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  • Il y a cent ans… mourait le député Paul Meunier

    Il y a cent ans… mourait le député Paul Meunier

    Paul Meunier est décédé le 17 mai 1922 à deux heures du matin, au 18 rue de Marignan dans le VIIIe arrondissement de Paris chez Mme Bernain de Ravisi. Mais ce n’est pas sa mort suite à une péritonite qui marqua la presse. L’ancien avocat à la cour d’appel, député de l’aube en 1902, 1904, 1910, 1914, maire de sa commune natale était accusé d’intelligence avec l’ennemi. Le 21 février 1922, un non-lieu était prononcé pour Paul Meunier et Mme Bernain de Ravisi alors que cette dernière était écrouée à la prison de Saint-Lazare.

    L’affaire remonte à 1917, lorsque l’homme fonda le journal La Vérité. Une instruction ouverte contre Ernest Judet, réfugié en Suisse en mars 1918, chercha à connaître les relations de l’accusé. Il s’avérait que le prévenu s’était lié d’amitié pour le peintre suisse Hans Bossard. Concours de circonstances, le député Meunier avait séjourné chez l’artiste, en compagnie de Mme Marie Fortunée Clara Bernain de Ravisi. Les deux avaient alors rencontré le ministre allemand Von Romberg et l’attaché militaire Von Bismarck.

    En 1926, Mme Bernain de Ravisi règlera ses comptes avec la justice en publiant un ouvrage intitulé « Sous la dictature de Clemenceau – Un Forfait Judiciaire — Le procès Paul Meunier ». Mais son compagnon était décédé, le 17 mai 1922, des suites de son traitement pendant sa captivité. (Crédits : BnF/Gallica)

    Le 13 novembre 1919, au cours d’une tournée électorale à Aix-en-Othe, le député et directeur de presse fut mis en état d’arrestation sous l’inculpation d’intelligence avec l’ennemi, par ricochet. Il fut emmené chez lui à Saint-Parres-lès-Vaudes, et lors la perquisition, il tenta de s’évader. Repris il fut conduit à Paris, où il fut écroué à la prison de la Santé. L’instruction perdura deux années et vingt-huit mois de détention, sous le ministère Clemenceau, avant de conclure à la libération des deux prévenus par un non-lieu pour faute de preuves. « La chambre des mises en accusation, devant laquelle j’ai pu m’expliquer, n’a point voulu se prêter à la hideuse machination. Mais ce que je lui ai dit ce qu’elle est seule à savoir, demain il faut que le grand public le sache. Il faudra que l’on sache quel intérêt pouvaient avoir à perdre un innocent et une femme — douloureuse victime des hommes qui pour en arriver à leurs fins, n’hésitèrent point, par deux fois à fabriquer des faux. Le non-lieu qui me libère rend plus ardente encore ma volonté de faire toute la lumière. »

    « Un des chefs de l’espionnage allemand, que M. Clemenceau, pour sauver son frère et le client allemand de son frère, a fait arrêter, emprisonner un député français », martelait Meunier. (Crédits : DR)

    Sur commission rogatoire du juge CLuzet, MM Cucrocq, directeur de la police judiciaire et Pineau secrétaire de la même institution se rendirent au domicile de Mme Bernain pour se faire remettre le corps du défunt Meunier, pour subir une autopsie. Car peu de temps après la clôture de la première affaire, la chambre des mises en accusation, à huis clos, estima que l’affaire dite « Pantin de Guerre » constituait des charges nouvelles contre Paul Meunier et sa collaboratrice, Mme Bernain. Ils étaient accusés d’avoir reçu quatre chèques pour un montant total de 125 000 francs et de les avoir touchés alors en détention. Les sommes étaient envoyés de Suisse.

  • Clonage de carte bancaire en République Dominicaine

    Clonage de carte bancaire en République Dominicaine

    Deux Bulgares ont été interpellés en flagrant délit alors qu’ils tentaient de forcer un distributeur automatique de billets dans une institution financière de Villa Los Almácigos, province de Santiago Rodriguez. Les prévenus Danail Kohctahtnhob et Nicolay Haratyunyan âgés de 58 et 54 ans ont été arrêtés mercredi 11 mai 2022. Ils sont accusés de conspiration en vue de commettre des crimes de haute technologie.

    Selon le communiqué de presse, le bureau du procureur a expliqué que les prévenus s’étaient engagés dans le vol de données bancaires contenues dans les moyens de retraits et de paiements. Ils se servaient de dispositif de clonage à partir de distributeurs automatiques de billets, puis dans l’usage de ces données pour réaliser des achats et d’autres transactions. La police nationale en charge de la prévention et des enquêtes criminelles, avec le ministère public, ont saisi vendredi 13 plusieurs appareils électroniques utilisés pour dupliquer de cartes bancaires. Les outils ont été trouvés lors d’une descente effectuée dans un studio isolé, rue Lucas de Peña, à El Millón.

    « Avant d’être appréhendé, on a détecté dans le distributeur automatique de billets des dispositifs magnétiques qui permettent de cloner des cartes bancaires et qui sont présumés être leur propriété. Nous cherchons à savoir s’il s’agit d’un réseau criminel », expliquent les enquêteurs. (Crédits : DR)

    Selon le rapport, les services d’ordre ont saisi l’attirail du parfait petit cambrioleur : un ordinateur avec deux mémoires externes, un chargeur, deux connecteurs USB, un testeur d’électricité, deux pièces métalliques avec des installations de batteries, des caméras, des puces, un casque sans fil, un petit appareil électronique QS7 SLIN, plusieurs pinces coupantes, un mètre ruban, un scalpel, un rouleau d’étain pour souder des pièces électroniques, deux téléphones portables Apple, plusieurs cartes bancaires et un passeport émis par la République de Bulgarie au nom de Danail Damov Konstantinov.

    Selon la Police, la sécurité de l’organisme fiduciaire remarquait que les deux hommes avaient installé le dispositif externe sur un DAB. Le personnel de la banque est allé l’enlever, puis a guetté le retour des prévenus. Ils ont alerté la police qui les a immédiatement pris en flagrant délit. (Crédits : DR)

    Lors de leur arrestation, les accusés étaient en possession de cartes bancaires, de 7 000 pesos dominicains et 75 levs. Tous deux se déplaçaient dans une voiture Kia, modèle K5 qui était garée juste devant le DAB où, lors d’une fouille, plusieurs éléments de preuve supplémentaires ont été saisis.

    L’équipement saisi est utilisé pour capter le signal lors de l’introduction des cartes bancaires des utilisateurs dans les guichets automatiques. (Crédits : DR)

    Les agents ont saisi une bande magnétique, une spatule, un morceau de papier de verre, 10 cartes (neuf internationales et une nationale). Danail Kohctahtnhob et Nicolay Haratyunyan ont été entendus jeudi matin, par la Direction des enquêtes criminelles (DICRIM), afin de prolonger les interrogatoires, compte tenu des versions selon lesquelles ils auraient volé de l’argent à d’autres entités bancaires. Le ministère public accuse les deux hommes de violation des articles 59, 60, 265, 266 et 379 du code pénal dominicain, ainsi que de la loi 53-07 sur les crimes et délits de haute technologie, qui punit, entre autres, le clonage de dispositifs d’accès, l’accès illicite, l’utilisation de données par accès illicite, les dispositifs frauduleux, ainsi que le vol par utilisation de la haute technologie.

  • Il y a cent ans… allait-on réduire les indemnités parlementaires ?

    Il y a cent ans… allait-on réduire les indemnités parlementaires ?

    Le titre de l’Ouest-Éclair peut faire sourire. Pourtant, la question fut réellement posée, un certain 16 mai 1922 à Paris. Chose impressionnante, c’est la commission des finances de la chambre qui fut saisie d’une proposition de réduction des indemnités parlementaires et des dotations publiques. Elle fut en 1920 portée de 15 000 francs à 27 000, mais la dotation du président passait de 1,2 à 2 millions de francs. Les différentes augmentations étaient dues à la cherté de la vie, pas sûr que tous soient augmentés.

    Les sommes prenaient 40 000 francs de plus pour les présidents des Chambres atteignant les 100 000 francs. Les ministres percevaient un surplus de 10 000 francs sur les 60 000 perçus, et les sous-secrétaires d’État de 25 000 à 40 000 francs. Le parlement en considérant que le coût de la vie avait baissée, ne maintenait l’indemnité de 720 francs que jusqu’au 1er juillet, pour les différents personnels de l’État. Le parlement à travers ses pensionnaires pensait qu’il était normal et leur appartenait de réduire leurs propres indemnités. Fort logiquement, il est normal que la somme supplémentaire de 12 000 francs leur soit retirée.

    Le sénat en pleine séance. Au 1er janvier 2020, le montant brut mensuel de l’indemnité parlementaire s’élève à 7 239,91 € et se décompose de la façon suivante : indemnité parlementaire de base, 5 623,23 €, de résidence, 168,70 €, de fonction, 1 447,98 €. (Crédits : Mumu’s Pictures)

    Conscient de la situation, la proposition de ramener l’indemnité de 27 000 à 21 000 francs semblait juste. En passant, cela faisait une augmentation de 6 000 qui restait, sûrement le coût de la vie et son inflation. Poincaré faisait savoir au président de la commission des finances que cette question devait être laissée à discrétion du parlement. Mais ladite commission estimait que seul le bureau de la chambre et de la commission avait les qualités pour prendre ces décisions.

  • Cyberattaque: un hôpital de plus

    Cyberattaque: un hôpital de plus

    Vivalia, intercommunale de soins de santé au Luxembourg est actuellement retournée au papier crayon. Dans la nuit de vendredi 13 à samedi 14 mai 2022, à 3 h 29 précisément, les systèmes de surveillance envoient des alertes tous azimuts indiquant que le système informatique était agressé. Une cyberattaque confirmée à 3 h 42, et qui aurait débuté vers 1 h 30 du matin. Elle a entraîné le blocage de 200 serveurs et 1 500 ordinateurs des hôpitaux et maisons de repos de cette structure active en province de Luxembourg.

    C’est au duché du Luxembourg que cette fois-ci un hôpital est victime d’opérateurs malveillants. Aux alentours de 3 h 30 une attaque informatique de « grande ampleur » est détectée, des mesures d’urgence sont immédiatement prises pour empêcher la propagation de l’infection. « Dans ce genre de situation, la ligne de conduite est bien claire. Il faut empêcher la propagation du virus en interne, identifier la faille de sécurité pour la corriger, neutraliser le virus, et enfin restaurer les systèmes pour revenir à un fonctionnement normal », mentionne Yves-Henri Serckx, directeur informatique de Vivalia. L’entité regroupe six sites hospitaliers, une polyclinique, quatre maisons de repos et maisons de repos et de soins, une maison de soins psychiatriques et trois crèches, situés en province de Luxembourg.

    Une cellule de crise fédérale spécialisée en cybersécurité apporte son expertise et est venue renforcer les équipes IT de Vivalia, de même que la Police judiciaire, avec le soutien de l’ensemble des autorités provinciales. Dès la mise en alerte des systèmes, les serveurs, les ordinateurs et la connexion de Vivalia avec l’extérieur ont été mis à l’arrêt pour les protéger au maximum.

    Vivalia

    L’attaque informatique semble analogue à celle qu’ont subie d’autres hôpitaux en Belgique et à l’étranger que ce soit au Japon, en France ou en Italie. Vivalia n’aurait reçu jusqu’à présent aucune demande de rançon. Une cellule de crise composée des forces vives de Vivalia et d’experts fédéraux en cybersécurité s’est réunie.

    Le plan d’urgence hospitalier a été déclenché « compte tenu de l’ampleur de l’attaque sur nos services », a déclaré Yves Bernard, le directeur général samedi après-midi, lors d’une conférence de presse.

    Plusieurs hôpitaux wallons ont été victimes de cyberattaque, comme le Centre hospitalier de Wallonie picarde de Tournai (ChWapi), début 2021, ou la clinique André Renard à Herstal, en 2019, explique RTL. (Crédits : capture d’écran/TvLux)

    Depuis samedi matin, les services de Vivalia vivent au ralenti, « renouant avec des méthodes du passé », ajoute Yves Bernard. Rien n’indique actuellement que des données personnelles de patients, comme de résidents ont été dérobées, confirme l’hôpital

    Une cellule d’urgence a été convoquée dans la foulée et l’intercommunale a rapidement reçu le soutien du gouverneur de la province de Luxembourg et de la Police judiciaire fédérale ainsi que d’experts en cybersécurité de la police. « Nous sommes actuellement dans la deuxième phase. Nous essayons d’identifier l’origine de l’attaque pour boucher la faille de sécurité avant de relancer, voire de restaurer, nos systèmes informatiques », relatait Yves-Henri Serckx lors de la conférence de presse, samedi après-midi.

    Le retour du papier et du stylo-bille. Un retour 20 à 30 ans en arrière pour certains services. L’essentiel étant préservé : les soins et la sécurité du patient. L’objectif affiché est l’identification du virus et la faille informatique, avant de restaurer les serveurs. Le tout devrait prendre plusieurs jours. (Crédits : capture d’écran/TvLux)

    « Toutes nos équipes sont sur le pont depuis cette nuit : informatique, technique, médicale, infirmière… chacun fait le maximum pour rétablir la situation et il est prématuré de pouvoir fixer une échéance pour un retour à la normale. |…] Nous demandons au public de n’appeler nos hôpitaux qu’en cas de réelle nécessité et pour des cas urgents ! Merci de votre compréhension », précise Vivalia

  • Il y a cent ans… le pain à vingt sous

    Il y a cent ans… le pain à vingt sous

    La colère de retombe pas chez les boulangers de France et de Navarre. Car depuis ce matin, du lundi 15 mai 1922, le pain est taxé à Paris. Dans toutes les boulanges de la capitale, la taxation a été respectée. Le pain ordinaire revient donc à vingt sous le kilo, quand celui de fantaisie qui doit peser 300 grammes pour la livre à 50 centimes et 700 grammes pour le kilo à un franc. Le syndicat des boulangers n’abandonne pas la lutte.

    Dans certains départements, comme la Corrèze, la taxe était fixée à dix-huit sous le kilo, mentionne le rédacteur. Mais à Paris, le syndicat continu le combat, et déclarait que « nous exerçons dès aujourd’hui notre droit de recours légal auprès du ministre de l’Agriculture ». L’entrevue se déroulait le lundi 15 mai 1922 dans l’après-midi. Les professionnels du secteur manifestaient contre la taxation.

    Le Président du Conseil Raymond Poincaré désignait Henry Chéron ministre de l’Agriculture en janvier 1922. S’il défend les agriculteurs et l’augmentation des prix, il est vite surnommé « Chéron vie chère ». La taxation du pain cristallisait la colère des boulangers en 1922. (Crédits : La Lanterne/BnF/Gallica)

    Mais à Tulle, la grève générale est décidée, plus de pain disponible. Elle est due aux choix du préfet, Auguste Martin explique le journal quotidien La Lanterne. L’homme décidait de maintenir le prix du pain à 90 centimes le kilo, en fixant au demi-franc la livre et à 0,95 franc le pain d’un kilo. Le syndicat départemental qui voulait que la taxe soit uniformément élevée à 95 centimes le kilo déclarait la grève générale. L’administration prenait des mesures pour éviter que la population manque de pain.

  • Il y a cent ans… disparaissaient peu-à-peu les bateaux-lavoirs

    Il y a cent ans… disparaissaient peu-à-peu les bateaux-lavoirs

    Ils ne sont connus pour la plupart que des citadins. Le Paris-Midi titrait le 14 mai 1922 que « Paris n’a plus, sur la seine que 7 bateaux-lavoirs ». Ils étaient des pontons, de grandes embarcations ancrées à la rive d’un cours d’eau, transformé en lavoir public. Tandis qu’en province et partout en France, les petites mains s’affairaient dans le lavoir de la commune, quelle que soit la météo, à frapper le linge, le savonner, le rincer, souvent une journée entière.

    Un propriétaire constatait que le sien est le dernier dans le centre de la capitale. « Lorsque j’ai acheté le mien, il y a trente ans, le 1er arrondissement en comptait cinq. Aujourd’hui le mien seul subsiste », racontait-il. Lors de cet échange avec le journaliste, il s’entendait de la salle à manger ou se situait l’entrevue, les coups de battoir des laveuses. L’évolution de la société amenait peu à peu leur disparition. Les blanchisseries font leur apparition. Elles trustent la majeure partie du linge en le prenant directement au domicile, puis l’emportaient en banlieue pour un nettoiement.

    La moyenne est de 110 places par bateau-lavoir. Sur le Rhône, ils se touchaient presque tous, et se nommaient les « plates ». (Crédits : Paris-Midi/BnF/Gallica)

    Les gens déléguaient le nettoyage de leur linge sale, malgré que les habitants des quartiers préféraient le faire eux-mêmes, en choisissant les bateaux-lavoirs ayant accès à l’eau courante des rivières et fleuves. Le 14 mai 1922, le constat est amer pour les propriétaires. Il n’en reste que sept sur la Seine, et trois sur le canal Saint-Denis. Il était possible dans trouver en banlieue à Alfortville, Maisons-Alfort, Choisy-le-Roi, Saint-Denis, Saint-Ouen et Saint-Maur. Les revenus générés permettaient de les maintenir à flot, l’évolution de la société, les blanchisseries et le mode de vie des Français, laissent les bateaux-lavoirs dans les méandres des souvenirs.

  • Plus de 800 000 Américains touchés par une fuite de données

    Plus de 800 000 Américains touchés par une fuite de données

    Le Refuah Health Center avait découvert un accès non autorisé et affirmait avoir immédiatement lancé une enquête. Elle s’est achevée le 2 mars 2022, mais n’a pas expliqué l’écart d’un an entre l’identification et la déclaration. En effet, l’organisme de santé a commencé, le 29 avril 2022 à notifier 260 740 personnes d’un incident de cybersécurité survenu entre le 31 mai et le 1er juin 2021. En octobre 2021, c’est la société Adaptive Health Integrations, basée dans le Dakota du Nord, qui a été confrontée à un incident informatique, touchant plus de 510 000 individus.

    Les informations qui auraient pu être exfiltrées sont conséquentes. Elles comprennent potentiellement des prénoms, noms, numéros de sécurité sociale, de dossier médical, de permis de conduire, des dates de naissance, des informations sur les cartes de crédit comme de débit, sur les comptes bancaires, des numéros Medicare et Medicaid, des numéros de compte de patient, des informations sur les diagnostics et mêmes des numéros de police d’assurance maladie.

    « Veuillez accepter nos excuses pour cet incident. Nous nous engageons à préserver la confidentialité des informations personnelles et des informations de santé protégées en notre possession et nous avons pris de nombreuses précautions pour les protéger », indique le communiqué. (Crédits : capture d’écran/Refuah)

    « Nous évaluons et modifions continuellement nos pratiques et nos contrôles internes afin de renforcer la sécurité et la confidentialité des informations de santé personnelles et protégées. Depuis cet incident, nous avons installé un nouveau pare-feu et procédé à une évaluation de la vulnérabilité. » Par souci de prudence, « nous avons notifié par écrit cet incident à partir du 29 avril 2022 » à toutes les personnes potentiellement concernées, dans la mesure où nous avions une dernière adresse connue.

    Selon le rapport du Centre de coordination de la cybersécurité du secteur de la santé (HC3) aux États-Unis, les ransomwares à l’origine des attaques sont LockBit 2.0 pour 31 %, Conti au même ratio, SunCrypt pour 16 %, Alphv et Hive tous deux à 11 %. Ce pour le seul premier trimestre de l’année 2022. (Crédits : capture d’écran/OCR)

    Dans un domaine proche et en relation, Adaptive Health Integrations a été confrontée à un piratage qui a eu un impact sur 510 574 personnes, selon le portail de l’Office for Civil Rights (OCR). Omnicell, McKenzie Health et Vail Health Services dénonçaient récemment avoir subi des cyberattaques. Le premier fabrique des systèmes automatisés pour la gestion des médicaments. Sur la 30e page du document, la société stipule que « certains de ses systèmes informatiques étaient affectés par un ransomware ayant un impact sur certains systèmes internes » en date du 4 mai 2022. Les autorités policières compétentes ont été informées. Omnicell n’en est qu’aux premiers stades de son investigation et ne peut définir, à l’heure actuelle, l’ampleur de la répercussion de cet événement sur ses activités.

    L’évènement contre Adaptive Health Integrations est la troisième plus grande violation de données de santé signalée de 2022, au 14 mai. Derrière Morley Companies, Inc. avec 521 046 personnes concernées et North Broward Hospital District avec 1 351 431 d’individus. (Crédits : Darko Stojanovic/Pixabay)

    Vail Health Services révélait que 17 039 personnes étaient possiblement touchées. Établi dans le Colorado, le système de santé à but non lucratif déclarait « après avoir rencontré des problèmes avec nos systèmes de réseau, nous avons rapidement enquêté et le 5 avril 2022 nous avons déterminé qu’un tiers avait potentiellement consulté ces informations le 11 février 2022. »

    Enfin McKenzie Health System, basé dans le Michigan, identifiait le 11 mars 2022 qu’« un tiers non autorisé avait accédé à nos systèmes et a supprimé certains fichiers. Nous avons ensuite entrepris un examen et une analyse de ces fichiers afin de déterminer quelles informations ils contenaient. Le 10 mai 2022, nous avons commencé à envoyer des lettres de notification aux personnes dont les renseignements ont pu être impliqués dans un incident de sécurité qui a perturbé le fonctionnement de certains de nos systèmes informatiques. » McKenzie Health a défini qu’ils comportaient des civilités, des données démographiques, des coordonnées, des numéros de sécurité sociale, des informations sur les prescriptions, des numéros de dossiers médicaux, des noms de prestataires, des dates de service, des informations sur l’assurance maladie et des informations sur les diagnostics et les traitements de 25 318 personnes.

    Les fuites de data de santé ou autre domaine sensible se répètent de plus en plus, que cela soit aux États-Unis, en Suisse, au Canada, en Italie ou en France, ce qui soulève des problèmes de sécurité. Pour rappel, le CERT Santé publie deux fiches réflexes et un guide concernant les attaques par rançongiciel. (Crédits : Mandy Klein/Pixabay)

    « Pour les patients dont les informations peuvent avoir été impliquées dans l’incident, nous leur recommandons de revoir les relevés qu’ils reçoivent de leurs prestataires de soins de santé et de contacter immédiatement le prestataire concerné s’ils constatent des services qu’ils n’ont pas reçus », a déclaré McKenzie Health System avant d’ajouter que « pour les patients dont les numéros de sécurité sociale peuvent avoir été impliqués, nous offrons gratuitement des services de surveillance du crédit et de protection de l’identité par Experian. »

  • Le phishing atteint les côtes anglaises

    Le phishing atteint les côtes anglaises

    Une méthode pour voler mots de passe, identifiants… est évidemment l’hameçonnage ou phishing. Des opérateurs malveillants ont détourné des comptes de messagerie du National Health Service (NHS) pour dérober des identifiants Microsoft. Plus d’un millier de messages auraient ainsi été envoyés à partir de comptes de messagerie du NHS appartenant à des employés en Angleterre et en Écosse, selon les chercheurs de la société de sécurité de la messagerie INKY.

    Le flegme britannique pourrait voler en éclats, car le service national de santé britannique est infecté par une campagne massive de phishing. Au cours d’une période débutant à l’automne dernier, jusqu’en avril 2022, le service de santé du Royaume-Uni a été la proie d’une vaste opération d’hameçonnage. L’utilisation sporadique de comptes légitimes du NHS pour envoyer des courriels à des tiers peu méfiants s’est transformée en une campagne massive au mois de mars, explique INKY.

    À partir d’octobre 2021, INKY a détecté 1 157 courriels d’hameçonnage provenant de « NHSMail » : le système de messagerie du NHS pour les employés basés en Angleterre et en Écosse. Ainsi, moins de méfiances sur les courriels. « L’année dernière, ce service a été transféré d’une installation sur site à Microsoft Exchange Online. Cette migration, avec son environnement de sécurité modifié, pourrait avoir été un facteur dans l’attaque. »

    « La majorité d’entre eux étaient de fausses notifications de nouveaux documents contenant des liens malveillants vers des sites de collecte de renseignements ciblant les informations d’identification Microsoft. Tous les e-mails comportaient également le pied de page NHS. » (Crédits : INKY)

    Le volume des attaques a considérablement diminué, depuis que l’entité a pris des mesures pour les stopper. Malgré tout les utilisateurs d’INKY ont encore reçu quelques courriels infectés provenant du domaine de messagerie du NHS (nhs[.]net) après cette date.

    L’UCL (University College London) une institution de premier plan, classée 8e meilleure université mondiale par le QS World University Rankings en 2020, a été confrontée à près de 60 millions de courriels malveillants au cours des trois premiers mois de 2022, selon des chiffres officiels. Les données, qui ont été obtenues en conséquence de la FOI (Freedom of Information) puis analysées par le groupe Parliament Street, soulèvent qu’un total de 58 628 604 spams, hameçonnages, logiciels malveillants et attaques de type edge block ont été bloqués avec succès par l’université entre le 24 décembre 2021 et le 23 mars 2022. En considérant les 60 millions d’envois, 1 371 396 sont passés, soit 2, 28 %, amplement satisfaisant pour occasionner des dégâts. La conduite à tenir serait que chaque utilisateur vérifie toujours soigneusement l’adresse e-mail de l’expéditeur, et examine chaque lien contenu dans un e-mail en les survolant. Bien, mais pas suffisant.

    « Les chercheurs d’Inky ont pu identifier que ces mails d’hameçonnage ont été envoyés à partir de deux adresses IP utilisées par le NHS. […] Aucune donnée de patient ne semble avoir été compromise durant cette opération de phishing », indique le site gouvernemental français Cyberveille Santé. (Crédits : misterfarmer/Pixabay)

    Imaginons que deux amis, Alice et Bob ont un blog dédié à la nature. Alice se fait voler ses identifiants par Mallory. Elle usurpe l’identité d’Alice pour envoyer un mail à Bob. Comme elle aura eu accès à la boite aux lettres, elle adaptera le contenu du courriel, la façon de s’exprimer, la nature de la demande, la signature, le logo, ais aussi les couleurs, etc. Elle envoie le courriel, piégé ou non, à Bob à partir de compte d’Alice. Justin déterminera après l’enquête l’impression qu’un courriel était envoyé à l’insu d’Alice, à partir de son propre compte courriel. Le code malveillant est déployé sur différentes machines compromises. Il communique à un C2 (command & control) pour obtenir des instructions. Elles sont le prénom, nom, le modèle (Template) de courriel à envoyer… mais surtout les comptes piratés (identifiants). D’où le conseil logique de ne pas cliquer sur un lien que vous ne connaissez pas. Oui… mais cela ne suffit pas. Il peut être nécessaire de mettre en place des mécanismes comme par exemple, le chiffrement avec clé publique et privée, de signer… au moins pour certains échanges.

  • Menace de sécurité chez Top Aces

    Menace de sécurité chez Top Aces

    Le gang de hacker Lockbit 2.0 affirme avoir volé 44 Go d’information qui appartiendrait à Top Aces, et menace de les divulguer le 16 mai 2022 à minuit. Top Aces, fondée en 2000 par d’anciens pilotes militaires, offre des services d’entraînement au combat aériens. L’entreprise dit détenir la plus importante flotte privée d’avions de chasse. L’entreprise québecoise multiplie les contrats d’entraînement au combat avec les armées canadienne, américaine et allemande, et plusieurs centaines de millions de dollars.

    La firme serait, selon les révélations du journal canadien La Presse toujours à la recherche des traces de l’intrusion. « On fait affaire avec une firme externe qui nous aide avec ça », dit la porte-parole Erin Black. Elle précisait qu’aucune demande de rançon n’avait été encore trouvée. En 2017, Top Aces décrochait un contrat de 480 millions avec la Défense nationale canadienne pour des services d’entraînement au combat. Le contrat, renouvelable, pourrait atteindre d’ici 2031 la valeur totale de 1,4 milliard. « Nous venons d’obtenir le même type de contrat, à plus petite échelle, en Allemagne. Et on vise d’autres partenariats en Europe, avec les Britanniques », expliquait en 2021 le directeur de la base de Saguenay, François Laroche.

    En 2019, l’US Air Force a accordé à Top Aces une partie d’un contrat de 6,4 milliards US pour entraîner ses pilotes au combat dans douze bases. Pour ces exercices, qui incluent des simulations d’opérations contre l’armée russe, la société a acheté une flotte de 29 avions F-16 usagés d’Israël.

    Dans une déclaration en février dernier, des pirates de LockBit expliquaient que « la plupart » de ses membres étaient des citoyens d’anciens pays de l’URSS, « comme des Russes et des Ukrainiens ». Ajoutant que ses programmeurs proviennent de Chine, des États-Unis, du Canada et de la Suisse. (Crédits : capture d’écran)

    Les Forces canadiennes sont incapables de déterminer l’effet que pourrait avoir cette cyberattaque sur la sécurité de leurs données et de leurs opérations, comme tout un chacun. « Nous ne sommes pas sûrs s’il y a un impact et si la fuite contient des informations qui nous appartiennent, dit le porte-parole de l’armée, Daniel Le Bouthillier. » Les conséquences de toute entité ayant subie une cyberattaque, ne sont connues qu’après rétablissement des infrastructures, et le calcul des sommes dépensées, régulièrement conséquentes.

  • Il y a cent ans… Trotski devenait millionnaire

    Il y a cent ans… Trotski devenait millionnaire

    Deux poids, deux mesures en fonction du côté où vous vous trouvez en 1922. La première est celle du procès des défenseurs du modèle socialiste, qui sont traités en tant que suspects, de l’autre la révélation que Lev Davidovitch Bronstein, dit Trotski, commissaire pour la guerre s’est enrichi. Deux articles l’un dénonce le non-respect du partage des richesses de la part d’individus ayant choisi une égalité sociale, du moins la réduction des inégalités, et la richesse astronomique accumulée.

    Une audience judiciaire doit se tenir pour juger des socialistes révolutionnaires. Dans les faits, ce 13 mai 1922 « la deuxième internationale envoie aux socialistes révolutionnaires, ennemis avérés de la révolution prolétarienne, dix défenseurs, laquais de la bourgeoisie, pour lesquels elle réclame l’autorisation de se rendre en Russie ». Parmi ces dix personnes, un ancien ministre français, et trois russes, qui selon le quotidien Le Journal seraient « prêt à répondre de la trahison ou mieux de l’infamie de leurs camarades ».

    La conférence de Gènes, virtuellement terminée, pose de nombreuses questions aux différents pays concernés. (Crédits : Le Journal/BnF/Gallica)

    C’est une question qui divise les ouvriers et le patronat, dans un contexte particulier. L’après première Guerre mondiale, sous l’attente de la fin de la conférence de Gènes, oppose deux blocs rivaux, d’un côté la Triple Entente constituée du Royaume-Uni, de la France et de la Russie représentant le club des empires coloniaux. De l’autre, la Triple Alliance composée de l’Allemagne, l’Autriche-Hongrie et l’Italie en sont quant à elles dépourvues. Les prolétaires, qui n’obtiennent de ressources que du fait de leur travail, sont inquiets. La question de la solidarité internationale des travailleurs s’est posée dès le milieu du XIXe siècle.

    La IIe Internationale

    Ainsi dès 1848, Karl Marx (1813-1883) et Friedrich Engels (1820-1895) dans le Manifeste du parti communiste appellent les prolétaires de tous pays à s’unir. Un premier pas est franchi en 1864 par la création de l’Association Internationale des Travailleurs, à l’initiative de militants ouvriers français et anglais. Elle ne survit pas à la défaite de la Commune de Paris, puis à la série de crises financières et économiques, et s’éteint en 1876. La IIe Internationale existe toujours, mais sa grande époque coïncide avec les années antérieures à la Première Guerre mondiale. Elle est née entre 1889 et 1891.

    Un billet de 25 000 Roubles avant le changement de valeur de la monnaie dans la fin de l’année 1922. (Crédits : DR)

    Dans le même temps, c’est le Commissaire du peuple pour l’Armée et les Affaires navales de la Russie, Léon Trotski, qui se retrouve sous les feux des projecteurs. Il fait partie du gouvernement provisoire après la révolution d’Octobre, du 25 octobre 1917. Le IIe congrès des Soviets est composé de bolcheviks et de socialistes-révolutionnaires de gauche, qui avant de se séparer, instaure un « gouvernement ouvrier et paysan provisoire », le Conseil des commissaires du peuple, gouverne le pays « jusqu’à la réunion de l’Assemblée constituante ». Son président n’est autre que Vladimir Ilitch Lénine. Sauf que dans ce laps de temps, grâce à l’agence estonienne, des révélations sont faites lors de la séance du comité central exécutif à Moscou. Scharikoff, après avoir analysé l’activité financière de Trotski, le commissaire du peuple s’était enrichi de plus de 30 millions de roubles or, une petite fortune, un gros scandale.