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  • Quand Orange voit rouge, en Espagne

    Quand Orange voit rouge, en Espagne

    L’opérateur historique français, Orange s’est vu infliger une amende de 30 000 euros pour manquement et négligence. La multinationale a cependant vu la douloureuse baissée de 50 000 à 30 000 euros, après avoir reconnu expressément sa responsabilité dans l’affaire. C’est le résultat de l’enquête réalisée par l’agence espagnole de protections des données (AEPD) après qu’un fraudeur ait usurpé l’identité d’un client. Il avait réclamé une copie de la carte SIM et effectué des transferts via Bizum.

    Tout commença le 26 février 2020 lorsque ledit plaignant avait voulu la portabilité de son numéro de téléphone mobile, de Yoigo vers MásMóvil. Dès le lendemain, ce dernier annulait sa demande par téléphone. Mais l’une d’elles avait été conservée, malgré les assurances selon lesquelles la portabilité avait été neutralisée. Le 5 mars 2020, n’ayant plus de ligne active sur son cellulaire, il contactait Yoigo. Six jours plus tard, l’opérateur lui envoyait une nouvelle carte SIM en indiquant que la société allait réactiver la ligne sous 48 heures.

    Les moyens de se procurer de l’argent ne connaissent pas de limite, comme l’est le « SIM swapping ». (Crédits : PublicDomainPictures/Pixabay)

    Quarante-huit heures s’écoulent, lorsque le 13 mars 2020, l’homme s’aperçoit que des transferts bancaires non autorisés et de grande valeur sont effectués. Ce à partir de son compte au sein de la Banco Bilbao Vizcaya Argentaria (BBVA), dont deux par Bizum, réalisé par un ou des tiers. Il contacte aussitôt MásMóvil, car il soupçonne que ce qui s’est déroulé est dû à la disparition de sa carte SIM. Après enquête, il a découvert que son numéro appartenait à Orange depuis le jour où les mouvements d’argent ont eu lieu, mais que la nouvelle ligne n’était pas à son nom. La multinationale française, a affirmé que les contrôles relatifs à la vérification de l’identité des contractants étaient correctement appliqués, cependant qu’elle se renseigner à se sujet pour clarifier ce qui s’était passé. Durant ce laps de temps, l’opérateur historique avait concentré ses efforts sur la mise en œuvre de systèmes et de mesures visant à garantir la protection de ses clients. En outre, elle a rappelé que la société fournissant les données, Yoigo, a validé les informations et n’a pas mis en garde contre d’éventuelles failles de sécurité.

    De 50 000 à 30 000 euros d’amende

    Cependant, l’agence espagnole rejette catégoriquement (dans son rapport de douze pages n° PS/00308/2021) les arguments et estime que l’entreprise française a agi par négligence. Dans la conclusion, l’AEPD reproche également à Yoigo d’avoir traité les données personnelles du plaignant sans en avoir le droit. Car elle a effectué la portabilité sans vérifier si l’individu qui la demandait était ou non le plaignant. Ce faisant, elle a violé l’article 6 du règlement général sur la protection des données (RGPD), ce qui est considéré comme une infraction très grave.

    L’article 6 du règlement général de protection des données et au cœur de bien des amendes réglés par les sociétés incriminées. (Crédits : Wilfried Pohnke/Pixabay)

    Au total, l’amende avait été fixée à 50 000 euros, mais la société a fini par s’acquitter des 30 000 euros en payant volontairement et en reconnaissant expressément sa responsabilité. Ces deux éléments prévus par l’AEPD pour réduire le montant des pénalités. L’AEPD fait valoir que l’affaire n’aurait pas eu lieu si la compagnie de téléphone avait été plus rigoureuse pour vérifier que le consommateur était bien celui qu’il prétendait être.

    Ce n’est pas la première fois que l’agence espagnole de protections des données sanctionne Orange. En avril 2021, une amende de 150 000 euros pour avoir forcé ses clients à accepter ses politiques de confidentialité lui était infligée. De même, en juillet de l’année dernière, elle a dû régler 80 000 euros pour ne pas avoir pris de mesures visant à empêcher la contraction frauduleuse de contrats de lignes téléphoniques. En effet, six lignes avaient été acquises au nom de la plaignante tandis qu’elle n’avait pas donné son consentement. L’agence a fortement critiqué Orange pour avoir permis à l’escroc de se faire passer pour la victime après avoir obtenu ses documents. L’affaire est cocasse puisque la voix du malfrat était masculine alors que le client qu’il prétendait être une femme.

    162 plaintes et 50 sanctions en deux ans

    Le secteur des télécommunications est l’un des plus réprimés pour les atteintes à la vie privée en Espagne. En mars dernier, le gendarme ibérique a infligé une amende record de plus de huit millions d’euros à Vodafone pour avoir violé deux articles du RGPD. Au total, c’est 8 150 000 euros répartis en quatre sanctions. La première de quatre millions d’euros pour une violation du règlement général sur la protection des données. La deuxième de deux millions d’euros pour un nouveau non-respect du RGPD. La troisième de 150 000 euros pour un délit grave à la loi sur les services de la société de l’information et le commerce électronique (LSSICE), et enfin deux autres millions d’euros pour une infraction à la loi générale sur les télécommunications.

    Le secteur des télécommunications est sous le feu des projecteurs, comme les banques pour le non-respect des règles. (Crédits : Pexels/Pixabay)

    Vodafone estime que « le montant de la sanction est disproportionné » et « souligne que Vodafone traite les données de ses clients avec les garanties maximales de confidentialité et de respect de la vie privée ». Dans un délai de six mois, Vodafone Spain doit prouver à l’AEPD qu’elle s’est conformée aux lois sur la protection des données. En 2020, et selon le rapport annuel de l’AEPD pour cette année-là, ces entreprises ont eu des sanctions parmi les plus élevées, payant un million d’euros pour avoir violé les droits de leurs clients. Ils n’ont été dépassés que par les institutions financières, comme la Caixabank et ses 6 millions d’euros.

  • Assureurs et cyberassureurs attaqués par ransomware

    Assureurs et cyberassureurs attaqués par ransomware

    La firme japonaise, Tokio Marine Holdings, a dévoilé lundi 16 août 2021 avoir subi une attaque par code malveillant de type ransomware auprès de sa branche de Singapour. La branche visée est celle du plus important assureur japonais de biens et de risques divers. C’est à minima le troisième grand assureur à annoncer une infection par ransomware au cours des derniers mois, après CNA et AXA. De cette fin d’août, c’est le second cette semaine, avec Ryan Specialty Group — qui vient de lancer une introduction en bourse — à révéler un cyberincident.

    La multinationale qui possède une division aux États-Unis et propose un produit de cyberassurance a déclaré ne pas avoir d’indication immédiate que des informations sur ses clients aient été violées. De telles données pourraient être une mine d’or pour les opérateurs malveillants, pour eux-mêmes ou des employeurs possibles, qui pourraient les utiliser à des visées d’extorsion, d’espionnage, de pression… ce en fonction du montant des couvertures des potentielles victimes. Tokio Marine Holdings a annoncé que sa branche de Singapour, Tokio Marine Insurance Singapore (TMiS), a été touchée par une attaque de ransomware. « Nous nous excusons sincèrement pour tout désagrément et toute préoccupation causés à nos clients ou aux parties liées, a déclaré Tokio Marine. Le groupe a pris des mesures de sécurité de l’information jusqu’à présent et s’efforcera de faire des efforts supplémentaires pour garder les informations de nos clients ainsi que nos informations confidentielles protégées. » L’entreprise japonaise a affirmé qu’elle tentait toujours de déterminer l’étendue des dommages et avait engagé un fournisseur externe pour l’aider. La société a déclaré qu’elle avait isolé le réseau affecté et qu’elle avait prévenu les forces de l’ordre locales.

    Le président de l’assureur japonais Tokio Marine Holdings, Tsuyoshi Nagano, s’adressant aux médias en 2015. (Crédits : JIJI PRESS/AFP via Getty Images)

    C’est au moins le troisième grand assureur à révéler une attaque par ransomware au cours des derniers mois, après CNA et AXA. Et c’est le deuxième cette semaine, avec Ryan Specialty Group (RSG), après son introduction en bourse, à dévoiler un cyberincident.

    Le 21 mars 2021, CNA Financial Corporation (septième compagnie d’assurance commerciale aux États-Unis) souffrait une infection par codes malveillants. Elle avait été ciblée par le ransomware « Phoenix CryptoLocker », qui hors mis d’avoir crypté 15 000 appareils sur le réseau, avait également volé des fichiers contenant des informations sur les clients. L’assureur américain révélait dans une déclaration que « l’ANC a déterminé qu’elle avait subi une offensive de cybersécurité sophistiquée. L’attaque a provoqué une perturbation du réseau et a eu un impact sur certains systèmes de l’ANC, y compris le courrier électronique de l’entreprise ». Une source avait divulgué à BleepingComputer que Phoenix Locker serait une nouvelle famille de ransomware publiée par Evil Corp, en raison de similitudes dans le code, rédigeait Lawrence Abrams, dans son article.

    Le ransomware « Avaddon » a depuis disparu des radars, laissant la place à de différents opérateurs derrière les noms de Grief, AvosLocker, ou encore LockBit. (Crédits : Capture d’écran)

    Quasiment un mois, jour pour jour, le 16 mai 2021, les succursales du géant AXA basées en Thaïlande, en Malaisie, à Hong Kong et aux Philippines ont été frappées. « Vous pouvez nous féliciter pour l’attaque réussie de l’entreprise, nous avons crypté AXA Asia dans les pays suivants : Thaïlande (Krungthai-AXA), Philippine AXA investment, Hong Kong et Malaisie », se congratulaient les opérateurs. Ils revendiquaient posséder 3 To de données d’ordre médical (Antécédents, y compris des comptes rendus sur le VIH, l’hépatite, les MST et d’autres maladies), les réclamations des clients, les paiements aux clients, toutes les pièces d’identité des clients, comptes bancaires et tous les documents scannés des clients…

    Vos opérateurs ciblent-ils les organisations qui ont une cyber-assurance ? Oui, c’est l’un des morceaux les plus savoureux.

    REvil

    L’attrait pour les compagnies d’assurance a été expliqué par un représentant des opérateurs du ransomware « REvil » dans une interview accordée à Dmitry Smilyanets, analyste du renseignement chez Recorded Future : « Oui, c’est l’un des morceaux les plus savoureux. Il faut surtout commencer par pirater les assureurs pour obtenir leur base de clients et travailler de manière ciblée à partir de là. Et après avoir parcouru la liste, il faut attaquer l’assureur lui-même ». Ces derniers temps, les cyberassureurs ont entamé une série de questions plus détaillées sur les mesures de protection en matière de cybersécurité des assurés avant de leur octroyer une couverture. Mais la succession d’attaques réussies récentes suggère que les compagnies pourraient elles aussi devoir renforcer leurs défenses.

    La société de courtage nouvellement cotée en bourse RSG a fait état, lundi 16 août 2021, d’un incident de sécurité des données survenu aux alentours du 17 avril 2021. Elle a pris connaissance d’une « activité inhabituelle » liée à certains comptes de messagerie de salariés et diligentait une enquête qui s’est achevée le 30 juin 2021. L’entreprise déterminait que certaines boites mail d’employés avaient été lues sans permission entre le 4 et le 20 avril 2021. Il a été montré que certaines informations propres concernant un nombre limité de personnes étaient accessibles, mais pas nécessairement consultées par des individus non autorisés.

    Ryan Specialty Group est une organisation internationale d’assurance spécialisée qui fournit des solutions innovantes aux courtiers, agents et compagnies d’assurance. (Crédits : DR)

    Les informations accessibles comprenaient les :

    • noms
    • numéros de permis de conduire
    • numéros de sécurité sociale
    • informations sur les comptes financiers
    • numéros de passeport
    • informations médicales
    • informations sur l’assurance maladie
    • numéros d’identification délivrés par le gouvernement
    • numéros d’identification fiscale
    • noms d’utilisateur, email et mots de passe
    • dates de naissance de certaines personnes

    L’annonce intervient quelques semaines seulement après que RSG ait fait ses débuts en tant que société publique. Les actions de Ryan Specialty Group Holdings Inc. ont augmenté de 9 % à la Bourse de New York le 23 juillet dernier, ce qui a donné une capitalisation boursière de 6,5 milliards de dollars à l’entreprise de courtage d’assurance fondée et dirigée par le vétéran de l’industrie Patrick Ryan. Il n’est pas le seul courtier d’assurance à signaler des incidents de données. L’automne dernier, le courtier Arthur J. Gallagher a fait état d’une attaque par ransomware survenue entre le 3 juin 2020 et le 26 septembre 2020. Depuis, il fait face à une poursuite judiciaire (suite à l’infection par ransomware survenue entre le 3 juin 2020 et le 26 septembre 2020), principalement par deux anciens employés (Jason Myers, de Californie, et John Parsons, de Louisiane). Les plaignants allèguent que Gallagher n’a pas respecté les normes gouvernementales fédérales et étatiques ainsi que les normes de l’industrie pour protéger leurs informations personnelles. Ils affirment qu’eux-mêmes, des clients et d’autres salariés de Gallagher ont subi des préjudices, ont engagé des frais et sont confrontés à la perspective d’un « risque actuel et imminent de vol d’identité à vie ».

    Comme souvent outre-Atlantique, les litiges se terminent devant la cour, en bataille pour des dommages et intérêts. Le procès s’intitule Myers v. Arthur J. Gallagher. La plainte a été déposée auprès du tribunal de district des États-Unis pour le district nord de l’Illinois. (Crédits : DR)

    La société incriminée a déclaré qu’elle avisait les individus potentiellement concernés et offrait gratuitement des services de surveillance du crédit et de protection de l’identité pendant 24 mois par l’intermédiaire d’Experian à ceux dont les informations intimes étaient accessibles dans les comptes de messagerie au moment de l’incident. Ce qui, selon les requérants, est « totalement inadéquat ». Ils réclament des dommages-intérêts compensatoires, statutaires, nominaux et punitifs, des frais de justice et des services de surveillance du crédit, mais pas seulement. Les plaignants demandent au tribunal d’ordonner à Gallagher de faire tester régulièrement la sécurité de son réseau par des tiers, d’améliorer la formation de son personnel de sécurité et d’acheter ou de financer des services de surveillance du crédit pour ses clients.

  • La Suisse ciblée par des ransomwares

    La Suisse ciblée par des ransomwares

    Peu encore touchée, la Suisse a fait l’objet d’attaques par ransomware cet été. Différentes entreprises dans des domaines aussi divers que variés sont devenues des proies. Le comparateur en ligne Comparis, le fabricant de machines pour l’entretien des voies ferrées, Matisa, sans oublier les composants de Huber+Sühner, l’horloger Swatch Group, les stores Griesser. Comparis et Credaris ont d’ores et déjà avisé les autorités de poursuite pénale.

    Toutes travaillent en étroite collaboration avec leurs unités spécialisées en cybercriminalité. « Une plainte contre inconnu a été déposée », communique le groupe Comparis et Crédaris. La compagnie avec 80 millions de visites quotidiennes a contrairement à ce qu’elle avait initialement affirmé, a bel et bien versé une rançon (NDLR 400 000 euros réclamés en juillet 2020) aux opérateurs qui avaient paralysé ses systèmes, révèle Le Temps.

    La firme suisse twittait, le 8 juillet 2021, que le CEO Steven Neubauer s’exprimerait à la télévision. (Crédits : capture d’écran Twitter)

    Imaginez maintenant le scénario suivant : « Vous apprenez soudain que votre assurance s’est fait voler toutes vos données personnelles. On retrouve ainsi, en libre accès sur le web, vos dernières analyses médicales effectuées dans un laboratoire. Tout comme la liste de vos achats au supermarché, ainsi que l’ensemble de votre correspondance avec votre notaire. La raison est simple : toutes ces entreprises, basées en Suisse, se sont fait pirater, écrit Anouch Seydtaghia, dans Le Temps. Depuis longtemps, l’alerte est donnée, avec raison, par des experts […] à force de crier au loup, plus personne n’y prête attention. Or les hackers ciblent aujourd’hui la Suisse avec une violence jamais atteinte. »

    Au sein du darknet, le groupe derrière le ransomware « Grief » affiche les preuves de son infection. (Crédits : capture d’écran)

    Les opérateurs derrière le ransomware « Grief » revendiquent l’infection du fabricant de machines pour l’entretien des voies ferrées. Sur le site de l’entreprise, un message précise que « Matisa a été ce 20 Juillet 2021 la cible d’une cyberattaque de type rançongiciel (ransomware). À la suite de cette attaque, une partie des systèmes d’informations ont été bloqués ou isolés du réseau informatique par mesure de sécurité. » Ainsi le site de comparaison zurichois Comparis, Swatch Group (en 2020), le constructeur d’hélicoptères Kopter par le ransomware « Lockbit » (en 2020), l’entreprise électrique Huber + Suhner (en 2020), le groupe médical Hirslanden ont subit des attaques par codes malveillants.

    La série d’attaques par ransomware se poursuit

    Jeudi 12 août 2021, le groupe de cliniques privées Pallas est infecté. Présent dans une vingtaine de communes en Suisse alémanique, le réseau spécialisé dans la chirurgie plastique et oculaire annonçait l’attaque sur son site web, en précisant sur le bandeau que « nous ne sommes actuellement joignables que par téléphone au numéro +41 58 335 00 00. Nous vous remercions de votre compréhension et vous prions de bien vouloir nous excuser pour tout désagrément. » Grâce au déploiement immédiat d’experts en sécurité internes et externes ainsi que des autorités responsables, le problème avait été rapidement identifié et est maintenant traité par « nos spécialistes à toute vitesse », rassure la société.

    Le site du groupe de cliniques spécialisées opère à rétablir les infrastructures. Aucune rançon n’a été mentionnée. (Crédits : capture d’écran)

    Les renseignements des patients n’auraient pas été affectés, selon le communiqué. Les employés de la clinique ont toutefois été incapables d’accéder aux données des patients, car elles avaient été chiffrées, a précisé une porte-parole de la société. Les interventions chirurgicales se déroulent néanmoins normalement. Avec l’aide d’experts en sécurité internes et externes ainsi que celle des autorités compétentes, le groupe a pris des mesures contre l’attaque. Les hôpitaux sont confrontés à un conflit d’objectifs, écrit le centre national pour la cybersécurité suisse (NCSC), à savoir « investir le plus d’argent possible dans la santé afin de soigner les patients, mais ne pas négliger la sécurité informatique ».

  • Quand les poules avaient des dents

    Quand les poules avaient des dents

    L’expression qu’usent et abusent nos grands-parents pour signifier à quel moment ils feront ce que nous petits-enfants aimerions leur faire faire, alors qu’ils s’horripilent rien que d’y penser est « Quand les poules auront des dents ». Mais les poules n’ont-elles vraiment aucune dent ? Et le monde marin qu’en est-il ? Toutes ces questions méritent une réponse, afin de clouer le bec aux pique-assiettes, ou simplement engager la conversation et vous sentir comme un poisson dans l’eau, lors de soirée.

    Hors mis l’expression, les gallinacés ont véritablement une dent, nommé « la dent de l’œuf » qui permet au poussin de casser la coquille. Selon une étude conduite par Derek Larson, paléontologue au muséum d’Alberta (Canada), parue dans Current Biology en 2015, il y a de quoi s’en placer sous la quenotte.

    Une histoire de dent

    Car, il y a 65 millions d’années, alors que les gros dinosaures avaient quasiment disparu de la surface de la planète, cohabitaient encore des oiseaux à bec et d’autres munis d’une dentition (héritée en droite ligne des grands sauropodes). L’histoire nous démontre que les premiers sont restés en supplantant les dentés. Selon l’étude en question, la graine serait responsable, ou plutôt une conséquence indirecte, de ce phénomène, je m’explique.

    La chute de la météorite créée une catastrophe planétaire. Les grands sauropodes (herbivores) furent décimés, dès l’instant où ils n’avaient plus rien pour casser la croûte. Car, si la végétation était rare et l’herbe encore plus (la majeure partie a été calcinée), cette étude démontre qu’à l’inverse, les graines étaient abondantes et c’est ainsi que les oiseaux à dentition se sont éteints alors que ceux à bec ont traversé les âges.

    Contrairement à ce que l’on pense, le requin a un adversaire de taille, l’orque. Mais le principal prédateur et premier danger pour le requin reste l’homme. Car environ 100 millions de requins sont tués chaque année, dont 70 millions pour leurs ailerons. (Crédits: PublicDomainPictures/Pixabay)

    À ce jeu, les scientifiques ont eu la dent creuse, en collectant et étudiant 3 104 dents fossiles. Ces dernières venaient de quatre familles différentes de maniraptoriens, des petits dinosaures de la taille d’un oiseau. Le but de leur recherche, suivre l’évolution de ce groupe au cours de 18 millions d’années (jusqu’à la fin du Crétacé). « Les dinosaures maniraptoriens ont maintenu un niveau de variation très stable pendant les 18 derniers millions d’années du Crétacé, raconte Larson. Ils se sont brusquement éteints juste à la limite ». Leurs données démontrent une extinction brutale des dinosaures maniraptoriens à dents.

    Certaines de ces données ont déjà été publiées, mais la plupart des informations proviennent du travail de Larson au microscope, qui a catalogué la forme et la taille de chaque dent. Cela suggéra que seuls les maniraptoriens munis d’un outil performant comme le bec, étaient capables de tirer profit de l’une des uniques sources de nourriture, alors disponible en abondance, la graine…

    « La nature se débarrasse de ce qui est inutile, ce qui ne l’est pas traverse les âges… »

    En 2006, Matthew P. Harris, biologiste du développement à l’Institut Max Planck de Tübingen (Allemagne) avait remarqué la présence d’excroissances bien aiguisées à la surface des mâchoires d’un embryon — âgé de seize jours — de poulet mutant nommé Talpid. Dans un article publié en février de la même année dans la revue Current Biology, les chercheurs avaient révélé que les excroissances présentaient un aspect conique et une forme de sabre comparables à ceux des dents des crocodiles. (Crédits : Pixabay/Pexels)

    Une découverte pas particulièrement étonnante compte tenu du fait que les oiseaux sont des animaux phylogénétiquement proches des reptiles. « Il y a eu des dinosaures ressemblant à des oiseaux et dotés de dents jusqu’à la fin du Crétacé, où ils ont tous disparu très brusquement, explique Larson. Certains groupes d’oiseaux à bec ont peut-être pu survivre à l’événement d’extinction parce qu’ils étaient capables de manger des graines ».

    De l’escargot à la baleine bleue

    La première place est sujette à controverse. L’escargot bat tous les records en termes de quantité, car le mollusque possède plus de vingt mille « dents ». Le terme exact est denticules, il s’agit de petites pointes dures. Elles sont disposées en lignes serrées sur sa langue. Elles lui permettent de broyer les végétaux qu’il ingère. Les denticules de l’escargot sont composées de chitine, contrairement aux vertébrés dont les dents sont faites d’émail et de dentine.

    Les escargots sont apparus sur la planète Terre, il y a 600 millions d’années, d’abord dans l’eau puis sur terre. Leurs « cornes » sont en fait des tentacules, les plus grandes sont les yeux, celles du dessous constituent un organe à la fois tactile et olfactif.

    Le poisson-chat (ameiurus melas) hors mis sa moustache, est pourvu d’une dentition exceptionnelle. Sa mâchoire compte pas moins de neuf mille dents. Très petites par rapport à la taille de sa bouche, elles s’alignent en rangées à l’entrée de sa gueule.

    (Crédits: Pexels/Pixabay)

    Certains individus des trois milliers d’espèces que comprend la famille ont les dents flexibles. Lorsque l’on sait qu’il affectionne les rochers marins pour se nourrir en les raclant. La nature s’est adaptée, les dents souples ont moins de risque de casser. Puis les nageoires dorsales et pectorales présentent une excellente protection contre les prédateurs.

    Les dents de la mer

    Le film des années 1970, « Les Dents de la mer » (Jaws de Steven Spielberg) a contribué à la légende du requin. Il n’est peut-être pas le poisson qui a le plus de dents, mais il est celui qui les régénère le plus. Un requin possède entre trois cents et quatre cents dents, réparties sur plusieurs rangées. La particularité reste l’incroyable capacité du requin à régénérer ses dents, un rêve pour certains.

    Dans les premières années, elles tombent si souvent qu’une dent est remplacée toutes les quinze jours. À l’image d’un escalator, les dents de réserves sont repliées sur le palais et s’ajoutent à la chaîne des autres dents lorsque celles-ci avancent pour substituer une dent perdue ou cassée. Au cours d’une vie, un requin peut ainsi produire trente mille dents.

    Les femelles peuvent atteindre 130 cm et peser plus de 20 kilos. Sa légende est issue de son appendice buccal, avec ses dents acérées. Le brochet (esox lucius) possède une morphologie typique, reconnaissable à tous amateurs de pêche. Un corps allongé, une gueule en bec de canard, il mesure entre 30 et 70 cm. La distinction entre femelle et mâle est principalement l’âge, jusqu’à 25 ans pour ces dames, à peine le tiers pour les messieurs (7 ans). (Crédits : Krzysztof Niewolny/Pixabay)

    Surnommé le « carnassier roi », dû à ses 700 dents acérées extrêmement coupantes et aiguisées, il lui est très facile d’attraper les proies qui passent à ses alentours. Sa mandibule inférieure est munie de grosses canines, alors que son palais et sa langue sont couverts de petites dents, toutes dirigées vers l’intérieur. Cette originalité lui permet de piéger ses proies, sans leur laisser d’échappatoire. Un avantage à double tranchant, s’il se montre trop gourmand en attrapant une proie trop imposante, il risquera de mourir étouffé, car l’implantation de ses dents lui confère l’impossibilité de rejeter la proie de sa gueule.

    Le tatou géant est à croquer

    Premier mammifère au classement, le dauphin est nettement moins impressionnant que ses prédécesseurs. Il possède entre quatre-vingt-dix et cent dents, selon l’espèce. Elles sont toutes identiques, courbées vers l’arrière pour retenir les proies glissantes. Elles ne servent que de pince, car il avale ses gibiers sans les broyer. Les mammifères terrestres, sont la catégorie la moins dentée, sans doute parce que leurs dentures est diversifiée, donc plus efficaces (les mammifères sont hétérodontes).

    C’est en la matière le tatou géant (priodontes maximus), dont la denture est au contraire plutôt homodonte, qui vit en Amérique du Sud, qui remporte la palme avec entre 80 et 100 dents, selon son âge. Omnivore, même s’il se nourrit principalement de fourmis, de termites et d’araignées, il est en voie d’extinction.

    Son seul prédateur est l’homme, qui le chasse pour utiliser sa cuirasse pour l’artisanat et sa chair comme aliment. Appelé Cabassou en Guyane, il est sur la liste des animaux menacés. Entre cinquante et quatre-vingts dents composent la mâchoire puissante du crocodile. Il possède cependant un point commun avec le requin qui le rend plus dangereux, la régénération des dents. Imaginez que vous perdiez une dent de lait, lui la remplace très rapidement. Une dent a en général une durée de vie de dix-huit mois, ainsi le crocodile remplace sa dentition une cinquantaine de fois au cours de sa vie.

    Le géant au ventre rose impose de sa présence en montrant ses canines. L’hippopotame possède de trente-six à quarante dents, à peine quelques-unes en plus que l’être humain (32 avec les dents de sagesse). Il détient le record des plus longues canines, jusqu’à soixante centimètres, ne lui servant qu’à combattre. Cet herbivore consomme une quarantaine de kilos de végétaux par nuit.

    De l’éléphant à l’édentée

    L’éléphant n’a que six dents : quatre molaires et deux défenses. Sur une durée comprise entre quatre et huit ans, il régénère sa dentition. Au cours de la période de renouvellement, il arrive que les nouvelles dents viennent pousser les anciennes, pas encore tombées. Chose impressionnante, le pachyderme peut gagner jusqu’à trois cents kilos.

    La seule explication de cette prise de poids, est selon l’hypothèse de Christian Schiffmann, serait étroitement lié aux changements de dents. Ses dents sont en fait tellement lourdes qu’il gagne et perd trois quintaux entre l’apparition des nouvelles la complète régénération de la dentition.

    Contrairement aux êtres humains, leurs dents poussent horizontalement, comme sur un tapis roulant. Quand la dernière série est usée, l’éléphant ne peut plus se nourrir… et finit souvent par mourir d’épuisement.

    Les animaux sont des êtres à part entière, ils sont au même titre que l’être humain primordial et indispensable à la planète Terre, la Pachamama. (Crédits: Sasin Tipchai/Pixabay)

    La baleine bleue, appelée aussi rorqual bleu, est une espèce de cétacés de la famille des Balaenopteridae. Elle peut dépasser 30 mètres de longueur et 170 tonnes, c’est le plus gros animal vivant à notre époque et dans l’état actuel des connaissances, le plus gros ayant vécu sur Terre. Mais le plus gros animal de la planète n’a pas de dent, à la place, elle a des fanons. À chaque fois qu’elle ouvre la bouche, la baleine aspire de l’eau, qui sera expulsée à travers les fanions tandis que sa nourriture en reste prisonnière.

    Chez la baleine bleue, les fanons peuvent mesurer un mètre, et contiennent de la kératine, comme nos cheveux. Grâce aux squelettes et aux carcasses retrouvés, le tout combinés avec les connaissances sur la vitesse de nage, les chercheurs ont pu ainsi modélisé qu’un rorqual bleu de 25 m pouvait engloutir jusqu’à 80 000 litres (80 m3) en une seule bouchée, tandis que l’être humain, est en moyenne à 0,07 litre.

    Chassée durant des décennies pour son huile utilisée comme combustible dans l’éclairage public, la baleine bleue a frôlé de peu l’extinction dans les années 1960. L’interdiction de la pratique a offert un court répit à l’espèce, qui reste menacée par le réchauffement climatique et la pêche illégale. (Crédits : Conservation Nature)

    Si vous acceptez d’élargir votre définition de la dent, c’est une limace des mers (umbraculum umbraculum) qui brillerait de mille feux en souriant sur une photo. Dans sa bouche, sur sa surprenante langue, des centaines de milliers de minuscules épis chitineux constituent ce que les spécialistes appellent une radula. Comme chez le requin, au fur et à mesure que ces dents s’usent, il s’en forme de nouvelles à l’arrière. Pour atteindre, tout au long de sa vie, le nombre ahurissant et peu croyable de 750 000.

  • Connaissez-vous Masha Babko ?

    Connaissez-vous Masha Babko ?

    Cette jeune femme évoque-t-elle quelque chose pour vous ? Rien ! Tant mieux, alors gardez en mémoire l’image de sérénité, de douceur et de paix que dégage son visage ! Elle possède une visibilité sur l’internet qui dépasse l’entendement. Quant à l’origine de sa notoriété, elle s’en passerait volontiers. Elle a été victime d’un pédophile, Sergei Kropochkin, à l’âge de dix ans… quelques années plus tard, des photos et des vidéos d’elle ont été diffusées sur la toile. Qu’est-ce que la pédophilie ? Quelle est la conduite à tenir ? Que faire ?

    Pour comprendre ce fléau, qui connaît ni limite, ni frontière, qui va du diplomate au manutentionnaire, il faut s’attarder sur ce qu’à vécue cette jeune femme, son histoire, qui peut-être celle de n’importe quel gamine ou gamin, et de la sournoiserie que les prédateurs usent pour abuser sexuellement des enfants.

    Le cauchemar commence pour ses dix ans

    Pour cela, situons les lieux, et circonstances. Masha est née en l’an 2000, à Novossibirsk. Cette ville de Russie en Sibérie occidentale est localisée à 1 435 km à l’ouest-nord-ouest d’Irkoutsk et à 2 812 km (3 356 km par la route) à l’est-nord-est de Moscou. Avec une population de 2 093 266 habitants en 2019, Novossibirsk est la sixième commune de Russie et la principale métropole russe à l’est de l’Oural ainsi que la capitale du district fédéral sibérien.

    Le salaire moyen est de 345,71 € (29 826 RUB), une robe d’été à 39,06 € représente 3399 RUB, soit environ un neuvième de l’émolument médian. La paye d’un médecin dépasse tout juste les 1900 euros, quand, en France il est de 10 684 € (près de six fois plus). Le « minimum vital », seuil au-dessous duquel une personne est considérée comme vivant en situation de pauvreté, est passé de 10 038 roubles (142 euros) par mois à 10 753 roubles (152 euros) sans augmentation équivalente de l’inflation, écrit Le Monde en août 2019.

    Ainsi, plus d’un dixième de la population russe survivait en 2017 sous le seuil de pauvreté indiqué par le pays. En 2010, « le taux de pauvreté national était de 12,5 %.»Le cauchemar commence pour ses dix ans.

    (Crédits : A.Savin/Wikipedia)

    « J’étais amie avec une fille qui avait 12 ans, Violette. Un jour, elle m’a demandé de prendre une photo pour un magazine. Elle a stipulé que je devais cacher tout ça à mes parents. […] Nous sommes allés rencontrer le photographe Sergey Kropochkin, la première séance photo s’est déroulée avec des vêtements. Mais même à l’époque, je pensais que c’était mal et que ça finirait probablement mal », précise Masha Babko. Tout se déroulait dans l’appartement loué par le photographe professionnel. « Il était poli, gentil, comment puis-je expliquer ? Juste un homme ordinaire et sympathique. Il m’a donné 500 ou 1 000 roubles pour ce tournage. » Le piège venait de se refermer. Selon le site Pikabu, en 2011, « le pédophile de Novossibirsk a été attrapé et jugé, il pourrait rivaliser avec Chikatilo dans la masse de ses atrocités. Seule sa ligne de travail est différente ».

    Selon les enquêteurs, Sergei Kropochkin, 53 ans, habitant de Novossibirsk, a été reconnu coupable d’attentat à la pudeur sur une personne de moins de 14 ans (à 40 reprises), d’attentat à la pudeur sur deux personnes ou plus (à 35 reprises), d’agression sexuelle sur un mineur (trois fois)…

    Celui qui était surnommé « Oncle Seryozha » attirait des filles « défavorisées » dans son studio, leur promettant de faire d’elles des modèles, ce, après la période faste des top models, telles Claudia, Naomi, Carla, Linda, elle… mais, en réalité, il les photographiait et tournait des vidéos à caractères pédopornographiques, auxquelles il participait régulièrement et activement.

    (Crédits : Vadim Alekseyev)

    La dénomination du site, comme de son atelier photographique, était connue sous les « Souris de Sibérie, ou Siberian Mouse ». Le pédophile a, en quinze années, fait de multiples victimes. À la suite à deux années d’enquête criminelle, les victimes ont été quantifiées à 211, mais les survivantes suggèrent, elles-mêmes, qu’il y en a eu beaucoup plus, avançant un nombre bien plus grand : un demi-millier. « Lorsqu’il s’agit d’enfants, ce n’est pas du porno. Ce sont des abus pédosexuels », martèle Interpol.

    Le 19 février 2014, Sergei Kropochkin, 58 ans, par un tribunal de Novossibirsk, a été reconnu coupable de 145 chefs d’accusation sur 211. Tous des crimes violents à caractère sexuel contre de jeunes filles mineures, de moins de quinze ans. Il se mettait en scène avec des enfants, son modèle préféré était Masha Babko.

    « J’ai obtenu 10 000 roubles pour un tournage », expliquait-elle innocemment. La période la plus difficile pour Masha a été, de ces 12 à 16 ans. À l’époque, elle a été victime de brimades de la part de ses pairs, car l’histoire du pédophile était sur toutes les lèvres. La jeune fille a dû changer cinq fois d’école, elle a effectué plusieurs tentatives de suicide.

    (Crédits : Katrin Bolovtsova/Pexels)

    « La trace de cette histoire persiste jusqu’à ce jour, et je ne sais pas quoi faire à ce sujet. Il doit disparaître d’une manière ou d’une autre. Bien que, je réalise que cela me hantera toute ma vie. J’ai fait la paix avec ça. […] Je n’ai rien vécu d’aussi surnaturel, beaucoup de gens se font violer et subissent des choses pires. Et ce qui m’est arrivé m’est arrivé parce que j’étais une enfant naïve », a déclaré la jeune femme. Le tribunal a reconnu coupable Sergei Kropochkin, l’expertise psychologique avait déclaré une maladie mentale de pédophilie hétérosexuelle. Il a été condamné à 14 ans de colonie pénitentiaire à régime strict, à 21 mois de liberté restreinte et au recours à des mesures médicales obligatoires.

    Qu’est-ce que la pédophilie ?

    La pédophilie, du grec pais, enfant, et phileo, aimer est une paraphilie caractérisée par l’attirance sexuelle, ou des sentiments amoureux persistants d’un adulte ou d’un adolescent envers les enfants. Le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM5) la définit « par la présence de fantasmes et/ou de pulsions et/ou de comportements envers un enfant ou plusieurs enfants prépubères». Une personne ayant cette attirance est décrite comme étant « pédophile ». L’hébéphilie, quant à elle, renvoie aux mêmes attirances ressenties pour des enfants âgés de 12 à 14 ans. Dans la revue « Études », Cécile Sales écrit un chapitre intitulé « Pédophilie, sexualité et société » : « La pédophilie est considérée par l’Organisation mondiale de la santé comme un trouble de la préférence sexuelle ».

    Plainte auprès de la PolicePlainte auprès de la GendarmerieParis en 2012Paris en 2020Vienne en 2012Vienne en 2020Tendance 2012 VS 2020Total en 2020
    Atteintes sexuelles [mineur(e)s et majeur(e)s]8 7996 9342 26854667120– 75, 92 %
    + 179, 10 %
    15 733
    Harcèlements sexuels et autres agressions sexuelles contre des mineur(e)s8 2849 3914133579188+ 817, 07 %
    +237, 97 %
    17 675
    Viols sur des mineur(e)s5 9547 11815924046147+ 150, 94 %
    + 319, 56 %
    13 070
    1 fille sur 5 et 1 garçon sur 13 subit ou aurait subi des violences sexuelles, ces actes sont alors très fréquents mais souvent tus. (Sources : data.gouv.fr)

    Les pédophiles sont difficiles à démasquer. Car leur comportement est souvent dissimulé sous une normalité banale et trompeuse. Lorsque le scandale éclate, il n’est pas rare que leurs connaissances, parfois même leur très proche famille, soient abasourdies. « Si, la majorité des pédophiles sont des hommes […] et que les statistiques mentionnent peu de femmes, les incestes mère-fils ou les conduites incestueuses sont loin d’être rares », évoque Cécile Sales. Cette pédophilie féminine, moins violente, donc moins voyante, reste tabou au sein de la société.

    Le 13 janvier 2017, Alexandria Vera, 24 ans, comme l’affaire américaine du même nom, est condamnée à dix années, pour avoir entretenu une relation avec un élève de 13 ans, dont elle était tombée enceinte. Les chiffres avancés par Le Figaro donnent une femme pour soixante hommes pédophiles.

    Alexandria Vera, enseignante d’anglais dans un collège de la région de Houston a d’abord été accusée d’abus sexuel continu sur un enfant, ce qui entraîne une peine maximale de prison à vie. Au final, elle a plaidé coupable à l’accusation de voies de fait, moins grave. Elle pourra bénéficier d’une libération conditionnelle en 2022.

    (Crédits : Bob Levey/AP/SIPA)

    Que dit la Loi ?

    La loi française a ordonné en 2021 des garde-fous sur cette question. Car quand certains revendiquaient même leurs conduites sexuelles et les justifiaient sous couvert du droit au plaisir des enfants, d’éducation et d’épanouissement sexuels, ce n’est désormais plus possible. L’affaire dite « Jacques Dugué », où le photographe âgé de 65 ans est arrêté pour pédophilie en 2000, ne peut plus être. Il écrivait dans une tribune de Libération : « Tous les garçons que j’ai connus m’ont aimé. Ils ont toujours aimé et voulu tout ce que nous avons fait ensemble… Ça ne leur fait aucun mal. »

    La libération de la Parole est venue en partie du livre de Camille Kouchner « La grande familia ».

    Dans son livre, sorti le 7 janvier 2021, l’auteure accuse son beau-père Olivier Duhamel d’avoir violé son frère jumeau quand ils étaient adolescents à la fin des années 1980. Après la déferlante de libération de paroles, trois ans plus tôt, avec le « #MeToo » naissait le « #MeTooInceste ».

    C’est dans cette délivrance de souffrance que le parquet de Paris avait ouvert une enquête préliminaire le 5 janvier 2021 pour « viols et agressions sexuelles par personne ayant autorité sur mineur de 15 ans ».

    Suite à la Loi dite « Schiappa », la loi n° 2021-478 du 21 avril 2021 introduit un principe de « prescription glissante ». Le délai de prescription du viol sur un enfant peut désormais être prolongé si la même personne viole ou agresse sexuellement par la suite un autre enfant jusqu’à la date de prescription de cette nouvelle infraction.

    Tribunal, nimes, jugement

    Cinq mois après l’ouverture de l’enquête, « le parquet de Paris a procédé ce jour au classement sans suite de la procédure, en raison de la prescription de l’action publique », écrivait le procureur dans un communiqué.

    Augmenté d’une décennie, il passe de vingt à trente ans : « Le délai de prescription de 30 ans ne s’applique pas aux infractions prescrites avant le 6 août 2018 ».

    De plus, les juges n’ont plus à établir une violence, une contrainte, une menace ou une surprise pour constater et punir le viol ou l’agression sexuelle.

    (Crédits : Fokuza/Pixabay)

    La question du consentement de l’enfant ne se pose donc plus en dessous de l’âge de 15 ans et de 18 ans dans les affaires d’inceste. Les amours adolescentes ne sont pas visées. Une clause dite « Roméo et Juliette » a été introduite afin de préserver les relations sexuelles lorsque l’auteur et le mineur ont moins de cinq ans d’écart d’âge (par exemple relation entre un mineur de 13 ans et un jeune majeur de 18 ans).

    Quelle est la conduite à tenir ?

    L’abomination va de pair avec la cruauté des actes perpétrés par les pédophiles. En effet, pour assouvir leurs pulsions, ils se servent du corps de leur victime. La pratique du tourisme sexuel, ou l’« Exploitation sexuelle des enfants dans le cadre des voyages et du tourisme », selon la recommandation d’Interpol, est monnaie courante. Les délinquants sexuels utilisent les enfants dans des scénarios filmés, photographiés, vont jusqu’à pratiquer la torture, voire le meurtre, et certains participent même à des réseaux.

    Pour Claude Balier (1994), le viol incestueux est un « meurtre d’identité », c’est que l’appropriation du corps de l’enfant, le viol de l’intimité, l’intolérable intrusion, sont l’équivalent d’une tentative de meurtre, dans la mesure où ils impliquent l’annihilation de l’être, la négation de l’autre.

    Les affaires Dutroux, celle des disparues de l’Yonne (Émile Louis), celle du cd-rom de Zandvoort, celle de Michel Fourniret, le réseau de plus de 400 000 membres « Boys-Town », le magistrat déchu en France, quatre hommes condamnés lourdement en Allemagne, un Bambecquois de 21 ans condamné à douze mis de prison, des prêtres impliqués dans près d’un tiers des cas de pédocriminalité en Pologne. (Crédits : INTERPOL)

    Le chanteur R. Kelly lauréat d’un Grammy Award, est notamment accusé d’exploitation sexuelle d’enfants, de racket et de corruption. Il a été condamné à 30 ans de prison, car reconnu coupable de neuf chefs d’inculpation, le 29 juin 2022. Ou encore, l’enquête collaborative mondiale a permis de mettre la main sur un présumé abuseur sexuel d’enfant au Guatemala, révèle INTERPOL, le 6 août 2021… sont autant de preuves que cela existe et qu’il faut éduquer nos enfants à réagir face à ce danger. Apple met en place une technologie pour repérer les images à caractère sexuel impliquant des enfants.

    « Nous voulons aider à protéger les enfants contre les prédateurs qui utilisent des outils de communication pour les recruter et les exploiter, et limiter la diffusion de contenu pédopornographique », a expliqué le groupe sur son site.

    « Les enfants doivent apprendre qu’ils n’ont pas à subir de telles violences et que, si cela arrive, il est important d’en parler aussitôt à un adulte de confiance », explique la docteure Catherine Salinier. Il est alors essentiel de leur expliquer le terme de pédophilie et que sexualité et organes sexuels doivent rester cachés et intimes. Pour cela, il convient de dire qu’il ne faut ni les montrer ni les laisser toucher par quelqu’un qui n’y est pas autorisé ou dans une circonstance autre que les soins. Le « quelqu’un » sous-entend, le papa, la maman, le tonton, le grand-père, le frère, le voisin, les amis de la famille…

    (Crédits : Pixabay/Pexels)

    De telles recommandations peuvent être énoncées à l’occasion de la toilette du corps ou encore de la visite chez le docteur. Lorsqu’une personne est victime de viol, d’une atteinte, de harcèlement, ou de toute autre agression sexuelles, il faut le dénoncer, car la victime n’est, et ne sera jamais pas responsable de l’agression subie.

    Que faire dans une telle situation ?

    En cas d’urgence, et uniquement dans cette situation, il est possible d’alerter la police ou la gendarmerie par appel téléphonique (17 ou 112), ou par SMS (114), si vous êtes dans l’incapacité de parler, ou encore le 119. Si vous êtes victime ou témoin d’une agression dans les transports en commun (SNCF), vous pouvez contacter un agent 24 h/24, par téléphone au 3117 ou envoyez un SMS au 31177. Vous pouvez également télécharger l’application 3117. Il est important de vous rendre au poste de police ou à la gendarmerie le plus rapidement possible après l’agression pour permettre aux enquêteurs d’effectuer toutes constatations utiles. Il est important de préserver tous les indices (empreinte, traces ADN…) qui pourraient servir à identifier l’auteur des faits et à le faire condamner en justice. Conservez les vêtements portés au moment de l’agression et évitez de vous laver. Désormais, pour signaler une violence conjugale, sexuelle ou sexiste, un chat est mis en place. Chose plus qu’importante, il faut porter plainte !

    D’ailleurs, le mineur peut le faire lui-même. Ses parents ou ses représentants (tuteur, curateur…) peuvent également agir en son nom, lorsqu’ils ne sont pas mis en cause, bien sûr. Quant aux délais de prescription, la loi prévoit pour les infractions sexuelles sur mineur des délais de prescription allongés. « Je devais avoir 5 ans. Il s’est arrêté vers mes 12 ans, quand j’ai eu mes règles. Il m’a dit qu’il fallait qu’on arrête et que je ne devais pas lui en vouloir. Lui en vouloir de quoi ? De ne plus faire l’amour avec mon père ? Ou de m’avoir tué en me faisant l’amour ? » (Sources : Cahiers de psychologie clinique/Le silence et la révélation, Pascal Roman, Hie Baron)

    Cela afin que la victime mineure dispose d’un délai plus long que le délai ordinaire pour déposer plainte. Ainsi, une victime peut porter plainte jusqu’à 30 ans (depuis le 6 août 2018, sinon 20 ans) après sa majorité dans les cas les plus graves : Viol, proxénétisme sur mineur (c’est-à-dire le fait de profiter financièrement de la prostitution d’un mineur). Le dépôt peut se faire jusqu’à 20 ans après la majorité de la victime dans les cas d’agression sexuelle, d’atteinte sexuelle avec circonstance aggravante (agression par plusieurs auteurs, menace avec arme…). Enfin, le dépôt de plainte peut se faire jusqu’à dix ans après la majorité de la victime dans les autres cas d’infraction sexuelle, à savoir proposition sexuelle, corruption de mineur, comme le recours à la prostitution de mineur.

    Des outils existent :

  • Voyage au pays des songes

    Voyage au pays des songes

    N’avez-vous jamais rêvé de déambuler éveillé dans vos songes, bien que certains soient alambiqués ? Ils sont des images, des sons, des phénomènes psychiques produits par notre cerveau durant notre sommeil. Leurs arrivées s’effectuent pendant la phase paradoxale, notre cinquième stade dans le cycle de sommeil. De leur matière naît l’onirologie. Qui n’a jamais rêvé de comprendre ses rêves ? Étymologiquement, les rêves découlent du verbe « Resver ». Il signifie : « Aller çà et là, se promener, rôder, divaguer, délirer, être fou, songer, rêver ».

    De cette après-midi pluvieuse du mois d’Av, les nonchalants traînaient leurs guêtres sur les sols brillants de la capitale du comté du Hainaut. Les cliquetis de l’averse ne dérangeaient en rien les moineaux bien à l’abri des gouttes d’eau. De son côté, M Sépa Phot profitait de la fraîcheur apportée par la drache aoûtienne, pour se blottir dans les bras de Morphée. Son hamac disposé au meilleur endroit du jardin, sous la protection d’un arbre, mais pas n’importe lequel. Placé, non sous un noyer, mais juste en dessous du catalpa, le bonheur semblait-être à sa porté. Il faut dire que grâce à la protection de l’ombrage de ce dernier, et l’odeur assez désagréable de son plumage s’y dégageant, mouches et moustiques voguaient vers de plus lointaines contrées…

    Les guernouilles lasses profitaient de ce temps pour entamer la chansonnette, accompagnées par le rythme appuyé des gouttelettes de pluie frappant les feuilles de l’ypréau. À quelques encablures, le moissonneur, se hâtant, maniait avec efficacité et dextérité sa sape. De sa main droite, le crochet rassemblait, en gerbe, les épis de blé à faucher, tandis que de la gauche, la petite faux coupait nette chaque tige tenant une glumelle. La musique produite détendait le sieur Phot, et le plongeait irrémédiablement aux pays des songes, quant tout à coup…

    « Mortecouille Biloute ! », s’écria Sépa, extrait brusquement de son rêve.

    « Tu n’es pas obligé de jurer, et, c’est qui ce Biloute ? », s’exclame Séki.

    « Pardon, c’est sorti tout seul, j’étais encore dans mon rêve. J’arrive te le raconter, c’est hallucinant », claque Sépa.

    Je rêve… scientifique

    « Je suis sur ordinateur, quand une petite fille m’interpelle, affolée. J’ai un problème, me dit-elle. Le bottin que j’ai volé chauffe beaucoup. Je la suis, et m’aperçoit que les pages jaunes en papier, et fonctionnant, à l’électricité flambent », raconte Sépa. Que se passe-t-il dans sa cervelle pour produire un tel songe ? Des médecins du centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV) ont sondé le cerveau des dormeurs et découvert, l’une des clés des songes. Ils ont par ailleurs réussi à prédire si une personne était en train de rêver, et si ses expériences nocturnes étaient peuplées de visages, de lieux ou encore de pensées abstraites. Car depuis la nuit des temps, les songes fascinent et intriguent. « Nous vivons un moment charnière de la science onirique », souligne la docteure Francesca Siclari, médecin associée au Centre d’investigation et de recherche sur le sommeil (CIRS) du CHUV. « Les rêves ne cessent de m’émerveiller. Pourquoi rêve-t-on ? Comment notre cerveau est-il capable de créer de si longues et si bizarres histoires toutes les nuits, si rapidement et de façon totalement involontaire ? J’ai décidé d’orienter mes recherches sur ce thème pour obtenir des réponses à ces questions. »

    Le volontaire affublé de son casque, sorti d’un film de science-fiction, avec ses 250 électrodes permet à la chercheuse suisse d’étudier les tenants et aboutissants des rêves. (Crédits : Centre d’investigation et de recherche sur le sommeil, CHUV)

    Dans les années 50, des chercheurs américains de l’Université de Chicago ont découvert, le sommeil paradoxal ou REM, cela n’a rien à voir avec R.E.M. le groupe pop américain. Cela signifie Rapid Eye Movement Sleep, car nos yeux bougent sans cesse, alors que tous nos muscles sont paralysés. Ils constataient que lorsque l’on réveillait les dormeurs durant cette phase, une grande majorité d’entre eux disaient avoir rêvé. Il n’en faut pas plus pour que les scientifiques concluent que seul le sommeil REM était le temps des songes. Depuis, la science a démontré que nous rêvons aussi pendant les autres phases également. Puis, au cours des deux dernières décennies, il est aussi apparu que, pendant la nuit, « les différentes aires cérébrales ne dormaient pas toutes de la même manière ». Pour tenter de comprendre comment y naissent les rêves, il était donc nécessaire de sonder localement le cerveau, avec l’outil adéquat. Francesca Siclari utilise ainsi l’électroencéphalographie (EEG)de haute densité (un casque doté de plus de 250 électrodes qui permet d’enregistrer l’activité électrique des neurones). Pendant le rêve, « on voit que certaines zones postérieures sont particulièrement actives, celles qui génèrent les sensations et les images visuelles », explique la chercheuse suisse.

    Si la nature du sommeil et du rêve a intrigué l’homme, même dans les périodes les plus reculées de l’Antiquité, il faudra là aussi attendre le siècle précédent pour que ce type de recherche devienne scientifique. »

    François Clarac, Jean-Pierre Ternaux, « Encyclopédie historique des neurosciences » Chapitre 11

    Ondes lentes, ondes rapides

    Cette activité se manifeste sous différentes formes d’ondes, à savoir deux catégories. Les ondes lentes (d’une à quatre par seconde) caractérisent le sommeil profond, tandis que les ondes plus rapides (de 20 à 50 par seconde) sont plus typiques du sommeil paradoxal et de l’éveil. Une fois ces signaux enregistrés, « à l’aide d’algorithmes mathématiques, nous pouvons estimer, avec une bonne précision, où ces ondes naissent à la surface du cerveau, constate Francesca Siclari. Cette ” zone chaude ” située à l’arrière du cerveau serait donc comme un écran où les images des rêves apparaissent. En l’observant, nous avons pu dire si le sujet était en train de rêver ou non avec une précision de 87 %. »

    « Pour l’instant, on ne sait même pas si le rêve a une fonction en soi », répond Francesca Siclari. Ils serviraient à consolider la mémoire, à digérer les émotions ressenties dans la vie réelle, ils simuleraient la réalité pour nous aider à faire face aux dangers auxquels nous sommes confrontés dans la vie quotidienne, marque les hypothèses. (Crédits : Bessi/Pixabay)

    Les constatations, observations s’enchaînent au CHUV. « Nous avons observé que quand on rêve, il y a moins d’ondes lentes et plus d’ondes de fréquences rapides dans la région postérieure du cerveau que nous avons appelée la “zone chaude”. Celle-ci comprend les aires visuelles et celles qui intègrent les différentes activités sensorielles en une expérience unique », précise la docteure. Nous serions tentés de dire que le monde scientifique aurait trouvé la clé des songes, mais Francesca Siclari se montre plus prudente. « La ” zone chaude ” est importante pour la plupart des rêves, mais peut-être en existe-t-il d’autres, un peu particuliers, qui activent d’autres régions cérébrales. Il faudra d’autres techniques que l’EEG pour l’élucider. »

    L’onirologie illégale

    Il n’y a pas si longtemps, les gens qui faisaient métier de deviner et pronostiquer (onirologie), ou d’expliquer les songes étaient punis par la loi. C’est à partir du règne de Napoléon que l’interprétation des rêves est devenue un délit (article R34 du Code pénal). C’est seulement en 1992 que l’article sera revu et que l’expression et la compréhension des rêves deviennent possibles, car l’article est abrogé par décret. Nos songes seraient-ils prophétiques, annonciateurs de nouvelles, il semble que dans de nombreuses sociétés de l’antiquité ce soit le cas, dont celle des Sémites. On s’intéressait déjà aux rêves à Sumer vers -3000 av. J.-C., ainsi que dans l’Égypte ancienne (-2500). Les découvertes archéologiques témoignent que les Égyptiens de la Xe dynastie croyaient qu’un rêve pouvait révéler l’avenir et avaient recours à des « clés des songes ».

    La clé des songes est un lien possible selon les différentes mythologies et convictions chamaniques, pour communiquer entre le divin et les êtres. (Crédits : Free-Photos/Pixabay)

    Ces rêves se manifestaient le plus souvent sous une forme non compréhensible, d’où le recours à un art spécial d’interprétation. Dans l’Égypte antique, les documents tels le « livre des rêves » reconnaissaient que les prêtres pouvaient avoir le rôle de devin des messages délivrés par les rêves, d’ailleurs certains ont laissé des écrits comme l’interprétation des rêves extraite de l’un des papyrus de Chester Beatty III. « On rêvait non seulement la nuit, mais aussi le jour. Non seulement chez soi, mais aussi dans des temples ouverts à tous. Au cours d’incubations, le dieu apparaissait au dormeur et lui parlait directement pour lui donner conseils, prédictions et prescriptions médicales. » (L’Égypte du rêve – Rêves, rêveurs et interprètes au temps des pharaons. Edda Bresciani, traduit par Juliette Blamont). Il faut savoir que pour les Égyptiens, la mort et le sommeil étaient deux états très proches l’un de l’autre. Comme dans la mythologie grecque, avec le sommeil, Hypnos qui est le frère de la mort, Thanatos.

    L’étrangeté des rêves nous perturbe rarement, nous déstabilise parfois, nous hypnotise souvent, mais nous fascine régulièrement. (Crédits : Comfreak/Pixabay)

    Dans le livre XIV de l’Iliade d’Homère, la belle Vénus rentre dans le palais de Jupiter. Elle s’approche du Sommeil, frère de la Mort, le prend par la main et lui parle en ces termes : « Sommeil, roi des dieux et des hommes, si jamais tu écoutas mes paroles, obéis-moi donc aujourd’hui, et je t’en garderai une reconnaissance éternelle. Ferme les yeux étincelants du redoutable Jupiter dès que j’aurai reposé entre ses bras, et je te donnerai de riches présents, un trône d’or magnifique et impérissable qui sera construit par mon fils Vulcain. Je joindrai à ce trône une riche escabelle pour reposer tes pieds pendant les festins. » Est-ce un rêve ?

    Depuis l’Odyssée d’Homère, les songes et les oracles ont fait une grande partie de l’histoire ancienne. « En ces temps-là, les dieux visitaient le sommeil des femmes, entraient dans leurs désirs et leur corps et leur faisaient des enfants, dans le brouillard des songes. Des aventures galantes de Jupiter naissaient des demi-dieux. Le plus célèbre reste Hercule, héros de beauté et de bonté, fils d’Alcmène et de Zeus. Pour tromper la belle Alcmène dont il était divinement amoureux, Zeus avait pris l’apparence de son époux Amphitryon. En ces temps-là, les dieux faisaient rêver », écrit Line Petit dans « D’où viennent les songes ? »

    Interpréter ses rêves

    Chaque religion de l’Égypte antique, la Grèce antique, les religions monothéistes que sont le Judaïsme, l’Islam ou le Christianisme, ou encore le Bouddhisme Tibétain, confère aux rêves une approche qui lui est propre. C’est pourquoi les interprétations diffèrent des personnes, lieux, religions, croyances… Pour Freud, qui le voit le rêve comme un « rébus », son interprétation serait la voie royale menant à la connaissance de l’inconscient, ce dans la vie psychique. Selon un extrait choisit de la Thèse de doctorat en philosophie « Orinologie et Onirocritique » de Jacques Plas : « Le rêve nous apparaît construit un peu comme une écriture, une écriture de roman ou de scénario de film. C’est un fait indéniable qu’il y a une sorte de construction du rêve, malgré quelque apparence de désordre et d’irrationalité. […] Rav Hisda enseignait qu’un rêve non interprété était comme une lettre non lue. »

    Rêvez !

  • Les vaccins et l’obligation vaccinale (dernière partie)

    Les vaccins et l’obligation vaccinale (dernière partie)

    Alors que la réponse du Conseil constitutionnel est attendue, demain jeudi 5 août 2021, des manifestations partout en France ont eu lieu. Leur point commun le « passe sanitaire » et l’obligation vaccinale. Or mis, l’avis des médecins qui leur est propre, la question est juridique. Puisque la saisine du Conseil constitutionnel fut faite le 26 juillet 2021 par le Premier ministre, ainsi que des députés et sénateurs, afin de savoir si elle « a été adoptée dans le respect des règles à valeur constitutionnelle relatives à la procédure législative. »

    Tout tient en la différence d’obligatoire et d’obligation. Le premier « Qui a la force d’obliger. Une clause obligatoire. », comme dans Polysynodie de Rousseau « Loin d’envisager leur pouvoir par ce qu’il a de pénible et d’obligatoire, ils [les princes] n’y voient que le plaisir de commander ». Quant à « obligation », qui est imposée, nécessaire : « Les femmes [à la cour de Turin] avaient chacune un amant d’obligation », Hamilton, Gramm. 4. Oui, la différence est subtile, mais importante. D’ailleurs, l’obligation vaccinale résulte de la Loi du 15 février 1902, le saviez-vous ?

    Onze vaccins obligatoires

    Depuis la promulgation de la loi du 30 décembre 2017, l’extension à onze vaccins est rendue obligatoire. Ce suite à la proposition d’Agnès Buzin, ministre des Solidarités et de la Santé. « L’obligation de ces onze vaccins est sans doute la manière la plus rapide et la plus efficace de rattraper le retard de la couverture vaccinale, en attendant qu’une information de nos concitoyens, qu’une formation renforcée de nos personnels de santé, amène à une prise de conscience qui permette, à terme, d’envisager la levée de cette obligation », déclarait Professeur Philippe Sansonetti (institut Pasteur, collège de France) en décembre 2017. Auparavant, seuls les vaccins antidiphtérique, antitétanique et antipoliomyélite étaient obligatoires.

    Les vaccins, comme ici l’injection contre la grippe saisonnière, ont pour but de limiter et prévenir les maladies. (Crédits : LuAnn Hunt/Pixabay)

    Dorénavant, pour les enfants nés à partir du premier janvier 2018, il faut ajouter celui contre la coqueluche, les infections invasives à Haemophilus influenzae de type b, contre le virus de l’hépatite B, les infections invasives à pneumocoque, le méningocoque de sérogroupe C, la rougeole, les oreillons et la rubéole (les trois derniers composent le ROR).

    La discrimination

    La faculté de discerner, de distinguer établit Le Littré, ou le fait de distinguer et de traiter différemment (le plus souvent plus mal) quelqu’un ou un groupe par rapport au reste de la collectivité ou par rapport à une autre personne, ajuste Le Larousse. Ces deux définitions représentent le nom féminin, « discrimination » (du latin discriminatio, — onis, séparation, avec l’influence de l’anglais discrimination). Lors d’une manifestation, certaines personnes arboraient une « étoile jaune » qui, sous le joug de l’Allemagne nazie, différenciait les personnes de confession juive des divers individus. Il n’est point possible d’accepter l’analogie de ces deux situations. « La comparaison entre le passe sanitaire et l’étoile jaune est une honteuse instrumentalisation de l’Histoire et un outrage aux victimes de la barbarie nazie et à leurs descendants », note le CRIF lors d’un communiqué. Cependant, le ressenti peut-être semblable, sachant qu’il est personnel. L’Histoire raconte, la différence que certains êtres humains ont imposée aux autres. Comme une femme ou un homme d’origine africaine qui ne pouvait pas aller dans les mêmes toilettes que le type caucasien de l’américain moyen, ou encore les places de bus aux États-Unis. L’histoire de Rosa Parks est le parfait exemple. L’apartheid en Afrique du Sud, qu’a vécu Nelson Mandela, etc.

    L’obligation vaccinale

    À l’origine, cette obligation vaccinale résulte de la loi du 15 février 1902 (variole). S’y sont ensuite ajoutés les vaccins contre la diphtérie (1938), le tétanos (1940), la poliomyélite (1964)… jusqu’à l’extension à onze vaccins par la loi de financement de la sécurité sociale pour 2018. « La clé de la liberté, ce n’est absolument pas la vaccination, c’est une problématique sanitaire, une problématique médicale, ça n’a rien à voir avec une problématique démocratique. Et on est en permanence en train de mélanger les genres, comme en 39-45, on a mélangé les genres en disant la purification ethnique c’est la survie de notre société », expliquait le docteur Louis Fouché lors d’une interview.

    Le discours du président de la République française avait eu le but escompté par ce dernier, augmenter le nombre de rendez-vous pour la vaccination contre le SARS-CoV-2. (Crédits : DR)

    Le président de la République annonçait le 12 juillet, « passe sanitaire » ainsi que la réforme des retraites. « A partir du début du mois d’août donc, le passe sanitaire s’appliquera dans les cafés, les restaurants, les centres commerciaux, ainsi que dans les hôpitaux, les maisons de retraites, les établissements médico-sociaux mais aussi dans les avions, trains et cars pour les longs trajets. Là encore, seuls les vaccinés et les personnes testées négatives pourront accéder à ces lieux, qu’ils soient d’ailleurs clients, usagers ou salariés. » Puis embrayait sur « Vous l’avez compris, la vaccination n’est pas tout de suite obligatoire pour tout le monde, mais nous allons étendre au maximum le passe sanitaire pour pousser le maximum d’entre vous à aller vous faire vacciner. »

    Au point de vue politique, il n’y a qu’un seul principe, la souveraineté de l’homme sur lui-même. Cette souveraineté de moi sur moi s’appelle Liberté »

    Victor Hugo

    Faire valoir ses droits est légitime

    Refuser le vaccin est possible si vous avez des contre-indications sur le vaccin contre le virus du SARS-CoV-2. Ils sont régis par l’article L.1111-4 du Code de la santé publique, à savoir PIMS, allergies, syndrome de fuite capillaire. L’arrêt de travail est une possibilité, à la condition sine qua non d’être vraiment malade, car la vaccination en principe doit s’effectuer sur le lieu de travail (en attente de la loi et de la décision du conseil des sages). La dernière serait l’expatriation vers un pays où les vaccinations ne sont pas obligatoires (Allemagne, Suisse, Luxembourg). Le même article est au cœur de la polémique de la vaccination obligatoire des personnels soignants.

    Samedi 24 juillet 2021, les mariés sortent de la mairie de Poitiers quand les manifestants l’investissent. S’en suit le déchirement du portrait du président. 48 heures de garde à vue pour un Montmorillonais de 52 ans, poursuivi pour vol aggravé (commis en réunion et suivi de dégradations), est condamné à 15 jours de prison avec sursis. (Crédits : Romuald Pena)

    Maître Sophia Albert-Salmeron rapporte en regard du « passe sanitaire » et de l’obligation sous-jacente à la déclaration du Président de la République française, une décision du conseil constitutionnel 2020-805 DC. Elle est suite à la Loi instaurant des mesures de sûreté à l’encontre des auteurs d’infractions terroristes à l’issue de leur peine : « Cohérent, le Conseil constitutionnel a censuré la loi en raison des atteintes inadaptées et disproportionnées aux libertés individuelles ; une façon de rappeler que le droit pénal — même non punitif — ne doit pas l’emporter sur le droit constitutionnel. »

    Conseils d’État et constitutionnel

    Le Collectif « AVOCATS SANTÉ ET LIBERTÉ » souhaite attirer l’attention du Conseil constitutionnel sur les atteintes portées au respect de la dignité humaine au travers de l’atteinte portée aux principes constitutionnels de liberté, d’égalité et de fraternité. En effet, un arrêt du conseil d’État, décision n°419242 , qui aux termes de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales : « Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d’une autorité publique dans l’exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu’elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l’ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d’autrui ».

    La loi doit être la même pour tous, soit qu’elle protège, soit qu’elle punisse ».

    Article 6 de la Déclaration de 1789

    Le Conseil d’État poursuit « Une vaccination obligatoire constitue une ingérence dans ce droit, qui peut être admise si elle remplit les conditions du paragraphe 2 de l’article 8 et, notamment, si elle est justifiée par des considérations de santé publique et proportionnée à l’objectif poursuivi. »

    De très nombreux Français sont pendus aux lèvres des sages du Conseil constitutionnel quand à leur rendu sur la loi. Notamment sur les restrictions de libertés pour lesquels certains Français préfèrent se faire vacciner pour continuer à jouir des plaisirs, sans évoquer la raison de se protéger du virus. (Crédits : Thomas Samsom AFP)

    Le droit à l’intégrité physique

    Le droit à l’intégrité physique fait partie du droit au respect de la vie privée au sens de ces stipulations, telles que la Cour européenne des droits de l’homme les interprète. « Une vaccination obligatoire constitue une ingérence dans ce droit […]. Il doit ainsi exister un rapport suffisamment favorable entre, d’une part, la contrainte et le risque présentés par la vaccination pour chaque personne vaccinée et, d’autre part, le bénéfice qui en est attendu tant pour cet individu que pour la collectivité dans son entier, y compris ceux de ses membres qui ne peuvent être vaccinés en raison d’une contre-indication médicale, compte tenu à la fois de la gravité de la maladie, de son caractère plus ou moins contagieux, de l’efficacité du vaccin et des risques ou effets indésirables qu’il peut présenter. »

    Rendu du conseil constitutionnel

    Gabriel Attal indiquait, ce 28 juillet 2021, à l’issue du Conseil des ministres que l’extension du « passe sanitaire » aux cafés, bars et restaurants, terrasse y comprises, sera également exigé à l’hôpital, hors urgence. Ce dernier entrerait en vigueur seulement le 9 août, sous réserve de sa validation par le Conseil constitutionnel dont la décision est attendue demain 5 août 2021. Deux possibilités s’offrent au Conseil constitutionnel, il déclare soit que la totalité ou qu’une partie de la loi est contraire à la constitution. Dans le premier cas, la procédure législative devra reprendre depuis le début. Dans l’autre cas, la loi sera promulguée, mais sans les articles contraires à la constitution…

    « Par sa décision n° 2021-824 DC du 5 août 2021, |…] il était notamment reproché à ces dispositions de subordonner l’accès aux grands magasins et centres commerciaux et aux transports publics à la présentation d’un ” passe sanitaire “, ce qui n’aurait pas d’intérêt dans la lutte contre l’épidémie dispositions. Il était soutenu qu’en outre, ces dispositions emporteraient des effets disproportionnés au regard de l’objectif poursuivi, ce dont il résulterait une méconnaissance de liberté d’aller et de venir, du droit au respect de la vie privée et du droit d’expression collective des idées et des opinions. »

    « En deuxième lieu, ces mesures ne peuvent être prononcées que pour la période, allant de l’entrée en vigueur de la loi déférée au 15 novembre 2021, période durant laquelle le législateur a estimé qu’un risque important de propagation de l’épidémie existait en raison de l’apparition de nouveaux variants du virus plus contagieux. »

    « Ainsi, s’agissant de leur application aux services et établissements de santé, sociaux et médico-sociaux, le législateur a réservé l’exigence de présentation d’un ” passe sanitaire ” aux seules personnes accompagnant ou rendant visite aux personnes accueillies dans ces services et établissements, ainsi qu’à celles qui y sont accueillies pour des soins programmés. Ainsi, cette mesure, qui s’applique sous réserve des cas d’urgence, n’a pas pour effet de limiter l’accès aux soins. »

    Il reste maintenant à promulguée la Loi, au journal officiel pour qu’elle puisse s’appliquer à tout un chacun. (Crédits : capture d’écran)

    « En quatrième lieu, les dispositions contestées prévoient que les obligations imposées au public peuvent être satisfaites par la présentation aussi bien d’un justificatif de statut vaccinal, du résultat d’un examen de dépistage virologique ne concluant pas à une contamination ou d’un certificat de rétablissement à la suite d’une contamination. Ainsi, ces dispositions n’instaurent, en tout état de cause, ni obligation de soin ni obligation de vaccination. En outre, le législateur a prévu la détermination par un décret, pris après avis de la Haute autorité de santé, des cas de contre-indication médicale faisant obstacle à la vaccination et la délivrance aux personnes concernés d’un document pouvant être présenté dans les lieux, services ou établissements où sera exigée la présentation d’un ” passe sanitaire “. »

    « En cinquième lieu, le contrôle de la détention d’un des documents nécessaires pour accéder à un lieu, établissement, service ou événement ne peut être réalisé que par les forces de l’ordre ou par les exploitants de ces lieux, établissements, services ou événements. En outre, la présentation de ces documents est réalisée sous une forme ne permettant pas de connaître ” la nature du document détenu ” et ne s’accompagne d’une présentation de documents d’identité que lorsque ceux- ci sont exigés par des agents des forces de l’ordre. »

  • Les vaccins et l’obligation vaccinale (2de partie)

    Les vaccins et l’obligation vaccinale (2de partie)

    Après avoir rappelé l’histoire des vaccins à travers le monde, ainsi que les différents types, intéressons-nous-y de plus près. Qu’entend-on par « autorisation de mise sur le marché ». Que représente ce terme, à quoi correspond-il ? Sur les vaccins les avis divergent dans les différents médias, les uns pour, les autres contre, et sans aborder l’obligation vaccinale. Quelle est leur composition ? Comment m’informer ? Quels sont les effets indésirables ? Quelles sont leurs efficacités ?

    Comme tout médicament, le vaccin suit un processus afin de devenir une solution administrable. Le Graal est l’autorisation, et aboutissement, de mise sur le marché, cela représente un long chemin semé d’embûches. La première étape est la production de la substance active :

    • banque de germes
    • mise en culture et amplification
    • récolte
    • purification et concentration
    • inactivation et fabrication des valences

    Elle est soumise à divers paramètres (la température, le potentiel hydrogène, le taux d’oxygène, la stérilité et l’homogénéité). Cette étape primordiale peut durer quarante-huit heures à trois mois en fonction des vaccins recherchés. Les antigènes produits à partir de micro-organisme sont alors récoltés. Vient la purification, qui est l’extraction des virus ou bactéries de leur environnement. Puis la pathogénicité est supprimée (neutralisation du virus ou de la bactérie pour l’empêcher de se propager), en conservant bien entendu les propriétés immunologiques, c’est la phase d’inactivation. Enfin la production des valences antigéniques, qui dans le cas des vaccins correspond à la protection apportée pour un germe et un seul. Un vaccin peut être monovalent (agis contre un seul germe) ou plurivalent (agis contre plusieurs germes différents). La seconde étape est la Mise en forme pharmaceutique. Elle se définit par :

    • Assemblage des valences pour les vaccins combinés
    • Formulation
    • Répartition
    • Lyophilisation
    • Conditionnement
    • Contrôle des lots
    • Livraison

    Le vaccin peut donc être monovalent comme plurivalent. Alors les combinaisons de valence ne doivent en aucun cas interférer entre elles pour garder l’efficacité du vaccin. C’est pourquoi cela requiert des années de recherche et de développement scientifiques. Des adjuvants, stabilisateurs, et conservateurs sont ajoutés en très petites quantités pour améliorer l’efficacité et la stabilité du vaccin. Le remplissage est le chapitre subséquent, la lyophilisation si nécessaire permet une meilleure conservation. La température des produits pendant les transports est strictement contrôlée et suivie. Les laboratoires constituent des tests, effectuent des prélèvements d’échantillons sur chaque lot envoyés aux instances de santé pour contrôle de qualité. C’est alors que la livraison débute.

    En fonction de la dangerosité du virus ou de la bactérie, les laboratoires sont hautement sécurisés comme le P4, ci-dessus, au centre international de recherches médicales de Franceville (CIRMF) au Gabon. (Crédits : DR)

    Puis, viennent les essais cliniques chez l’être humain qui se déroulent en quatre phases. Les essais de la Phase I ont lieu généralement sur quelques dizaines de volontaires. Ils observent les éventuels effets secondaires très fréquents (en comparant avec un placebo ou un vaccin connu). Ils permettent également de déterminer la meilleure dose de vaccin expérimental, en mesurant les anticorps produits par lesdits volontaires. Les essais de Phase II élargissent les connaissances, en incluant plusieurs centaines, voire milliers de volontaires, ce dans plusieurs centres cliniques différents. Les individus sont suivis pendant plusieurs mois, notamment pour observer l’évolution dans le sang de leurs taux d’anticorps ou de lymphocytes B et T. Cette étape permet d’étudier les détails de la réponse immunitaire, de préciser les schémas d’administration (nombre de doses, etc.), et d’identifier les effets secondaires fréquents. Les essais de Phase III incluent plusieurs dizaines voire centaines de milliers de volontaires pour répondre à la question : « Le vaccin protège-t-il contre la maladie ? ».

    Les phases I, II, III et IV sont nécessaires à chaque médicaments. Afin d’améliorer la réponse immunitaire au final. (Crédits : Gerd Altmann/Pixabay)

    Il s’agit donc d’observer dans quelle mesure les personnes vaccinées, exposées au microbe, résistent à la maladie dans les semaines et mois après la vaccination. Ces essais à large échelle sont les seuls capables de détecter les effets secondaires rares, ainsi que de définir dans quelles classes d’âge ou groupes de population le candidat-vaccin est efficace, ou non. Enfin, les essais de Phase IV sont réalisés après la commercialisation d’un vaccin pour préciser son utilisation auprès de populations qui n’avaient pas été incluses dans les essais de phase II et III. Il s’agit aussi de vérifier si des effets indésirables très rares, mais grave, surviennent chez les millions de personnes vaccinées.

    Le 27 mai 2021, Sanofi et GSK annonçaient le recrutement des participants dans leur étude clinique de phase III. Cette dernière visant à évaluer la sécurité, l’efficacité et l’immunogénicité de leur candidat-vaccin recombinant avec adjuvant contre la COVID-19 a débuté. Dans le cadre de cette étude internationale de phase III, randomisée, en double aveugle, contrôlée par placebo, plus de 35 000 volontaires âgés de 18 ans et plus seront mobilisés dans différentes nations, dont les États-Unis et plusieurs pays d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine.

    De plus, le manque d’explication peut engendrer des colères. « En devenant volontaire à des essais cliniques vaccinaux contre la COVID-19, chacun peut devenir acteur de la lutte contre la pandémie, faire avancer la recherche et ainsi contribuer sur le moyen terme à se protéger et à protéger chaque Français et notamment les populations les plus fragiles. Devenir volontaire, c’est aussi laisser la possibilité à des enfants et adolescents de prendre part à ces essais vaccinaux », rédige sur son site Covireivac. Le projet destiné à la recherche clinique vaccinale COVID-19 est coordonné par l’INSERM. Les études cliniques sont effectuées pour tous médicaments. Le programme du français Sanofi avec l’anglais GSK semble être intimement lié avec ce qu’écrit Covireivac. Pour cela que l’EMA entame l’examen continu du vaccin Vidprevtyn Share de Sanofi Pasteur depuis le 20 juillet 2021.

    Autorisation de mise sur le marché

    Le collège de Médecine générale donne accès aux fiches des quatre vaccins contre le virus du SARS-CoV-2 en autorisation de mise sur le marché conditionnelle. Sur le site de l’agence nationale de la sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). « Les Autorisations de mises sur le marché (AMM) seront délivrées par la Commission européenne à l’issue de cette évaluation et seront valables dans tous les États membres de l’UE. Dans le contexte de la pandémie et de l’urgence de santé publique, les AMM seront dites conditionnelles, écrit l’agence nationale sur son site avant de poursuivre. L’AMM conditionnelle rassemble tous les verrous de contrôles d’une autorisation de mise sur le marché standard pour garantir un niveau élevé de sécurité pour les patients. Une fois qu’une AMM conditionnelle a été accordée, les laboratoires doivent fournir les données supplémentaires provenant d’études nouvelles ou en cours dans des délais fixés par l’EMA pour confirmer le rapport-bénéfice/risque positif. » L’autorisation de mise sur le marché conditionnelle est octroyée pour un an et peut être renouvelée. Lorsque les autorités européennes ont reçu et évalué tous les renseignements complémentaires exigés, l’AMM conditionnelle peut être convertie en une AMM standard.

    Ci-dessous la composition des différents vaccins ayant l’AMM en France, se référant à l’Agence européenne du Médicament, EMA (NDLR pour traduire différents textes en langues étrangères non maîtrisées, la rédaction utilise le site deepl).

    VaccinCormitary de Pfizer-BioNtech (à ARNm à nucléoside modifié)Moderna (à ARNm à nucléoside modifié)Janssen de Johnson & Johnson (à vecteur viral vivant non réplicatif, adénovirus de type 26)AstraZeneca (à vecteur viral non réplicatif , adénovirus de chimpanzé)
    AntigèneARNm COVID-19, incorporé dans des nanoparticules lipidiques 30 μg100 μg d’ARN messager encapsulé dans les nanoparticules lipidiques SM-102au moins de 8,92 log10 unités infectieuses (U.I.)Au moins 2,5 × 108 particules virales (U.I.) de l’Adénovirus codant la glycoprotéine Spike du SARS-CoV-2 (ChAdOx1-S)
    ExcipientsALC-0315 = bis(2-hexyldécanoate) de ((4-hydroxybutyl)azanediyl)bis(hexane-6,1-diyle)Lipide SM-102Éthanol (environ 2 mg par dose)Éthanol (environ 2 mg dans une dose)
    ALC-0159 = 2-[(polyéthylèneglycol)-2000]-N,NditétradécylacétamideCholestérolHBCD (2-hydroxypropyl-β-cyclodextrine)Chlorhydrate de L-histidine monohydraté
    1,2- distéaroyl-sn-glycéro-3-phosphocholine (DSPC)DSPCAcide citrique monohydratéChlorure de magnésium hexahydraté
    cholestérol1,2- dimyristoylrac-glycéro-3-méthoxypolyéthylène glycol-2000 (PEG-2000 DMG)Citrate trisodique dihydratéÉdétate de disodium (dihydraté)
    Chlorure de potassiumTrométhaminePolysorbate-80L-Histidine
    Phosphate monopotassiqueChlorhydrate de trométhamineChlorure de sodiumChlorure de sodium
    Chlorure de sodiumAcide acétiqueHydroxyde de sodiumPolysorbate 80 (E 433)
    Phosphate disodique dihydratéAcétate de sodium trihydratéAcide chlorhydriqueSaccharose
    SaccharoseSaccharoseEau pour préparation injectableEau pour préparation injectable
    Eau pour préparation injectableEau pour préparation injectable
    La liste de tous les vaccins, dont ceux contre le SARS-CoV-2, est sur le site « mes vaccins ». Un comité de rédaction composé d’experts (dont la liste est consultable) veille au grain. Juxtaposé à la liste, une biographie des membres est ajouté par souci de transparence, en cas de doute il suffit de vérifier ici.

    Pharmacovigilance et effets indésirables présumés

    La pharmacovigilance consiste à recueillir des données issues de la surveillance, y compris des informations sur les effets indésirables présumés, d’un médicament, comme d’un vaccin. Que son utilisation soit conforme aux termes de son autorisation de mise sur le marché, ou non (en cas de surdosage, de mésusage, d’abus, ou d’erreurs médicamenteuses). « Les effets indésirables sont généralement notifiés par les professionnels de santé, c’est pourquoi il est conseillé de faire part de vos effets indésirables à votre médecin ou à votre pharmacien. » Le but est de remonter les effets rencontrés durant la Phase IV. L’EudraVigilance (European Union Drug Regulating Authorities Pharmacovigilance) est faite pour. C’est un réseau de traitement des données et le système de gestion, pour la déclaration et l’évaluation des effets indésirables présumés des médicaments. De ceux qui ont été autorisés, ou, qui sont étudiés dans le cadre d’essais cliniques dans l’Espace économique européen (EEE). En date du 19 juillet 2021, sous l’autorité de l’ANSM, une information transmise aux professionnels de la santé sur les risques de myocardite et de péricardite suite à l’injection des vaccins issue de BioNTech-Pfizer et Moderna indique : « Jusqu’au 31 mai 2021, environ 177 millions de doses de Comirnaty et 20 millions de doses de Spikevax ont été administrées dans l’Espace Economique Européen (EEE). Un total de 145 cas de myocardite est survenu chez des personnes ayant reçu le vaccin Comirnaty et 19 cas chez des personnes ayant reçu le vaccin Spikevax. De plus, 138 cas de péricardite sont survenus après l’utilisation de Comirnaty et 19 cas après l’utilisation de Spikevax. »

    L’agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé publie des informations de sécurité chaque jour (risques médicamenteux, rappels de produits, d’informations aux utilisateurs et défauts de qualité). (Crédits : ANSM)

    La base européenne de données des rapports d’effets indésirables susceptible d’être liée à l’utilisation de médicaments affiche en préambule une clause de non-responsabilité. Cela est dû au fait que les chiffres doivent être replacés dans un contexte avec d’autres facteurs, comme le nombre de personnes qui prennent le médicament et la durée pendant laquelle le médicament a déjà été commercialisé. À savoir :

    • Les informations présentées sur ce site web ne reflètent aucune confirmation d’un lien potentiel entre le médicament et le(s) effet(s) observé(s).
    • Les informations présentées sur ce site web concernent des suspicions d’associations qui reflètent les observations et avis du déclarant.
    • Les informations peuvent inclure des effets indésirables connus déjà énumérés dans le résumé des caractéristiques du produit (RCP) et la notice.
    • Le nombre d’effets indésirables suspectés d’être liés aux médicaments dans la base de données EudraVigilance (EV) ne doit pas servir de base pour la détermination de la probabilité de la survenue d’un effet indésirable.
    • Chaque circonstance individuelle enregistrée dans le système EV concerne en général un seul patient ; cependant, plus d’un effet indésirable a pu être signalé dans un cas. Par conséquent, le nombre d’effets indésirables ne sera pas toujours identique au nombre de cas.
    • Les déclarations sur les effets indésirables contenus dans la structure EV ne représentent pas l’ensemble des informations disponibles concernant les bénéfices et les risques d’un médicament […] d’autres sources d’informations (informations sur le produit et en matière de prescription, doivent d’abord être consultées.
    • Les patients et les consommateurs ne doivent pas arrêter de prendre leurs médicaments ou en changer sans consultation préalable d’un professionnel de santé.

    Mais d’autres données sont lisibles par tout un chacun. Le nombre de cas individuels d’effets indésirables identifiés dans EudraVigilance pour le vaccin Moderna contre le virus du SARS-CoV-2 (CX-024414) est de 84 547 (jusqu’au 31/07/2021). Les statistiques concernant Pfizer-BioNTech, AstraZeneca et Janssen des laboratoires Johnson & Johnson révèlent respectivement 327 665, 346 881 et 19 915 cas individuels d’effets indésirables.

    Les données complètes tant au niveau de l’âge, du sexe, du pays… permettent de déterminer le rapport-bénéfice/risque et l’autorisation de mise sur le marché. (Sources : EMA)

    Les chiffres en France

    Le Premier ministre, Jean Castex, annonçait sur TF1 le 21 juillet dernier que 96 % des 18 000 cas positifs dus au variant Delta, n’étaient pas vaccinés. Or, ce dernier avait commis une erreur ou imprécision, en tout bonne foi. Les services de Matignon confirmaient HuffPost et au Parisien que le chef du gouvernement tirait ce chiffre de 96 % non des dernières données de Santé publique France, mais d’une étude mentionnée par le ministre de la Santé Olivier Véran et menée par la DRESS (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques) portant sur la période du 28 juin au 4 juillet. Concernant un homme politique, devons-nous parler d’erreur ou de « Fake News » ?

    La Drees au paragraphe 2.1 indique : « Sur la semaine du 28 juin au 4 juillet 2120 tests PCR prélevés positifs par joue en moyenne ». Cela représente donc sur sept jours 14 840 personnes testées. Le nombre de personnes non vaccinées atteint est de 80, 57 %. Le tableau pris en compte dans le dossier communiqué par la Drees est celui, ci-dessous. Il détaille l’effectif de cas L452R (variant Delta) de femmes et d’hommes, vaccinées ou non, avec ou sans symptômes venant effectuer un test RT-PCR.

    En reportant les données par sexe et en les compilant, cela donne les donnes suivantes.

    TR-PCR Positifs
    Statut vaccinalNombre moyen par jourGlobalL452R
    Non-vaccinés1694 / 37480, 4 %74, 8 %
    Primo dose récente57 / 192, 7 %3, 8 %
    Primo dose efficace229 / 7910, 87 %15, 8 %
    Vaccination complète127 / 286, 03 %5, 6 %
    Ensemble2107 / 500100100
    Nombre de positifs et taux de positivité par statut vaccinal pour RT-PCR entre le 28 juin et le 4 juillet 2021. (Source : tableau 2a. appariement Sidep-Vacsi, calcul Drees. Champ : France, tous âges. Note : moyenne par jour entre le 28 juin et le 4 juillet.)

    La communication est le sujet prépondérant de tout, ainsi d’innombrables experts s’écharpent depuis le début de la pandémie, non sur le taux de contamination, mais sur celui de la létalité. La définition prodiguée par le centre national de ressources textuelles et lexicales (CNRTL) est le « Rapport entre le nombre de décès dus à une maladie et le nombre de personnes atteintes de cette maladie ». Les données en France par le site« Ourworldindata » à la date du 27 juillet 2021 fournissent le nombre d’êtres humains disparus à 111 883, sur un total d’individus contaminés de 6, 09 millions. Le taux de létalité est de 1, 8371 %. Or, le ratio de mortalité ne tient pas compte des infectés non répertoriés, c’est-à-dire les malades qui n’ont pas eu de test PCR. Ainsi, le taux serait en Italie de 2, 96 %, au Brésil de 2, 79 %, Allemagne 2, 43 %, Iran 2, 38 %, en France de 1, 84 % pour une moyenne mondiale de 2, 14 %.

    Le nombre réel de cas est possiblement plus élevé que celui des cas confirmés. Pour autant, les statistiques n’indiquent pas si les personnes sont symptomatiques, asymptomatique, schéma vaccinal complet ou non. (Source : Ourworldindata)

    Les effets indésirables et les bénéfices des vaccins

    Les essais de Phase IV profitent de ce que chaque effet indésirable est notifié. En fonction des vaccins ayant reçu l’AMM, l’agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé, met à disposition une fiche récapitulative mentionnant lesdits effets indésirables des vaccins et médicaments. Chaque fait doit être signalé auprès du médecin, de la pharmacie, et en cas de doute il est recommandé de contacter votre praticien traitant, ou le 15.

    Effets indésirablesAstraZenecaJanssenModernaPfizer-BioNTech
    Très Fréquents (≥1/10)Céphalées, nausées, myalgies, arthralgies, fatigue, malaise, état fébrile, frissonsCéphalées, nausées, myalgies, fatigue, douleur au site d’injectionFatigue, céphalées, lymphadénopathie, nausées / vomissements, myalgies, frissons, arthralgies, fièvre, douleur au site d’injectionFatigue, céphalées, myalgies, frissons, arthralgies, fièvre, diarrhée. Réaction au site d’injection (douleur, gonflement au site d’injection)
    Fréquents (≥ 1/100 à < 1/10)Vomissements, diarrhées, fièvre, thrombocytopénie, maladie pseudo grippale, asthénie, douleurs dans
    les extrémités, réaction au site d’injection (gonflement, érythème)
    Toux, arthralgie, fièvre, frissons, gonflement et érythème (au site d’injection)Réaction au site d’injection (érythème, urticaire, rash), éruption cutanéeRéaction systémique : nausées, vomissements. Réaction au site d’injection (rougeur)
    Peu fréquents (≥ 1/1 000 à < 1/100)Douleurs abdominales, lymphadénopathie, urticaire, diminution de l’appétit, léthargie, étourdissements, somnolence, hyperhidrose, prurit, éruption cutanéeTremblement, éternuement, douleur oropharyngée, rash, hyperhidrose, faiblesse musculaire, extrémités douloureuses, dorsalgie, asthénie, malaisePrurit au site d’injectionDouleur aux extrémités, lymphadénopathie, insomnies, malaise, prurit au site d’injection, réactions d’hypersensibilité (rash, prurit)
    Rares (≥ 1/10 000 à < 1/1 000)Hypersensibilité, urticaireParalysie faciale périphérique aiguë (paralysie de Bell) (3 cas sur 15 185 personnes vaccinées dans les essais cliniques), gonflement du visage.Urticaire, angio-œdème, paralysie de Bell (4 cas sur 22 000 personnes vaccinées dans les essais cliniques).
    Très rare (≤ 1/10 000)Réaction systémique : syndrome thrombotique thrombocytopéniqueThrombose en association avec une thrombocytopénie
    IndéterminéAnaphylaxie, hypersensibilité, fuites capillaires, angio-œdèmeAnaphylaxieDes réactions d’hypersensibilité, anaphylactiques et des myocardites/ à péricardites ont été rapportéesDes réactions anaphylactiques et des myocardites/péricardites ont été rapportées
    La liste des effets indésirables est constituée par les remontées des patients, comme des spécialistes de la santé. Les conduites à tenir en cas de doutes suite à l’injection des vaccins AstraZeneca, Janssen, Moderna et Pfizer sont simples, s’adresser à un professionnel de santé. (Sources : ANSM)

    Pour qu’un vaccin soit De l’autre côté, Le CRESS (centre of research in epidemiology and statitics) recense et décrit des estimations en fonction des suites de l’infection au SARS-CoV-2 vacciné ou non. D’ailleurs ce site hors mis qu’il « a pour objectif de visualiser des données scientifiques publiées et n’a pas vocation à se substituer aux recommandations des autorités de santé ou à une consultation et discussion avec un médecin ».

    Il propose des graphiques montrant les bénéfices estimés en fonction de l’âge, du sexe de l’individu et du vaccin inoculé. Cet outil a été développé et évalué avec l’aide de 3152 patients de la Communauté de Patients pour la Recherche (ComPaRe). (Crédits : DR)

    Le texte adopté n°654 dit « Petite loi » sera présenté devant le Conseil constitutionnel le 5 août 2021, avec le « passe sanitaire », « l’obligation vaccinale », la « suspension du contrat de travail »… à suivre

  • La cyberguerre de l’Or noir

    La cyberguerre de l’Or noir

    Des documents classifiés, qui proviendraient d’Iran, révèlent des recherches secrètes sur la manière dont une cyberattaque pourrait être utilisée pour couler un cargo ou faire sauter une pompe à essence dans une station-service. Les fichiers internes, obtenus par Sky News, comprennent également des informations sur les dispositifs de communication par satellite employés par l’industrie maritime mondiale, ainsi qu’un système informatique qui contrôle des éléments, tels que les lumières, le chauffage et la ventilation dans les bâtiments dits « intelligents » du monde entier.

    Les documents semblent révéler un intérêt particulier pour la recherche d’entreprises et d’activités dans les pays occidentaux, notamment le Royaume-Uni, la France et les États-Unis. Une source de sécurité ayant connaissance de la liasse de 57 pages, composée en cinq rapports, a déclaré qu’elle avait été compilée par une unité cybernétique offensive secrète, appelée « Shahid Kaveh ».

    Attaques ciblées d’une précision chirurgicale

    Celle-ci fait partie du commandement cybernétique d’élite du Corps des gardiens de la révolution islamique (IRGC) de l’Iran. Les opérations seraient dirigées par un individu qu’il nomme Hamid Reza Lashgarian. Sky News, relate la source qui a confié les documents, sous couvert d’anonymat, croit que Téhéran récolte ces informations pour identifier les objectifs d’éventuelles cyberattaques. « Ils créent une banque de cible à utiliser au moment opportun ». L’ambassade d’Iran à Londres n’a pas répondu à une demande de commentaire sur ces allégations, souligne la télévision britannique.

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    Sur la plupart des dossiers figure une citation qui semble être celle du Guide suprême iranien, Ali Khamenei. Elle se lit comme suit : « La République islamique d’Iran doit devenir l’un des pays les plus puissants du monde dans le domaine de la cybernétique. », explique Deborah Haynes.

    De plus la mention « Hautement confidentiel» trône en tête de chaque rapport. « Ils sont censés être plutôt clandestins. Ils travaillent sur des cyberopérations offensives à l’échelle mondiale », déclarait la source. (Crédits : capture d’écran YouTube)

    Seules deux des pièces comportent une date d’achèvement. L’un, qui porte sur ce que l’on nomme un système de gestion de bâtiment — qui contrôle des choses les lumières, le chauffage et la ventilation dans les bâtiments intelligents — est du 19 novembre 2020. Les premières inspections et compilations des données sembleraient authentifier les documents.

    L’autre, porte sur une entreprise allemande, WAGO qui produit des composants électriques, est daté du 19 avril 2020. Or, le 8 juin 2021, Eduard Kovacs relate, sur securityweek, « deux vulnérabilités découvertes dans des contrôleurs industriels fabriqués par WAGO, une compagnie allemande spécialisée dans les solutions de connexion électrique et d’automatisation, peuvent être exploitées pour perturber les processus technologiques, ce qui, dans certains cas, pourrait entraîner des accidents industriels, selon la société russe de cybersécurité positive Technologies. »

    Le message transmis semble clair, la République Islamique d’Iran veut peser dans le cyberespace. (Crédits : capture d’écran YouTube)

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    Les vulnérabilités ont été repérées dans l’automate programmable (PLC) WAGO PFC200 et ont été corrigées par le fournisseur. L’une des failles, identifiée comme CVE-2021-21001 (classée critique), a été décrite comme un problème de traversée de chemin lié à un composant CODESYS utilisé par l’appareil. Elle permet à un attaquant authentifié, ayant une entrée réseau au dispositif ciblé, d’accéder à son système de fichiers avec des privilèges élevés, ce, en envoyant des paquets spécialement conçus.

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    « En exploitant cette vulnérabilité, les attaquants peuvent accéder au système de fichiers de l’automate avec des droits de lecture et d’écriture. Les modifications du système de fichiers de l’automate peuvent entraîner une perturbation des processus technologiques et même conduire à des accidents industriels », explique Vladimir Nazarov, responsable de la sécurité ICS chez Positive Technologies. Le second problème, identifié comme CVE-2021-21000, affecte l’organisme iocheckd de WAGO. Il est conçu pour vérifier les entrées/sorties de l’API et afficher la configuration de l’API. Un attaquant non authentifié ayant un accès réseau à l’appareil peut tirer parti de cette faille pour provoquer une condition de déni de service. Les lignes indiquent de nombreuses informations sur les tankers, ainsi que les pompes à essence. (Crédits : capture d’écran YouTube)

    Deux études, l’une sur les pompes à carburant dans les stations-service et l’autre sur les communications maritimes, comportent des captures d’écran d’analyses (prises sur l’Internet) datant de l’année précédente. Les auteurs semblent s’appuyer sur des recherches de sources ouvertes plutôt que sur des informations privilégiées. Par diagramme les rapports illustrent un navire stable dans l’eau, un autre un bateau incliné sur un côté, un dernier montrait comment des commandes pouvaient être envoyées à distance depuis un centre de contrôle à terre via une liaison satellite. Le rapport stipule que : « Ces pompes sont utilisées pour amener l’eau dans les réservoirs […]. Tout problème pourrait entraîner le naufrage du navire ».

    Le mat du couloir

    Le plus récent des documents porte sur les dispositifs de gestion des édifices. Ceux-ci reflètent les systèmes informatiques qui contrôlent l’éclairage, la ventilation, le chauffage, les alarmes de sécurité et de diverses fonctions dans un bâtiment dit « intelligent ». Les feuillets énumèrent les entreprises qui assurent ces services. Parmi elles, Honeywell aux États-Unis, le groupe français d’équipement électrique Schneider Electric, le géant allemand Siemens et KMC Controls. Le rapport le plus long (22 pages) portait sur des équipements électriques fabriqués par la société allemande WAGO, mais pas seulement. Le premier, Seagull 5000i, fournit des services de téléphone, de télécopie et d’autres données via une liaison satellite.

    Le système d’intérêt suivant est appelé Sealink CIR. Le majeur objectif de ce dossier n’était qu’une recherche de documentation sur deux dispositifs, annoté d’un tableau de résultat grâce à des « Google dork ». Suite à ces révélations, la journaliste Déborah Haynes interrogeait le général Sir Patrick Sanders, principal officier militaire chargé de superviser les cyberopérations britanniques, sur l’ampleur de la menace que représente l’Iran dans le cyberespace. « Ils font partie des cyberacteurs les plus avancés. Nous prenons leurs capacités au sérieux. Nous ne les surestimons pas. C’est un acteur sérieux et il s’est comporté de manière vraiment irresponsable dans le passé », répondait-il.

    Comme un joueur d’échecs, placer ses pièces possède une importance stratégique. Il serait manqué de discernement en pensant que les opérateurs des différents pays ne choisissent pas leurs finalités. L’Iran avait subi l’une des premières cyberattaques connues, avec le ver informatique Stuxnet. (Crédits : DR)

    Colonial, cyberattaque, USA

    Les soupçons d’organisation de l’opération « Olympics Games » se portent vers les Israéliens et les Américains. Le but fut l’attaque des centrifugeuses d’enrichissement d’uranium, à Natanz en 2010. Des opérateurs informatiques liés à l’Iran sont soupçonnés d’avoir ciblé le parlement britannique en 2017, le résultat est que des milliers de comptes de messagerie, y compris ceux de députés, avaient été affectés.

    Pegasus, surveillance, cyber

    En mai 2020, les ordinateurs du terminal portuaire iranien de Shahid Rajee ont « planté », provoquant l’arrêt du trafic, à la suite d’une cyberattaque qui semblerait provenir d’Israël. Celle-ci aurait été menée en représailles à une tentative iranienne de piratage des systèmes d’approvisionnement en eau d’Israël. Ainsi, chaque pays entreprend, ce, pour diverses raisons, de connaître les tenants et aboutissants des projets des ennemis, des alliés… Outre l’intervention iranienne, d’autres cyberattaques comptent. L’offensive massive de Solarwinds, qui a téléchargé un virus sur des milliers d’appareils informatiques du gouvernement américain, et l’infection par ransomware, sur Colonial Pipeline. Le dernier évènement est celui dit « Pégasus », qui révèle que le Maroc aurait utilisé un produit de la firme israélienne NSO, ce que condamne l’Algérie. Seraient-ce les seuls à effectuer de genre d’opérations ? (Crédits : DR)

    Non ! Depuis que les systèmes d’information envahirent l’espace public, comme privé, des personnes bien, comme malintentionnées, testaient leurs vulnérabilités. Ainsi, il y a près de 30 ans en France, une affaire atypique défraie la chronique au début des années 1990. Dans le service des soins intensifs, d’un hôpital parisien, une femme se trouve entre la vie et la mort. Ses fonctions vitales sont gérées informatiquement. La femme décédera sans qu’aucune alarme n’ait retenti. Après des mois d’enquête, l’époux de la victime est arrêté, soupçonné d’avoir éteint l’alarme… à distance par ordinateur. L’histoire digne d’un film d’espionnage est pourtant bien réelle et paraît tirée d’un film de série Z en 2021. Dans leur rapport, les policiers parlaient « d’une modification criminelle des seuils d’alarme d’une centrale informatique dans un hôpital ». Cet acte intentionnel a même entraîné la mort d’une seconde personne, le voisin de chambre de la victime. Un cas alors inédit en France.

  • Les vaccins et l’obligation vaccinale (1re partie)

    Les vaccins et l’obligation vaccinale (1re partie)

    C’est le sujet brûlant, voire explosif du moment, ce quelque soit le pays ou continent. Une discussion peut devenir un pugilat, un concours de mots, qui ne révèlent en fait que l’incapacité d’écoute, et sans jugement, des arguments des uns et des autres. Chacun campe sur sa position, même sans connaissance… mais quel est le thème ? Le vaccin contre le SARS-CoV-2, tout simplement ou presque. Il est à ajouter le « pass sanitaire ». Tâchons de placer en lumière les faits, et uniquement les faits.

    Donc, qu’est-ce qu’un vaccin ? L’Académie de Médecine explique que c’est une préparation antigénique immunogène, utilisée dans la prévention ou le traitement de maladies infectieuses, qui mettent en jeu le système immunitaire. Il est nécessaire de clarifier « antigénique immunogène ». Le premier adjectif caractérise une substance qui possède deux propriétés : la spécificité antigénique est la capacité d’être reconnue soit par des anticorps, soit par des récepteurs cellulaires, et l’immunogénicité, celle de déclencher une réaction de la part du système immunitaire (une substance qui ne possède que la première propriété est qualifiée d’haptène). Puis, le second dispose de la propriété d’induire une réponse immunitaire lorsqu’il est introduit dans un organisme qui en est dépourvu (NDLR du latin immunis, exempt de).

    Il était une fois… les vaccins

    C’est à Edward Jenner que l’on doit, en 1796, la première tentative de vaccination systémique contre la variole. Pour autant, il faudra attendre Pasteur, un siècle plus tard, pour pouvoir aborder et comprendre le problème de la vaccination. Il est nécessaire d’appréhender la genèse de la question afin de faire évoluer la science pour le bien de tous.

    Virus, culture, poison

    C’est là que la réflexion de Louis Pasteur fit la différence. Le médecin français démontre l’origine des maladies infectieuses, tout en apportant des protections contre elles. Ce, par l’injection de germes atténués, déterminant une maladie bénigne inapparente, laissant une immunité active solide et durable, les anticorps.

    Le virus (poison en latin) représente un agent infectieux réduit à son strict minimum. Pour se multiplier, le virus, environ vingt fois plus petit qu’une bactérie, doit rentrer dans la cellule hôte et parasiter ses fonctions de réplication. Les virus sont tous à l’origine de maladies : poliomyélite, grippe, rage, Sida, variole…

    (Crédits : Edward Jenner/Pexels)

    L’étape décisive fut franchie en 1885, lorsque Pasteur appliqua, pour la première fois, une vaccination antirabique au petit Joseph Meister sévèrement mordu par un chien atteint de rage. Une décennie passe quand, en 1896, Sir Almroth Edward Wrigth expérimente le premier vaccin tué contre la typhoïde et, vingt ans plus tard, en 1915, Fernand Widal suggère l’emploi d’une vaccination triple associant au bacille typhoïdique les bacilles paratyphoïdiques A et B. En 1884, Robert Koch découvre le vibrion cholérique, et Jaume Ferran i Clua, puis, Waldemar Haffkine, en 1892, tente d’immuniser les sujets par des bacilles vivants.

    VaccinAuteur / AnnéeVaccinAuteur / Année
    La VarioleEdward Jenner / 1798Infections à Méningocoque / La RubéoleEmil Claus Gotschlich / Stanley Alan Plotkin / 1969
    Le CharbonLouis Pasteur / 1881La VaricelleMichiaki Takahashi / 1973
    La RageLouis Pasteur / 1885Hépatite BPhilippe Maupas, puis Maurice Ralph Hilleman / 1976
    La Fièvre ThyphoîdeSir Almroth Edward Wright / 1896Infections à PneumocoqueRobert Austrian / 1983
    Tuberculose (BCG)Albert Camette et Camille Guérin / 1921Méningite bactérienne haemophilus influenzae de type BJohn B Robbins / 1985
    La Coqueluche / La DiphtérieThorvald Madsen / Gaston Ramon / 1923Hépatite A1992
    Le TétanosGaston Ramon / 1927Zona / Infections à Rotavirus de l’enfant (gastro-entérites)2006
    La Grippe / La Fièvre JauneJonas Salk / Max Theiler / 1937Papillomavirus humains2007
    La PolomyéliteJonas Salk / 1954Infections à Méningocoques B2014
    La RougeoleJohn Franklin Enders / 1963La Dengue2016
    Les OreillonsMichiaki Takahashi / 1966
    L’histoire des vaccins à travers les âges a permis à l’humanité d’augmenter de manière significative l’espérance de vie à la naissance, bien que l’accès aux soins modernes soit hétérogène selon les continents, les ressources et les individus. Le Covid-19 sera-t-il ajouté au tableau ? (Source : Vaccination info-services)

    Ce n’est qu’en 1923 que les premiers résultats de vaccination contre la coqueluche à germes entiers furent rapportés par Thorvald Madsen. À la même époque, Ramon découvre l’anatoxine diphtérique, puis tétanique, tandis que Albert Calmette et Camille Guérin découvrent le BCG. Un livre sorti en 2009, écrit par Nizar Ajjan « La vaccination : Manuel pratique de tous les vaccins » était considéré comme la « bible ». Il fut conçu pour faciliter la consultation et la recherche d’informations utiles, cet ouvrage annonce aussi les progrès à venir en matière de prévention des maladies transmissibles.

    Les types de vaccins

    L’académie de médecine distingue différents genres de vaccins. Les inactivés, les atténués (exemple : rougeole, rubéole, oreillons), ceux composés de sous-unités (exemple : hépatite B), les vaccins polyosidiques (exemple : pneumocoques) et les vaccins conjugués formés d’une unité oligosaccharidique couplée à une protéine (exemple : Haemophilus influenzae de type b). Le centre d’appui pour la prévention des infections associées aux soins (CPIAS) Auvergne-Rhône-Alpes met à disposition un fascicule afin de mieux saisir les différences.

    Clarifions la compréhension. En parlant de « virus entier », les scientifiques utilisent un virus qui ne peut pas induire de maladie. Atténué, il est injecté « vivant », il peut être répliqué (Ex. : fièvre jaune, rougeole, oreillons, rubéole). Lorsqu’il est inactivé, le virus ne peut donc pas se multiplier (hépatite A, rage, poliomyélite, grippe).

    Les bactéries sont des êtres vivants microscopiques constitués d’une unique cellule entourée d’une paroi et dépourvue de noyau. Beaucoup d’entre elles ne sont pas nocives, mais d’autres sont à l’origine de maladies graves, comme la peste, le choléra, la tuberculose ou, moins terrible, l’angine. (Crédits : Arek Socha/Pixabay)

    Bactéries, loupe, virus

    Ensuite un vaccin « à vecteur viral » contient une version affaiblie d’un virus rendu inoffensif pour l’humain, dans lequel une partie du matériel génétique du virus a été introduit (Ebola). Lorsque le vecteur viral pénètre dans nos cellules, il donne des instructions pour fabriquer la protéine Spyke. Notre système immunitaire reconnaît que cette protéine est étrangère et produit des lymphocytes T et des lymphocytes B pour la neutraliser, explique le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec. Le vaccin du laboratoire suédois britannique AstraZeneca utilise cette méthode.

    Ce dernier contient une infime quantité d’adénovirus, du chlorhydrate de L-histidine monohydraté, du chlorure de magnésium hexahydraté, du chlorure de sodium, de l’édétate disodique dihydraté, de la L-histidine, de l’éthanol, du Polysorbate 80 et du saccharose.

    DNA, ADN, livre

    D’autres usent de protéine recombinante. La première est une sous-unité protéique, l’injection d’une protéine immunogène produite de manière dite « industrielle » va induire la réponse immunitaire. Ce type de vaccin nécessite la présence d’un adjuvant et de plusieurs doses pour être immunogène. Comme le sont les vaccins contre l’hépatite B et la coqueluche.

    Concernant la seconde, il s’agit simplement d’un virus dépourvu de tout pouvoir infectieux qui imite la structure du virus, capable d’induire la réponse immunitaire (papillomavirus, hépatite C). Le CPIAS Auvergne-Rhône-Alpes souligne que pour les vaccins à ADN, le gène d’une protéine immunogène est inclus dans une molécule d’ADN. Après pénétration dans la cellule, ce gène va intégrer le génome cellulaire et être traduit en ARNm, puis en protéine immunogène. (Crédits : Nothing Ahead/Pexels)

    Cette protéine va provoquer la réponse immunitaire. Développée dès les années 90, il n’existe pas de résultat probant chez l’Homme pour VIH, VHB, VHC, tuberculose ou paludisme. Enfin, ceux utilisant l’acide nucléique, autrement dit les ARNm. Une molécule d’Acide RiboNucléique est incluse dans une nanoparticule lipidique qui va fusionner avec la paroi cellulaire et libérer l’ARNm dans le cytoplasme. L’ARNm est transcrit en protéine immunogène excrétée par la cellule. Cette protéine va provoquer la réponse immunitaire. À suivre…