Ici, le 11 novembre 1918, succomba le criminel orgueil de l’empire allemand, indiquaient les vainqueurs. C’est à l’initiative de M. Fournier-Sarlovèez, maire de Compiègne à l’Est du département de l’Oise et de Beauvais, se dressera bientôt un monument en forêt compiégnoise. Le wagon servant à la signature de l’armistice y sera déposé au centre même de l’esplanade. L’histoire fera que la rancœur d’un certain caporal de la Première Guerre mondiale détruira la relique, après y avoir fait signer la reddition sans condition de la France du Maréchal Pétain.
Le futur sera, dans la clairière où l’on voit encore la trace des chemins de fer qui supportaient les wagons des vaincus et le wagon des vainqueurs. (Crédits : Xavier Renoux/Oise Tourisme)
Comme l’indiquait la presse du 28 juin 1922, « on ne voit à l’emplacement où le train des plénipotentiaires humiliés s’arrêta respectueusement à quelques mètres de notre général vainqueur, on ne voit, sous les grands arbres de la forêt, que des plaques de bois à demi fendues. L’une porte cette inscription ; Train du Maréchal Foch ; l’autre : Train des délégués allemand. » Voici ce qu’était le monument dressé en forêt de Compiègne. Or, la Ligue des chefs de section prenait l’engagement d’y mettre un autre. Ils souhaitaient que des plaques indiquent que Foch était là, et que le général Winterfeld également. La volonté de marquer les esprits était grande, tandis que des négociations concernant le règlement des dettes dites de guerre s’engageaient.
Les monuments de la clairière et le monument des Alsaciens Lorrains furent démontés et transportés en Allemagne avec le wagon. Le carrefour de l’Armistice est détruit, l’abri du wagon rasé. Ils seront retrouvés en Allemagne et réinstallés pour l’armistice du 11 novembre 1946. (Crédits : Association wagon de l’Armistice)
Le 11 novembre 1918, Foch recevait le visage impassible, « l’aveu de leur impuissance ». La volonté de la Ligue était d’avoir un monument pour le 11 novembre 1922. « Nous scellerons sous une dalle lourde et indestructible, le cadavre du criminel orgueil. Nous nous y engageons ». La veille de l’armistice, le 21 juin 1940, les soldats allemands extrayaient la voiture, après avoir abattu un mur du musée abritant le wagon de l’Armistice depuis 1927, pour l’amener à son emplacement du 11 novembre 1918, en prévision du passage de Hitler. La dalle fut détruite par les nazis dès la capitulation de la France, le 22 juin 1940, pour être reconstruite quelques années plus tard.
Un père de famille de sept enfants, journalier et honnête pensait connaître son épouse. Or, elle semblait n’être comblée par son époux Émile Jeanblanc. Durant plusieurs jours voire des semaines entières, l’épouse et mère de famille ne passait un kopeck de son temps au domicile conjugal. Lassé des absences de sa femme, il partit la chercher par monts et par vaux. Et se retrouva le 27 juin 1922 à comparaître devant la 14e chambre correctionnelle pour violation de domicile.
En ce mois d’avril 1922, M. Jeanblanc se résolut à mettre un frein aux joies de l’adultère de sa femme, qui « oubliait ses devoirs de mère et d’épouse ». Il décida de la prendre la main dans le sac, en flagrant délit. Le 25 d’avril, Mme Jeanblanc sortait sous prétexte d’aller faire des provisions. Son mari, suspicieux, suivie sa dulcinée, l’épia et la vit entre subrepticement chez un ses bons amis. Plutôt que de retourner nourrir sa fratrie, à l’heure où ses enfants attendaient impatiemment leur mère pour se mettre à table, exaspéré il franchit le seuil de l’immeuble. Mais il fut stoppé dans son élan par le concierge, manu militari. Furieux, il déclara en faisant mine de se retirer : « je sais où elle est, maintenant, et je les aurai tous les deux ».
Ne pouvant passer par l’escalier, il emprunta une échelle, pour atteindre le lieu de l’adultère. (Crédits : DR/Pixabay)
Le concierge le crut parti. Quelques instants après, le mari cocu revenait avec une échelle, et à l’insu du gardien, il appliqua l’échelle sur la façade de l’immeuble pour s’introduire par une fenêtre du premier étage, en la brisant. Les deux amants surpris se réfugièrent dans une pièce voisine où ils s’enfermèrent à clef, mais leur dépit précipité ils oublièrent leurs vêtements. Le mari trompé s’en saisit. Pensant se retirer par le même chemin, le concierge réapparaissait. Mais M Jeanblanc avait descendu quasiment l’ensemble des échelons en brandissant de manière triomphale les vêtements de son rival, que le concierge criait « Au voleur ! »
La condamnation fut à l’époque fonction de la violation de domicile. Son but est d’amener la preuve du délit, du crime par tous les moyens, ce qui est légal, mais dangereux. Car la Justice peut condamner ladite personne du crime ou délit effectué pour apporter ladite preuve. (Crédits : Gerd Altmann/Pixabay)
Le désarroi, les protestations et le déshonneur du mari furent complets lorsqu’il se faisait attraper par des gardiens de la paix. « Je les ai pris en flagrant délit », s’écria-t-il. Devant la 14e chambre correctionnelle, l’homme s’écriait que « je faisais mon constat d’adultère ». « Mais vous n’aviez pas la qualité pour remplacer le commissaire de police », dit le président. Après la plaidoirie de son conseil Me Pierre Lœwel, le tribunal infligea pour le principe une amende de cinquante francs d’amende, pour ne pas avoir fait appel à la police et son commissaire. L’histoire ne dit pas ce qui se passa par la suite entre les époux…
Le Prince Albert Ier de Monaco est décédé le 26 juin 1922, à l’âge de 73 ans. Transporté pour une grave intervention chirurgicale, il est mort d’une longue et douloureuse maladie intestinale à 16 h 50 à Paris. Opéré par le docteur Gosset, la chirurgie avait pleinement réussi, le prince était considéré comme hors de danger. Une violente crise d’urémie se déclarait samedi 25 juin. Ses familiers, sa petite fille S.A.R. la duchesse de Valentinois et son médecin le docteur Louet l’entourèrent lorsqu’il reçut les derniers sacrements.
Le prince héritier Louis de Monaco, colonel d’état-major du général Le Rond fut rappelé de Haute-Silésie, mais arrivera trop tard pour accompagner son père dans ses derniers instants. Le souverain, Albert Ier de Monaco, était surtout connu comme un homme de science, un scientifique, aux multiples facettes. Il s’occupa presque sa vie entière d’océanographie. Il crée sur le rocher un musée dont les collections œuvrent pour le respect, la connaissance et la sauvegarde. « Le Prince Albert Ier, mon trisaïeul, avait souhaité que Monaco se dote d’un Institut océanographique avec une feuille de route claire : faire aimer, connaître et protéger les océans. Aujourd’hui, cette vision montre toute sa pertinence, sa modernité et sa force », commentait S.A.S. le Prince Albert II de Monaco. Il existe également un lieu fondé par le prince, la maison de l’océan, à Paris.
Le Prince Albert Ier de Monaco avait élu associé étranger de l’académie des sciences en remplacement de Lord Kelvin en 1909. (Crédits : L’Écho de Paris/BnF/Gallica)
Il était le défenseur des grandes causes, de l’océanographie à la paléontologie, il en servit d’autres, toutes aussi nobles et somme toute plus dangereuses. Ainsi en février 1898, il réagit au « J’accuse… ! » de Zola publiée dans l’Aurore le 13 janvier 1898 en écrivant à ce dernier : « Votre déclaration contient les plus beaux sentiments qu’une âme puisse exprimer, elle honore l’humanité, elle ajoute un rayon à la gloire de la France […] ».
« Depuis longtemps j’affirme votre innocence parce que je la vois comme je vois la clarté du jour. Vous-même en vrai soldat vous l’affirmiez mieux que par des serments lorsque vous traversiez debout le champ du supplice », écrivit-il au Capitaine Dreyfus. (Crédits : Comité Albert Ier de Monaco)
Le 3 juillet 1899, il fait publier dans Le Figaro une lettre adressée à Mme Dreyfus et écrit au capitaine. Cette prise de position publique suscite des réactions passionnées. « Madame, vous avez défendu l’honneur de votre mari avec une vaillance admirable, et la justice triomphante vous apporte une réparation due. Pour aider les honnêtes gens à vous faire oublier tant de douleurs et de souffrances, j’invite votre mari à venir chez moi au château de Marchais, dès que l’œuvre sainte de la justice sera accomplie. La présence d’un martyr, vers qui la conscience de l’humanité tournait son angoisse, honorera ma maison. Parmi les sympathies qui sont à vous, Madame, il n’y en a pas de plus sincère ni de plus respectueuse que la mienne ».
Le Prince Albert II de Monaco lors de la visite de l’exposition « Un Prince en mouvement : Albert Ier de Monaco et les Moyens de Locomotion de son temps ». L’une des huit rétrospectives qui commémorent le centenaire de la disparition du Prince Albert Ier. (Crédits : Manuel Vitali/Direction de la Communication)
Il était un homme qui eut une importance cruciale, mais peu connue de ses contemporains. « J’ai découvert en faisant des recherches, le rôle majeur qu’il a joué au cœur dans les coulisses de l’histoire du début du XXe siècle. En fait, il a agi comme un intermédiaire entre le kaiser allemand Guillaume II et le président de la République française. Car à cette époque, ces deux-là ne se parlaient jamais […], il allait chasser à Rambouillet, il allait faire de la voile lors de régates de Kiel, il profitait de ces opportunités pour faire passer des messages », explique Yann-Antony Noghès interrogé à la sortie du film « Un combat pour la paix » par MonacoInfo.
Cinq mille trois cent soixante-quinze kilomètres en quinze étapes attendaient les 121 coureurs cyclistes en cette première journée du Tour de France 1922, le 25 juin. Les épreuves verront la plaine, puis la montagne, l’océan Atlantique avant la mer Méditerranée, et les Alpes avant les Vosges. En ce dimanche, les dix formations s’élançaient de la porte Maillot, pour un départ réel d’Argenteuil à 2 h. La dernière étape reliera Dunkerque à Paris sur 340 kilomètres le 23 juillet.
Chaque spectateur a encore en mémoire la victoire du Belge Léon Scieur, dit la Locomotive en 1921. Il prit le maillot jaune de leader lors de la deuxième étape pour le conserver jusqu’à la 15e et dernière étape. Il affichait 18 min et 36 secondes d’avance du son compatriote HectorHeusghem et 2 heures 1 minute sur le français HonoréBarthélemy. Au menu de l’édition 1922, dix équipes, huit françaises, une belge et une italienne. Les amoureux de la petite reine sont scindés en deux groupes, 26 en première classe et 95 en seconde.
La première édition du Tour de France se déroulait du 1er au 19 juillet 1903. La course cycliste était organisée par le journal L’Auto, et se déroulait en six étapes. L’édition 2022, du 1er au 24 juillet, comptera 21 étapes, pour un total de 3 328 km avec pas moins de 22 équipes. (Crédits : Le Petit Parisien/BnF/Gallica)
Les quinze étapes :
1re étape étape 25 juin Paris (Luna Park) — Argenteuil – Le Havre (388 km)
2e étape 27 juin Le Havre — Cherbourg (364 km)
3e étape 29 juin Cherbourg — Brest (405 km)
4e étape 1er juillet Brest — Les Sables-d’Olonne (412 km)
5e étape 3 juillet Les Sables-d’Olonne — Bayonne (482 km)
6e étape 5 juillet Bayonne — Luchon (326 km)
7e étape 7 juillet Luchon — Perpignan (323 km)
8e étape 9 juillet Perpignan — Toulon (411 km)
9e étape 11 juillet Toulon — Nice (284 km)
10e étape 13 juillet Nice — Briançon (274 km)
11e étape 15 juillet Briançon — Genève (SUI) (260 km)
12e étape 17 juillet Genève (SUI) — Strasbourg (371 km)
13e étape 19 juillet Strasbourg — Metz (300 km)
14e étape 21 juillet Metz — Dunkerque (432 km)
15e étape 23 juillet Dunkerque — Paris — Parc des Princes (325 km)
Des noms sont évocateurs de palmarès, Philippe Thys vainqueur en 1913, 1914 et 1920, Firmin Lambot 1919, Léon Scieur 1921, puis des concurrents sérieux tels Hector Heusghem, Jean Alavoine, Christophe Barthélemy, Rossius, Deman, Bellanger, Mottiat, Sellier, Dejonghe, Goethals, Lenaers, Jacquinot, Tiberghien, Despontin, Dhers, Muler, Louis Heusghem, Vandaele, Masson, Degy, Grassin, Alancourt, Gremo, Gay. Concernant la seconde classe, ils ne sont pas moins méritants, se trouvent J. Pelletier, Forestier, Amene, Alpini, Nempon, Meyer, Constantin, Perel, Bordier, Beeckman, Leroy, Hudsyn, Archelais…
Jacquinot s’imposait au Havre en 15 h 11 min 48 s après 381 kilomètres. Il devance de près de neuf minutes Eugène Christophe suite à une crevaison. « Ils sont partis cent vingt, quatre-vingt-deux d’entre eux ont abandonné, brisés les uns après les autres par l’effort surhumain de la gigantesque épreuve ». (Crédits : Le Petit Parisien/BnF/Gallica)
La première étape était remportée par un tricolore Robert Jacquinot qui conservera la tunique du leader jusqu’aux Sables-d’Olonne. Le Belge Philippe Thys s’adjuge la victoire en Vendée. Eugène Christophe enfile à 37 ans le maillot jaune, et le porte trois jours. Jean Alavoine qui survolait les Pyrénées. Durant cinq jours, le « Gars Jean » est en jaune, et en tant que leader, Alavoine subit les assauts de Thys avant d’être vaincu par la malchance. Firmin Lambot (BEL) assure sa deuxième victoire finale sur le Tour à Metz. Il terminera en 222 h 8 min et 6 s, devant Jean Alavoine (FRA) à 41 min 15 s, et Félix Sellier (BEL) à 42 min 2 s. Ils ne seront que trente-huit à terminer la boucle, dont Daniel Masson avec 65 h53 min et 41 se derrière le double vainqueur 1919 et 1922. Il ne reste plus qu’une petite semaine avant le départ du contre-la-montre individuel à Copenhague, au Danemark pour la 109e édition du Tour de France.
Le blé préoccupait tant au niveau agricole que politique le 24 juin 1922. Les évaluations parues au journal officiel indiquaient un déficit de 500 000 hectares pour l’ensemble des céréales sur l’entièreté du territoire, par rapport à l’année 1921. En cause la diminution de 271 000 hectares de blé d’hiver et malgré l’augmentation de 75 000 Ha de celui de printemps, le compte n’y était pas. La surface de culture baissait, et n’augurait rien de bon quant au rendement. Comme solution, le politicien instaurait une commission…
Le ministre de l’Agriculture, M. Chéron, suite à la victoire remportée à l’Assemblée nationale sur la politique agricole du gouvernement, s’empressa de déposer un projet de loi. Ce dernier lui accorderait le droit de déterminer, par décret rendu aux conseils de ministres, sous la IIIe République, les taux minima d’extractions des farines, tout comme le fait de ne pas incorporer l’avoine et le froment dans l’alimentation du bétail. Voyant la porte se refermer, il décida de nommer une commission. Elle devait examiner les mesures pouvant être prises pour protéger les cultivateurs et consommateurs des spéculations sur les blés et farines.
La presse n’était pas tendre avec les politiques lorsqu’ils déterminaient de Paris, la conduite à tenir des travailleurs de la terre, surtout sans aucune consultation de ces derniers. L’inflation concernait tous les produits de la vie courante, viande, lait, beurre, pain… (Crédits : DR)
La fluctuation des prix de ces matières premières, celle du taux de blutage (représente le pourcentage de la farine extraite) les succédanés lors des périodes de disette, mais aussi les leviers servant à l’établissement des taxes sur le pain dans les communes de France. La question de la rémunération minimale et permettant aux agriculteurs se posait déjà en 1922 : « Il est une mesure indispensable à prendre, c’est de donner au cultivateur l’assurance que son travail sera toujours rémunérateur, et ne descendra pas au-dessous du taux nécessaire pour couvrir ses frais de production », expliquait le journaliste J. Grindorge.
Nous avons toutes et tous des smartphones, qui ne sont reliés à un fil que pour les recharger, et encore… Imaginiez-vous que le 23 juin 1922, le conseil des ministres par un communiqué assurait que trois fois par jour, nous aurions les prévisions météorologiques ? L’Écho de Paris se faisait le relais de cette information. La conséquence somme toute logique que si la population souhaitait entendre le bulletin météo, il fallait se munir d’un récepteur, pour capter les ondes en partance de la tour Eiffel.
La communication ministérielle évoquait que les communes ambitionnant de se procurer le précieux appareil, le poste de réception de téléphonie sans fil, le pourrait pour un prix maximum de 200 francs. Elles allaient tomber des nues, avec les engagements des politiques. En fonction de l’endroit où vous situez, la somme demandée varie énormément, en fait de 600 à 3 000 francs. Il parait évident que si vous êtes sur la promenade des Anglais à Nice ou sur le parvis de la cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, vous ne paierez pas le même prix. Tout ceci est dû aux composants et à la longueur d’onde, en effet, le signal partait du sommet de la tour Eiffel.
Qu’il vente, qu’il pleuve, qu’il fasse un « cagnard » ou bien qu’il gèle à pierre fendre, les agriculteurs travaillent dans les champs, et sont régulièrement plus à même de pronostiquer la météo qu’il va faire, car ils sont en contact permanent avec la nature. (Crédits : Sandra M H/Pixabay)
Par ailleurs, il état proposé un kit pour construire soi-même un excellent appareil de réception, sur la capitale, « il faut dans les communes des appareils non amateurs, mais bien et solidement construits » insinuait le journaliste. Le progrès était pour les agriculteurs, qui si les nouvelles dispositions que le gouvernement venait de décider, pour prédire les intempéries dont ils sont s’y souvent les victimes impuissantes, cela n’empêche pas qu’elles se produisent, l’être humain étant incapable, à priori, d’influer sur Dame nature.
Les discussions au Sénat, le 22 juin 1922, se focalisaient sur l’abrogation de l’article 10 du code de l’instruction criminelle. Cet article donnait le pouvoir aux préfets d’arrestation préventive, perquisitions ce sans jugement, du seul fait que le représentant de l’État dans les départements jugeait ladite personne suspecte. Une divergence d’opinions animait les débats. Le garde de Sceaux déclarait que le gouvernement acceptait les conclusions de la commission.
Si le gouvernement abondait à cette abrogation, Pierre Marraud, sénateur du Lot-et-Garonne, craignait que celle-ci ne désarme la police et la sûreté générale, « notamment lorsqu’il s’agit des espions, des malfaiteurs et des tenanciers de maisons de jeux ». Le rapporteur de la commission soutenait qu’« en matière criminelle, la liberté provisoire est de droit cinq jours après le premier interrogatoire. » Une dérogation de prolongement à dix jours était possible par une ordonnance motivée du juge, puis que le juge d’instruction saisisse la chambre du conseil du tribunal. « Sous le bénéfice de ces observations, nous vous demandons d’adopter le projet qui reproduit, avec de légères modifications, le texte adopté par le Sénat en 1909. » L’article en question était dans le code d’instruction criminelle qui était promulgué par les Lois des 27 novembre et 26 décembre 1808. Il indiquait que « les préfets des départements, et le préfet de police à Paris, pourront faire personnellement, ou requérir les officiers de police judiciaire, chacun en ce qui le concerne, de faire tous actes nécessaires à l’effet de constater les crimes, délits et contraventions, et d’en livrer les auteurs aux tribunaux chargés de les punir, conformément à l’article 8 ci-dessus. » (Code d’instruction criminelle de 1808)
La police judiciaire recherche les crimes, les délits et les contraventions, en rassemble les preuves, et en livre les auteurs aux tribunaux chargés de les punir. Une séance au Sénat du temps où Édouard Philippe était Premier ministre. (Crédits : Mumu’s Pictures)
Le sénateur de la Vienne, Raymond Duplantier, demandait le renvoi à la commission du projet, pour que les amendements que devaient déposer un certain nombre de sénateurs, soit examiner. La proposition de Duplantier était rejetée par 245 voix contre, et 41 pour. Aujourd’hui, le juge d’instruction ne fait plus qu’un travail de juge du siège. Le travail d’investigation étant largement confié à la police qui est beaucoup plus professionnelle qu’elle ne l’était. En 1808, il accomplissait à la fois le travail du juge d’instruction et de la police.
Les nouveaux députés élus lors de la fête des Pères ont fait leur rentrée à la chambre basse. M Tapponier déposait une proposition ce 21 juin 1922, modifier l’époque des congés. Il faut dire la période d’après-guerre, les personnes à la tête de l’État, cherchait à reconstruire le pays. C’est ainsi que ce que nous appelions « Grandes Vacances » s’allongeait de deux semaines, car elle permettait aux enfants de travailler dans les champs, plutôt que de déambuler oisivement ici et là.
Le personnel enseignant, est unanime indiquait le directeur d’un établissement d’enseignement à cette question. Non pour lui, mais des vacances suffisantes pour le repos des écoliers. « Il y a une quarantaine d’années, on se contentait de six semaines ». On avait pris l’habitude de considérer le 14 juillet comme date de départ. « Les vacances commençaient bien plus tôt depuis la fin de la Première Guerre mondiale », expliquait un proviseur de Lycée. Les dates d’examens furent fixées à la mi-juin. « On peut dire que virtuellement les études sont terminées à cette date. Dans l’enseignement secondaire, il n’est plus possible de travail sérieux après le mois de juin ». Sous l’Ancien Régime, les jours de congés correspondent essentiellement aux fêtes chrétiennes et au calendrier liturgique :
Épiphanie, 6 janvier
Saint-Charlemagne, 28 janvier
Sainte Geneviève, 26 novembre
Pentecôte, 5 juin
Carnaval
Assomption, 15 août
Toussaint, 1er novembre
Sainte-Catherine, 25 novembre
Ascension, 26 mai
Fête-Dieu, 16 juin
…
Le plus gros des congés étant condensés sur août/septembre, cela correspond à l’aide que les enfants devaient apporter lors des vendanges et de la moisson.
Historiquement, au mois d’août et septembre
À partir de l’an 1888, la durée des congés d’été passait de quatre à neuf semaines. En 1912, le début des « grandes vacances » est avancé au 14 juillet, mais elles ne durent que jusqu’au 1er octobre. L’arrêté du 24 juillet 1905 s’attaque aux congés extraordinaires et les réduit à une semaine pour les fêtes de Pâques, au Premier de l’an, au lundi de Pentecôte et au lendemain de la Toussaint ; s’y ajoutent la célébration du 14 juillet et les jours de fête patronale. « ARTICLE PREMIER. — Les grandes vacances ont une durée de six semaines dans les établissements publics d’enseignement primaire. Toutefois, sur l’avis du Conseil départemental, la durée des vacances peut être portée à huit semaines dans les écoles primaires supérieures, ainsi que dans les écoles primaires élémentaires où sont organisées des classes de vacances »
Sous le ministre Jean Zay, l’arrêté du 11 juillet 1938 fixait les dates et durée desdits congés : deux jours pour la Toussaint, dix pour Noël et le jour de l’an, un pour mardi-gras, quinze jours pour Pâques, le lundi de Pentecôte et des vacances d’été du 15 juillet au 30 septembre. (Crédits : Pexels/Pixabay)
Les conséquences de la Grande Guerre sont partout. C’est le manque de main-d’œuvre qui octroie aux écoliers deux semaines de vacances supplémentaires, afin qu’ils puissent aider au travail agricole expliquait le ministre de l’Instruction publique. Le découpage de la France en trois zones (A, B et C) date de 1959. En 1960, les vacances d’été débutent le 28 juin et se terminent le 16 septembre. Mais la France qui est encore majoritairement paysanne a besoin de bras dans les champs. L’article 5, loi du 28 mars 1882 permet « des autorisations d’absence n’excédant pas huit semaines par an peuvent être accordées par l’inspecteur d’académie, sur la demande des personnes responsables, aux enfants ayant au moins douze ans qui sont occupés à des travaux agricoles ou embarqués pour la pêche maritime. »
En ce qui concerne les congés payés dans le monde, le Koweït est le plus généreux avec 43 jours dans l’année. Viennent ensuite le Cambodge et la Géorgie avec respectivement 42 et 39 jours. La France est seulement 14ème avec 5 semaines de congés payés. (Crédits : StarFlames/Pixabay)
Un tournant dans le monde des vacances et du tourisme en 1972. Après les trois médailles d’or olympiques et grenobloises de Jean-Claude Killy de 1968 dans les épreuves de Slalom géant, de descente et du slalom, les vacances d’hiver naissent réellement, avec le « loisir » comme fer de lance. Puis, les « grandes vacances » deviennent les « vacances d’été », car amputée de deux semaines, pour être réparties au profit des vacances de Toussaint et d’hiver, loisir oblige.
La hausse des prix subie en France laisse penser qu’elle soit exister aussi dans d’autre pays du vieux continent. En Allemagne, le chancelier Wirth conférait en ce 20 juin 1922, prendre des garanties pour enrayer la chute du Mark. Il est vrai que depuis le début de l’année, l’inflation s’envolait. Déjà très importante au cours des années précédentes, elle devenait incontrôlable atteignant des niveaux inouïs et jusque-là inimaginables : alors qu’elle s’établissait à 60 % en 1921, elle s’emballe en 1922 à 5 200 %, puis explose littéralement.
Les milieux gouvernementaux de Berlin prévoyaient, selon Le Petit Parisien, dès maintenant un nouvel et prochain effondrement du mark, qui porterait le cours du dollar à 350 ou 400 marks. La nouvelle chute de la valeur aura pour conséquence directe le renchérissement de la vie, l’augmentation des salaires, accroissement de l’inflation, et rend toute réforme fiscale illusoire. Le docteur Rudolf Havenstein, président de la Reichbank s’était entretenu à ce sujet avec le chancelier Wirth. La Première Guerre mondiale terminée, les coûts des charges liées à la démobilisation militaire et économique, de la reconversion d’une économie de guerre en une économie de paix se superposaient aux prélèvements imposés par les réparations du traité de Versailles.
La première vague inflationniste court de l’armistice à mars 1920, s’en suit une accalmie de dix-huit mois. Au printemps de 1922, l’augmentation sans frein des crédits au marché privé vient se superposer aux problèmes connectés à la gestion des réparations de guerre. En juin 1922, la planche à billets fonctionne trop, si bien que la circulation du papier-monnaie atteint le niveau de 180,2 milliards de marks, et la dette flottante du Reich 255,3 milliards. Le montant des réparations dépasse les possibilités budgétaires. Tous ces facteurs combinés aboutirent à une inflation « galopante » de juillet 1922 à janvier 1923.
Il fallait jusqu’à une brouette pleine de billets pour acheter une boite d’allumettes. La dette flottante de l’Allemagne atteindra 191 580 465 422,1 milliards de marks (Source : Les banques et l’effondrement du Mark : la situation du système bancaire en Allemagne de 1918 à 1923. Harald Wiforth). (Crédits : DR)
Au début de cette période, un dollar américain valait 420 marks, mais en janvier 1923 il en valait 49 000. En janvier 1922 le mark or valait 46 marks papier, 84 000 en juillet 1923, 6 milliards en octobre 1923 et 1 000 milliards en décembre 1923. L’Humanité du 23 février 1923 énumère les prix de quelques denrées et d’autres objets dits de première nécessité :
un œuf coûte en ce moment 400 marks
une livre de jambon 6 400 marks
une paire de chaussures 80 000 marks
un quintal de charbon plus de 6 000 marks, à partir de la semaine prochaine 8 000 marks
une livre de viande 4 500 marks
une livre de beurre 6 400 marks
la livre de café est montée à 18 000 marks ou 4 marks-or, avant la guerre, la livre de café ne coûtait que 1 mark 60
Certaines frénésies apparaissent lorsque l’être humain découvre une source de bénéfice, comme nous entendons parler de la fièvre de l’or. Le pétrole trouvé en Pennsylvanie le 19 juin 1922, rend selon les journaux, les populations atteintes par une fièvre étrange. L’or noir était déjà au centre des préoccupations, il y a un siècle. Une question sur ce sujet posée aux délégués durant de la conférence de Gènes, perturbaient tant ces derniers qu’ils en oublièrent l’interrogation principale : la « reconstruction de l’Europe ».
Nous sommes dans une conjoncture ubuesque, les carburants les plus usités dépassent allégrement à la pompe le prix de deux euros le litre, sans que les Français disent mot. Ils semblent s’accommoder de pareille situation, comme s’ils ne pouvaient rien y faire. Les conversations entendues de couples aux caisses des supermarchés sont effrayantes, hésitant à se nourrir en délaissant des produits, ou calculer à dix euros près la marge pour pouvoir faire le plein « d’essence ». Heureusement qu’à compter du 1er avril 2022 « vous bénéficiez d’une remise de 15 ct d’Euro par litre » prise en charge par l’État, sauvé…
Le 2 juin 2008, le prix du baril dépassait les 140 dollars, sauf que le taux de change métamorphosait la donne : le 11 juillet 2008, un euro s’échangeait ainsi contre 1,57 dollar. Soit le prix de l’unité à 93,63 €. Ce dimanche 19 juin 2022, un euro s’échange à 1,0495 dollars, le baril à 113,61 $, soit 108,25 € (à 9 h 14), quatorze euros de plus qu’en 2008. (Crédits : prixdubaril)
Les comparaisons s’effectuent sur les réseaux sociaux, sur le coût de 2008 et celui de 2022. Les prix, à la pompe des stations-service, des produits pétroliers reflètent les évolutions de leurs différentes composantes (cours du pétrole brut, marge de raffinage, marge de transport-distribution, fiscalité). Le premier est issu de trois cours :
le Brent (brut de la mer du Nord), traité à l’ICE (InterContinental Exchange) de la bourse de Londres
le pétrole brut de type WTI (West Texas Intermediate), traité au Nymex de la bourse de New-York
le Dubaï au Moyen-Orient, traité à la bourse de Dubaï.
Année
2008
2010
2012
2014
2016
2018
2020
2022
Pris le plus bas
40,25
73,64
95,16
62,51
30,69
57,36
18,38
86,51
Prix le plus haut
133,19
91,47
125,45
111,80
63,31
81,03
63,65
117,25
Moyenne annuelle
96,99
79,44
111,66
99,02
43,54
71,05
41,75
103,71
Valeur d’échange d’un Euro
0,6332
0,7553
0,7781
0,7539
0,9039
0,8477
0,8769
0,9130
Pris du baril de Brent en dollar américain, et taux moyen de l’euro face au dollar américain (Crédits : Reuters/DGEC)
La valeur fluctue d’année en année, tant par la demande que par la production. Mais également par la marge brute de raffinage, qui selon les chiffres du ministère de l’Écologie sont passés de 30 euros la tonne, en janvier 2022 à 140 au mois de mai. Tandis qu’elle ne dépassait jamais les 50 € depuis 2017 comment expliquer le prix ?
Comment expliquer le prix ?
Tout et son contraire sont entendus. Un commerçant, comme tout un chacun, a besoin de papier-monnaie pour vivre en ce bas monde, l’État en est un. L’écart entre le prix du produit au départ et celui que vous payez en caisse s’appelle en définitive taxe. Mais il faut différencier le produit revendu sans transformation de l’autre. Le premier connaît un prix fournisseur, qui est le prix d’achat hors taxe (HT). Le deuxième est le coût d’achat, qui est le prix d’achat plus les frais (exemple le transport). Puis le prix de vente HT, représente le coût d’achat auquel s’ajoute la marge. Enfin le prix toutes taxes comprises (TTC) qui reprend le prix de vente plus la taxe sur la valeur ajoutée (TVA).
Le prix du carburant, qui est actuellement de 2,07 euros pour un litre de Gazole, ne dépend pas uniquement du prix du baril de Brent, mais de trois autres composantes : les marges de raffinage, de transport-distribution et la fiscalité. (Crédits : Ufip Énergies et mobilités)
La différence entre celui qui est transformé, voire entièrement fabriqué est le prix de revient : somme des coûts d’achat HT des matières et produits entrant dans la composition du produit à vendre + main-d’œuvre + cotisation sociale + amortissements de l’outil industriel + frais de commercialisation. L’État français propose à tous de consulter des données sur les prix des carburants HT et TTC. Elles sont disponibles, sur le site commun du ministère de la transition écologique et de la cohésion des territoires, et du ministère de la transition énergétique.
Carburant
Gazole
Super SP85
Super SP95-E10
Super 98
Superéthanol E85
GPLc
Prix HT
1,1154
1,0845
1,0750
1,1411
0,5924
0,5821
Prix TTC
2,0694
2,1309
2,0960
2,1989
0,8528
0,8370
Différence
0,954
1,0464
1,021
1,0578
0,2604
0,2549
Moyenne des prix pétroliers vendue à la pompe en France, pour les données du 10 juin 2022. (Crédits : Gouv)
Deux taxes s’ajoutent au prix des carburants : la TICPE (qui inclut la « taxe carbone ») et la TVA (Taxe sur la valeur ajoutée). Elles représentent entre 50 et 60 % du prix des carburants, selon l’Union française des Industries pétrolières (Ufip). La taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE), anciennement TIPP est la plus importante. Elle représente à elle seule environ 40 % du coût du carburant à la pompe. De manière générale, la TICPE est redevable par les professionnels gérant la production, l’importation, le stockage ou les deux. La valeur de la taxe concernant le carburant est ensuite répercutée sur le prix du carburant. Depuis 2014, elle intègre la « composante carbone », qui doit financer la transition énergétique et aurait dû augmenter progressivement chaque année jusqu’en 2022.
Face au mouvement dit des « gilets jaunes », le gouvernement l’a momentanément stoppé en la gelant en décembre 2018, comme ci-dessus. (Crédits : Capture d’écran du guide 2021 sur la fiscalité des énergies du ministère de la Transition écologique)
Sur un litre de Super SP95-E10 à 2.13 €, la taxe de TICPE et la TVA totale représentent 1, 046 €. Sans la ristourne de 15 c €, le prix serait de 2.145 €. Dans cet exemple, la TICPE et sa TVA sont de 38,92 %. Le 10 juin 2022, Le Parlement européen a voté en faveur de l’interdiction, à partir de 2035, de la vente de véhicules neufs à moteur thermique, soit à essence ou au diesel. Les eurodéputés ont statué par 339 voix pour, 249 contre et 24 abstentions.
« Sur le plan écologique, on peut difficilement dire que cela est une mauvaise chose. Cela va permettre d’éliminer la pollution en ville et réduire fortement les émissions de gaz à effet de serre. Aujourd’hui, 30 % des gaz à effet de serre proviennent de l’automobile. En revanche, cela est moins évident sur le plan économique et social. Basculer d’une technologie à une autre en si peu de temps ne sera pas évident », explique Luis Le Moyne, expert automobile et professeur à l’Institut Supérieur de L’Automobile et des Transports à Capital.
Comment les déplacements s’effectueront-ils, au vu de la capacité des véhicules électriques ? La fabrication ? La pollution engendrée en amont ? Des sujets sur la transition dite écologique qui ne sont discutés, semble-t-il, nulle part. Seul (Crédits : Gerd Altmann/Pixabay)
Imaginons que toute la planète passe à la voiture électrique, y aura-t-il assez d’énergie produite pour tous, alors que nous sommes incapables de la stocker ? Quel sera le prix du kilowattheure, quand nous roulerons tous à l’électrique ? Quand on voit le vote suisse du 16 juin 2022 indiquant que « le Conseil des États a balayé par 24 voix contre 8 la motion de Hansjörg Knecht (UDC/AG) qui aurait voulu modifier la loi sur l’énergie nucléaire afin de rendre à nouveau possible un jour la création de nouvelles centrales ». Qui la produira ? D’autant que les batteries au Lithium dont l’extraction pose des problèmes graves écologiquement. Des questions, auxquelles des réponses sont me semble-t-il, intéressantes et nécessaires.