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  • « Quand je dirai ça à ma femme »

    « Quand je dirai ça à ma femme »

    Parfois, la durée d’une situation aussi courte soit elle vous marque à jamais. Elle crée en peu de temps un souvenir mémorable qui restera gravé, bien des années plus tard. Les séries « Columbo », « Amicalement vôtre », « Chapeau melon et bottes de cuir » sont emblématiques d’une époque. J’imagine facilement que vous vous rappelez votre premier jour de collège, votre premier baiser, le cadeau merveilleux que vous eussiez espéré un soir de Noël ou d’anniversaire, le premier chagrin, la première chute… Mais comment se forment ses souvenirs ?

    Ah ! La mémoire ! Quel outil magnifique, malléable et façonnable ! Utile à l’écolier, au physionomiste d’une entrée de discothèque, d’un musée… Puis, avec les années, ils s’envolent, se raréfient. Mais que sont-ils ? Des moments de bonheur s’ils sont partagés.

    Parler pour ne rien dire et s’en souvenir

    Le lieutenant Columbo, policier de la brigade criminelle de Los Angeles, est un personnage de fiction mythique. Avec son air nonchalant, son aspect négligé, un fouillis capillaire ordonné, et cette phrase désormais culte « Quand je vais dire ça à ma femme », pour les plus de 30 ans. Par ailleurs, l’épouse de l’acteur apparaîtra à l’écran à différentes reprises, mais aucune fois vous ne verrez l’épouse du lieutenant. Elle fait partie de votre mémoire, sans n’avoir jamais existé.

    Cette expression est issue du soap-opéra aux 13 saisons et 129 épisodes. Le premier date du 20 février 1968 sur la chaîne NBC, et se clôture le 30 janvier 2003 sur ABC. Le personnage joué par Peter Michael Falk a tenu en haleine de nombreux téléspectateurs à travers le monde. Le concept était original, car la série commence toujours par le meurtre et chacun suit, pas à pas, son enquête. Tout autant le sobriquet du Basset Hound paresseux comme pas deux, « le chien ». Avez-vous d’autres souvenirs de cette série ?

    Ce n’est pas un hasard si elles ressurgissent intactes, parfois au détour d’une phrase ou d’un générique. Elles activent ce que les neurosciences appellent la mémoire émotionnelle et la mémoire procédurale : celle qui ne passe pas par l’effort conscient, mais par l’automatisme. Une musique, une silhouette, une réplique suffisent à réveiller tout un faisceau de réminiscences.

    (Crédits : NBC Televisions)

    Le cerveau associe alors images, émotions, contexte et sensations, les reliant dans des réseaux neuronaux durables. Ainsi, Columbo ou Amicalement vôtre ne sont pas seulement des objets culturels ; ils deviennent des déclencheurs mnésiques, des raccourcis vers un passé partagé. La fiction, bien écrite, ne s’efface pas : elle s’imprime. Selon la génération, certains évoquent Le Prisonnier, d’autres Game of Thrones, Breaking Bad, The Boys, Entrevias ou L’Agence tous risques… Aussitôt, des images surgissent : un générique fredonné sans y penser, un canapé un peu usé, un rendez-vous tacite à heure fixe.

    Ces soap-opéras ne se regardent pas distraitement. Ils rythment les semaines, accompagnent l’enfance ou l’adolescence, et laissent derrière elles des traces tenaces, presque tendres. Ils appartiennent à ces souvenirs qui reviennent sans prévenir, chargés d’odeurs, de silences et d’émotions intactes.

    Amicalement vôtre, ou en anglais « The persuaders », est une série britannique de 24 épisodes de 50 minutes diffusées entre le 17 septembre 1971 et le 25 février 1972. Elle le sera en France, sur la deuxième chaîne, qui deviendra Antenne 2 le 6 janvier 1975. Elle met en scène deux individus riches et quelque peu désœuvrés. L’aristocrate britannique Lord Brett Sinclair, quinzième du nom, incarné par Roger Moore, puis Daniel Wilde dit « Danny », personnage interprété par Tony Curtis. (Crédits : DR)

    Acteurs, série, culte

    Lorsque vous écoutez le générique de la série, elle évoque des souvenirs de votre enfance, non ? Une dernière, où les héros et antihéros se côtoient, « Chapeau melon et bottes de cuir ». La bande-son doit ouvrir vos écoutilles. Vous plongez un dimanche après-midi, chez vos grands-parents. Notre mémoire peut enregistrer un événement, une phrase, une action, un automatisme… en seulement quelques secondes. Toutes nos réminiscences sont liées aux neurones. Précisément la mémoire se compose de cinq systèmes interconnectés, avec des réseaux neuronaux distincts. Je vous sens largués, pas de panique, j’explique !

    La création de souvenirs

    La mémoire est semblable à une recette de gâteau, elle contient plusieurs constituants. Ainsi, les ingrédients sont rangés à divers endroits du cerveau. Comme le sont le sucre, les œufs, le yaourt, la farine et la levure sont rangés dans un placard, chacun à sa place. Une situation enregistrée sera décomposée en odeur, son, goût, image, et toucher. Ainsi, sentir le parfum de l’aimée sur vos vêtements, et son visage vous apparait. L’hippocampe, pas le poisson, fixe ces informations et peut le relier entre elles, afin de créer le souvenir.

    Seahorse, hippocampe, ocean

    L’Hippocampe est le siège de bien des rêves. Concernant celui se trouvant dans nos océans, il possède la particularité de la gestation. A contrario des êtres humains, c’est la femelle qui pond et dépose les œufs dans la poche ventrale du mâle.

    Revenons à nos moutons. L’influx nerveux sert à restituer l’anecdote passant de neurone en neurone grâce à des molécules, fondant les traces mnésiques. La répétition crée des liaisons entre neurones ; elle est plus efficace lorsque le sujet à mémoriser suscite de l’attention, de l’intérêt ou des émotions. Dans un système d’information, l’indexation permet de trier ses données. Relier les souvenirs et apprentissages disparates au cours de son existence s’avère nécessaire, pour que les nouvelles infos se greffent aux autres savoirs. Ainsi, vous vous remémorer des mots de passe compliqués, ou des phrases de codes pour entrer dans un club privé ou clandestin à l’époque d’Al Capone.

    À cette alchimie s’ajoute la distinction entre les différentes formes de mémoire. La mémoire épisodique conserve les scènes vécues, situées dans un temps et un lieu précis : un parfum, un rire, un soir d’été. La mémoire sémantique, elle, emmagasine les connaissances, les mots, les concepts, indépendamment de leur contexte d’acquisition. Quant à la mémoire procédurale, elle agit en silence : elle permet de marcher, de conduire, de taper un code sans y penser, comme un courant marin discret, mais constant. Enfin, la mémoire perceptive s’ancre dans les sens ; elle reconnaît une voix, une silhouette, une musique, parfois avant même que la conscience ne s’en mêle.

    Ainsi, le souvenir n’est jamais une entité figée. Il ressemble davantage à une mer intérieure, traversée de courants, de strates et de reflux. Chaque rappel modifie légèrement la trace initiale, comme une vague redessine le rivage. En médecine, on sait que l’émotion joue ici un rôle clé : elle agit comme un catalyseur biologique, facilitant la consolidation mnésique par des mécanismes neurochimiques précis. Ce que l’on ressent intensément s’imprime plus profondément. Le cerveau juge l’information digne d’être conservée. (Crédits : Redforest_Nate/Pixabay)

    C’est pourquoi certaines réminiscences ressurgissent sans effort, tandis que d’autres s’étiolent. La mémoire ne se contente pas de stocker : elle sélectionne, hiérarchise, oublie. Et cet oubli n’est pas une défaillance, mais une fonction vitale. Comme l’océan ne conserve pas chaque vague, le cerveau ne peut tout retenir. Il ne garde que ce qui fait sens, ce qui relie, ce qui touche.

    Les poupées russes de la mémoire

    Le premier jour d’école, le premier baiser, ou encore le tout nouveau vélo, toutes ces informations sont issus de cinq systèmes interconnectés, impliquant des réseaux neuronaux distincts, et composant la mémoire.

    1. La mémoire de travail est au cœur du système.
    2. La mémoire sémantique et la mémoire épisodique sont deux systèmes de représentation consciente à long terme.
    3. La mémoire procédurale permet des automatismes inconscients.
    4. La mémoire perceptive est liée aux différentes modalités sensorielles.

    On entend parfois le terme « mémoire à long terme », qui dépeint toutes les mémoires sauf celle du travail, également appelé « opérationnelle ». Cette dernière est celle du présent (ou à court terme), octroie de manipuler et s’approprier des informations pendant la réalisation d’une tâche ou d’une activité, ce qui est nécessaire lors d’un apprentissage. On la sollicite en permanence.

    Quand vous rencontrez votre crush et que votre batterie de smartphone est vide, tout est fini ! Que nenni ! C’est grâce à elle que vous retenez son numéro de téléphone le temps de le noter. Vous répétez intellectuellement les nombres en recourant à une boucle phonologique, ou bien par la méthode d’image mentale, simple, non ?!? Les informations qu’elles véhiculent peuvent être rapidement effacées, ou stockées dans la mémoire à long terme, c’est la mémoire tampon. Comme l’explique le film Vice-Versa avec les différentes boules de couleurs.

    Le processus suivant use deux types de mémoires étroitement imbriquées l’une dans l’autre, la sémantique et l’épisodique. La première est celle du langage, des connaissances sur le monde et de soi. Elle s’érige et se réorganise tout au long de notre vie. Les rencontres, l’apprentissage et la mémorisation de concepts génériques (sens des mots, savoir sur les objets), et individuels (savoir sur les lieux, les personnes…) sont essentiels à sa construction. L’épisodique est celle des moments vécus. Quand l’oncle baroudeur raconte à table ses péripéties de voyage, il l’utilise.

    (Crédits : Disney/Pixar)

    Dessin animé, Disney, vice-versa

    Elle permet de nous situer dans le temps et l’espace et, ainsi, de se projeter dans le futur. « Dans sa forme typique, la maladie d’Alzheimer débute généralement par une atteinte précoce de la mémoire épisodique (ou souvenir des événements personnellement vécus dans un contexte spatio-temporel particulier), qui s’étend à d’autres domaines de la cognition, et dont la sévérité est telle que la réalisation des activités de la vie quotidienne s’en trouve perturbée », soulignent Jessica Simon et Christine Bastin. La mémoire épisodique se constitue entre les âges de trois et cinq ans. Les détails précis disparaissent progressivement, tandis que les traits communs à différents événements vécus deviennent petit à petit des connaissances générales.

    Les automatismes de la vie

    La mémoire procédurale est celle des automatismes. Elle nous offre de conduire, de marcher, de manger, de faire du skate-board ou de jouer de la musique sans avoir à réapprendre à chaque fois. Tous ces processus s’effectuent de manière inconsciente. Personne ne peut vraiment expliquer comment nous tenons en équilibre sur une bordure de trottoir sans tomber.

    Plage, soleil, été

    La dernière et pas la moindre, s’appuie sur nos sens et fonctionne la plupart du temps à l’insu de l’individu. Elle permet de retenir des images ou des bruits sans s’en rendre compte. C’est elle qui permet à une personne de rentrer chez elle par habitude. C’est elle qui, après un déménagement, nous amène à nous retrouver au pied de l’ancien immeuble fortuitement.

    Cette mémoire permet de se souvenir des visages, des voix, des lieux. Avec la mémoire procédurale, la mémoire perceptive offre à l’humain une capacité d’économie cognitive, qui lui autorise de se livrer à des pensées ou des activités spécifiques tout en réalisant des tâches devenues routinières. Ainsi, vous pouvez entendre l’impact sur la mémoire procédurale (visages, voix…), et l’épisodique avec la disparition des mouvements inconscients de la vie quotidienne, de la maladie d’Alzheimer. (Crédits : Pixabay/Pexels)

    Les vacances permettent de créer des toiles de fond, des premières fois, des expériences agréables. La seule vue d’une plage peut nous transporter à ces instants gravés dans notre cerveau, notre mémoire, une fois rentré chez nous.
    « N’attendez pas que vos souvenirs s’effacent, que les personnes auxquelles vous tenez obscurcissent les leurs, pour partager des moments heureux de la vie ! »

  • C’est mon point de vue !

    C’est mon point de vue !

    Exprimer son point de vue est une chose naturelle, et essentielle. Pour autant, cette insignifiante démarche peut engendrer de nombreuses et fâcheuses querelles, envolées lyriques, noms d’oiseaux… Il arrive en certains cas que le français joue des tours aux utilisateurs de la langue de Molière. L’exemple de l’Opéra est criant de vérité. Il est à la fois, une pâtisserie, un art et un lieu. L’écoute active est donc primordiale pour une réelle compréhension, évitant tout quiproquo malencontreux.

    Tandis que sonne midi à la comtoise, les verres s’entrechoquent joyeusement de ses retrouvailles tant attendues. L’odeur des châtaignes grillant dans l’âtre de la cheminée embaume la demeure de l’amphitryon. La pluie automnale vague nos souvenirs estivaux, il faut dire que dame Nature, en ce mois d’octobre, nous amène à ressortir nos pulls et écharpes en laine. Une ambiance chaleureuse règne grâce aux mets et vins de très bons crus. Le « Baccalà al pomodoro » s’annonce, c’est à cet instant que l’orage se mit à gronder.

    Je suis sûr d’avoir raison

    « Génial, mon plat préféré, tomate, pomme de terre, cabillaud et… », s’exclama M Phot.

    « Qu’est-ce que tu racontes ? Ce n’est pas du cabillaud, mais de la morue », affirma Mme Kharéson, en l’interrompant.

    Il s’en suit une algarade, jusqu’à saisir le dictionnaire pour juger de l’affaire. Chacun restant ferme sur sa vision du patronyme du poisson, tandis que le mets alléchant aux fumets délicats attiédissait, au grand dam des convives. Le couperet tomba, morue et cabillaud sont un même et unique individu, l’honneur est sauf, et le plat, froid.

    Plat, poisson, sud

    Baccalà al pomodoro, est un plat typique de la cuisine italienne de la mer. Deux s’opposent, chez les champions d’Europe, au nord, se dégustent « baccalà à la vénitienne » ou la version rouge, plus répandue au centre et au sud d’Italie, avec comme recette phare : « baccalà à la livournaise ».

    Le poisson issu de la famille des gadidés (Gadus morhua) vit en Atlantique Nord, du Canada à la mer de Barents. Le nom morue vient du breton mor (mer) et du vieux français luz (brochet). Cabillaud est une altération du mot bacalao, qui signifie morue en espagnol. Mais alors, quelle est la différence entre les deux ? Pour faire simple, le cabillaud se mange frais ou après décongélation, tandis que la morue est salée et séchée. (Crédits : DR)

    « Comme la panthère et le léopard », affirme Conception Santos, bru et banquière de métier.

    « Quoi ?!? », répondent collégialement les commensaux.

    « Eh bien… La panthère, ou le léopard sont le même animal. Ils sont de la famille Panthera Pardus et possèdent des tâches de rosettes sur le corps. Je vous vois venir, ce n’est ni un saucisson, ni un vin de Bergerac, ni la marque d’officier de la Légion d’honneur », continue Conception.

    En effet, une rosette est une marque, ou formation en forme de rose que l’on trouve sur la fourrure et la peau de certains animaux, notamment les chats. Les rosettes s’emploient pour se camoufler, se défendre. Les prédateurs utilisent la leur pour simuler les différents changements d’ombre et de lumière, ce qui les aide à rester cachés de leurs proies.

    Est-ce nécessaire de changer de point de vue ?

    Ainsi, Romain Frayssinet amène un éclairage plus qu’important sur le point de vue et le recul que tout un chacun devrait avoir. « Si admettons, là, je fais une chronique où je dis que pour combattre le coronavirus, il faut que tout le monde se mette un petit oid’ dans le uc ». Il y a au moins une personne qui va commenter : enfin ! Voilà ! Quelqu’un qui parle des vrais trucs ! »

    Défendre son point de vue peut par conséquent engendrer de la violence. Imposer sa pensée est une sorte de pouvoir, où l’effroi est très efficace en persuasion. La société voudrait que, lorsqu’une majorité d’individus songe à une même et seule chose, cette frange de la population détienne la vérité. La première séquence du film « Les Temps modernes » de Charlie Chaplin (1936) est sans équivoque. Il y fait une référence à la légende de Panurge, ami du géant Pantagruel, de François Rabelais.

    Ne pas rester figé sur ses positions

    Ainsi, il n’hésite pas à ouvrir son film en associant, par un fondu enchaîné, l’image d’un troupeau de moutons avec celle d’une foule sortant du métro. Il compare ces ouvriers se rendant à leur travail à un cheptel destiné à l’abattoir, qui, sans aucune réflexion, suive le mouvement général. Les personnes qui ont des opinions différentes peuvent susciter de la peur et de l’incertitude chez les gens bien-pensants. Comme Didier van Cauwelaert écrit, dans « L’Évangile de Jimmy », « Le doute, c’est le point de départ de l’intelligence ! ». Le plus célèbre cas est l’affaire dite de Galilée. Ce procès est l’enquête et la condamnation du savant astronome par l’Inquisition pour avoir dénigré le géocentrisme et soutenu l’héliocentrisme. L’Histoire lui donne raison.

    « Un point de vue, si tu te déplaces, ça change ». Il est biaisé par notre conception de vie, du fait d’être heureux, affamé, frileux, courageux… Notre perception, nos croyances, nos expériences, nos connaissances nous influencent. Comment se rendre compte qu’au niveau de la France, la vitesse de rotation de la Terre est d’environ 1100 kilomètres par heure. Aux pôles, elle tombe à seulement trois tandis qu’à l’équateur, elle atteint 1 600 kilomètres par heure. Alors que nous ne ressentons aucune sensation de rapidité. (Crédits : Marek/Pexels)

    « T’es foncedé, tu jettes quelqu’un par la fenêtre, bah… t’as jeté quelqu’un par la fenêtre », lance l’humoriste. La manière dont on voit la réalité ne la change en rien. Comme l’expression « tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler » est un doux euphémisme. Le canal de nos sens, de nos compréhensions du monde sont influencés et aseptisés à nos différents ressentis, à moins de laisser libre cours à notre intuition. « Comme si on passait notre vie à voir le monde au travers d’une serrure, et le jour où tu prends ce recul, la question, ce n’est plus à quoi ressemble le monde, mais est-ce qu’on peut ouvrir la porte », conclut Romain Frayssinet. « Ne vous limitez pas à voir à travers cet espace restreint, mais ouvrez vos champs de perceptions en prenant du recul, doutez de tout, et observez ainsi le monde d’un œil neuf. »

  • Prenez garde à l’usurpation de vos e-mails

    Prenez garde à l’usurpation de vos e-mails

    Le 10 juillet 2021, une enquête, débutée il y a plus d’un an après de multiples plaintes, a débouché sur l’arrestation de seize personnes à travers toute l’Espagne. Les prévenus sont détenus pour des délits présumés de fraude et d’appartenance à une cellule criminelle. La « Guardia Civil » a démantelé un réseau d’escroqueries sur Internet qui usurpaient l’identité de la direction générale de la circulation (DGT) et de la Poste, entre autres. Des techniques de phishing et de spoofing sur de nombreuses victimes sont mises en place.

    Une opération de Police aboutie à l’arrestation de 16 personnes à travers la péninsule ibérique. De l’usurpation d’identité aux courriels, pour détourner de fortes sommes d’argent à l’insu des victimes. « Aguas Vivas » de la Guardia Civil (Gendarmerie en France) triomphe d’une entente de malfaiteurs dédiée à la réalisation de malversations sur Internet.

    La Guardia Civil démantèle un réseau d’escrocs

    Cette opération a permis l’arrestation de 16 personnes dans diverses villes de la péninsule Ibérique. Elles s’effectuent à Ribeira, Madrid, Parla et Móstoles, Seseña, Villafranca de los Barros et Aranda de Duero pour les délits présumés d’escroquerie et d’appartenance à une organisation criminelle. Ils recouraient au spoofing (technique d’usurpation d’adresse de courriel), selon les forces de l’ordre espagnoles.

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    L’agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) la définit par l’« action malveillante qui consiste à utiliser délibérément l’adresse d’un autre système en lieu et place de la sienne ».

    Les gendarmes de l’Internet ajoutent que cette action doit être rapprochée de l’usurpation d’identité, considérée comme un délit par le droit pénal français. L’idée est de faire passer son système d’information pour un autre. L’adresse usurpée peut être une adresse MAC (Media Access Control), une adresse IP (Internet Protocol), une adresse de messagerie, etc.

    Le nombre d’e-mails envoyés par jour avoisine les 293 milliards en 2019, les prévisions pour l’année 2022 ciblent 347 milliards. Cela représente 1,4 milliard en France, sachant que chaque français possède, en moyenne, plus de deux comptes. (Crédits : PublicDomainPictures/Pixabay)

    Un groupe criminel structuré et hiérarchisé. Les escrocs présumés auraient installé un « logiciel » malveillant sur l’ordinateur de leurs multiples victimes en utilisant cette technique de spoofing. C’est-à-dire l’envoi frauduleux d’e-mails à travers lesquels les attaquants supplantaient l’identité d’organismes, tels que l’Agence des impôts, le Trésor public, la DGT ou encore la Poste.

    Des demandes de règlement de dettes fiscales, d’amendes routières ou de récupération de colis… pour lesquels ils devaient ouvrir un lien contenu dans le courriel reçu, pour en connaître les détails. En cliquant, une redirection s’opère à une adresse, ou à une page Web. Sur celle-ci, le programme malveillant s’installe en arrière-plan après son téléchargement. Ils auraient ainsi réussi à détourner, vers leurs comptes, d’importantes sommes d’argent, rapporte le communiqué de la Guardia Civil.

    Les services de la Benemérita lors de la perquisition d’un domicile visé par l’enquête. (Crédits : DR)

    L’association est parfaitement structurée et hiérarchisée en quatre échelons. D’une part, certains individus se consacrent à recevoir les montants des transferts frauduleux (niveau 1), qui sont transmis à d’autres membres de l’organisation (niveau 2). D’autre part, certaines personnes ont déplacé l’argent vers de nouveaux comptes situés à l’étranger (niveau 3) et, enfin, d’autres ont masqué le fonctionnement en ligne des comptes (niveau 4).

    Plus de trois millions d’euros bloqués

    Une fois installé sur le terminal, il reste en sommeil, jusqu’au moment où l’utilisateur accède à n’importe quel site Web de sa banque et exécute une transaction financière. À cet instant, le code malveillant interceptait et modifiait les données émises, de sorte que les bénéficiaires des opérations fiduciaires soient les 30 comptes bancaires appartenant au réseau criminel.

    Banane, humour, braquage

    Ensuite, on répartit l’argent sur divers comptes. Mais aussi extrait du circuit par des retraits d’espèces dans des distributeurs automatiques de billets (DAB), des transferts BIZUM, des cartes REVOLUT, etc., afin de noyer les recherches d’une éventuelle enquête de police.

    Les forces de l’ordre, en collaboration avec le département informatique du Conseil provincial de Cáceres, ont détecté une activité suspecte dans des comptes de messageries. C’est au sein de 68 de ces derniers, appartenant à des organismes officiels, que les enquêteurs découvraient l’infection par les chevaux de Troie « Mekotio » et « Grandoreiro ». Les véritables échanges de courriels représentent moins de 20 % de la totalité des e-mails reçus. Les spams et hameçonnages sont à 65 %, les publicités à 15 % et les virus, malware ou ransomware tout juste 1 %. (Crédits : Ryan McGuire/Pixabay)

    Ils étaient en attente d’effectuer les opérations délictueuses. Les agents ont réussi à bloquer des tentatives de transfert pour un montant de 3 500 000 euros, après avoir analysé plus de 1 800 courriels. En outre, la police a élucidé 20 délits de fraude pour un total de 276 470 euros, dont elle a pu récupérer 87 000 euros.

    Quelles sont les conduites à adopter ?

    « En dépit de mécanismes additionnels et correctement utilisés, les courriels ne garantissent en rien l’authenticité d’un émetteur et encore moins l’intégrité d’un courriel », martèle un œil averti. C’est en cela que l’ANSSI exhorte tout un chacun à adopter cinq réflexes. Avec en préambule un conseil avisé : « N’importe qui peut vous envoyer un courriel en se faisant passer pour un autre ! Cela n’est pas beaucoup plus compliqué que de mettre un faux nom d’expéditeur au verso d’une enveloppe. N’ayez pas une confiance aveugle dans le nom de l’expéditeur ». Le premier demeure dans le fait d’être attentif à tout indice qui initierait le doute quant à l’origine réelle du courriel.

    « Vous devez admettre que dans le domaine de la messagerie électronique, il n’existe pas d’expéditeur a priori de confiance », appuie l’agence nationale. Puis se méfier des pièces jointes, en ayant votre antivirus activé et à jour, mais pas seulement. Dans le cas d’un comportement anormal, exigez qu’un professionnel contrôle votre poste. Les requêtes de confirmation d’informations confidentielles (mots de passe, code PIN, coordonnées bancaires…) ne s’effectuent pas via un courriel. En cas d’incertitude, on n’a qu’à requérir auprès du correspondant la reconnaissance de sa demande, bien sûr par le biais d’un nouveau, et non en répondant à celui reçu (phishing).

    La confiance doit être remise en doute à chaque ouverture du poste, et souligner toute anomalie auprès du responsable compétent. (Crédits : TheDigitalWay/Pixabay)

    Cadenas, ordinateur, chiffrement

    Une technique plus simple qu’il n’y paraît avec votre souris. Il suffit de passer cette dernière au-dessus du lien et observer l’adresse de renvoi. « De manière générale, il est préférable de saisir manuellement l’adresse dans le navigateur. » Enfin, configurez correctement votre logiciel de messagerie. « Il faut conserver vos logiciels à jour, si possible en activant la procédure de mise à jour automatique. Puis paramétrer votre logiciel de messagerie pour désactiver la prévisualisation mécanique des courriels. Dans les paramètres de sécurité en options, interdisez l’exécution systématique des ActiveX, des plug-ins et les téléchargements, soit en les désactivant, soit en imposant de vous en demander l’autorisation. Enfin, dans un environnement sensible, lisez tous les messages au format texte brut », conclut l’agence nationale de la sécurité des systèmes d’information.

  • Le hoquet et la transpiration peuvent être un handicap

    Le hoquet et la transpiration peuvent être un handicap

    Cette formidable « machine » qu’est le corps humain n’a de cesse de nous émerveiller. Pourtant, c’est à l’émergence de quelques grains de sable dans les rouages que nous prenons conscience de la complexité de ce dernier. Il serait souhaitable de prendre soin de notre carcasse, en restant à son écoute, sans le vexer. Car dans le cas contraire, il nous rappelle à son bon souvenir. Ainsi des petites choses qui paraissent anodines quand tout fonctionne sans anicroche, nous dérange à leurs apparitions.

    Qui suis-je ? Je suis désagréable lorsque je m’installe, je suis incontrôlable. Souvent, les conseils de vos grand-mères, de vos amis… vous indique de boire un verre d’eau en vous bouchant le nez, ce la tête à l’envers, ou encore que quelqu’un vous effraie, vous avez trouvé ? « Oui, je suis le hoquet, ou myoclonie phrénoglottique ».

    Un véritable inconvénient ce hoquet

    L’académie de Médecine me définit selon une : « Contraction spasmodique involontaire du diaphragme, déclenchant un mouvement thoracique inspiratoire aussitôt interrompu par la contraction de la glotte avec vibration des cordes vocales, qui détermine un bruit caractéristique. »

    Le hoquet est provoqué par l’irritation du nerf phrénique (chargé d’innerver le diaphragme). La contraction, de muscles en plus du diaphragme (muscle intercostal externe, scalènes, parfois les intercostaux parasternaux et les sterno-cléido-mastoïdiens) concomitant d’une inhibition des muscles expiratoires, suivie très peu de temps après (35 ms) d’une constriction (resserrement circulaire) de la glotte, et me voilà.

    « Vous ressentez une gêne à mon apparition, rassurez-vous, je disparais régulièrement au bout de quelques minutes ». Cela dit, deux catégories sont à surveiller : le hoquet isolé (secousse simple), le hoquet aigu (secousses répétitives) qui persiste moins de 48 heures, le hoquet chronique (secousses répétitives) perdurant au-delà de 48 heures.

    Le Vidal associe le phénomène à un repas trop copieux, trop épicé ou pris excessivement rapidement, à l’ingestion d’air en mangeant…. Chez les nourrissons, il se produit le plus souvent après la tétée ou le biberon, avant que le bébé ne fasse son rot. Le hoquet est fréquent parmi les enfants, en particulier pour ceux qui s’alimentent un peu trop goulûment, mais pas seulement.

    Stress et frébilité

    Plus rarement peuvent être mis en cause un ulcère gastroduodénal, des maladies du pharynx ou du larynx, une hernie hiatale, une pleurésie, une compression du nerf phrénique par un ganglion, ou encore une infection, une intoxication ou un médicament.

    Le hoquet chronique peut ainsi s’étendre pendant des semaines, voire des années. Charles Osborne a hoqueté pendant 68 ans. « Je pendais un porc de 350 livres pour le dépecer. Je l’ai soulevé, puis je suis tombé. Je n’ai rien senti, mais le médecin m’a dit plus tard que j’avais eu un vaisseau sanguin, de la taille d’une épingle, éclaté dans mon cerveau », explique-t-il au magazine People en 1982. (Crédits : Annushka Ahuja/Pexels)

    Charles Osborne aurait eu le hoquet plus de 430 millions de fois au cours de sa vie. Pendant le sommeil, le hoquet s’atténue fort heureusement. Il en avait que 40 par minute, qui se réduisaient généralement à vingt par minute à l’heure du réveil. Cela aussi parce qu’il avait appris l’art de respirer entre les hoquets pour en supprimer le bruit. Cette technique lui avait été enseignée à la Mayo Clinic, dans les années 50. Charles se réveille vers huit heures, pour effectuer sa promenade quotidienne. Puis, l’après-midi, il joue aux cartes avec ses amis. Une fois, son ami tire un coup de feu derrière lui. Bien que cela l’effraie, le hoquet ne s’arrête pas. Charles vit normalement, et s’est marié deux fois. Il a eu huit enfants. Il manget normalement et garde intacte la normalité de sa vie.

    L’odeur de la transpiration

    Une découverte va mettre une petite claque aux mauvaises odeurs. L’équipe scientifique a baptisé cette enzyme BO, pour « body odors » (odeurs corporelles). « La résolution de la structure de cette enzyme BO nous a permis de localiser l’étape moléculaire à l’intérieur de certaines bactéries qui fabriquent les molécules responsable des mauvaises odeurs », détaille dans un communiqué de presse la coautrice de l’étude, Michelle Rudden, biologiste et associée de recherche à l’université de York en Grande-Bretagne.

    « Il s’agit d’un progrès clé dans la compréhension du fonctionnement des odeurs corporelles. Cela permettra le développement d’inhibiteurs ciblés, capables de stopper la production de ces effluves à la source sans perturber le microbiome des aisselles », explique la scientifique.

    La transpiration est une évacuation de la sueur par des pores de la peau. Elle se compose de 99 % d’eau, des minéraux, des anticorps, des déchets (urée, acide urique…) et de l’acide lactique. Nous possédons plus de deux millions de glandes sudoripares réparties sur la surface du corps. Elles participent à sa production et s’apprécient en deux types distincts : les apocrines et les eccrines

    (Crédits : Olga/Pexels)

    Les glandes sudoripares eccrines sont beaucoup plus nombreuses que les apocrines, entre trois et six millions. Présentes sur l’ensemble du corps, elles prédominent à la paume des mains, à la plante des pieds et au front. Mais elles sont absentes au niveau des petites lèvres et du clitoris chez la femme, et du gland chez l’homme. Elles possèdent un canal excréteur qui débouche à la surface de la peau par une ouverture, le pore. La sueur eccrine, riche en eau et en sel (chlorure de sodium), participe à la régulation de la température du corps.

    Glande, corps, sueur

    Certaines personnes plus sensibles à la chaleur que leurs semblables vont transpirer bien plus, renforçant le côté incommodant de la sudation, surtout en été. Lorsque le mercure augmente, le système nerveux végétatif commande la sécrétion de sueur, dont l’évaporation fait perdre de la chaleur. Les glandes sudoripares apocrines sont présentes dans les régions anale, génitale ainsi qu’aux aisselles.

    L’effluve corporel est un trait caractéristique de l’Homo sapiens, elle est produite par la transformation bactérienne de molécules précurseurs inodores exsudées à la surface de la peau, par les glandes apocrines. La population bactérienne avoisine les 2,4 millions au centimètre carré. Les glandes s’ouvrent dans les follicules pileux et sont généralement présentes en haute densité sur des parties spécifiques du corps (aisselles, mamelons et organes génitaux externes). (Crédits : DR)

    Pour autant, leur fonction exacte et leur rôle physiologique chez l’être humain restent mal connus. Le microbiote axillaire joue un rôle important dans la génération de l’odeur corporelle humaine. La mauvaise effluence est formée d’un mélange de composés organiques volatils, dont les acides gras volatils et les thioalcools sont les principaux constituants. Staphylococcus, Cutibacterium et Corynebacterium sont les genres dominants qui colonisent les aisselles. « Il est fascinant de découvrir qu’une enzyme clé produisant des odeurs existe dans seulement quelques bactéries de l’aisselle », estime le coauteur de l’étude, Gordon James. La sueur apocrine, visqueuse et de senteur particulière, est désagréable selon les nez. Plus que nécessaire chez les animaux, car elle contient des phéromones, substances odorantes influençant le comportement social et sexuel.

    L’excès de sudation

    L’anxiété, la colère, l’excitation, ou encore la peur sont des causes émotionnelles récurrentes, de la moiteur des paumes, des plantes de pieds, des aisselles et du front. Ceci pourrait être dû à un débordement sympathique généralisé déclenché par un stress. Si la transpiration est également fréquente pendant l’effort et dans les environnements chauds, elle l’est moins chez la femme pour des raisons physiologiques.

    Main, sudation, handicap

    Bien que de tels faits soient normaux chez la plupart des personnes, l’être qui présente une réelle hyperhidrose sue excessivement. Cela touche approximativement 3 % de la population mondiale. Elle affecte habituellement les mains, les pieds, les aisselles et le visage.

    Ce trouble débute le plus souvent à la puberté et constitue une gêne parfois proche du handicap. Les individus concernés éprouvent un sentiment de honte, l’hyperhidrose palmaire est fréquente et peut-être professionnellement et socialement invalidante. L’Hydrosadénite est une des conséquences de l’hypersudation. En France, elle atteint 1 % de la population adulte. Le surpoids, le tabagisme, l’hypertension artérielle, le diabète, l’alcoolisme sont des facteurs associés. Elle est également retrouvée plus fréquemment lors de certaines maladies inflammatoires, comme une maladie de Crohn ou une spondylarthrite ankylosante. (Crédits : Barbara Bonanno/Pixabay)

    Les causes de ce dérèglement peuvent être relativement bénignes (anxiété, sevrage, intoxication, surcharge pondérale, fièvre) ou résulter de pathologies plus graves, comme un cancer (leucémie, lymphomes) ou une affection endocrinienne (diabète, hyperthyroïdie). Diverses mesures concernant la toilette et l’habillage sont parfois suffisantes pour limiter les conséquences d’une sudation excessive. Ainsi, se laver régulièrement et bien se sécher, porter des vêtements perméables à l’air, nettoyer fréquemment les vêtements et les chaussures… Si la chirurgie est envisageable, elle est réservée aux formes extrêmes d’hyperhidrose des mains et des aisselles. Outre l’excision des glandes sudorales situées dans les aisselles, la sympathectomie thoracique est pour contrer l’hypersudation des mains. Si elle est efficace, une complication relativement fréquente appelée sudation compensatrice apparaît. La transpiration peut alors se déplacer sur le corps comme le torse, le dos ou les fesses…

  • Ransomware: Colosses aux pieds d’argile

    Ransomware: Colosses aux pieds d’argile

    C’est l’infection de plus d’un million de victimes, et jusqu’à 1500 entreprises, par le ransomware « REvil/Sodinokibi » qui fait la une des différentes presses, qu’elles soient en version papier, web, radiophonique ou télévisuelle. Pour autant, quand le tout numérique est le fer de lance des sociétés et des gouvernements de la planète, faut-il s’étonner ? Notre santé, nos comptes en banque, nos vies sur les réseaux « sociaux »… tout est data, donc tout est monnayable !

    Le monde paye pour apprendre. Cette formule, souvent reprise dans les articles sportifs, illustre le futur. De nombreuses entreprises font les frais de cybercriminels. La différence se fait sur le point de vue. Ainsi, tapis dans l’ombre, ils traquent la faille, l’exploit…

    Kaseya atteint par un crochet au menton

    Ce lundi 5 juillet 2021, le monde se réveille groggy avec cette affaire, lorsque l’on regarde les journaux nationaux et internationaux. La firme revendique : « Avec Kaseya, proposez des services de gestion, de surveillance et de sécurité informatique de tout premier ordre. Rendez vos équipes plus productives sans augmenter vos ressources, grâce à des solutions de gestion informatiques évolutives, sécurisées et fiables. » Cela dit, la protection totale n’existe pas. Vous ne pouvez arrêter un individu voulant voler, il est primordial de prendre des dispositions. « Installer une porte blindée, de dernière génération, à l’entrée de votre domicile, ne vous dispense pas de fermer les fenêtres de derrière, restées ouvertes. »

    Cyrille Chausson, sur le site « LeMagIT », écrit un article en 2019 à ce sujet. « La société propose une plateforme unifiée qui permet de centraliser la gestion des composants clés d’une infrastructure pour les PME. De la gestion des accès et des identités jusqu’à celle des terminaux utilisateurs », explique-t-il. Les grandes entreprises ont pléthores de tâches journalières, et, comme tout un chacun, délègue. Kaseya s’est fixé comme mission d’offrir une plateforme unifiée multi-usage.

    La quantité des terminaux touchés peut effrayer, c’est l’effet domino observé depuis les infections des opérateurs derrière les différents ransomwares. Certains mettent la clé sous la porte, quand d’autres commencent, à l’instar de Lorenz, Hive, Grief, Prometheus ou Vice… (Crédits : capture d’écran)

    Sa cible, les établissements de taille moyenne ou intermédiaire, elles comptent de 1 à 4 000 salariés. Pour ces sociétés, le management de l’infrastructure IT n’est pas un sujet pour elles. Cette dernière a besoin d’être définie pour comprendre l’ampleur de l’infection par codes malveillants. « L’infrastructure de la technologie de l’information (IT) fait référence aux composants combinés nécessaires au fonctionnement et à la gestion des services et des environnements informatiques de l’entreprise. »

    Un retex (NDLR Retour d’expérience) sera effectué pas tant pour blâmer, mais pour en tirer les leçons indispensables.

    « Kaseya a été très coopératif. Dès qu’il a eu connaissance des vulnérabilités, nous avons été en contact et la coopération a été constante. […] Malheureusement, nous avons été battus par REvil dans le sprint final, car ils ont pu exploiter les failles avant que les clients ne puissent patcher leurs serveurs », indique Victor Gevers, membre du DIVD (NDLR Institut néerlandais pour la divulgation des vulnérabilités).

    (Crédits : DR)

    Kaseya, ransomware, cyberattaque

    L’entreprise Kaseya n’est pas une inconnue du Vieux Continent. La multinationale y réalise un tiers de son chiffre d’affaires. Le Royaume-Uni et l’Allemagne sont les marchés les plus porteurs sur cette zone. La France est certes en retrait, mais avec l’Allemagne, il s’agit du pays qui connaît la plus forte croissance, assure encore le CEO (NDLR chief executive officer ou président-directeur général). La conformité avec le RGPD fait partie des préoccupations des entreprises hexagonales, attirées par Kaseya.

    Plus de 1500 cyberattaques au 1er juillet

    « Nous avions compté plus de 1 600 attaques avec ransomware en 2020. Au premier juillet, nous en étions à environ 1 500. Ce chiffre a été largement dépassé le lendemain, du fait des activités du gang REvil, avec le rançongiciel Sodinokibi », relate Valéry Marchive. La demande de rançon est de 70 millions de dollars en Bitcoins, ce qui représente 45 000 par société. Une baisse de 11 % de la somme est concédée par les opérateurs, après d’âpres discussions. Ou, comme l’écrivent les chercheurs de chez Sophos, l’oublie d’effacement des snapshots de Windows, les Volume Shadow Copies, ouvrant la voie à des restaurations simplifiées, pourraient être à l’origine de la ristourne.

    Avocat, ransomware, cyber

    « Certains facteurs se distinguent dans cette attaque par rapport aux autres. Premièrement, en raison de son déploiement massif, REvil ne fait aucun effort apparent pour exfiltrer des données. Les attaques ont été personnalisées dans une certaine mesure en fonction de la taille de l’organisation, ce qui signifie que les acteurs de REvil ont eu accès aux instances du serveur VSA et ont pu identifier les clients individuels des MSP comme étant différents des grandes organisations. Et il n’y avait aucun signe de suppression des Shadow Copies, un comportement courant chez les ransomwares qui déclenchent de nombreuses défenses contre les logiciels malveillants. »

    Le Cabinet est implanté à Paris, Bordeaux, Lille et Lyon, plaide dans toute la France. Il collabore avec de nombreuses associations de victimes de dommages corporels (l’UNAFTC, l’AVIACAAM…). Rémy LE BONNOIS est membre fondateur de l’association ANADAVI. (Crédits : Capture d’écran)

    Lors d’une audition à huis clos, début juin, par la Commission de la défense nationale et des forces armées de l’Assemblée nationale, Guillaume Poupard, directeur général de l’Agence nationale pour la sécurité des systèmes d’information (ANSSI), indiquait qu’« après avoir détecté 15 000 attaques possibles sur les serveurs de Microsoft Exchange, nous avons prévenu les quelques milliers de victimes potentielles que nous avons réussi à joindre, 3 % d’entre elles seulement nous ont répondu ». Cette situation met en exergue les disparités de statut et de fonctionnalité entre les gendarmes du genre. Une différence notable des pouvoirs de l’ANSSI de son homologue outre-Atlantique.

    « Je saisis cette occasion pour vous dire qu’il manque à l’ANSSI un pouvoir d’injonction. […] Il est inacceptable que des gens auxquels on dit : “Vous êtes assis sur une bombe”, ne traitent pas la question. Une disposition légale donnant à l’ANSSI un pouvoir d’injonction serait une étape supplémentaire […] dans une logique d’accompagnement de la montée en compétences, mais il en va de la cybersécurité nationale », martèle Guillaume Poupard.

    Aux États-Unis, ils peuvent utiliser un pouvoir d’injonction, récemment durci. Quand une faille du type de celle qui a affecté Microsoft Exchange est détectée, le Cybergendarme écrit à toutes les agences fédérales en leur prodiguant 48 heures pour les corriger, après quoi la sanction tombe. (Crédits : capture d’écran)

    Pas moins de 28 attaques ont été perpétrées en France pour le mois de juin. Conti se taille la part du lion avec au forum du bâtiment SAS, Brangeon Groupe, Cerfrance Côtes-d’Armor, Maître Prunille, Voltalia, groupe Traon Industrie Développement, Assu2000 (29/06). Everest cible les entreprises françaises. Ils diffusent 820 GB de données relatives au cabinet Rémy Le Bonnois, mais pas seulement. L’imprimerie Lamazière, Epsilon hydraulique, Always international, Assurances et Courtage lyonnais, Alltech France, Groupe Confiance Immobilier, Xefi. REvil s’est attaqué à Tendriade, le groupe LV à Demarne Frères, Xing à Aqualung Trading. Saint-Avold Synergie, Pont-Saint-Esprit, PRB, Camaïeu, Deux-Sèvres Habitat, Sepur, CCI Bordeaux-Gironde, ou encore la commune de Villepinte et Lenaja par Grief.

  • La nature est stupéfiante

    La nature est stupéfiante

    L’être humain est un mammifère, pour autant il évolue à une vitesse bien moindre que tous les autres. Dans la vie, nos qualités sont nécessaires à notre survie. Les différentes espèces qui peuplent les cinq continents font preuve de propension à l’ingéniosité. L’aspect des avions est une copie de la forme des oiseaux, la résistance des cartons alvéolés est issue des mathématiciennes que sont les abeilles, la flottabilité des radeaux comme ceux des fourmis de feu…

    Si les dancings, bars de nuit ou discothèques sont les lieux idéaux pour rencontrer, les salles de sports le sont désormais. La danse est une manière de se démarquer de nos congénères, d’attirer, ou d’inciter une personne à s’accoupler avec vous., la faune a recours à d’autres tours et de malice. Dans la nature pléthore d’individus usent de rusent et d’artifices pour obtenir les faveurs de leur muse, qu’elle soit de l’instant ou pour la vie.

    De la danse à l’amour, il n’y a qu’un pas

    Il en est un qui n’a rien à envier à Michael Jackson : le Manakin à cuisses jaunes (Ceratopipra mentalis). Il arbore une couleur prédominante noire, un plumage rouge corail sur sa tête en plus de la teinte de ses cuisses. Endémique à l’Amérique du Sud, il vit au Mexique et en Amérique centrale. Il se lance dans une danse langoureuse pour faire chavirer le cœur de sa bien-aimée.

    Manakin, oiseau, photo

    Il se lance dans une parade nuptiale haute en couleur, car il claque ses ailes et exécute une danse qui s’apparente au « moonwalk ». Mais il n’est pas le seul à faire preuve de techniques peu communes pour susciter de l’intérêt de sa future partenaire.

    Le flamant rose prélève une huile qui est sécrétée par une glande qui se trouve tout près de sa queue. Il la tamponne littéralement sur toutes ses plumes pour les hydrater et leur donner un aspect brillant, un véritable gloss. Le maquillage n’est donc pas l’apanage de l’être humain. Après le pas de danse, ou parade nuptiale, mettant en mouvement le corps entier, et que deux Flamants roses se plaisent, ils s’éloignent discrètement de leur groupe pour aller se reproduire. (Crédits : Bình Nguyễn/Pixabay)

    Tous deux construisent le nid de leur poussin qui viendra au monde, un mois plus tard. Un autre oiseau, le « manakin à ailes blanches », sait conter fleurette à sa mie. Originaires d’Amérique du Sud, ils font partie de la seule espèce de manakin à pouvoir reproduire le son du violon. Contrairement à ce que vous pouvez penser, la mélodie qu’ils émettent ne provient pas de leurs cordes vocales, mais de leurs ailes.

    Il les agite à une vitesse exceptionnelle de cent mouvements par minute, qu’il élève au-dessus de son dos.

    En comparaison, le colibri adulte ne dépasse jamais les cinquante claquements d’ailes, quant aux moineaux pas plus de treize sur la soixantième partie d’une heure. Leurs plumes recréent les notes de musique des instruments à cordes frottées lorsqu’elles se touchent entre elles.

    Ils seraient en mesure de produire pas moins de quatorze sons différents à chaque battement, selon la professeure en Biologie évolutive Kimberley Bostwick de l’Université Cornell. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’au moment propice de la reproduction, il sautille de branche en branche, agitant vigoureusement ses ailes au-dessus de son dos, espérant qu’une femelle l’entende et se joigne enfin à lui.

    (Crédits : David Monroy Rengifo)

    Manakin, oiseau, danse

    À cet instant, le nouveau-né est le plus exposé, car il ne peut pas encore se tenir debout. Pour autant, une capacité transmise de génération en génération est la faculté à se tenir debout, une heure après sa venue au monde. La durée de vie d’une girafe est de 20 à 30 ans. « Sur la base de cette nouvelle taxinomie, toutes les girafes, sauf deux sous-espèces, seraient considérées comme vulnérables, en danger ou en danger critique d’extinction. À travers toute l’Afrique, les populations ont diminué de près de 40 % en trois décennies. Il ne resterait plus qu’environ 110 000 girafes sur la planète », écrit Joshua Foer. (Extrait de l’article « Girafes » publié dans le numéro 241 du National Geographic Magazine.)

    Ne pas se fier au féroce Zorille du Cap

    La Zorille du Cap — non, ce n’est pas une faute de frappe — est aussi désignée sous le nom de Ratel. Elle ne semble pas si impressionnante, mais il reste somme toute un animal féroce. Elle tient sa place chez les mustélidés, à ne pas confondre avec la mustébouée, le Pokémon. Ils sont des mammifères carnivores généralement sanguinaires et nocturnes, au corps étroit et allongé, bas sur pattes, parmi lesquels on compte la belette, le blaireau, l’hermine, la loutre, la moufette (connue également comme sconse ou skunks), le putois, le vison.

    Zorille, mammifère, nature,

    Sa particularité est sa profonde résistance, due à son métabolisme, à certains venins de reptiles. Mordue par un serpent, elle sera seulement affaiblie. Et si elle perd connaissance, elle se relèvera « frais comme un gardon».

    Sa témérité à se frotter a des scorpions, et d’autres animaux bien plus grands que lui, lui octroie la qualité d’être tenace. Sa peau dure possède plusieurs millimètres d’épaisseur, lui conférant une bonne protection contre les dards du porc-épic, les piqûres d’abeilles et de puissants coups de patte.

    On trouve la zorille du Cap dans le sud et l’ouest du continent africain. Surnommée le « blaireau à miel », elle est d’un courage exemplaire, elle préférera combattre ses prédateurs au péril de sa vie, plutôt que de prendre la fuite. (Crédits : DR)

    L’élasticité de son corps — tel un chat retombant sur ses pattes — l’autorise à se contorsionner de sorte que, saisie au cou par un prédateur, elle est capable de se retourner et de le mordre à son tour. De plus, sa faculté à courir en arrière lui permet d’échapper à ses agresseurs pour mieux les attaquer ensuite. Ses longues griffes acérées déchirent sans peine ses proies et sa puissante mâchoire peut facilement broyer une carapace de tortue. Son incroyable ténacité fait reculer lions, léopards, crocodiles et autres cobras.

    Ne pas juger un livre à sa couverture

    La fourmi de feu (Solenopsis invicta) est un petit insecte. Originaire d’Amérique du Sud, son corps de couleur rouge-brun mesure entre 2 et 6 mm. Une reine produit de 800 à 2 000 œufs par jour. Une colonie mature compte jusqu’à 400 000 ouvrières. Par le biais des cargos de marchandises, cette espèce a fortuitement migré aux États-Unis en 1930, en Australie, il y a deux décennies, puis au Japon en 2017.

    Elle y est à l’heure actuelle considérée comme une entité envahissante et nuisible pour l’Homme et les espèces endémiques. Détail, elle est extrêmement difficile à éradiquer. Elle résiste à des températures jusqu’à -10 degrés Celsius. Elles sont l’une des 266 genres de fourmis Solenopsis. Si c’est une variété très commune, ces dernières sont beaucoup plus agressives que la plupart d’entre elles.

    Elles sont réputées pour posséder l’un des venins les plus irritants au monde (1,2 sur l’échelle de Schmidt). Ses piqûres « ardentes » (NDLR D’où le nom de fourmi de feu) provoquent de fortes douleurs, des démangeaisons, voire plus.

    Les fourmis de feu peuvent dévorer leur proie jusqu’à l’os. Elles ne mordent pas, mais piquent. Sous le phénomène de « Lyse », elles procèdent à l’injection du venin sous la peau et détruisent les cellules. (Crédits : Bình Nguyễn/Pixabay)

    Fourmi, prédateur, feu

    Mortelle pour de petits animaux, tels les oiseaux, elle n’est létale pour l’Homme, mais certains rapports médicaux ont signalé plusieurs décès causés par un choc anaphylactique suite à une piqûre. « Aux États-Unis, rien que les attaques des fourmis de feu entraînent une centaine de milliers d’hospitalisations et 100 décès par an, pour un coût annuel de 6 milliards de dollars», écrit Quang Pham. Une autre particularité est en cas d’intempéries de se rassembler entre elles pour former un radeau. La reine est au sec à l’intérieur et les ouvrières à l’extérieur, elles peuvent dériver plusieurs mois.

  • Les phobies sont réelles, incontrôlables, et se guérissent

    Les phobies sont réelles, incontrôlables, et se guérissent

    Les peurs racontent plus de choses sur nous que nous pouvons imaginer. Certaines sont courantes, car de nombreuses personnes en souffrent, d’autres sont plus insolites, puis restent les terreurs dites enfantines. Toutes provoquent des malaises envers ceux qui les contractent. Une phobie, c’est une crainte intense et irrationnelle de quelque chose. Entre dix à vingt pour-cent de la population en a développé une ou une autre. La liste est longue, il en existe plus de 500. Mais quelles sont-elles ? Comment se manifestent-elles ?

    Une peur incontrôlée d’une araignée, d’une banane, d’un trottoir… Ces peurs sorties de nulle part nous tétanisent, provoque le rire des autres tant elles paraissent hors sol. Pourtant, elles sont bien réelles et cauchemardesques pour leur hôte. Il faut vivre avec une phobie pour comprendre.

    Ma phobie me fait peur

    Une phobie (du grec phóbos : frayeur, crainte ou répulsion) est une peur démesurée et dépendante d’un ressenti plutôt que de causes sensées, d’un objet ou encore d’un contexte bien précis. L’avènement de cette peur panique est nommé « phobogène ». Peut-on vivre avec une phobie ? Oui

    Phobie, bois, chemin

    L’Académie de médecine la définit selon ce qui suit : « Crainte angoissante, incoercible bien que vécue comme irrationnelle par le patient, déclenchée par un objet ou une situation sans caractère objectivement dangereux et disparaissant en leur absence ; elle peut s’accompagner de conduites d’évitement ou de réassurance. » Les affections ainsi rencontrées toucheraient en majorité une population féminine. Il est vrai qu’on parle de phobies un peu à tort et à travers. Les phobiques ont très souvent du mal à situer le véritable niveau de leurs troubles.

    Entre la définition et le vivre, il existe une distance, un tabou. De plus, vulgariser le terme ne fait « pas sérieux » et nombreux sont ceux, parmi les hommes, à refuser catégoriquement cette appellation. Il effraie et dérange. (Crédits : jplenio/Pixabay)

    « La persistance d’une phobie gênante pendant des mois, voire des années, s’accompagne d’un ensemble de complications qui entraînent une véritable invalidité socioprofessionnelle. »

    Voici les plus observées au sein des populations :

    • L’agoraphobie : c’est la peur des espaces ouverts, la crainte de ne pouvoir fuir ou de recevoir de secours
    • L’aérophobie : c’est la peur de l’avion, ou de voyager avec
    • La claustrophobie : la peur des espaces clos, tels que les ascenseurs, les avions ou les petites pièces
    • L’arachnophobie : c’est une crainte irrationnelle des araignées qui pousse à avoir aussi des attaques de panique
    • La phobie sociale : être jugé ou observé par d’autres personnes par crainte de se trouver dans une situation embarrassante
    • La brontophobie : elle est liée aux phénomènes naturels, comme l’orage, le tonnerre et la foudre
    • L’acrophobie : c’est la peur de la hauteur, nommée couramment vertige. (Pensez aux parcours d’accrobranche !)
    • La nyctaphobie : l’obscurité, aussi appelée kénophobie (pour les cruciverbistes)
    • L’émétophobie : la peur de vomir ou de se trouver à côté d’une personne vomissant
    • La coulrophobie : le film « Ça » en est un parfait exemple, la peur des clowns
    • L’éreutophobie : la peur de rougir en public
    • L’hypocondrie : peur excessive sur les maladies et la santé

    Les racines supposent des théories. Une transmission des mémoires génétiques pourrait expliquer certaines inquiétudes, comme celle d’un enfant d’être séparé de sa mère, celle de l’obscurité, de l’eau ou encore du vide. Dans le livre « Comment soigner une phobie avec les TCC», de Christine Sarron-Mirabel, Pierre-Yves Sarron, et Luis Vera, les auteurs abordent un ensemble de facteurs à leurs provenances.

    Pour autant aucun individu ne choisit de vivre avec une angoisse, une phobie. Les protagonistes justifient que les origines peuvent être multiples. À savoir, les pulsions inconscientes, le stress, la neurobiologie des peurs et phobies, un événement traumatique, le poids des pensées…

    « Il apparaît que les répercussions d’une phobie des vaches pour un vétérinaire, d’une phobie des ascenseurs pour un journaliste travaillant au 40e étage, de l’avion pour un diplomate, d’une éreuthophobie pour une hôtesse d’accueil… ont plus de conséquences négatives rapidement que d’être phobique des serpents quand on est professeur de mathématiques en ville, phobique social en étant gardien de nuit, ou encore phobique de l’eau quand on est comptable. »

    Des traumatismes enfouis

    Elles peuvent révéler des souvenirs douloureux. Prenons l’exemple de la peur de vomir. L’émétophobie peut être liée à un phénomène anodin qui peut déclencher le dégoût, ou être attaché à une forte blessure, comme peut l’être un viol ou un abus sexuel antérieur.

    Ce qu’explique Michèle Gennart dans « Psychothérapies » : « […] la patiente, que je nommerai Antonella, dans la quarantaine, s’est résolue à évoquer un événement traumatique qui lui semblait inaugural dans son histoire de malade : un viol par un camarade d’école, suivi d’un avortement. C’est depuis ce moment que son fonctionnement neurovégétatif a été durablement perturbé. […] Vie et mort, amour et destruction se mélangeant d’une façon qui fait perdre le sens. […] »

    (Crédits : Mart Production /Pexels)

    Il existe des phobies étranges et insolites

    Des terreurs irrationnelles qui peuvent surprendre tant que nous ne sommes pas affectés. Ainsi la peur des pointes (achmophobie), des gaz dans le côlon (aéroacrophobie), des courants d’air (aérophobie), des poulets (alektorophobie), de l’infini (apeirophobie), des excréments ou de déféquer (apopathophobie), de rire (cachophobie), des fruits (carpophobie), de traverser la rue (dromophobie), des factures (votaphobie), du nombre treize (triskaïdékaphobie)… vous comprenez aisément, qu’elles peuvent prêter à plaisanter, sans avoir à moquer ceux qui en souffrent.

    Salle de bains, sombre, peur

    Les manifestations sont à l’image de la société, plurielles et diverses, tout en étant uniques. Certaines personnes peuvent, à la vue d’une araignée, fuir de la salle de bain, séance tenante, alors qu’elles prenaient une douche.

    « Quand vous êtes face à un problème, nul besoin d’en faire une montagne de douleur. Soit il y a une solution et vous finirez bien par la trouver. Soit il n’y a aucune solution et, dans ce cas, rien ne sert de vous torturer. » (Dalaï-lama)

    Louane souffre de bananophobie

    D’autres se tétanisent à la vue d’une souris, poussant des cris stridents. Puis, au même degré que la chanteuse Louane, ont une peur panique des bananes. « C’est une vraie phobie, plaidait-elle. Il y en a qui sont arachnophobes, qui sont claustrophobes, et moi, je suis bananaphobe. Ça fait rire les gens, en général. Je ne sais pas pourquoi, c’est comme ça depuis que je suis toute petite. »

    Dans un article du site Vice, des commentaires surprennent. « Au pic de ma phobie, le simple fait de me retrouver dans la même pièce qu’un de ces fruits me rendait complètement fou », souligne Charlie, 38 ans. Quant à Madeleine, 22 ans, quand elle voit quelqu’un en manger « Ça me donne envie de vomir ! ». Une ex-bananophobe témoigne : « Je devais avoir 13 ans. Au début, je trouvais l’odeur repoussante. Puis, ma phobie s’est amplifiée, et plus tard, la simple vue d’une banane s’est mise à me rendre malade. Par la suite, ça s’est transformé en véritables crises de panique », martèle Lela, 59 ans.

    (Crédits : Terk Olvera/Pixabay)

    Les symptômes d’une crise phobique sont fréquemment des palpitations, tachycardies, tremblements ou secousses musculaires, douleurs, gênes thoraciques, sensation d’étranglement, souffle court, parfois, déréalisation ou dépersonnalisation, vertiges, frissons/bouffées de chaleur, nausées ou gêne abdominale, transpiration, picotements dans les mains ou les pieds, tremblements, etc. En cas de doute, consultez votre médecin de famille qui saura vous conseiller, comprendre et vous orienter vers la femme ou l’homme compétent si ce n’est lui-même. Rassurez-vous, rien n’est insurmontable, car Miguel de Cervantès disait « où il y a de la vie, il y a de l’espoir. »

  • Ransomware : se méfier de l’eau qui dort

    Ransomware : se méfier de l’eau qui dort

    Les infections des systèmes d’information en France sont à nouveau légion. ClOp qui a reçu un coup d’épée avec l’arrestation de six de ses membres, affiche une nouvelle attaque d’entreprise. La France n’est pas épargnée. Entre Everest et Conti, pour ne citer qu’eux, ce n’est pas moins de dix-huit attaques. Elles sont publiées sur leur site de fuite respectif, ainsi que les opérateurs revendiquent au mois de juin 2021. Mais d’autres offensives sont tout aussi préoccupantes, comme celle du fabricant de stockage et de mémoire informatique, ADATA.

    Quand ADATA, l’un des principaux producteurs de stockage de mémoire à Taïwan, a souffert d’une attaque de ransomware fin mai, le choc est là. Les cybercriminels affirment avoir dérobé des données sensibles à hauteur de 1,5 To. La firme taïwanaise fabrique des modules DRAM, des lecteurs flash, des disques durs, des cartes mémoire…

    Quand l’attaque touche la mémoire

    Le premier à être touché par la cyberattaque est Aqualung Trading. C’est avec assurance que le ransomware Mount Locker affiche 800 Go. Puis, comme indiqué précédemment, Tendriade fait partie d’un « lot » de cinq objectifs. L’agglomération de Saint-Avold sous le coup d’un versement de 80 000 dollars, la mairie de Pont-Saint-Esprit paralysée dès le 3 juin 2021, puis la firme PRB est ciblée à son tour.

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    L’invasion a été détectée très tôt ce vendredi 4 juin 2021 au matin. « Il y avait un message sur les écrans, et une demande de rançon. Il est hors de question de payer », indique encore le chef d’entreprise, Jean-Jacques Laurent. Ce sponsor historique du Vendée Globe précède « Demarne Frères ». Le groupe LV revendique le vol de plus de 40 Go de données au spécialiste des produits marins. Les Deux-Sèvres (79) subissaient début du mois des attaques. La première concerne les archives départementales, puis la seconde, Deux-Sèvres habitat. « On nous annonce un black-out complet de trois à cinq semaines », notifiait dans la Nouvelle République Fabrice Ouvrard, le directeur.

    Les opérateurs derrière le ransomware « Everest » frappent fort en France. Le cabinet Rémy Le Bonnois n’est que le premier. L’imprimerie Lamazière (12 Go), Epsilon hydraulique (44 Go), Always international (4 Go). La revendication porte aussi sur Altech France, Xefi, le groupe Confiance Immobilier, sans afficher à l’heure actuelle, le 26 juin 2021, le poids des renseignements dérobés. Les premières données d’« Assurance et courtage lyonnais » sont divulguées. Des contrats, devis, coordonnées, process… sont ainsi mis au jour pouvant profiter à des personnes peu scrupuleuses. De son côté « Conti-Ryuk » s’est infiltré chez Voltalia, Cerfrance, Traon, Maître Prunille, Iserba, Brangeon, Au Forum du Bâtiment, Dirickx, STAM, FunBreak.

    (Crédits : capture d’écran)

    Le groupe a indiqué s’être introduit chez Xoriant, un développeur de logiciels d’ingénierie. Tandis que ClOp revendique, malgré l’arrestation de huit membres présumés, celle du bureau KSS Architects aux États-Unis.

    Disque dur et barrette de mémoire

    L’infection d’une entreprise taïwanaise concerne de nombreuses personnes à travers la planète. ADATA, qui fabrique des modules de mémoire DRAM hautes performances, des cartes mémoire flash NAND et d’autres produits, a été avili par le ransoware « Ragnar Locker ». Les différentes manufactures sont disque dur, stockage externe (HDD, SSD, boîtiers), cartes mémoire, lecteurs, clés USB, des produits de jeu (souris, clavier, casque) et des solutions industrielles.

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    Il existe de grandes probabilités pour que tout un chacun ait un de leurs composants dans son domicile. La société a été classée deuxième fabricant de mémoire DRAM et de disques SSD (Solid State Drive) en 2018. « ADATA a été touché par une attaque de ransomware le 23 mai 2021 », a déclaré la société dans un communiqué. L’industriel de mémoire taïwanais a démantelé tous les systèmes concernés après avoir décelé l’agression et a prévenu toutes les autorités internationales compétentes de l’incident pour aider à retrouver les responsables. (Crédits : capture d’écran)


    « La société a suspendu avec succès les systèmes affectés dès que l’attaque a été détectée, et tous les efforts nécessaires suivants ont été déployés pour récupérer et mettre à niveau les systèmes de sécurité informatique associés, avant d’ajouter. Nous sommes déterminés à nous consacrer à rendre le système plus sûr que jamais, et oui, ce sera notre pratique sans fin pendant que l’entreprise avance vers sa croissance et ses réalisations futures. » Samedi 19 juin 2021, les acteurs du ransomware ont publié sur le site de fuite les hyperliens de téléchargement d’un nouvel ensemble de documents d’entreprise ADATA, en prévenant les parties intéressées que ces derniers ne devraient par survivre longtemps. Le service de stockage MÉGA a fermé le compte, refusant ainsi l’accès à tous les fichiers partagés publiquement.

  • Caméras de surveillance piratées par un pédophile présumé

    Caméras de surveillance piratées par un pédophile présumé

    C’est un pavé dans la mare qui va effrayer de nombreux parents tout autour du globe. Un homme, de citoyenneté britannique, a été appréhendé dans la ville de Benidorm, en Espagne, le 20 juin 2021. La police nationale a arrêté un pédophile présumé qui est accusé d’avoir eu accès illégalement aux caméras de surveillance domestique de plus de 70 familles dans différents pays, et d’avoir ainsi obtenu plus de 1 000 enregistrements d’enfants nus. Le détenu s’est proposé en baby-sitter à domicile et a travaillé comme professeur d’anglais privé.

    Imaginez que les dispositifs que vous venez d’aménager pour sécuriser votre résidence soient utilisés à mauvais escient, et à votre insu. Dans le film « Une souris verte» de Mathias Ledoux, un informaticien installait des webcams et les piratait. Cette œuvre cinématographique dans lequel joue Edward Furlong, est une fiction, l’information dans cet article est une réalité crue et nue.

    Plus de 1000 enregistrements vidéos

    Un professeur d’anglais arrêté pour avoir filmé des enfants en tenue d’Adam. Il aurait harcelé sexuellement au moins onze mineurs ayant accédé à des chats vidéo. Il les enregistrait dénudés et les menaçait parfois. L’homme était très actif sur les réseaux profonds du Net. Ainsi, il avait organisé un système de vente de matériel pédopornographique en échange de bitcoins, ou d’images d’abus capturés par leurs clients, rapporte la police espagnole dans un communiqué.

    Police, homme, logo

    Tout commence lorsque des agents de la « Task Force Argos », le département de la police de l’État du Queensland, en Australie, ont trouvé des images sexuelles, de ce qu’ils soupçonnaient être un enfant de la région du Pacifique. Ces spécialistes, dans la poursuite de ce type de crime, après analyse, déclaraient que les images avaient été modifiées et téléchargées depuis l’Espagne. Les forces de l’ordre ibérique ont été informées et ont coopéré avec les officiers australiens pour identifier et arrêter l’auteur.

    La « Task Force Argos » est une branche du service de police du Queensland, chargée d’enquêter sur l’exploitation et l’abus d’enfants en ligne. (Crédits : DR)

    Grâce à un travail d’analyse visant à retracer les déplacements de l’auteur et à l’étude de ses commentaires sur le dark web, les agents ont pu identifier l’homme qui a été mis en garde à vue. Il s’agissait d’un individu qui avait déjà été arrêté en tant que mineur pour des actes de même nature. À cette occasion, plus d’un millier de vidéos appartenant à 70 familles différentes d’État des deux côtés de l’atlantique ont été retrouvées. Dans des pays tels que le Brésil, les États-Unis, l’Espagne, le Royaume-Uni et le Canada. Dans presque tous les documents clandestins apparaissent des gamins, souvent nus. « Il existe également des indications selon lesquelles l’homme arrêté a enregistré au moins une fois les enfants à qui il donnait des cours particuliers, sans qu’ils en soient conscients, et a tenté d’obtenir des images de leurs sous-vêtements», a spécifié la police.

    Prostitution, cryptomonnaie et pédophilie

    Lors de la perquisition, des images d’abus sexuels, des preuves d’utilisation de cryptomonnaies et de transferts d’argent vers la Roumanie ont été trouvées, par l’intermédiaire de personnes impliquées dans la prostitution de mineurs.

    La police a également saisi une grande quantité de matériel informatique pour une analyse plus approfondie (huit disques durs, deux clés USB, deux téléphones mobiles et un ordinateur portable). Il a été ensuite découvert que l’homme aurait mis en place un réseau de trafic d’images pédopornographiques sur le dark web.

    Les personnes concernées se voyaient proposer du contenu en échange d’un paiement en bitcoins ou de représentations d’abus perpétrés sur des enfants par eux-mêmes. Il est encore accusé de recel en tant qu’intermédiaire entre producteurs et consommateurs, contre commission.

    Des échanges commerciaux ont été trouvés par les services de police, car, même virtuel, l’argent laisse des traces. (Crédits : MichaelWuensch/Pixabay)

    Monnaie, virtuel, bitcoin

    Il est également désigné comme harceleur présumé d’une des victimes dont il avait rendu publiques les nouvelles scènes en photographie. Les agents allèguent aussi qu’il a été engagé par un adulte, pour obtenir des images sexuelles d’une cible pour 80 dollars par cliché.

    Les caméras sont-elles vraiment sécurisées ?

    Les caméras de surveillance IP (Internet Protocol) sont un dispositif de vidéosurveillance relié à Internet, par Wifi (sans fil) ou par câble Ethernet (filaire). Les vidéos sont lues depuis un moniteur, comme un ordinateur de bureau ou portable, une tablette ou un mobile. Elle permet de voir en direct les données enregistrées. Ces dispositifs sont très courants pour guetter les activités des enfants lorsque les parents ne sont pas à la maison et peuvent être consultés via des applications mobiles. Le nombre de caméras de vidéosurveillance est en constante augmentation, tout comme la caractéristique du rendu visualisable. Par exemple, les entrées d’immeubles résidentiels à Moscou sont équipées de caméras IP qui fournissent une bonne qualité d’image, même dans le noir.

    Écran, enfant, internet

    Il n’est pas possible de duper durablement les systèmes de surveillance en utilisant des masques, des lunettes ou du maquillage spécial. Car les systèmes modernes analysent également votre façon de marcher, votre comportement et en outre votre humeur. « Si elles ne sont pas correctement configurées, ils sont très vulnérables », prévient la police espagnole.

    « La confiance n’exclut pas le contrôle. » Les utilisateurs, comme les fabricants, privilégient la facilité d’utilisation à la sécurité de l’appareil. C’est le motif pour laquelle les caméras de surveillance peuvent être aisément piratées en forçant leur accès. Pour palier, mettre à jour régulièrement son firmware et utiliser des mots de passe sécurisés — les changer souvent —. Les enfants, adolescents sont les plus grands utilisateurs des moyens d’information, comme la visio, les webcams, et les moins bien informés sur les dangers. (Crédits : Marc Thele/Pixabay)

    Éteindre les fonctionnalités inutilisées, activer l’accès « HTTPS », ajuster vos matériels pour isoler votre réseau interne de l’extérieur. Vous pouvez également vérifier vos différentes caméras IP, sur votre smartphone, votre tablette, votre ordinateur de bureau ou portable. Si vous croisez quelqu’un dans la rue avec un bout de sparadrap sur son smartphone, ou du papier collé avec du scotch sur le haut de son écran, ne vous moquez pas. Car sans sombrer dans la paranoïa, il sécurise sa vie privée, tout simplement, à condition de ne pas l’étaler sur les réseaux dits sociaux.

  • La Politique… et ses chiffres

    La Politique… et ses chiffres

    Le premier tour des élections départementales et régionales s’est déroulé ce dimanche 20 juin, jour de fête des Pères. À en croire tout ses femmes et hommes politiques, ils sont ravis des résultats en général. Les pourcentages sont élevés pour certains partis, et moindres pour les autres. Quelles sont les modalités d’un scrutin, entre votants inscrits, votes blancs, suffrages exprimés… et la grande gagnante est l’abstention. Puis vient la langue de bois sur les chiffres sortis des urnes.

    La plupart des médias parlent exclusivement des élections. Certains se félicitent du score reçu par les votes des électeurs, très bien. Pour autant, ils se réfèrent aux suffrages exprimés, non aux pourcentages des voix des inscrits.

    Le verre à moitié vide ou à moitié plein ?

    Prenons l’exemple de la plus grande région de France, la Nouvelle-Aquitaine présidée par Alain Rousset, et ses 4 352 411 inscrits. Une abstention record de 64, 09 % (2 789 312) fausse quelque peu les résultats réels du premier scrutin. En effet, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur seuls 1 491 556 individus sur les 1 563 099 ont vu leurs votes « exprimés » (39 219 blancs et 32 324 nuls), soit tout juste plus du tiers (34, 27 %).

    « Il y a toujours une surprise dans chaque élection, cette fois, c’est nous. Ce soir, nous sommes dans l’euphorie alors que les sondages nous donnaient à 2 %. Bravo aux électeurs qui ont eu envie d’aller voter pour nous, cela mérite le respect », explique Eddie Puyjalon (tête de liste Mouvement pour la ruralité/Résistons avec Jean Lassalle) Sud-Ouest. Le parti recueille 7, 30 % des suffrages exprimés (108 832 voix) et seulement 2, 5 % des inscrits. « Il y a la satisfaction de dépasser les 5 % et de voir que le RN, malgré le battage des media et des sondages, est bien moins haut que prévu », se réjouit Clémence Guetté (tête de liste LFI/NPA).

    Le président de la région Nouvelle-Aquitaine brigue un cinquième mandat après être arrivé en tête des suffrages exprimés au premier tour. (Crédits : Stéphane Lefèvre/La Montagne)

    Cependant en pourcentage d’inscrits, elle chute à 1, 94 %. Tout est une question de point de vue. La maire de Poitiers, Léonore Moncond’huy s’exprimait dans Centre-Presse : « Les élections régionales donnent des résultats très contrastés. Si Alain Rousset récolte 30 % des voix en Nouvelle-Aquitaine, à l’échelle de Poitiers, c’est bien moindre. Et ici, Nicolas Thierry se retrouve à hauteur de 25 %. La force porteuse, ici, c’est l’écologie […]. »

    PoitiersFrançoise Coutant (2015)Nicolas Thierry (2021)Alain Rousset
    Inscrits47 08943 67047 089 / 43 670
    Votes exprimés10, 54 %25, 2 %34, 45 % / 23, 52 %
    Vote inscrits4, 61 %7, 68 %15, 08 % / 7, 17 %
    Abstention54, 62 %68, 47 %54, 62 % / 68, 47 %
    Les résultats sont comparables lorsque les données de départ sont équivalentes. (Sources : ministère de l’Intérieur)

    L’édile a raison, la tête de liste Europe-Écologie-Les Verts (EELV) est créditée de 25, 2 % contre 23, 52 % pour le président sortant. Respectivement, ils recueillent 7, 68 (3 353 voix) et 7, 17 % (3 129 voix) chez les Pictaves.

    Des conditions d’élections particulières

    Pour être choisi au 1er tour des départementales, le binôme doit obtenir au minimum la majorité absolue des suffrages exprimés (soit plus de 50 %) et des suffrages équivalent à minima 25 % des électeurs inscrits. Si aucun duo n’est élu dès le 1er tour, il est procédé à un second tour.

    Au second scrutin, les deux paires arrivées en tête peuvent demeurer. Les autres peuvent se maintenir seulement s’ils ont obtenu un nombre de suffrages au moins égal à 12,5 % des électeurs inscrits. Le binôme qui obtient le plus grand nombre de suffrages au second tour est élu. Les candidats se présentent en binôme composé d’une femme et d’un homme (art. L. 191). Une fois élus, les deux membres du binôme exercent leur mandat indépendamment l’un de l’autre. Pour être élu au premier tour de scrutin, un binôme doit recueillir la majorité absolue des suffrages exprimés et un nombre de suffrages au moins égal au quart des électeurs inscrits.

    Au second tour, la majorité relative suffit. En cas d’égalité de suffrages, l’élection est acquise au binôme qui comporte le candidat le plus âgé (art. L. 193). Quant aux régionales, l’élection est acquise au premier tour si une liste recueille la majorité absolue des suffrages exprimés. (Crédits : Paolo Berretta/Pixabay)

    Pour qu’une liste puisse se présenter au second tour, elle doit avoir obtenu au premier tour un nombre de voix égal à 10 % du nombre des suffrages exprimés au niveau de la région. Si aucune liste ou si une seule obtient ce score, les deux arrivées en tête peuvent être présente au second tour (art. L. 346 et L. 558-19). Les fusions sont possibles en incluant des candidats de listes ayant obtenu au moins 5 %.

    La loi électorale prend en compte comme vote exprimé (ceux permettant aux politiques d’occuper la place qu’ils convoitent) tous sauf les blancs et nuls. De plus heureusement que le pourcentage d’inscrit n’est pas pris en considération, il n’y aurait en France, peu de gens au second tour des régionales. En Corse, une bataille aurait lieu entre Gilles Simeoni (29, 19 % exprimés / 16, 37 % inscrits) et Laurent Marcangeli (24, 86 % / 13, 94 %) ainsi qu’en Provence-Alpes-Côte d’Azur avec Thierry Mariani (36, 38 % / 11, 75 %) et Renaud Muselier (31, 91 % / 10, 30 %).

    (Crédits : AFP/François Lo Presti)

    Le président sortant des Hauts-de-France, et candidat à l’élection présidentielle, Xavier Bertrand est l’un des douze sur les cent cinquante-cinq candidats de toutes les régions de France à dépasser les 10 % des inscrits.

    Puis des présidents seuls élus :

    Donc si les différents candidats s’évertuent à motiver les personnes ne souhaitant pas se déplacer aux urnes, cela en vain. Il est peut-être temps de revoir sa copie, ou du moins le sujet. Car en plein championnat d’Europe de football, lorsqu’une équipe n’obtient pas les résultats escomptés, c’est l’entraîneur qui est remercié. En exemple les élections présidentielles de 2017, où Emmanuel Macron recueille 66, 10 % des exprimés, mais seulement 43, 61 % des inscrits, avec un taux d’abstention de seulement un quart (25, 44 %) et 8, 59 % de blanc et nul. Marine Le Pen obtient 33, 90 % des exprimées (22, 36 % inscrits). Serait-il nécessaire de moderniser le code électoral en prenant en compte les véritables votes inscrits et non exprimés ?