samedi, mars 2, 2024
International

Sécheresse : L’Uruguay tire la langue faute d’eau potable

H2O, est une combinaison que chaque collégien, lycéen connaît. Elle est l’indispensable de tout être vivant sur Terre, du règne animal au végétal. Sauf que depuis quelques années, les bulletins météorologiques alertent de la baisse des nappes phréatiques, mais pas que. S’ils sont connus, car télévisés, des usagers et releveurs s’inquiètent depuis longtemps. Déjà il y a cent ans, la ville de Paris subissait des coupures d’eau potable de minuit à six heures.

Des chiffres pour planter le décor. La surface de la Terre est recouverte à 71 % d’eau, 97 % sont salées pour 3 % d’eau douce. Un être humain adulte est composé d’environ 65 % d’eau. Ce qui représente pour un homme de 80 kg, une masse d’environ 52 kg, et pour une femme de 66 kg, environ 43 kg. Sans eau, pas de vie possible… Buvons de l’eau salée ! Pas possible, une consommation d’eau salée entraîne une déshydratation par effet d’osmose.

Consommation d’eau potable en France

La moyenne de consommation d’eau est différente si vous habitez en ville ou à la campagne, en maison ou en appartement et de votre lieu de résidence. Peu ou prou de départements n’ont pas encore pris des mesures de restrictions concernant l’eau. Il faut comprendre que chaque Française ou Français consomme une moyenne de presque 150 litres d’eau chaque jour (149 l). Imaginez plus de seize packs de si bouteilles d’un litre et demi, soit 54,3 m3 par habitant et par an.

Le simple fait de « tirer la chasse » expulse en moyenne 9 litres d’eau potable. Les décisions des politiques à travers les âges ont une résonance. Il y a plus de deux décennies, dans un article du Parisien, le 9 janvier 2001, la journaliste Jacqueline Meillon évoquait les inondations. « Alors que la disparition progressive des talus et des haies apparaît comme une des causes des inondations en Bretagne et dans le Calvados ». La députée du Maine-et-Loire Roselyne Bachelot s’apprêtait à déposer à l’Assemblée une proposition de loi en ce sens.

Selon une étude de l’INRA une superficie supérieure à 350 000 Ha de haies, bosquets et arbres épars ont disparu entre 1960 et 1990. D’autant que ces mêmes haies favorisent le stockage du carbone dans les sols.

La consommation domestique en eau potable en 2019. (Crédits : OFB – DDT(M)/DRIEAT/DEAL – Collectivités – 2019 Traitements : SDES. 2021)

Une crise sanitaire en devenir en Uruguay

Près de deux tiers de la population est confrontés à un problème d’eau potable. La cause est une sécheresse qui dure depuis le mois de novembre 2022. Le 4 mai 2023, le gouvernement de Lacalle Pou réagissait en mélangeant le peu d’eau douce disponible avec l’eau du Río de la Plata. Ce dernier est chargé en sels en raison de son contact avec l’océan Atlantique. Sauf que l’entreprise publique Obras Sanitarias del Estado (OSE), en charge de la gestion de l’eau, a décidé d’augmenter les taux de chlorure et de sodium. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) fixe un seuil à ne pas dépasser de 200 milligrammes de sodium par litre d’eau. L’eau qui sort des robinets en contient 440. Les prévisions du gouvernement indiquent qu’elle va continuer à augmenter, souligne le quotidien El Diario.

Réactions en chaîne

L’eau salée est partout dans les canalisations. Si la chaleur envahit la France et l’Europe, c’est l’hiver en Uruguay. L’eau salée détériore le chauffage, la réparation engendre 10 000 pesos d’entretien, près de 240 euros, quand le salaire moyen atteint 405 euros. Si cela ne suffisait pas, l’entretien des canalisations pour le transport de l’eau laisse à désirer. Selon le quotidien uruguayen El Observador, les canalisations perdraient depuis des années entre 30% et 50% de l’eau qu’elles transportent, faute d’entretien. Se laver avec de l’eau salée abîme la peau et les cheveux : « Lorsque vous vous douchez dans ces conditions pendant 60 ou 70 jours, cela se voit », explique Gerónimo Olmando, consultant en affaires publiques et gouvernementales à Montevideo.

Les réserves en eau n’ont cessé de descendre pour atteindre un point historiquement bas. Le 11 juillet 2023, le réservoir de Paso Severino, ci-dessus contenait 2,09 millions de m3, soit seulement 3,1 % de sa capacité. (Crédits : El Observador)

L’eau potable est surexploitée en Uruguay. Le gouvernement invite la population à restreindre sa consommation, sans appliquer les mêmes restrictions aux entreprises martèle El Observador. « L’Uruguay connaît le pire déficit hydrique depuis 74 ans », a reconnu le secrétaire de la présidence, Álvaro Delgado en mai dernier. Entre mardi et mercredi, la pluie est enfin arrivée, ce ne sont que 34 millimètres par mètre carré qui sont tombés dans le bassin de Santa Lucia. Pas assez pour commencer à rétablir le niveau normal, mais assez pour endiguer la chute. Que se passerait-il en France métropolitaine si une telle pénurie d’eau survenait ?

Elise Dardut

Épicurienne, je reste une jeune femme à l’aise dans son corps et dans sa tête. Je pense par moi-même, j’agis par moi-même, j’entends les conseils et n’écoute que mon intuition. « Le jour où l’homme aura la malice, la finesse et la subtilité de la femme, il sera le roi du monde… mais ce n’est pas pour demain », me chantait mon grand-père. Il m’a appris que « les seuls beaux yeux sont ceux qui vous regardent avec tendresse. » (Coco Chanel) Depuis, je m’évertue, pour qui veut bien entendre et écouter, à distiller des graines ici et là, au gré du vent. Un proverbe indien explique que « si vous enseignez à un homme, vous enseignez à une personne. Si vous enseignez à une femme, vous enseignez à toute la famille » Il est temps d’inverser les rôles et admettre l’équité, non ?

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