« Bonne fête Maman ! »

Ah, le fameux collier de nouilles que nous avons toutes et tous offert à nos chères et tendres Mamans, Anya, Ema, Mam, Mamá, Maminka, Panjo… en ce jour de fête, nous avons peut-être passé l’âge des pâtes, mais pas celui d’avoir une attention particulière aujourd’hui, comme les 364 autres pour celles qui dorment un œil ouvert.

Sous le soleil de ce dimanche midi 29 mai 2022, tous se sont donné rendez-vous au sein de la maison familiale de Berd’Huis. Ils sont arrivés au même instant, mais c’est Ozalee qui courut la plus vite, ou plus simplement qui est la plus rusée.

« Bonne fête, Maaaamaaaan », crie-t-elle en tombant dans les bras de Séki.

« Merci ma grande », sourit-elle comblée d’avoir toute sa progéniture.

Mais connaissez-vous l’origine ? Elle ne date pas de l’époque troublante du gouvernement de Vichy, sous le Maréchal Pétain, mais de bien des années auparavant, au temps de la Grèce antique puis l’Empire romain. Les premières traces sont présentes lors des cérémonies printanières en l’honneur de Rhéa ou Cybèle, la mère des dieux et notamment celle d’Hestia, Hadès, Déméter, Poséidon, Héra et Zeus.

Le 9 mai 1914, le président américain Woodrow Wilson a proclamé le deuxième dimanche de mai comme étant la fête des Mères « en tant qu’expression publique d’amour et de révérence pour les mères de notre pays. » (Crédits : National Archives)

Selon l’étude minutieuse de M. Jean Gagé, intitulée « Matronalia. Essai sur les dévotions et les organisations culturelles des femmes dans l’ancienne Rome », l’image des femmes dans la société patriarcale est quelque peu écornée, n’en déplaise à la gent masculine. L’inconscient collectif se plaît à imaginer la femme cloîtrée au foyer… pas tout à fait, elles appartenaient à des groupements rituels, habilités à accomplir au profit de la « tribu » des actes bien définis. Les exemples ne manquent pas, explique Jean Gagé :

  • médiation fameuse des Sabines
  • ambassade des femmes agmen mulierum à Coriolan
  • chœur vociférant des plébéiennes dans le procès de Virginie
  • contribution extraordinaire pour l’offrande d’un cratère à Apollon Pythien en 395, ou pour la rançon de Rome en 390

Des fêtes religieuses romaines célèbrent les matrones le 1er mars lors des Matronalia. Toutes ces célébrations ont lieu au printemps, mois de la fertilité. Quelques siècles plus tard, en 1908, c’est Anna Jarvis qui est connue pour être l’instigatrice du « Mother’s Day ». Elle commença à vouloir commémorer sa mère disparue en 1905, comme toutes, mais il faudra patienter près d’une décennie pour que le Sénat américain instaure le 9 mai 1914, le deuxième dimanche de mai. Les fleurs offertes sont blanches pour celles parties trop tôt, et colorées pour les présentes. La date choisie diffère sur les cinq continents.

La première fois où l’on parle de la fête des Mères est en l’année 1926 pour renforcer la France et surtout la natalité. La Première Guerre mondiale, suivie de la Grippe espagnole, ont à elles deux provoqué de nombreux morts, il faut donc repeupler la France décimée. (Crédits : Légifrance)

Le 28 mai 1926, la première « Fête des Mères » est couronnée de médaille d’or, d’argent. Ainsi, le plus précieux des métaux pour « les femmes ayant eu au minimum 10 enfants, l’argent pour avoir eu de 8 à 9 chérubins, et 100 médailles de bronze durent ensuite décernées, ainsi que plusieurs médailles des assurances sociales », relatait le quotidien Le Matin. Ensuite, en 1941, le gouvernement de Vichy reprend la tradition à son compte, mais c’est le 24 mai 1950 que la Loi n° 50-577 du 24 mai 1950 fixe les modalités et le jour de la « Fête des Mères ».

Elise Dardut

Épicurienne, je reste une jeune femme à l’aise dans son corps et dans sa tête. Je pense par moi-même, j’agis par moi-même, j’entends les conseils et n’écoute que mon intuition. « Le jour où l’homme aura la malice, la finesse et la subtilité de la femme, il sera le roi du monde… mais ce n’est pas pour demain », me chantait mon grand-père. Il m’a appris que « les seuls beaux yeux sont ceux qui vous regardent avec tendresse. » (Coco Chanel) Depuis, je m’évertue, pour qui veut bien entendre et écouter, à distiller des graines ici et là, au gré du vent. Un proverbe indien explique que « si vous enseignez à un homme, vous enseignez à une personne. Si vous enseignez à une femme, vous enseignez à toute la famille » Il est temps d’inverser les rôles et admettre l’équité, non ?

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