La débâcle grecque lors de la Guerre d’indépendance turque

Le conflit qui opposa la Grèce et la Turquie de 1919 à 1922 fit de très nombreux morts. Connue sous le nom de Guerre d’indépendance turque, elle prend fin le 11 octobre 1922 après la signature de l’armistice de Moudanya. Les accords seront mis en application un jour après la signature par les Grecs, soit le 15 octobre 1922. Au total, côté grecque 24 240 morts 48 880 blessés et 18 085 disparus, quant aux Turcs 20 540 morts et 10 000 blessés sont à déplorer.

Selon le traité de Sèvres, signé le 10 août 1920, la Grèce obtient la ville de Smyrne et sa région dans l’ouest de l’Anatolie, la Thrace orientale, ainsi que les îles d’Imbros et Ténédos. Quelques mois avant cette signature, l’armée grecque débarquait le 15 mai 1919 à Izmir, traditionnellement nommée Smyrne. Par moins de 20 000 soldats grecs, de la 1re division y débarquaient. Ils prennent le contrôle de la ville et de ses environs grâce au soutien des marines britannique, française et hellène. Les forces en présence légitiment le débarquement selon le traité d’armistice de Moudros, en particulier l’article 7. « Les Alliés auront le droit d’occuper tous points stratégiques dans le cas où un état de choses menaçant pour la sécurité des Alliés viendrait à se produire. »

Mustafa Kemal passe en revue les officiers de l’école militaire de Constantinople, le 9 novembre 1926. Le Premier ministre, Ismet Pacha, et le ministre de la Guerre, Redjeb Bey, l’accompagnent. Il obtient une révision complète du précédent traité par celui de Lausanne, le 24 juillet 1923. [Crédits : Bettmann/Getty)

Les troupes de Mustafa Kemal ne l’entendaient pas de cette façon, et reprenaient l’offensive jusqu’à l’assaut final. Le général grec Tricoupis qui avait les pouvoirs conférés par le gouvernement d’Athènes est fait prisonnier le 2 septembre 1922 par les Turcs et Mustafa Kemal Pacha, il n’exerce plus aucun pouvoir. La bataille du 7 septembre 1922 sonne les prémices de la fin de la guerre, à partir de ce jour le Roi Constantin n’avait à ce jour plus d’armées. Dans cette bataille, il a perdu 50 000 hommes sur les 180 000 en présence durant les trois années du conflit. Située à 40 km de la ville de Smyrne, l’armée ottomane fera tomber le pont de l’Ionie dans les heures qui suivent. Les Grecs acculés, harassés, découragés « devront capituler pour éviter d’être jetés à l’eau », écrit le journaliste dans L’Ouest-Éclair.

Un incendie se déclare dans le quartier Arménien et se propage dans l’ensemble de la ville. « La puanteur de la chair humaine brûlée était épouvantable et dans les rues s’empilaient les cadavres d’hommes, de femmes, d’enfants et de chiens ». (Crédits : DR)

L’affrontement décisif qui eu lieu le 26 août 1922 scella le devenir de cette Guerre d’indépendance turque. Mustafa Kemal transperçait les lignes grecques et gagne à marche forcée Ymyrne (Izmir) où il entrait en vainqueur le 9 septembre 1922, les Britanniques ayant finalement renoncé à soutenir leurs alliés. Quatre jours plus tard, plusieurs foyers d’incendie se déclarent dans le quartier arménien. En quelques heures, plus des deux tiers de la ville est ravagé par le feu. Les troupes turques qui l’encerclent bloquent toute possibilité de sortie. Les ruines continuent à se consumer pendant plusieurs jours. On dénombre plus de 100 000 morts, en majorité grecs et arméniens. L’armistice est signé le 11 octobre.

Fidel Plume

Équilibriste des mots, j'aime à penser qu'il existe un trésor au pied de chaque arc-en-ciel. Un sourire éclaire la journée de la personne qui le reçoit. Elizabeth Goudge disait : « La gratitude va de pair avec l'humilité comme la santé avec l'équilibre. »

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.