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  • Parafe : pagailles aux aéroports de Roissy et d’Orly

    Parafe : pagailles aux aéroports de Roissy et d’Orly

    Le mercredi 1er juin 2022, une panne nationale du système Parafe (passage rapide aux frontières extérieures) a affecté plusieurs aéroports français et même la gare du Nord. Il n’y a pas eu d’annulation, mais des retards. Le système en question contrôlé par la Police Aux Frontières permet via la reconnaissance faciale de contrôler l’authenticité d’un passeport et de vérifier la ressemblance de la photo avec son détenteur.

    Les premiers soucis techniques ont été décelés mardi soir, « sans pour autant causer le moindre impact » à ce moment-là, selon Paris Aéroport. L’exploitant a affirmé d’un Tweet que la panne était à présent terminée et qu’un « retour progressif à la normale » s’engageait. Les deux aéroports parisiens que sont Orly et Roissy Charles de Gaulle, ont été touchés, la gare du Nord également ainsi que tous les autres aéroports français ayant des liaisons à l’international, et donc équipés de ce système.

    Il s’agirait d’une panne liée à la consultation des fichiers. Lorsque les passagers scannaient leur passeport, l’accès aux fichiers police ne se faisait pas, alors le passager restait coincé à l’intérieur du sas. (Crédits : Éric Piermont/AFP)

    Les premiers retards auraient été enregistrés ce mercredi matin, où certains passagers de l’aéroport Roissy Charles de Gaulle ont dû patienter plus d’une heure le temps que la situation se régule. « Dans les autres aéroports, le temps d’attente était d’une vingtaine de minutes », assure Paris Aéroport. Le dispositif Parafe, concerne le contrôle lorsque vous passez une frontière vers ou depuis un État hors de l’espace Schengen. Il est réservé aux citoyens européens, d’où les retards causés en Gare du Nord pour les voyageurs à destination du Royaume-Uni.

  • Ransomware et cyberattaque au Costa Rica

    Ransomware et cyberattaque au Costa Rica

    Le 8 mai 2022, le président du Costa Rica, Rodrigo Chaves, déclarait l’état d’urgence national. La mesure était prise à la suite d’attaques informatiques envers les systèmes gouvernementaux perpétrés par les opérateurs derrière le Ransomware-As-A-Service, Conti. Hier 31 mai 2022, c’est la Caisse de sécurité sociale du Costa Rica (Caja Costarricense de Seguro Social : CCSS) qui venait de subir une attaque par codes malveillants.

    Aux premières heures du 31 mai 2022, la Caisse de sécurité sociale costaricienne essuyait une attaque informatique. Peu de temps après l’avoir détecté, tous les systèmes d’information sont par mesure de précaution, hors service annonçait la CCSS. Les tentatives d’accès ont détecté à 2 heures du matin, moment où les premières actions ont été immédiatement prises pour télécharger préventivement tous les systèmes d’information et éviter les dommages aux bases de données et aux processeurs. « Nous travaillons […] pour déterminer la marche à suivre et la manière de lever les systèmes critiques », a confirmé le directeur des technologies de l’information et de la communication de la CCSS, Roberto Blanco Topping.

    Une conférence de presse de plus de 45 minutes retransmise en vidéo a permis aux différents intervenants de confirmer que la CCSS a été la cible d’une attaque informatique de type ransomware, et de la conduite à tenir pour les personnes recevant des soins, et ceux à venir. (Crédits : capture d’écran/CCSS/Facebook)

    Depuis le début du mois de mai 2022, la CCSS coordonne et travaille avec le ministère des Sciences, de l’Innovation, de la Technologie et des Télécommunications et la Commission nationale d’urgence, dans le but de renforcer les actions visant à améliorer la portée de la cybersécurité institutionnelle. Lors d’une conférence de presse, l’organisme de santé a confirmé que l’attaque a, pour l’instant, touché 2 % de ses serveurs, de sorte qu’elle devra les examiner un par un pour exclure tout problème. « L’institution, lorsqu’elle a détecté le problème, a fermé les systèmes et restreint l’accès. Nous avons déconnecté tout Internet pour empêcher le cryptage et l’encapsulation des informations sur les serveurs. Nous avons, à ce jour, 30 serveurs touchés sur plus de 1 500, ils sont déjà identifiés, donc c’est assez contrôlé », informait Álvaro Ramos, président exécutif de la Caja.

    Sur un document de sept pages, l’ensemble des hôpitaux mentionnent les différents numéros de téléphone à contacter pour obtenir des renseignements. Conti a exfiltré 672,19 GB de données de différentes organisations gouvernementales, comme le ministère des Finances. (Crédits : DR)

    Les analyses ne permettent pas de certifier ni d’affirmer la date de reprise dite normale des systèmes, mais ils semblent afficher un optimisme à toute épreuve. « Nous devons effectuer un processus de vérification, mais, contrairement au piratage du ministère des Finances, il n’y a pas de demande de rançon sous forme d’argent et il est fort possible qu’ils n’aient pas réussi à crypter le système ni la base de données. Il nous semble, à titre préliminaire, qu’ils n’ont pas encapsulé les systèmes ou la base de données », a-t-il ajouté.

    « Les ordonnances doivent être manuelles, la pharmacie doit donner les médicaments et rédiger les ordonnances manuellement, bien sûr cela entraîne un retard, cependant, les services sont renforcés pour ne pas affecter le patient. »

    Pour autant une liste de numéros de téléphone a été mise à la disposition du public. Car le service de radiothérapie est totalement arrêté à l’hôpital Mexico. C’est ce qu’a confirmé le directeur du centre médical, Douglas Montero, lors d’une interview accordée à Teletica. La première conséquence de la cyberattaque de la CCSS. « En réalité, c’est tout l’hôpital qui est touché, les zones médicales, cliniques et administratives », a déclaré M. Montero.

  • Il y a cent ans… le Code de la route entrait en vigueur

    Il y a cent ans… le Code de la route entrait en vigueur

    Le fameux Code de la route, qui nous permet une fois en poche de passer la conduite, pour voguer sur les routes d’ici et des vacances, à nous la liberté, entrait en circulation le 1er juin 1922. Les journalistes de l’époque indiquaient que du point de vue juridique, le code a été fixé par décret, donc il n’abroge pas les lois préexistantes sur la voirie, il porte uniquement des règles de circulation routière. Le texte est commenté par M Joseph Noullens chef du service de la voirie au ministère des Travaux publics.

    Seul intérêt, ou pas selon vos capacités, il y a cent ans les discussions sur les compétences et les peines continueront comme dans le passé, car aucune disposition ne précisait les règles obscures des sanctions applicables aux contraventions. Il sera rappelle le rédacteur indispensable « aux usagers de la route, riverains, agriculteurs, piétons, cyclistes, automobilistes, voituriers ». En 1922, il était traduit en anglais, espagnol.

    Les sons stridents et à notes multiples étaient interdits, déjà. Le ministère des Travaux et la préfecture de police tombaient en accord pour l’autorisation de la trompe électrique et du « clakson ». (Crédits : Classic Cycle)


    Néanmoins quelques imperfections dut à son jeune âge. Le code n’autorise dans la traversée des agglomérations que la trompe. Elle est l’ancêtre du klaxon que tout un chacun use et abuse en ville. Elle était constituée d’une poire en caoutchouc. Alors que Jules Grandin à travers les données de l’Insee détermine les départements où nos amis les animaux qu’ils soient Vaches, Moutons, Cochons… les troupeaux posaient question en 1922. Le Code de la route stipulait qu’ils ne devaient pas occuper plus de la moitié de la chaussée, que la nuit ils devaient être couverts par un signal lumineux ou sonore. Qu’en cas de croisement de deux troupeaux, ils devaient être séparés au minimum de 1,5 m !

  • Mon ami le Bernard l’Hermite

    Mon ami le Bernard l’Hermite

    Le dessin animé « BobSponge SquarePants », connu en France sous le nom de Bob l’éponge regorge de personnages tels que Patrick l’étoile de mer, Carlo Tentacule, Gary l’escargot ou encore Bernard l’Hermite. Au quotidien, Bernard est la star des plages, malgré lui. Pourtant, il est plutôt discret, s’il traîne sur la plage, il mène une existence assez sobre, loin des tumultes des châteaux de sable. Connaissez-vous la vie d’une éponge, d’un Bernard l’Hermite ou d’une pieuvre ?

    Qui n’a pas rêvé de ramener, de la plage un Bernard l’Hermite chez soi, pour le plus grand plaisir des parents. Il est un crustacé aquatique ou terrestre que l’on retrouve partout dans le monde. Les Bernard-l’Ermite (on peut l’écrire sans le H) ou Pagures sont des crustacés décapodes qui appartiennent à la super-famille des Paguroidea. Il a par conséquent dix pattes, quatre pour se déplacer, autant pour nettoyer et tenir sa coquille, et deux pour transporter sa nourriture ou se défendre. Les dernières dont celle de gauche est plus importante peuvent vous avoir laissé un souvenir mémorable… aux doigts.

    Le Bernard l’Hermite commun, connu sous le nom de pagure, possède un abdomen mou dépourvu de carapace. Il est donc obligé de le cacher dans une coquille. Ne pouvant en fabriquer, il choisit celles qui traînent et correspondent à sa morphologie. (Crédits : Tanja Roy/Pixabay)

    Sa grosse pince sert à sa protection en cas de danger, pour boucher l’entrée de son armure après s’y être mise à l’abri. De plus il se déplace généralement en groupe de cinq individus, qui dans les familles nombreuses se transmettent les vêtements. Donc, ils partent à la recherche d’une coquille qui sied au plus gros. Il abandonnera sa vieille, devenue trop étroite pour enfiler passer la nouvelle et offre l’ancienne à son voisin, qui donnera la sienne au suivant, jusqu’au dernier. Il est comme toutes espèces vivantes sur terre indispensable aux autres, jusqu’à preuve du contraire. Il est omnivore, et détritivore, car se nourrissant généralement de matières en décomposition ou d’animaux morts.

    La pieuvre ou Carlo Tentacule

    A contrario de la série, elle est une extrêmement intelligente, comme la pieuvre mimétique. Découverte en 1998 dans les eaux chaudes du Pacifique, elle est seule représentante connue à ce jour du genre Thaumoctopus. Elle possède des capacités imitatives stupéfiantes qui lui permettent d’échapper à ses prédateurs. Elle a la peau rayée de brun et de blanc, peut atteindre 60 cm, elle peut singer à la perfection une quinzaine d’individus.

    Tout comme les autres pieuvres, elle est dotée de trois cœurs, et de huit tentacules qui mesurent environ 25 cm. (Crédits : Rickard Zerpe/Flickr)

    Au menu des transformations, l’anémone et le serpent de mer, la rascasse, la sole… pour la dernière elle rassemble ses tentacules, et s’écrase pour ressemble trait pour trait au poisson.

    Bob l’éponge

    Le héros de l’histoire, et personnage emblématique, mais que savez-vous réellement de l’éponge ? Elle se trouve dans différentes pièces de votre habitation. Elle fait reluire votre vaisselle, vous frotte sous la douche… celles qui sont utilisées aujourd’hui sont fabriquées industriellement. Pour la marque Spontex, cela s’effectue en France à Beauvais, mais saviez-vous que l’éponge de mer était un animal ? Bob l’éponge travaille comme cuisinier dans le restaurant au « Crabe Croustillant », où il est reconnu « employé du mois » de très nombreuses fois, il travaille avec Carlo Tentacule, le caissier. Communément, les spongiaires forment un groupe atteignant 10 000 espèces. Elles vivent au rythme des courants qu’elles filtrent.

    Une éponge de mer grandit en excrétant un squelette qui peut être en silice. Les éponges que nous utilisons dans la salle de bain ne sont molles qu’après avoir subi un traitement spécial : acide ou piétinement pour éliminer le squelette. (Crédits : Manfred Richter/Pixabay)

    Elles sont l’un voire le plus vieil animal apparu sur terre. Ce qui est cocasse est son utilité au vu de sa morphologie. Dépourvu d’organes, donc d’appareil respiratoire, de bouche, d’anus ou d’appareil génital, son système nerveux est on ne peut plus primaire. Mais elle se nourrit de matières organiques contenues dans l’eau, à savoir, bactéries, débris, algues microscopiques… Les trous qui criblent son squelette permettent la filtration de l’eau. La simplicité cache une complexité. Les substances organiques qui y passent sont capturées et digérées tandis que celles ne présentent aucun intérêt sont expulsées par des pores exhalant. Leurs lieux de vie, l’eau, salée comme douce, entre 6 et 20 mètres et certaines demeurent à plus de 8 000 mètres de profondeur. Elles possèdent un record de longévité. Plus le milieu est froid, plus son rythme de croissance est lent, donc elle peut ainsi atteindre un âge plus que vénérable… jusqu’à 15 000 ans.

  • Cyberattaque chez DIM

    Cyberattaque chez DIM

    Les usines en France sont les victimes collatérales des attaques informatiques. Celle de Massey Ferguson à Beauvais dans l’Oise, maintenant celle de Dim à Autun en Saône-et-Loire vint de placer ses salariés en chômage partiel, ce pour une durée indéterminée. D’après les informations, près de la moitié de l’effectif, qui compte 800 personnes, aurait été contrainte d’arrêter de travailler. Aujourd’hui 31 mai 2022, l’activité de l’usine Autunoise a considérablement ralentie.

    Selon le Journal de Saône-et-Loire, Dim Brands international a été victime d’une cyberattaque le 24 mai 2022, sur les serveurs américains. « Depuis le milieu de la semaine dernière, DBI est confronté à un sérieux incident impactant notre réseau informatique », indiquait le service communication du groupe en ajoutant que « nous avons pris toutes les mesures nécessaires et travaillons activement pour rétablir nos services le plus rapidement possible. En conséquence de cet incident, une partie de nos effectifs a été mise en chômage partiel en attendant de pouvoir redémarrer notre activité. Notre réseau de boutiques continue de fonctionner normalement. »

    Racheté par un fonds d’investissement américain, Regent LP, Dim abandonne le nom qui le rattachait à son précédent groupe, Hanesbrand. Depuis fin février ainsi, Hanes Europe Innerwear s’appellera désormais Dim Brands International (DBI). (Crédits : capture d’écran/DBI)

    Le problème semble toutefois en passe d’être réglé indique France 3. « Une partie des salariés revient sur site cet après-midi », a affirmé DIM à travers son service de communication. Il semblerait que tous les services n’étaient pas encore opérationnels, comme la vente en ligne. « Nous sommes désolés de vous informer que nous devons suspendre momentanément l’expédition de nos commandes. Bien évidemment, tous vos autres points de vente DIM restent à votre disposition. À très vite, l’équipe ecommerce DIM », indique sur son bandeau la marque.

  • Il y a cent ans… un sursis accordé à l’Allemagne

    Il y a cent ans… un sursis accordé à l’Allemagne

    Après un conflit d’une telle ampleur que fut la Première Guerre mondiale, les belligérants vaincus ont des compensations à attribuer aux autres. La somme consentie était importante. Le ministre français des Finances de l’époque, Louis Lucien Klotz, se félicitait : « les contribuables n’ont pas à s’inquiéter, l’Allemagne paiera ». Ainsi la commission des réparations donnait à l’Allemagne un délai pour accepter les conditions, qui se clôturait le 31 mai 1922 minuit.

    Or le chancelier du Reich, le docteur Joseph Wirth, adressait une lettre en ce sens le 28 mai, trois jours avant l’ultimatum. Elle comportait un texte principal de six feuillets dactylographiés et d’annexes au nombre de huit. Le gouvernement allemand proposait d’examiner en fonction des bases suivantes :

    • L’état de la dette flottante du 31 mars 1922 est considéré, à partir d’aujourd’hui comme le montant maximum normal de la dette
    • Si, au 30 juin 1922, comme au dernier jour des mois suivants, le montant de la dette flottante est dépassé, des mesures seront prises pour que l’excédent soir remboursé dans le trimestre suivant. Soit à l’aide des recettes dépassant les recettes, soit par l’intermédiaire de crédits, sans accroître l’inflation
    • Dans le cas où le montant normal maximum de la dette est dépassé, le gouvernement envisagera un accroissement des impôts, si plus de six mois de l’année fiscale se sont écoulés, le gouvernement fera en sorte que le rendement ne soit pas inférieur à l’excédent de dépenses constatées
    La commission regrettait que le gouvernement allemand ne commençait pas plus tôt à prendre ces décisions. (Crédits : BnF/Gallica/Le Petit Journal)

    Elle rappelait que « le sursis actuellement confirmé demeure susceptible d’être annulé à tout moment, conformément au dernier paragraphe in fine de la décision no 1841, si la commission arrive ultérieurement à la conviction que l’Allemagne a manqué à remplir les conditions prescrites, sans préjudicier aux pouvoirs généraux qu’elle s’est réservés dans ledit paragraphe, la commission se réserve expressément le droit d’annuler le sursis. »

    132 milliards de marks-or

    La commission des réparations en avril 1921 évaluait le montant à payer à 132 milliards de marks-or. La rancune est tenace, depuis la guerre Franco-prusienne. Si la facture est très lourde, elle est aménageable, Clemenceau n’a cependant pas oublié les 5 milliards de francs-or réclamés alors par Bismarck, après la guerre de 1870. La commission étalait donc le règlement de la dette. L’Allemagne devra d’abord acquitter 50 milliards de marks sous forme d’annuités de 2 milliards, puis elle évaluera au cas par cas l’état de l’économie allemande, pour solder la suite du paiement. Sauf que l’histoire est faite de femmes et d’hommes.

    Hermann Josef Abs signe l’accord de Londres sur les dettes extérieures allemandes le 27 février 1953. (Crédits : DR)

    Si l’Allemagne cessa tout règlement suite à l’arrivée au pouvoir des nazis, elle bénéficiera d’une annulation conséquente de sa dette (environ 63 %) avec les accords de Londres, le 27 février 1953. « Les trois pays sont d’accord que le plan prévoit un règlement adéquat des exigences avec l’Allemagne dont l’effet final ne doit pas déséquilibrer la situation financière de l’économie allemande via des répercussions indésirables ni affecter excessivement les réserves potentielles de devises. Les trois pays sont convaincus que le gouvernement fédéral allemand partage leur position et que la restauration de la solvabilité allemande est assortie d’un règlement adéquat de la dette allemande qui assure à tous les participants une négociation juste en prenant en compte les problèmes économiques de l’Allemagne ». Ainsi le dimanche 3 octobre 2010, pour le 20e anniversaire de la réunification allemande, et près de 92 ans après la fin de la Première Guerre mondiale, l’Allemagne a fini de payer les réparations imposées par les Alliés.

  • Il y a cent ans… quand il y avait trop de lait

    Il y a cent ans… quand il y avait trop de lait

    Tandis quand 2022 il semble avoir une pénurie d’huile de tournesol en France, comme en Espagne, le lait ce mardi 30 mai 1922 débordait des cuves. Conséquence de son abondance, les crémeries n’arrivaient pas à écouler leur stock, ce qui faisait baisser le prix du la matière première. C’est le jeu de l’offre et de la demande, dans la période incertaine de l’entre-deux-guerres. Qui plus est lorsque les prix de la nourriture s’envolaient vers des sommets jamais atteints.

    Le prix au kilo du pain fixé par le ministre de l’Agriculture M. Chéron à 1,05 franc faisait couler beaucoup d’encre dans la presse régionale et locale. Les discussions d’un pan indispensable aux ménages, faisait bouillir les discussions. Attention à ce qu’il ne déborde pas de la casserole. La saison actuelle est une période d’abondance affirmait L’Ouest-Éclair. La diminution du prix du lait ne devrait pas poser de difficulté, et pourtant. Certains producteurs voulaient bien réduire le prix du litre de deux sous, mais pas de quatre. Dans les crémeries, les commerçants peinent à écouler les stocks grossissants de fromages dits « Petit Suisse », de lait cuit… ainsi 70 % des producteurs appréhendaient et acceptaient sans aucune hésitation de baisser le prix à 0,60 franc. Les marchandes de légumes pouvaient le revendre à 0,70.

    En 1922, pour faire un franc, il fallait vingt sous, donc un sou correspondait à cinq centimes. Vous comprendrez dorénavant aisément l’expression des anciens qui vous chantonnait qu’il manquait toujours trois sous pour faire un franc. (Crédits : Pezibear/Pixabay)

    Quelques producteurs ne souhaitaient pas baisser leurs prix, à tort ou à raison. La cherté de la vie, donnait à tout un chacun de s’entraider, de se serrer les coudes dans une période difficile. Le prix du beurre comme nous le connaissons aujourd’hui se vendait soit au kilo ou sous la forme de demi-livre, le prix variait entre 4, 50 et 4, 75 francs pour 250 grammes. En Bretagne, à Rennes, les habitants se posaient des questions. « Pourquoi la municipalité ne taxe-t-elle pas le lait ainsi qu’il est fait au Havre et dans d’autres villes de la région ? »

  • « Solo sí es sí »

    « Solo sí es sí »

    Après le congé menstruel, c’est à nouveau l’Espagne et sa ministre, Irene Montero qui font l’Histoire. La chambre ibérique des députés a approuvé ce jeudi 26 mai 2022 la loi de garantie intégrale de la liberté sexuelle, plus connue sous le nom de loi « Solo sí es sí ». Plus de deux ans se sont écoulés depuis que la ministre de l’égalité, Irene Montero, avait présenté le projet de loi au Conseil des ministres. Le projet de loi est passé avec 201 voix pour, 140 contre.

    Le slogan Solo sí es sí est né en Espagne après le viol multiple d’une jeune femme dans l’affaire judiciaire dite de « La Manada », durant les fêtes de Pampelune en 2016. Les condamnations après de multiples rebondissements sont de 15 à 23 ans de prison ferme, pour les cinq hommes reconnus coupables. Alors ce jeudi 26 mai est un aboutissement pour toutes les Espagnoles, car le projet devient loi en garantissant de façon intégrale de la liberté sexuelle. La chambre des députés, par 201 voix pour, et 140 contre (tous les députés PP et Vox) et trois abstentions du groupe mixte (Albert Botran et Mireia Vehí, du CUP, et José María Mazón, du Parti régionaliste de Cantabrie), a approuvé le projet de loi. Elle doit passer au Sénat avant d’être définitivement adoptée.

    Le consentement, librement et clairement exprimé, devient l’axe de traitement des violences sexuelles.
    « Ce n’est pas un abus sexuel, c’est un viol », indique la pancarte tenue par une jeune fille (Crédits : Miguel Lorenzo/Igualidad)

    Elle intervient dans une atmosphère délétère. En effet, le quotidien Público révélait le 23 mai 2022 que cinq adolescents de 15 à 17 ans auraient violé deux mineures âgées de 12 et 13 ans, il y a quelques jours dans la ville de Burjassot. Lundi, le journal apprenait la Guardia Civil enquêtait sur l’agression sexuelle présumée d’une jeune femme de 30 ans perpétrée par trois hommes à Almería, et que la police a arrêté quatre mineurs accusés d’avoir violé une jeune femme de 18 ans, vendredi dernier à Vila-real, dans la province de Castellón. Enfin, il y a quelques semaines, une tentative de viol collectif d’une autre femme à Malaga conduisit deux des trois accusés en détention préventive.

    une étape décisive pour changer la culture sexuelle de notre pays, loin de la culpabilité et de la peur, pour abandonner la culture du viol et créer une culture du consentement

    Irene Montero

    La ministre intègre non seulement une série de mesures dans différents domaines pour garantir le droit des femmes « à leur liberté sexuelle », mais aussi « la réparation » et la reconnaissance des victimes de violences sexuelles, d’exploitation sexuelle et de traite aux fins d’exploitation sexuelle comme victimes de violences sexistes. Sans oublier les mutilations génitales féminines et les mariages forcés qui relèvent également de ce concept de violence. Tandis qu’en France les « piqûres » en soirée, concert, boite de nuit… font les gros titres de la presse, la proposition de loi ibérique, intègre la soumission chimique comme circonstance aggravante, jusqu’ici considérée comme un « abus ».

    La manifestation des femmes à Madrid — comme partout dans le pays — devant le ministère de la Justice, le 22 juin 2018. La Fiscalia (Justice espagnole) avait pris la décision de libérer les membres de la Manada accusés de viol multiple en bande organisée. (Crédits : Andrea Comas/El País)

    La condamnation dépend de comment le consentement est perçu ou prouvé devant les tribunaux, des questions marginales qui ont provoqué des protestations à la fois sociales et politiques. Elles ont même ouvert des débats judiciaires. Cela s’est produit dans des processus avec des questions telles que : « Avez-vous bien fermé les jambes ? », « Comment étiez-vous habillé ? » ou « Avez-vous suffisamment résisté ? ». El Mundo titrait « ¿Cerró usted bien las piernas para evitar una violación? » démontrant la violence des propos de la justice. Le consentement est issu du verbe consentir qui d’après le Larousse est le fait d’« accepter que quelque chose se fasse ; tomber d’accord sur quelque chose ; acquiescer ». Donc le consentement ne signifie pas dire être d’accord, surtout quand il s’agit de sexualité.

    Le consentement

    Dans l’émission du 24 mai 2022 présentée par Axel de Tarlé « L’info s’éclaire », l’historienne Virginie Girod revenait sur l’affaire concernant le nouveau ministre des Solidarités. Damien Abad est accusé de viol, l’homme bénéficie comme tout un chacun en France de la présomption d’innocence. Au centre de l’échange, le consentement. Le fait de « consentir, ça veut dire être d’accord avec, hors un rapport sexuel se désire. Comment voulez-vous que les jeunes femmes soient capables de dire non quand on leur explique toute leur vie qu’elles ne peuvent pas désirer, mais seulement consentir aux désirs de l’autre ». Elle explique que la fabrique la culture de la honte de la victime née à Rome sous la haute antiquité, sous le désormais nom de Lucrèce, et qu’elle traîne depuis 2500 ans. Lucrèce est la femme de l’un des princes, Tarquin Collatin. Sextus Tarquin, fils du Roi, fait des avances à Lucrèce, qu’elle refuse, car mariée.

    Le prince héritier éconduit, harcèle et menace la jeune femme. Il évoque qu’après avoir tué un des ses esclaves, puis elle, il ira répandre l’opprobre en criant ici et là qu’ils ont forniqué. « Refusant cette solution elle va choisir de se faire violer avec consentement, d’où l’arnaque du consentement. » Lucrèce après son viol ira prévenir son mari et son père, et se suicidera en prononçant cette phrase terrible qu’« aucune femme ne se revendiquera de Lucrèce pour survivre à son déshonneur », comment Virginie Girod. « Cette phrase est terrible socialement, car elle nous dit qu’une femme violée n’a pas le droit de se remettre de son viol », martèle l’historienne. Elle enfonce le clou car à un moment il faut aussi que les homme se rendent compte qu’il y a des limites à ne pas franchir et que tous les corps des femmes ne sont pas à disposition. Tout ira mieux « quand on aura rayé de notre vocabulaire ce terme de consentement ».

  • « Bonne fête Maman ! »

    « Bonne fête Maman ! »

    Ah, le fameux collier de nouilles que nous avons toutes et tous offert à nos chères et tendres Mamans, Anya, Ema, Mam, Mamá, Maminka, Panjo… en ce jour de fête, nous avons peut-être passé l’âge des pâtes, mais pas celui d’avoir une attention particulière aujourd’hui, comme les 364 autres pour celles qui dorment un œil ouvert. Le lien qui grandit dans le ventre de la mère, reste particulier. Si les deux parents sont capables de tout, le réconfort d’une mère reste à jamais la madeleine de Proust de chaque enfant devenue grand.

    Sous le soleil de ce dimanche midi 29 mai 2022, tous se sont donné rendez-vous au sein de la maison familiale de Berd’Huis. Ils sont arrivés au même instant, mais c’est Ozalee qui courut la plus vite, ou plus simplement qui est la plus rusée.

    « Bonne fête, Maaaamaaaan », crie-t-elle en tombant dans les bras de Séki.

    « Merci ma grande », sourit-elle comblée d’avoir toute sa progéniture.

    Mais connaissez-vous l’origine ? Elle ne date pas de l’époque troublante du gouvernement de Vichy, sous le Maréchal Pétain, mais de bien des années auparavant, au temps de la Grèce antique puis l’Empire romain. Les premières traces sont présentes lors des cérémonies printanières en l’honneur de Rhéa ou Cybèle, la mère des dieux et notamment celle d’Hestia, Hadès, Déméter, Poséidon, Héra et Zeus.

    Le 9 mai 1914, le président américain Woodrow Wilson a proclamé le deuxième dimanche de mai comme étant la fête des Mères « en tant qu’expression publique d’amour et de révérence pour les mères de notre pays. » (Crédits : National Archives)

    Selon l’étude minutieuse de M. Jean Gagé, intitulée « Matronalia. Essai sur les dévotions et les organisations culturelles des femmes dans l’ancienne Rome », l’image des femmes dans la société patriarcale est quelque peu écornée, n’en déplaise à la gent masculine. L’inconscient collectif se plaît à imaginer la femme cloîtrée au foyer… pas tout à fait, elles appartenaient à des groupements rituels, habilités à accomplir au profit de la « tribu » des actes bien définis. Les exemples ne manquent pas, explique Jean Gagé :

    • médiation fameuse des Sabines
    • ambassade des femmes agmen mulierum à Coriolan
    • chœur vociférant des plébéiennes dans le procès de Virginie
    • contribution extraordinaire pour l’offrande d’un cratère à Apollon Pythien en 395, ou pour la rançon de Rome en 390

    Des fêtes religieuses romaines célèbrent les matrones le 1er mars lors des Matronalia. Toutes ces célébrations ont lieu au printemps, mois de la fertilité. Quelques siècles plus tard, en 1908, c’est Anna Jarvis qui est connue pour être l’instigatrice du « Mother’s Day ». Elle commença à vouloir commémorer sa mère disparue en 1905, comme toutes, mais il faudra patienter près d’une décennie pour que le Sénat américain instaure le 9 mai 1914, le deuxième dimanche de mai. Les fleurs offertes sont blanches pour celles parties trop tôt, et colorées pour les présentes. La date choisie diffère sur les cinq continents.

    La première fois où l’on parle de la fête des Mères est en l’année 1926 pour renforcer la France et surtout la natalité. La Première Guerre mondiale, suivie de la Grippe espagnole, ont à elles deux provoqué de nombreux morts, il faut donc repeupler la France décimée. (Crédits : Légifrance)

    Le 28 mai 1926, la première « Fête des Mères » est couronnée de médaille d’or, d’argent. Ainsi, le plus précieux des métaux pour « les femmes ayant eu au minimum 10 enfants, l’argent pour avoir eu de 8 à 9 chérubins, et 100 médailles de bronze durent ensuite décernées, ainsi que plusieurs médailles des assurances sociales », relatait le quotidien Le Matin. Ensuite, en 1941, le gouvernement de Vichy reprend la tradition à son compte, mais c’est le 24 mai 1950 que la Loi n° 50-577 du 24 mai 1950 fixe les modalités et le jour de la « Fête des Mères ».

  • Il y a cent ans… un jour à Bordeaux

    Il y a cent ans… un jour à Bordeaux

    La ville de Bordeaux voyait l’incendie d’une usine fraîchement construite, le 28 mai 1922, sur le quai de Brazza : les Grands Moulins de Paris. La minoterie venait grossir la maison mère pour produire les 7 000 000 de quintaux de consommation annuelle parisienne. Non loin de là, un autre drame se déroulait. Lors d’une banale promenade, un jeune homme de 23 ans, accompagné d’une jeune fille recevait une balle perdue et mourait.

    Le quotidien Le Radical écrivait qu’au cours d’une promenade en charmante compagnie, Jean Ducos, 23 ans, était tué d’une balle à la nuque. La personne à ses côtés avait été soupçonnée et arrêtée. L’autopsie innocenta la jeune fille, car le projectile venait de loin. L’enquête suivant les différentes pistes pour élucider ce mystère. C’est la gendarmerie de Lormont qui appréhenda un jeune homme de 19 ans nommé Merzy. Le manœuvre demeurait au camp de Genicart. Il reconnaissait s’être amusé à vider le barillet d’un revolver espagnol de gros calibre dans la direction où fut tué Jean Ducos. Selon les investigations, la distance entre le défunt et le prévenu était de 450 m, la portée de l’arme en question variait de 600 à 700 m.

    Fondé par Henry Maret en 1881, ce journal républicain proche de Rochefort avant le boulangisme devint progressivement le quotidien du radical-socialisme. A son apogée avant 1914, il perd progressivement de son influence, avant de devenir hebdomadaire de 1926 à 1931 et disparaître. (Crédits : BnF/Gallica/Le Radical)

    Au cours de cette même journée, l’usine des Grands Moulins de Paris à Bordeaux était détruite par un incendie. C’est aux alentours de neuf heures que le drame se déclarait. Les Grands Moulins se situent quai de Brazza. Le feu aurait pris au sein du bâtiment central, où se trouvait la machinerie évaluée à 13 millions de Francs. En quelques minutes, l’édifice entier s’embrassait et terminait en cendre. Plus rien ne restait. Luttant contre le brasier, deux sapeurs-pompiers et le peintre Viguié furent intoxiqués. L’usine fut construite en 1920, bien qu’elle ne fut pas encore achevée, elle employait deux cents ouvriers. L’estimation des dégâts se chiffe à une vingtaine de millions de Francs.

    Les Grands Moulins de Paris, sont en arrière plan de l’entrée des bassins à flot du port de Bordeaux. (Crédits : Archives Sud Ouest)

    Constitué en avril 1919. La société avait pour but de concourir à la production de la farine destinée à la région parisienne dont la consommation dès avant guerre était estimée à 7 millions de quintaux par an. Elle construisit à Ivry-sur-Seine, en région parisienne sur un terrain de 22 870 m2, un grand moulin qui atteignait en 1924 trois millions de quintaux. Elle décida se s’agrandir en prenant à bail le moulin de Port-Saint-Louis-du-Rhône, l’usine de la Meunerie lilloise de Marquette-lès-Lille et les Grands Moulins de Bordeaux, et ainsi produisait les 400 000 tonnes nécessaires à Paris. Elle affichait un chiffre de vente d’un milliard et demi de francs par an.