Il y a cent ans… l’Egypt coulait au large d’Ouessant

Le décompte macabre du paquebot anglais faisait étale à la Une ce 21 mai 1922 d’une centaine de morts. Il avait servi de navire-hôpital pendant la Première Guerre mondiale. Le 19 mai, il prenait la direction de Marseille et Bombay en quittant le port de Tilbury, dans l’Essex au Royaume-Uni. Samedi soir, aux alentours des dix-neuf heures, le vapeur français Seine abordait le navire de la compagnie anglaise Peninsular European.

Le bâtiment avait vu le jour vingt-cinq ans plus tôt, en 1897 dans les Chantiers J.Caird & Co. de Greenock, avec un peu moins de huit mille tonnes, il mesurait 165 mètres de long pour 16 de large. Il avait à son bord 339 personnes. Le trafic maritime de la mer du Nord et de la Manche était déjà conséquent. L’Egypt naviguait dans la Manche, changea son cap en faisant route en direction du Cap Finistère. Le Capitaine Collyer avait réduit la vitesse de moitié et actionner, comme il est de rigueur, à intervalles réguliers la corne de brume. Plus le temps passait plus le brouillard s’épaississait et la visibilité s’amoindrissait.

Le paquebot Egypt sombrait à vingt milles dans le nord-ouest du phare d’Ar Men. Il continua d’alimenter les pages des quotidiens dix ans encore. (Crédits : DR)

Le bruit de la sirène d’un autre navire peinait à arriver jusque là. « Collyer donna deux coups de sirène et stoppa. La réponse de l’autre navire déchira le brouillard. À en juger par le son, il paraissait tout à coup terriblement proche, mais on ne pouvait pas l’apercevoir. L’Egypt lança à son tour l’appel de sa sirène… À peine le son s’était-il tu qu’une étrave sombre ourlée d’écume, surgit du néant. La collision paraissait inévitable. Tentant le tout pour le tout, Collyer fit mettre à droite toute la barre de son navire qui avait conservé un peu d’erre », raconte Yves Dufeil dans « 1850-1950, Cent ans d’histoires de mer dans la Manche ». L’inévitable se produisit.

« Dans un terrifiant fracas de tôles déchirées, l’étrave du vapeur français Seine, Capitaine Le Barzic, en route de La Pallice au Havre, aborda le flanc bâbord du paquebot. Gravement atteint dans ses œuvres vives, l’Egypt commença aussitôt à sombrer en s’inclinant. » (Crédits : DR)

La Seine aborda l’Egypt à l’heure où les passagers se mettaient à table. La collision s’effectuait en plein flan du paquebot, qui se coucha à bâbord (gauche). L’équipage, selon L’Écho de Paris, fut pris de panique. Il ne fallut qu’une vingtaine de minutes pour qu’il sombre. « Exhalant un dernier jet de vapeur, l’Egypt s’en était allé vers le repos des profondeurs. » Il ne demeurait à la surface que quelques embarcations et des épaves.

« Fidèle à la tradition maritime, Collyer était resté à son poste jusqu’à l’engloutissement du navire. Projeté à la mer, il échappa de justesse à la mort et fut repêché par une embarcation. ». L’épave gît ici (48.06.568N, 05.29.795W). (Crédits : Coordonnées GPS)

La Seine, à travers son capitaine Le Barzic, se porta au secours des naufragés, et en ramena 263 à la rade de Brest. Le nombre total de personnes décédées s’éleva à 77. Mais l’histoire de L’Egypt ne s’arrêtait pas, car comme dans l’histoire du film Titanic de James Cameron, se trouvait un trésor. La chambre forte du paquebot contenait une cargaison composée de 4500 kilos d’or en lingots, quarante-trois tonnes d’argent et trente-sept caisses contenant 165 000 souverains anglais. Une somme avoisinant plusieurs centaines de millions de Francs, écrivait Yves Dufeil en 1975. L’Insee estime que « compte tenu de l’érosion monétaire due à l’inflation, le pouvoir d’achat de 1,00 Francs en 1922 est donc le même que celui de 115,92 Euros en 2021 ». La quasi-totalité du précieux chargement ne fut récupérée qu’en 1932.

Elise Dardut

Épicurienne, je reste une jeune femme à l’aise dans son corps et dans sa tête. Je pense par moi-même, j’agis par moi-même, j’entends les conseils et n’écoute que mon intuition. « Le jour où l’homme aura la malice, la finesse et la subtilité de la femme, il sera le roi du monde… mais ce n’est pas pour demain », me chantait mon grand-père. Il m’a appris que « les seuls beaux yeux sont ceux qui vous regardent avec tendresse. » (Coco Chanel) Depuis, je m’évertue, pour qui veut bien entendre et écouter, à distiller des graines ici et là, au gré du vent. Un proverbe indien explique que « si vous enseignez à un homme, vous enseignez à une personne. Si vous enseignez à une femme, vous enseignez à toute la famille » Il est temps d’inverser les rôles et admettre l’équité, non ?

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