Il y a cent ans… commençait le XVIe Tour de France

Cinq mille trois cent soixante-quinze kilomètres en quinze étapes attendaient les 121 coureurs cyclistes en cette première journée du Tour de France 1922, le 25 juin. Les épreuves verront la plaine, puis la montagne, l’océan Atlantique avant la mer Méditerranée, et les Alpes avant les Vosges. En ce dimanche, les dix formations s’élançaient de la porte Maillot, pour un départ réel d’Argenteuil à 2 h. La dernière étape reliera Dunkerque à Paris sur 340 kilomètres le 23 juillet.

Chaque spectateur a encore en mémoire la victoire du Belge Léon Scieur, dit la Locomotive en 1921. Il prit le maillot jaune de leader lors de la deuxième étape pour le conserver jusqu’à la 15e et dernière étape. Il affichait 18 min et 36 secondes d’avance du son compatriote Hector Heusghem et 2 heures 1 minute sur le français Honoré Barthélemy. Au menu de l’édition 1922, dix équipes, huit françaises, une belge et une italienne. Les amoureux de la petite reine sont scindés en deux groupes, 26 en première classe et 95 en seconde.

La première édition du Tour de France se déroulait du 1er au 19 juillet 1903. La course cycliste était organisée par le journal L’Auto, et se déroulait en six étapes. L’édition 2022, du 1er au 24 juillet, comptera 21 étapes, pour un total de 3 328 km avec pas moins de 22 équipes. (Crédits : Le Petit Parisien/BnF/Gallica)

Les quinze étapes :

  • 1re étape étape 25 juin Paris (Luna Park) — Argenteuil – Le Havre (388 km)
  • 2e étape 27 juin Le Havre — Cherbourg (364 km)
  • 3e étape 29 juin Cherbourg — Brest (405 km)
  • 4e étape 1er juillet Brest — Les Sables-d’Olonne (412 km)
  • 5e étape 3 juillet Les Sables-d’Olonne — Bayonne (482 km)
  • 6e étape 5 juillet Bayonne — Luchon (326 km)
  • 7e étape 7 juillet Luchon — Perpignan (323 km)
  • 8e étape 9 juillet Perpignan — Toulon (411 km)
  • 9e étape 11 juillet Toulon — Nice (284 km)
  • 10e étape 13 juillet Nice — Briançon (274 km)
  • 11e étape 15 juillet Briançon — Genève (SUI) (260 km)
  • 12e étape 17 juillet Genève (SUI) — Strasbourg (371 km)
  • 13e étape 19 juillet Strasbourg — Metz (300 km)
  • 14e étape 21 juillet Metz — Dunkerque (432 km)
  • 15e étape 23 juillet Dunkerque — Paris — Parc des Princes (325 km)

Des noms sont évocateurs de palmarès, Philippe Thys vainqueur en 1913, 1914 et 1920, Firmin Lambot 1919, Léon Scieur 1921, puis des concurrents sérieux tels Hector Heusghem, Jean Alavoine, Christophe Barthélemy, Rossius, Deman, Bellanger, Mottiat, Sellier, Dejonghe, Goethals, Lenaers, Jacquinot, Tiberghien, Despontin, Dhers, Muler, Louis Heusghem, Vandaele, Masson, Degy, Grassin, Alancourt, Gremo, Gay. Concernant la seconde classe, ils ne sont pas moins méritants, se trouvent J. Pelletier, Forestier, Amene, Alpini, Nempon, Meyer, Constantin, Perel, Bordier, Beeckman, Leroy, Hudsyn, Archelais…

Jacquinot s’imposait au Havre en 15 h 11 min 48 s après 381 kilomètres. Il devance de près de neuf minutes Eugène Christophe suite à une crevaison. « Ils sont partis cent vingt, quatre-vingt-deux d’entre eux ont abandonné, brisés les uns après les autres par l’effort surhumain de la gigantesque épreuve ». (Crédits : Le Petit Parisien/BnF/Gallica)

La première étape était remportée par un tricolore Robert Jacquinot qui conservera la tunique du leader jusqu’aux Sables-d’Olonne. Le Belge Philippe Thys s’adjuge la victoire en Vendée. Eugène Christophe enfile à 37 ans le maillot jaune, et le porte trois jours. Jean Alavoine qui survolait les Pyrénées. Durant cinq jours, le « Gars Jean » est en jaune, et en tant que leader, Alavoine subit les assauts de Thys avant d’être vaincu par la malchance. Firmin Lambot (BEL) assure sa deuxième victoire finale sur le Tour à Metz. Il terminera en 222 h 8 min et 6 s, devant Jean Alavoine (FRA) à 41 min 15 s, et Félix Sellier (BEL) à 42 min 2 s. Ils ne seront que trente-huit à terminer la boucle, dont Daniel Masson avec 65 h53 min et 41 se derrière le double vainqueur 1919 et 1922. Il ne reste plus qu’une petite semaine avant le départ du contre-la-montre individuel à Copenhague, au Danemark pour la 109e édition du Tour de France.

Romuald Pena

Journaliste et curieux de nature, j’aime les mots et ce qu’ils chantent aux oreilles qui les entendent. « La vérité, c’est qu’il n’y a pas de vérité », assurait Pablo Neruda. Ainsi j’apporte des faits, des faits, encore et toujours des faits, car : « Nous ne pouvons être condamnés à pire, à juger les autres, à être des juges. » (Le Testament d’Orphée, de Jean Cocteau)

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