Il y a cent ans… la chute inéluctable du Mark

La hausse des prix subie en France laisse penser qu’elle soit exister aussi dans d’autre pays du vieux continent. En Allemagne, le chancelier Wirth conférait en ce 20 juin 1922, prendre des garanties pour enrayer la chute du Mark. Il est vrai que depuis le début de l’année, l’inflation s’envolait. Déjà très importante au cours des années précédentes, elle devenait incontrôlable atteignant des niveaux inouïs et jusque-là inimaginables : alors qu’elle s’établissait à 60 % en 1921, elle s’emballe en 1922 à 5 200 %, puis explose littéralement.

Les milieux gouvernementaux de Berlin prévoyaient, selon Le Petit Parisien, dès maintenant un nouvel et prochain effondrement du mark, qui porterait le cours du dollar à 350 ou 400 marks. La nouvelle chute de la valeur aura pour conséquence directe le renchérissement de la vie, l’augmentation des salaires, accroissement de l’inflation, et rend toute réforme fiscale illusoire. Le docteur Rudolf Havenstein, président de la Reichbank s’était entretenu à ce sujet avec le chancelier Wirth. La Première Guerre mondiale terminée, les coûts des charges liées à la démobilisation militaire et économique, de la reconversion d’une économie de guerre en une économie de paix se superposaient aux prélèvements imposés par les réparations du traité de Versailles.

La première vague inflationniste court de l’armistice à mars 1920, s’en suit une accalmie de dix-huit mois. Au printemps de 1922, l’augmentation sans frein des crédits au marché privé vient se superposer aux problèmes connectés à la gestion des réparations de guerre. En juin 1922, la planche à billets fonctionne trop, si bien que la circulation du papier-monnaie atteint le niveau de 180,2 milliards de marks, et la dette flottante du Reich 255,3 milliards. Le montant des réparations dépasse les possibilités budgétaires. Tous ces facteurs combinés aboutirent à une inflation « galopante » de juillet 1922 à janvier 1923.

Il fallait jusqu’à une brouette pleine de billets pour acheter une boite d’allumettes. La dette flottante de l’Allemagne atteindra 191 580 465 422,1 milliards de marks (Source : Les banques et l’effondrement du Mark : la situation du système bancaire en Allemagne de 1918 à 1923. Harald Wiforth). (Crédits : DR)

Au début de cette période, un dollar américain valait 420 marks, mais en janvier 1923 il en valait 49 000. En janvier 1922 le mark or valait 46 marks papier, 84 000 en juillet 1923, 6 milliards en octobre 1923 et 1 000 milliards en décembre 1923. L’Humanité du 23 février 1923 énumère les prix de quelques denrées et d’autres objets dits de première nécessité :

  • un œuf coûte en ce moment 400 marks
  • une livre de jambon 6 400 marks
  • une paire de chaussures 80 000 marks
  • un quintal de charbon plus de 6 000 marks, à partir de la semaine prochaine 8 000 marks
  • une livre de viande 4 500 marks
  • une livre de beurre 6 400 marks
  • la livre de café est montée à 18 000 marks ou 4 marks-or, avant la guerre, la livre de café ne coûtait que 1 mark 60
  • Une simple chemise coûte 60 000 marks…

Elise Dardut

Épicurienne, je reste une jeune femme à l’aise dans son corps et dans sa tête. Je pense par moi-même, j’agis par moi-même, j’entends les conseils et n’écoute que mon intuition. « Le jour où l’homme aura la malice, la finesse et la subtilité de la femme, il sera le roi du monde… mais ce n’est pas pour demain », me chantait mon grand-père. Il m’a appris que « les seuls beaux yeux sont ceux qui vous regardent avec tendresse. » (Coco Chanel) Depuis, je m’évertue, pour qui veut bien entendre et écouter, à distiller des graines ici et là, au gré du vent. Un proverbe indien explique que « si vous enseignez à un homme, vous enseignez à une personne. Si vous enseignez à une femme, vous enseignez à toute la famille » Il est temps d’inverser les rôles et admettre l’équité, non ?

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