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  • De l’enseignement scolaire à l’éducation sexuelle

    De l’enseignement scolaire à l’éducation sexuelle

    Un sujet à prendre avec des pincettes : l’éducation sexuelle au sein de l’école. Sur les réseaux sociaux, nombreuses affirmations sont relayées. Celle qui fait grand bruit est la loi « Evras » en septembre 2023. Or depuis le mois de mars 2024, le rapport du Conseil Supérieur des Programmes (CSP) est disponible. Sur 65 pages, l’éducation à la sexualité le conseil parle de l’école élémentaire jusqu’au lycée. Est-ce le rôle de l’école d’éduquer les enfants sur la sexualité ? Pourquoi ne pas enseigner le respect des enfants aux adultes ?

    « C’est la famille qui éduque, l’école instruit normalement », martèle la psychologue clinicienne, Marie-Estelle Dupont lors d’une émission sur Cnews. Le ministère de l’Éducation nationale se nomme ainsi depuis 1932, un siècle avant, il est le ministère de l’Instruction publique.

    Éducation ou enseignement, parents ou professeurs

    L’enseignement est la transmission d’un savoir, une discipline, une science, un art. L’éducation est l’action d’élever, de former, d’instruire une personne (enfant, adolescent, adulte), en cultivant ses qualités physiques, intellectuelles et morales. Les deux définitions de l’Académie française semblent proches. L’éducation et l’instruction sont deux concepts étroitement liés. Pour autant, ils sont distincts dans le champ de la pédagogie et philosophie de l’éducation.

    L’instruction se réfère à l’acquisition de connaissances et de compétences spécifiques. C’est la transmission d’informations et de savoirs académiques. Elle est mesurable par des évaluations ou des examens qui attestent du niveau de connaissance atteint par l’individu.

    En revanche, l’éducation va au-delà. Elle s’intéresse au développement intégral de la personne, ici l’enfant. Cela concerne les valeurs, les croyances, l’éthique, des compétences sociales et émotionnelles.

    Ce qui va jusqu’à la capacité à vivre en société. L’éducation vise à former non seulement un esprit savant, mais aussi un citoyen responsable, autonome et éclairé, capable de réflexion critique et d’empathie. (Crédits : Thomas G./Pixabay)


    Pour une enfant, ses parents sont les piliers biologiques, légaux et sociétaux. Qu’ils soient géniteurs ou adoptants, ils assument un rôle significatif dans l’éducation et le soutien de l’enfant. Ils contribuent à son développement et à son éducation. « On devrait avoir une instruction en biologie et en éducation civique, pas une éducation à la sexualité en maternelle ou en primaire », appuie Marie-Estelle Dupont.

    L’éducation à la sexualité des enfants

    L’éducation à la sexualité (EAS) se base sur le Code de l’éducation depuis la loi n° 2001-588 du 4 juillet 2001. La circulaire n° 2018-111 du 12 septembre 2018 vient renforcer le système. Le rapport publié le 5 mars 2024 est la base de la prochaine étape connue au mois de mai 2024, sans doute une proposition de loi. La première étape de l’éducation sexuelle s’effectue, il y a 51 ans. La rentrée 1973 se fait avec la « circulaire Fontanet ». Elle institue l’information sexuelle dans le secondaire, au collège et au lycée.

    Comme le raconte l’institut national de l’audiovisuel (INA), les premiers cours sur la sexualité datent d’un demi-siècle. C’est au corps enseignant d’aborder ces questions. Par exemple la reproduction des êtres vivants, la prévention des violences sexistes et sexuelles. Quant à l’égalité entre les filles et les garçons, une mention de droits et de devoirs mérite d’être ajoutée.

    Dès 2001, les premiers cours sont distillés. Ce qui peut-être choquant est que les élèves de primaire sont loin de réfléchir aux problèmes d’adultes ou d’adolescents. À quoi cela sert-il qu’un enfant de trois ans sache identifier un pénis et des testicules plus qu’un « zizi », et une vulve et un vagin en place d’une « zézette » ?
    À « développer le vocabulaire du soin et de l’hygiène » (Page 10) indique le rapport. Est-ce vraiment nécessaire ? (Crédits : fancycrave1/Pixabay)


    Maurice Berger, pédopsychiatre, et Sophie Audugé porte-parole de SOS Éducation affirment dans l’article « Éducation à la sexualité: et si on laissait les enfants tranquilles? » paru dans Le Figaro que « nommer n’empêchera pas un adulte […] d’avoir recours à des procédés de séduction, de violence ou de chantage ». En maternelle, des enfants de trois à six ans devront faire leurs cahiers de vie pour comprendre sa propre histoire. Alors que la plupart ne savent ni lire ni écrire. (Page 16). En CM1 et CM2 (cours moyen), l’enfant devra « prendre conscience des changements […] liés à la puberté et des effets produits ». Donc des enfants âgés de 9 à 10 ans vont entendre des explications sur l’érection, la pénétration, l’éjaculation, la menstruation… jusqu’à la jouissance sexuelle.

    Mais pour quoi faire ?

    « L’éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité contribue notamment à la prévention des violences sexistes ou sexuelles. Elle sensibilise les élèves aux formes de harcèlement ou d’emprise pouvant leur être associées », expliquent les rapporteurs en page quatre. La circulaire du 12 septembre 2018 mentionne trois séances annuelles pour contribuer à l’apprentissage du respect dû au corps humain.

    En page 44 et 60 le terme pornographie est abordé. « La pornographie représente des actes sexuels fragmentés […] et dépourvus de toute dimension affective ou sentimentale ». Nikita Belluci évoque la performance dans les films pornographiques. Les films X sont des fictions. Ils ne sont pas une image à l’éducation, ni pour les hommes, ni pour les femmes.

    « Si tu veux un reportage animalier, ça prend deux heures, le temps que tout le monde fasse ce qu’il a à faire », relate l’actrice.

    Le bien-fondé du rapport est de protéger les enfants, les adolescents de la perversion des adultes. Ainsi identifier ce qui est interdit, ce qui est autorisé, le consentement, les conduites à tenir, les contraceptions, les MST, l’IVG (page 56, 60)… et pouvoir dire non.

    (Crédits : Pablo Valerio/Pixabay)


    Il indique le fait d’avoir le choix entre dire « oui » et dire « non ». La prise de conscience de mots et de gestes déplacés, de violence qui abuse de « l’intégrité personnelle et corporelle » (Page 26). Afin d’aider à « comprendre qu’il existe un droit au respect de son corps de la part de toute personne (jeune, adulte, familière ou non-familière. » Il ne reste plus qu’à attendre le mois de mai pour connaître la suite. Ne faut-il pas laisser les enfants profiter de leurs innocences d’enfants, et éduquer les adultes, tout simplement ?

  • La Cour pénale internationale, késako ?

    La Cour pénale internationale, késako ?

    Souvent citée, régulièrement attaquée, la Cour pénale internationale (CPI) n’est entrée en vigueur que depuis le 1er juillet 2002, grâce au Statut de Rome. Celui-ci est ratifié lors d’une conférence plénipotentiaire des Nations unies du 15 juin au 17 juillet 1998. Il définit les crimes internationaux sur lesquels elle a un pouvoir juridictionnel. Ils sont les crimes de génocide, les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité et les crimes d’agression. Cependant la elle ne peut avoir compétence sur des crimes que si le Conseil de sécurité des Nations unies le lui permet.

    Cette Cour prend naissance au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Les premières pierres sont posées le 21 décembre 1947 par la résolution 180 (II) de l’Assemblée générale. C’est le 9 décembre 1948 que les Nations Unies reconnaissaient que « le crime de génocide est un crime international qui comporte des responsabilités d’ordre national et international pour les individus et pour les États ». La Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide du 9 décembre 1948 se rédige en 19 articles. Elle est complémentaire des juridictions pénales nationales. Elle peut exercer sa compétence pour les crimes le plus graves ayant une portée internationale. Elle ne peut, à l’heure actuelle, attenter enquêtes ou procès pour des faits antérieurs à sa création.

    Les crimes relevant de la compétence de la Cour

    Dans l’article 5 du Statut de Rome, il est définit que la Cour dans sa compétence est limitée aux « crimes les plus graves qui touchent l’ensemble de la communauté internationale ». Elle a donc compétence à l’égard des crimes suivants :

    • Le crime de génocide ;
    • Les crimes contre l’humanité ;
    • Les crimes de guerre ;
    • Le crime d’agression.
    La CPI ne juge pas les personnes tant qu’elles ne sont pas présentes dans la salle d’audience. (Crédits : CPI)

    Ainsi dans les crimes de génocides, est considéré tout acte commis dans l’intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux. Sont considérés crimes de génocides :

    • Meurtre de membres du groupe ;
    • Atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale de membres du groupe ;
    • Soumission intentionnelle du groupe à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle ;
    • Mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe ;
    • Transfert forcé d’enfants du groupe à un autre groupe.

    Concernant les Crimes contre l’humanité, il est cité le meurtre, l’extermination, la réduction en esclavage, le viol, l’esclavage sexuel, la prostitution forcée […] grossesse forcée. Mais aussi la persécution […] pour des motifs d’ordre politique, racial, national, ethnique, culturel, religieux ou sexiste. Et encore les disparitions forcées de personnes, crime d’apartheid…

    Ruines de l’hôtel Al-Uruba, à Mogadiscio, en Somalie. Elles sont les traces de deux décennies de guerre civile, (Crédits : Tobin Jones/ONU).

    Les limites de la Cour

    Le 17 mars 2023, la Chambre préliminaire II de la CPI délivrait deux mandats d’arrêt à l’encontre de Vladimir Vladimirovitch Poutine, Président de la Fédération de Russie et Maria Alekseïevna Lvova-Belova, Commissaire aux droits des enfants. Selon la Cour, ils seraient responsables du crime de guerre de déportation illégale de population (enfants) et du crime de guerre de transfert illégal de population (enfants). Mais ils ne peuvent être jugés que s’ils sont présents devant la Cour. Pas de possibilité d’être jugé par contumace.

    Néanmoins, la question devient juridique. Si les mandats s’appliquent aux pays ayant ratifié le traité de Rome, que se passerait-il pour les ressortissants des pays n’étant pas sur la liste ?

    Quels sont les pays qui reconnaissent la Cour pénale internationale ? Certains États n’ont ni signé ni ratifié le Statut de Rome. Ils sont par exemple la Chine, l’Arabie Saoudite, l’Inde, l’Indonésie, la Turquie, l’Iran, quand d’autres se retirent tels le Burundi et les Philippines. Ce dernier fait l’objet d’une enquête en cours. (Crédits : Statista)

    C’est le cas de la Russie et de l’Ukraine, tout comme le Cameroun, la Chine ou encore les États-Unis. La Cour pénale internationale ne peut enquêter donc qu’auprès des pays ayant ratifié le Traité. Les guerres de l’ex-Yougoslavie, le génocide du Rwanda ont conduit logiquement à l’établissement sous égide onusienne, en 1993, du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY), puis en 1994 de celui pour le Rwanda (TPIR), a été suivi, en 1998, par l’adoption du statut de la Cour pénale internationale (CPI). « La Cour pénale internationale, en tant que juridiction permanente et potentiellement universelle, pourrait à terme assurer des poursuites systématiques pour les pires crimes. Toutefois, son statut entérine le rôle discrétionnaire que le Conseil de sécurité peut jouer en bloquant toute procédure pour une durée de six mois renouvelable indéfiniment », écrit Cécile Aptel, selon l’article16 du Statut de Rome..1

    1. « Justice pénale internationale : entre raison d’État et État de droit » de Cécile Aptel. Dans Revue internationale et stratégique 2007/3 (N°67), pages 71 à 80 ↩︎
  • Mahsa Amini, 22 ans morte pour un voile

    Mahsa Amini, 22 ans morte pour un voile

    Depuis la mort le 16 septembre 2022 de Mahsa Amini dans un hôpital à Téhéran, l’Iran s’est embrasé. La jeune femme de 22 ans avait été arrêtée par la police des mœurs pour non-respect du code vestimentaire. Toutes les couches de la population sont touchées. Le pouvoir est octroyé bon gré mal gré aux hommes, qui plus est religieux. Depuis 1983, la loi n’a cessé de se durcir jusqu’au décret du 15 août 2022 exposant les femmes à des punitions encore plus sévères.

    Elle pourrait être ma sœur, votre nièce, votre fille, votre voisine, votre amie, votre copine, votre compagne, ou tout simplement l’inconnue croisée au détour d’une rue… Mahsa Amini est morte à l’âge où commence la vie, morte à 22 ans pour ne pas voir « correctement » portée un voile, un hijab selon la loi en vigueur en République islamique d’Iran décrétée par le guide suprême et le président actuel.

    La police des mœurs, qui l’a accusée d’avoir enfreint la loi obligeant les femmes à se couvrir les cheveux avec un hijab et les bras et les jambes avec des vêtements amples. Elle s’est effondrée après avoir été emmenée dans un centre de détention pour y être « éduquée ». Le voile symbole préhistorique du régime abusif des mollahs (Crédits : DR)

    Mahsa Amini, était une Iranienne d’origine kurde de 22 ans, née à Saqqaz, dans le nord-ouest de l’Iran. Selon différentes sources, elle avait récemment été acceptée à l’université d’Urmia. Ce voyage familial à Téhéran était censé être ses dernières vacances avant le début de l’année scolaire. « Mahsa voulait étudier la microbiologie pour devenir médecin », selon le site de la BBC. Un rêve selon les déclarations de la famille à la BBC, un rêve qui ne se réalisera jamais.

    L’image date d’un autre temps, en 1977 à l’université de Téhéran. « Ils ont essayé d’empêcher les femmes d’aller à l’université, mais il y a eu un tel retour de bâton qu’ils ont dû les autoriser à revenir », explique la baronne Haleh Afshar, qui a grandi en Iran dans les années 1960. (Crédits : A. Abbas/Magnum Photos)

    Elle fut arrêtée, le 13 septembre 2022 par l’unité de police en charge du code vestimentaire strict de la République islamique pour les femmes en Iran. Les patrouilles « Al-Irshad » de cette police, connues sous le nom de « Gashti Irshad », sont chargées de « veiller au respect de la morale islamique et de détenir les femmes considérées comme portant des vêtements inappropriés ».

    La photo d’un salon de coiffure en 1977 à Téhéran parait être de la science-fiction. Aujourd’hui les femmes qui sur les différents réseaux sociaux se coupent les cheveux, sortent la tête nue pour dénoncer l’étouffement progressif des femmes depuis 1979. Elles revendiquent leurs libertés de mouvement, de vivre tout simplement. (Crédits : A. Abbas/Magnum Photos)

    Le pays est dirigé par Ali Hossaini Khamenei, dit Ali Khamenei. Il est exercé la profession de religieux dans un pays gouverné par la religion. Il est le guide suprême et occupe des fonctions qui lui confèrent des pouvoirs au-dessus du président. La comparaison pourrait s’effectuer entre la Première ministre, Élisabeth Borne, et le président de la République française, Emmanuel Macron. L’une applique la volonté politique de l’autre.

    Mais qui est le guide suprême Ali Khamenei ?

    Il est né en avril 1939 à Mechhed. Sa loyauté envers le leader religieux, l’ayatollah Khomeiny, lui aurait valu six séjours dans les prisons du schah au cours desquels il aurait été victime de torture. En 1981, Ali Khamenei devient célèbre malgré lui. Il survit à un attentat à la bombe organisé par les Moujahidines du peuple. Une bombe était cachée dans un magnétoscope. Blessé, il en perd l’usage de sa main droite. Quelques mois plus tard, le 13 octobre 1981 il devient le troisième président de la nouvelle République islamique d’Iran jusqu’au 3 août 1989. Depuis le 4 juin 1989, il occupe la fonction de guide suprême. Il décide de tout, nomme, évince, dirige.

    Il y eut un avant et un après de la révolution islamique. Sous couvert de religion, les libertés se sont amoindries, pour les femmes. Les pouvoirs en place accuseront l’occident d’avoir fomenté l’opération Olympics Games pour contrer l’enrichissement d’uranium iranien. (Crédits : DR)

    La loi se durcit depuis l’arrivée au pouvoir des religieux et de la révolution islamique de 1979. En 1983, les personnes se sexe féminin sont contraintes, dès l’âge de 7 ans à porter le Hijab. Elles encouraient, quel que soit l’âge des peines pouvant aller de la prison aux coups de fouet. Depuis le 5 juillet 2022, elles doivent couvrir l’ensemble des épaules en plus des cheveux et du cou. Depuis le décret du 15 août, signé le lendemain par le président Ebrahim Raîssi, les sanctions plus sévères sont prononcées en cas de non-respect.

    Si les tensions sont visibles en Iran et ne cessent chaque jour d’augmenter et de gagner du terrain, elles sont tout aussi violentes chez le voisin irakien. Le retrait de la vie politique du leader chiite Moqtada al-Sadr ce lundi 29 août 2022 a provoqué des affrontements meurtriers à Bagdad. Les autorités dénombrent 30 morts 600 blessés. (Crédits : AFP)

    Selon l’enquête de la police, Mahsa Amini aurait souffert d’un arrêt cardiaque soudain. Au site internet IranWire, le frère de la victime à déclaré qu’il attendait sa sœur à l’extérieur du commissariat, a vu une ambulance en sortir et l’emmener à l’hôpital. Il dit avoir été informé qu’elle avait fait une attaque cardiaque et cérébrale et qu’elle était dans le coma. « Il ne s’est déroulé que deux heures entre son arrestation et son transfert à l’hôpital, a-t-il déclaré, annonçant son intention de porter plainte. Je n’ai rien à perdre. Je ne laisserai pas les choses ainsi sans protester. » La police a nié qu’elle ait été maltraitée, sa famille a déclaré qu’elle était en bonne santé. Selon l’Académie de médecine française les causes d’un arrêt cardiaque sont triples :

    • cardiaques (infarctus du myocarde)
    • broncho-pulmonaire (embolie pulmonaire, obstruction des voies aériennes par corps étranger, strangulation, œdème aigu ou noyade)
    • nerveuse (réflexe vasovagal), hypoxie exogène

    La Haute Commissaire de l’ONU aux droits humains par intérim, Nada al-Nashif, a exprimé « son inquiétude face à la réaction violente des forces de sécurité aux manifestations », et réclamé une enquête « impartiale » et « indépendante ». En marge de l’assemblée générale de l’ONU à New York, le président français Emmanuel Macron a déclaré, après un entretien avec le président iranien Ebrahim Raïssi, avoir « insisté sur le respect des droits des femmes » en Iran.

  • La Guerre, késako ? (dernière partie)

    La Guerre, késako ? (dernière partie)

    En Europe, et qui plus est en France il n’apparaît y avoir qu’une seule actualité depuis deux mois, hormis l’élection présidentielle et les législatives à venir. L’information est le déroulement de la catastrophique « guerre » qui se tient présentement entre la Russie et l’Ukraine. Les Français comme tous les citoyens européens semblent découvrir, à travers écrans interposés des faits et récits qui divergent selon les intervenants, les lieux de débats et le politiquement correct… les médias nous content ce conflit, mais est-ce l’unique sur Terre ?

    Quel que soit le conflit, il est, et sera toujours regrettable de se rendre compte des atrocités que l’Homo Sapiens Sapiens est capable de commettre, ce sur les cinq continents, tant sur les morts, mutilés, tragédies humanitaire, victimes des bassesses de l’être humain. Si la communication est partie entière de la stratégie, que nous rencontrons avec l’affrontement situé sur le sol européen, elle est déjà traitée dans le précédent volet. Savez-vous, ou pouvez-vous imaginer le nombre de conflits qui se déroulent actuellement sur notre belle planète, qui est bleue comme une orange ? Pourquoi parle-t-on plus de celui-ci que des multiples autres ?

    Les pays où des affrontements armés impliquant des forces étatiques comme des groupes rebelles sont en cours. (Crédits : Statistica)

    Pour saisir la liste non exhaustive des conflits, guerre qui se sont déroulée hier, qui nous préoccupent aujourd’hui et nous terrifierons demain, il est nécessaire de porter un intérêt à la géopolitique. Ce terme qui peut être abscons, barbare est issu du grec gễ signifiant terre et de politikḗ pour politique. Elle est l’étude des rapports qui existent entre les données physiques, en particulier géographiques, et la politique des États. Plus simplement comment « ménager la chèvre et le chou ». C’est une méthode d’analyse de la politique étrangère pour comprendre, expliquer et prédire le comportement politique international à travers les variables dites géographiques. Maintenant, prenez comme paramètres d’ajustement des recherches sur le climat, la topographie, la démographie et les ressources naturelles.

    Au jeu d’échecs, les pièces les plus insignifiantes possèdent une importance capitale. Roi et pion contre roi seul est une des finales élémentaires du jeu d’échecs.
    « Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage », donne la fable du Lion et du rat de Jean de la Fontaine. (Crédits : Antoine-Louis de Prémonville/Revue Conflits)

    La carte ci-dessus est extraite de l’article d’Antoine-Louis de Prémonville, écrit dans la revue Conflits, dont le titre est « La Nouvelle-Calédonie, un atout stratégique méconnu dans le Pacifique ». L’homme est diplômé des facultés de droit, sciences politiques et langues de l’université Jean Moulin-Lyon III. Titulaire d’un doctorat ès lettre, langues, linguistiques et arts. Il est officier de l’armée de terre, issu du 4e bataillon de l’École spéciale militaire de Saint-Cyr.

    Ainsi, il est facile de comprendre, ou du moins dans saisir la moelle, que le territoire du bout du monde qu’est la Nouvelle-Calédonie, revêt une importance géopolitique. « Avec l’exacerbation des tensions liées à la rivalité économique sino-américaine et à la question de la souveraineté de Taiwan, le Pacifique est devenu le théâtre de confrontations à fleurets plus ou moins mouchetés entre les puissances. Le déplacement de l’arc des crises potentielles constitue indéniablement un défi pour la France », écrivait-il le 13 décembre 2021.

    Des garçons marchent dans la vieille ville de Benghazi, en Libye. (Crédits : Giles Clarke/Unocha)

    Les conflits

    Si l’en est un qui est devenu si banal aux différents journaux télévisés, c’est bien le conflit armé birman qui commença en 1948, il y a 74 ans. En lisant Aung San Suu Kyi, lauréate du prix Nobel de la paix en 1991, vos souvenirs remontent. Seize années plus tard, c’est en Colombie que la poudre faisait chanter les armes. Les FARC retirées de la liste des organisations terroristes aux États-Unis en 2021, le pays de l’Oncle Sam était le soutien de l’armée colombienne contre les FARC. L’accord de paix de 2016 a mis fin à plus de cinq décennies d’un conflit armé qui a fait plus de 260 000 morts et des millions de déplacés. Il y a 49 ans, commençait la révolte Oromo en Éthiopie.

    DébutGuerre-ConflitLieuNombre de victimes estimées
    1948Conflit armé birmanBirmanie150 000 à 210 000
    1964Conflit armé colombienColombie Venezuela262 197
    1973Révolte OromoÉthiopie1500 à 8900
    1978Conflit armé afghanAfghanistan1 450 000 et 2 084 468
    1991Guerre civile somalienneSomalie Kenya550 000
    1996Insurrection de l’ADFRépublique démocratique du Congo
    Ouganda
    10 000 à 15 000
    1998Conflit ethniqueNigeriaplus de 70 000
    1999Conflit armé d’itirubiRépublique démocratique du Congo60 000
    2002Insurrection au MaghrebAlgérie, Bénin, Burkina Faso, Lybie
    Mali, Niger, Tchad, Togo, Tunisie
    plus de 25 000
    2003Conflit armé irakienIrakplus de 1 000 000
    Les estimations comprennent les pertes civiles et militaires, de la même manière que les décès indirects dus à la famine attachée au conflit, maladies et perturbations liées aux conflits, ainsi que les morts violentes. (Crédits : Political economy research institute/University of Massachusetts/ACLED/UN)

    L’Afghanistan, magnifique pays, théâtre d’affrontement meurtrier depuis plus de quatre décennies en cinq actes. La première partie oppose, entre 1979 et 1989, les moudjahids, soutenus par les États-Unis, le Royaume-Uni et des pays de majorité musulmane au régime communiste afghan, soutenu par l’URSS. Cette guerre aboutit à la chute du mur de Berlin (1989), de l’URSS (1991) et du régime communiste en 1992. Puis, l’Alliance du Nord, groupe armé musulman afghan, dirigé par le commandant Massoud, échoue face à la prise de pouvoir des taliban en 1996. La guerre se poursuit entre les deux groupes jusqu’au 11 septembre 2001, date à laquelle sont perpétrés les attentats terroristes du World Trade Center.

    Jeunes filles et leur famille déplacées par la violence à Kandahar, Afghanistan (Crédits : Charlotte Cans/Unocha)

    Pour contrer ce fléau, la guerre reprend, menée par une coalition occidentale et l’Alliance du Nord contre les talibans, mais se solde par un retrait des troupes américaines en août 2021 laissant la capitale, Kaboul, aux mains du régime taliban. Les droits n’existent plus sur cette terre. En juin 2021 « on comptait 5 183 personnes tuées ou blessées depuis le début de l’année parmi la population civile, dont 2 409 femmes et enfants. Plus des deux tiers (68 %) de ces victimes étaient imputables aux talibans et à d’autres acteurs non étatiques et 25 % aux Forces nationales afghanes de défense et de sécurité (FNADS) et aux autres forces pro-gouvernementales », relate le rapport d’Amnesty International.

    2003Guerre du DarfourSoudanplus de 300 000
    2004Guerre du KivuRépublique démocratique du Congo
    Rwanda, Burundi
    de 607 000 à 6 000 000
    2006Guerre du trafic de drogueMexiquede 230 000 à 350 000
    2009Insurrection de Boko HaramNigeria, Cameroun, Tchad, Niger358 000
    2011Guerre YéméniteYémen, Arabie Saoudite
    Émirats Arabes Unis
    377 000
    2011Guerre civile syrienneSyriede 350 209 à 606 000
    2011Guerre civile Soudan du SudSoudan du Sudplus de 380 000
    2012Guerre du MaliMaliplus de15 000
    2014Conflit russo-ukrainienRussie, Ukraineplus de 25 000
    2017insurrection djihadiste au MozambiqueMozambique, Tanzanie5 000
    2020Guerre du TigreÉthiopie, Érythrée, Soudande 300 000 à 500 000
    DébutGuerre-ConflitLieuNombre de victimes estimées
    Le crime de guerre a été défini pour la première fois en 1945 par le tribunal de Nuremberg chargé de juger les criminels nazis, le Statut de Rome de la Cour pénale internationale (CPI) les détaille dans son article 8. Comme tout crime pour être jugé, il faut des preuves irréfutables. (Crédits : Political economy research institute/University of Massachusetts/ACLED/UN)

    Pourquoi ce conflit occupe-t-il autant les médias ?

    C’est une excellente question. Il est a supposé qu’il se déroule sur la partie EST du continent européen, et que les habitants de la zone la plus large se sentent plus concernés, car il est à leur porte. De plus, chaque année, peut-on entendre que c’est la plus grande période sans guerre en Europe, de la part des dirigeants. Mais jean de la Fontaine, dans la fable le Corbeau et le Renard, tenait une réponse « Mon bon monsieur, apprenez que tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute », soufflait le renard au corbeau.

    Le nombre de veto utilisés par les membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU depuis 1946. La Russie a opposé le sien à une résolution pour condamner « l’agression russe ». Le texte avait été co-rédigé par les États-Unis et l’Albanie, onze pays, dont la France, ont voté en faveur, la Chine, l’Inde et les Émirats arabes unis se sont abstenus. (Crédits : DR)

    Mais également, que la mémoire des individus est sélective, et que lorsque l’action se passe à plus de 50 kilomètres, elle est trop loin pour être impacté. Rappelez-vous du conflit basque 1959-2011 (1300 tués), conflit nord-irlandais 1968-1998 (3526 tués), la guerre en ex-Yougoslavie 1991-1999 (103 000 tués)… Aux portes de l’Ukraine, le conflit entre la Roumanie et la Moldavie du 2 mars au 21 juillet 1992 génère plus de 3 500 morts. La guerre en Tchétchénie causa entre 100 000 à 300 000 morts civils sur quasiment dix années de conflits. Comme les prémices du conflit qui nous occupe commencèrent en 2014, durant la révolte du 18 au 23 février. Elle met en opposition des forces pro-européennes et nationalistes ukrainiens, contre le gouvernement ukrainien (jusqu’à a sa chute) et des prorusses. Ce qui engendra l’annexion de la Crimée par la Russie, puis la guerre du Donbass qui fait suite aux cinq jours de février 2014. Le conflit oppose les Ukrainiens prorusses aux forces armées de l’Ukraine.

    Dix mois après la prise d’armes par la guérilla des FARC qui a détruit près de 250 maisons et fait 5 morts parmi les policiers et 18 parmi les civils, la population, avec le soutien du gouvernement d’Antioquia, a organisé une marche de briques pour reconstruire son village. Grenade, octobre 2001. (Crédits : Jesús Abad Colorado)

    « Maintenant nous avons besoin de décisions du Conseil de sécurité pour la paix en Ukraine. Si vous ne savez pas comment prendre cette décision, vous pouvez faire deux choses. Soit exclure la Russie en tant qu’agresseur et à l’origine de la guerre afin qu’elle ne bloque pas les décisions relatives à sa propre agression. Puis faire tout ce que nous pouvons pour mettre en place la paix. Ou l’autre option est de montrer que nous pouvons nous réformer ou changer (…). S’il n’y a pas d’alternative, la prochaine option serait de carrément vous dissoudre », a soutenu Volodymyr Zelensky. Pour qu’une résolution, quelle qu’elle soit, adopté il est nécessaire d’obtenir l’acceptation des cinq membres permanents de l’ONU, que sont la Chine, la Russie, les États-Unis, le Royaume-Uni et la France. Ce qui est humainement étrange est de voir des personnes qui soutiennent Volodymyr Zelensky et d’autre Vladimir Poutine, comme chaque spectateur le ferait pour son candidat privilégié d’un télé-crochet, mais que savez-vous de l’histoire de ce pays ?

    Il est alors préférable de saisir le contexte géopolitique, l’histoire des pays, de leurs voisins, de leurs constructions, de leurs présidents… mais prendre en considération un fait, que dans un conflit, il n’existe pas de bon ou de méchant comme dans les contes enfantins, mais au minimum deux belligérants.

  • Il y a cent ans… 23 soldats mourraient pour la paix

    Il y a cent ans… 23 soldats mourraient pour la paix

    Un drame se déroulait à la conférence de Gênes, tout juste ouverte. Les accords dits de Gênes de mai 1922 sont issus du sommet qui s’est tenu en Italie du 10 avril au 19 mai 1922. Elle regroupait des représentants de 34 pays avec le but de rétablir l’ordre monétaire mondial, désorganisé par la Première Guerre mondiale. Cette conférence a eu lieu à l’initiative du Royaume-Uni et a réuni tous les États ayant participé au conflit sauf les États-Unis.

    La grandissime Conférence, comme d’aucuns l’intitulent, vient d’avoir un effroyable prélude, soulignait le journaliste de L’Écho d’Alger, le 11 avril 1922. Une déflagration tuait 23 officiers et soldats français, et en blessait dix grièvement. « La préméditation est surabondamment prouvée évidente : l’examen des lieux de l’explosion a permis de rétablir les conditions précises du guet-apens […] », écrivait Guy de Saint-Clair. Les militaires montaient la garde pour le compte de la Société des Nations, afin d’assurer la paix en Europe au sortir de la Grande Guerre.

    La livre sterling, au centre de la stabilité monétaire internationale, était directement affectée par les tractations. Pour pallier ces difficultés, le retour de l’étalon-or se proposait. Mais le Royaume-Uni s’y opposa, la conférence mit en place un système d’étalon de change-or. (Crédits : Agence Rol/BnF Gallica)

    Les rancœurs étaient tenaces, mais une lettre retenait toute l’attention, celle du pape Pie XI. Adressé à l’archevêque de la ville italienne, le geste était salué par la presse comme d’une fine habileté. Car dans une Europe, où la France venait de distinguer l’État de l’Église, la religion catholique était prégnante. La promulgation, le 9 décembre 1905, de la loi concernant la séparation des Églises et de l’État est « l’aboutissement d’un long processus de laïcisation et de sécularisation engagé depuis la Révolution française. »

    Concours d’Ego

    Le souverain pontife rappelait ainsi qu’en qualité de défenseur à la fois de la paix et du droit des peuples, il avait sa place autour de la table. Par ce coup politique, malgré son absence physique, il serait dans toutes les mémoires. Dans tout processus incorporant de nombreux représentants, chacun veut apporter son propos telle une pierre à l’édifice. Hormis les questions de procédure, la réunion préparatoire ne fut qu’une chaise musicale des discours. La délégation française souhaita que le président italien, Luigi Facta prenne seul la parole.

    Les délégués russes en terrasse lors de la conférence de Gênes, non loin du palais San-Giorgio où se déroulaient les débats. Vladimir Lénine, après la Révolution d’Octobre, refusait de se considérer obligé par lesdits « emprunts russes », car il ne les avait pas contractés, soit quelque 12 milliards de francs à 1,6 million de Français. (Crédits : Agence Rol/BnF Gallica)

    Mais c’était sans compter le britannique David Lloyd Georges qui en qualité de promoteur de la conférence, eu le dernier mot. Puis Louis Barthou, Walther Rathenau, Gueorgui Tchitchérine, des représentants de la Petite Entente se firent entendre. Des dissonances d’exclure les États de l’Europe Centrale comme les pays baltes, furent rapidement tues. Il y eut donc quatre commissions de 40 délégués chacune, puis quatre commissions divisées en quatre sous-commissions de dix. « […] attendons la suite, c’est-à-dire l’inauguration de cette solennelle Conférence qui s’annonce sous de biens singuliers auspices », concluait Guy de Saint-Clair.

  • La Guerre, késako ? (1re partie)

    La Guerre, késako ? (1re partie)

    Le conflit qui oppose la Russie et l’Ukraine est partie prenante de nos vies, que nous soyons indifférents, partisans d’un pays ou de l’autre, tout un chacun possède une conviction, un ressenti. Mais qu’est-ce que c’est une guerre ? La population journalistique, ainsi que les invitées des programmes télévisuels, radiophoniques, et écrits, émettent leurs opinions sur l’atrocité de la Guerre. Alors Vladimir Poutine serait le méchant, et Volodymyr Zelensky le gentil, mais est-ce aussi simple ? Existent-ils d’autres conflits ou guerres sur Terre ?

    Débutons par le plus facile, la définition du terme en langue française. La guerre est selon Le Larousse une « lutte armée entre États. La guerre entraîne l’application de règles particulières dans l’ensemble des rapports mutuels entre États ; elle commence par une déclaration de guerre ou un ultimatum et se termine par un armistice et, en principe, par un traité de paix qui met fin à l’état de guerre. » Comme souvent, une action est rythmée et codifiée par le droit international.

    « Si vis pacem, para bellum » est une locution latine, qui se traduit par « Si tu veux la paix, prépare la guerre ». Elle représente le concept de paix armée. (Crédits : Amber Clay /Pixabay)

    La guerre est une querelle qui prend des proportions démesurées, elle existe par conséquent depuis que la planète Terre compte à minima deux individus. C’est un moyen de régler un différend, quand la méthode pacifique échoue. « La guerre en Ukraine nous horrifie tout particulièrement parce qu’elle est aux portes de l’Union européenne. » Ce qui n’est donc pas le cas des conflits ou guerres à travers le globe terrestre. Car l’Europe ne connaît plus la guerre, dite classique, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, en 1945. Elle fut réveillée brutalement le 24 février 2022 par l’invasion directe d’un État, l’Ukraine par un autre État, la Russie.

    Guerre et paix

    Le vieux continent se targuait, il y a encore quelques temps de ne pas connaître la guerre depuis plus de 70 ans. L’alternance de la paix et de la guerre était autrefois « normale ». Le droit de la guerre est un droit international. Il procède d’usages militaires devenus coutumes. Elles sont codifiées par des conventions négociées, signées, ratifiées par des États, réunies ou non en Organisations. « Avant 1945, les manuels de droit international avaient deux parties (comme tout livre de droit) : le droit du temps de paix, le droit du temps de guerre. Depuis la Charte des Nations Unies, succédant au Pacte de la Société des Nations, la compétence de guerre des États a été restreinte à la légitime défense (individuelle ou coalisée) face à l’agression, et, hors légitime défense, elle a été transférée au Conseil de Sécurité des Nations Unies (CSNU) », explique David Cumin, maître de conférences (HDR) à la Faculté de droit de l’Université Jean Moulin Lyon 3 à la Marina Brillié-Champaux, responsable de pôle éditorial chez Dalloz.

    La charte des Nations Unies stipule en préambule que « nous, peuples des nations unies résolues à préserver les générations futures du fléau de la guerre qui deux fois en l’espace d’une vie humaine a infligé à l’humanité d’indicibles souffrances. » (Crédits : konferenzadhs/Pixabay)

    Le CSNU est l’organe exécutif de l’Organisation des Nations unies (ONU), il ne dispose pas de forces armées. L’ONU est une organisation internationale regroupant actuellement 193 États membres. Elle a été instituée le 24 octobre 1945 par la ratification de la Charte des Nations unies signée le 26 juin 1945 par les représentants de 51 États. Elle remplace alors la Société des Nations.

    Au sein du CNSU, cinq membres permanents :

    Un État attaqué répondra militairement par l’exercice de son droit à la légitime défense, comme ses alliés. Le Conseil de sécurité des Nations Unies peut condamner et sanctionner l’État « recourant à tort à la force armée ou autoriser les États tiers volontaires à recourir à la force armée contre l’État agresseur ou ayant rompu la paix ».

    Guerre légale et illégale

    Le plus ancien texte évoquant la licéité ou non d’une guerre est le Code de Hammurabi. Ce texte juridique babylonien daté d’environ 1750 av. J.-C., reste à ce jour le plus complet des codes de lois connus de la Mésopotamie antique. En droit international, il n’y a pas de légalité au sens strict d’une guerre. Il y a des guerres licites ou illicites, en jus ad bellum et/ou en jus in bello.

    « Le droit international humanitaire a pour but d’assurer la protection des victimes de la guerre et de leurs droits fondamentaux, ce à quelque partie qu’elles appartiennent. C’est la raison pour laquelle le jus in bello doit rester indépendant du jus ad bellum », explique le comité international de la croix rouge (CICR). (Crédits : WikiImages/Pixabay)

    Le premier, Le Jus ad bellum est le droit à la guerre en latin. Il désigne l’ensemble de critères justifiant l’engagement dans une guerre. jus in bello est la façon de la faire. Le droit international autorise une entité politique à prendre les armes dans trois cas :

    • La légitime défense, lorsque cet État est victime d’une agression de la part d’un autre État (art. 51 de la Charte des Nations Unies)
    • L’assistance aux Nations Unies (art. 2, § 5 et 42 à 47), qui vise à rétablir la paix face à une menace pesant sur l’ensemble de la communauté internationale
    • La lutte armée pour la libération nationale dans le cadre du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, impliquant la lutte contre les régimes racistes.

    Les Nations Unies à travers le CSNU peuvent en théorie intervenir. Pour cela la résolution doit être adoptée par neuf voix sur quinze, sans le veto exprès de l’un des cinq membres permanents, qu’est la Russie. Le CSNU est paralysé en cas de conflit mettant aux prises l’un des membres permanents usant du veto. En jus in bello, elle est licite lorsque d’une part, elle est ordonnée par un État, une Organisation intergouvernementale compétente militairement, un MLN, une organisation armée reconnue (par le belligérant adverse, des États tiers ou le CSNU), d’autre part, « celle livrée pour la défense du pays face à une agression ou livrée avec l’autorisation du CSNU ou livrée pour l’autodétermination d’un peuple face au colonialisme ».

    « Le droit international humanitaire a pour but de limiter les souffrances causées par la guerre en assurant, autant que possible, protection et assistance aux victimes. Il traite donc de la réalité d’un conflit sans considération des motifs ou de la légalité d’un recours à la force », indique le CICR. (Crédits : Fathromi Ramdlon/Pixabay)

    Les principes généraux ont valeur coutumière. Parmi les plus importants, figure le principe de distinction des combattants et des non-combattants, des objectifs militaires et des objectifs non militaires. Il est ainsi interdit de viser délibérément les civils, mais pour autant « il n’est pas interdit de les toucher si les dommages collatéraux ne sont pas inutiles ou excessifs par rapport à l’avantage militaire direct et concret attendu », écrivent Christian Nadeau, Julie Saada dans « Guerre juste, guerre injuste ». Si des civils participent directement aux hostilités, il devient donc licite de les attaquer, comme s’ils participent indirectement ou s’ils sont suspects d’une participation, alors « il est licite de les surveiller, évacuer ou interner. » À suivre…

  • De l’Ukraine à l’Algérie

    De l’Ukraine à l’Algérie

    Le torchon brûle entre l’Algérie et le Maroc. En cause, une accusation de piratage d’un compte officiel #Twitter, celui du ministère algérien de la Justice. Tandis que le conflit armé perdure entre l’Ukraine et la Russie, la guerre de la communication fait rage. Le gouvernement algérien accable des pirates informatiques marocains d’avoir pris le contrôle de son compte officiel #Twitter « @Mjustice_gov_dz ». Le vendredi 11 mars 2022, ledit compte avait relayé des messages soutenant l’opération militaire russe en #Ukraine.

    Mais, plus encore, ces gazouillis accusaient le président ukrainien Volodymyr Zelensky de « nazisme et du meurtre de ses propres citoyens ». Le même jour, le parquet de la République enjoignait l’ouverture d’une enquête préliminaire. « Suite au piratage du compte Twitter du ministère de la Justice, vendredi 11 mars 2022 et en application des dispositions de l’article 11 du code de procédure pénale, le Parquet général de la cour d’Alger tient à informer l’opinion publique que le parquet de la République près le tribunal de Bir Mourad Rais a ordonné l’ouverture d’une enquête préliminaire pour investiguer sur cet incident. » Puis ajoutait, que ces « publications, attribuées à l’Algérie, portent atteinte à nos positions internationales »

    Il est fort à parier que l’enquête menée actuellement désignera un coupable. Il ressort des relents datant de moins d’une année, une autre enquête mondiale révélait l’affaire Pegasus. Le scandale du nom du logiciel édité par l’entreprise israélienne NSO Group, dépassait l’entendement. L’Express DZ, journal électronique algérien expliquait le 26 décembre 2020 que « le Maroc cherche à gagner sa guerre médiatique par tous les moyens. […] Mais depuis la normalisation avec Israël, il est passé à la vitesse supérieure. Désormais, il bénéficie des réseaux hyper dangereux des geeks de Tsahal. […] l’Unité 8200 a développé depuis deux décennies une expertise de très haut niveau en matière de cyberattaques. »

    Aura-t-on une révélation, sur l’affaire dite du piratage d’un compte Twitter, il faut en douter. Dans le dossier Olympics Games, tous possédaient de fortes présomptions sur l’instigateur qui seraient la NSA en collaboration avec la fameuse unité 8200 pour s’attaquer aux centrifugeuses iraniennes d’enrichissement d’uranium en 2010. (Crédits : DR)

    Dans le cadre de l’enquête, onze États ont été pointés du doigt, dont le Mexique, l’Arabie saoudite, l’Inde, l’Indonésie, les Émirats arabes unis, le Kazakhstan, l’Azerbaïdjan, le Togo, le Rwanda et le Maroc. L’Unité 8200, service d’élite du renseignement israélien et fournisseur officiel de hackers, aurait une succursale au pays du couchant lointain. Propager des fake news ou infox, désinformer, noyauter, écouter, infiltrer… sont devenues autant d’armes entre les mains des plus offrants, surtout en cas de conflits, que ce soit entre l’Ukraine et la Russie, en Syrie, au Yémen… Si l’affaire Pegasus incrimine onze États, il ne faut pas oublier que « tout le monde attaque et espionne tout le monde. » Alors le piratage du compte officiel du ministère de la Justice algérienne est-ce un nouveau ver, groupe d’opérateurs à la solde d’un gouvernement, réminiscence ou descendance de Pegasus ?

  • Les violences faites aux Femmes (1re partie)

    Les violences faites aux Femmes (1re partie)

    C’est un terme qui évoque et englobe tellement de choses, une succession de mots, qui traduisent souvent des maux. Cette locution semble appartenir qu’aux femmes. Mais quelles sont ces violences ? Lorsque le sujet est abordé, pléthore de personnes répondent de prime abord la sexualité. Est-ce vraiment que ces crimes, ou existe-t-il d’autres formes ? La violence se caractérise par la « force dont on use contre quelqu’un, contre les lois, contre la liberté publique, etc. »

    Partons d’un postulat, en 2011 naissait la petite Danica, à Manille, aux Philippines. Elle créait la liesse dans son pays, fier d’abriter la 7 milliardième locataire officielle de notre planète bleue. Selon l’Institut national d’études démographiques (INED), le nombre d’habitants sur terre était de 7 910 176 220, le 6 décembre 2021 à 11 h 51 (GMT). De plus, selon les données de l’ONU de 2019, s’il y a peu près autant de femmes que d’hommes sur Terre, ces derniers sont légèrement plus nombreux. En effet, pour cent femmes existent deux de plus, en 2020. Plus précisément encore, sur un millier de personnes, ils représentent 50,4 % (504) et par conséquent 496 sont des femmes (49,6 %).

    LieuPopulationFemmesHommesRatio Femmes/Hommes
    Finistère905 238464 799440 4391.05
    Hérault1 165 412607 643557 7691.09
    Nord2 592 1851 251 7851 340 4001.07
    Oise825 207422 127403 0801.05
    Pyrénées-Atlantiques679 354353 017326 3371.08
    Paris2 140 5261 135 6931 004 8871.13
    Vienne437 368226 590210 7781.08
    France64 812 05233 450 61331 361 4391.06
    Il y a donc plus de femmes en France que d’hommes, même si les naissances annoncent le contraire. (Source : Insee, Estimations de population 2019)

    S’il naît plus de garçons que de filles (106 garçons pour 100 filles), la mortalité y est plus forte chez la gent masculine, dans l’enfance, comme à l’âge adulte. Il faut attendre et atteindre entre 50 et 54 ans pour que l’égalité des sexes se prononce. Au-delà de cet âge, ce sont les femmes qui sont plus nombreuses, l’écart se creusant avec la maturité. Ainsi, huit centenaires sur dix sont des femmes en 2020.

    Qu’est-ce que la violence envers les femmes ?

    Cela regroupe et englobe l’ensemble des comportements violents, qui sont majoritairement perpétrés par des hommes, en individuel ou collectif, dirigés contre les femmes. Elles sont multiples et constituent une violation grave des droits humains et un obstacle majeur à la réalisation de l’égalité entre les femmes et les hommes explique la Convention d’Istanbul :

    • Mariages forcés
    • Grossesses forcées
    • Avortements forcés
    • Mutilations génitales
    • Lapidations
    • Défigurations à l’acide et autres crimes dits d’honneur
    • Esclavages
    • Agressions sexuelles
    • Violences conjugales et ordinaires
    • Violences psychologiques
    • Viols d’épuration ethnique
    • Trafic d’être humain
    • Esclavage sexuel

    La violence à l’égard des femmes exercée dans la famille et dans la société se répand partout, quels que soient le revenu, la classe sociale et la culture.

    ONU. 23 février 1994

    Il n’y a que depuis le 20 décembre 1993 et Déclaration sur l’élimination de toutes les aspects de maltraitance envers des femmes, qu’elles sont reconnues. Elle atteste d’une confirmation internationale du fait que les violences concernant la gent féminine constituent une violation des droits de l’Homme et une forme de discrimination à l’égard des femmes. L’ONU constate « avec préoccupation » que les femmes appartenant à des minorités, autochtones, réfugiées, migrantes, vivant dans des communautés rurales ou reculées, sans ressource, internées, détenues, les petites filles, handicapées, âgées et les femmes dans des zones de conflit armé, « sont particulièrement vulnérables face à la violence ».

    En France, l’État et les gouvernements, actuels comme passés, ont décidé de focaliser l’attention depuis peu sur les violences sexistes et sexuelles. (Crédits : Alexas_Fotos/Pixabay)

    Le 25 novembre 2017, le président de la République fraîchement élu, Emmanuel Macron, érigeait l’égalité entre les femmes et les hommes en grande cause du quinquennat : « Pour cela, je me suis en effet engagé à ce que la cause du quinquennat soit celle de l’égalité entre les femmes et les hommes et le premier pilier de cette cause, c’est bien la lutte pour l’élimination (complète) des violences faites aux femmes… pour que la honte change de camp… c’est une question de dignité pour notre République ».

    Qu’en est-il de l’équité des droits, des devoirs, des traitements et de la considération des deux genres de l’être humain ?

    L’Observatoire des violences

    La première information de cet observatoire date de novembre 2013, vingt années après la convention d’Istanbul. Mais le poste de secrétaire d’État à la condition féminine fut créé en 1974, sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing. La première personne à occupé ce poste est du 16 juillet 1974 au 24 août 1976 se nomma Françoise Giroud. Depuis et à grand renfort de communication, les lois, décrets diligentés par la chambre haute et basse (dont la majorité est constituée d’hommes) se targue d’avoir fait évoluer le cadre.

    En 2012, il y a eu 95 000 victimes et de tentatives de viols, dont 83 000 femmes et 13 000 hommes de 18 à 59 ans. (Crédits : Anemone123/Pixabay)

    Une évolution de ce dernier renforce la protection des victimes et la sanction des auteurs de ces violences, notamment la création d’une infraction d’outrage sexiste ou l’allongement du délai de prescription de 20 à 30 ans pour les crimes sexuels commis sur mineurs, etc. En 2012, il y a eu 95 000 victimes et de tentatives de viols. Sur ce nombre 17 % ne connaissent pas l’auteur, pour 31 % d’entre elles, l’auteur est connu, mais ne fait pas partie du ménage de la victime. Pour plus d’une sur cinq, l’auteur fait partie du ménage de la victime (au moment des faits) sans y être le conjoint, enfin l’auteur est le conjoint vivant avec la victime au moment des faits pour 31 %.

    Les démarches entreprises par les femmes victimes de viols et de tentatives de violsEffectifs%
    Nombre total de victimes83 000100
    A été vue par un médecin à la suite de cet incident24 00029
    S’est rendue au commissariat ou à la gendarmerie
    a déposé plainte
    a déposé une main courante
    24 000
    9 000
    11 000
    28
    11
    13
    A appelé un numéro vert, un service téléphonique d’aide aux victimes10 00013
    A rencontré des membres d’une association d’aide aux victimes7 0009
    A parlé de sa situation aux services sociaux9 00011
    A consulté un psychiatre, un psychologue28 00034
    N’a fait aucune des démarches citées ci-dessus38 00046
    « Pour faciliter les comparaisons, les chiffres représentés ci-dessus ont été calculés sur les femmes âgées de 18 à 59 ans et vivant en ménage dit ordinaire en métropole », indique l’étude. (Sources : Insee-ONDRP, enquêtes « Cadre de vie et sécurité » de 2010 à 2012)

    D’autres statistiques font froid dans le dos :

    Les démarches entreprises par les femmes victimes de violences conjugales physiques
    et/ou sexuelles vivant avec leur l’auteur des faits au moment de l’enquête
    Effectifs%
    Nombre de victimes habitant avec l’auteur des faits au moment de l’enquête131 000100
    A été vue par un médecin à la suite de cet incident36 00027
    S’est rendue au commissariat ou à la gendarmerie27 00020
    A appelé un numéro vert, un service téléphonique d’aide aux victimes11 0008
    A rencontré des membres d’une association d’aide aux victimes13 00010
    A parlé de sa situation aux services sociaux23 00017
    A consulté un psychiatre, un psychologue26 00020
    N’a fait aucune des démarches citées ci-dessus68 00052
    « Parce ce qu’elles atteignent la victime dans son intimité et qu’elles sont, le plus souvent, le fait de proches ; les violences conjugales et les violences sexuelles, diffèrent des autres types de violences. Cela justifie la mise en place de dispositifs spécifiques de prise en charge et d’accompagnement des victimes », explique le rapport.

    Dans cette investigation sont définies les violences physiques (gifles, coups et toutes autres violences physiques), sexuelles (attouchements et rapports sexuels non désirés et tentatives) avec le terme conjoint qui est à prendre de manière élargie. Il détermine l’ensemble de partenaires intimes (époux(se), concubin(e), pacsé(e), petit(e)-ami(e), etc.). Quant aux membres du ménage, ils sont les personnes vivant avec l’enquête au moment de l’enquête. Durant l’année 2012, 174 personnes sont décédées, victimes de leur partenaire ou ex-partenaire de vie, 148 sont des femmes et 26 des hommes.

    En 2012, une femme décédait toutes les soixante heures, victime de son compagnon ou de l’ex. Huit ans plus tard, 102 femmes on été tuées, soit une tous les 3,5 jours. Trente-six avaient subi au moins une forme de violences antérieures. (Crédits : Diana Cibotari/Pixabay)

    La moyenne macabre indique qu’une femme décédait tous les deux jours et demi, victime de son compagnon ou de son ex. De l’autre versant, un homme succombait tous les quatorze jours. Suite à ces faits, 51 hommes et 3 femmes auteurs ont mis fin à leurs jours. À ces faits, il faut ajouter 23 homicides (18 femmes victimes et 5 hommes) perpétrés au sein de couples dits non officiels (amants, maîtresses, petit(e)s-ami(e)s, relations épisodiques..) et six suicides d’auteurs.

    À suivre…


  • Mais bien sûr ?!?

    Mais bien sûr ?!?

    Certaines phrase, anagramme, expressions nous laissent parfois perplexe. Le côté cocasse de la circonstance accorde même de sourire, ce sans y voir quoi que ce soit d’autre que le comique de situation. D’autres vous permettront d’améliorer votre culture générale, bien que certains savoirs sont difficilement plaçable dans une discussion. dans une discussion. Difficile de dire lors d’une soirée que nous passons trois années de votre vie aux toilettes, mais plus aisé de citer les quatre au téléphone…

    Les auteurs utilisent souvent une anagramme pour choisir un pseudonyme. Marguerite Yourcenar signait sous la plume de Marguerite de Crayencour, Raymon Queneau n’est autre que Rauque Anonyme, comme Adam Plorenu… D’autres prêtent à sourire, ainsi celui de la « chauve-souris » est « souche à virus », « le commandant Cousteau » propose « tout commence dans l’eau », « la crise économique » donne « le scénario comique ». Pour les fans d’Harry Potter, celui qui suit est d’une simplicité enfantine « Tom Elvis Jedusor » pour « Je suis Voldemort ».

    Savoir inutile ou profitable, à vous de voir

    N’avez-vous jamais escompté obtenir votre explication ? Une « question sans réponse » est souvent le résultat de notre démarche, puisque nous « enquêtons sans espoir ». Oui, en effet tout est relatif comme disait un certain « Albert Einstein », car « rien n’est établi », sans chercher « matière à contredire » prenons le temps d’une « récréation à méditer ». Dans la mesure où une « poulette engendrée des télé-réalités » n’a rien à voir avec « le septentrional gué Desée déglué » et pourtant, tous les exemples sont formés des mêmes lettres. Il y a de quoi en perdre son latin…

    « De nos jours vous pouvez aller dans une station-service et trouver la caisse ouverte et les toilettes fermées. Ils doivent penser que le papier toilette vaut plus que les billets. » Joey Bishop. Dans une vie, nous allons environ 2 500 fois aux cabinets d’aisances par an.

    À raison de six à huit occurrences par jour, cela représente presque trois ans de notre existence. Et l’évacuation des selles d’un être individu constitue en moyenne 15 tonnes. Contrairement aux idées reçues, la gent féminine resterait plus longtemps sur le trône.

    (Crédits : Alexa_Fotos)

    Selon l’étude effectuée par l’Organisation mondiale des toilettes cela donne trois minutes chez les femmes (2 min 33 s à 3 min) contre moins de deux minutes pour les hommes (1 min 24 s à 1 min 53 s). Saviez-vous que le tube digestif mesure, de la bouche à l’anus, neuf mètres ? Toute entité générant des déchets a besoin de matière pour en produire, et pour vivre. C’est pour cette raison que nous ingurgitons 500 kilogrammes de denrée par année, pour ceux qui ont la chance de manger à leur faim… Car selon l’ONU 25 000 personnes meurent de ne pouvoir se nourrir chaque jour.

    La sécheresse à Madagascar obligent les malgaches a dévorer une semelle en cuir ou une sandale. « Vous croyez qu’on va jeter ça ? Une fois que ça sera bouilli, on mange directement, on s’impatiente, on a trop faim », déplore une femme.

    Ça vous énerve ? C’est normal pour deux raisons.

    « Plus de 900 millions de tonnes de nourriture, soit 17 % des denrées alimentaires disponibles pour les consommateurs, sont mises chaque année à la poubelle, alors que près de 700 millions de personnes sur terre souffrent de la faim », martèle l’ONU. La seconde est que votre corps est composé de 50 000 km de nerfs.

    (Crédits : icon0 com/Pexels)

    Des savoirs étranges, comme celui concernant notre charpente : un bébé est constitué de 350 os, alors qu’un adulte n’en compte que 206. La masse totale du squelette sans la moelle représente chez l’homme entre 4 et 6 kg, contre 3 à 4 kg pour la femme. La vie se niche dans n’importe quel endroit du corps, de la même manière que sous chaque aisselle. Sont présentes 2, 4 millions de bactéries, par centimètre carré.

    Manger la tête en bas

    Vous pouvez, non sans acrobatie, boire et manger la tête en bas. Pas pratique me direz-vous, oui, voire peu utile… à moins d’avoir parié. Néanmoins, cela est possible grâce à une fonctionnalité (inconnue de la plupart d’entre nous) incroyable de notre corps, le péristaltisme. Encore un gros mot, qui permet la progression de l’aliment dans le tube digestif. Auparavant, nous avons besoin de saliver, pour mieux ingérer et assimiler les aliments.

    Dans une vie, chaque être humain en produit 40 000 litres, soit 40 m3, une jolie piscine. N’allez pas vous froisser un muscle à cette lecture, encore moins un squelettique.

    Bien qu’au nombre de 600, ils sont disposés par tiers dans la tête et le cou, le tronc et au sein de vos membres. « Le muscle strié squelettique est par définition le muscle qui, par l’intermédiaire du tendon, se fixe au squelette et permet le mouvement de celui-ci dans une direction bien définie grâce à sa fonction essentielle de contraction », définit l’institut de myologie.

    Comme les canards, qui procèdent au plongeon du même nom, nous avons la possibilité d’avaler notre salive ou tout autre aliment, la caboche en bas. (Crédits : Magda Ehlers/Pexels)

    Pas de quoi vous arracher un cil, quoiqu’il repoussera. Ils ont une durée de vie courte, entre deux et cinq mois. L’expression « J’ai mal aux reins » que justifie une personne en appuyant ses mains au-dessus de la taille, est un abus de langage. Cela correspond à des souffrances dans le dos, ou de la colonne vertébrale. Les reins qui filtrent la totalité du sang toutes les 50 minutes sont situés dans l’espace rétropéritonéal (attention image médicale), où ils se projettent par leur face postérieure dans la région lombaire. Celle-ci constitue d’ailleurs la principale voie d’abord chirurgicale.

    Du sang bleu dans vos veines

    Savez-vous pourquoi lorsque l’on se cogne « on se fait un bleu ». Excellente question ! Cela est du à la couleur de l’hémoglobine rouge. En second lieu, l’endroit du choc prends une teinte jaune du à la présence de bilirubine. Encore un pigment, mais qui apparaît comme le citron ou le soleil, ce par la dégradation du sang. En effet, les hématies ont une durée de vie d’environ 120 jours, après laquelle elles sont ensuite détruites, c’est l’hémolyse.

    Rien à voir avec le bleu à l’âme que ressent l’équipe nationale de Belgique, suite à la demi-finale de la Ligue des Nations du 7 octobre 2021. Votre tête semble être plus lourde, rassurez-vous, cela est normal avec toutes ces informations. Sachez qu’elle pèse en moyenne entre cinq et sept kilogrammes avec le cerveau, qui représente à lui seul entre 1, 5 et 2 kg. D’autant que vous n’avez pas toujours pas la réponse sur la couleur qu’arbore votre hématome de ce matin.

    En 2015, les réseaux dits sociaux œuvrent à censurer la photo d’une jeune femme allongée de dos sur un lit, le pantalon et les draps tâchés par ses règles. C’est le tabou des menstruations. « Pourquoi nous dépêchons-nous de ranger nos tampons quand nous les sortons accidentellement de nos sacs à main », se questionne l’auteure. (Crédit : Rupi Kaur)

    Sang bleu signifie noble, cette locution désigne quelqu’un appartenant à la noblesse ou à l’aristocratie, par sa filiation. Cette couleur fut pendant longtemps celle symbolisant la royauté. Cette expression réfère aux veines bleutées très visibles sur la peau pâle des patriciens en comparaison aux paysans qui travaillaient dans les champs toute la journée et qui étaient plus bronzés. C’est à croire que nous sommes tous nobles, au moins de cœur, car vos veines paraissent bleues à travers votre épiderme.

    Cela est du au filtre que constitue le tissu cutané, et qui ne laisse passer que les longueurs d’onde de 380 à 500 nanomètres, soit le bleu. Est-ce pour cela que les publicités pour les biens telles que serviettes et tampons pour contenir les menstruations font apparaître le sang bleu ? Ou est-ce que chaque fille, copine, amie, conjointe, épouse, femme, mère, grand-mère sont en réalité toutes des princesses ?

    Un trésor au pied de l’arbre

    Originaire des Philippines, de l’île de Mindanao, il s’est ensuite répandu en Polynésie française, en Nouvelle Guinée et en Nouvelle-Bretagne, principalement pour la production de papier. Il peut mesurer jusqu’à 60 à 75 mètres de hauteur dans son milieu naturel, et ne supporte pas les températures négatives.

    Terminons sur une note plus exotique et magique. Chaque individu connaît la légende du coffre contenant un trésor incommensurable aux deux pieds de l’arc-en-ciel. Mais le trouver est, même pour les plus optimiste, quasiment impossible, quoique… J’ai une solution à vous proposer. Pour cela, partons en voyage, dans un coin paradisiaque, sur l’île Mindanao, situé aux Philippines. Un arbre endémique quasiment irréel pousse là-bas, l’eucalyptus deglupta ou « l’arbre arc-en-ciel ».

    (Crédits : DR)

    En effet le tronc arbore un nombre conséquent de teintes, car il perd en permanence ses écorces. En vieillissant, il affiche de pléthore couleurs. Son écorce peut alors en revêtir plusieurs simultanément, verte, bleue, violette, orange, marron… personne n’indique s’il a trouvé le trésor, ou s’en est bien caché, le bienheureux.

  • La journée internationale du Droit des femmes

    La journée internationale du Droit des femmes

    La Journée internationale du Droit des femmes est célébrée dans de nombreux pays à travers le monde. C’est un jour où les femmes sont reconnues pour leurs réalisations, sans égard aux divisions, qu’elles soient nationales, ethniques, linguistiques, culturelles, économiques ou politiques, explique l’ONU. Elle est établie au 8 mars de chaque année. Purement symbolique est-elle, elle a le mérite, comme toutes les journées internationales, de mettre en lumière ledit sujet. Pourquoi créer une telle journée ? Pour qui ? Depuis quand ?

    Chaque 8 mars, une clameur mondiale s’élève. Celle qui remémore que l’égalité entre les femmes et les hommes n’est pas encore la norme. Elle est officiellement reconnue par l’ONU en 1977, la Journée internationale des droits des femmes est bien plus qu’un simple rituel. Elle dresse le bilan : inégalités salariales persistantes, violences sexistes et sexuelles, accès inégal à l’éducation ou aux soins, invisibilisation dans certains métiers… Même de mettre en lumière des femmes privées de tout qui résistent tout de même.

    La Journée du 8 mars

    « Elle sera sans doute l’occasion, comme souvent, d’un accroissement des propos misogynes, notamment sur les réseaux sociaux. Le 8 mars n’est pas, comme on l’entend encore parfois, la journée de “la” femme, qui mettrait à l’honneur un soi-disant idéal féminin (accompagné de ses attributs : cadeaux, roses ou parfums). Elle est une journée de mobilisation des pouvoirs publics pour rappeler que l’égalité femmes–hommes est une priorité. C’est dans ce sens que nous souhaitons l’organiser », écrivait le 7 février 2013 la ministre française des Droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem.

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    Que veut dire « égalité » ? C’est un nom féminin, issu du latin « aequalitas ». Le Larousse le définit selon « qualité de ce qui est égal », et le Littré comme la « qualité de ce qui est égal. Égalité de deux lignes, de deux angles. Égalité d’âge, de mérite. »

    Cette journée est antérieure à la publicité qui lui est faite. Elle daterait du XIXe siècle, 1848 pour être précis, sur le continent américain. Lors d’une convention contre l’esclavage, qui sévissait encore, deux femmes s’indignaient de l’interdiction faite aux femmes de prendre la parole. Ainsi les Américaines Elizabeth Cady Stanton et Lucretia Mott réunissent plusieurs centaines de personnes à leur Convention pour les droits des femmes à Seneca Falls, la première du genre. Elles revendiquaient des droits civils, sociaux, politiques et religieux pour les femmes.

    Cela amènera la première journée américaine des femmes le dimanche 28 février 1909. Elle sera célébrée jusqu’en 1913. Il est nécessaire d’indiquer que le premier pays à avoir autorisé les femmes à voter est la Nouvelle-Zélande en 1893 — 2015 pour l’Arabie saoudite —, non sans mal. Imaginez une pétition de 270 mètres signée par 30 000 femmes, soit le quart des Néo-Zélandaises, une année plutôt pour revendiquer ce droit fondamental. Elles ne seront éligibles qu’après la Première Guerre mondiale, en 1919.

    (Crédits : La déclaration de sentiments et de résolutions du 19-20 juillet 1848 /DR)

    Puis c’est au tour de l’Europe de se mettre en marche. Du 28 août au 3 septembre 1910 se déroule le huitième congrès socialiste international à Copenhague, au Danemark. Plus de 100 femmes de 17 pays se retrouvent pour entériner une journée honorant la Femme, et favorisant l’obtention du droit de vote. À la suite de la décision prise à Copenhague, la Journée internationale des femmes est célébrée pour la première fois, le 19 mars 1911, en Allemagne, en Autriche, au Danemark et en Suisse, où plus d’un million de femmes et d’hommes assistent à des rassemblements.

    Une lente avancée

    Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, l’assemblée des Nations unies adopte un document emblématique et pierre angulaire du futur. La Déclaration des droits de l’Homme est la première reconnaissance mondiale de l’existence de droits fondamentaux inaliénables et de libertés essentielles qui s’appliquent à chaque être humain — les femmes comme les hommes —.

    Il a fallu attendre 1977 pour qu’elle soit officialisée par l’assemblée des Nations unies. En appelant « tous les États à proclamer, comme il conviendra en fonction de leurs traditions et coutumes historiques et nationales, un jour de l’année Journée des Nations Unies pour les droits de la femme et la paix internationale ».

    En 1979, la convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF). Souvent appelée la « Charte des droits des femmes », la CEDEF est le document international le plus complet visant à protéger les droits humains des femmes.

    (Crédits : une copie de cette pétition est conservée aux Archives nationales de la Nouvelle-Zélande/DR)

    Pétition, Nouvelle Zélande, femme

    Le droit à l’égalité de rémunération, y compris de prestation, à l’égalité de traitement pour un travail d’égale valeur aussi bien qu’à l’égalité de traitement en ce qui concerne l’évaluation de la qualité du travail », écrit la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes.

    Serment, Onu,

    L’article 11, alinéa 1.c, donne droit à l’égalité de rémunération entre femmes et hommes. Mais ce qui peut paraître choquant à la lecture est le fait « d’interdire, sous peine de sanctions, le licenciement pour cause de grossesse ou de congé de maternité et la discrimination des licenciements fondée sur le statut matrimonial » (Article 11, alinéa 2.a).

    Sous-entendu que certains pays l’autorisaient. L’article 13 donne une vision étendue sur la liberté des femmes avant les années 80. Il octroie le droit aux prestations familiales, aux prêts bancaires, prêts hypothécaires et autres formes de crédit financier, à la participation aux activités récréatives, aux sports et à tous les aspects de la vie culturelle…

    (Crédits : ONU)

    Les jeunes filles nées en 2010 possèdent le même âge qu’« ONU Femmes », 11 ans. Le 9 mars 2020, il y a tout juste un an, la commission de la condition de la femme soulignait un constat d’échec. Le rapport de la 64e session, disponible en anglais, arabe, chinois, espagnol, français et russe, est affligeant de vérité.

    « Nous, les ministres, représentantes et représentants de gouvernements […] reconnaissons que, 25 ans après la quatrième Conférence mondiale sur les femmes, aucun pays n’est vraiment parvenu à assurer l’égalité des genres et l’avancement des femmes et des filles, qu’il existe toujours des inégalités marquées à l’échelle mondiale […] »

    Les rapporteurs exhortent les hommes et les garçons à se mobiliser pleinement en faveur de l’égalité des genres et de l’avancement de toutes les femmes et les filles.

    Les collages s’affichent partout dans les rues des villages ou villes, ici à Poitiers, dans la Vienne (86). (Crédits : DR)

    Poitiers, rues, femmes

    Puis la violence ne connaissant pas de frontière, le 17 juin 2011, le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies adopte « par 23 voix contre 18 et avec six abstentions, le Conseil a adopté une résolution sur la protection contre la violence et la discrimination en raison de l’orientation sexuelle et de l’identité de genre […] La discrimination à l’encontre de ce groupe est étroitement liée à son identité de genre et se manifeste à travers sa vulnérabilité face à l’exclusion sociale ou la violence, comme des actes de ” viol correctif “, des agressions et le refus d’accès à des services de base », ajuste ledit Conseil.

    Quels sont les chiffres ?

    Le constat de l’ONU est factuel. La population en 2020 en millions d’individus est de 7 795, dont 49,6 % sont des femmes. La différence est de 92 millions d’hommes sur l’ensemble du globe. Certains pays comptent plus de femmes que d’hommes et inversement. Pays où la population féminine est supérieure (Nombre d’hommes pour 100 femmes) : Népal (84,5), Hong Kong (84,8), Russie (86,8), Lettonie (85,5), Ukraine (86,3) et inversement, pays où la population féminine est inférieure (Nombre d’hommes pour 100 femmes) : Qatar (302), Émirats arabes unis (223,8), sultanat d’Oman : (194,1), Inde (108), Chine (105)

    Les chiffres indiquent que les femmes représentent peu ou prou la moitié de la population mondiale. Or, comme le stipule le rapport de la 64e session de l’ONU Femmes « aucun pays n’est vraiment parvenu à assurer l’égalité des genres et l’avancement des femmes et des filles ».

    Cela signifie que malgré tout les femmes ne bénéficient pas des mêmes droits. L’inégalité salariale est considérable, l’écart est de 16 %. Cela correspond à peu de chose à la différence, entre le salaire brut et le chômage partiel, instaurée actuellement en France. Les femmes gagneraient 84 % du salaire moyen des hommes.

    Les femmes et les hommes ne sont physiquement pas égaux. Chaque État prône l’égalité à défaut de l’équité. Cette dernière donne la disposition à faire à chacun parts égales, à reconnaître impartialement le droit de chacun. (Crédits : DR)

    Une loi islandaise prône depuis le 1er janvier 2018 l’égalité de salaire, elle oblige les employeurs à prouver qu’homme et femme gagnent autant au même poste. « Le nouveau texte de loi inverse la charge de la preuve : il ne revient plus aux salariées de prouver la discrimination en raison de leur genre, mais aux entreprises de démontrer que, si écart de salaire il y a, le genre n’y a aucune part », raconte le Point. Autre pays, autre avancée, en Nouvelle-Zélande, le parlement compte 57 élues pour 120 sièges, soit 48,33 % tandis que la moyenne mondiale est de 25 %. Le grand gagnant est le Rwanda avec 61,25 % de femmes au parlement.

    Mariées avant leurs 18 ans

    Le monde compte 1,1 milliard de filles. L’UNICEF atteste que « si toutes les femmes bénéficiaient d’une éducation secondaire, le taux de mortalité des enfants diminuerait de 49 % ». L’exemple de l’Afghanistan est criant de vérité. « On estime que seuls 32 % des garçons et 8 % des filles ont participé à une forme quelconque d’enseignement primaire, et que les taux de fréquentation, d’abandon et d’achèvement des études ont été aggravés par les restrictions imposées par les talibans à l’éducation des filles », souligne le rapport rédigé en 2002 par l’ONU.

    Après la chute des talibans, « on estime que 1,5 à 1,8 million d’enfants – dont des filles – sont venus à l’école […] » Ainsi le chiffre estimé de filles bénéficiant d’éducation sous le régime des talibans à la chute dudit régime est passé de 5 000 à 2 400 000 en 2011. Depuis leur retour, la liberté des femmes est inexistante. La loi dite sur la « prévention et vices et la promotion des vertus » oblige les femmes et les filles « à couvrir leur visage et leur corps dans l’espace public, à être toujours accompagnées d’un homme de leur famille lorsqu’elles utilisent les transports, qui leur interdit de chanter et même de parler en dehors de chez elles ».

    Dans le monde, 700 millions de femmes ont été mariées avant 18 ans, écrivait en 2016, Eugénie Bastié (le Figaro). En 2019, une femme sur cinq ayant entre 20 et 24 ans était mariée avant l’âge de 18 ans. (Crédits : Roberto Nickson/Pexels)

    Au cours de la dernière décennie, le taux mondial de mariage d’enfants a chuté, la diminution la plus importante sur cette période étant observée en Asie du Sud. De nos jours, c’est en Afrique subsaharienne que le risque de mariage d’enfants est le plus élevé : plus d’une femme sur trois de la tranche d’âge 20-24 ans y a été mariée avant ses 18 ans. « Si toutes les femmes avaient accès à l’enseignement secondaire en Afrique subsaharienne ainsi qu’en Asie du Sud et de l’Ouest, le nombre des mariages d’enfants chuterait de 64 % », appuie l’UNICEF.

    « Le mariage tue l’enfance », affirme Henrietta Fore, directrice exécutive du Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF). Ces nouvelles estimations portent le nombre total d’enfants mariés dans le monde à 765 millions, en 2019. Les filles continuent toutefois d’être disproportionnellement touchées, avec une jeune femme âgée de 20 à 24 ans sur cinq mariée avant son 18e anniversaire, contre un jeune homme sur 30. Il y a une année, le 11 mars 2020, l’ONU affirmait que plus de 14 millions d’adolescentes dans 12 pays d’Afrique, du Moyen-Orient et d’Asie du Sud vont pouvoir bénéficier des services du programme mondial de l’UNFPA et de l’UNICEF pour mettre fin au mariage des enfants d’ici 2023. (Crédits : DR)

    Le droit à disposer de son corps semble échapper encore aux femmes. À peine plus d’une femme sur deux dans le monde connaît cette liberté sur les choix inhérents à la santé, la sexualité comme la procréation. Pire, chaque jour, 137 femmes sont tuées par un membre de leur famille. On estime que sur les 87 000 femmes qui ont été intentionnellement tuées en 2017 dans le monde, plus de la moitié (50 000) l’ont été par un partenaire intime ou un membre de leur famille. Plus d’un tiers (30 000) des femmes intentionnellement tuées en 2017 l’avaient été par leur partenaire intime actuel ou par un ex-partenaire.

    Le droit à l’avortement en France existe depuis 17 janvier 1975 grâce à la loi relative à l’interruption volontaire de grossesse, dite loi Veil. Promulguée le 17 janvier 1975, pour 5 ans à titre expérimental, elle est reconduite sans limites de temps par une loi depuis le 31 décembre 1979. En Irlande, cela ne fait que deux ans. Depuis décembre 2020, l’Argentine accède à la liste des 68 pays autorisant légalement l’avortement. Avec ce texte, l’Argentine rejoint des pays comme Cuba, l’Uruguay et le Guyana, qui autorisent l’interruption volontaire de grossesse (IVG) sans condition en Amérique du Sud. Tandis qu’en octobre 2020, la Pologne régresse sur cette question à travers la décision de la cour constitutionnelle de bannir ce droit.

    (Crédits : extrait du Journal officiel du 18 janvier 1975/Légifrance)