Vingt-huit ans plus tard, le clitoris a enfin sa carte, son anatomie complètement cartograĥiée. Cette nouvelle peut paraître anecdotique au vu des informations qui occupent les journaux télévisés. Pourtant, c’est une petite révolution. Alors que peu de personnes découvrent le bouton du plaisir féminin, combien de femmes connaissent leurs anatomies ? Les recherches menées à Amsterdam apportent un éclairage nouveau sur un organe féminin qui, jusqu’à preuve du contraire, est exclusivement dédié au plaisir.
Tandis que Capucine rentre de cours, elle surprend une discussion entre lycéennes qui lui semble lunaire. « Attends… quoi ? Vingt‑huit ans après ? » Les scandales et procès étant monnaie courante ces derniers jours, elle n’y prête pas plus attention que ça… jusqu’au mot qui sonne comme un glaive : Clitoris. Intriguée, elle se glisse dans la peau d’une journaliste.
Vingt-huit ans plus tard, le clitoris a enfin sa carte…
Discrètement, elle suit deux copines jusqu’au café. Le duo tombe sur l’info : « le clitoris a enfin été cartographié avec précision, près de trente ans après l’organe masculin ». Elles rient un peu, s’en étonnent beaucoup, et finissent par mettre le doigt sur un marronnier médical. Le corps de la femme a longtemps été un sujet sur lequel la science a progressé avec du retard. — Attends… quoi… 28 ans après ? demande Caroline
— Le pénis avait sa cartographie depuis presque trente ans, et là, on découvre à peine celle du clitoris, relate Clarisse
— Oui. Apparemment, même pour l’anatomie, on était sur liste d’attente.
Une fois assise, l’une d’elles relève les yeux de son téléphone, mi-amusée, mi-agacée. En face, son amie éclate de rire. Pas un grand rire moqueur, mais ce rire très féminin, très connu, qui sert à accueillir une absurdité sans s’énerver tout de suite.
— C’est quand même fascinant, dit la première. On vit à l’époque des applications qui savent quand tu dors mal, des montres qui analysent ton stress, de l’IA qui rédige un courriel en huit secondes… et on découvre encore le corps des femmes… avec trente ans de retard.
— Mais non, voyons, répond Clarisse. On fabrique une carte routière, pour ceux qui ne le trouvent pas.
(Crédits : Guillermo Berlin/Pexels)
Les deux sourient. Et puis il y a ce silence. Celui où l’on perçoit soudainement une nouvelle surprenante, voire insolite. Une chose intime, quelque chose de plus ancien, de plus profond, de plus familier aussi. Car enfin, la question mérite d’être posée : comment un organe dédié uniquement au plaisir a pu autant de temps être ramené à une simple excroissance. Excroissance que l’on mutile encore, qui n’est autre que le cheval de bataille du prix Nobel de la paix de 2018, le DocteurDenis Mukwege.
Il est l’un des organes les moins étudiés du corps humain. Car de nombreux tabous culturels freinent depuis longtemps la recherche scientifique. Ce n’est qu’au XXe siècle qu’il fait son apparition dans les manuels d’anatomie. Pour peu qu’il ne soit pas considéré et décrit comme une simple version miniature du pénis.
C’est grâce aux dons d’organes que deux bassins féminins sont étudiés. La chercheuse Ju-Young Lee et ses collègues du Centre médical universitaire d’Amsterdam ont réalisé des scans 3D en utilisant des rayons X à haute énergie, dit rayonnement synchrotron. Ces données uniques révèlent la trajectoire complexe du nerf dorsal du clitoris. Il est le principal nerf sensoriel. Elles font apparaître « les troncs nerveux dans le gland clitoridien ont été révélés, avec un diamètre maximal allant de 0,2 à 0,7 mm ». (Crédits : Ketut Subiyanto/Pexels)
Pendant qu’on nous parle partout de progrès, de visibilité, d’inclusion, d’équilibre, d’équité et d’attention portée aux femmes, à leur santé, à leur parole, à leur place. La nouvelle a quelque chose de délicieusement ironique.
— Franchement, dit Caroline, on a réussi à faire du corps féminin un continent habité depuis des siècles… mais encore mal cartographié.
— Oui. Et après, on s’étonne que tant de femmes aient grandi avec une idée brumeuse de leur propre anatomie, répond Clarisse, quant aux hommes, n’en parlons pas…
Le Cameroun s’apprête à vivre, le 12 octobre 2025, une présidentielle qui s’annonce sous haute tension. La Commission électorale (Elecam) a invalidé la candidature de Maurice Kamto, principal opposant au président sortant Paul Biya, âgé de 92 ans et en lice pour un huitième mandat. Cette décision, confirmée par le Conseil constitutionnel, a déclenché une onde de choc politique et sociale. Derrière l’événement se dessine un malaise profond : quel avenir pour la démocratie camerounaise et pour la jeunesse désabusée ?
Pas un seul Camerounais, à Yaoundé, dans tout le pays ou ailleurs sur Terre, n’a manqué la retransmission de l’Elecam, soit sur place ou sur son smartphone. Un camouflé de justice, disent certains, quand d’autres applaudissent. Si l’élection à venir divise, imaginez un pays en Europe comme partout ailleurs où le président serait au pouvoir depuis près d’un demi-siècle.
Un héritage multiple et complexe
Le Cameroun, situé en Afrique centrale, est surnommé « l’Afrique en miniature ». La raison en est la diversité de ses paysages et cultures. Ce pays est le résultat d’une histoire millénaire marquée par des migrations successives. Dès le XIᵉ siècle, le nord du pays est sous domination de l’empire de Kanem-Bornou. Il s’étend à son apogée — au XVIᵉ siècle — sur la majorité du Tchad, la bordure orientale du Niger, le nord-est du Nigeria, le nord du Cameroun et une partie du sud de la Libye. Ce royaume structure des routes commerciales transsahariennes et développe un réseau administratif avancé, comme l’instauration d’impôts. Ces échanges permettent l’introduction de l’islam dans la région, influençant la culture, l’éducation et le droit coutumier.
Au sud-ouest, des chefferies bantoues telles que les Bamums, les Bamilékés et les Tikars s’organisaient autour de structures politiques hiérarchisées. Le royaume Bamoun, fondé au XIVᵉ siècle, se distingue par la création d’un alphabet syllabique, le Shü-mom, et par l’émergence d’une riche tradition artistique. Les Bamilékés sont connus pour leurs chefferies indépendantes et leur dynamisme commercial, en particulier le commerce du café et du cacao. Ces sociétés précoloniales témoignent de l’immense richesse culturelle et linguistique : le Cameroun compte environ 250 langues et dialectes regroupés en quatre grandes familles linguistiques (bantou, nigéro-congolaise, soudanique et nilo-saharienne).
L’arrivée des Européens à la fin du XIXᵉ siècle le transforme profondément. La colonisation allemande (1884 ‑1918) introduit des routes et des plantations commerciales, avec une administration centralisée, souvent brutale, pour contrôler la population et exploiter les ressources.
Après la Première Guerre mondiale, le traité de Versailles divise le pays. La France administre environ 80 % du territoire : le centre et le sud. Comme dans toute invasion, quelle qu’elle soit, des coutumes sont instaurées. La France impose la langue, un système éducatif et administratif centralisé. Elle développe des cultures d’exportation (le cacao, le café et l’hévéa).
Les Britanniques prennent le contrôle du nord-ouest et du sud-ouest. Ils imposent leur système éducatif, langue et des institutions plus décentralisées. Cette division historique commente les disparités linguistiques, administratives et culturelles persistantes, à l’origine des tensions contemporaines. (Crédits : Safari Consoler/Pexels)
Le Cameroun inaugure un mouvement africain de 18 pays. Il devient indépendant le 1ᵉʳ janvier 1960 sous le nom de République unie du Cameroun, suivie par le rattachement du Cameroun britannique du sud en 1961 après un référendum. Ahmadou Ahidjo fut le premier président. Il instaure un régime centralisé visant à consolider l’unité nationale. La modernisation du pays s’effectue par la construction d’infrastructures, la nationalisation d’industries et la création d’institutions étatiques.
Si le Cameroun inaugure les festivités le 1ᵉʳ janvier 1960, d’autres suivent de près. D’ailleurs cette période est nommée « Année de l’Afrique ».
27 avril 1960 – Togo, 25 juin 1960 – Somalie, 26 juin 1960 – Madagascar, 30 juin 1960 – République démocratique du Congo, 1ᵉʳ août 1960 – Bénin, 3 août 1960 – Niger, 5 août 1960 – Burkina Faso, 7 août 1960 – Côte d’Ivoire, 11 août 1960 – Tchad, 13 août 1960 – République centrafricaine, 15 août 1960 – République du Congo, 16 août 1960 – Gabon, 17 août 1960 – République du Cameroun du Nord, 20 août 1960 – Sénégal (après dissolution de la Fédération du Mali), 22 septembre 1960 – Mali (après séparation d’avec le Sénégal), 1ᵉʳ octobre 1960 – Nigéria, 28 novembre 1960 – Mauritanie.
(Crédits : amphithéâtre de l’université de Yaoundé 1 en 2014/Bdx/Wikipédia)
Mais au Cameroun, un homme cultive le secret depuis plus de 40 ans. Depuis son arrivée au pouvoir en 1982, Paul Biya ne l’a plus quitté, faisant de lui l’un des dirigeants les plus anciens, pas seulement en Afrique. Seul Teodoro Obiang Nguema Mbasogo (Guinée équatoriale) fait mieux que lui. Il est président depuis 1979, soit 46 ans. Concernant Paul Biya, l’ensemble de ses discours sont scénarisés, le protocole est rigide. Quant au contre-pouvoir qu’est le monde du journalisme, il n’est pas souvent, voire jamais convié. La dernière interview, consentie à un journaliste local, remonte à 2002.
Cette continuité amène forcément une stabilité politique. Mais à contrario, elle accentue des tensions ethniques, régionales et linguistiques, ainsi qu’entre zones urbaines en forte croissance et zones rurales marginalisées. C’est en surfant sur ces différences que son règne perdure.
Il est facilité « par les complexités inhérentes au Cameroun, la diversité ethnique et linguistique de la nation, englobant plus de 250 groupes, entrave l’opposition unifiée. Les alliés politiques exploitent ces divisions, alimentant les sentiments tribaux, tandis que les héritages religieux et coloniaux contribuent à cette fragmentation. Le nord majoritairement musulman est souvent en désaccord avec le sud chrétien, tandis que les différences persistantes entre les régions anglophone et francophone — s’éloignant des divisions coloniales — compliquent encore une position unifiée contre le dirigeant de longue date », explique Shuimo Trust Dohyee (Africascountry). (Crédits : Kelly/Pexels)
Aujourd’hui, le Cameroun se trouve à un carrefour historique et démographique. Sa population estimée à plus de 29,12 millions, un taux de croissance démographique de 2,6 % par an, le pays doit relever des défis majeurs en matière d’urbanisation, d’emploi et de services publics. Entre héritage, diversité culturelle, pression démographique, le Cameroun illustre la complexité d’un pays qui tente de conjuguer traditions, héritages et modernité dans un contexte africain en pleine mutation.
Invalidation du candidat Maurice Kamto
Le 12 octobre prochain, le Cameroun se prépare à élire son prochain président. À 92 ans, Paul Biya brigue alors un huitième mandat consécutif. Cette longévité comme la situation interroge : le Cameroun peut-il encore espérer une véritable alternance démocratique ? Mais à quelques semaines du scrutin, l’invalidation de la candidature de Maurice Kamto, principal opposant au président sortant Paul Biya, soulève une question plus qu’une autre : « Le Cameroun bénéficie-t-il d’un régime démocratique ? »
Arrivé second de la présidentielle de 2018 (503 384 voix, 14,23 % des votants, 7,55 % des électeurs), remporté par Paul Biya (2 521 934 voix, 71,28 % des votants, 37,82 des électeurs) l’invalidation de sa candidature par Elecam scelle son avenir.
L’invalidation de sa candidature est justifiée au motif que son parti aurait présenté deux dossiers de candidature (Maurice Kamto et Dieudonné Yebga), en contradiction avec le code électoral. « La décision d’exclure Maurice Kamto de la course à la présidence reflète la persistante intolérance du gouvernement à l’égard de toute opposition et dissidence et intervient dans un contexte de répression accrue à l’encontre d’opposants, d’activistes et d’avocats à l’approche des élections, prévues plus tard cette année », écrit Human Rights (HWR). Le débat persiste sur l’indépendance de ces institutions, souvent perçues comme proches du régime. En marge de la décision du 26 juillet, des marches et manifestations sont organisées à Yaoundé, puis le 4 août. (Crédits : Bagassi Koura/Vox Africa)
Elles sont 52 personnes à avoir été arrêtées ce jour-là. Parmi elles, dix sont toujours retenues, indique RFI. Des militants et sympathisants du parti d’opposition de Maurice Kamto, le MRC. Ils étaient venus assister aux audiences publiques du contentieux préélectoral au Conseil constitutionnel, dont l’accès à la salle leur avait été interdit. « Il n’y a eu ni bagarre ni manifestation », assure l’avocat Hyppolite Meli. Pourtant, ces militants ont été interpellés peu après, dans un supermarché, et accusés de « rébellion ». À noter qu’Olivier Bibou Nissack est privé de liberté depuis 2020. « Les autorités devraient mettre fin à la répression de l’opposition et libérer immédiatement toutes les personnes arrêtées pour des raisons politiques », poursuit HRW. Il existe toujours une différence entre ce qui est légitime et ce qui est légal.
L’État des lieux du Cameroun
À la question : « Le Cameroun bénéficie-t-il d’un régime démocratique ? » Pour répondre à cette simple question, il est nécessaire de faire l’État des lieux. Le parlement européen en date du 3 avril 2025, acte le comportement délétère du pouvoir en place contre les journalistes. Elle prie instamment les autorités camerounaises de mettre « un terme à leur pratique consistant à juger des civils devant des tribunaux militaires, contraire au droit international, et de cesser d’invoquer abusivement des accusations de terrorisme, de subversion et de diffusion de fausses informations dans les procédures engagées contre des journalistes. »
L’Union européenne exhorte à libérer immédiatement et sans condition Amadou Vamoulké, Kingsley Fomunyuy Njoka, Mancho Bibixy, Thomas Awah Junior et Tsi Conrad. Mais également de cesser leur pratique consistant à juger des civils devant des tribunaux militaires, ce qui est tout bonnement contraire au droit international.
Elle invective de cesser sur le champ d’invoquer de manière abusive des accusations de terrorisme, de subversion et de diffusion de fausses informations dans les procédures engagées contre des journalistes. Comme Christophe Gleizes, journaliste français qui est condamné à sept ans de prison ferme en Algérie pour « apologie du terrorisme ».
Fin 2024, 361 journalistes étaient emprisonnés dans le monde, selon un décompte du Comité de protection des journalistes (CPJ) publié vendredi 16 janvier. Pour la première fois Israël se trouve dans le haut du classement des pays qui enferment le plus, derrière la Chine. (Crédits : OurWorldinData.org/democracy|CC BY)
Selon l’ONG Freedom House, le Cameroun obtient en 2024 un score de 15/100. Les droits politiques sont notés à 6/40 et les libertés civiles 9/60. De ce fait, l’ONG le classe parmi les pays « non libres ». En comparaison la France affiche 89/100 (38/40 et 51/60), avec des nuances marquées concernant la période du Covid-19. Le Democracy Index de l’Economist Intelligence Unit (EIU) attribue au Cameroun de Paul Biya la note de 2,2/10, dans son dernier rapport. Ce qui lui confère une place dans la catégorie « régime autoritaire ».
L’EIU se base sur différents facteurs : le pluralisme électoral, les libertés civiles, la participation politique, la culture démocratique et le fonctionnement du gouvernement. Quant au Polity IV Project, il évalue le pays à -7, confirmant une dynamique autocratique enracinée. Ces indicateurs internationaux mettent en lumière la fragilité de la démocratie camerounaise et confortent les critiques adressées au régime Biya.
Jusqu’ici, la communauté internationale s’est montrée prudente. Ce silence relatif reflète un équilibre délicat : préserver la stabilité régionale tout en dénonçant les atteintes aux libertés. Avec plus de 1,2 million d’électeurs inscrits, d’après les chiffres d’ELECAM, l’extrême nord du Cameroun reste un bastion électoral important pour le parti au pouvoir. Ce qui inquiète les pays voisins du Cameroun est le risque de crise postélectorale, donc de stabilité dans la région. (Crédits : Kelly/Pexels)
Bien au-delà du scrutin qui ne semble selon la presse n’avoir que peu de changement, le Cameroun reste confronté à des crises sécuritaires majeures. Dans l’Extrême-Nord, Boko Haram a repris ces attaques terroristes, fragilisant la cohésion nationale. Dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, le conflit séparatiste, déclenché en 2016, a déjà fait plus de 6 000 morts, de nombreux otages et déplacé plus d’un million de personnes. Une élection contestée pourrait attiser ces foyers de tensions et amplifier la violence politique.
L’économie camerounaise repose encore sur des piliers fragiles : l’exportation de pétrole, de cacao, de café et de bois. Malgré une légère augmentation du PIB de 3,5 % en 2024, contre 3,2 % en 2023, « sous l’effet de la hausse des prix du cacao, de l’augmentation des rendements du coton et de l’amélioration de l’approvisionnement en électricité. »
Une diminution de l’inflation moyenne de 7,4 % à 4,5 % entre 2023 et 2024, le déficit budgétaire global s’est creusé jusqu’à 1,5 % du PIB en 2024 (0,7 % en 2023). La dette publique augmente de 1,52 %, passant de 46,1 % à 46,8 % du PIB, l’essentiel sous forme de dette extérieure. D’autant que « malgré la croissance globale de la richesse totale qui a atteint 553 milliards de dollars en 2020, contre 311 milliards de dollars en 1995, la richesse nationale par habitant a diminué de 11 % entre 1995 et 2020. » (Crédits : Quang Nguyen Vinh/Pexels)
« Le pays est confronté à un risque élevé de surendettement dû à des problèmes de liquidité », communique la Banque mondiale. Le communiqué alerte sur l’épuisement des forêts du pays. « L’épuisement des forêts du Cameroun s’est considérablement accéléré après 2010, avec une conversion significative des forêts de plaine en mosaïques forestières entre 2010 et 2020 et dépassant cinq fois le taux observé au cours de la décennie précédente. » Il est donc impératif de mettre en œuvre des réformes budgétaires audacieuses pour combler ces lacunes et stimuler la productivité à l’échelle de l’économie, insiste Robert Utz, économiste (la Banque mondiale) et l’un des auteurs du rapport.
La jeunesse camerounaise, une génération désenchantée
L’invalidation de Kamto a provoqué un sentiment de résignation chez de nombreux jeunes. Témoignages et reportages montrent que certains ont choisi de déchirer leur carte d’électeur, symbole d’un désengagement politique profond, et face au chomage. La jeunesse, qui représentait un espoir de renouvellement, semble aujourd’hui désabusée par un système politique verrouillé. Ce désenchantement reflète une fracture sociale : entre un pouvoir enraciné et une jeunesse aspirant à plus de transparence, le fossé se creuse inexorablement.
Le recul durable de la participation électorale et l’affaiblissement de la société civile sont à envisager. En 2018, la participation atteignait 53,85 %. La stabilité politique du pays et de la région Afrique centrale pourrait être fragilisée. « C’est une espèce d’oligarchie qui gouverne aujourd’hui notre nation (Cameroun). Bien malin celui qui dirait qui actionne les manettes », a déclaré l’ancien ministre de la Communication Issa Tchiroma Bakary à TV5 Monde.
La gestion de cette élection sera donc scrutée de près, tant à l’échelle nationale qu’internationale, d’autant que la fille du président, Brenda Biya appelait dans une vidéo supprimée depuis à ne pas voter pour son père. Ce avant de revenir sur ses déclarations. (Crédits : Kelly/Pexels)
Trois scénarios s’ouvrent alors pour le Cameroun. Le statu quo : Paul Biya est réélu sans contestation majeure, prolongeant la stabilité institutionnelle, mais aussi le blocage politique, le manque de liberté, les arrestations arbitraires… La crise politique : la contestation post-électorale dégénère en répression, avec un isolement international accru et un risque de radicalisation des mouvements sociaux, ainsi qu’une instabilité ressentie chez les pays voisins. Ou bien la transition forcée : un départ naturel ou politique du président ouvre une ère d’incertitude, avec une succession difficile à maîtriser et des luttes internes au sein du RDPC, son parti.
Le 26 février 1885, une conférence prend fin. Elle est celle de Berlin, qui est déterminante pour comprendre le découpage actuel du continent africain. Le but premier est d’éviter de se déchirer, entre Européens, lors de la course à la colonisation. Bien entendu, aucun représentant de l’Afrique n’est présent à la conférence. L’objectif est, déjà il y a 140 ans, les ressources que ce continent offre. Ainsi il sera question d’un accord sur les règles de la colonisation, donc du partage du continent africain. Quel est le contexte de ces années ? Quelles sont les conséquences ? Est-ce la première colonisation ?
Les conflits entre les ethnies africaines ne cessent depuis que sa souveraineté lui est ôtée. L’Afrique dépouillée de sa souveraineté et de son indépendance au profit des puissances occidentales, ici européennes. Le continent est assailli, scindé en colonies de dimensions disparates. Sa physionomie passée sous scalpel chirurgical offre un visage remodelé, sans tenir compte des entités politiques préexistantes. La colonisation débute en 1880. Avant plus de 90 % du continent est dirigé par des Africains. Vingt ans plus tard, l’Afrique entière, hormis le Liberia et l’Éthiopie, est sous domination européenne.
Un partage de l’Afrique sans les Africains ?
Bismarck, un couteau à la main, qui a la volonté de découper un gâteau estampillé Afrique est une image d’Épinal. Or, la rencontre diplomatique de quatorze nations, a tout de même contribué à définir les règles communes pour de futures acquisitions territoriales. Au XIXe siècle, la monarchie de Juillet en France intensifie ses efforts coloniaux avec la conquête de l’Algérie en 1830. Cette entreprise marque le début d’une présence européenne plus profonde sur le continent, dépassant les simples comptoirs côtiers pour s’étendre à l’intérieur des terres.
L’objet de la conférence de Berlin est de procéder au règlement pacifique des litiges aux conquêtes coloniales.
La conférence de Berlin n’a pas pour objet le partage de l’Afrique, mais un mécanisme d’appropriation des ressources. « […] si on regarde les textes et la réalité de ce qui s’est passé à l’époque : il n’y a pas eu de partage de l’Afrique lors de la conférence de Berlin », explique l’historienne Camille Lefèbvre (Institut des mondes africains) en 2010 à DW.
Pour autant l’Allemagne et la France forment le duo concernant l’organisation de ladite conférence. D’ailleurs, les discussions se déroulent en français, selon les règles de la diplomatie internationale de l’époque. Le motif est de déterminer les taxes et barrières douanières établies par le Portugal et le Royaume-Uni à l’embouchure du fleuve Congo.
À mots couverts, la conférence de Berlin se voit attribuer de fixer les conditions de la prise de possession de terres nouvelles, la colonisation sans le dire.
(Crédits : Magda Ehlers/Pexels)
« On donne d’abord à une compagnie privée ou à des commerçants un droit spécial qui lui permet de travailler, de faire du commerce avec telle ou telle région. Et c’est seulement au fil du temps, dans les années 1880 ou 1890, que les États européens ont pris de plus en plus en main, avec leurs propres militaires, avec leur propre administration, des colonies privées », relate Jakob Vogel, professeur d’histoire à l’Université de Cologne à DW.
Quelles sont les conséquences ?
Les puissances européennes établissent des règles visant à éviter les conflits entre elles, lors du partage du continent africain. Cette conférence aboutit à une division arbitraire de l’Afrique, sans considération pour les réalités ethniques, culturelles ou géographiques : le colonialisme républicain. Cela pose les bases de nombreuses tensions et conflits qui perdurent encore aujourd’hui.
C’est à travers quelques points que se dessine le futur. La déclaration sur le commerce dans le bassin du Congo, la traite des esclaves, la navigation sur les fleuves Congo et Niger et les conditions pour occuper de nouvelles terres sur le continent africain.
Les dernières décennies du XIXe siècle, l’Afrique est l’objet de négociations. Des décisions diplomatiques engendrent des commissions envoyées sur place. Un bornage bien qu’européens, certains points sont « le reflet de dynamiques historiques anciennes et propres au continent africain ».
Les violences des conquêtes nommées « pacification », existent dans un but simple : faire taire toute contestation. Au début du XXe siècle, le partage est complet, sauf pour l’Éthiopie et le Liberia qui conservent leurs indépendances.
(Crédits : Erich Röthlisberger/Pixabay)
Tandis que la Première Guerre mondiale est sur le point d’éclater, les frontières des pays en Afrique sont créées. La défaite de l’Allemagne l’oblige à céder ses colonies. La France et la Grande-Bretagne se taillent la part du lion. Le Portugal, la Belgique, l’Espagne et l’Allemagne occupent des territoires moins importants, mais vastes. Les années 1960 voient l’émancipation des pays africains. Les frontières coloniales devenues intangibles sont adoptées par l’Organisation de l’unité africaine (OUA), sauf pour la création du Soudan du Sud en 2011.
Première colonisation de l’Afrique ?
Avant la Conférence de Berlin de 1884-1885, l’Afrique avait déjà été le théâtre de plusieurs vagues de colonisation. Dès le XVIIᵉ siècle, sous l’ancien Régime, des puissances européennes comme la France avaient entrepris des conquêtes coloniales, notamment en établissant des comptoirs le long des côtes africaines pour le commerce des épices, de l’or et des esclaves. Ces premières implantations étaient principalement motivées par des intérêts économiques et stratégiques, visant à contrôler les routes commerciales et à exploiter les ressources locales.
Pour autant l’Histoire indique que la migration des peuples à la recherche de terres fertiles pour leurs survies ne date pas d’hier. Les Égyptiens (vers -3000 av. J.-C.) influent sur la Nubie et le Soudan actuel. Les Phéniciens fondent Carthage (vers -1100), la Tunisie actuelle. L’Empire romain détruit Carthage et annexe l’Afrique du Nord.
Une colonisation arabe du VIIe siècle au XVIe siècle, dû à l’expansion de l’Islam. L’Afrique du Nord est conquise, l’ouest est sous influence pour des routes commerciales transsahariennes.
Les Européens arrivent qu’à partir du XVe siècle. Les Portugais établissent des comptoirs en Afrique de l’Ouest (Cap-Vert, Angola, Mozambique), Espagnols, Hollandais et Britanniques suivent pour le commerce des esclaves ou l’or. (Crédits : L’Illustration/BnF)
Les Français et Anglais prennent pied en Algérie et Égypte. L’Afrique du Sud voit les Hollandais s’installer en 1652, puis les Britanniques en 1806 prennent le contrôle. La France s’empare de l’Algérie de 1830 à sa libération avec les accords d’Évian en 1962. Le canal de Suez est sécurisé par l’expansion des colons britanniques en 1882. L’Afrique est le théâtre de conflits, de guerres de territorialité et de prises de pouvoir depuis la nuit des temps. Mais l’Homme ne retient que sa propre histoire, sans forcément en tirer des leçons pour le futur, et à court terme.
Une proposition de loi en Irak pourrait légitimer le mariage d’enfants. Tout est lié à la jurisprudence chiite et à l’âge de la puberté. Le Code en vigueur est scindé en deux parties. Il régit les dispositions relatives au statut personnel selon la « jurisprudence chiite Jaafari » (statut personnel) et l’autre la « jurisprudence sunnite ». Tant et si bien, qu’un garçon pourrait être marié dès l’âge de 15 ans, tandis qu’une fille dès l’âge de 9 ans. Mais que penser des 35 articles de loi qui restreignent encore les Afghanes et leurs droits à l’existence, à la vie ?
La différence de compréhension des us et coutumes est fonction du Code sur lequel se base chaque pays. En France, le Code civil est le reflet de la société française. Depuis 1804, il organise l’essentiel de la vie quotidienne (nationalité, filiation, mariage, successions, responsabilité civile…). Puisqu’il s’agit des droits des femmes dont il est question que ce soit en Afghanistan, en Irak, en Iran, au Maroc, au Koweït… qu’en est-il en France ?
L’évolution des droits des femmes en France
Lors d’un entretien sur le discours, pour le droit à l’IVG, prononcé par Simone Veil en novembre 1974 à l’Assemblée nationale, Claudine Monteil s’écria « Simone, nous avons gagné ! » Ce à quoi Simone de Beauvoir répondit : « Certes, Claudine, nous avons gagné, mais temporairement. Il suffira d’une crise politique, économique et religieuse, pour que les droits des femmes, nos droits, soient remis en question. » L’évolution des droits des femmes en France s’écrit en plusieurs dates. La première est Olympe de Gouges qui publie en 1791 la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne.
S’en suivent le 29 avril 1945, avec le vote aux élections municipales ; le 27 octobre 1946, « la loi garantit à la femme, dans tous les domaines, des droits égaux à deux des hommes. » ; Germaine Poinso-Chapuis est en novembre 1947 la première femme ministre, il faut attendre 1974 pour voir Simone Veil à la tête d’un ministère ; dès le 13 juillet 1965 « les femmes peuvent gérer leurs biens propres et exercer une activité professionnelle sans le consentement de leur mari. » Autorisées à disposer de l’argent sur leur compte bancaire, sans avoir à demander à leurs maris.
Le 4 juin 1970 autorité parentale conjointe ; 22 décembre 1972, la loi pose le principe d’égalité de rémunération ; 6 mars 1980, Marguerite Yourcenar devient « immortelle » en entrant à l’Académie française.
(Crédits : Christina Morillo/Pexels)
Le 17 janvier 1975, la Loi n° 75-17 autorisant l’IVG, dite « loi Veil » est adoptée pour 5 ans. Elle est définitive par la loi du 31 décembre 1979. Le 23 décembre 1980, la Loi n° 80-1041 donne une définition précise du viol et le reconnaît comme un crime ; 17 juillet 1984, la Cour de Cassation reconnaît pour la toute première fois le viol entre époux en instance de divorce. Le viol entre époux est reconnu par un arrêt de la Cour de Cassation le 5 septembre 1990. Le 4 mars 2024, dernière évolution, l’IVG est inscrite dans la Constitution française. « Votre vie durant, vous devrez demeurer vigilante », concluait Simone de Beauvoir.
Le Code civil, pierre angulaire de la société
Le Code civil dit « Code Napoléon » est composé de trois livres. Le Livre I dit « despersonnes », le Livre II « des biens et des différentes modifications de la propriété » et le Livre III « des différentes façons dont on acquiert la propriété ». Puisque la proposition de loi en Afghanistan sacralise l’âge minimal du mariage, qu’en est-il en France ?
L’article 144 du Code civil dispose que « le mariage ne peut être contracté avant dix-huit ans révolus. » Cependant l’article 145 ajoute que « néanmoins, il est loisible au procureur de la République du lieu de célébration du mariage d’accorder des dispenses d’âge pour des motifs graves. »
En 1905, la loi du 9 décembre sur la séparation des Églises et de l’État assure la liberté de conscience de culte. Chacun est donc libre de pratiquer la religion de son choix comme de ne pratiquer aucune religion.
Concernant le mariage, jusqu’à la Révolution (1789) le droit canonique s’applique. Donc l’âgenubile et majorité matrimoniale est de 12 ans pour les filles et 14 pour les garçons. La loi du 21 septembre 1792 dispose du mariage dès 13 ans pour les filles de 15 pour les garçons. Sous couvert du consentement des parents jusqu’à l’âge de 21 ans.
Cet âge nubile atteint 18 ans pour les garçons dès l’instauration du Code civil en 1804. Celui des filles est de 15 ans. Il faudra attendre la Loi n° 2006-399 du 4 avril 2006 pour que l’article 144 assure l’âge de 18 ans pour toutes et tous.
Puis, le Parlement adopte le 23 avril 2013, la loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe. Elle est promulguée le 17 mai 2013. (Crédits : BnF/Gallica)
Tout cela semble être normal au regard de la « génération Z » (ne pas confondre avec la GEN-Z) et celle en devenir, « Alpha ». Parfois les désobéissances chamboulent et permettent l’évolution des droits. Le manifeste des 343 est un parfait exemple. Piqûre de rappel aux générations Z et Alpha, le simple fait de savoir que porter un pantalon est légalement autorisé pour les femmes seulement depuis le 31 janvier 2013, change la vision du monde.
L’impact sur la vie des femmes en Irak
Dans de nombreux pays au Moyen-Orient comme en Afrique, il existe un code de statut personnel (SP). En 1959, l’Irak se dote du Code de Statut personnel, ce après de nombreux pays tels la Syrie (1953), la Tunisie (1956), le Maroc (1958). Le Code du Statut personnel date du 30 décembre 1959 en Irak (Loi n° 188 du 30-12-1959). Il fera l’objet de neuf amendements (1963, 1978, 1980, 1981, 1985, 1986, 1987, 1994, 1999).
Le généralAbdel Karim Kassem arrive au pouvoir (1958-1963), et la question de codifier le Statut personnel est à nouveau posée. Issu d’un processus commencé en 1947, le Code (Qânûn) du Statut personnel irakien est créé douze ans plus tard.
La volonté de modification ne date pas d’hier. Le projet de loi fondé sur les jurisprudences de l’école Jaafari, par l’imam chiite Jaafar al-Sadiq, est adopté par le conseil des ministres le 25 février 2014. Dix ans plus tard, il est à nouveau d’actualité. La proposition de réforme est celle du député Raëd al-Maliki.
Ce qui sacralise les tensions le mariage. Si la doctrine classique de toutes les écoles s’appuie sur le verset 3 de la quatrième sourate du Coran, la vie moderne impose quasiment partout la monogamie.
C’est plus particulièrement l’âge minimum qui pousse les mères à manifester. Selon le Code le mariage est autorisé à partir de 18 ans. À une exception près. La loi irakienne dispose qu’une fille de 15 ans peut être mariée à condition d’obtenir l’autorisation d’un juge et de la famille (Loi de 1959, Art. 7.). Comprendre ici que la famille est le Wali, soit le père ou tuteur légal.
La volonté de modification du statut personnel impacte la vie des femmes. « Les principales critiques du projet portaient sur la légalisation des mariages d’enfants, la privation des droits fondamentaux des femmes et la confessionnalisation des affaires personnelles », écrit1Sardar Aziz docteur en administration publique.
L’UNICEF rapporte que 28 % des filles sont mariées avant 18 ans. La Mission d’assistance des Nations Unies quant à elle relate que 22 % des mariages non enregistrés impliquent des filles de moins de 14 ans. Ce dixième amendement aurait des effets incommensurables sur les droits des femmes et des filles, alors garantis par le droit international. S’il est appliqué, il autoriserait le mariage de fillettes âgées de neuf ans, les exposant à un risque accru de violence sexuelle et physique, sans oublier les conséquences sur leur santé physique et mentale, ainsi que la privation d’éducation et d’emploi.
Les femmes victimes d’être femmes en Afghanistan
L’Afghanistan est depuis 2021, le théâtre inexorable de privation des droits. La presse comme les politiques sont unanimes, la répression envers la population afghane, et particulièrement les femmes suscitent l’effroi. Depuis la prise du pouvoir des talibans, les femmes perdent un peu plus leur identité, leur existence… Pourtant la photo qui suit révèle une partie de l’Afghanistan des années 60 — 70.
« Il y avait aussi beaucoup de femmes dans les années 1960 et 1970 — même dans les zones urbaines — dont la vie était plutôt régie par le purdah, et qui ne sortait pas pour étudier ne sortaient pas pour travailler », explique Heather Barr, en 2017. Les populations tribales étaient considérablement conservatrices dans le milieu des années 60. Elles représentent environ 90 %.
Une loi composée de 35 articles est annoncée, puis publiée au journal officiel le 31 juillet 2024 par le ministère de la justice taliban. Elle a pour but de « promouvoir la vertu et prévenir le vice ». « Les femmes doivent couvrir leur corps entièrement en présence d’hommes n’appartenant pas à leur famille ». Auquel se rajoute de cacher tout ou partie de leur visage via un masque « par peur de la tentation ». Faut-il échanger les habits pour éviter la tentation ? Faut-il éduquer les hommes à se contenir, s’ils ont peur de céder à la tentation ?
Elles ne doivent pas faire entendre leurs voix en public. Mais l’absurdité ne s’arrête pas là. Les conducteurs de véhicules sont aussi restreints dans leurs libertés : pas de musique, pas de drogue, de transport de femmes non voilées, de femmes en présence d’hommes de leur famille (Mahram). Elles résistent en bravant les interdits pour leurs libertés. (Crédits : Laurence Brun/Gamma-Rapho/Getty-Images)
Mais également, l’adultère, l’homosexualité, les jeux d’argent, les combats d’animaux ou d’hommes (MMA), la création ou le visionnage d’images d’êtres vivants sur un ordinateur ou un téléphone portable, l’absence de barbe ou une barbe trop courte pour les hommes, des coupes de cheveux « contraires à la charia ». L’UNICEF martèle dans le rapport 2023. que « comparées aux filles qui ont uniquement reçu une éducation primaire, les filles qui ont suivi une éducation secondaire sont moins exposées aux risques de mariage d’enfants et de grossesse adolescente. » Quel avenir quand elles n’ont pas accès à l’école, en cette semaine de rentrée scolaire ?
La cérémonie d’ouverture des jeux Olympiques de Paris 2024 a suscité l’émoi. Tout se passe entre le Sacré et le Profane. La controverse naît du possible amalgame entre deux tableaux. La première œuvre « La Cène » de l’Italien Léonard de Vinci, la seconde est « Le Festin des dieux » de l’artiste néerlandais Jan Hermansz van Bijlert. La tension mondiale et la mise en lumière de la France via les jeux Olympiques sacralisent les avis, ravivent les tensions et divisent les individus.
La dispute s’installe avec vigueur lorsque l’on s’installe dans la polémique.1 Ici, elle se situe entre profane et sacré. L’un est dépourvu de caractère religieux, par opposition au sacré. Comme le débat de justice lors du procès de Socrate en 399 avant notre ère. Au XVIIe siècle le profane est celui qui est contre le respect et la révérence qu’on doit aux choses de la Religion. Depuis la loi de séparation des Églises et de l’État du 9 décembre 1905 résulte du respect de chaque croyance, l’égalité de tous citoyens devant la loi, la garantie du libre exercice du culte. L’irrespect de la religion créer plus qu’une polémique dans certains pays, c’est un blasphème.
Deux tableaux, deux ambiances
Cette loi existe en France, comme le droit d’exercer le blasphème. Ce droit est issu de la loi sur la liberté de la Presse du 29 juillet 1881. Elle abroge l’article 1er de la loi du 25 mars 1822. Ce dernier relate le délit d’outrage aux religions reconnues par l’État. En ajoutant que ce soit pas voie de presse ou par tout autre moyen de publication.
Le terme « blasphème » ne revêt pas la même signification entre 1718 et aujourd’hui. Au XVIIIe siècle c’est une parole impie contre l’honneur de Dieu, comme toutes les choses divines et sacrées. Le dictionnaire de l’Académie française définit le blasphème tel que « emprunté du latin chrétien blasphemia, du grec blasphêmia, “médisance, calomnie” ».
Au XVIIIe siècle la définition est « parole impie, discours tenu contre l’honneur de Dieu, ou contre les choses divines & sacrées ». Tandis qu’actuellement est est la « parole qui outrage la divinité ou qui insulte la religion ». (Crédits : USCIRF)
En France, la population peut se targuer d’avoir le droit de blasphémer, voire de rire de tout, peut-être pas avec tous. Dans de nombreux pays, le blasphème est puni sévèrement. Des peines de prison à la peine de mort. Le blasphème est un crime selon les lois dans 84 pays, indique le dernier rapport de la commission américaine USCIRF. « 81 % des cas d’application de la législation par l’État ne concernaient que 10 des pays suivants : l’Arabie saoudite, le Pakistan, l’Iran, la Russie, l’Inde, l’Égypte, l’Indonésie, le Yémen, le Bangladesh et le Koweït. »
Le Festin des dieux
Le tableau réalisé par Jan Hermansz van Biljert au XVIIe siècle représente une scène mythologique où les dieux de l’Olympe se régalent ensemble. L’accent est mis sur le plaisir sensuel et la débauche, éléments souvent associés aux divinités gréco-romaines. L’arrivée de Philippe Katerine en Dyonisos, dieu grec du vin cristallise les réseaux sociaux.
Comme l’explique Fanny Herrero sur France Inter « à aucun moment la référence religieuse n’a été évoquée. Ce n’est pas du tout notre intention. […] C’est un tableau qui a été inspiré par les bacchanales, le Festin des dieux de l’Olympe […] Philippe Katerine incarne Dyonisos, donc on est vraiment dans une fête païenne. »
Les tableaux représentant des banquets sont nombreux. « Le Festin des Dieux» (1514-1529) par Giovanni Bellini et Titien, « Le Banquet de Cléopâtre » (1743-1744) par Giovanni Battista Tiepolo, « Le Festin de Balthazar» (1635) par Rembrandt, « Le Banquet des officiers de la garde civique de Saint-Adrien » (1627) par Frans Hals et « Le Festin dans la maison de Lévi » (1573) par Paolo Véronèse. Cette œuvre de la Renaissance vénitienne, était censé remplacer une Ultima Cena, l’œuvre du Titien, été détruite par un incendie.
La maison de Simon est régulièrement considérée comme le lieu où se déroule l’ultime repas du Christ et des disciples. La réalisation lui vaut une comparution devant le tribunal de l’Inquisition. Elle n’a rien à envier aux lois punissant le blasphème. Les sanctions sont à l’image des délits commis. Elles commencent par la simple pénitence jusqu’à la mort sur le bûcher. Sans oublier, l’amende, la confiscation des biens et le bannissement. La torture est employée pour obtenir des aveux. (Crédits : Par Jan van Bijlert RMN/Stéphane Maréchalle/Wikipedia)
La preuve de culpabilité ou d’innocence au Moyen-Âge est acquise par l’Ordalie. Pour un seul accusé, elle s’effectuait par l’eau froide, l’eau bouillante, le fer rouge et le feu. Lorsque deux personnes sont accusées et se renvoient la responsabilité, un duel à mort s’engage. Auparavant, chacun doit s’acquitter d’une somme suffisante pour couvrir les dépens, amendes et la réparation financière des dommages causés au survivant.
La Polémique
Ah, la polémique. Cette « querelle, dispute qui s’élève sur des questions de théologie, de politique, de littérature, etc., donnant lieu à des échanges publics suivis, à la publication d’écrits », définit l’Académie française. Ce terme du XVIe siècle est emprunté du grec polemikos, « qui concerne la guerre », qui est lui-même dérivé de polemos, « guerre ». En ces temps lointains, la polémique appartient à la dispute. « Il se dit proprement des disputes qui regardent la Religion. »
Elle permet aussi de focaliser l’attention sur un sujet, plus qu’un autre, tel le tour d’un magicien. Elles surviennent dans divers domaines, du politique au social, en passant par le culturel jusqu’au religieux… Elles choquent ou provoquent un débat.
La « quenelle » de Dieudonné (2013-2014) touche les questions de liberté d’expression, des limites, si tant qu’il y en à l’humour et sur les questions de l’antisémitisme. Le Burkini qui couvre les femmes de confession musulmane (2016). Le discours de l’ancien président Nicolas Sarkozy déclenche une polémique avec une seule phrase. « L’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire ». Ou la loi abrogée sur l’interdiction du port du pantalon pour les femmes en 2013. Et dernièrement le pins de la Présidente de l’Assemblée nationale.
La polémique à l’heure du tout numérique est une arme de destruction massive. Il suffit de jouer sur les mots, pour qu’en découlent des maux. (Crédits : Leonardo da Vinci/Milena Magnano/Collana I Geni dell’arte, Mondadori Arte, Domaine public/Wikipedia)
Elles sont des tempêtes dans un verre d’eau. La principale révélation est que le siècle de la communication n’en porte que le nom. Tout comme les documentaires de Maïa Mazaurette pour apprendre aux jeunes à se draguer, à se comporter en réel et non plus à travers des applications. À force de paraître à travers les smartphones, l’être humain devient comme les personnages du dessin animé de Walt-DisneyWall-E. De la polémique à la controverse, il n’y a qu’un mot.
Ce qui a engendré des conflits tels que l’affaire de Fachoda, l’incident de Sarajevo qui déclenche la Première Guerre mondiale. Celui du golf du Tonkin, comme la guerre des Malouines. Ce qui est sûr, c’est que la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris 2024 a défrayé la chronique, tant sur les réseaux que dans les chaumières, en France comme partout ailleurs. Peut importe que vous ayez aimé ou non, elle restera dans les mémoires, comme la cérémonie de clôture, car elle a provoqué un sentiment.
Les malfaiteurs jouent sur la corde sensible… et sur la pénurie de produits de chauffage : bois et granulés. Le 9 janvier 2023, trois hommes âgés de 28 à 32 ans ont été condamnés par le tribunal judiciaire de Rennes pour « escroquerie en bande organisée » et « blanchiment ». Ils sont condamnés à de l’emprisonnement ferme et des interdictions du territoire français. Entre janvier 2022 et juillet 2023, les trois individus avaient mis en place un réseau frauduleux de vente de bois de chauffage à prix cassé. Le montant de l’arnaque est au minimum de 100 000 euros.
L’affaire débute en avril 2022. Suite à une première plainte déposée pour une simple valeur de 115 euros, les gendarmes du Finistère et la section de recherche de Rennes ont mené l’enquête. Leurs analyses mettaient en lumière une escroquerie d’ampleur internationale. Les trois condamnés avaient mis en place un réseau frauduleux de vente de bois de chauffage à prix réduit via la création de faux sites marchands. Leurs prix cassés offraient une offre particulièrement attractive sur un marché empreint de pénurie.
18 et 30 mois de prison pour trois hommes
Nadjiboulaye Kondoli est condamné à une incarcération de 30 mois avec une interdiction de 5 ans du territoire français. Ahmed Kondoli, son frère écope de 18 mois de prison avec sursis, tout comme Coffi Hounsa le troisième condamné, tous Béninois d’origine. C’est le délibéré dans le procès de l’affaire du bois de chauffage rendu ce mardi 9 janvier par le Tribunal Judiciaire de Rennes.
Ils faisaient payer leurs clients par virement sur des comptes bancaires numériques à l’étranger, et changés régulièrement. « L’argent alimentait au final au Bénin des comptes. L’argent était ensuite retiré dans des distributeurs automatiques de billets », explique le Procureur de la République à Rennes, Philippe Astruc.
Ces sites frauduleux se multiplient à grandes échelles, pour disparaître aussitôt les méfaits établis.
Et pour les consommateurs qui se font avoir, peu de recours : « lorsqu’on fait un virement volontaire, on ne peut pas être remboursé par sa banque », relate Jacques Fleury, vice-président de l’association Ufc-Que Choisir à Nancy.
(Crédits : Librexpression)
D’autres propositions peuvent avoir l’air alléchante, comme celle ci-dessus de la marque Énergie Matériaux. L’offre au vu de la pénurie est imbattable. Une personne se renseigne, et contacte le site marchand. Le service client répond, tout semble normal. Après avoir effectué la commande et procéder au virement, silence total. Puis s’en suivent maints appels, le site n’est plus en ligne. « Vous avez été redirigé vers cette page […] bloquée par la DGCCRF pour vous protéger ». (NDLR. Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes)
Comment se protéger ?
Le témoignage d’un client est sans appel, un parmi tant d’autres. « Après un virement effectué pour achat 70 sacs de granulés […] demande de rajouter 69 euros sous prétexte que les prix ont augmenté […] marchandise non livrée et non remboursée […] plainte déposée au commissariat […] ». Quelques petites habitudes pour déterminer si vous avez à faire à un véritable commerçant, artisan… les mentions obligatoires sur un site WEB.
L’entreprise doit être enregistrée au registre du commerce, elle doit posséder un numéro d’identification mentionné sur le site.
Recherchez les mentions légales, pour une personne physique (microentreprise ou entreprise individuelle) le prénom et le nom de la personne responsable doivent apparaître. Pour une société, la dénomination sociale, sa forme juridique et le montant du capital social.
Pour les activités commerciales, le numéro d’inscription au registre du commerce et des sociétés (RCS) et au registre national unique des entreprises (RNE). Mais également le numéro individuel d’identification (le numéro de TVA intracommunautaire) le cas échéant.
(Crédits : capture d’écran/DGCCRF)
Un smartphone de dernière génération neuf à moitié prix, des vêtements de luxe au prix d’une baguette de pain… sont des arnaques. Personne n’est à l’abri, les malfaiteurs sont de plus en plus compétents dans le maquillage de sites WEB. « Ça n’arrive pas qu’aux autres ». Si vous êtes victime de ce type d’arnaque, n’hésitez pas à faire un signalement de l’entreprise auprès de la DGCCRF sur la plateforme signal.conso.gouv.fr, conservez les preuves des échanges, les courriels, les SMS… et porter plainte auprès des forces de l’ordre, Gendarmerie et Police nationale.
Souvent citée, régulièrement attaquée, la Cour pénale internationale (CPI) n’est entrée en vigueur que depuis le 1er juillet 2002, grâce au Statut de Rome. Celui-ci est ratifié lors d’une conférence plénipotentiaire des Nations unies du 15 juin au 17 juillet 1998. Il définit les crimes internationaux sur lesquels elle a un pouvoir juridictionnel. Ils sont les crimes de génocide, les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité et les crimes d’agression. Cependant la elle ne peut avoir compétence sur des crimes que si le Conseil de sécurité des Nations unies le lui permet.
Cette Cour prend naissance au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Les premières pierres sont posées le 21 décembre 1947 par la résolution 180 (II) de l’Assemblée générale. C’est le 9 décembre 1948 que les Nations Unies reconnaissaient que « le crime de génocide est un crime international qui comporte des responsabilités d’ordre national et international pour les individus et pour les États ». La Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide du 9 décembre 1948 se rédige en 19 articles. Elle est complémentaire des juridictions pénales nationales. Elle peut exercer sa compétence pour les crimes le plus graves ayant une portée internationale. Elle ne peut, à l’heure actuelle, attenter enquêtes ou procès pour des faits antérieurs à sa création.
Les crimes relevant de la compétence de la Cour
Dans l’article 5 du Statut de Rome, il est définit que la Cour dans sa compétence est limitée aux « crimes les plus graves qui touchent l’ensemble de la communauté internationale ». Elle a donc compétence à l’égard des crimes suivants :
La CPI ne juge pas les personnes tant qu’elles ne sont pas présentes dans la salle d’audience. (Crédits : CPI)
Ainsi dans les crimes de génocides, est considéré tout acte commis dans l’intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux. Sont considérés crimes de génocides :
Meurtre de membres du groupe ;
Atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale de membres du groupe ;
Soumission intentionnelle du groupe à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle ;
Mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe ;
Transfert forcé d’enfants du groupe à un autre groupe.
Concernant les Crimes contre l’humanité, il est cité le meurtre, l’extermination, la réduction en esclavage, le viol, l’esclavage sexuel, la prostitution forcée […] grossesse forcée. Mais aussi la persécution […] pour des motifs d’ordre politique, racial, national, ethnique, culturel, religieux ou sexiste. Et encore les disparitions forcées de personnes, crime d’apartheid…
Ruines de l’hôtel Al-Uruba, à Mogadiscio, en Somalie. Elles sont les traces de deux décennies de guerre civile, (Crédits : Tobin Jones/ONU).
Les limites de la Cour
Le 17 mars 2023, la Chambre préliminaire II de la CPI délivrait deux mandats d’arrêt à l’encontre de Vladimir Vladimirovitch Poutine, Président de la Fédération de Russie et Maria Alekseïevna Lvova-Belova, Commissaire aux droits des enfants. Selon la Cour, ils seraient responsables du crime de guerre de déportation illégale de population (enfants) et du crime de guerre de transfert illégal de population (enfants). Mais ils ne peuvent être jugés que s’ils sont présents devant la Cour. Pas de possibilité d’être jugé par contumace.
Néanmoins, la question devient juridique. Si les mandats s’appliquent aux pays ayant ratifié le traité de Rome, que se passerait-il pour les ressortissants des pays n’étant pas sur la liste ?
Quels sont les pays qui reconnaissent la Cour pénale internationale ? Certains États n’ont ni signé ni ratifié le Statut de Rome. Ils sont par exemple la Chine, l’Arabie Saoudite, l’Inde, l’Indonésie, la Turquie, l’Iran, quand d’autres se retirent tels le Burundi et les Philippines. Ce dernier fait l’objet d’une enquête en cours. (Crédits : Statista)
C’est le cas de la Russie et de l’Ukraine, tout comme le Cameroun, la Chine ou encore les États-Unis. La Cour pénale internationale ne peut enquêter donc qu’auprès des pays ayant ratifié le Traité. Les guerres de l’ex-Yougoslavie, le génocide du Rwanda ont conduit logiquement à l’établissement sous égide onusienne, en 1993, du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY), puis en 1994 de celui pour le Rwanda (TPIR), a été suivi, en 1998, par l’adoption du statut de la Cour pénale internationale (CPI). « La Cour pénale internationale, en tant que juridiction permanente et potentiellement universelle, pourrait à terme assurer des poursuites systématiques pour les pires crimes. Toutefois, son statut entérine le rôle discrétionnaire que le Conseil de sécurité peut jouer en bloquant toute procédure pour une durée de six mois renouvelable indéfiniment », écrit Cécile Aptel, selon l’article16 du Statut de Rome..1
La mésaventure des habitants des Hauts de France, plus précisément à Douai dure depuis le 22 juin 2023. Trois cents foyers de la commune située entre Lens, Valenciennes et Lille, sont coupés du monde numérique, ou presque. Une rupture du réseau de l’ADSL affiche presque deux mois d’existence. Deux mois durant lesquels téléalarmes, lignes fixes, commerces, etc. ne fonctionnent plus, seul résiste le réseau mobile. Ils ne sont pas un cas isolé en France, les vols s’enchaînent sur l’hexagone.
À l’origine du dysfonctionnement, un vol de câbles en cuivre. Sauf que les communes de Douai, Waziers et Masny ont vu le délai de réparation se rallonger. Elle était prévue pour le 21 juillet, puis fin juillet pour avoir une retour à la normale le 18 août 2023. « Il y a eu encore d’autres vols, car le cours du cuivre a explosé », déplore le service communication d’Orange à la Voix du Nord. Les vols perpétrés dans les Hauts de France, le fournisseur historique admet en compter 220 depuis le début de l’année 2023.
À Bazancourt, trois câbles de 300 mètres de 448 paires et un câble de 200 mètres de 224 paires ont été endommagés. Le cours du cuivre grimpe, la disponibilité des câbles pour rétablir la connexion semble être en tension. (Crédits : G.Garitan/Wikipedia)
Ce n’est pas un cas isolé, dans la nuit de dimanche à lundi dernier, c’est dans la Marne que les voleurs sévissaient. Des individus ont tenté de dérober des câbles, sans pouvoir y parvenir. Mais le dommage est réel pour les habitants de Bazancourt, les connexions sont coupées. Les internautes qui n’ont pas basculé sur le réseau fibre sont touchés. Ce qui représente entre 400 et 500 clients d’Orange. La vie est perturbée, des commerces jusqu’à la pharmacie qui ne peut pas effectuer ses commandes de médicaments explique Matti Faye pour France 3 Grand Est. Mais c’est aussi le cas en juillet dans l’Yonne, à Flesselles, à Champlay, à Lorient, Villetelle…
Perturbations sur l’Île Maurice
Cette fois ce ne sont pas des câbles de cuivre, mais de la fibre optique qui est en défaut. Sur lexpress, la journaliste, Olivia Edouard mentionne que « pour les experts, ces perturbations au réseau démontrent une absence de back-up en termes de câbles et la fragilité de l’infrastructure d’internet à Maurice ». Ainsi c’est l’ensemble de la vie quotidienne qui est régi par un « simple » câble. Que ce soit pour une soirée détente devant la télévision, dans le monde professionnel, ou éducatif. L’origine des perturbations serait due à un éboulement dans le Canyon du Congo.
Le navire câblierLéon Thévenin a été mobilisé pour des réparations en eaux profondes, il faudra passablement attendre un mois avant que WACS et SAT-3 ne soient réparés. « Selon une source industrielle, le temps de réparation du WACS est estimé au 8 septembre, sous réserve des conditions météorologiques », révèle Mybroadband. (Crédits : manypossibilities.net)
Mais il n’y a pas que Maurice qui subit les conséquences suite à « un éboulement dans le canyon du Congo a provoqué une rupture des câbles sous-marins à fibres optiques WACS et SAT-3 », rapporte Mybroadband. L’incident qui s’est produit dimanche 6 août 2023 touche le continent africain. Le West Africa Cable System (WACS) représentait près de 40 % de la fibre optique sous-marine qui atterrit en Afrique du Sud. « Ce qui est curieux dans cette série de ruptures de câbles sous-marins de la côte ouest, c’est que le WACS n’est plus la liaison à plus haute capacité entre l’Afrique du Sud et l’Europe », interroge Jan Vermeulen pour Mybroadband.
La recrudescence des attaques par codes malveillants est légion sur les sites de fuites. Sur les deux derniers jours, 20 et 21 juin 2022, LockBit 2.0 affiche neuf nouvelles victimes après avoir diffusé entre autres des données de la direction générale des impôts du Mali. Clop en revendique plus de 130 avec la propagation des renseignements exfiltrés, dont le cabinet d’avocats LafournerieWolfrom comprenant 91 dossiers d’un total de 61 949 Mo d’informations sensibles compressées.
De très nombreuses pièces de la direction générale des impôts du Mali, des listes de sociétés avec des comptes quant aux règlements effectués, des pénalités, des succursales de compagnies européennes avec leurs données, des fiches de déclarations, des manuels ou des procédures ont été exfiltrées et diffusé. Le continent africain est touché par la cyberattaque effectuée par les opérateurs derrière le ransoware LockBit 2.0, mais pas seulement. AvosLocker a ciblé l’entreprise CR2.
AvasLocker produit, en preuve des courriels d’actionnaires, tous les utilisateurs de l’annuaire actif avec leurs noms, titres, numéros de téléphone et e-mails de CR2. L’Amérique du Sud semble être une cible particulière. (Crédits : capture d’écran)
Elle est une société irlandaise de logiciels bancaires qui fournit des technologies de services financiers mobiles, Internet et ATM à plus de 100 institutions fiduciaires de détail en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie. Parmi ses clients figurent ANZ, Barclays, Standard Chartered, Botswana Savings Bank, Jordanian Bank al Etihad, la banque panafricaine Orabank, ainsi que Access Bank PLC et Diamond Bank au Nigeria.
Alphv/BlackCat fait subir une cyberattaque au lycée public et américainPlainedge, à North Massapequa, État de New York. Des documents diffusés dévoilent des problèmes de santé, avec les prénoms et noms, mais aussi les civilités, téléphones privés, e-mail des différents personnels de l’établissement. (Crédits : Capture d’écran)
LockBit 2.0 menace de diffuser les informations de la pharmacie Cirici située à Barcelone, avec peut-on imaginé des données inhérentes à la santé et les différents traitements de nombreux Espagnols. Au Pérou, à 300 kilomètres de Lima la capitale, la société Agricola Andrea est une victime au tableau de chasse. Elle emploie 3 145 personnes et exporte dans 32 pays, ce qui permet de collecter des renseignements de clients, pour effectuer des méfaits. Sigma Alimentos, entreprise mexicaine a subi une cyberattaque, dont plus d’1 TB serait diffusé. Elle propose des aliments réfrigérés dans plus de 18 États, et autant de clients. En Allemagne, la société de géothermie Build-It Construction. L’entreprise Rhenus qui offre des solutions de fret international répondant aux exigences de l’environnement de la chaîne d’approvisionnement sud-africaine, également touchée. Le complexe hôtelier situé à quelques kilomètres de Montpellier, Plage Palace à Palavas-les-Flots fait aussi partie des victimes.
Elles sont deux banques à avoir informé leurs usagers de dysfonctionnement informatique ces derniers jours. La cyberattaque de la banque centrale de Tunisie, est revendiquée par le ransomwareConti, concernant celle de la République d’Haïti (BRH), qui affichait une anomalie encore le 30 mars 2022, aucune doléance à l’heure actuelle. Au sein du même pays, la banque de l’union haïtienne subissait depuis le début du mois de décembre 2021, du moins ses clients de fraudes à la carte bleue.
Conti revendique sur son site de fuite l’attaque de la banque centrale de Tunisie, qui eut lieu le 23 mars 2022. L’organisme bancaire annonçait hier 30 mars, que les premiers éléments de l’enquête ont confirmé que toutes les informations sont saines et sauves et que l’attaque a touché les serveurs de l’interface du site. Le serveur mail et le guide ont été la cible de piratage. « Cette attaque a été maîtrisée grâce aux efforts coordonnés entre les services de la BCT et ceux de l’Agence nationale de la sécurité informatique (ANSI). Toutes les données du système d’information de la BCT sont intègres et intactes », soulignait-elle dans un communiqué.
Dans le fichier Hosts.csv est indiqué, sur 1560 lignes, les DNS Host names indispensables pour que les administrateurs des systèmes puissent identifier la machine sur laquelle ils doivent intervenir. De plus, sont stipulés les OS des systèmes d’information, dont certains sont encore sous Windows XP. (Crédits : capture d’écran)
« Le site de la banque centrale de Tunisie a été réactivé dans la soirée de dimanche 27 mars 2022 », renseignait Tuniscope. De l’autre côté de l’Océan Atlantique, non loin de Cuba, de la Floride, et de la République dominicaine, les banques de la République d’Haïti souffrent. Déjà en décembre 2021, plusieurs consommateurs de la Banque de l’Union haïtienne (BUH) témoignaient d’avoir été victimes de piratage sur leurs comptes bancaires, notamment via Mastercard. En janvier 2022, l’organisme cernait les problèmes. « Nous savons combien de clients ont été victimes ainsi que les montants en question (…), mais cette information est interne et confidentielle à la banque et ne peut être divulguée », explique ArielleTovarLévêque, du département de marketing et de communication de la BUH au journaliste JamesonFrancisque.
Les données exfiltrées par les opérateurs derrière le ransomware Conti fournissent de précieuses indications critiques sur les différents systèmes d’information de la banque centrale de Tunisie. Microsoft a mis fin au support le 8 avril 2014 pour XP. Entre autres, il n’y a plus de mises à jour et la base virale de WindowsDefender n’est plus gérée. (Crédits : capture d’écran)
En quelques secondes seulement, admettait la BUH, ce sont plus de 400 comptes ciblés. Ces transactions, comme c’est le cas pour John Ronard, ont eu lieu dans des pays lointains : Hong Kong, Nigeria, Singapour, Australie… Les informations volées ont été revendues sur le Darknet, ce qui a engendré d’autres attaques sur une même carte. Ainsi, en moins d’une minute, des centaines d’autorisations ont pu être obtenues par les hackers.
La peur envahit la République d’Haïti et ses habitants, déjà victimes de fraudes à carte bancaire en décembre 2021. Il y a 3 jours, « le site de la Banque de la République d’Haïti (BRH) n’est plus accessible depuis la matinée de ce lundi 28 mars », informait TripFoumiEnfo
« Chat échaudé craint l’eau froide », stipule l’adage. C’est en ce sens que TripFoumi avertissait que « le site de la BRH inaccessible, on craint qu’il ne s’agisse d’un piratage informatique […] TripFoumi Enfo a tenté à maintes reprises d’accéder au site de ladite banque. Peine perdue. Il semble avoir une panne technique. Notre rédaction a aussi vérifié les pages Twitter et Facebook de la BRH. Aucune information y relative n’a été communiquée. Du piratage ? On ne le sait pas. Mais cela est inquiétant, quand on sait qu’il s’agit de la Banque centrale du pays. » Même constat chez HaïtiStandard, « au moins une banque commerciale du pays était l’objet de piratage informatique, durant les jours passés. Ce qui avait provoqué une grogne chez des habitants de certaines communes situées dans le département de l’Ouest. La BRH serait-elle l’objet elle aussi de piratage? Une affaire à suivre… »