Il y a cent ans… elle égorgeait son mari, ivre et violent

Les femmes sont tout autant capables d’actes dont les hommes font les gros titres. Lasse d’être battue, une mère de 34 ans venait d’assassiner son conjoint d’un coup de rasoir, en lui tranchant la gorge. Après les faits, elle allait à la gendarmerie ce 22 mai 1922 à 4 h. De l’autre une épouse de médecin tua de quatre balles de revolver son mari sur son lieu de travail, un cottage des bords de Loire à Oudon.

Bien malin qui pourrait se vanter de connaître la vie d’un foyer, lorsque les volets d’une maison sont fermés. Une mère de famille, Mme Trouillet, née Thibault âgée de 34 ans, s’étaient présentés affolé auprès de la marée chaussée. « Monsieur, arrêtez-moi, je viens de tuer mon mari ! » Le commissaire de police des Lilas se rendit au domicile, 10 rue de Chardanne, au Pré-Saint Gervais. En entrant, il constata que la victime Auguste Trouillet, trente-trois ans, gisait sur le lit, la tête à demi attachée au tronc. L’ouvrier abatteur de porc à la Villette ne portait qu’une chemise. La version de l’épouse, maman de cinq enfants déclarait que son mari était revenu ivre mort, aux alentours des 2 heures. Comme d’habitude il donnait de grands coups de pied dans le lit pour réveiller sa femme.

L’enquête a établi que l’abatteur de porcs était une brute inabordable lorsqu’il était enivré d’alcool. (Crédits : Alexas Fotos/Pixabay)

Elle lui aurait dit : « Tu rentres encore ivre ». L’homme se serait précipité sur elle, la rouant de coups. Réveillée par les bruits, l’aînée de 14 ans suppliait son père de se calmer. Il aurait alors saisi sa fille par les cheveux, puis la traîne, à terre, en direction de sa chambre. La mère se saisissait du rasoir, et portait un coup à la gorge de son mari, qui expira après deux « hoquettements ». Lors du procès aux assises, elle indiquait qu’elle avait été plusieurs fois atteinte par le couteau de son mari. « À la suite d’une scène plus violente que de coutume, dit-elle, excédée, j’ai pris le rasoir de mon mari et je l’ai frappée ». Après la plaidoirie de Me Montigny, elle a été acquitée.

Condamnée à cinq années de prison

Un professeur de médecine était assassiné dans le paisible cottage qu’il possédait. Le docteur Louis Joseph Gabriel Fortineau, anciennement attaché à l’institut Pasteur, donnait des cours de bactériologie à l’école de médecine de Nantes. En 1908, le docteur épousait une de ses patientes, Mlle Marie Joséphine Henriette Lamisse. Le quotidien Le Journal indiquait que « la mésintelligence ne tarda pas à régner entre les deux époux ». Les rumeurs accordaient à la femme une conduite légère, que le docteur reproduisait de son côté. Il avait trouvé l’affection d’une infirmière, Mlle Larno qui l’aidait dans ses travaux, avec laquelle il eut une fille. Il décidait d’intenter une action en divorce, après neuf années de séparation. Or sa frivolité était mise au jour par le procès. « Je te tuerai et je serai acquitté comme Mme Perron ! », déclarait-elle. Si bien que le 22 mai 1922, armée d’un revolver, accompagné par son fils aîné de 14 ans, elle prit le train de 4 h à destination d’Oudon.

Après son décès, la femme sera enterrée dans le caveau familial aux côtés Louis Fortineau. (Crédits : Steve Buissinne/Pixabay)

Arrivé sur place à 13 h, son mari signifiait : « Pas de scandale ici ! Va-t’en ! ». La réponse fut cinglante. L’épouse tirait par quatre fois, dont une fois en plein cœur, l’homme s’écroulait, mort. « Le bruit occasionné fit accourir les voisins, qui furent menacés par la présumée meurtrière, raconte Le Journal. Elle reçut à son tour un coup de gourdin qui la désarma. » Arrêtée, elle ne manifestait aucun regret. Elle fut condamnée à 5 ans de prison, car la préméditation fut écartée, et des circonstances atténuantes lui furent accordées.

Fidel Plume

Équilibriste des mots, j'aime à penser qu'il existe un trésor au pied de chaque arc-en-ciel. Un sourire éclaire la journée de la personne qui le reçoit. Elizabeth Goudge disait : « La gratitude va de pair avec l'humilité comme la santé avec l'équilibre. »

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