Il y a cent ans… un million d’Allemands défilaient pour la République

Tandis qu’outre-Atlantique, les États-Unis célébraient le 4 juillet 1922 le jour de l’Indépendance, commémorant la Déclaration du 4 juillet 1776, vis-à-vis de la Grande-Bretagne, outre-Rhin, une foule d’un bruyant silence envahissait les rues de Berlin. Dans le plus grand calme, la capitale semblait s’être endormie. Plus une voiture, bus ou tramway ne circulaient. Le point de rassemblement avait été fixé dans les quartiers huppés de Berlin, pour que la portée de la manifestation soit plus grande encore.

Dès une heure de l’après-midi, toute les usines et magasins du centre-ville et la banlieue avaient baissé les rideaux. Une rigueur quasiment militaire amenait les différents groupes de personne en bon ordre. Ce, comme les grandes artères mènent à la place de l’Étoile à Paris, chaque route, avenue, rue conduisant à l’avenue Kufurstemdam étaient noire de monde. En trois heures le défilé faisait résonner un silence assourdissant. Seules les nombreuses fanfares et musiques des syndicats ouvriers rompaient le calme ambiant.

Les manifestants arboraient soit le drapeau de l’Allemagne ou un drapeau rouge. Ils réclamaient les arrestations de Ludendorff, Helfferich et Eschrich, quand les pancartes criaient : « À bas la monarchie ! À bas la réaction ! ». (Crédits : L’Écho de Paris/BnF/Gallica)

Chose impressionnante, avec les différentes tensions suite aux réparations suite à la Première Guerre mondiale, sont les chants repris par la foule. « Pendant la durée du défilé, les manifestants chantèrent l’Internationale et la Marseillaise », raconte le journaliste de Villemus pour L’Écho de Paris. Il semblait de prime abord qu’elle s’était créée pour la République, mais avec le recul, le rédacteur penchait plus en faveur d’une démonstration de force des partis socialistes allemands.

Romuald Pena

Journaliste et curieux de nature, j’aime les mots et ce qu’ils chantent aux oreilles qui les entendent. « La vérité, c’est qu’il n’y a pas de vérité », assurait Pablo Neruda. Ainsi j’apporte des faits, des faits, encore et toujours des faits, car : « Nous ne pouvons être condamnés à pire, à juger les autres, à être des juges. » (Le Testament d’Orphée, de Jean Cocteau)

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