La nature est stupéfiante

L’être humain est un mammifère, pour autant il évolue à une vitesse bien moindre que tous les autres. Dans la vie, nos qualités sont nécessaires à notre survie. Les différentes espèces qui peuplent les cinq continents font preuve de propension à l’ingéniosité. L’aspect des avions est une copie de la forme des oiseaux, la résistance des cartons alvéolés est issue des mathématiciennes que sont les abeilles, la flottabilité des radeaux comme ceux des fourmis de feu…

La danse est une manière de se démarquer de nos congénères, d’attirer, ou d’inciter une personne à s’accoupler avec vous. Dans la nature pléthore d’individus usent de rusent et d’artifices pour obtenir les faveurs de leur muse, qu’elle soit de l’instant ou pour la vie. Il en est un qui n’a rien à envier à Michael Jackson : le Manakin à cuisses jaunes. Il arbore une couleur prédominante noire, un plumage rouge corail sur sa tête en plus de la teinte de ses cuisses. Il vit au Mexique et en Amérique centrale, et pour faire chavirer le cœur de sa bien-aimée, il se lance dans une parade nuptiale haute en couleur, car il claque ses ailes et exécute une danse qui s’apparente au « moonwalk ». Mais il n’est pas le seul à faire preuve de techniques peu communes pour susciter de l’intérêt de sa future partenaire.

Un Manakin à cuisses jaunes (Ceratopipra mentalis), un petit oiseau endémique à l’Amérique du Sud, qui gifle ses ailes et glisser le long d’une branche afin d’attirer l’attention d’une femelle située à proximité. (Crédits : Bình Nguyễn/Pixabay)

Le flamant rose prélève une huile qui est sécrétée par une glande qui se trouve tout près de sa queue. Il la tamponne littéralement sur toutes ses plumes pour les hydrater et leur donner un aspect brillant, un véritable gloss. Le maquillage n’est donc pas l’apanage de l’être humain. Après le pas de danse, ou parade nuptiale, mettant en mouvement le corps entier, et que deux Flamants roses se plaisent, ils s’éloignent discrètement de leur groupe pour aller se reproduire. Tous deux construisent le nid de leur poussin qui viendra au monde, un mois plus tard.

Il produit quatorze notes de musique

Un autre oiseau le « manakin à ailes blanches », sait conter fleurette à sa mie. Originaires d’Amérique du Sud, ils font partie de la seule espèce de manakin à pouvoir reproduire le son du violon. Contrairement à ce que vous pouvez penser, la mélodie qu’ils émettent ne provient pas de leurs cordes vocales, mais de leurs ailes. Il les agite à une vitesse exceptionnelle de cent battements par minute, qu’il élève au-dessus de son dos. Le colibri adulte ne dépasse jamais les cinquante claquements d’ailes, quant aux moineaux pas plus de treize sur la soixantième partie d’une heure. Leurs plumes recréent les notes de musique des instruments à cordes frottées lorsqu’elles se touchent entre elles. Ils seraient en capacité de produire pas moins de quatorze sons différents à chaque battement selon la professeure en Biologie évolutive Kimberley Bostwick de l’Université Cornell. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’au moment propice de la reproduction, il sautille de branche en branche, agitant vigoureusement ses ailes au-dessus de son dos, espérant qu’une femelle l’entende et se joigne enfin à lui.

Le manakin à ailes blanches (Machaeropterus deliciosus) est une espèce de petit passereau des forêts de nuages de Colombie et d’Équateur, est un virtuose du violon. Dans le règne animal, tous les coups sont permis pour séduire la femelle. (Crédits : David Monroy Rengifo)

Parfois, suite à l’accouplement, une naissance intervient. Ainsi, dans les plaines africaines, la girafe choisit le lieu où elle pourra mettre bas, souvent le même emplacement de sa naissance. Le girafon commencera son existence par une chute d’environ deux mètres. Rarement mortel, puisque le squelette est encore souple, c’est une façon plus que spectaculaire de débuter sa vie. À cet instant que le nouveau-né est le plus vulnérable, car incapable de marcher. Pour autant, une capacité transmise de génération en génération est la faculté à se tenir debout, une heure après sa venue au monde. La durée de vie d’une girafe est de 20 à 30 ans.« Sur la base de cette nouvelle taxinomie, toutes les girafes, sauf deux sous-espèces, seraient considérées comme vulnérables, en danger ou en danger critique d’extinction. À travers toute l’Afrique, les populations ont diminué de près de 40 % en trois décennies. Il ne resterait plus qu’environ 110 000 girafes sur la planète », écrit Joshua Foer. (Extrait de l’article « Girafes » publié dans le numéro 241 du National Geographic Magazine.)

Le féroce Ratel

La Zorille du Cap, non ce n’est pas une faute de frappe, est aussi désignée sous le nom de Ratel. Elle ne semble pas si impressionnante, mais il reste somme toute un mammifère féroce. Elle tient sa place chez les mustélidés, à ne pas confondre avec mustébouée, le pokémon. Ils sont des mammifères carnivores généralement sanguinaires et nocturnes, au corps étroit et allongé, bas sur pattes, parmi lesquels on compte la belette, le blaireau, l’hermine, la loutre, la moufette (connue également comme sconse ou skunks), le putois, le vison. Sa particularité est sa profonde résistance, due à son métabolisme, à certains venins de serpent. Mordue par un serpent, elle sera seulement affaiblie. Et si elle perd connaissance, elle se relèvera « frais comme un gardon ».

On trouve la zorille du Cap dans le sud et l’ouest du continent africain.. Surnommé le « blaireau à miel », elle est d’un courage exemplaire, elle préférera combattre ses prédateurs au péril de sa vie, plutôt que de prendre la fuite. (Crédits : DR)

Sa témérité à se frotter a des scorpions, et d’autres animaux bien plus grands que lui, lui octroie la qualité d’être tenace. Sa peau dure possède plusieurs millimètres d’épaisseur lui conférant une bonne protection contre les dards du porc-épic, les piqûres d’abeille et puissants coups de patte. L’élasticité de son corps l’autorise à se contorsionner de sorte que, saisi au cou par un prédateur, elle est capable de se retourner et de le mordre à son tour. De plus, sa faculté à courir en arrière lui permet d’échapper à ses agresseurs pour mieux les attaquer ensuite. Ses longues griffes acérées déchirent sans peine ses proies et sa puissante mâchoire peut facilement broyer une carapace de tortue. Son incroyable ténacité fait reculer lions, léopards, crocodiles et autres cobras.

La taille ne fait pas la grandeur

La fourmi de feu (Solenopsis invicta) est un petit insecte. Originaire d’Amérique du Sud, son corps est de couleur rouge-brun qui mesure entre 2 et 6 mm. Une reine produit 800 à 2 000 œufs par jour et une colonie mature contient jusqu’à 400 000 ouvrières. Par le biais des cargos de marchandises, cette espèce a fortuitement migré dans différents pays du monde, les États-Unis en 1930, en Australie, il y a deux décennies, et au Japon en 2017. Elle y est à l’heure actuelle considérée comme une espèce invasive et nuisible pour l’Homme et les espèces locales, et est extrêmement difficile à éradiquer. Elle résiste à des températures jusqu’à -10 degrés Celsius. Elles sont l’une des 266 espèces de fourmis Solenopsis. Si c’est un genre très commun, ces dernières sont beaucoup plus agressives que la plupart d’entre elles.

Les fourmis de feu peuvent dévorer leur proie jusqu’à l’os. Elles ne mordent pas, mais piquent. Sous le phénomène de « Lyse », elles procèdent à l’injection du venin sous la peau et détruisent les cellules. (Crédits : Bình Nguyễn/Pixabay)

Elles sont réputées pour posséder l’un des venins les plus irritants au monde (1, 2 sur l’échelle de Schmidt). Ses piqûres « ardentes » (NDLR d’où le nom de fourmi de feu) provoquent de fortes douleurs, des démangeaisons, voire plus. Mortelle pour de petits animaux, tels les oiseaux, elle n’est en principe pas létal pour l’Homme, mais certains rapports médicaux ont signalé plusieurs morts causés par un choc anaphylactique suite à une piqûre de Solenopsis invicta. « Aux États-Unis, rien que les attaques des fourmis de feu entraînent une centaine de milliers d’hospitalisations et 100 décès par an, pour un coût annuel de 6 milliards de dollars », écrit Quang Pham. Une autre particularité est en cas d’intempéries de se rassembler entre elles pour former un radeau. La reine est au sec à l’intérieur et les ouvrières à l’extérieur, elles peuvent dériver plusieurs mois.

Romuald Pena

Journaliste et curieux de nature, j’aime les mots et ce qu’ils chantent aux oreilles qui les entendent. « La vérité, c’est qu’il n’y a pas de vérité », assurait Pablo Neruda. Ainsi j’apporte des faits, des faits, encore et toujours des faits, car : « Nous ne pouvons être condamnés à pire, à juger les autres, à être des juges. » (Le Testament d’Orphée, de Jean Cocteau)

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