Nom d’une Pipe !

La Suisse est définitivement un pays pas comme les autres. Entre une guerre de voisinage pour avoir nourri un chat qui finissait par une condamnation via en ordonnance pénale à une amende de 700 francs, et un concours de fellation, auprès duquel chaque participant, après avoir réglé le ticket d’entrée à 90 francs, pourra tester gratuitement les talents de huit grandes spécialistes. Heureusement, cela fait dix ans que la Fête du Slip propose à Lausanne une moisson culturelle orientée sur les genres et les sexualités.

Une affaire particulière était jugée au Tribunal de district de Bülach, en Suisse. Une femme de 59 ans était accusée d’avoir laissé Mici, le chat tigré roux de sa voisine, passer la nuit chez elle durant environ cinq mois. Mais également de l’avoir nourri contre la volonté de sa propriétaire. Condamnée à une amende de 700 francs pour appropriation illégitime, la quinquagénaire avait interjeté appel du jugement. Raison pour laquelle l’affaire a été traitée une nouvelle fois ce mercredi 18 mai 2022 par la justice zurichoise. « Je n’ai jamais enfermé le chat et je n’ai jamais voulu le posséder. […] Par compassion, je lui ai donné à manger pendant environ deux mois », se défendait-elle. L’accusatrice aurait demandé selon son avocat, raconte 20min, d’arrêter de le nourrir, en vain.

Il y a des informations qui défriseraient les moustaches des lapins. (Crédits : Alexas Fotos/Pixabay)

Le conseil rappelait que le chat a dû être ramené au refuge, car il ne mangeait plus la nourriture de ladite propriétaire avait acheté. L’avocate de la défense qui demandait l’acquittement affirmait que « le chat, qui était en liberté, errait dans tout le quartier et allait et venait également dans d’autres appartements. » Le tribunal disculpait la quinquagénaire, puisque selon le juge, la preuve des faits reprochés n’a pu être établie. « Je suis soulagée de l’acquittement, toute la procédure a été très éprouvante. » La propriétaire de l’animal devra assumer les frais de justice d’environ 800 francs, précise « Blick ».

Un concours de Pipe

L’affiche publicitaire du sauna-club « Sex-Park » à Oberentfelden, clame en grosses lettres que le 21 mai 2022 à partir de 15 heures se déroulera le « championnat de la pipe ». Vous ne rêvez pas, c’est selon l’organisateur le plus grand concours de fellation de Suisse. « Nous gérons le Sex-Park depuis douze ans et il n’y a jamais eu de réclamation de la part des riverains ou de la commune. Il n’y a jamais eu d’incident », affirme le copropriétaire. Sur le flyer, les participants potentiels sont directement interpellés : « Teste nos 8 meilleures tailleuses de pipe gratuitement ! » Il est ensuite possible de donner son évaluation pour élire « Miss Fellation 2022 ».

Chaque année en mai est programmé le désormais légendaire concours de fellation, ce qui n’est pas au goût de Christina Bachmann. (Crédits : Alexas Fotos/Pixabay)

« Ce championnat est une honte ! Un scandale. Une humiliation publique des femmes », déclarait à Blick Christina Bachmann-Roth, présidente du Centre Femmes. « Il est scandaleux qu’un tel événement soit organisé depuis plus de dix ans ». Le dernier date de 2019, dû aux restrictions survenues depuis l’apparition du SARS-CoV-2, où environ 50 hommes étaient venus. « Les femmes sont inscrites normalement comme travailleuses et sont également testées en ce qui concerne les maladies ». Pour participer, elles règlent l’entrée, comme les clients, et si elles vont dans la chambre d’un homme, « ce qu’elles demandent ensuite en argent, c’est leur affaire ». Elles toucheraient en plus une partie des recettes sur les entrées totales.

La Fête du Slip

La manifestation lausannoise ouvre aujourd’hui, jeudi 19 jusqu’au 22 mai 2022. Elle célèbre sa décennie en maintenant son cap artistique de tolérance émancipatrice. Au menu, cinéma, musique, art, performance le tout orienté sur les genres et les sexualités. « Comme notre manifeste le dit, la sexualité concerne tout le monde, les jeunes, les réacs et les LGBTQIA+ », souligne Valentina D’Avenia, directrice de la Fête du Slip. Lors de l’arrivée des subventions, la question de la liberté totale s’est posée. « Nous ne montrons pas tout et n’importe quoi, il y a un bon nombre de demandes d’autorisation. Nous avons encore de la pornographie alternative, mais il y a aujourd’hui moins de choses explicites. Et puis, surtout, les artistes n’ont pas toujours envie de reprendre l’injonction de se montrer, et les questions de soin, de santé mentale, de bien-être et d’amour montent plus volontiers à la surface », explique-t-elle à Boris Senff du journal 24heures.

Valentina D’Avenia, directrice du Festival du Slip, à l’Arsenic, un des lieux névralgiques de la Fête du Slip. (Crédits : Odile Meylan/24 heures)

Les plus gros changements concernent surtout l’évolution du langage et du vocabulaire. « Les textes d’il y a dix ans ne seraient plus formulés de la même façon. L’écriture inclusive n’est plus négociable. Au début, tout était écrit au masculin ! »

Romuald Pena

Journaliste et curieux de nature, j’aime les mots et ce qu’ils chantent aux oreilles qui les entendent. « La vérité, c’est qu’il n’y a pas de vérité », assurait Pablo Neruda. Ainsi j’apporte des faits, des faits, encore et toujours des faits, car : « Nous ne pouvons être condamnés à pire, à juger les autres, à être des juges. » (Le Testament d’Orphée, de Jean Cocteau)

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