de plus en plus en main, avec leurs propres militaires, avec leur propre administration, des colonies privées », relate Jakob Vogel, professeur d’histoire à l’Université de Cologne à DW.

    Quelles sont les conséquences ?

    Les puissances européennes établissent des règles visant à éviter les conflits entre elles, lors du partage du continent africain. Cette conférence aboutit à une division arbitraire de l’Afrique, sans considération pour les réalités ethniques, culturelles ou géographiques : le colonialisme républicain. Cela pose les bases de nombreuses tensions et conflits qui perdurent encore aujourd’hui.

    C’est à travers quelques points que se dessine le futur. La déclaration sur le commerce dans le bassin du Congo, la traite des esclaves, la navigation sur les fleuves Congo et Niger et les conditions pour occuper de nouvelles terres sur le continent africain.

    Les dernières décennies du XIXe siècle, l’Afrique est l’objet de négociations. Des décisions diplomatiques engendrent des commissions envoyées sur place. Un bornage bien qu’européens, certains points sont « le reflet de dynamiques historiques anciennes et propres au continent africain ».

    Les violences des conquêtes nommées « pacification », existent dans un but simple : faire taire toute contestation. Au début du XXe siècle, le partage est complet, sauf pour l’Éthiopie et le Liberia qui conservent leurs indépendances.

    (Crédits : Erich Röthlisberger/Pixabay)

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    Tandis que la Première Guerre mondiale est sur le point d’éclater, les frontières des pays en Afrique sont créées. La défaite de l’Allemagne l’oblige à céder ses colonies. La France et la Grande-Bretagne se taillent la part du lion. Le Portugal, la Belgique, l’Espagne et l’Allemagne occupent des territoires moins importants, mais vastes. Les années 1960 voient l’émancipation des pays africains. Les frontières coloniales devenues intangibles sont adoptées par l’Organisation de l’unité africaine (OUA), sauf pour la création du Soudan du Sud en 2011.

    Première colonisation de l’Afrique ?

    Avant la Conférence de Berlin de 1884-1885, l’Afrique avait déjà été le théâtre de plusieurs vagues de colonisation. Dès le XVIIᵉ siècle, sous l’ancien Régime, des puissances européennes comme la France avaient entrepris des conquêtes coloniales, notamment en établissant des comptoirs le long des côtes africaines pour le commerce des épices, de l’or et des esclaves. Ces premières implantations étaient principalement motivées par des intérêts économiques et stratégiques, visant à contrôler les routes commerciales et à exploiter les ressources locales.

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    Pour autant l’Histoire indique que la migration des peuples à la recherche de terres fertiles pour leurs survies ne date pas d’hier. Les Égyptiens (vers -3000 av. J.-C.) influent sur la Nubie et le Soudan actuel. Les Phéniciens fondent Carthage (vers -1100), la Tunisie actuelle. L’Empire romain détruit Carthage et annexe l’Afrique du Nord.

    Une colonisation arabe du VIIe siècle au XVIe siècle, dû à l’expansion de l’Islam. L’Afrique du Nord est conquise, l’ouest est sous influence pour des routes commerciales transsahariennes.

    Les Européens arrivent qu’à partir du XVe siècle. Les Portugais établissent des comptoirs en Afrique de l’Ouest (Cap-Vert, Angola, Mozambique), Espagnols, Hollandais et Britanniques suivent pour le commerce des esclaves ou l’or. (Crédits : L’Illustration/BnF)

    Les Français et Anglais prennent pied en Algérie et Égypte. L’Afrique du Sud voit les Hollandais s’installer en 1652, puis les Britanniques en 1806 prennent le contrôle. La France s’empare de l’Algérie de 1830 à sa libération avec les accords d’Évian en 1962. Le canal de Suez est sécurisé par l’expansion des colons britanniques en 1882. L’Afrique est le théâtre de conflits, de guerres de territorialité et de prises de pouvoir depuis la nuit des temps. Mais l’Homme ne retient que sa propre histoire, sans forcément en tirer des leçons pour le futur, et à court terme.

  • Le fabricant de chariot de supermarché Caddie, n’est plus

    Le fabricant de chariot de supermarché Caddie, n’est plus

    Un bout de l’histoire quotidienne de chaque terrien est parti. Que vous soyez grand, comme petit, âgé ou pas encore capable de lire ces lignes, l’entreprise « Caddie » n’est plus. La bagarre entre frères et sœurs pour grimper dedans, les paquets de bonbons cachés tout en dessous des courses, des courses de chariot et d’autres bêtises. L’entreprise naît quatre ans après les Jeux olympiques de Paris en 1924. Le tribunal de commerce de Saverne prononce sa liquidation le 16 juillet 2024.

    « C’est un peu triste de finir comme ça ». C’est le sentiment de gâchis, qui occupe l’esprit des 108 salariés qui restaient en poste. Trois redressements en dix ans, le quatrième est fatal à la société. Cette dame âgée de 96 printemps est au crépuscule de sa vie pleine et entière.

    La genèse de « Caddie »

    Comme son principal concurrent, Wanzl, l’histoire de Caddie commence dans les années 1920. C’est un certain Raymond Joseph qui se trouve être la cheville ouvrière de ce fleuron français qui tend à disparaître du paysage. « De la mangeoire pour les oiseaux aux égouttoirs pour la vaisselle en passant par les porte-savons, Raymond Joseph fonde une société qui ne cesse de s’agrandir. C’est ce qui l’a poussé à racheter les usines autour de la sienne, d’où le nom des Ateliers Réunis », explique Stéphane Dedieu, l’ancien PDG.

    En 1922, Raymond Joseph débute son histoire industrielle. En qualité d’entrepreneur, il fabrique des chaînes de bicyclettes. La concurrence est féroce, les affaires difficiles, si bien qu’il abandonne… momentanément.

    Son oncle et sa tante, le docteur Braunberger et son épouse l’incitent dans la persévérance. Contre toute attente, il adopte une décision à contre-courant des années folles.

    Il se prend à vouloir confectionner des produits avec une matière jugée sans valeur, fruste. Tout juste bon à concevoir les clôtures, le fil d’acier fera pourtant sa renommée.

    Au fil du temps, Raymond Joseph rachète les usines qui entourent la sienne. La saga débute à la création de l’entreprise : Les Ateliers Réunis.

    L’ancien ajusteur s’installe à Bischheim, puis Schiltigheim, rue Saint-Charles. En 1928, cinq personnes œuvrent à la fabrication d’articles dédiés au confort dit ménager, puis 33 en 1938.

    (Crédits : Caddie/Facebook)

    La Seconde Guerre mondiale éclate, son entreprise est réquisitionné, ce qui stoppe l’homme, pas ses idées. Il ne tient pas encore ce qui va révolutionner la vie quotidienne de nombreuses ménagères : le chariot de libre-service alimentaire ou « caddie ».

    Le voyage aux États-Unis

    Les courses se déroulent auprès des épiceries de quartier. Du maraîcher au fromager, sans oublier le boulanger. Chaque individu porte dans un panier, souvent en osier, les condiments. Raymond Joseph entreprend un périple outre-Atlantique. Ce périple va changer sa vie et celles de centaines de millions de personnes à travers le monde.

    Les années 50 connaissent des révolutions. L’instauration du salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) qui devient vingt ans plus tard le SMIC (salaire minimum interprofessionnel de croissance) et le voyage américain.

    Son oreille a eu vent de l’essor des magasins en libre-service aux États-Unis. Il rencontre lors de ce voyage, les grands noms de la future grande distribution.

    Raymond Joseph observe le peuple américain et ses habitudes. Premièrement, le positionnement des supermarchés en périphérie des villes, comme actuellement en France. Deuxièmement, chaque enseigne de grande distribution est entourée de parkings.

    Troisièmement, les usagers nécessitent l’emploi de chariot pour se déplacer dans les magasins. Mais surtout pour emmener jusqu’à leurs voitures, les produits achetés.

    Un autre voyage lors d’un séjour à Vittel l’inspire. Le nom des chariots empruntés par les golfeurs résonne. C’est logiquement que Caddie se fonde en 1957. Le nom et ses orthographes sont déposés la même année. L’aventure mondiale de l’entreprise alsacienne débute. (Crédits : Caddie/Facebook)

    Les trente glorieuses participent à son essor. Dans les années 70-80, les supermarchés se développent. L’entreprise se diversifie et grandit. Du premier site de production s’ajoute à Drusenheim, une deuxième usine d’une surface de 30 000 m2. Entièrement automatisée, elle est spécialisée dans la fabrication de chariots de supermarché, le fameux chariot de libre-service alimentaire surnommé affectueusement « caddie » par tout un chacun.

    Une diversité insoupçonnée

    La marque déposée Caddie ne fournit pas que des chariots de supermarchés. Elle propose des équipements pour le commerce, du matériel d’aéroport et des articles ménagers. Elle a su se diversifier avec le temps, mais les aléas de la vie font disparaître un manufacturier de produits de fabrication française, un de plus. Le mot « caddie » est entré par antonomase dans le langage courant (Ex. : Frigo pour réfrigérateur), bien que la marque intervient régulièrement pour s’y opposer.

    Si le chariot se retrouve sur les terrains de sports, c’est qu’il est pratique. Caddie officie aussi dans le milieu hospitalier (plateau technique, équipement de laboratoire, mobilier de soin…).

    Dans des domaines insoupçonnés également. Le panier de bicyclette est un exemple. La grille d’exposition pour afficher les départs des vacances, puis arrivés à l’aéroport vous prenez un chariot ? Caddie propose encore des chariots avec ou sans frein. Vous êtes perdu ? Suivez les indications !

    Vous êtes bloqué pour emprunter un couloir interdit dans un supermarché ? Il est fort possible que l’objet de sécurité soit de Caddie, avec ses sorties de caisse bidirectionnelle.

    Pour qu’un produit se retrouve en tête de gondole, il faut le transporter. Rien de mieux qu’un chariot d’approvisionnement, de préparation et de mise en rayon, toujours de marque Caddie. C’est une fois que nous perdons quelque chose que nous prenons connaissance de son importance. (Crédits : Caddie/Facebook)

    Dans l’inconscient collectif, il existe des mots qui intègrent notre quotidien. Ainsi le chariot de libre-service alimentaire est devenu avec le temps le fameux « caddie ». Il se décline en une gamme complète. Vous aurez forcément une pensée particulière lorsque vous irez faire vos courses. Comme l’évolution des enseignes de supermarchés. L’exemple de Rallye à Poitiers (86), qui se métamorphose en Géant Casino. Puis il sera parmi l’un des 61 premiers magasins à passer sous pavillon Les Mousquetaires/Intermarché. Le nom change, les souvenirs restent, comme à jamais notre fameux « caddie ».

  • La France renonce au méridien de Paris pour Greenwich

    La France renonce au méridien de Paris pour Greenwich

    Il y a plus d’un siècle, la France renonçait à son méridien pour celui d’outre-Manche. Elle adoptait le 9 mars 1911 celui de Greenwich, tout près de Londres. L’Europe en 1911 est divisée en trois zones horaires. C’est ainsi que dans la nuit du 10 au 11 mars, à minuit et dix minutes (environ), qu’il est minuit. Un recul réel de 9 min 21 s. Le temps de l’entrée en vigueur du système international. Toutes les aiguilles s’alignent à la verticale. La loi adoptée par la chambre des députés et votée par le Sénat le 11 février 1911 est exécutée.

    La Terre divisée en 24 fuseaux horaires de 15 degrés, il lui fallait un point d’origine. L’Europe se découpait en trois parties. L’Occidentale (Belgique, France, Espagne, Hollande, et Îles britanniques), la Centrale (Allemagne, Autriche, Danemark, Italie, Norvège, Suède et Suisse) et l’Orientale (États du Danube, Russie, Turquie…).

    Une mise à l’heure de l’horloge

    Dans « Le tour du monde en 80 jours » de Jules Verne, la question des fuseaux horaires est déjà un casse-tête. L’adaptation cinématographique de 2004 joue d’ailleurs avec les décalages horaires pour l’intrigue.

    Jusqu’à la fin du XIXe siècle, chaque territoire possédait sa propre heure. Imaginez que d’une rive à l’autre d’une ville comme Bordeaux, vous n’ayez pas la même heure.

    Le premier pays à unifier ses tocantes sera la Nouvelle-Zélande en 1868. Il faut patienter huit années pour obtenir le dispositif actuel.

    Le Canadien Sandford Fleming, ingénieur de son état, visualise un système de vingt-quatre fuseaux horaires.

    Ils divisent la Terre selon les longitudes. De cette façon, l’heure soit la même à l’intérieur de chaque portion de « quinze degrés ».

    (Crédits : 12019/Pixabay)


    En 1884, l’International Prime Meridian Conference, à Washington, en impose le principe. Elle fixe comme référence universelle le méridien de Greenwich. La commune est une du faubourg de Londres où se situe l’observatoire royal anglais.

    Mettre les pendules à l’heure

    La France vit avec une multitude d’heures locales. Elles évoluent selon les cadrans solaires et par conséquent de la longitude des lieux. N’en déplaise à Marty McFly dans la trilogie « Retour vers le futur », la faille spatio-temporelle de 9 minutes et 21 secondes offre, en 1911 quelques songes supplémentaires aux Français.

    L’heure vissée au méridien de Greenwich résulte d’une suite de conférences. En 1883 à Rome en Italie, puis à Washington en 1884, la France défend d’une manière peu convaincante le méridien de Paris. Si bien qu’après près de trois décennies, elle abandonne la bataille au profit du britannique.

    Imaginez qu’avant la loi du 14 mars 1891, chaque commune avait sa propre heure. De Valenciennes à Bidart, ou de Brest à Beaulieu-sur-Mer, l’heure diffère.

    Depuis le 9 mars 1911, la loi stipule que le temps moyen de Paris est l’heure légale en France.

    (Crédits : Gerd Altmann/Pixabay)

    C’est aussi un avantage d’avoir chaque pendule à la même heure. L’unification concède le premier bienfait de mettre les horaires de trains en concordance, du nord au sud et de l’est à l’ouest. Tout comme les paquebots, sauf pour la Marine. Le ministre, M. Théophile Delcassé en charge indiquait qu’une période de transition courrait du 10 mars au 30 juin.

    Synchronisation des montres

    Une bataille de communication pour ne pas perdre la face. Une énième Conférence internationale se déroulait à l’Observatoire de Paris en octobre 1912. Elle prévoyait la création d’une Commission internationale de l’heure. En 1919, Paris est désignée comme futur Centre horaire international. Le décret du 9 août 1978 abroge la loi du 9 mars 1911.

    « Il s’en faut de 65 millièmes de seconde que la France soit strictement rattachée au système horaire mondial » explique Pour la Science.

    Un nouveau temps international est légalisé, le temps universel coordonné, ou UTC. D’ailleurs l’acronyme GMT signifiait Greenwich Mean Time, vous le saviez ?

    Fondée sur le temps atomique et connecté à la rotation de la Terre, l’UTC (Coordinated Universal Time) est un pied de nez.

    Le bureau qui a élaboré ce temps se situe à Saint-Cloud, près de Paris… Le méridien de Greenwich n’intervient plus dans le calcul du temps.

    (Crédits : Alexas_Fotos/Pixabay)

    De plus, la mesure de la seconde va être redéfinie avant 2030. « La seconde repose depuis 1967 sur la fréquence de la transition hyperfine de l’atome de césium » cosignent 37 spécialistes. Elle s’effectue grâce aux étalons primaires de fréquence à césium. L’incertitude relative de fréquence est de l’ordre de 10-16. Dorénavant la définition sera encore plus précise, car les étalons de fréquence optiques (OFS) présentent des incertitudes beaucoup plus faibles. Cela reste un peu flou, l’article explique la teneur sur 20 pages, juste pour être à l’heure.

  • Quand la Seine déborde, Paris scrute le zouave

    Quand la Seine déborde, Paris scrute le zouave

    En ce début d’année 1924, Paris était envahi par les flots de la Seine. Comme à chaque crue, la mesure est prise sur la statue du zouave du pont de l’Alma. Les pluies incessantes remémoraient la crue dévastatrice de 1910. Qualifiée de crue centennale, elle fut le plus important débordement de la Seine. Le 28 janvier 1910, elle atteignait 8,60 m sur l’échelle du pont d’Austerlitz. Le zouave avait de l’eau jusqu’au cou. La situation de torpeur est semblable à celle que vivent les habitants du Pas-De-Calais.

    Ce début d’année était marqué par les mêmes images de planches pour se déplacer dans les rues de Paris, que celles du Pas-de-Calais. Le 3 janvier 1924, le ciel s’était éclairci, les nuages semblaient moins denses. Si les pluies avaient cessé sur Paris, ce n’était pas le cas dans la Haute-Marne.

    Chaque jour, les mesures augmentaient. La torpeur se lisait sur les visages, entre admiration et stupeur, de la force de l’eau que rien ne peut arrêter.

    Si bien qu’il aura fallu attendre trois jours supplémentaires pour que la Seine atteigne l’étiage de 7,32 m et qu’enfin la décrue s’amorce. Mais c’est l’ensemble du Paris qui était suspendu. Les eaux envahissaient les voies, faisaient cesser le trafic ferroviaire entre les gares d’Orsay et Austerlitz, et les Invalides.

    Les journalistes affichaient les records battus les uns après les autres. « Elle aura dépassé de 31 centimètres sa crue de 1876 et de près de 35 centimètres celle de 1920 », martelait le rédacteur du journal Le Matin.

    (Crédit : Le Petit Parisien/BnF/Gallica)

    C’est à partir de cette crue que les prévisions du service de central hydrométrique seraient dévoilées par une émission radio. La tour Eiffel durant la crue réalisera une émission radiophonique à 11 h 30. L’avis indiquait aussi les cotes enregistrées à Montereau, Chalibert, Paris-Austerlitz et Mantes.

    Un désastre en banlieue et en France

    Un bien triste spectacle, commentait le rédacteur entre Ivry et Villeneuve-St-Georges. À Vitry la rue Raspail est totalement inondée, à Port-à-l’Anglais, le fleuve triple sa largeur. En passant le pont de Choisy, la situation est catastrophique. Dans la partie la plus basse de l’avenue d’Alfortville, certaines maisons sont submergées, certains jusqu’au toit.

    Les relevés météorologiques s’affolaient en France. La Loire passait les 5,06 m à Tours. Le village de Néman près d’Avoine voyait ses habitants déménager les animaux et mobiliers pour camper au milieu des champs.

    La neige tombait à Lyon, formant une couche moyenne de 30 centimètres. La crue du Rhône, la Garonne débordait, Gap ne répondait plus à cause de la neige tombée en abondance.

    La Meuse déborde. Les pluies torrentielles conjuguées à l’abondance chute de neige ont provoqué des inondations. Le chômage atteint les ouvriers, les habitants déménagent à la hâte.

    La neige qui recouvrait Aurillac a fondu, augmentant le volume des cours d’eau.

    (Crédits : Le Matin/BnF/Gallica)

    Quant au zouave, il est la dernière des quatre statues, représentant les combattants lors de la guerre de Crimée, présente aux pieds du pont de l’Alma. Ses compagnons sont l’Artilleur, le Chasseur à pied et le Grenadier. Elle mesure 5,2 mètres de haut, pèse près de 8 tonnes et est l’œuvre de Georges Diebolt, elle représenterait le soldat André-Louis Gody.

  • « À la recherche des causes de la vie chère »

    « À la recherche des causes de la vie chère »

    Quel titre ronflant, qui n’a jamais eu autant d’échos qu’aujourd’hui ! Sauf que ce titre est celui du quotidien Le Matin, du 16 novembre 1923, il y a cent ans. Il suffit de faire l’expérience d’un passage en caisse de supermarché pour se rendre compte de la similitude. Les causes selon les avis et personnes diffèrent. Il suffit de voir durant la crise due au SARS-CoV-2, la pénurie de produits, malgré le travail sans relâche des chauffeurs routiers. La récession de la motte de beurre défrayait les chroniques, il est devenu de l’or.

    L’inflation est la seule courbe qui semble monter inéluctablement. Selon l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), les coûts de la vie ont augmenté entre janvier 2022 et janvier 2023 de 6 %. Dans son rapport du 15 novembre 2023, l’indice des prix à la consommation (IPC) augmente durant le mois de 0,1 %, mais de 4 % sur l’ensemble de l’année. Pour voir un bilan mensuel de l’Insee positif à la lecture, il faut remonter en octobre 2020 : « Les prix à la consommation sont stables sur un mois et sur un an. » Dans l’Histoire de France, le pain possède une place privilégié, de la Révolution française à aujourd’hui, un baromètre à lui tout seul.

    L’inflation, désormais connue de tous, est selon le dictionnaire de l’Académie française le « phénomène économique caractérisé par une hausse des prix générale et durable |…] ». L’Insee ajoute que c’est la perte du pouvoir d’achat de la monnaie qui se traduit par la fameuse augmentation. Mais il faut la différencier de l’augmentation du coût de la vie.

    Le montant de cette inflation est de 6 %, sauf que c’est une moyenne. Selon France inflation, l’indice des prix à la consommation ont crû depuis 2015 de 18 %.

    L’énergie a bondi de 60 %, l’alimentation de 31 %, les services de 13 %, les produits manufacturés de 5 % et la palme va au tabac avec 71 %.

    (Crédits : France-Inflation)

    L’IPC ou le « coût de la vie »

    Ce fameux coût de la vie fait vraiment parler. Lorsque les anciens, qui ont connu le franc, les cabines téléphoniques, les baladeurs, le gazole à moins d’un euro… parlent, ils disent c’était mieux avant. Ont-ils raison ? La période de crise due au SARS-CoV-2 a bouleversé les marchés laitiers et pas que. Le prix des produits de première nécessité ne cesse de croître.

    L’indice est calculé chaque mois par l’Insee. Il existe pour mesurer l’évolution générale des prix des biens et des services consommés par les Français. La prochaine publication au Journal Officiel est le 15 décembre 2023. « Il permet d’adapter sa consommation pour une meilleure maîtrise de ses dépenses et de son pouvoir d’achat. » Merci, sans cette définition je serais perdue pour gérer mes dépenses !

    Ce fameux indice, hors tabac sert à l’indexation de nombreux contrats privés, les retraites, à revaloriser le SMIC selon trois catégories souligne le site WEB du service public : ensemble des ménages — hors tabac, ménages urbains dont le chef est ouvrier ou employé — hors tabac, ménages du premier quintile de la distribution des niveaux de vie — hors tabac.

    (Crédits : Alexa_Fotos/Pixabay)

    L’évolution des prix

    Ce qui semble anormal ou illogique est de passer faire ses courses aux supermarchés en comparant son chariot. La quantité de produits achetés semble dérisoire au vu du prix final, surtout quand vous n’avez pas changé vos habitudes de consommations. Pour comparer les prix, il faut avoir une base : le salaire minimum de croissance (SMIC). En 1980, au commencement le montant brut est de 2317,42 francs. Le SMIC en 1992 est de 5629,39 francs (858,20 €), en 2023 1747,20 euros, soit 11 460,88 francs. Il était de 1521.22 euros brut en 2019.

    ProduitsPrix en euros% du SmicPrix en euros% du SmicPouvoir d’achat en euros% du SmicEvolution
    Baguette de pain (1 kg)2.12 (1992)0.2474.06 (2023)0.2321380.49 (2022)0.294+26,72 %
    Lait pasteurisé entier (1 l)0.84 (1992)0.0971.21 (2019)0.0791284.60 (2019)0.094+18.98 %
    Beurre extra fin (250g)1.39 (1992)0.1612.20 (2019)0.1441284.60 (2019)0.171+18.75 %
    Huile d’olive vierge extra (1 l)4.54 (1992)0.5297.43 (2019)0.4881284.60 (2019)0.578+18.44 %
    Carottes (1 kg)0.83 (1998)0.0962.08 (2023)0.1361284.60 (2019)0.161+18.38 %
    Sucre en morceaux (1 kg)1.10 (1992)0.1280.98 (2019)0.0641284.60 (2019)0.076+18.75 %
    Gazole (1 l)0.54 (1992)0.0631.91 (2023)0.1091380.49 (2022)0.138+26.06 %
    Supercarburant 98 (1 l)0.77 (1992)0.0891.94 (2023)0.1111380.49 (2022)0.140+26.12 %
    Place de cinéma5.18 (1992)0.60310.30 (2023)0.5891380.49 (2022)0.746+26.65 %
    Consultation médecin généraliste22.79 (1992)2.65525.00 (2023)1.4301380.49 (2022)1.810+26.57 %
    Paquet de cigarettes (20)1.50 (1992)0.17411.50 (2023)0.6581380.49 (2022)0.833+26.59 %
    Timbre (vert)0.33 (1992)0.0381.16 (2023)0.0661380.49 (2022)0.084+27.27 %
    Lorsque l’on compare les prix en fonction du SMIC entre 1992 et 2023, ils sont stables. Sauf si vous prenez en compte la valeur du pouvoir d’achat déterminée par l’Insee. L’évolution montre l’écart entre le pourcentage du SMIC en 2019 et 2023, et la valeur du pouvoir d’achat. (Les montants indiqués des prix sont des moyennes)

    La part des intermédiaires dans le coût de la vie

    Le coût des carburants possède une part dans les prix, la chute de la valeur de l’euro début 2021 où il s’échangeait à 1, 22689 dollars pour atteindre 0, 9749 en septembre 2022. Depuis il est remonté timidement au-dessus de un euro. Mais comment expliquer qu’il est préférable, économiquement de faire venir un produit par bateau ? Le coût de revient de sa production est moins cher qu’en France. Que dire de la qualité ?

    Les lecteurs du quotidien Le Matin s’interrogeaient, « Si la vie renchérit, la faute n’en est-elle pas à l’augmentation des tarifs des transports ? » Dans le tableau dressé le 16 novembre 1923 le prix de transport est celui fixé par les chemins de fer par kilogramme, puis le prix moyen est aussi en kilogramme.

    Les causes, en 2023 seraient multiples. Le conflit entre la Russie et l’Ukraine, forcément celui également au proche orient entre le Hamas et Israël, l’après confinement dû au SARS-CoV-2, la relance budgétaire massive, mais également la dépréciation de l’euro face aux monnaies telles que le dollar et le franc suisse.

    Sans oublier les tensions géopolitiques avec l’énergie dite fossile, l’effet de l’offre et de la demande et sans aucun doute la politique monétaire des baques centrales. L’inflation touche toute l’Europe. Pour encore combien de temps ?

    (Crédits : Le Matin/BnF/Gallica)

  • 500 000 bâtiments détruits au Japon lors du séisme de 1923

    500 000 bâtiments détruits au Japon lors du séisme de 1923

    Il y a cent ans, le Japon subissait l’un des plus gros tremblements de terre de son histoire. C’est un bilan catastrophique au temps de maisons de bois. La magnitude était de 8,1 sur l’échelle ouverte de Richter. La ville de Tokyo et ses environs détruits, mais les villes de Yokohama, Kanagawa et Shizuoka furent touchées. Le bilan est dramatique, au moins 200 000 morts, plus de 500 000 bâtiments détruits et 2 millions de sans-abris. Les incendies se propageaient un peu partout, s’ajoutant à la confusion, puis un tsunami venait balayer une partie de la plaine.

    Le 1er septembre 1923 à 11 h 58, le Grand tremblement de terre du Kantô a dévasté Tokyo et Yokohama. Ce séisme marquait l’histoire du Japon, de magnitude de 8,1 sur l’échelle ouverte de Richter il détruisait tout sur son passage. L’épicentre se trouvait au bord de la plaque terrestre située sous la baie de Sagami, le long de la ligne connue sous le nom de « fosse de Sagami ».

    Le grand tremblement de terre du Kantô du 1er septembre 1923. Une vue de l’école secondaire Kotobuki à Yokohama. (Crédits : Wikipedia)

    Dans les montagnes de l’ouest de la préfecture de Kanagawa, près de l’épicentre, glissements de terrain, coulées de débris se produisaient. Sur le long de la côte le tsunami engendré causait de nombreux dégâts. Les immenses secousses frappaient la région à l’heure du déjeuner, les cuisines étaient en pleine activité et de nombreuses personnes n’ont pu contrôler les feux. Des incendies massifs duraient presque deux jours et deux nuits.

    Les bilans s’enchaînaient avec les difficultés connues suite à l’effondrement de tant de bâtiments. (Crédits : Le Journal/BnF/Gallica)

    Au total, 370 000 maisons ont été détruites ou incendiées, sans compter les bâtiments. Plus de 105 000 personnes sont décédées ou ont été portées disparues. Parmi elles, 92 000 personnes, soit environ 90 %, ont perdu la vie dans les incendies. Il y a eu 95 000 décès dans les villes de Tokyo et de Yokohama, soit encore plus de 90 %. Ce sont donc les incendies provoqués par le gigantesque séisme qui sont responsables du plus important nombre de décès. Depuis le Japon est devenu la référence en sismologie.

  • Voyage au cœur de la langue Française

    Voyage au cœur de la langue Française

    Préparez-vous au voyage. Nous allons dans lieu où les mots peignent des images et des émotions. La langue française est une mosaïque colorée d’expressions, comme une julienne de légumes qui évoquent des idées et des sentiments profonds. Aujourd’hui, nous plongeons dans un tourbillon de mots et de sens en explorant trois expressions pittoresques : « soupe au lait », « amuser la galerie » et « répondre du tac au tac ». Attachez vos ceintures linguistiques et préparez-vous à un voyage au cœur de l’humour, de l’histoire et du langage.

    « Fais attention au lait, qu’il ne déborde pas de la casserole », s’inquiète Séki.

    « Ça ne risque pas, j’ai placé l’antimonte lait. Ce serait génial si nous pouvions l’utiliser quand notre voisin est soupe au lait », rétorque Sépa.

    « Mais bien sûr », s’amuse Séki.

    De nombreuses expressions sont issues de la vie courante et de la cuisine. (Crédits : Moondance/Pixabay)

    Plongeons-nous dans l’atmosphère chaleureuse d’une cuisine familiale. Vous avez la chance d’avoir, avec votre bidon ramené deux litres de lait entier. Vous devez le faire bouillir. Imaginez alors une casserole de lait, d’eau ou de soupe en ébullition. Si vous ne la surveillez pas attentivement, elle peut déborder en une fraction de seconde. De la même manière, la colère peut s’emparer de certaines personnes en un clin d’œil. Cette expression subtile nous rappelle que nos émotions peuvent nous déborder tout comme un chaudron bouillant. Cette situation arrive lorsqu’une susceptibilité est exacerbée quand nous répondons du tac au tac.

    Répondre du tac au tac ou l’art des échanges instantanés

    Vous avez oublié de surveiller la casserole. La table de cuisson est désormais pleine de la soupe, vous risquez l’engueulade. Imaginez alors un échange verbal où les mots sont des épées affûtées. Oui, vous me voyez venir. L’expression « répondre du tac au tac » puise son origine dans l’escrime. Quand un combattant subit une attaque, sa réponse cinglante est immédiate. Le son des fers qui se croisent, procurait un son typique le « tac ». Cette expression rappelle que les mots sont des armes de destructions, blessantes. La violence n’est pas que physique.

    Amuser la Galerie

    Bien avant l’ère des smartphones, des influenceurs, de l’électricité, un jeu réunissait les gens. Il est célèbre à plus d’un titre. Il s’agit de l’ancêtre du tennis : le jeu de paume. L’expression « amuser la galerie » trouve son origine dans ce lieu. Les galeries étaient une sorte d’allée couverte ou les badauds s’installaient pour voir les adversaires d’un jour. Les joueurs rivalisaient d’adresse et de virtuosité, pour captiver le public. Tout comme des artistes sur scène, ils « amusaient la galerie ».

    Les galeries permettaient au public de voir et d’apprécier la technique des joueurs comme les gradins aujourd’hui. Si votre ado amuse la galerie en cours, il fait peut-être référence au jeu de paume, en plein cours d’histoire… mais s’il fait ça dans l’ensemble des cours, il fait juste le pitre, l’amuseur. (Crédits : Oakenchips/Wikipédia)

    Les expressions françaises sont des joyaux et des exemples de la richesse de notre langue. Chaque mot est une fenêtre ouverte sur une émotion, une situation. Alors, la prochaine fois que vous utilisez ces expressions, souvenez-vous qu’elles sont des morceaux d’histoire et d’émotion qui rendent la langue si vivante : Bon voyage, et à bientôt !