Il y a cent ans… le pétrole russe

Le pétrole russe est toujours d’actualité, même cent ans après. En effet le 5 mai 1922, lors de la conférence de Gènes, Le Petit Parisien relatait qu’elle était une belle monnaie d’échange. Car, il y a un siècle la Russie avait du pétrole en abondance et fort bien placé pour une exploitation facile. Les gisements de la précieuse huile minérale se trouvent en quantité aux abords de la mer Caspienne. Selon les statistiques de 2020, la Russie occupe le 6e rang mondial des réserves d’or noir.

En 1922, les bolcheviks commençaient par confisquer, ou socialiser avec l’URSS, toutes les exploitations de Bakou. « Il semble que n’ayant plus d’or, et personne ne voulant de leur papier-monnaie, ils aient songé à les offrir pour avoir un peu d’argent frais, à une grande firme britannique pétrolière. » Ce serait si simple, sans une ou deux petites choses insignifiantes. « Quelques-unes de ces concessions qu’on offrirait à des financiers britanniques appartiennent à des sociétés belges ou françaises », écrivait le journaliste.

PaysVenezuelaArabie SaouditeCanadaIranIrakRussieKoweït
Réserves prouvées en 2019 (milliards de barils)303,8297,6169,7155,6145107,2101,5
Part mondiale (en pourcentage)17,5217,169,798,978,366,185,85
Les réserves mondiales de pétrole selon les chiffres publiés en 2020, sur les stocks de 2019.

Mais la préoccupation venait d’outre-Atlantique, car les États-Unis sont aussi un des grands producteurs. Les démentis s’enchaînaient lors de la conférence. Le directeur de Shell, à l’époque Sir Robert Waley Cohen, contredisait la rumeur selon laquelle il aurait conclu un accord avec le gouvernement russe. « Il est parfaitement exact que depuis la révolution russe, nous avons essayé de recouvrer les terrains pétrolifères qui nous appartiennent en Russie, mais nous avons refusé de participer à un règlement qui n’offrirait pas les mêmes avantages aux autres intéressés. » En 2022, Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a présenté ce mercredi 4 mai un sixième paquet de sanctions contre la Russie, afin de « tarir » le financement du conflit mené par Vladimir Poutine, soumis à la validation des États membres.

Romuald Pena

Journaliste et curieux de nature, j’aime les mots et ce qu’ils chantent aux oreilles qui les entendent. « La vérité, c’est qu’il n’y a pas de vérité », assurait Pablo Neruda. Ainsi j’apporte des faits, des faits, encore et toujours des faits, car : « Nous ne pouvons être condamnés à pire, à juger les autres, à être des juges. » (Le Testament d’Orphée, de Jean Cocteau)

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