Il y a cent ans… Trotski devenait millionnaire

Deux poids, deux mesures en fonction du côté où vous vous trouvez en 1922. La première est celle du procès des défenseurs du modèle socialiste, qui sont traités en tant que suspects, de l’autre la révélation que Lev Davidovitch Bronstein, dit Trotski, commissaire pour la guerre s’est enrichi. Deux articles l’un dénonce le non-respect du partage des richesses de la part d’individus ayant choisi une égalité sociale, du moins la réduction des inégalités, et la richesse astronomique accumulée.

Une audience judiciaire doit se tenir pour juger des socialistes révolutionnaires. Dans les faits, ce 13 mai 1922 « la deuxième internationale envoie aux socialistes révolutionnaires, ennemis avérés de la révolution prolétarienne, dix défenseurs, laquais de la bourgeoisie, pour lesquels elle réclame l’autorisation de se rendre en Russie ». Parmi ces dix personnes, un ancien ministre français, et trois russes, qui selon le quotidien Le Journal seraient « prêt à répondre de la trahison ou mieux de l’infamie de leurs camarades ».

La conférence de Gènes, virtuellement terminée, pose de nombreuses questions aux différents pays concernés. (Crédits : Le Journal/BnF/Gallica)

C’est une question qui divise les ouvriers et le patronat, dans un contexte particulier. L’après première Guerre mondiale, sous l’attente de la fin de la conférence de Gènes, oppose deux blocs rivaux, d’un côté la Triple Entente constituée du Royaume-Uni, de la France et de la Russie représentant le club des empires coloniaux. De l’autre, la Triple Alliance composée de l’Allemagne, l’Autriche-Hongrie et l’Italie en sont quant à elles dépourvues. Les prolétaires, qui n’obtiennent de ressources que du fait de leur travail, sont inquiets. La question de la solidarité internationale des travailleurs s’est posée dès le milieu du XIXe siècle.

La IIe Internationale

Ainsi dès 1848, Karl Marx (1813-1883) et Friedrich Engels (1820-1895) dans le Manifeste du parti communiste appellent les prolétaires de tous pays à s’unir. Un premier pas est franchi en 1864 par la création de l’Association Internationale des Travailleurs, à l’initiative de militants ouvriers français et anglais. Elle ne survit pas à la défaite de la Commune de Paris, puis à la série de crises financières et économiques, et s’éteint en 1876. La IIe Internationale existe toujours, mais sa grande époque coïncide avec les années antérieures à la Première Guerre mondiale. Elle est née entre 1889 et 1891.

Un billet de 25 000 Roubles avant le changement de valeur de la monnaie dans la fin de l’année 1922. (Crédits : DR)

Dans le même temps, c’est le Commissaire du peuple pour l’Armée et les Affaires navales de la Russie, Léon Trotski, qui se retrouve sous les feux des projecteurs. Il fait partie du gouvernement provisoire après la révolution d’Octobre, du 25 octobre 1917. Le IIe congrès des Soviets est composé de bolcheviks et de socialistes-révolutionnaires de gauche, qui avant de se séparer, instaure un « gouvernement ouvrier et paysan provisoire », le Conseil des commissaires du peuple, gouverne le pays « jusqu’à la réunion de l’Assemblée constituante ». Son président n’est autre que Vladimir Ilitch Lénine. Sauf que dans ce laps de temps, grâce à l’agence estonienne, des révélations sont faites lors de la séance du comité central exécutif à Moscou. Scharikoff, après avoir analysé l’activité financière de Trotski, le commissaire du peuple s’était enrichi de plus de 30 millions de roubles or, une petite fortune, un gros scandale.

Fidel Plume

Équilibriste des mots, j'aime à penser qu'il existe un trésor au pied de chaque arc-en-ciel. Un sourire éclaire la journée de la personne qui le reçoit. Elizabeth Goudge disait : « La gratitude va de pair avec l'humilité comme la santé avec l'équilibre. »

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