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  • La débâcle grecque lors de la Guerre d’indépendance turque

    La débâcle grecque lors de la Guerre d’indépendance turque

    Le conflit qui opposa la Grèce et la Turquie de 1919 à 1922 fit de très nombreux morts. Connue sous le nom de Guerre d’indépendance turque, elle prend fin le 11 octobre 1922 après la signature de l’armistice de Moudanya. Les accords seront mis en application un jour après la signature par les Grecs, soit le 15 octobre 1922. Au total, côté grecque 24 240 morts 48 880 blessés et 18 085 disparus, quant aux Turcs 20 540 morts et 10 000 blessés sont à déplorer.

    Selon le traité de Sèvres, signé le 10 août 1920, la Grèce obtient la ville de Smyrne et sa région dans l’ouest de l’Anatolie, la Thrace orientale, ainsi que les îles d’Imbros et Ténédos. Quelques mois avant cette signature, l’armée grecque débarquait le 15 mai 1919 à Izmir, traditionnellement nommée Smyrne. Par moins de 20 000 soldats grecs, de la 1re division y débarquaient. Ils prennent le contrôle de la ville et de ses environs grâce au soutien des marines britannique, française et hellène. Les forces en présence légitiment le débarquement selon le traité d’armistice de Moudros, en particulier l’article 7. « Les Alliés auront le droit d’occuper tous points stratégiques dans le cas où un état de choses menaçant pour la sécurité des Alliés viendrait à se produire. »

    Mustafa Kemal passe en revue les officiers de l’école militaire de Constantinople, le 9 novembre 1926. Le Premier ministre, Ismet Pacha, et le ministre de la Guerre, Redjeb Bey, l’accompagnent. Il obtient une révision complète du précédent traité par celui de Lausanne, le 24 juillet 1923. [Crédits : Bettmann/Getty)

    Les troupes de Mustafa Kemal ne l’entendaient pas de cette façon, et reprenaient l’offensive jusqu’à l’assaut final. Le général grec Tricoupis qui avait les pouvoirs conférés par le gouvernement d’Athènes est fait prisonnier le 2 septembre 1922 par les Turcs et Mustafa Kemal Pacha, il n’exerce plus aucun pouvoir. La bataille du 7 septembre 1922 sonne les prémices de la fin de la guerre, à partir de ce jour le Roi Constantin n’avait à ce jour plus d’armées. Dans cette bataille, il a perdu 50 000 hommes sur les 180 000 en présence durant les trois années du conflit. Située à 40 km de la ville de Smyrne, l’armée ottomane fera tomber le pont de l’Ionie dans les heures qui suivent. Les Grecs acculés, harassés, découragés « devront capituler pour éviter d’être jetés à l’eau », écrit le journaliste dans L’Ouest-Éclair.

    Un incendie se déclare dans le quartier Arménien et se propage dans l’ensemble de la ville. « La puanteur de la chair humaine brûlée était épouvantable et dans les rues s’empilaient les cadavres d’hommes, de femmes, d’enfants et de chiens ». (Crédits : DR)

    L’affrontement décisif qui eu lieu le 26 août 1922 scella le devenir de cette Guerre d’indépendance turque. Mustafa Kemal transperçait les lignes grecques et gagne à marche forcée Ymyrne (Izmir) où il entrait en vainqueur le 9 septembre 1922, les Britanniques ayant finalement renoncé à soutenir leurs alliés. Quatre jours plus tard, plusieurs foyers d’incendie se déclarent dans le quartier arménien. En quelques heures, plus des deux tiers de la ville est ravagé par le feu. Les troupes turques qui l’encerclent bloquent toute possibilité de sortie. Les ruines continuent à se consumer pendant plusieurs jours. On dénombre plus de 100 000 morts, en majorité grecs et arméniens. L’armistice est signé le 11 octobre.

  • Quand Poitiers se trouvait être détonante

    Quand Poitiers se trouvait être détonante

    En ce jour du 5 septembre 1922, une forte explosion était ressentie aux abords de la préfecture de la Vienne. L’explosion du parc de l’artillerie se trouvait à 300 mètres à vol d’oiseau, et à seulement 50 petits mètres de poudrières. Fort heureusement, les conséquences de la destruction de cet obus de 75 ne furent que matérielles. Les autorités de l’époque étaient surprises que cette dernière n’ait engendré que des dogats matériels. Par cause, conséquence ou stratégie, les autorités militaires faisaient édifier un site sur le polygone de Biard

    L’autorité militaire avait par mesure de prudence entassé les projectiles, et la fusée du côté du champ de tir. En bordure du champ un bâtiment où étaient entreposées les munitions nécessaires aux tirs d’entraînements quotidiens. Tout fut disposé que si un obus venait à exploser, la charge partirait en direction opposée à la ville. Tout proche d’un bâtiment où les munitions du 109e Régiment d’artillerie lourde étaient gardées, habitait Mousset adjudant au parc, avec son épouse et sa fille de 8 ans.

    L’obus, conçu dans le but de tuer, mutiler et détruire n’explose pas toujours et resurgit encore aujourd’hui, lors des travaux agricoles et d’infrastructures. Son poids total est de 5,315 kg, dont 740 d’explosif brisant. (Crédits : Musée de la Grande Guerre)

    Au bruit des premières détonations, Mme Mousset par instinct de protection et de survie se saisissait de sa fille malade. Elle enveloppa l’enfant d’une couverture puis s’enfui affolée en direction de la ville. Quelques secondes après que la mère eu quitté le domicile avec son enfant dans les bras, une explosion encore plus violente détonna. Celle-ci arrachait portes et fenêtres de l’habitation où elles se trouvaient quelques secondes plus tôt. Les meubles disposés dans la demeure furent complètement détruits. Le bâtiment dans lequel l’explosion de l’obus de 75 se produisit n’était plus qu’un amas de pierres, les cuisines du quartier de la Chauvinerie détruites, les vitres du quartier brisées. Un pilote passant au-dessus de Poitiers avait comparé cette explosion à celles de la Grande Guerre.

  • Grave incident en Rhénanie : deux militaires belges assassinés par des Allemands

    Grave incident en Rhénanie : deux militaires belges assassinés par des Allemands

    La conférence de La Haye, précédée par celle de la Gênes, n’a laissé que ces œuvres inachevées et des rancœurs. C’est ainsi que les tensions en Europe sont exacerbées. Ce vendredi 1er septembre 1922, à trois heures et demie, un grave incident se déroulait à Oberkassel-sur-le-Rhin. Les mesures prises par l’État belge ont été une véritable chasse à l’Homme. Si les présumés coupables n’étaient pas appréhendés dans les six heures, les autorités allemandes auraient été mises en arrestation.

    Il faisait nuit en Allemagne près de Düsseldorf , lorsqu’une sentinelle était abattue à coups de revolver. Alerté par les détonations, le sergent de garde sortit de son baraquement pour porter secours à la sentinelle. Il fut également tué. Il fallut l’intervention d’une garde pour qu’elle puisse apercevoir plusieurs individus s’enfuir. En les poursuivant et pénétrant dans divers établissements encore ouverts, elle conduisit l’arrestation d’une douzaine de personnes.

    Le gouvernement belge ordonna au général Rucquoy de procéder à des perquisitions dans l’ensemble de la ville. Le pont du Rhin à Düsseldorf, reliant Oberkassel. Le ministre des Affaires étrangères Henri Jaspar avait fait mander Danosberg et lui formulait une protestation énergique contre ce nouvel incident. (Crédits : Agence Rol/Gallica/BnF)

    Le gouvernement belge indiqua au général Rucquoy d’alerter les autorités civiles et politiques des représailles, en cas de non-arrestation des présumés coupables. Les Belges déjà meurtris par l’assassinat du lieutenant belge Joseph Félicien Graff (1897-1922) à Hamborn, le 22 mars 1922. « L’impunité dont profitent les meurtriers pour agir et prendre la fuite tient là aussi au statut alambiqué de la région, où voisinent zones occupées et non occupées. Cette affaire secoue l’opinion publique belge, et les anciens combattants en particulier, qui réclame des sanctions sévères et des garanties pour la sécurité des troupes belges d’occupation déployées en Rhénanie », écrivent Wannes Devos et Kevin Gony dans « Guerre Occupation Libération ».

  • Il y a cent ans… la chute du Mark et la politique française

    Il y a cent ans… la chute du Mark et la politique française

    Les versements des réparations économiques de l’Allemagne sont stoppés au printemps 1922, et ne reprennent qu’en 1925. En cause l’inflation galopante. « La forte inflation est un défi majeur pour chacun d’entre nous », déclare la banque centrale européenne dans son bulletin du mois de juin 2022. Le 23 juillet 1922, cette chute était voulue raconte la presse française. « La déprécation de la monnaie permette de continuer la politique du dumping grâce à laquelle l’industrie allemande peut exporte, vendre, réaliser des bénéfices… »

    Un double effet pesait sur l’Allemagne d’après guerre. D’une part, elle devait des sommes conséquentes en réparation des préjudices subis par les « vainqueurs » de la Première Guerre mondiale. Ce qui plombait son économie. De l’autre, une guerre civile qui scindait le peuple en deux. La peur se lisait entre les lignes des journaux. « La catastrophe approche », annonçait la presse en parlant de la chute du Mark. Outre-Rhin, les gouvernants employaient le dumping, ou vente à perte. Cette stratégie consiste à commercialiser à l’étranger à un prix moindre que celui appliqué sur le marché national. L’Allemagne le pratiquait en 1922. L’Ouest-Éclair expliquait que « les industriels anglais et français sont parvenus malgré le dumping allemand à vendre leurs produits à des prix égaux ou même inférieurs à ceux des prix allemands ».

    Le 11 janvier 1923, au titre des réparations de guerre prévues par le traité de Versailles, l’armée française envahit la Ruhr. À défaut de les recevoir, les alliés se servent à la source, notamment en ce qui concerne le charbon. (Crédits : Arte/YouTube)

    Entre le créancier et son débiteur, le premier n’a aucun intérêt à voir le second faire faillite. Ici, la France et l’Allemagne. C’est dans cette optique que la France avait diligenté un contrôle des finances. Un courrier du chancelier vers le président de comité des garanties soulevait la protestation de la presse allemande. Georg Bernhardt, directeur du quotidien Vossische Zeintung déclarait que « les experts alliés n’en savent malheureusement pas davantage que les politiciens et financiers allemands à qui ils reprochent leurs ignorances. » Il faut comprendre que lesdites réparations imposées s’élevaient à 15 % de son revenu sur une durée de trente années. L’Allemagne devait payer 132 milliards de marks or, dont 52 % pour la France, soit deux ans et demi du produit national brut allemand de 1913.

    « Une monnaie ne tient pas quand elle est isolée à l’échelle du monde », Olivier Feiertag. (Crédits : Cité de l’économie/YouTube)

    Une pente vertigineuse que l’Allemagne ne remontera pas. L’hyperinflation se manifeste de façon incontrôlée et entretenue, à la fin de l’année 1922 : la pente devient exponentielle, plus une seule pièce de monnaie n’est fabriquée, la planche à billets se met en route de façon frénétique et aura même du mal à suivre. En octobre 1923, le gouvernement allemand annonce formellement sa faillite et la cessation de tout paiement.

  • La crise du logement à Paris

    La crise du logement à Paris

    Titre contemporain, car le 17 juillet 1922, la ville de Paris se déterminait à construire 1 830 logements à bon marché, mais les demandes comptées émanant de personnes sans logis atteignait 18 000. Si le nom de HLM (habitat à loyer modéré) n’évoquait rien il y a cent ans, l’Office municipal des habitations à bon marché de la ville de Paris, non plus. Sauf que le problème n’est à priori toujours pas solutionné. La loi du 23 décembre 1912 réglementait l’attribution desdits appartements.

    Le taux de naissance était en baisse en 1922, la natalité se devait de repeupler la France, meurtri par ses morts de la Première Guerre mondiale. La fête des Mères allait en ce sens. C’est pourquoi la loi prévoyait que deux tiers des logements édifiés par l’office se devaient d’être réservés aux familles d’au moins quatre enfants de moins de seize ans. Les loyers de ces appartements croissaient de manière primitive de 600 à 1 100 francs. Les ménages visés en rapport à la loi pouvaient bénéficier de dégrèvement jusqu’à la moitié du loyer.

    Les logements HLM ont depuis évolué, ils ne sont plus affectés au nombre d’enfants, mais à un plafond de ressources pour leurs attributions. Le loyer est alors modelé en fonction des revenus perçus, et peut être ajusté au réel prix du marché privé. (Crédits : Ludovic Celle/Pixabay)

    La publicité conduite par l’Office de Paris vit les demandes arrivées en nombres, dix-huit mille au total. La chance d’en obtenir un était d’à peine 7 %. Cela dit l’envolée littéraire pour les dénommés était, quant à elle, sans limites. Il y aurait le logis du type Henry Becque, puis celui de type Émile Zola. Le premier établissait un gîte comprenant une salle à manger, une cuisine et une grande pièce divisible par une cloison basse. Le nec plus ultra était celui à l’origine du titre historique « J’accuse… ! » dans L’Aurore le 13 janvier 1898. Le logement allait de deux à trois pièces, avec une cuisine, mais surtout l’eau courante, le gaz et l’électricité, et w.c. privatifs au sein du logement.

    La salle de bain personnelle au sein de l’appartement n’est apparue que bien plus tard. La toilette se faisait à l’aide d’une vasque et de son broc. En 1954, la moitié des habitations françaises ont accès à l’eau courante, mais seul un quart d’entre eux possèdent une salle de bain, même en ville. (Crédits : DR)

    L’office parisien construisait en 1922 de nouveaux immeubles dans les 12e, 13e, 14e, 15e, 18e et 19e arrondissements. Entre le 1er août 1922 et le 31 juillet 1923, il y aura 1 830 logements promettait l’office. La bonne nouvelle déclenchait de nombreuses demandes, 18 000 au total. Seule une famille sur Petitval, journaliste au quotidien L’Homme Libre ironisait sur l’assurance de la ville de Paris et de l’État à faire crédit de quatre-vingt-dix-huit millions à un taux « bon marché » : « On ne saurait trop encourager toutes luttes désintéressées contre la crise angoissant du logement ».

  • L’attentat manqué contre le Président de la République

    L’attentat manqué contre le Président de la République

    Il y a cent ans, le 14 juillet 1922, Gustave Bouvet tirait deux coups de revolver sur la voiture qu’il croyait présidentielle. En fait, ce jour de fête nationale, il joignait à deux reprises l’automobile du préfet de Police. L’homme s’était placé sur le trottoir à l’angle de l’avenue Marigny et de l’avenue des Champs-Élysées. Caché dans son veston, le revolver blessa une spectatrice du défilé militaire à venir. Elle se tenait à côté du tireur, une des balles l’érafla légèrement, elle fut soignée à l’hôpital Beaujon, tandis que le tireur se trouvait au poste de police du Grand-Palais.

    Il faut dire qu’il y avait un précédent. Le 24 juin 1894, l’assassinat du président de la République Sadi Carnot à Lyon par un anarchiste italien, Sante Gronimo Caserio. L’histoire se répétera le 7 mai 1932, avec la mort du président de la République Paul Doumer, au sein de l’hôtel Salomon de Rothschild par Paul Gorgulov. « Je voulais atteindre, non point M. Naudin, mais M. Millerand », avait formellement déclaré Gustave Bouvet. Il était 10 h 55 quand de son veston, sortit l’arme à feu. Les deux détonations fendirent le bruit ambiant, le tireur s’enfuyait pour être rattrapé à quelques encablures par la marée chaussée. Les renforts arrivèrent rapidement pour interroger le suspect. Ainsi deux commissaires MM. Guillaume et Rafalicq, le juge d’instruction Tessier et Lescourvé, procureur de la République.

    Alexandre Millerand, président de la République, n’est pas le seul à avoir été visé par un attentat, Jacques Chirac le 14 juillet 2002 en subissait un. (Crédits : DR)

    Bouvet indiqua avoir voulu faire une démonstration : « J’appartiens au parti communiste. J’ai voulu tirer sur le président de la République. Mais ne sachant pas de quelle façon il était escorté, je me suis trompé ». C’est alors que la liste des témoins de la scène raconta ce qu’ils avaient vu. M Cottereau métreur menuisier se trouvait au rond-point, depuis 45 minutes. « Autour de moi, il n’y avait que des femmes ; un jeune homme vint se placer devant nous. » Puis l’intervention d’un gardien de la paix venait ponctuer l’instant. « Reculez, voilà les Marocains », s’exclama le policier.

    Sans l’intervention du métreur menuisier, M Cottereau, il est fort à parier que Gustave Bouvet aurait atteint son dessein. Il avait repéré l’emplacement dès le matin 7 heures. Il se trouvait à une distance de 2, 5 m de la voiture au moment du coup de feu. (Crédits : anncapictures/Pixabay)

    Cottereau expliqua qu’à ce moment « l’inconnu porta la main à la poche droite de son veston, sortit le revolver et allongea le bras ». Au moment où il allait faire feu, le menuisier donna un violent coup sur sa main déviant le premier tir. N’écoutant que son courage, il entoura de ses bras Bouvet qui fit feu une seconde fois. Les policiers tombèrent sur l’homme et renversèrent les deux individus. Gustave Bouvet s’enfuit, tandis que Cottereau le menuisier ramassait l’arme à feu, et se dirigeait faire sa déposition. Bouvet interrogé fut préalablement fouillé. Une seconde arme à feu avec 25 balles fut trouvée. Gustave Charles Joseph Bouvet était né à Angers le 4 décembre 1898, au 52 de la rue de Pressigny.

    Militant anarchiste Gustave Bouvet dit « Juvenis » avait été élevé à Angers par ses tantes. Il fit un an de séminaire en Belgique avant de rejoindre ses parents à Paris à ses treize ans. Marié en 1944, il est mort à Lagny-sur-Marne en 1984. (Crédits : Ichigo121212/Pixabay)

    Élevé par une tante, il avait eu une santé très précaire avec diverses maladies. Durant un séjour à la prison de la Santé, il avait contracté la fièvre typhoïde. Le jeune homme était défavorablement connu des services de la justice, car un mandat d’arrêt avait été prononcé quelque temps plus tout contre lui. En décembre 1921, il avait été condamné par la 11e chambre correctionnelle pour propagande anarchiste à six et huit mois de prison. La première peine achevée, il était sorti de prison au mois de mai 1922. Il sera condamné le 8 janvier 1923 à cinq années de travaux forcés et dix ans d’interdiction de séjour. Il s’écria « À bas la guerre ! Vive l’anarchie ! ». Il sera libéré en janvier 1925, dans un état de santé déplorable.

  • Quand rien ne va, pas la peine d’insister

    Quand rien ne va, pas la peine d’insister

    Des faits-divers pas comme les autres, ce 10 juillet 1922. À Bordeaux, un gendre qui ne s’entendait pas avec son beau-père, voulait résoudre le problème. Selon lui, la meilleure façon était de le brûler, avec sa maison dans son sommeil. Un courtier en bijou à la langue bien pendue, prenait expérience. Voyageant en train de Paris à Londres, il conservait une modeste valise contenant 200 000 francs de joyaux. Charmé par deux inconnues durant son périple, il alla déjeuner avec l’une d’elles aux voitures-restaurants.

    Jean Pelletier, 25 ans, mutilé de guerre, décoré de la Médaille militaire et de la croix de guerre, décida par un soir de juin 1922 de se débarrasser de ce qui le gênait. L’homme possédait des immeubles à Petit Palais, tout proche de Coutras, à quelques encablures au nord-est de Libourne, où il séjournait. Le gendre vouait de la haine à son beau-père et à son beau-frère. C’est ainsi qu’il échafauda un plan pour résoudre l’origine de son mal-être. Jean Pelletier qui vivait avec les deux individus pour des raisons d’intérêt décida de mettre le feu à ses biens, et de tout brûler, belle-famille comprise.

    L’incendie allumé, il interdisait à son épouse de prévenir les secours, et son clan endormi. Elle ne l’écouta, appela au secours et put sauver ses parents d’une mort certaine. Jean Pelletier fit des aveux complets, il était écroué à la maison d’arrêt de Libourne en ce 10 juillet 1922.

    L’histoire ne dit pas si le courtier avait réellement des pierres dans cette valise, ni si les femmes étaient complices de près ou de loin. (Crédits : DWilliam/Pixabay)

    Un courtier en diamants prenait une leçon à 200 000 francs. Tandis qu’il débarquait dans la cité de Big Ben, il s’empressait de déclarer à Scotland Yard la disparition de sa précieuse cargaison. L’homme bien connu du quartier des diamantaires de Haton Street expliquait avoir voyagé à bord du train au départ de Paris. Au sein de son compartiment, deux femmes siégeaient. Il engagea la parole. Sans être au fait, à priori, de la Fable de Jean de la Fontaine, « le corbeau et le renard ».

    À l’heure du déjeuner, il se rendit accompagné des deux femmes aux voitures-restaurants, avec sa valise. Puis flatté de cette délicieuse compagnie, il regagna son compartiment avec l’une d’elles, l’autre étant restée assise sur place. Quelques minutes plus tard, le diamantaire se rendit compte de l’oubli de sa valise. Il revint donc au wagon-restaurant, et croisa la deuxième femme déambulant dans un couloir, les mains ballantes. Malheureusement, la valise et ses pierres ne furent pas retrouvées, malgré les fouilles minutieuses du train, et de l’interrogatoire des deux voyageuses.

  • Il y a cent ans… un million d’Allemands défilaient pour la République

    Il y a cent ans… un million d’Allemands défilaient pour la République

    Tandis qu’outre-Atlantique, les États-Unis célébraient le 4 juillet 1922 le jour de l’Indépendance, commémorant la Déclaration du 4 juillet 1776, vis-à-vis de la Grande-Bretagne, outre-Rhin, une foule d’un bruyant silence envahissait les rues de Berlin. Dans le plus grand calme, la capitale semblait s’être endormie. Plus une voiture, bus ou tramway ne circulaient. Le point de rassemblement avait été fixé dans les quartiers huppés de Berlin, pour que la portée de la manifestation soit plus grande encore.

    Dès une heure de l’après-midi, toute les usines et magasins du centre-ville et la banlieue avaient baissé les rideaux. Une rigueur quasiment militaire amenait les différents groupes de personne en bon ordre. Ce, comme les grandes artères mènent à la place de l’Étoile à Paris, chaque route, avenue, rue conduisant à l’avenue Kufurstemdam étaient noire de monde. En trois heures le défilé faisait résonner un silence assourdissant. Seules les nombreuses fanfares et musiques des syndicats ouvriers rompaient le calme ambiant.

    Les manifestants arboraient soit le drapeau de l’Allemagne ou un drapeau rouge. Ils réclamaient les arrestations de Ludendorff, Helfferich et Eschrich, quand les pancartes criaient : « À bas la monarchie ! À bas la réaction ! ». (Crédits : L’Écho de Paris/BnF/Gallica)

    Chose impressionnante, avec les différentes tensions suite aux réparations suite à la Première Guerre mondiale, sont les chants repris par la foule. « Pendant la durée du défilé, les manifestants chantèrent l’Internationale et la Marseillaise », raconte le journaliste de Villemus pour L’Écho de Paris. Il semblait de prime abord qu’elle s’était créée pour la République, mais avec le recul, le rédacteur penchait plus en faveur d’une démonstration de force des partis socialistes allemands.

  • Il y a cent ans… quand les assurances étaient gratuites

    Il y a cent ans… quand les assurances étaient gratuites

    Inconcevable aujourd’hui, c’est pourtant ce que promettait le quotidien Le Petit Parisien à ses lecteurs, le 3 juillet 1922. Elles étaient réservées aux fidèles parmi les fidèles. Il suffisait à chaque personne de renvoyer, signé et dûment complété, le formulaire soit au journal, soit au marchand de journaux. La compagnie La Paix assurait alors chaque individu contre les accidents de toute nature, dans divers endroits. Ainsi, chaque lecteur serait couvert en France continentale, Corse, Algérie, Tunisie ou au Maroc, mais pas seulement.

    Elle poussait même à vous assurer jusqu’à la distance de trois milles des côtes que vous utilisiez tout type de moyens de transport, mis à la disposition du public. Du moment qu’il était conduit par le propriétaire, ou ses préposés, à l’exclusion bien sûr des aéroplanes. Ainsi la compagnie opposait risques et indemnités en fonction d’un accident de transport, de la rue, par suite d’incendie, blessures du fait d’animaux, du travail et les bénéficiaires en cas de mort. Puis après une éloquente liste de somme, ils étaient possible de recevoir de plus amples explications, à condition de faire parvenir à votre lettre une enveloppe affranchie portant le nom et adresse du signataire.

    Une maxime connue et reconnue indique qu’« un assureur couvre le risque, mais ne le prend jamais ». (Crédits : Le Petit Parisien/BnF/Gallica)

    « L’assurance est une opération par laquelle une partie, l’assuré, se fait promettre moyennant une prime ou cotisation pour lui ou pour un tiers, en cas de réalisation d’un risque, une prestation par une autre partie, l’assureur, qui prenant en charge un ensemble de risques, les compense conformément aux lois de la statistique », définissait Joseph Hémard, juriste et professeur de droit. Mais quels sont les différents types d’assurances en France ?

    Elles sont au nombre de quatre :

    • Individuelle
    • Collective
    • De biens
    • D’activité

    Au sein de chaque groupe plusieurs types. Elles sont celles qui vous couvrent, la complémentaire santé dite mutuelle, celle en cas de vie, en cas de décès, les prévoyances contre la perte totale et irréversible d’autonomie (PTIA), obsèques… Le mieux étant de prendre rendez-vous avec votre compagnie et de faire le point souvent, autant pour éviter des déconvenues après un accident de la vie, mais aussi de ne pas payer plusieurs assurances pour le même risque.

    Depuis le début 2022, alors même que l’environnement macroéconomique se dégrade, l’assurance vie poursuit sa croissance… (Crédits : Le Petit Parisien/BnF/Gallica)

    Les chiffres de France Assureurs, nom d’usage de la Fédération française des Assureurs, du communiqué de presse du 30 juin 2022, affirment que les Français n’ont jamais autant épargné. L’entité représente 247 entreprises d’assurance et de réassurance, pour un total de 99 %. Les cotisations versées sur les plans d’épargne retraite ont fait un bon de 35 % en une année pour le montant de 524 millions d’euros. L’un des placements préférés des Français, l’assurance vie, atteint 65,6 milliards d’euros placés depuis le 1er janvier 2022. L’encourt est désormais de 1 847 milliards d’euros en mai 2022.

    Il faut bien distinguer les phénomènes tendanciels, les risques que l’on a la possibilité d’analyser des événements soudains qui frappent de stupeur une population. »

    Jean-Christophe Merer, directeur des risques Groupe de CNP Assurances

    Un assureur prend toujours les devants. Les sociétés d’assurance évoquent d’ores et déjà les risques émergements à « l’horizon » 2035 dans le cahier de la prospective. Les sujets de préoccupation sont les transformations globales, à savoir le changement climatique, la biodiversité, les tensions croissantes sur les ressources naturelles vitales que sont l’air, l’eau, la terre. Mais également, la géoéconomie et géopolitique… Un exemple est celui d’un tremblement de terre de magnitude 6.2 sur l’échelle ouverte de Richter, dans la région de Nice, à Aspremont. Le coût estimé serait de 14 à 29 Md d’euros, avec la perte de 2500 personnes er 200 000 sans-abris. En cent ans, le monde des assurances n’a, comme la société et le nombre d’individus sur Terre, cessé d”évoluer.

  • Il y a cent ans… tensions multiples en Europe

    Il y a cent ans… tensions multiples en Europe

    En Italie, en Espagne et en Irlande, pour des raisons diverses, des tensions existaient ce 30 juin 2022. La guerre civile irlandaise faisait déjà de nombreux prisonniers, blessés et morts. Les pourparlers commerciaux entre l’Espagne et l’Allemagne suspendus jusqu’à nouvel ordre. L’Italie craignait que l’empire austro-hongrois se reforme, n’augurant aucune espérance de paix pour le futur. Mais tout autant sur l’accord italo-yougoslave ou l’arrivée sous-jacente de l’Italie fasciste des années 1922.

    Les unités de l’État libre après une préparation militaire intense prenaient une partie du palais de justice à Dublin. Elles ont fait 33 prisonniers, et comptent comme pertes trois hommes et quatre officiers, en sus de dix blessés. « À trois heures quarante-cinq, ils échangeaient avec les troupes d’attaques une fusillade violente », racontait le quotidien L’Homme Libre. La communication dans les différents lieux de l’île était disparate, car les câbles téléphoniques et télégraphiques pour la plupart étaient rompus. La peur d’un soulèvement général des « rebelles » semblait prégnante. D’autant qu’une machine infernale s’installait à Talbot Street. Cette rue et ce coin de Dublin portent les stigmates de conflits passés et futurs. En octobre 1920, le républicain Seán Treacy de Tipperary a été abattu devant le magasin Republican Outfitters au numéro 94, juste après avoir été repéré par des agents britanniques en patrouille clandestine. Mais elle est également meurtrie par les 33 victimes des attentats de Dublin et Monaghan en 1974, dont la façade du mémorial érigé dans Talbot Street commémore cet événement.

    La paisible citée de Dublin, porte les traces d’un conflit civil qui demeure entre les briques des murs. (Crédits : Paolo Trabattoni/Pixabay)

    L’Italie semblait redouter la reconstitution d’un État austro-hongrois. L’Epoca se faisait écho d’appréhension, car le journal relatait que « nous pouvons espérer régler tous les différends italo-allemands avec le gouvernement résidant à Berlin, mais avec un gouvernement résidant à Munich, nous n’aurions aucune espérance de paix ». Sauf que la politique étrangère fasciste prit place le 31 octobre 1922, elle reposa sur un compromis entre les inclinations personnelles du chef du gouvernement, Benito Mussolini, et le correctif que lui apportait la prudence et la vision à long terme des diplomates. Dès le 3 novembre 1922, en poste trois jours plus tôt, Mussolini expliquait à quelques presses étrangères que l’Italie voulait « être traitée par les grandes nations du monde comme une sœur, non comme. une servante », qu’elle n’avait pas l’intention de « marcher sur les pieds des autres nations », mais qu’elle entendait « faire respecter sa dignité ».