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  • Il y a cent ans… un ministre enfonçait des portes ouvertes

    Il y a cent ans… un ministre enfonçait des portes ouvertes

    Le ministre de l’Agriculture, indiquait un certain 23 mai 1922, que les cultivateurs français devaient vendre leur blé au moins aussi cher qu’il leur a coûté à produire. Ce qui met en exergue les belles paroles politiques depuis un siècle. M Chéron mettait donc en parallèle les protections douanières dont bénéficiaient les industries, et l’absence complète pour les marchandises agricoles, une gageure. La compréhension des uns diffère des autres.

    Les Français entendaient que la production industrielle nécessitait cette protection, car il permettait « aux patrons de vivre et de donner des salaires suffisants à leurs ouvriers ». Dans le même temps, la prime de cherté de 720 francs était maintenue, et le pain passait à 1,05 franc. Que penser quand le cultivateur qui paye cher ses machines et pièces de rechange, et de l’autre l’opinion publique est moins conciliante lorsqu’il s’agit de produit agricole comme ledit pain. Le ministre spécifiait qu’ils doivent vendre leur production plus cher que le prix de revient, quel est-il ?

    Le ministre lançait alors cette phrase : « C’est avant tout de la prospérité de notre agriculture que dépend le relèvement du pays ».

    Le journaliste indiquait que 90 % ne possédaient pas de comptabilité, de ce fait ils ne pouvaient connaître leur marge brute, qui représente la différence, hors taxe, entre le tarif de commercialisation et le coût de revient de biens ou de services. Le rédacteur entreprenait des calculs ramenés à l’hectare, classés par saisons et catégories de travaux.

    Main-d’œuvre, 15 journées d’hommes, à 14,14 francs212,10
    Attelages 21 journées, à 15,13 francs317,75
    Semences 150 kilos de blé trié, à 103 francs154,50
    Engrais 500 sup 14%, à 35 francs175
    Engrais 150 kilos sulfate d’ammoniaque, à 203 francs304,50
    Total de dépenses au 31 décembre 19201 163,85
    Détails des dépenses faites sur un hectare pour une récolte de blé en 1920-1921, ce qui était connu comme les comptes d’emblavures, autrement les terres ensemencées de blé nécessitant un besoin conséquent en engrais.

    L’exemple du rendement choisit par les équipes du quotidien Le Matin, est selon leurs dires, exceptionnel. Il séjourne habituellement aux alentours des 18 à 20 quintaux par hectare. Le prix d’une journée d’ouvrier était scindé par 9,5 francs pour le salaire et 4,64 pour les frais de nourriture lors de la période automne-hiver. Elle montait alors jusqu’à 20,62 francs.

    2 jours 1/2 d’hommes, à 16,82 francs42,05
    1 jour 3/4 cheval, à 16,56 francs29,10
    Engrais 50 kilos sulfate ammoniaque, à 114 francs57,00
    Travaux de récolte
    8 journées d’hommes, à 20,62 francs164,96
    4 journées chevaux, à 16,56 francs66,25
    Ficeleuse-lieuse 5 kilos, à 4,20 francs21,00
    Battage et livraison
    24 quintaux 50, à 8,00 francs le quintal196,00
    Dépense à répartir
    Fermage150,00
    Frais généraux204,00
    À déduire paille 4 500 kilos à 4%180,00
    Total des dépenses nettes1 914,20
    Façons culturales et engrais de printemps 1921. Le prix de revient pour 24,50 quintaux est de 77,30 francs par unité, sans compter l’intérêt du capital d’exploitation ni les dépenses de la vie courante de la famille du cultivateur.

    En 1922, à la sortie de la conférence de Gènes suite à la Première Guerre mondiale « le paysan est celui qui dépense le plus de force, et cela depuis le lever jusqu’au coucher de soleil, sans jamais donner de son temps aux distractions dont on jouit dans d’autres milieux. Aussi, à tout prix, il ne faut pas décourager ce monde-là ». Les frais généraux augmentaient dans de grandes proportions, ce qui était la conséquence des frais d’entretien du matériel et bâtiments, les impôts, assurances, salaires du chef d’exploitation…

    « Sans parler du regard du consommateur qui les considère souvent comme des pollueurs alors qu’ils sont les premiers empoisonnés par la chimie […] Avec 15 h de travail par jour, pas de vacances, un isolement, un épuisement moral et physique, ce n’est pas rose. » (Crédits : dendoktoor/Pixabay)

    La différence entre 1922 et aujourd’hui, sans doute le montant de l’endettement, et la pression exercée par celle-ci. « On les a poussés à investir… Ils produisent souvent à perte. Ils vivent entre le ciel et la terre. Ils sont vulnérables à la météo. On ne sait jamais s’il y aura un orage, de la grêle, une sécheresse, des crises sanitaires, des maladies… », explique Édouard Bergeon, réalisateur du film « Au nom de la Terre ».

  • Il y a cent ans… elle égorgeait son mari, ivre et violent

    Il y a cent ans… elle égorgeait son mari, ivre et violent

    Les femmes sont tout autant capables d’actes dont les hommes font les gros titres. Lasse d’être battue, une mère de 34 ans venait d’assassiner son conjoint d’un coup de rasoir, en lui tranchant la gorge. Après les faits, elle allait à la gendarmerie ce 22 mai 1922 à 4 h. De l’autre une épouse de médecin tua de quatre balles de revolver son mari sur son lieu de travail, un cottage des bords de Loire à Oudon.

    Bien malin qui pourrait se vanter de connaître la vie d’un foyer, lorsque les volets d’une maison sont fermés. Une mère de famille, Mme Trouillet, née Thibault âgée de 34 ans, s’étaient présentés affolé auprès de la marée chaussée. « Monsieur, arrêtez-moi, je viens de tuer mon mari ! » Le commissaire de police des Lilas se rendit au domicile, 10 rue de Chardanne, au Pré-Saint Gervais. En entrant, il constata que la victime Auguste Trouillet, trente-trois ans, gisait sur le lit, la tête à demi attachée au tronc. L’ouvrier abatteur de porc à la Villette ne portait qu’une chemise. La version de l’épouse, maman de cinq enfants déclarait que son mari était revenu ivre mort, aux alentours des 2 heures. Comme d’habitude il donnait de grands coups de pied dans le lit pour réveiller sa femme.

    L’enquête a établi que l’abatteur de porcs était une brute inabordable lorsqu’il était enivré d’alcool. (Crédits : Alexas Fotos/Pixabay)

    Elle lui aurait dit : « Tu rentres encore ivre ». L’homme se serait précipité sur elle, la rouant de coups. Réveillée par les bruits, l’aînée de 14 ans suppliait son père de se calmer. Il aurait alors saisi sa fille par les cheveux, puis la traîne, à terre, en direction de sa chambre. La mère se saisissait du rasoir, et portait un coup à la gorge de son mari, qui expira après deux « hoquettements ». Lors du procès aux assises, elle indiquait qu’elle avait été plusieurs fois atteinte par le couteau de son mari. « À la suite d’une scène plus violente que de coutume, dit-elle, excédée, j’ai pris le rasoir de mon mari et je l’ai frappée ». Après la plaidoirie de Me Montigny, elle a été acquitée.

    Condamnée à cinq années de prison

    Un professeur de médecine était assassiné dans le paisible cottage qu’il possédait. Le docteur Louis Joseph Gabriel Fortineau, anciennement attaché à l’institut Pasteur, donnait des cours de bactériologie à l’école de médecine de Nantes. En 1908, le docteur épousait une de ses patientes, Mlle Marie Joséphine Henriette Lamisse. Le quotidien Le Journal indiquait que « la mésintelligence ne tarda pas à régner entre les deux époux ». Les rumeurs accordaient à la femme une conduite légère, que le docteur reproduisait de son côté. Il avait trouvé l’affection d’une infirmière, Mlle Larno qui l’aidait dans ses travaux, avec laquelle il eut une fille. Il décidait d’intenter une action en divorce, après neuf années de séparation. Or sa frivolité était mise au jour par le procès. « Je te tuerai et je serai acquitté comme Mme Perron ! », déclarait-elle. Si bien que le 22 mai 1922, armée d’un revolver, accompagné par son fils aîné de 14 ans, elle prit le train de 4 h à destination d’Oudon.

    Après son décès, la femme sera enterrée dans le caveau familial aux côtés Louis Fortineau. (Crédits : Steve Buissinne/Pixabay)

    Arrivé sur place à 13 h, son mari signifiait : « Pas de scandale ici ! Va-t’en ! ». La réponse fut cinglante. L’épouse tirait par quatre fois, dont une fois en plein cœur, l’homme s’écroulait, mort. « Le bruit occasionné fit accourir les voisins, qui furent menacés par la présumée meurtrière, raconte Le Journal. Elle reçut à son tour un coup de gourdin qui la désarma. » Arrêtée, elle ne manifestait aucun regret. Elle fut condamnée à 5 ans de prison, car la préméditation fut écartée, et des circonstances atténuantes lui furent accordées.

  • Il y a cent ans… l’Egypt coulait au large d’Ouessant

    Il y a cent ans… l’Egypt coulait au large d’Ouessant

    Le décompte macabre du paquebot anglais faisait étale à la Une ce 21 mai 1922 d’une centaine de morts. Il avait servi de navire-hôpital pendant la Première Guerre mondiale. Le 19 mai, il prenait la direction de Marseille et Bombay en quittant le port de Tilbury, dans l’Essex au Royaume-Uni. Samedi soir, aux alentours des dix-neuf heures, le vapeur français Seine abordait le navire de la compagnie anglaise Peninsular European.

    Le bâtiment avait vu le jour vingt-cinq ans plus tôt, en 1897 dans les Chantiers J.Caird & Co. de Greenock, avec un peu moins de huit mille tonnes, il mesurait 165 mètres de long pour 16 de large. Il avait à son bord 339 personnes. Le trafic maritime de la mer du Nord et de la Manche était déjà conséquent. L’Egypt naviguait dans la Manche, changea son cap en faisant route en direction du Cap Finistère. Le Capitaine Collyer avait réduit la vitesse de moitié et actionner, comme il est de rigueur, à intervalles réguliers la corne de brume. Plus le temps passait plus le brouillard s’épaississait et la visibilité s’amoindrissait.

    Le paquebot Egypt sombrait à vingt milles dans le nord-ouest du phare d’Ar Men. Il continua d’alimenter les pages des quotidiens dix ans encore. (Crédits : DR)

    Le bruit de la sirène d’un autre navire peinait à arriver jusque là. « Collyer donna deux coups de sirène et stoppa. La réponse de l’autre navire déchira le brouillard. À en juger par le son, il paraissait tout à coup terriblement proche, mais on ne pouvait pas l’apercevoir. L’Egypt lança à son tour l’appel de sa sirène… À peine le son s’était-il tu qu’une étrave sombre ourlée d’écume, surgit du néant. La collision paraissait inévitable. Tentant le tout pour le tout, Collyer fit mettre à droite toute la barre de son navire qui avait conservé un peu d’erre », raconte Yves Dufeil dans « 1850-1950, Cent ans d’histoires de mer dans la Manche ». L’inévitable se produisit.

    « Dans un terrifiant fracas de tôles déchirées, l’étrave du vapeur français Seine, Capitaine Le Barzic, en route de La Pallice au Havre, aborda le flanc bâbord du paquebot. Gravement atteint dans ses œuvres vives, l’Egypt commença aussitôt à sombrer en s’inclinant. » (Crédits : DR)

    La Seine aborda l’Egypt à l’heure où les passagers se mettaient à table. La collision s’effectuait en plein flan du paquebot, qui se coucha à bâbord (gauche). L’équipage, selon L’Écho de Paris, fut pris de panique. Il ne fallut qu’une vingtaine de minutes pour qu’il sombre. « Exhalant un dernier jet de vapeur, l’Egypt s’en était allé vers le repos des profondeurs. » Il ne demeurait à la surface que quelques embarcations et des épaves.

    « Fidèle à la tradition maritime, Collyer était resté à son poste jusqu’à l’engloutissement du navire. Projeté à la mer, il échappa de justesse à la mort et fut repêché par une embarcation. ». L’épave gît ici (48.06.568N, 05.29.795W). (Crédits : Coordonnées GPS)

    La Seine, à travers son capitaine Le Barzic, se porta au secours des naufragés, et en ramena 263 à la rade de Brest. Le nombre total de personnes décédées s’éleva à 77. Mais l’histoire de L’Egypt ne s’arrêtait pas, car comme dans l’histoire du film Titanic de James Cameron, se trouvait un trésor. La chambre forte du paquebot contenait une cargaison composée de 4500 kilos d’or en lingots, quarante-trois tonnes d’argent et trente-sept caisses contenant 165 000 souverains anglais. Une somme avoisinant plusieurs centaines de millions de Francs, écrivait Yves Dufeil en 1975. L’Insee estime que « compte tenu de l’érosion monétaire due à l’inflation, le pouvoir d’achat de 1,00 Francs en 1922 est donc le même que celui de 115,92 Euros en 2021 ». La quasi-totalité du précieux chargement ne fut récupérée qu’en 1932.

  • Il y a cent ans… ils vendaient le soleil en bouteille

    Il y a cent ans… ils vendaient le soleil en bouteille

    En mars 1922, l’école supérieure de la pharmacie, qui deviendra la pharmacovigilance, attirail l’attention de la préfecture de police parisienne sur l’hélionisme. Darru commissaire aux délégations judiciaires chargé de l’enquête se rendait chez le praticien au 82 rue de la pompe, échoppe de M Lucien Langlet pharmacien de son état. S’il était le principal dépositaire et fabricant dudit produit, ignorait la composition, il était censé guérir toutes les maladies, mêmes celles incurables.

    Si bien que les deux hommes en charge des investigations opéraient dès le 20 mai 1922, se dirigeait dans le XVIe arrondissement de Paris. Sur le flacon l’affirmation du chimiste indiquait « qu’ayant découvert un procédé de captation du fluide solaire, il avait fait subir à ce fluide quinze macérations différentes ! Ainsi le fluide no1, mis en bouteille et utilisé pour l’usage externe, faisait disparaître complètement le cancer… ». Les explications continuaient pour que le no5 sauve de la phtisie et le no15 de la fièvre typhoïde

    L’exercice de la médecine et de la pharmacie est réglementé. La question de l’effet placebo ou réelle n’a pas été abordée par l’enquête, ni par le commissaire, ni par le professeur. (Crédits : Roland Steinmann/Pixabay)

    Les deux enquêteurs, Darru et le professeur Guerbet se rendirent chez l’inventeur, au 1, boulevard Flandrin. À cette adresse vivait un homme de 71 ans, ancien employé des PTT, chevalier de la Légion d’honneur. Selon lui, lors de ces voyages en Équateur, il aurait découvert la possible captation d’un fluide spécial provenant du soleil, et qui plus est, que e dernier posséderait des vertus curatives. « À l’aide d’une tige de bois recouverte d’aluminium, j’attire ce fluide sur le toit de ma maison, puis par un câble métallique, je le conduis dans mon laboratoire, où deux tonneaux fermés sont destinés à le recueillir ». Un réquisitoire du juge Laroque pour exercice illégal de la pharmacie auprès de Pierre Germain et de complicité pour Lucien Lenglet fut. Les deux hommes déclarèrent qu’ils ne parleraient qu’en présence de leur avocat, Me Maurice Garçon.

  • Un franco-vénézuélien inculpé par les USA

    Un franco-vénézuélien inculpé par les USA

    Dans un acte d’accusation de vingt pages, le cardiologue Moises Luis Zagala, âgé de 55 ans vivant à Ciudad Bolivar au Venezuela, est soupçonné d’être le créateur de deux ransomwares, Jigsaw v.2 et Thanos par la justice américaine. L’homme possédait plusieurs surnoms en ligne, à savoir « Aesculapius », « Nosophoros » et « Nebuchadnezzar ». Le FBI indique que son implication au sein des « réseaux clandestins » remonterait aux alentours de l’année 1977.

    Le bureau du procureur américain accuse un cardiologue de 55 ans d’avoir créé, et vendu au moins un ransomware. De plus d’avoir profité de revenu selon des accords passés avec d’autres malfaiteurs. La plainte N° 21-M-276 déposée le 16 mai 2022 devant le tribunal de district des États-Unis, district Est de New York, allègue que Moises Luis Zagala Gonzalez a créé un générateur de rançongiciel connu sous le nom de « Thanos » et un ransomware nommé « Jigsaw v. 2 ». Le premier chef d’inculpation est la tentative d’intrusion informatique, au sein de laquelle il aurait sciemment « tenté de provoquer la transmission d’un programme, d’informations, de codes et de commandes et, en conséquence de ce comportement, a intentionnellement causer des dommages sans autorisation à un ordinateur protégé, entraînant des pertes de plus de 5 000 $ et des dommages affectant dix ou douze personnes. » Le second chef d’accusation est un complot en vue de commettre des intrusions informatiques.

    La menace était de perdre sous 48h et à jamais ses fichiers, mais l’opérateur était magnanime : je vous traiterai bien si vous me traitez bien aussi. (Crédits : Unit42)

    Il aurait fait la publicité du ransomware au sein du darknet, puis l’aurait cédé sous licence pour un loyer de 500 dollars par mois, écrit The Register. Il « proposait l’outil pour 500 dollars et le code source sous-jacent pour 3 000 dollars », explique le ministère de la Justice. Thanos avait été observé les 6 et 9 juillet 2020 par Unit 42 : « nous avons observé des fichiers associés à une attaque contre deux organisations étatiques du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord qui ont fini par installer et exécuter une variante du ransomware Thanos. » Le code malveillant créait un fichier affichant la demande de rançon de 20 000 $ dans un portefeuille Bitcoin. Pour les besoins des investigations, « le 14 septembre 2020, j’ai acheté une licence du logiciel Thanos à ZAGALA. J’ai téléchargé Thanos sur un ordinateur situé dans le District Est de New York », explique l’enquêteur.

    Jigsaw v. 2 permettait de surveiller le nombre de fois où les victimes tentaient de supprimer le ransomware. Le ministère de la Justice déclarait qu’en conséquence, le logiciel tâchait d’effacer l’ensemble du disque dur. Emsisoft a publié un décrypteur pour Jigsaw v.2 en 2019. (Crédits : DoJ)

    Les responsables du ministère de la Justice accusent Zagala d’avoir mis sur pied « une entreprise cybercriminelle élaborée, dans laquelle il avait un intérêt économique et réputationnel direct à ce que son logiciel soit utilisé dans des piratages réussit ». Le cas soulevé ici est inhabituel au vu de la moyenne d’âge du cybercriminel typique. Il ne semble pas coller au stéréotype des opérateurs usant de ransomware originaires d’Europe de l’Est et de Russie. « Nous pensons que Zagala a non seulement créé et vendu des ransomwares à des pirates informatiques, mais qu’il les a également formés à leur utilisation », a déclaré Michael Driscoll, assistant-directeur responsable du bureau local du FBI à New York. CNN pense que « les chances que Zagala soit appréhendé et extradé vers les États-Unis sont incertaines », malgré l’accord signé en 1923. Les gouvernements américain et vénézuélien sont en désaccord complet depuis de nombreuses années.

  • Nom d’une Pipe !

    Nom d’une Pipe !

    La Suisse est définitivement un pays pas comme les autres. Entre une guerre de voisinage pour avoir nourri un chat qui finissait par une condamnation via en ordonnance pénale à une amende de 700 francs, et un concours de fellation, auprès duquel chaque participant, après avoir réglé le ticket d’entrée à 90 francs, pourra tester gratuitement les talents de huit grandes spécialistes. Heureusement, cela fait dix ans que la Fête du Slip propose à Lausanne une moisson culturelle orientée sur les genres et les sexualités.

    Une affaire particulière était jugée au Tribunal de district de Bülach, en Suisse. Une femme de 59 ans était accusée d’avoir laissé Mici, le chat tigré roux de sa voisine, passer la nuit chez elle durant environ cinq mois. Mais également de l’avoir nourri contre la volonté de sa propriétaire. Condamnée à une amende de 700 francs pour appropriation illégitime, la quinquagénaire avait interjeté appel du jugement. Raison pour laquelle l’affaire a été traitée une nouvelle fois ce mercredi 18 mai 2022 par la justice zurichoise. « Je n’ai jamais enfermé le chat et je n’ai jamais voulu le posséder. […] Par compassion, je lui ai donné à manger pendant environ deux mois », se défendait-elle. L’accusatrice aurait demandé selon son avocat, raconte 20min, d’arrêter de le nourrir, en vain.

    Il y a des informations qui défriseraient les moustaches des lapins. (Crédits : Alexas Fotos/Pixabay)

    Le conseil rappelait que le chat a dû être ramené au refuge, car il ne mangeait plus la nourriture de ladite propriétaire avait acheté. L’avocate de la défense qui demandait l’acquittement affirmait que « le chat, qui était en liberté, errait dans tout le quartier et allait et venait également dans d’autres appartements. » Le tribunal disculpait la quinquagénaire, puisque selon le juge, la preuve des faits reprochés n’a pu être établie. « Je suis soulagée de l’acquittement, toute la procédure a été très éprouvante. » La propriétaire de l’animal devra assumer les frais de justice d’environ 800 francs, précise « Blick ».

    Un concours de Pipe

    L’affiche publicitaire du sauna-club « Sex-Park » à Oberentfelden, clame en grosses lettres que le 21 mai 2022 à partir de 15 heures se déroulera le « championnat de la pipe ». Vous ne rêvez pas, c’est selon l’organisateur le plus grand concours de fellation de Suisse. « Nous gérons le Sex-Park depuis douze ans et il n’y a jamais eu de réclamation de la part des riverains ou de la commune. Il n’y a jamais eu d’incident », affirme le copropriétaire. Sur le flyer, les participants potentiels sont directement interpellés : « Teste nos 8 meilleures tailleuses de pipe gratuitement ! » Il est ensuite possible de donner son évaluation pour élire « Miss Fellation 2022 ».

    Chaque année en mai est programmé le désormais légendaire concours de fellation, ce qui n’est pas au goût de Christina Bachmann. (Crédits : Alexas Fotos/Pixabay)

    « Ce championnat est une honte ! Un scandale. Une humiliation publique des femmes », déclarait à Blick Christina Bachmann-Roth, présidente du Centre Femmes. « Il est scandaleux qu’un tel événement soit organisé depuis plus de dix ans ». Le dernier date de 2019, dû aux restrictions survenues depuis l’apparition du SARS-CoV-2, où environ 50 hommes étaient venus. « Les femmes sont inscrites normalement comme travailleuses et sont également testées en ce qui concerne les maladies ». Pour participer, elles règlent l’entrée, comme les clients, et si elles vont dans la chambre d’un homme, « ce qu’elles demandent ensuite en argent, c’est leur affaire ». Elles toucheraient en plus une partie des recettes sur les entrées totales.

    La Fête du Slip

    La manifestation lausannoise ouvre aujourd’hui, jeudi 19 jusqu’au 22 mai 2022. Elle célèbre sa décennie en maintenant son cap artistique de tolérance émancipatrice. Au menu, cinéma, musique, art, performance le tout orienté sur les genres et les sexualités. « Comme notre manifeste le dit, la sexualité concerne tout le monde, les jeunes, les réacs et les LGBTQIA+ », souligne Valentina D’Avenia, directrice de la Fête du Slip. Lors de l’arrivée des subventions, la question de la liberté totale s’est posée. « Nous ne montrons pas tout et n’importe quoi, il y a un bon nombre de demandes d’autorisation. Nous avons encore de la pornographie alternative, mais il y a aujourd’hui moins de choses explicites. Et puis, surtout, les artistes n’ont pas toujours envie de reprendre l’injonction de se montrer, et les questions de soin, de santé mentale, de bien-être et d’amour montent plus volontiers à la surface », explique-t-elle à Boris Senff du journal 24heures.

    Valentina D’Avenia, directrice du Festival du Slip, à l’Arsenic, un des lieux névralgiques de la Fête du Slip. (Crédits : Odile Meylan/24 heures)

    Les plus gros changements concernent surtout l’évolution du langage et du vocabulaire. « Les textes d’il y a dix ans ne seraient plus formulés de la même façon. L’écriture inclusive n’est plus négociable. Au début, tout était écrit au masculin ! »

  • Il y a cent ans… se terminait la conférence de Gênes

    Il y a cent ans… se terminait la conférence de Gênes

    Du 9 avril au 19 mai 1922, les anciens belligérants, trente-quatre nations, se retrouvaient pour rétablir l’ordre monétaire planétaire, qui fut désorganisé par la Première Guerre mondiale. Cette réunion s’est clôturée sous une avalanche de fleurs en rhétorique, par soixante-quinze discours de neuf heures à une heure de l’après-midi. Lloyd Georges la comparait à une bouée de sauvetage lancée du rivage, ajoutant qu’aucun naufragé ne s’y était accroché.

    Cette conférence se déroulait alors que les brûlots de la Première Guerre mondiale fumaient encore. Les rancœurs, dettes, désillusions seront un terreau fertile au nationalisme exacerbé, qu’il soit Russe, Italien, Espagnol ou Allemand. D’autant que la Grande Guerre sonna le glas des empires allemand, austro-hongrois, russe et ottoman et créa une multitude de nouveaux États aux frontières « arbitraires ». Le traité de paix de Saint-Germain-en-Laye disloque la République d’Autriche Allemande, et interdit à l’Autriche tout rattachement à l’Allemagne. La disparition de l’Empire austro-hongrois entraîne une restructuration du monde danubo-balkanique. Des Autrichiens manifestèrent alors leur mécontentement en brûlant l’ambassade de France à Vienne, le 23 mai 1919.

    Les accords prévoient un découpage du Proche-Orient, ci-dessus. L’Empire russe participe aux délibérations et octroie son accord, comme l’Italie, aux termes du traité secret. (Crédits : Les accords de Sykes-Picot, 1916 de Flavien Bardet/Outre-Terre)

    Les accords Sykes-Picot furent le travail de deux hommes qui donnèrent leurs noms à ce traité, Sir Mark Sykes et François Georges-Picot. Ils furent signés secrètement en 1916 par la France et la Grande-Bretagne. Les changements géopolitiques, ainsi que le choix de la Turquie de se ranger aux côtés de l’Allemagne à la fin de l’année 1914, sont à l’origine de ceux-ci. La fin des possessions ottomanes de Syrie, Palestine et Arabie prévue au traité de Sèvres (1920) est confirmée, et les frontières de la Turquie sont revues (Armistice de Moudros, 1918, le traité de Lausanne, 1923). De nouveaux États apparaissent, tandis que la France et la Grande-Bretagne obtiennent des mandats en Syrie, au Liban et en Palestine. Les vainqueurs proposaient même la création d’États nationaux pour les Arméniens et les Kurdes.

    La conférence économique internationale de Gênes

    Les individus en haut de forme se congratulaient des six semaines écoulées où la montagne accouchait encore d’une souris. D’ailleurs, les puissances en présence acceptaient la prorogation de la conférence de Gênes, à La Haye le 15 juin 1922. Puis vint les discours où chaque convive se félicitait de l’avance historique, ne convainquant qu’eux-mêmes. Ainsi durant cinq heures, soixante-quinze allocutions s’enchaînaient « L’Europe n’est pas pour nous une simple expression géographique, une vague et mystique surpatrie, c’est une grande tradition du passé et une grande espérance d’avenir. L’Europe est traditionnellement fondée sur les traités. Attenter aux traités, c’est attenter à la vie de l’Europe », annonçait Maurice Colrat pour la France.

    L’histoire n’est qu’un éternel recommencement. Car après l’acceptation du pacte de non-agression, chaque pays à travers le chef de délégation prit la parole. La Nouvelle-Zélande déclara qu’elle n’avait pas l’intention d’attaquer la Russie, le Canada, l’Afrique du Sud, les Indes, l’Australie emboîtèrent le pas sans difficulté, tout comme l’Islande, l’Albanie, le Portugal, l’Espagne… des traités étaient signés en coulisse. Ce découpage mit en couveuse les conflits de la mer Baltique au golfe Persique. Les vainqueurs européens — la France, l’Italie et la Grande-Bretagne — étaient financièrement et politiquement épuisés, le krach boursier de 1929, américain puis international terminait de tuer dans l’œuf les espoirs de paix pérenne.

    Le continent européen avant la Première Guerre mondiale qui durera du 28 juillet 1914 au 11 novembre 1918. Le Casus Belli est l’assassinat le dimanche 28 juin 1914, de l’archiduc François-Ferdinand, et de son épouse, Sophie Chotek, duchesse de Hohenberg. Son successeur renonça au trône. (Crédits : Musée Canadien de la Guerre)

    La France ne put pas empêcher le pacte qui se nouait le 16 avril 1922 à Rapallo, un faubourg de Gênes. Il était signé par l’Allemagne et la République soviétique fédérative socialiste de Russie (RSFSR), qui donnera naissance à l’URSS le 30 décembre 1922. Il entérine deux accords principaux. Le premier est l’abandon des réparations de guerre. « L’Empire allemand et la R. S. F. S. R. renoncent réciproquement aux indemnités pour leurs dépenses de guerre ainsi qu’aux indemnités pour les dommages de guerre, c’est-à-dire pour les dommages résultant pour eux ou leurs ressortissants dans les zones de guerre de mesures militaires, y compris toutes réquisitions effectuées en territoire ennemi. Les deux Parties renoncent également aux indemnités pour dommages civils ayant été causés aux ressortissants d’une des Parties par les lois dites lois exceptionnelles de guerre ou par des mesures d’autorité prises par les organismes d’État de l’autre Partie », cite l’article 1er.

    Le second stipule que « les relations économiques entre les deux nations devaient être normalisées et les citoyens de l’un ou l’autre des États résidant sur le territoire de l’autre devaient se voir accorder la reconnaissance et certains droits ». Mais celui qui n’apparaît pas, car non enregistré est sans aucun doute le plus important historiquement. Une clause secrète, qui n’a pas été publiée, a établi une coopération militaire entre les deux États, jusqu’en 1933.

    Les pertes humaines de la Première Guerre mondiale s’élèvent à environ 18,6 millions de morts. Sans oublier les 20 à 100 millions de décès par la grippe dite espagnole. Mais le découpage du continent engendrera de nombreux conflits, comme celui qui oppose actuellement la Russie et l’Ukraine. (Crédits : Musée Canadien de la Guerre)

    Dettes et démocratie ne font pas bon ménage

    Au printemps 1922, la conférence internationale de Gênes rétablit la convertibilité des devises, en prenant le dollar ou la livre sterling comme monnaie de référence. Les années d’après-guerre extrêmement difficiles, surtout pour les belligérants d’Europe qui sortent du conflit affaibli et endettés, vis-à-vis des États-Unis. Le versement des réparations allemandes est fixé en 1920 à 132 milliards de marks-or, dont 52 % pour la France. Le ministre français des Finances, Louis-Lucien Klotz, avait déclaré le 3 septembre 1918 : « Il faut que l’Allemagne paie le coût de la guerre ».

    Le démantèlement et découpage des empires allemand, austro-hongrois, russe et ottoman refondent le continent européen, pour le meilleur et le pire. L’histoire dépeint le futur, car la démocratie est rapidement menacée en Italie ou en Allemagne, dans les années 1920. Les régimes autoritaires se multipliaient. Le totalitarisme apparaît comme des contestations violentes du système démocratique.

    L’Europe est un continent regroupant 46 pays répartis sur cinq régions géographiques, dont 27 appartiennent à l’Union européenne. L’histoire du continent découle des conflits précédents et apporte un éclairage aux actuels conflits armés. (Crédits : Atlas-monde)

    Le 1er décembre 1936, l’URSS se dote d’une nouvelle constitution à première vue démocratique, mais en réalité, Staline grâce au parti unique, le parti communiste, concentre les pouvoirs. Comme en République populaire de Chine. Mussolini, après sa marche sur Rome, obtient, lui aussi les pleins pouvoirs, le 25 novembre 1922. L’Italie plonge irrémédiablement dans un système totalitaire avec l’adoption des lois fascistissimes. Fortement affaiblie, l’économie allemande est touchée de plein fouet par la crise économique des années 1930. Usant de propagande et de la violence de rue qui tétanise ses adversaires politiques tout en brouillant le jeu démocratique, Hitler connaît une irrésistible ascension à partir de 1932. Le président Hindenburg le nommera à la chancellerie, le 29 janvier 1933.

  • Des sociétés portugaises attaquées informatiquement

    Des sociétés portugaises attaquées informatiquement

    En premier lieu, c’est l’hôpital Misericórdia de Vila Verde qui au cours du premier week-end de mai était la cible d’une cyberattaque. Puis la société d’électricité AED (Eletricidade dos Açores) est visée par une attaque informatique le 16 mai 2022. La veille l’agence de presse Lusa augmentait la longue liste des compagnies infectées pas codes malveillants. Pendant qu’en Suisse plus de 200 entreprises recevaient des lettres recommandées, car certaines failles de sécurité de MS Exchange n’ont toujours pas été comblées.

    Dans un communiqué, la Misericórdia de Vila Verde a déclaré qu’« un rapport de la cyberattaque est en cours de préparation auprès des autorités, à savoir la police judiciaire et les services du ministère de la Santé », ajoutant qu’« il s’agit d’une attaque par ransomware, dans laquelle les pirates cryptent les données informatiques pour ensuite demander de l’argent pour les restituer. » La paralysie des logiciels a entraîné des contraintes dans la programmation des examens et des rendez-vous, « mais nous ne cessons jamais de nous soucier de la santé de nos patients ».

    « La demande de rançon a été faite aux responsables du système informatique de l’hôpital Misericórdia de Vila Verde qui ont maintenu le contact avec les pirates informatiques », confie l’institution sans en révéler le montant. (Crédits : Paulo Jorge Magalhães/O MINHO)

    Misericórdia expliquait que la cyberattaque avait affecté la fonctionnalité de plusieurs secteurs, mais les consultations prévues avaient lieu, et seul manquait l’accès à la facturation et les paiements était compromis. « Sans avancer les conséquences pratiques de cette attaque, nous soulignons que nous faisons tout notre possible pour minimiser l’impact de cette attaque et résoudre la situation dès que possible, et de plus nous avançons que toute activité clinique a été maintenue », affirmait l’organisme de santé.

    Francisco Pedro Balsemão, qui s’exprimait lors du 31e congrès de l’Association portugaise pour le développement des communications (APDC), a aussi déclaré qu’il s’agissait d’un « problème pour tout le monde, les groupes de médias, le commerce de détail, la santé, les banques… » (Crédits : Alexa Fotos/Pixabay)

    Il y a trois jours, l’agence de presse Lusa a été la cible d’une cyberattaque, provoquant une « instabilité continue du service », déclarait l’entreprise. L’incident « a déjà été signalé aux autorités compétentes », pouvait-on lire dans la dépêche de l’agence, déplorant « le désagrément causé » aux travailleurs, clients et utilisateurs des services de Lusa. Depuis le début de l’année, des attaques contre le groupe Cofina, le Parlement, les laboratoires Germano de Sousa, l’hôpital d’Almada et la presse portugaise ont été signalées.

    Le site de la compagnie d’électricité des Açores affiche, le mercredi 18 mai 2022 des problèmes de sécurité. (Crédits: capture d’écran)

    Le 17 mai 2022, c’est l’entreprise d’Électricité des Açores (EDA), qui affirme dans un communiqué que « malgré cet incident », toutes les conditions inhérentes à la fourniture normale d’électricité dans la région sont assurées. La compagnie a également annoncé que l’incident a été « notifié en temps utile aux autorités compétentes » et qu’elle regrette « tous les désagréments que cette situation peut causer », notamment « au niveau du service commercial ». Eletricidade dos Açores, et les autres membres du groupe ont été la cible d’une cyberattaque, dont « les causes et les impacts sont encore en cours d’analyse », a déclaré la société.

  • Il y a cent ans… officier ou marchand de sardines

    Il y a cent ans… officier ou marchand de sardines

    La chronique des tribunaux peut faire sourire, si l’affaire que la 13e chambre correctionnelle de Paris ne jugeait pas un homme présumé responsable d’un accident d’automobile causant des préjudices à un tiers. L’officier ne basait pas sa défense sur le fait, mais à savoir s’il était dans son véhicule en tant qu’officier allié ou bien comme marchand de sardines. La raison invoquée la convention du 15 octobre 1917, octroyant aux seules juridictions portugaises la capacité de juger ses ressortissants.

    Le 18 mai 1922, Mlle de Navière réclama réparation du préjudice causé auprès de la 13e Chambre. Car cette dernière fut la victime d’un accident entre un automobiliste au volant de son véhicule et celle-ci. Sauf que les premières minutes du procès tendaient à déterminer si le capitaine Frederico de Almeida Pinheiro se déplaçait en tant qu’officier allié ou en voyage d’affaires pour le compte d’une firme importante de conserves de sardines. L’homme à travers son conseil opposa la convention franco-portugaise du 15 octobre 1917. Elle se réfère au temps de la guerre et de l’occupation, aux termes de laquelle les soldats portugais ne devaient être justiciables que de leurs tribunaux nationaux.

    Du fait de ses blessures, Frederico de Almeida Pinheiro est désigné par le Portugal pour représenter les invalides portugais et mutilés de guerre. Le pilote est blessé à la jambe au cours d’un accident d’avion, le 15 janvier 1918. Les femmes n’étaient pas admises en qualité de jurées au début du XXe siècle (Crédits : Julius Silver/Pixabay)

    Après la plaidoirie de Me Maurange pour la victime, le tribunal ordonnait qu’il soit sursis à l’examen de l’affaire jusqu’à ce que les gouvernements signataires de ladite convention se soient mis d’accord sur l’interprétation à lui donner. Pour l’histoire, une déclaration franco-portugaise du 15 octobre 1917 sème le doute, car elle précise que pendant la Guerre, les tribunaux de l’armée portugaise sont seuls compétents à l’égard des soldats portugais. La première Guerre Mondiale se déroula du 28 juillet 1914 au 11 novembre 1918.

  • Un congé menstruel en Espagne

    Un congé menstruel en Espagne

    Ce congé peut paraître complètement aberrant pour ces messieurs, mais pas pour les femmes. La période des règles admet un cycle qui influe sur la femme et par ricochet sur son couple. Une même question d’un côté et de l’autre de l’océan atlantique divise, l’interruption volontaire de grossesse, ou avortement. La loi en Espagne vient d’être adoptée, quand aux États-Unis, la cour suprême, acquise aux conservateurs doit se prononcer sur le droit des femmes à disposer de leur corps, au droit d’avorter.

    Ce mardi 17 mai 2022, le Conseil des ministres espagnol a donné son feu vert à la nouvelle loi sur l’IVG, qui garantira aux femmes l’accès à ce droit dans l’hôpital public le plus proche, la fin de l’exigence du consentement parental pour les mineures de 16 et 17 ans, un congé payé à partir de la 39e semaine de grossesse et un de maladie en cas de menstruation invalidante. La pilule du lendemain sera également distribuée gratuitement dans les centres de santé.

    Toute personne qui « entrave l’exercice du droit à l’interruption volontaire de grossesse » par « des actes gênants, offensants, intimidants ou coercitifs qui portent atteinte à sa liberté » risque désormais entre trois mois et un an de prison. (Crédits : Oscar del Pozo Canas/AFP via Getty Images)

    Après des mois de négociations, le ministère de l’égalité (Ministerio de Igualdad) dirigé par Irene Montero âgée de 34 ans est satisfait de l’avant-projet de loi visant à réformer celle sur l’avortement. Le congé payé des femmes enceintes commencera à la 39e semaine de grossesse et non à la 36e, comme il était souhaité initialement. En France le congé prénatal, pour une grossesse simple est de six semaines avant et dix après.

    « Il s’agit d’une loi visant à garantir les droits sexuels et reproductifs des femmes, ce qui est une mesure de la qualité démocratique d’un pays », a déclaré la ministre aujourd’hui 17 mai 2022, Irene Montero, en conférence de presse. L’ensemble des mesures de cette loi dispose d’un budget de 104 millions d’euros. Il se décompose ne 57 millions pour le congé prénatal, 23,8 millions pour le congé menstruel et 300 000 pour la fourniture de produits contraceptifs dans les écoles et comme dans les prisons. « Nous faisons une loi pour garantir que les femmes puissent vivre mieux et qu’elles puissent développer leurs projets de vie en toute liberté », a-t-elle ajouté.

    « L’Espagne est le premier pays d’Europe à reconnaître la santé menstruelle comme un droit », appuie Irene Montero. (Crédits : Capture d’écran/TVE)

    En Espagne, sur les 88 269 interruptions volontaires de grossesse rapportées en 2020, dont 84,5 % ont été réalisées dans des centres privés. Douze provinces sur cinquante n’ont signalé aucun acte au cours des cinq dernières années. En France, le nombre d’IVG est de 222 025 en 2020, tout cela est possible suite au combat d’une femme Simone Veil en 1975. La loi espagnole établit des mesures pour la prévention et la réponse de l’État à certaines manifestations de violence à l’égard des femmes liées aux droits sexuels et reproductifs.

    La loi française permettant aux jeunes femmes mineures d’avorter sans attendre le consentement des parents, date de 2016. Nombre d’interruptions volontaires de grossesse (IVG) en France de 1990 à 2020. (Crédits : Statista)

    Mais là où l’Espagne va plus loin que la France, concerne deux trois points essentiels. Premièrement, vous ne serez plus surpris quand le téléphone de votre conjointe sonne à heure fixe tous les jours. L’égalité et surtout l’équité existent sur la péninsule ibérique. Les méthodes de contraception masculines seront parallèlement promues, afin qu’elle ne soit pas uniquement la responsabilité de la gent féminine. Mais une chose qui n’existait que dans peu de pays, comme le Japon, le congé menstruel. En ce qui concerne la santé menstruelle, pour la première fois, une loi lui consacrera une section avec des mesures telles qu’un congé spécifique pour les femmes qui ont des règles très douloureuses et invalidantes, qui sera financé à 100 % par l’État.

    « Personne dans notre pays ne doute que l’interdiction ou la limitation du droit à l’avortement n’a jamais servi à le réduire, mais seulement à générer davantage d’insécurité, de souffrance et de pauvreté pour les femmes, en particulier pour les plus vulnérables » (Crédits : Gabriela Sanda/Pixabay)

    La ministre continuait d’expliquer que cela « nous aidera à mieux connaître notre corps et à avoir des relations fondées sur le bon traitement et sans violence, à légitimer et à prendre soin de la diversité des genres, entre autres questions comme mieux connaître les méthodes contraceptives ou lutter contre les violences sexistes qui augmentent comme le retrait non consenti des préservatifs. »

    Elle ajoute que l’apprentissage de la sexualité a lieu et a estimé qu’il était souhaitable qu’il se fasse par un accès précoce à l’éducation. La conclusion de la ministre Irene Montero jette un pavé dans la mare aux yeux de tous parents par une toute petite phrase : « L’accès au porno violent se fait en moyenne à l’âge de huit ans ».