Il y a cent ans… les députés régissaient les grandes vacances

Les nouveaux députés élus lors de la fête des Pères ont fait leur rentrée à la chambre basse. M Tapponier déposait une proposition ce 21 juin 1922, modifier l’époque des congés. Il faut dire la période d’après-guerre, les personnes à la tête de l’État, cherchait à reconstruire le pays. C’est ainsi que ce que nous appelions « Grandes Vacances » s’allongeait de deux semaines, car elle permettait aux enfants de travailler dans les champs, plutôt que de déambuler oisivement ici et là.

Le personnel enseignant, est unanime indiquait le directeur d’un établissement d’enseignement à cette question. Non pour lui, mais des vacances suffisantes pour le repos des écoliers. « Il y a une quarantaine d’années, on se contentait de six semaines ». On avait pris l’habitude de considérer le 14 juillet comme date de départ. « Les vacances commençaient bien plus tôt depuis la fin de la Première Guerre mondiale », expliquait un proviseur de Lycée. Les dates d’examens furent fixées à la mi-juin. « On peut dire que virtuellement les études sont terminées à cette date. Dans l’enseignement secondaire, il n’est plus possible de travail sérieux après le mois de juin ». Sous l’Ancien Régime, les jours de congés correspondent essentiellement aux fêtes chrétiennes et au calendrier liturgique :

  • Épiphanie, 6 janvier
  • Saint-Charlemagne, 28 janvier
  • Sainte Geneviève, 26 novembre
  • Pentecôte, 5 juin
  • Carnaval
  • Assomption, 15 août
  • Toussaint, 1er novembre
  • Sainte-Catherine, 25 novembre
  • Ascension, 26 mai
  • Fête-Dieu, 16 juin

Le plus gros des congés étant condensés sur août/septembre, cela correspond à l’aide que les enfants devaient apporter lors des vendanges et de la moisson.

Historiquement, au mois d’août et septembre

À partir de l’an 1888, la durée des congés d’été passait de quatre à neuf semaines. En 1912, le début des « grandes vacances » est avancé au 14 juillet, mais elles ne durent que jusqu’au 1er octobre. L’arrêté du 24 juillet 1905 s’attaque aux congés extraordinaires et les réduit à une semaine pour les fêtes de Pâques, au Premier de l’an, au lundi de Pentecôte et au lendemain de la Toussaint ; s’y ajoutent la célébration du 14 juillet et les jours de fête patronale. « ARTICLE PREMIER. — Les grandes vacances ont une durée de six semaines dans les établissements publics d’enseignement primaire. Toutefois, sur l’avis du Conseil départemental, la durée des vacances peut être portée à huit semaines dans les écoles primaires supérieures, ainsi que dans les écoles primaires élémentaires où sont organisées des classes de vacances »

Sous le ministre Jean Zay, l’arrêté du 11 juillet 1938 fixait les dates et durée desdits congés : deux jours pour la Toussaint, dix pour Noël et le jour de l’an, un pour mardi-gras, quinze jours pour Pâques, le lundi de Pentecôte et des vacances d’été du 15 juillet au 30 septembre. (Crédits : Pexels/Pixabay)

Les conséquences de la Grande Guerre sont partout. C’est le manque de main-d’œuvre qui octroie aux écoliers deux semaines de vacances supplémentaires, afin qu’ils puissent aider au travail agricole expliquait le ministre de l’Instruction publique. Le découpage de la France en trois zones (A, B et C) date de 1959. En 1960, les vacances d’été débutent le 28 juin et se terminent le 16 septembre. Mais la France qui est encore majoritairement paysanne a besoin de bras dans les champs. L’article 5, loi du 28 mars 1882 permet « des autorisations d’absence n’excédant pas huit semaines par an peuvent être accordées par l’inspecteur d’académie, sur la demande des personnes responsables, aux enfants ayant au moins douze ans qui sont occupés à des travaux agricoles ou embarqués pour la pêche maritime. »

En ce qui concerne les congés payés dans le monde, le Koweït est le plus généreux avec 43 jours dans l’année. Viennent ensuite le Cambodge et la Géorgie avec respectivement 42 et 39 jours. La France est seulement 14ème avec 5 semaines de congés payés. (Crédits : StarFlames/Pixabay)

Un tournant dans le monde des vacances et du tourisme en 1972. Après les trois médailles d’or olympiques et grenobloises de Jean-Claude Killy de 1968 dans les épreuves de Slalom géant, de descente et du slalom, les vacances d’hiver naissent réellement, avec le « loisir » comme fer de lance. Puis, les « grandes vacances » deviennent les « vacances d’été », car amputée de deux semaines, pour être réparties au profit des vacances de Toussaint et d’hiver, loisir oblige.

Fidel Plume

Équilibriste des mots, j'aime à penser qu'il existe un trésor au pied de chaque arc-en-ciel. Un sourire éclaire la journée de la personne qui le reçoit. Elizabeth Goudge disait : « La gratitude va de pair avec l'humilité comme la santé avec l'équilibre. »

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