Blog

  • Arrivé à bon port (dernière partie)

    Arrivé à bon port (dernière partie)

    Le 234e jour de l’année, dimanche 22 août 2021 « je soulève le rideau, le soleil levant dévoile la base de Port-aux-Français, la petite capitale des TAAF ». C’est aussi le nycthémère où Flavien, frustré de n’avoir pu se rendre sur Crozet quelque temps auparavant, a la chance de pouvoir descendre sur terre. Donc, après le petit déjeuner, « je m’habille chaudement, puis je me rends à l’entrée de la DZ où j’attends mon nom, avant de monter dans l’hélicoptère vers 9 h 15. »

    La France située au sein de l’hémisphère nord s’accroche aux soubresauts d’un été moribond, aux dernières chaleurs, aux ultimes barbecues, avec en point de mire, la rentrée des classes. Les journées raccourcissent de pis en pis, l’automne pointe petit à petit son nez. Le 22 septembre 2021 (à 21 h 21), il s’affiche au calendrier, fier comme Artaban, annonçant prématurément l’hiver. Dans l’archipel des îles Kerguelen, la saison défavorable court de juin à octobre. Ainsi, la base de Port-aux-Français s’est couverte d’un joli manteau blanc, « actuellement il fait 1 °C dans l’air, quant à l’eau seulement 3 °C, avec un vent qui souffle autour de 20 à 30 nœuds ».

    Le chaland l’ « Aventure II » est indispensable au bon déroulement du déchargement. (Crédits : Flavien Saboureau)

    Privilège de photographe, ses quatre collègues lui ont cédé la place à l’avant afin d’immortaliser l’instant fugace du transport. Il faut dire que la distance entre le départ du Marion Dufresne et l’arrivée sur camp s’effectue en trente petites secondes. « Le trajet reste bref, mais à peine le temps de redonner notre gilet de sauvetage que le DisKer et les agents de la Resnat nous accueillent. » Puis le chef de district de Kerguelen (DisKer) entame son discours de bienvenue au foyer de la base, à Totoch. Le verre et les cookies attendent patiemment la fin de l’allocution, tandis que les murs affichent, à qui veut bien les voir, les mémoires des précédentes missions. Une toute petite demi-heure suffit pour que les agents de la Réserve naturelle (ResNat) « nous prennent en charge et nous emmènent dans leur bâtiment » accompagné de Franck, le directeur, Clément le gérant et Antoine responsable de la biosécurité (procédure de décontamination visant à limiter l’introduction d’espèces allochtones invasives). « Jusqu’à midi, ils nous exposeront les différentes problématiques qu’ils ont et comment ils ont pu y répondre au cours de leur hivernage. »

    La portière tiré par un navire est pour ainsi dire un radeau. Pour autant, il est plus élaboré que celui que tout un chacun pourrait imaginer. (Crédits : Flavien Saboureau)

    La pause repas finit « nous aidons au débarquement des vivres ». Le ballet des chalands enclenche la musique. Ces bateaux à fond plat emportent les conteneurs à portée de grue. Elle porte la précieuse cargaison avec délicatesse aux pieds du « manitou » pour les derniers mètres. L’aéronef, tel un métronome, marque la cadence, effectuant des rotations, encore et toujours, avec d’autres provisions. « Il y en a des tonnes », s’esclaffe Flavien. Ainsi, la trentaine de paires de mains n’est pas de trop pour convoyer patates, pommes, fromages, litres de lait, surgelés, carottes, kiwis, oranges… aux lieux de conservations que composent réfrigérateur et congélateurs. La base de Port-aux-Français bouillonne de vie.

    Comme dans un rêve

    En très peu de temps, toutes les victuailles sont rangées. Deux agents de la réserve, dont l’ornithologue, organisent une excursion, en direction de la villégiature des manchots papous et éléphants de mer. « Nathalie, botaniste me montre quelques plantes, Ranunculus biternatus, Ranunculus pseudotruliifolius, et Crassula moschata. En avançant, nous passons devant la statue de notre dame du vent, qui symbolise l’endroit de la base où il souffle le plus, et il faut dire que l’emplacement est bien choisit », claque-t-il.

    Le canard d’Eaton (Anas eatoni) fréquente les zones humides qui bordent lacs et cours d’eau des archipels de Crozet et de Kerguelen. Ce Canard est strictement terrestre et ne va pas en mer, contrairement aux autres oiseaux des terres australes françaises. (Crédits : Flavien Saboureau)

    Les souhaits se réalisent au fur et à mesure. Près d’une plage où des amas d’algues se sont échoués, des milieux humides, bien en retraits, sont peuplés du fameux canard d’Eaton. « Cet oiseau que je voulais absolument voir est endémique de Crozet et de Kerguelen. Sur des récifs à quelques dizaines de mètres, un manchot papou, seul, se laisse photographier quelques secondes avant de plonger. Juste à côté, une otarie de Kerguelen, qui se confond dans les rochers, prend la pause », s’émerveille Flavien. La troupe continu son chemin longeant le littoral, quand viennent à se contempler Juncus scheuchzerioides, Deschampsia antartica et la fameuse Leptinella plumosa.

    Éléphant de mer du sud (Mirounga leonina) peut plonger jusqu’à 1 000 mètres de profondeur, et rester en apnée, pendant 20 minutes (il ne possède pas de branchies). Le record du monde recensé parle même d’une plongée de 1998 mètres et d’une durée d’immersion de deux heures. (Crédits : Flavien Saboureau)

    Puis une rencontre plus que surprenante pour tout un chacun : « un renne se montre, malheureusement j’ai envie de dire. Cette espèce, introduite il y a des décennies, cause de nombreux dégâts sur les milieux humides et les fell-field (désert pierreux), explique l’aventurier. Juste avant de faire demi-tour, un pacha de plus d’une tonne, se repose sur un lit d’algue, à ses côtés deux femelles. » Tels des paparazzis, les visiteurs d’un jour campent de longues minutes à immortaliser l’instant. A travers son caillou, il observe, fige Callitriche antarctica et de tout petits pieds de Pringlea antiscorbutica, le botaniste est heureux. Cette dernière, emblématique de l’archipel, coincé entre deux grillages, a pu échappée aux lapins introduits également par l’homme. Tradition de la marine, sur les navires, personne ne parle de « lapin », mais de bête à longues oreilles (BLO). « À peine rentré à la base, l’hélicoptère nous accueille pour nous ramener sur le Marion. Une journée comme on en voit que dans les documentaires télévisés, un rêve. »

    Après l’euphorie, la mélancolie

    Du 23 au 26 août 2021, les quantièmes lui semblent monotones. Au mouillage dans le golfe du Morbihan, juste en face de la base de Port-aux-Français. La semaine débute par une rencontre fugace entre Flavien et un dauphin de Commerson, dont « seuls 97 individus sont connus ». En vain, il cherchera à le revoir…

    En fin d’après-midi, le mauvais temps s’annonçant pour la nuit, le chaland, l’« Aventure II » (après avoir œuvré aux différents déchargements) navigue deux heures et demie pour se réfugier dans une zone plus calme du golfe du Morbihan, le bras Jules Laboureur. Opération effectuée lorsque des vents de directions sud-ouest soufflent à plus de 35 nœuds (env 65 km/h), mais aussi quand ils proviennent de tous secteurs supérieurs à 50 nœuds (92 km/h).

    Comme précédemment à Crozet, le Marion Dufresne approvisionne en carburant Port-aux-Français. Avec la « manche » 280 m³ sont livrés le premier jour et 320 m 3 le second. Capitale des terres australes, elle sert aussi de station de ravitaillement aux bateaux de pêche qui travaillent dans le coin, un des revenus financiers des TAAF. (Crédits : Flavien Saboureau)

    Les prévisions météorologiques se réalisent, le mardi 24 août 2021 la tempête présente toute la journée, avec des bourrasques constantes de l’ordre de 50 nœuds. Durant la nuit, le baromètre « enregistre la plus basse pression mesurée depuis mon départ », 965 hectopascals. Durant toute la journée, ou presque, le bateau navigue en décrivant un hippodrome dans le golfe du Morbihan. « Nous sommes si proches de certaines îles situées à l’ouest du golfe… j’apprécie la chance d’être ici, pourtant il n’y a rien à faire, ce besoin incontrôlable de descendre à terre renforce de sentiment de frustration qui m’est impossible de gérer… » Le départ est annoncé. La neige est réapparue en milieu de matinée lorsque Flavien dévorait les dernières pages du livre sur les explorations botaniques.

    Le livre de chevet de Flavien durant le périple sur les mers. « Ils ont prospecté la nature, l’ont étudiée pendant soixante ans. Ces deux chercheurs ont observé des plantes exotiques, des oiseaux, des animaux survivants, dont beaucoup sont aujourd’hui menacés de disparition ; parfois des espèces dangereuses. » (Crédits : Flavien Saboureau)

    Ce jeudi 26 août, les températures chutent, avec un 0 °C dans l’air et une eau à seulement 2,9 °C. Le début d’après-midi coïncide avec l’intervention de Marie-Julie, psychologue des TAAF. elle a présenté de manière préventive les différents risques de vie sur base. Comme dans tous films, les occupants du bateau en partance, agitent les bras en guise d’au revoir, ici aux hivernants laissés sur Port-aux-Français, dont Pauline, l’autre VSC. « Le vent souffle fort, il fait bien froid ce soir. En traversant le golfe du Morbihan, je regarde les paysages dans le coucher de soleil. Puis notre sortie s’effectue par la passe royale, où des nuées de prions, composés de millions d’individus nous attendent, conte Flavien impressionné. Je comprends mieux pourquoi Kerguelen et Crozet sont les territoires où l’on retrouve le plus de biomasses au km2 dans le monde… »

    À quelques encablures d’Amsterdam

    Ce vendredi 27 août 2021 débute par une formation théorique sur la sécurité et la médecine distillée par la docteure. Ensuite, Flavien enchaîne par la routinière « biosécurité » primordiale pour la descente sur Amsterdam qui s’annonce (enfin) dimanche matin. La mise en application donne différents exercices similaires à la prévention et secours civique de niveau 1 (PSC1), avec l’apprentissage des gestes de premiers secours. Ils permettent d’augmenter sensiblement les chances de sauver des vies et de rendre plus efficace l’intervention des secours. Pour plus de renseignements, il suffit de contacter l’union départementale ou régionale de sapeurs-pompiers, le SDIS. Les associations agréées de sécurité civile (AASC) proche de chez-vous, comme la Protection civile, la Croix-Rouge et bien d’autres encore. Juste avant de se restaurer, il écrit quatre nouvelles cartes postales du bout du monde.

    Les calamars volants (Todarodes Pacificus) projettent un puissant jet d’eau qui les propulse hors de l’eau. Ils peuvent rester 3 secondes hors de l’eau, pour retomber 30 mètres plus loin à une vitesse de 11, 2 mètres par seconde, hors de portée de leurs prédateurs marins. (Crédits : Flavien Saboureau)

    « L’après-midi, je profite du redoux qui arrive avec notre remontée vers le nord, pour photographier quelques albatros à tête grise ». Un repas sous signe d’une célébration se déroule dans une pièce à part « où, l’on partagera des bouteilles de rouge payées par Alain, dont c’est l’anniversaire. » Alors que les dernières bouchées parviennent tout juste dans l’estomac de chacun, le capitaine du Marion Dufresne, M Eyssautier, offrira à tous un verre de punch, entrecoupé deux parties de baby-foot. Flavien clôture la soirée studieusement. Il amorce un diaporama sur la faune et la flore rencontrée depuis le commencement de cette traversée, qu’il finira le lendemain matin, et enverra aux membres de l’aventure.

    Le poisson volant (Exocoetus volitans ou exocet commun) est une espèce de poissons des mers chaudes de la famille des Exocoetidae. Les 70 espèces sont regroupées dans sept à neuf genres. Exocoetidae vient du grec exo pour « dehors » et koite pour « creux ». Le missile Exocet est un missile guidé nommé en référence à ce poisson. (Crédits : Flavien Saboureau)

    Tous les préparatifs pour le débarquement doivent être terminés dimanche. Une journée faste qui débute par « une ultime machine » à laver le linge avant d’arriver sur Amsterdam, car « il faut au maximum économiser l’eau sur l’île ». Puis, Flavien range sa chambre, apprête ses valises. Une formation est dispensée sur le plan de gestion de la réserve naturelle. « Après avoir photographié mes derniers oiseaux à bord du Marion je vais payer mes dettes à la poste du bateau et au bar. » Une fois le linge sec et rangé, il descend ses grosses valises dans les cales, afin d’être acheminées lundi 30 août 2021 par héliportage. L’ultime intervention est diligentée par la responsable de la direction des pêches et des questions maritimes (DPQM), sur les quotas et techniques autorisées sur Amsterdam et sa fameuse langouste.

    Premiers pas sur Amsterdam

    Des phrases d’aventurier sont restées célèbres à travers les siècles, l’une d’elles était prononcée le 21 juillet 1969, à 2 h 56 : « C’est un petit pas pour l’homme, un bond de géant pour l’humanité ». Neil Armstrong avait posé son pied gauche sur notre satellite, la Lune. Un autre plus proche des Français, reconnaissable à son bonnet rouge, Jacques-Yves Cousteau. « J’ai trouvé ma lune dans les profondeurs de la mer. »

    Tout au long des mois que Flavien passera sur Amsterdam, il effectuera des missions hors de la base. Comme il procéda avec ses deux collègues, Colombe et Clément, qui s’occupent de la régulation des mammifères introduits et de l’ornithologie pour la réserve. (Crédits : Flavien Saboureau)

    Quel sentiment ressent une telle personne qui part effectuer une exploration d’un lieu peu ordinaire ? C’est la question posée à Flavien Saboureau : « J’avais l’impression d’être à l’intérieur d’un documentaire, tout était nouveau. J’en apprenais tous les jours, aussi bien sur l’extérieur qui m’entoure, que sur moi. Un rêve éveillé pendant lequel j’avais le temps de profiter et de prendre du recul. L’arrivée sur l’île aura été l’occasion de relâcher toute la pression accumulée depuis janvier et des multiples formalités pour parvenir jusqu’ici. Il m’aura fallu de nombreux jours pour réussir à prendre mes marques, et ne pas être trop perdu dans cet univers où peu de choses sont ordinaires. »

  • Un blockbuster vénézuélien

    Un blockbuster vénézuélien

    Cela pourrait être un nouveau film à gros budget, mais ce n’est, in fine, qu’une réalité parmi tant d’autres. Dans l’hémisphère sud, c’est le Venezuela qui voit son système électrique puis bancaire attaqué. Tandis qu’en Suisse, des codes malveillants ont ciblé le canton de Vaud. Après la commune de Rolle, c’est la compagnie de navigation sur le Léman qui en fait les frais, ce une semaine avant la cinémathèque suisse qui a subi une agression de type ransomware, en date du 17 septembre 2021.

    Tout a commencé le 30 mai 2021, lorsque l’administration de Rolle en Suisse essuyait une infection en bonne et due forme. Les opérateurs du groupe Vice Society sont à l’origine de celle-ci. « Il ne s’agit, en réalité, que d’une faible attaque. Nous avons sollicité l’aide de la Confédération et du Canton, qui nous ont demandé de rester discrets à ce sujet », affirme syndique Monique Choulat Pugnale. Elle est cheffe de l’exécutif et responsable de l’informatique de Rolle. De nombreux documents sont mis en ligne sur le Darknet. Des courriels, la planification financière… « On nous a piraté uniquement des mails, et ils ne contenaient aucune donnée sensible sur la Commune », assure-t-elle.

    Les données de la commune de Rolle affichées par les opérateurs de Vice Society sont en libre accès. (Crédits : capture d’écran)

    Les opérateurs derrière Vice Society ont ciblé pléthores de sociétés :

    Au mois d’août, le gymnase de Payerne subit une attaque, avant la compagnie de navigation sur le lac Léman (CGN). « L’attaque n’a duré que quelques jours avant que nous sécurisions le plus rapidement possible notre site internet, indiquait la directrice vente et marketing, Florentine Baron Pailhès. Par souci de précaution, nous avons informé […] par courrier tous les clients qui avaient commandé des billets sur notre site depuis fin avril ». Enfin, c’est la Cinémathèque suisse qui a subi, vendredi 17 septembre 2021 une tentative d’extorsion par ransomware. Ce malgré la sécurité informatique en place et les mises à jour régulières de ses systèmes de pare-feu, spécifie l’institution. Ce qui engendre le blocage de serveurs et la messagerie indisponible.

    La ville paisible de Rolle dans le canton de Vaud, a subi une attaque par ransomware du groupe Vice Society. Les dommages sont moindres selon les autorités. Cependant, la Suisse a été sujette à de multiples agressions durant l’année 2021. (Crédits : Philippe Maeder)

    Fondée en 1948, elle est reconnue par la Fédération internationale des archives du film (FIAF) comme l’une des dix plus importantes au monde. Cela par l’étendue, la diversité et la qualité de ses collections en sa possession. Son siège administratif, ses salles de projection se situent à Lausanne, dans le canton de Vaud. La dernière a immédiatement alerté la Confédération (Centre National pour la Cybersécurité, NCSC) ainsi que la Police cantonale. Une analyse complète de cette intrusion est menée par la société Kudelski pour identifier la faille qui a permis cette attaque. L’étude et le contrôle de l’ensemble du réseau et des serveurs affectés sont toujours en cours.

    Attaque terroriste

    Le Venezuela détient la première réserve mondiale prouvée de pétrole brut (302,25 Mds de barils, soit 1/5 ème des réserves mondiales) et les 4e de gaz naturel. Le pays dispose également de vastes ressources minières (or, bauxite, fer, nickel, charbon…) et hydrauliques, ainsi que d’un potentiel agricole important. « Nous voulons signaler une nouvelle attaque contre le système électrique national dans le cadre de ce plan de sabotage permanent, qui fait partie de la guerre multiforme que nous recevons constamment », a affirmé Néstor Reverol, ministre vénézuélien de l’Énergie électrique, dimanche soir 12 septembre 2021 à travers des déclarations téléphoniques à la chaîne publique Venezolana de Televisión. Il a indiqué que l’« attaque terroriste » a frappé la sous-station d’Aragua à Santa Cruz, dans la municipalité de José Ángel Lamas, et a provoqué une « perte de charge dans plusieurs États du pays, car il s’agit d’un système interconnecté ». « Nous avons déjà récupéré la charge dans toute la région de la capitale, nous sommes en train de la récupérer complètement dans les États de Zulia, Mérida, Táchira, Nueva Esparta et Falcón, qui ont été partiellement touchés », a-t-il ajouté. Or des pannes d’électricité sont enregistrées depuis 2010, date à laquelle le rationnement a commencé. Elles se sont aggravées en 2019, après une surcharge de la centrale hydroélectrique Simón Bolívar, laissant le pays sans électricité pendant plusieurs jours.

    Il est tout juste une heure passée d’une minute lorsque ce gazouillis est publié, le 18 septembre 2021. « Nous avons réalisé la restauration complète […] de sorte que dès 14 h 00, aujourd’hui 20 Septembre 2021 nos services et les canaux électroniques seront disponibles. » (Crédits : capture d’écran)

    Puis, c’est le système monétaire qui est convoité affirme le gouvernement vénézuélien. Dans un communiqué publié vendredi, la vice-présidence sectorielle de l’économie a indiqué que l’attaque visait spécifiquement la plateforme de Banco de Venezuela S.A., la principale institution du pays, avec l’intention de violer les actifs des clients. « Cette attaque informatique a affecté les activités des usagers de la banque, qui n’ont pu recourir aux services bancaires, effectuer des opérations et disposer de leurs ressources sur leurs comptes […] nous condamnons fermement ces projets terroristes », peut-on lire. Selon la déclaration, le piratage massif « avait pour but de faire disparaître et d’altérer les données bancaires du système financier vénézuélien », mais, ajoute-t-il, le point central de la cyberattaque a été détecté et neutralisé. « Nous avons demandé au ministère public d’ouvrir une enquête pénale approfondie pour trouver les responsables de cette action criminelle contre le système fiduciaire national. Nous veillerons à ce que justice soit faite. »

    Attaque mondiale

    De plus en plus de médias font publicité des attaques par codes malveillants de type ransomware. Celles dirigées contre des infrastructures étatiques sont quotidiennes. Mais celle qui touchait l’Ukraine, puis le monde entier le 27 juin 2017 est sans commune mesure. Il est 8 h 16, lorsqu’une bombe explose sous le véhicule du colonel Maksim Chapoval, le tuant instantanément. L’officier du renseignement militaire avait été chargé de rassembler des preuves de l’implication russe dans la guerre du Donbass, qui a fait plus de 10 000 morts depuis avril 2014, raconte Numerama. En quelques heures, des lignes de codes malveillantes se répandent de la même manière qu’une traînée de poudre dans les réseaux informatiques du pays, puis à l’étranger comme en France dès 15 h.

    Sur les systèmes d’information affectés, un message en lettres rouges annonce que les données importantes des utilisateurs sont cryptées, chiffrées. « Ooops , your important files are encrypted ». Et que moyennant la somme de 300 dollars, elles seraient de nouveau accessibles. (Crédits : DR)

    La similitude avec le rançongiciel Petya, apparu en 2016 est flagrante, mais Kaspersky Lab dément très rapidement tout lien entre ce nouveau virus employant l’exploit EternalBlue et les versions Petya. Il devient NotPetya. Il est en fait un wiper, dont le but n’est pas l’extorsion, mais la destruction pure et simple des données informatiques, par effacement. L’état ukrainien avait précédemment enduré deux black-out, l’un en décembre 2015, le second une année plus tard. Existe-t-il une similitude entre l’attaque subie par l’Ukraine et le Venezuela ? L’enquête est en cours…

    Déjà en 2019 Pierre Alonso écrivait dans Libération « Pour Caracas, l’auteur est tout trouvé. Il s’agit, sans surprise, des États-Unis, ont répété les responsables vénézuéliens, sans présenter la moindre preuve. Leur soupçon est néanmoins légitime. Washington a un motif. L’administration Trump a reconnu et publiquement soutenu l’opposant, Juan Guaidó. Exacerber le chaos dans le pays, dirigé par Maduro, en le privant d’électricité tend évidemment à affaiblir le président en exercice. L’arme informatique présente l’avantage d’être invisible et difficilement attribuable : l’idéal pour intervenir sans avoir l’air d’y toucher. »

  • De la base Alfred Faure, cap sur Port-aux-Français (2de partie)

    De la base Alfred Faure, cap sur Port-aux-Français (2de partie)

    Aujourd’hui, est le grand moment, comme prévu le bateau arriva de bonne heure et mit l’ancre dans la baie du marin, face à l’île de la Possession. Les yeux s’ouvrent difficilement, puisque la nuit fut courte. La tocante laissa passer une demi-heure après sept heures quand Flavien Saboureau monta sur le pont pour immortaliser l’instant. « Dans notre malheur nous avons de la chance, car il fait beau, ce qui est très rare à Crozet, là où il pleut 300 jours par an », souffla-t-il. La mer est plus calme, le vent est tombé, ce qui est de bon augure pour le pilote d’hélicoptère.

    À huit heures pétantes, ce 17 août 2021 les premiers hivernants que sont les militaires, cuisiniers… pour l’île de Crozet quittent le bateau. Ils vont y passer de huit à douze mois. Tandis que les photographes immortalisent sur pellicule (numérique) la base scientifique Alfred Faure et les premiers manchots royaux, l’aéronef commence les premiers « slings ». Ce mot inconnu pour la plupart est le transport sous élingue qui permet de déplacer des charges lourdes et de les déposer sans avoir à poser la machine. L’OPEA est sur le pont. Ce dernier est responsable des opérations extérieures australes, il est le chef d’expédition et le coordinateur durant la rotation du Marion Dufresne.

    Le brassage de charges lourdes lorsque les conditions de débarquement sont impossibles, ou largement facilités par les hélicoptères, se nomment dans le jargon des Slings. L’exemple est issu du 1er régiment d’hélicoptères de combat de Phalsbourg. (Crédits : Caporal Sébastien)

    Ainsi à l’aide du filin il récupère les frets, sous forme de caisses ou de filets, déposés sur la plateforme par les membres d’équipage. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, l’aéronef est déjà de retour, dès lors il fera plus de vingt trajets. « J’ai mangé avec le responsable de la logistique, à qui j’ai demandé si Pauline et moi pouvions descendre… ». Malheureusement, les deux services civiques resteront à bord. Après le déjeuner, les rotations perdurent, mais cette fois de l’île au bateau. Les malles des partants et cinq mois de déchets, se déposent au fur et à mesure sur le pont.

    L’aventurier bloqué sur le Marion Dufresne, continu de fixer sur pellicule la faune. « Je devine au loin les énormes albatros hurleurs sur leur nid, les manchots papou, les chionis et la fameuse manchotière, pour laquelle nous voulions tant descendre », soupire-t-il. Sur la terre se subodorèrent des milliers de jeunes manchots non sevrés et quelques parents, la colonie est estimée à plus de 10 000 couples. « Le Cormoran de Crozet ne se laisse pas facilement photographier », assure Flavien tandis que, soumis aux aléas de la météorologie, l’OPEA décide de faire partir le concasseur en fin d’après-midi. L’équipage s’attelle donc à l’extirper des cales à l’aide de la grue et le pose sur la portière, « une sorte de radeau pneumatique sur lequel sont installés des bastaings, à l’allure très rustique ». Une chaloupe à bâbord descend pour tirer la portière jusqu’à la cale… Un hors-bord pneumatique (workboat) est là pour coordonner et assurer la sécurité en mer. Ils achèveront l’intervention en récupérant un conteneur rempli de déchets métalliques de nuit… Les opérations de déchargement, de remise en cale et de remise en place des chaloupes se finiront à 20 h sous les projecteurs.

    Tributaire de la météorologie

    « Aujourd’hui, nous savons, compte tenu de la météo, que les opérations ne devraient pas recommencer avant 8 h 30 alors pas de précipitations… », s’amuse Flavien de ce jeu de mots. En montant sur la passerelle, il constate que le bateau a fait l’hippodrome en mer durant la nuit, dû aux rafales de vents mesurés à 61 nœuds. Cette manœuvre consiste à naviguer en ovale au large des côtes. Afin de ne pas avoir la houle claquant régulièrement la coque. « Malgré ça, quand il tournait et que l’on prenait les vagues de côté le mobilier de la chambre ne pouvait s’empêcher de nous réveiller… » Ce matin du mercredi 18 août 2021, le botaniste trie quelques photos, prend contact avec la civilisation après une semaine coupée du monde. L’après-midi, une dépression mesurée à 990 hPa secoue le Marion Dufresne, exhibant ainsi le record du voyage avec 71 nœuds soit près de 140 km/h en rafale. « Nous avons dû nous éloigner des côtes, sans apercevoir l’archipel de Crozet de la journée. » Le retard s’accumule et affiche désormais deux jours.

    Le manchot papou (Pygoscelis papua) a pour prédateurs l’orque et le phoque léopard. Les œufs et les poussins sont quant à eux un mets de choix pour le skua ou grand labbe. Cet oiseau établit souvent son nid parmi les colonies de manchots papous qui sont pour lui une source de nourriture toute trouvée. (Crédits : Flavien Saboureau)

    Les opérations débutent tôt ce jeudi matin. Les rotations s’enchaînent, tandis que la vedette et le workboat travaillent à la mise en place de l’impressionnante manche à gazole. La canalisation semi-rigide est tirée par la vedette. Des bouées sont disposées sur sa longueur, espacées d’une dizaine de mètres, pour assurer sa flottabilité. Déployée sur huit cents mètres environ, ce jusqu’à la côte, elle parcourt un nouvel hectomètre pour parvenir à destination, des cuves de plus de 50 m3. Elles permettent à la base d’être autonome pendant vingt-quatre mois. Le ravitaillement arrive à pont nommé, ils ne leur restaient que cinq mois de réserve. Après avoir injecté de l’air par une pression de dix bars, le gazole est en cours d’acheminement. Le débit habituel est de 50 m3/h, mais la longueur de la manche est telle cette année (dû aux conditions) que seuls 35 m3 sont envoyés la première heure. Au total, plus de 160 m3 auront était déposé à Crozet, de quoi tenir une année. Durant ce laps de temps, l’hélicoptère rapporte les cargaisons vidées de leurs contenus.

    Un trou dans la manche

    Peu après 14 h 30, tandis que la vedette achève sa dernière rotation, un problème survient. La manche à gazole dérive et passe en dessous du Marion Dufresne, « c’est la panique à bord, le pompage est instantanément arrêté ». Durant près de trois heures, les marins œuvrent à dégager la manche du gouvernail ou de l’hélice… avant de réussir. En la remontant, ils s’aperçoivent que de toutes petites nappes de gazole se sont formées à la surface. Elle est littéralement coupée, seule l’armature en acier du tuyau l’empêche de se scinder en deux. Jusqu’à l’angélus tout l’équipage, commandant y compris est à pied d’œuvre. Après avoir étalé des copeaux sur le pont pour éponger le combustible, un manchon est positionné pour réparer la canalisation, il faut encore ravitailler Kerguelen et Amsterdam. Cette dernière ne possède plus qu’un trimestre d’autonomie. Par « chance », le carburant envoyé est du gasoil et non du mazout, l’impact sur l’environnement est alors bien moindre. En effet, il forme une fine couche à la surface avant de s’évaporer.

    Dans ce lieu de stockage du fret, le Marion Dufresne permet aux différents membres du personnel des bases des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF) de vivre. Lorsqu’il est vide, jour au badminton serait possible (Crédits : Flavien Saboureau)

    Avant que cet événement ne rebatte les cartes de cette journée, « Antoine, Pauline et moi sommes descendus dans les cales faire le protocole de biosécurité ». Vingt-cinq pièges à rongeurs ont été déposés dans les cales, dans l’hypothèse que rats comme souris seraient parvenues à rentrer à bord par le fret, pour éviter d’en amener de nouveaux sur les îles. « Affublés de nos casques et gilets jaune nous avons inspectés si le biocide à l’intérieur des boites avait été grignoté. Fort heureusement, aucun ne l’a été ». Le produit, sous forme de cube, est un anticoagulant qui avec un saignement provoque leur mort. Ce protocole a permis aux VSC (volontaire de service civique) de visiter des endroits où ils ne se rendent que rarement. « Dans les énormes cales à la proue les hauteurs sous plafond sont énormes, pratiquement comparables au volume d’un gymnase. Un terrain de badminton a même été dessiné au sol. Il est praticable lorsque le fret est descendu », observe Flavien.

    Cap sur les îles Kerguelen

    Les températures moyennes sont de 2 °C dans l’air et 4 °C dans l’eau, attisées par des vents de près de 40 km/h (20 nœuds), amenant la sensation d’être en dessous de 0 °C. Il est aux environs de 21 h lorsqu’« après le repas, avec Pauline, nous monterons à la passerelle, dans le noir le plus total, pour assister au passage devant l’île de l’Est. » L’équipage règle la luminosité des différents écrans au minimum, ce pour permettre à l’œil de voir, même de nuit, le danger. « À ce moment, l’île, plongée dans une nuit claire, a un côté mystique. Très escarpée, cette terre qui n’a pas été foulée par l’homme depuis plus de 35 ans, invite à la contemplation, poétise-t-il. Nous passerons, une demi-heure seuls à la passerelle à la regarder sans dire un mot ou presque. » Cette île fait partie de quatre ou cinq de l’archipel à être classées en réserve naturelle intégrale, c’est-à-dire que l’homme n’a pas le droit d’y poser le pied. Depuis plus de trois décennies, elles sont restées vierges de visites. Uniquement l’île aux Cochons a vu en 2019 une poignée de scientifiques sur son sol, après plus de 38 ans d’isolement. La raison est le déclin fulgurant de la plus grande colonie de manchots royaux du monde observés par clichés satellites. « Finalement, la cause est liée au réchauffement climatique et au déplacement du front des eaux polaires, faisant passer leur aire de nourrissage de 400 à 600 km », explique-t-il.

    « Les premières terres de Kerguelen, la péninsule Rallier du Baty, de nuit, (pour les photographes, l’ISO est à fond…) Là aussi en réserve intégrale, personne n’y a mis les pieds depuis des décennies, peut-être même des siècles… Certains endroits des Kerguelen n’ont sûrement jamais vu l’Homme. » (Crédits : Flavien Saboureau)

    La journée du vendredi est sujette à farniente, ou presque. « Après m’être reposé jusqu’en milieu de matinée, ma lecture sur les explorations est interrompue par le repas, avant de reprendre. Je passais le plus clair de mon temps à photographier les rares oiseaux, après avoir discuté sur la biodiversité avec Antoine. » Cette dixième journée à bord se termine par une conférence sur les éléphants de mer, de Kerguelen bien sûr. Christophe Guinet, chercheur au CNRS de Chizé, nous expliquait mettre des balises bourrées de capteurs sur la tête de ces phoques (dont la population est estimée à 300 000 individus) pour suivre leurs déplacements dans l’océan, mieux comprendre le réchauffement climatique…

    Changement d’heure et de vue

    Après une petite soirée, tous s’endorment paisiblement en se remémorant qu’il faut avancer la montre d’une heure, dus au changement fuseau horaire. Les tocantes sont désormais réglées à l’heure d’Islamabad capitale du Pakistan, à l’est de l’Afghanistan. La mer était formée comme aime à conter les marins, si bien qu’à six heures, vient s’écraser, sur le flanc du Marion « une grosse vague qui renverse la chambre. L’échelle qui permet d’accéder à la bannette du voisin aura réveillé quelques appartements en tombant… » Peu de temps après cet éveil en fanfare, Michaël, mécanicien de l’hélicoptère, explique à ceux qui veulent bien en apprendre le fonctionnement, dans le hangar. N’écoutant que son courage, et juste avant de manger Flavien ira faire un tour sur le pont extérieur pour sonder la météo. « Je ne suis pas déçu. Il fait 1 °C à l’abri, l’océan est à 3 °C, quant au pont, il commence tout juste à dégeler, certains ce sont prit de belles gamelles ce matin parait-il, grelotte-t-il. Attisé par le vent, la température ressentie nous met dans le bain des journées enneigées qui nous attendent à Kerguelen. » La base leur a envoyé une photo pour les habituer, à minima les prévenir de la météo sur place.

    Les températures peuvent se rafraîchir au sein de l’archipel Kerguelen. Il y règne un climat froid, mais non glacial, car les moyennes estivales n’excèdent pas 10 °C, quant aux hivernales elles dépassent 0 °C. Pour autant, le vent omniprésent conduit le ressenti à chuter. (Crédits : Flavien Saboureau)

    Après s’être restauré, le paparazzi se positionne pour photographier des oiseaux aperçus en début de journée. Trois nouvelles espèces au menu, le fulmar antarctique, le pétrel antarctique et le fameux albatros à sourcils noirs tourneront autour du bateau toute l’après-midi. « Terre en vue », aurait pu crier le timonier. Durant une heure, tous profitent de la vue, tout en tentant de prendre des clichés de la péninsule Rallier du Baty. Ce bout de terre de l’archipel fait partie, à la manière de l’île de l’Est, de ces zones où il est interdit de poser une semelle. Territoire le plus éloigné de la base, très peu d’êtres humains ont déjà pu fouler cette terre. On admirera l’île jusqu’à la baie d’Audierne où des langues glaciaires trahissent la présence de la calotte glaciaire Cook, le plus grand glacier de France. Avant de se glisser dans la bannette, et espérant ouvrir le rideau de la cabine sur la base de Port-aux-Français… (à suivre)

  • L’animal le plus dangereux pour l’Homo sapiens est…

    L’animal le plus dangereux pour l’Homo sapiens est…

    Excellente question me direz-vous ! Mais à votre avis, quel est-il ? Je suis certain que vous avez une idée, une impression peut-être… Les serpents, les araignées comme la tarentule… En premier, il tient de définir le terme dangereux afin de cerner et de classer chaque individu. En 2019, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) indique les dix principaux motifs de mortalité ont été responsables de 55 % des 55,4 millions de décès survenus dans le monde. Quelles sont celles causées par les animaux ?

    Être dangereux, selon Le Larousse se dit : « d’un animal qui s’attaque à l’homme et qui constitue pour lui un danger. Qui constitue un danger, qui expose à un risque, à un mal ». Rappelons que l’homme est un animal doté d’une certaine intelligence. « Il n’y a de “monde” animal que pour l’homme, à qui la science et la philosophie inculquent le sens de l’animal. Sans cette sortie de soi et de chez soi, l’individu ne perçoit que ce qui est perceptible, les différences visibles, sensibles entre les “races” d’homme, et les ressemblances entre membres d’une même race. L’homme, comme horizon de l’universalité, n’est visible qu’aux yeux de l’âme, d’une pensée qui reconnaît le fait du langage dans la variété des langues » (Pierre Guenancia, Chap. 5, L’homme et l’animal, la question des frontières).

    Les dix plus grandes causes de mortalité chez l’Homme sont les suivantes :

    • Cardiopathie ischémique
    • AVC
    • Bronchopneumopathie chronique obstructive
    • Infections des voies respiratoires basses
    • Affection néonatale
    • Cancer de la trachée, cancer bronchique et du poumon
    • Alzheimer et autres démences
    • Maladies diarrhéiques
    • Diabète sucré
    • Maladies rénales

    Les 18 animaux les plus dangereux

    Pourtant, elles ne sont pas les seules à causer la mort, les animaux le peuvent également. Le dernier de ce classement est le requin. Sur les 350 espèces que compte l’ordre, trois sont responsables des dépouilles chez l’homme : le blanc, le tigre et le bouledogue. Au cours du siècle passé, six attaques se seraient produites, avec moins de dix décès par année. La peur envers ce gros poisson vient du succès du film « JAWS ». Aujourd’hui 80 % la population de cet animal vieux de plusieurs centaines de millions d’années, a péri. Ainsi, plus de 50 millions de requins sont pêchés chaque année et bon nombre d’espèces sont en voie de disparition. De très près, autant que des légendes qui leur sont associées, le loup n’est à l’origine que de dix morts par an dans le monde, en France, depuis plus d’un demi-siècle aucune victime humaine n’est à déplorer.

    La cuboméduse d’Australie (Chironex fleckeri), aussi appelée guêpe de mer ou main de la mort vit dans les moyennes profondeurs, dans les eaux du littoral australien et du Sud-est asiatique. Elle est la plus venimeuse connue à ce jour. (Crédits : Guido Gautsch/Flickr)

    Puis, vient la méduse. La responsable principale des accidents mortels létaux est la méduse-boîte (découverte au cinéma dans Seven Pounds), un animal marin à 24 yeux pouvant peser jusqu’à deux kilos. Se déplaçant très rapidement (21, 6 km/h maximum), il se défend et attaque avec ses tentacules de six mètres de long et contenant un venin pouvant être mortel pour l’homme, selon les espèces. Au sein du film « L’Année des méduses » Chris (Valérie Kaprisky) pousse de son bateau Romain (Bernard Giraudeau) dans un banc alors qu’il y est allergique, et décède. Elle causerait entre 50 et 100 morts par an.

    Ils défendent leurs territoires

    Le roi des animaux (ici le Lion mais différents en fonction des cultures) est à l’origine, quant à lui, du double de morts (100 à 200 décès). Comme pour le loup, ses attaques sont dues à une intrusion de l’individu sur son territoire. Katherine Chappell, en a fait la mortelle expérience. L’ancienne directrice des effets spéciaux de Game of Thrones est décédée en 2015 d’une morsure à la gorge pendant un safari photo, après avoir baissé la vitre de sa portière. L’éléphant, qu’il soit d’Afrique ou d’Asie, avec ses six tonnes est extrêmement dangereux lorsqu’il s’en prend à l’être humain. Végétarien, il n’en est pas moins l’un des mammifères les plus imposants du monde, ainsi rien de bien étonnant à ce que des hommes succombent à la charge du pachyderme ou d’un troupeau entier. Imaginez qu’une personne entre dans votre domicile sans y avoir été invitée, les animaux sont des êtres à part entière. De ce fait, ils réagissent de la même manière que tout un chacun, ils défendent leurs territoires. Pensez-y lorsque sur un panneau est indiqué « Attention abeilles ». En effet, si les morts pour cause de piqûre d’abeilles ou de frelons sont nombreuses, elles sont en grande majorité dues à des allergies au venin injecté par ces insectes (environ 400 morts par an).

    Si l’être humain bâille et que cela est contagieux, le mastodonte en ouvrant grand sa gueule vous demande de réévaluer votre position avant qu’il ne soit trop tard. (Crédits : Sylwia Głowska/Pixabay)

    L’hippopotame est un adepte du bâillement, afin de montrer sa supériorité, et qui plus, est enclin à se battre pour le prouver. Bien qu’herbivore, il est dommageable pour l’homme (pesant jusqu’à 3,2 t.) les hippopotames, très agressifs et imprévisibles, sont considérés comme un des plus dangereux animaux d’Afrique (500 morts/an). Protégeant son territoire, il peut mortellement blesser les humains en chargeant et utilisant ses grandes dents, qui sont à la fois sa force et son talon d’Achille. Menacé par la perte de son habitat, concomitant le braconnage pour sa viande et l’ivoire de ses canines. Ce dernier est placé sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), comme vulnérable.

    Un ver de dix mètres de long

    Si la fiction Crocodile Dundee, sortie en 1986, raconte les aventures d’un chasseur de crocodiles, le véritable se nommait Steve Irwin. Ils les côtoyaient dans son parc zoologique en Australie, à Beerwah (État du Queensland). Lorsque la mâchoire de l’animal se referme, c’est une force de 2 300 kilos (plus de 22 kN) qui s’abat sur la victime. Entre 1000 et 2000 personnes y succombent à travers le monde chaque année. Steve Irwin est décédé des suite d’une blessure venimeuse d’une raie pastenague lors d’un tournage, et non pas d’un coup de mâchoire d’un des animaux qu’il aimait tant capturer.

    Ce ténia semble avoir aujourd’hui presque disparu des pays industrialisés en raison de la facilité pour les services vétérinaires à le détecter. (Crédits : Roberto J. Galindo)

    Beaucoup plus petit que le crocodile, mais non moins redoutable car invisible, arrive en dixième position, le ténia ou ver solitaire. Le Taenia saginata (hôte intermédiaire du bœuf) comme le Taenia solium (hôte intermédiaire du porc) touchent les êtres humains, lorsque ceci ne cuisent pas suffisamment la viande. Une fois installé dans le corps, ce parasite se loge dans les intestins et absorbe directement les aliments qui y passent. Sans traitement, il continue de grandir jusqu’à dix mètres. Il arrive aussi qu’aucun symptôme ne se déclare avant plusieurs années. À son palmarès annuel, 2 000 personnes meurent.

    Connu sous l’Égypte antique, en -3150

    Tout aussi minuscule par sa taille, le scorpion tue 3 500 personnes. Installé dans le midi de la France et en Corse, le pédipalpe n’est alors pas dangereux pour l’homme. En revanche, les piqûres de quelques espèces d’Afrique ou d’Amérique du Sud peuvent être fatales. Se cachant dans les endroits frais des pays chauds (sous les pierres, à l’ombre, sous les lits…), ils sont responsables de plus d’un million de piqûres par an, dont 4 500 deviennent fatales selon GEO. Le buthus occitanus est très répandu au Maghreb. Son venin neurotoxique peut occasionner une douleur intense au point d’injection, de la fièvre, des vomissements et des troubles du rythme cardiaque pouvant conduire à la mort.

    L’affection qu’apportent les réduves est aussi appelée trypanosomiase américaine car elle sévit en Amérique latine : Chili, Brésil, Mexique, Argentine… (Crédits : DR)

    La mouche Tsé-Tsé et le réduve sont vecteurs de la « maladie du sommeil ». La première frappe majoritairement dans les pays d’Afrique subsaharienne. Elle touche près de 70 000 individus par an et en tue 15 %, mais peut être soignée, si elle est diagnostiquée rapidement. Quant aux punaises mangeuses de sang, les réduves, porteurs de trypanosomes, provoquent la maladie de Chagas. Les stigmates de ce dernier remontent à l’Égypte ancienne où des traces de cette maladie ont été retrouvées sur une momie de plus de 4 000 ans. Transmise à l’homme, et d’après les estimations, six à sept millions de personnes sont infectées par T. cruzi, dont 13 000 en meurent selon l’OMS.

    Toujours se méfier de l’invisible

    Un ver sévit massivement dans les zones tropicales ou subtropicales, il s’agit d’ascaris lumbricoides, ou ver ascaris. À l’origine de l’ascaridiase, une maladie liée à l’eau et à l’hygiène. Contractées majoritairement par les enfants, les infections qu’elle provoque touchent « jusqu’à 10 % de la population en développement […] et occasionnent environ 60 000 décès par an », suivant les chiffres de l’OMS. D’ailleurs, un rapport en parle déjà en 1967. Plus proche de nous, le plus fidèle ami de l’homme. L’Organisation mondiale de la santé stipulait qu’en 2007, la rage était le dixième facteur de mort par contamination chez les homo sapiens. Si elle peut être véhiculée par de nombreux animaux, les plus concernés restent les chiens. En Europe, la maladie a été éradiquée grâce à la vaccination préventive, elle continue de faire entre 40 000 et 70 000 décès par an.

    La rage est une encéphalite virale grave. Après apparition des symptômes, elle est létale dans la quasi-totalité des cas. Cette infection est hautement contagieuse par morsure et transmissible de l’animal à l’homme. Selon l’OMS, elle cause environ 59 000 décès chaque année dans le monde. (Crédits : Guido Gautsch/Flickr)

    Le ver hématophage qu’est le schistosome parasite certains mollusques d’eau douce. Transmis à l’homme, il provoque différents types de bilharziose ou schistosomiase. Cela peut engendrer des varices œsophagiennes, qui en éclatant entraînent des hémorragies internes mortelles. Très répandu en Afrique, en Asie, au Moyen-Orient et Amérique du Sud, il est à l’origine de la plus forte pandémie parasitaire dans le monde, après le paludisme, infectant 261 millions de personnes en 2013. Il est à l’origine de 20 000 à 200 000 décès par an selon l’OMS.

    3 578 espèces de moustiques

    En troisième position, les serpents. « Bien qu’on ignore le nombre exact de morsures, on estime qu’elles concernent 5,4 millions de personnes chaque année et qu’il y a jusqu’à 2,7 millions de cas d’envenimement », assure assure l’organisation. Elle sont la cause de 81 000 à 138 000 décès au moins et d’environ trois fois plus d’amputations et d’autres incapacités définitives, ce par manque d’accès aux soins ou aux dispositifs anti-venin. L’être humain est second car il tue presque un demi-million de ses semblables chaque année, environ 475 000.

    Originaire des forêts tropicales d’Asie du Sud-Est, le moustique tigre (Aedes albopictus) s’est adapté au milieu urbain en profitant d’une multitude de récipients (vases, pots, bidons, gouttières…) dans lesquels il pond ses œufs. (Crédits : WikiImages/Pixabay)

    Le dernier, mais non le moindre, n’est autre que le moustique avec près de 800 000 décès. La principale maladie est le paludisme, mais il en existe de multiples (Dengue, Chikungunya, Zika…). Elle est potentiellement meurtrière car des piqûres de moustiques femelles de l’espèce Anopheles infectées, transmettent des parasites. La malaria est évitable et l’on peut possiblement en guérir. En 2019, l’estimation est de 229 millions de cas sur Terre. Le nombre évalué de morts s’est élevé à 409 000 en 2019. « Les enfants âgés de moins de cinq ans constituent le groupe le plus vulnérable touché par le paludisme ; en 2019, ils ont représenté 67 % des décès, soit 274 000 », affirme l’OMS.

  • De la Réunion à l’île de la Possession (1re partie)

    De la Réunion à l’île de la Possession (1re partie)

    Flavien Saboureau est parti pour un voyage qui va l’amener sur des lieux reculés et inconnus. Ce périple l’entraînera à se découvrir dans un milieu non pas hostile, mais peu commun… l’île d’Amsterdam. D’ailleurs, cela fait presque deux semaines qu’il passe ses journées en quarantaine dans sa chambre d’hôtel… à La Réunion. Imaginez un botaniste au sein d’un paradis terrestre durant 336 heures, 20 160 minutes ou 1 209 600 secondes, n’ayant qu’une fenêtre pour s’évader par la pensée… le temps est long.

    La délivrance est enfin là : « Nous sommes le mercredi 11 août 2021, il est à peine 17 h que le Marion Dufresne a déjà quitté le port de la Réunion, cap sur l’archipel de Crozet », se réjouit l’aventurier. Mais quelques minutes après avoir embarqué, c’est une autre actualité qui s’empare de la « Une » dirait un journaliste : « Un marin de la compagnie armatrice et la médecin procèdent à exercice. Nous faisons une première simulation d’évacuation sur le tribord, près des chaloupes ». Avant de prendre le large, l’hélicoptère rejoint le navire. L’aéronef est primordial pour descendre les matériaux, matériels et personnes sur les différentes terres (TAAF), dépourvues de port. Sur le quai, Laurie et Lucie, rencontrées durant la formation, ainsi que quelques promeneurs font de grands signes d’au revoir, tandis que le Marion Dufresne largue les amarres. Le Pacha annonce et met le cap plus au sud, vers l’archipel subantarctique des îles de Crozet, le jour tant à décliner alors que l’île est disparaît petit à petit. « La lumière commence déjà à faire défaut sur le pont avant, au-dessus de la passerelle de commandement ».

    Première nuit en mer

    « Le magnifique coucher de soleil est salué par des hordes de pétrels et une baleine, raconte-t-il. Sa nageoire caudale frappe la houle qui est quasi inexistante près des côtes ». Comme sur tout navire, les protocoles sont légion. Ainsi le repas se déroule en deux temps. Un premier service à 18 h pour les militaires et artisans, puis un second soixante-quinze minutes plus tard pour les officiers, les responsables, et étonnement nous (Pauline et moi, les volontaires services civiques de ce bateau).

    La magie du coucher de soleil fonctionne toujours. D’autant que seul l’horizon semble poser les bords du cadre de la photo. (Crédits : Flavien Saboureau)

    Après une courte soirée, Flavien se dirige vers la chambre 7002, qu’il partagera avec le futur cuisinier d’Amsterdam. Elle est située sur le pont G, ultime partie habitée de la poupe, juste à côté de l’hélisurface. « J’espère que je n’aurai pas le mal de mer, car c’est ici qu’on ressent le plus ses assauts », s’interroge-t-il. Les lits, appelés bannettes, sont très rudimentaires, mission scientifique oblige. Accrochés au mur, ils possèdent la capacité de se replier pour laisser place au plan de travail. Ces « lits », si l’on peut les dénommer ainsi, ne sont pas équipés de garde-corps. Seule une sangle est à leur disposition pour s’attacher au cours des nuits agitées, et ne pas en tomber. « La première fut bonne, la houle est agréable lorsqu’elle n’est pas trop forte »

    Une douche acrobatique

    Lors du petit-déjeuner, servi entre 7 h et 8 h 15 certaines personnes brillent par leur absences, ils ont succombé au mal de mer, ou naupathie. Ce mal des transports disparaît au bout de 48 à 72 heures, selon les marins. De son côté il s’avoue tranquillisé, n’ayant aucun signe de nausées. Une nouvelle exploration de la vie sur un bâtiment est celle de la toilette. Il a pu « découvrir la joie de la douche dans un navire où il faut savoir se caler pour éviter de glisser au grès du tangage. » Ensuite, durant la majeure partie de la matinée, il se trouve dans la « très calme » passerelle de commandement, « sûrement le meilleur endroit du bateau pour apprécier l’inhospitalité qui nous entoure », assure-t-il. L’occasion de remarquer d’étranges habitants qui s’extirpent de l’océan en volant 4 à 5 secondes, avant de retourner à l’eau. « Ce sont les fameux poissons volants que j’avais découverts dans les documentaires, mais que je n’aurais jamais pensé voir en vrai », se réjouit Flavien, alors qu’il n’est qu’au crépuscule de son aventure.

    Un air de vacances

    Le repas est assuré de la même manière que le dîner, en deux services. Le premier à 11 h, puis à 12 h 15. Comme la veille au soir, l’estomac de certains ne s’est toujours pas acclimaté à la houle, rendant leur présence impossible. L’après-midi, Flavien change de casquette pour devenir photographe. Téléobjectif en main, il reste stoïque à traquer le moindre signe de vie, en short/tee-shirt face aux embruns, surpris par la douceur ambiante. L’occasion lui est donnée d’apercevoir des calamars volants (plus rapide qu’Usain Bolt), et « cet oiseau qui m’était encore inconnu, le pétrel à tête blanche ». Seule rencontre « humaine » aux dernières lueurs du jour, un pétrolier sous pavillon sri-lankais qui se rend à sa capitale, Colombo.

    Dans l’incommensurable océan, la simple présence d’un pétrolier rompt la monochromie du bleu. (Crédits : Flavien Saboureau)

    La soirée qui fut un peu plus festive se finissait sur le dernier pont du navire à observer l’immensité au-dessus d’eux. « Une pluie d’étoiles filantes sur un fond de constellations comme je ne l’avais jamais vu. On y discerne même extrêmement bien la Voie lactée dans un ciel vierge de toutes luminosités. » Le lendemain matin, 13 août 2021, l’océan indien a forci, ses vagues viennent s’échouer sur la coque du Marion. Après avoir avalé son petit-déjeuner, il attaque une formation sur la biosécurité, avant de prendre ses quartiers, quasiment quotidien à la passerelle de commandement. Il dévore des écrits sur les explorations botaniques, avec encore et toujours, cet interminable océan indien en ligne de mire.

    Le cap représenté (à l’aide d’outil de navigation tel le compas ou la règle Cras) par la ligne confirme la route du navire. Le compas permet d’obtenir le relevé (exprimé en degré par rapport au nord magnétique) d’un point fixe. Quand la règle Cras est utilisée pour tirer des droites à partir des relevés mesurés. (Crédits : Flavien Saboureau)

    Au poste de commandement, où la discrétion est de rigueur, les officiers de quart tracent à la main le dernier point connu toutes les deux heures, « à ce moment-là nous étions alors sur les latitudes Sud du Lesotho », écrit Flavien sur son carnet de bord. La passerelle est un lieu qui le rassure et l’apaise, parce qu’ « en plus du silence qu’il règne ici on y observe le seul point fixe que l’on peut trouver sur un bateau, l’horizon… » Après s’être restauré, un enseignement sur la gestion des déchets sur les districts austraux commence à 13 h 30. S’en suit une sieste, car « nous sommes tous un peu fatigués ». Cela semble être dû au travail fastidieux de l’oreille interne, cherchant sans cesse l’équilibre. Reposés, ils sont mis au fait de la nutrition au sein des bases.

    Le calme avant la tempête

    Il y a quelques jours, la tempête tant attendue pour certains, et tant redoutée pour d’autres, est prévue pour demain, samedi 14 août. Après avoir fait un point avec la cheffe de quart, il s’avère fort probable que l’expédition passe à côté de la dépression, et que « nous ne devrions pas connaître ces fameux creux de 12 m dont tout le monde nous parle. Croisons les doigts pour les connaître plus tard, entre Crozet et Kerguelen ». Le Marion se trouve, à l’instant où Flavien couche ses lignes sur le papier, sous le 33e parallèle Sud. Les vents se lèvent, la houle forcit considérablement, c’est à cet instant que le capitaine prend la parole. Le pont E et la proue sont désormais interdits.

    « Pour la première fois à bord du bateau je ne me sens pas très bien. À 21 h je suis au lit, enfin à la bannette… Les creux sont si fort qu’il est compliqué de rester allongé sur le matelas. J’ai dû m’endormir sur les coups de 3 h du matin après que tout le mobilier non fixé de la chambre comme les chaises, ait glissé et grincé de longues et interminables minutes. »

    Les appartements d’un navire scientifique paraissent spartiates, mais demeurent fonctionnels. De part et d’autre, les fameuses bannettes et leur sangle. (Crédits : Flavien Saboureau)

    Le lendemain, tout allait mieux, même si le petit-déjeuner avait été mouvementé. Une grosse vague venant de bâbord a renversé toutes nos tasses, bols, tartines… et bien entendu nous sur nôtre chaise. « Je me suis alors empressé de monter à la passerelle pour voir le spectacle, j’y suis resté la matinée entière. » Les vents atteignent de 40 à 45 nœuds, avec une rafale cette nuit à 64 nœuds, soit près de 119 km/h. Les mesures de vents s’effectuent en nœuds (ou knot en anglais), Il correspond à une vitesse de 1, 852 km/h (soit 1 mille marin à l’heure). Juste avant le repas, une surprise de taille apparaît, le premier albatros hurleur.

    Capté en plein vol, le Grand albatros autrement nommé albatros hurleur (Diomedea exulans) semble être comme un poisson dans l’eau. (Crédits : Flavien Saboureau)

    « Je passe l’après-midi dehors avec mon téléobjectif, sur le petit pont F situé à l’arrière du PC science, le seul autorisé en extérieur. » Installé en début de soirée devant son ordinateur pour identifier les oiseaux observés et photographiés, il obtient de l’aide. « Antoine, le responsable biosécurité m’a rejoint et nous avons identifiés l’albatros hurleur, l’albatros timide, le pétrel noir et le pétrel géant », explique Flavien. Après avoir dîné, les jeux de cartes occupent les convives jusqu’à minuit, passé d’une demi-heure.

    Les 40e rugissants et la fin du masque

    Ce dimanche 15 août, le réveil est plus léger, car la nuit fut un peu plus calme. Flavien s’attelle à terminer la détermination des oiseaux de la veille. « Je reconnais le pétrel soyeux et un prion, qui m’est difficile d’identifier avec certitude ». Au début de l’après-midi se déroule la formation (en salle) à la procédure d’embarquement et débarquement depuis l’hélicoptère sur les « Drop Zone ». À l’origine elle désignait la zone d’atterrissage des parachutistes, comme dans le film du même nom avec Wesley Snipes. Ce n’est qu’à la fin des années 1990 qu’il prend le sens qu’on lui attribue le plus régulièrement aujourd’hui. Après quelques photos, « je découvre l’albatros à tête grise, le pétrel gris, l’albatros fuligineux à dos clair et viens enfin le temps de la philatélie ». Le préfet, le commandant, les chefs, la médecin apposent leurs tampons, leurs signatures sur des centaines de lettres envoyées par des philatélistes (que l’on nommait trimbomanie jusqu’en 1849 explique Le Larousse) de pléthores parties du globe.

    Le navire est soumis, sans cesse aux forces de la nature, à travers les divers océans et mers. Il conserve son cap en s’accommodant de la météo. (Crédits : Flavien Saboureau)

    « En fin d’après-midi je me rends à la passerelle pour scruter le franchissement du mythique 40e parallèle, connu sous le fameux nom de 40e rugissant ». Mais un autre cap, plus symbolique celui-ci est surmonté ce 15 août 2021 : « Après être passé chez la docteure, qui nous a pris notre température nous enlevons le masque pour un an et demi. C’est la bonne nouvelle du jour ! » La soirée s’annonçait festive, juste avant une déclaration couperet. En raison du retard accumulé, il n’y aura pas de descente de bateau après-demain… « Pour nous faire oublier la mauvaise nouvelle, j’assiste avec les autres à la conférence de Christophe Guinet, spécialiste international des orques de Crozet. Durant une heure et demie, il nous les présente, leur mode de vie, leur relation familiale… »

    Dernières heures avant l’île de la Possession

    Le premier lundi à bord du bateau, démarre par une nouvelle procédure de biosécurité, « on ne sait jamais, si on venait à descendre au dernier moment… le sac de rando, les chaussures, les semelles… toutes les affaires sont impeccables », espère-t-il en vain. Le début d’après-midi est consacré à la photo, mais peu d’oiseaux se montrent. Hors mis le pétrel bleu et une autre espèce difficile d’identification. Peu après, commence une réunion sur les cabanes, leur nombre, leur accessibilité, leurs rénovations, leur démolition, leur ravitaillement… Puis en seconde partie, le référent Météo France présentera longuement sur son domaine de prédilection. À savoir, la formation des nuages, les vents, les courants… mais également comment les prévisions sont calculées sur l’île de Kerguelen. La vie sur un navire crée des liens certains avec des « collègues » que l’on connaît depuis un mois, et débarque, demain mardi 17 août 2021. C’est comme cela que la journée bien chargée s’achèvera par une grosse soirée qui se finira tard, très tard… dans la nuit, à 3 h 30. « Le réveil qui sonne dans moins de quatre heures pour voir l’arrivée sur l’île de la Possession risque d’être compliqué », ajuste Flavien en se glissant dans sa bannette…

  • Jour de rentrée… aussi pour les ransomwares

    Jour de rentrée… aussi pour les ransomwares

    Les vacances, même si l’été fut plus froid et humide qu’en 2014 a annoncé Météo France, sont belles et bien terminées. Les codes malveillants, ransomwares, phishing… eux ne sont pas véritablement restés en estivation. Les opérations d’attaque ont passablement épargné la France, à brûle-pourpoint. Le centre hospitalier d’Arles n’a quant à lui pas été ménagé par le groupe « Vice Society ». Dans le monde de « l’informatique », des petits nouveaux se montrent, certains affinent leur choix de cible, et d’autres sont prolifiques. Des fuites de données sont également légion.

    Le 27 août 2021, des informations concernant 700 000 personnes étaient disponibles sur Francetest. Ainsi noms, prénoms, dates de naissance, adresses, numéros de téléphone, de sécurité sociale et courriel, ainsi que leurs résultats aux tests étaient accessibles jusqu’à vendredi grâce à « un mot de passe trouvable, en clair, dans un dossier accessible à tous » sur le site de Francetest, relatait Mediapart. Les membres du site « Jassume », eux frémissent outre-Atlantique depuis la mi-août.

    Le site permet de faire des rencontres, mais d’échanger sur de nombreux sujets (sexualité, spiritualité, livres…). Le panel de coordonnées est alors plus qu’intéressant pour toutes personnes malintentionnées. (Crédits : capture d’écran)

    Au total 272, 9 Mo de données affichant près de 800 000 utilisatrices et utilisateurs sont jetés en pâture au premier venu. « Le pirate informatique “M”, nous l’appellerons ainsi, est une référence dans son milieu. Ce professionnel du piratage et de la vente de données exfiltrées vient d’annoncer avoir suffisamment vendu la base de données du site pour adultes “Jassume” pour maintenant la diffuser publiquement », écrit Damien Bancal sur Zataz. Ces personnes devront, si ce n’est pas déjà le cas changer tous leurs mots de passe, de tous les sites qu’ils fréquentent. Car leurs identité, mot de passe, emploi, webcam, date de naissance et courriel sont compromis à différents niveaux. « J’ai découvert que des pirates russes avaient analysé le fichier et en avaient déduit que plus de 85 % des paires email/mot de passe était uniques, c’est-à-dire qu’elles n’avaient pas jamais été trouvées précédemment dans aucune autre fuite », martèle-t-il. D’autant qu’avec ces multiples données, les hameçonnages devraient se multiplier, et pas seulement. Les usurpations d’identité, fraudes bancaires…

    Près de 800 000 identités ont été vendues de nombreuses fois avant d’être mises en libre accès. Elles sont les noms, prénoms, pseudos, adresses mail, professions, lieux de résidence, préférences spirituelles et sexuelles… (Crédits : capture d’écran)

    L’opérateur T-Mobile attaqué

    Le 17 août 2021, la société T-Mobile, filiale de Deutsche Telekom, avait confirmé être victime d’une cyberattaque qui a compromis les données de millions de clients. Selon la firme, les informations financières ne sont pas concernées. Seuls les noms, adresses, dates de naissance, permis de conduire, et cartes d’identité ont été ébranlés. « L’intention de cet individu était de s’introduire et de voler des données, et il a réussi, affirme Mike Sievert, PDG de T-Mobile. À ce jour, nous avons notifié à peu près tous les clients actuels de T-Mobile ou les titulaires de comptes principaux dont les données ont été compromises. »

    T-Mobile a indiqué que les informations de 7,8 millions de clients (qui dénombre plus de 100 millions de clients) ont été dérobées. (Crédits : capture d’écran)

    Bangkok Airways victime d’un vol

    Le 23 août 2021, la compagnie aérienne avait découvert une intrusion dans ses systèmes d’information. L’enquête confirme que de nombreuses données personnelles ont pu être consultées, voir télécharger à des fins délictuelles. Trois jours plus tard, Bangkok Airways liste dans un communiqué les renseignements ultra-sensibles.

    À savoir le prénom et nom du passager, sa nationalité, son sexe, son numéro de téléphone, son courriel, son adresse de domicile, les indications de son passeport, l’historique de ses voyages, sa carte de crédit et plus cocasse des informations sur ses repas spéciaux. La compagnie confirme toutefois que l’incident n’a pas affecté les systèmes de sécurité opérationnels ou aéronautiques de la multinationale. « La compagnie recommande vivement aux passagers de contacter leur banque ou leur fournisseur de carte de crédit, de suivre leurs conseils et de changer tout mot de passe compromis dès que possible. »

    En France, les entreprises Solware et Vivea basées respectivement à Dardilly et Paris ont été infectées par les opérateurs derrière le ransomware « CONTI/Ryuk ». Vivea spécialisé dans l’accompagnement de chefs d’entreprise agricole et leurs conjoints collaborateurs dans le développement de leurs compétences voit près de 97 GB de données ainsi exposées. Sans oublier la société Alispharm attaquée par le ransomware Everest.

    Les opérateurs derrière les ransomwares développent des outils pour s’adapter aux différentes contre-mesures mises en place par les établissements de sécurité. Il est plus que nécessaire de repenser nos habitudes envers nos procédés du quotidien. (Crédits : capture d’écran)

    L’entreprise Solware vit un enfer comme ses clients, car près de 900 GB de données sensibles sont en libre accès suite au non paiement de la rançon exigée par les attaquants. Elles sont pléthores et sensibles :

    • documentation financière (états financiers, documents comptables, fiches de paie contenant des données confidentielles, paiements)
    • les contrats avec les partenaires (contrats, accords, bases de clients)
    • données sur vos développements (code source, modifications, description)
    • les archives de la correspondance par courrier
    • la documentation de travail de l’entreprise (stratégie, plans)

    BlackMatter, AvosLocker, LOCKBIT2.0…

    De nouveaux groupes criminels affichent de nombreuses attaques de par le monde. « LockBit 2.0 » est l’un des plus prolifiques avec 75 entreprises au tableau de chasse telles que Brunsrealty (USA), Pro-Beam (ALL), Seiei-Ashd (JAP), Pridepak (AFS), Softvision (BRE), Bangkokair (THA), Hellmich-Partner (ALL), Ethiopianairlines (ETH), Lemonastere (CAN)… « BlackMatter » revendique des attaques contre Georgia Healthcare Alliance, The Brokerage Lanc Company, One Source, Tasteful Selections, Diamond Schmitt, Enreach UK Ltd… « AvosLocker » se lance tous azimuts. Il se revendique d’avoir attaqué On Logistics Services Algeciras en Espagne, Homme in Brussels en Belgique, Coghlin Electrical Contractors et Master Fluid Solutions aux USA, et Artaş Grubu en Turquie.

    « Marketo » infecte le second fabricant européen d’aérogénérateurs, Siemens Gamesa Renewable Ernergy en Espagne et l’entreprise française Giga Tribe. Cette dernière propose des solutions de stockages et d’échanges sécurisés de fichiers à plus de 1, 7 millions d’utilisateurs, et permet par exemple d’effectuer des échanges confidentiels, en particulier d’échanger de gros fichiers. Ne soyons pas dupes, les opérateurs ne tombent pas par hasard sur telle ou telle entreprise. Elles sont choisies par les ressources proposées et les données contenues, c’est un jeu de poupée russe où l’espionnage industriel se vit à une autre échelle, une autre dimension. L’ère des « Technobandit » est ouverte. Ils sont des personnes, comme des groupes qui volent des secrets technologiques (par exemple au gouvernement ou sur un lieu de travail) pour les vendre à des agents de gouvernements étrangers ou à des entreprises concurrentes. Des affaires comme Pegasus ou le passé d’individus tel Xavier Niel

  • Faille corrigée dans « le paiement sans contact »

    Faille corrigée dans « le paiement sans contact »

    En septembre 2020, des chercheurs suisses de l’École polytechnique fédérale de Zurich (ETHZ) avaient montré qu’il était possible de tromper les terminaux de paiement et de dépenser des sommes bien supérieures à 50 € (plafond de sans contact) avec une carte bancaire, sans utiliser de code. Ils viennent de remettre ça, le 27 août 2021. Une équipe de scientifiques d’une université suisse a découvert un moyen de contourner les codes PIN (sans qu’il ne soit jamais demandé) des cartes employant la technologie NFC de Mastercard et Maestro.

    Dans son article du 1er septembre 2020, Ouest France indiquait, en parlant des experts, qu’ils expliquaient que : « les cartes Mastercard apportent plus de garanties en termes de sécurité pour des montants élevés ». La vulnérabilité (désormais corrigée) aurait permis aux criminels, cyber ou non, d’utiliser des cartes Mastercard et Maestro volées pour payer des produits coûteux sans avoir à fournir le code à quatre chiffres. En effet, dans un document présenté à la conférence de sécurité USENIX le 21 août, l’équipe dit avoir identifié un problème similaire avec les paiements sans contact des cartes Mastercard et Maestro. Ce document de recherche fut publié en février 2021.

    L’ancêtre du règlement sans contact fut, en quelque sorte « Moneo ». Il est immédiatement passé aux oubliettes, en laissant le champ libre aux recouvrements sans contact. Les cartes de crédit qui le permettent sont extrêmement populaires. Des petits montants peuvent être débités rapidement (plafond augmenté à 50 €) et facilement à la caisse. Avec la mise en place de l’authentification forte le 15 mai, les cartes sont considérées comme sûres, car un code de sécurité est nécessaire pour soustraire des sommes importantes. Les scientifiques jettent un pavé dans la mare : « Le code PIN de votre carte Visa est inutile puisqu’il ne protège pas votre carte contre son utilisation pour des achats frauduleux de grande valeur », martèlent-ils.

    Le porte-monnaie électronique moneo, lancé en 1999 prend fin seize années plus tard. Il arbore la même couleur que la carte verte de la banque EGG. Elle permettait un cash-back à la suite d’un paiement comptant, comme un crédit revolving. La majeure partie du service client fut basée sur le quartier des Deux Lions à Tours. (Crédits : Éric Piermont/AFP)

    La sûreté des transactions est fondée sur la norme EMV (Europay, Mastercard et Visa), elle s’applique à près de 10 milliard de cartes sur Terre, en décembre 2020. Cette norme a été élaborée deux années avant le premier succès de la France à la coupe du monde de football. Bien qu’elle ait été révisée plusieurs fois depuis, cet ensemble complexe de règles présente plusieurs vulnérabilités, qui peuvent être exploitées. Ainsi Le Professeur David Basin, les docteurs Ralf Sasse, et Jorge Toro-Pozo ont découvert un moyen de contourner les codes PIN des cartes sans contact de Mastercard et Maestro.

    Comment se déroule l’attaque

    Ils ont eu besoin d’une carte bancaire volée, de deux smartphones Android et d’une application, développée par leurs soins, installée sur les deux téléphones. L’un des terminaux sera placé près de la carte subtilisée et agira comme un émulateur de terminal de paiement (PoS), incitant la carte à initier une transaction et à partager ses détails, tandis que le second se comportera « comme un émulateur de carte et sera utilisé par un escroc pour transmettre les détails modifiés de la transaction à un véritable terminal de PoS dans un magasin.»

    L’attaque de l’homme du milieu (HDM) est une attaque qui a pour but d’intercepter les transmissions entre deux parties, sans que ni l’une ni l’autre ne puisse se douter que le canal de communication entre elles a été compromis. Deux différentes offensives sont utilisés, l’attaque par relais, et celle par rejeu. (Crédits : DR)

    Du point de vue du commerçant, tout est transparent. Cette attaque donne l’impression qu’un client règle avec son application mobile, mais, en réalité, l’escroc adresse les détails modifiés de la transaction obtenus à partir d’une carte volée. Les pensionnaires de l’ETHZ ont utilisé le même schéma d’attaque de 2020, lorsqu’ils découvraient un moyen de contourner les codes PIN sur les paiements sans contact Visa. À l’instant où que la théorie semblât trop belle pour être vraie, les chercheurs ont déclaré qu’ils l’avaient testée avec succès dans le monde réel.

    Ainsi ils effectuaient des transactions de 200 francs suisses (environ 185 euros), soit un montant supérieur à la limite d’exigence du code PIN pour les banques suisses (avec les cartes Visa Credit, Visa Debit, Visa Électron et V Pay). « Notre méthode fait croire au terminal qu’une carte Mastercard est une carte VISA, explique Jorge Toro-Pozo. La réalité est beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît, ajoute-t-il, deux sessions devant se dérouler simultanément pour que cela fonctionne : le terminal de la carte effectue une transaction VISA, tandis que la carte elle-même effectue une transaction Mastercard ». Ils ont utilisé ces méthodes sur deux cartes de crédit Mastercard et deux cartes de débit Maestro émises par quatre banques différentes.

    Déjouer le code PIN

    Leur méthode s’est concentrée sur le contournement des PIN sur d’autres types de cartes, qui n’utilisaient pas le protocole de paiement sans contact Visa. Au lieu de dire au terminal de paiement que le code pin est vérifié et conforme, il lui indique que la transaction bancaire provient d’une carte Visa au lieu de Mastercard/Maestro. Cela revient à modifier l’identifiant d’application (AID) légitime de la carte avec l’AID de Visa : A0000000031010. « Mastercard a mis en place des correctifs sur son réseau au début de l’année, mais Visa ne semble pas avoir abordé ce problème », écrit Catalin Cimpanu dans The Record.

    L’EMV détermine le type d’application présente dans la carte. Tous les émetteurs de cartes doivent posséder un identifiant d’application qui leur est propre. La méthode de sélection de l’application telle que définie dans les spécifications EMV peut toutefois poser des difficultés d’interopérabilités entre la carte et le terminal. (Crédits : Wikipédia)

    Mais l’équipe a poursuivi ses investigations. Car, les failles de sécurité constatées sont principalement dues à la norme de protocole international (EMV). Les erreurs de logique dans cet ensemble de règles sont difficiles à détecter, parce qu’elle compte plus de 2 000 pages. Les membres de l’ETHZ soulignaient, lors du 42e symposium IEEE sur la sécurité et la confidentialité, du 23 au 27 mai 2021, que ces systèmes doivent de plus en plus être révisés automatiquement, le processus étant « trop complexe pour les êtres humains ».

  • Deux vols… de cryptomonnaie

    Deux vols… de cryptomonnaie

    deuxième attaque majeure ce mois-ci, après 610 millions d’euros sur la plate-forme d’échanges de cryptomonnaie Poly Networks, c’est un nouveau vol qui fait les gros titres de la presse : « Nouveau piratage d’une plate-forme de cryptomonnaies ». En effet, la plate-forme japonaise Liquid avait annoncé le vol de plus de 97 millions de dollars, et indiqué aux utilisateurs de ne plus déposer de cryptomonnaies sur leurs portefeuilles jusqu’à nouvel ordre. Dans le même domaine, les forces de l’ordre espagnoles démantelaient une ferme à cryptomonnaie à Yeles, proche de Tolède..

    La cryptomonnaie n’a peut-être jamais autant fait parler d’elle que ces derniers jours. La plate-forme japonaise Liquid signalait jeudi 19 août 2021, avoir été visée par une attaque informatique au cours de laquelle une somme estimée à 94 millions de dollars soit 80,4 millions d’euros aurait été dérobée. Dans un communiqué, la société indique que ses équipes avaient « détecté un accès non autorisé à certains des portefeuilles de cryptomonnaies gérés par Liquid » et par la suite, découvert qu’un volume « d’environ 91,35 millions de dollars d’actifs a été déplacés hors des portefeuilles Liquid par une partie non autorisée ».

    Les dirigeants de Liquid invitent tout un chacun à générer de nouvelles adresses de dépôt, que ce soit pour effectuer des retraits ou capitaliser pour les devises à nouveau accessibles. Ils se veulent rassurants, car « il n’y aura aucun impact sur les soldes des utilisateurs de Liquid ». (Crédits : capture d’écran)

    Fort heureusement sur la somme totale « 16,13 millions de dollars d’actifs ERC-20 ont été gelés (désactivés pour les mouvements on-chain) grâce à l’aide de la communauté », précise le communiqué. « Soixante-neuf actifs de cryptomonnaies différents ont été détournés et envoyés vers d’autres plates-formes d’échange. Les actifs placés sur Liquid Earn ne sont pas impactés. »

    En rétablissement progressif

    Elliptic, une société d’analyse de la blockchain, a rédigé un rapport sur l’attaque. Il en ressort que 32, 5 millions de dollars en Ether avaient été volés, ainsi que 12, 9 millions de dollars en XRP, 4, 8 millions de dollars en bitcoins, 200 000 dollars en Tron, 9, 2 millions de dollars en pièces stables et 37, 4 millions de dollars dans d’autres monnaies. La société nipponne a cependant joué la transparence, en publiant chaque jour des informations. « Nous sommes en bonne voie avec la reprise progressive des services de dépôt et de retrait de cryptomonnaies. Nous tenons à rappeler que les utilisateurs doivent générer de nouvelles adresses de portefeuille de dépôt avant d’effectuer des transactions. Les adresses de dépôt pour toutes les monnaies sont modifiées par mesure de sécurité », tweete Liquid.

    Black Hat vs White Hat

    Le retentissement du vol des 610 millions de dollars amenait Changpeng Zhao, PDG de la bourse de cryptomonnaies Binance à gazouillé : « Nous sommes conscients de l’exploit qui s’est produit aujourd’hui. Bien que personne ne contrôle BSC (ou ETH), nous coordonnons avec tous nos partenaires de sécurité pour aider de manière proactive. Il n’y a aucune garantie. Nous ferons tout ce que nous pourrons. » La somme a de quoi faire tourner la tête de plus d’un quidam. Les actifs volés étaient de 273 millions de dollars en jetons Ethereum, 253 millions de dollars en jetons sur la Smart Chain de Binance et 85 millions de dollars en USDC sur le réseau Polygon.

    L’attaque du 26 juillet 1944 s’est déroulée au sein de la paisible gare de Neuvic. Aucun coup de feu n’avait été échangé selon l’enquête. (Crédits : DR)

    L’incident concernant Poly Networks a pris une tournure inhabituelle, ou raisonnée selon votre point de vue. La personne ayant dérobé les deniers a déjà rendu la quasi-totalité du butin du cambriolage. La firme aurait laissé entendre que ce dernier serait intéressé pour entériner l’offre d’un demi-million de dollars en échange de la restitution absolue de l’argent : « j’envisage d’accepter la prime comme un bonus », répondait celui derrière « Mr White Hat » dans un message.

    Le plus grand casse de l’histoire

    Le plus gros casse était d’un montant de 534,8 millions de dollars, volés à l’échange de monnaie numérique japonais Coincheck lors d’une attaque en 2018. Quatre ans auparavant la somme de 450 millions de dollars en bitcoins avait disparu de Mt Gox, basé à Tokyo. Cependant, le plus gros casse de l’histoire, fut réalisé le 26 juillet 1944 en France, en monnaie fiduciaire. Les maquisards de l’Armée secrète (AS) et de l’Organisation de résistance de l’armée (ORA) investissent les abords de la gare et sécurisent le terrain. Aux alentours de 19 h 30, l’omnibus de voyageurs 1709 en provenance de Périgueux et à destination de Bordeaux s’arrête. Le groupe de résistants armés dérobe à la Banque de France un butin qui s’élève à 2, 28 milliards de francs répartis dans 150 sacs (plus de 430 millions d’euros actuels). Tout se déroulait sans violence, en gare de Neuvic, entre Mussidan et Périgueux en Dordogne. Il reste à ce jour en tête le plus gros casse de l’histoire mondiale en monnaie « réelle ».

    610 millions rendus

    La société de sécurité blockchain SlowMist indiquait avoir déjà retrouvé l’identité de l’attaquant. Elle affirmait connaître son adresse électronique, ses informations IP et l’empreinte digitale de son « système informatique ». Est-ce par peur des représailles ou pour toute autre raison que plus de la moitié du fonds était revenu ? Ainsi, le jeudi 12 août à 10 heures, la somme de « 342 millions de dollars de crypto-actifs avaient été rendus, dont 4, 6 millions en Ethereum, 252 millions en BinanceCoin et 85 millions en OxPolygon », déclarait Poly Networks sur Twitter.

    Les cryptomonnaies sont multiples et fluctuent, mais attirent de nombreuses convoitises de tous bords. (Crédits : DR)

    Lundi 23 août 2021, au matin, Poly Networks avait été contacté par « Mr White Hat », qui fournissait une clé privée pour le reste des fonds en suspens. « Pour être honnête, j’avais des ambitions un peu égoïstes, de faire quelque chose de marrant, mais pas nuisible… puis j’ai réalisé que d’être un leader moral serait le piratage le plus cool que je pourrai jamais faire », avait-il déclaré via un message relayé sur Twitter. Certains sont moins regardants, car depuis fin avril, les vols de cryptomonnaies, piratages et fraudes avaient atteint 432 millions de dollars, indique CipherTrace.

    Ferme de cryptomonnaie démantelée

    Si l’Espagne est connue pour être un grenier de l’Europe, pour cultiver de nombreux fruits et légumes, elle l’est désormais pour un autre style de culture. La police a fait une descente, vendredi 20 août 2021 dans une villa de Yeles, dans la province de Tolède pour démanteler une ferme illégale de cryptomonnaies. « À l’intérieur, une femme a été reconnue comme responsable présumé d’un délit d’escroquerie à la fourniture d’électricité puisque, pour entretenir l’installation, elle aurait réalisé un raccordement électrique avec une forte consommation illégale », indique la police dans un communiqué.

    Un système de ventilation ingénieux, mais point discret avait été mis en place pour éviter la surchauffe. (Crédits : Ministère de l’intérieur espagnol)

    Elle a été identifiée, et accusée par les agents d’un délit de fraude à l’électricité. Le délit de fraude à l’électricité est réglementée par l’article 255 du code pénal, et puni d’une amende de trois à douze mois. Si une personne a été reconnue coupable et condamnée, pour un délit mineur de fraude à l’électricité d’un montant inférieur à 400 euros, à une amende d’un mois, elle devra s’acquitter de la somme de 150 euros (30 jours x 5 euros par jour = 150 euros). Enfin, il convient de noter que les condamnations pour le délit mineur d’escroquerie aux fluides électriques, une fois définitives, sont inscrites au « casier judiciaire ».

    Un bruit assourdissant

    « Parfois, selon la police ces pièces sont utilisées comme moyen de paiement régulier dans le cadre d’activités illicites liées à la criminalité technologique et au blanchiment d’argent ». Dans ce type d’installation de minage de cryptomonnaies, la rentabilité dépend souvent de l’utilisation de faibles prix de l’électricité. La mine disposait de 111 processeurs et de systèmes d’air conditionné sophistiqués pour empêcher la température de monter, produisant un bourdonnement assourdissant.

    Lors de la perquisition, les agents ont trouvé un enchevêtrement de matériel informatique. (Crédits : Ministère de l’intérieur espagnol)

    La consommation ahurissante du logement est l’une des raisons de l’enquête. La personne ciblée a employé un raccordement illégal au réseau de distribution basse tension, ce via une alimentation électrique triphasée. Elle a été trahie par des émissions thermiques anormales. Ces signes révèlent souvent des cultures de marijuana (nécessitant des lampes à sodium, hygrométrie…) comme celles présentes dans les logements insalubres et les villas de la Cañada Real, mais aussi à des fermes de cryptomonnaies.

  • L’avenue des Champs Élysées ou le boulevard Haussman ?

    L’avenue des Champs Élysées ou le boulevard Haussman ?

    Choix difficile pour se promener, flâner, déambuler nonchalamment au gré des échoppes, boutiques, vendeurs ambulants, senteurs, effluves pâtissières ou celle du pain sortant du four, qui craquelle sa croûte blonde. Du boulevard Haussman, la rue Sainte-Catherine, l’avenue de Grammont, la rue des caillons, jusqu’à la célèbre des Champs-Élysées… chacune des ces voies de circulation vous rappellent des souvenirs, des faits plus ou moins historiques. Mais connaissez-vous la différence entre un boulevard, une avenue, une rue, une ruelle, un faubourg ?

    Mme Séki Kharéson et M. Sépa Phot profitent de la rentrée des classes toute proche pour quitter, le temps d’une journée, leur endroit de quiétude qu’est le village de Berd’huis. La fraîcheur du matin obligea Séki à se couvrir d’une écharpe, il faut dire que le thermomètre montrait péniblement 14 degrés Celsius, ce jeudi 26 août 2021. L’occasion était trop belle pour monsieur Phot, il sortit sa Renault dauphine Gordini de 1957, toute rouge, du garage.

    Le bolide de 630 kg était construit dans les usines de Flins. Au menu, une nouvelle culasse, l’augmentation du taux de compression, ainsi que l’utilisation d’un carburateur de 32 mm, donne à ce petit bijou la possibilité d’afficher 126 km/h au compteur, après le passage du « Sorcier », Amédée Gordini. (Crédits : Arnaud Clerget)

    Puis tous deux partirent en direction de la gare de Nogent-le-Rotrou pour prendre le TER. Le bolide avalait les six petits kilomètres en ronronnant de plaisir à travers ses 845 cm3 et ses 36 chevaux. Il faut dire qu’Amédée Gordini, portait à merveille son surnom de « Sorcier ». Il avait fait alors de petites préparations avec des modifications techniques, ainsi naissait la Dauphine Gordini (type R1091).

    La joie du TER

    L’église Saint-Hilaire sonnait 8 h 30, quand le moteur de la gordini se tut. Le train express régional n° 862466 de Nogent-le-Rotrou via Condé-sur-Huisne, La Loupe, Maintenon avant son terminus à Chartres, partait à 8 h 37 pile. Rapidement, ils entrèrent dans la gare, prirent place au sein de leur wagon, et s’assirent. Moins d’une heure après (53 minutes), les deux amoureux descendirent pour monter dans le TER n° 862418 en direction de Paris, fort heureusement sur le même quai. Ils eurent à loisir de contempler les paysages hauts en couleur et divers du parc naturel régional du Perche, de la forêt de Rambouillet et du parc naturel régional de la Haute Vallée de Chevreuse.

    La rue principale de Berd’huis (Route de Nogent, puis de Bellême) est emprunté par de nombreux véhicules, nuit et jour. Lorsque vous êtes juste à côté de l’église, le coucher de soleil vous procure une lumière et des couleurs sensationnelles. (Crédits : Mumu’s Pictures)

    Les personnels de la SNCF invitèrent les passagers à se préparer, quelques instants avant l’arrivée au terminus la gare de Montmartre, entre le boulevard Pasteur et l’avenue du Maine. C’est à ce moment qu’une interrogation tombait. Dans la file des voyageurs, juste devant eux, un jeune homme d’une vingtaine d’années posait une question à son oncle : « C’est quoi la différence entre avenue et boulevard ? »

    De la charmille au cours

    Interloqué, l’oncle se creusa la tête et lui répondit : « Je ne sais pas Mischa. » Le couple qui entendit se posait également la question. « Il me semble que c’est une histoire d’arbre, de rempart, mais je n’en suis pas sûr » claque le neveu. Toute la journée, les Berd’huisiens ne pouvaient enlever cette interrogation de leurs pensées. S’ils avaient attendu quelques instants, ils auraient su. Après des recherches fructueuses au tournant des pages d’un dictionnaire, le suspens prit fin. « Une avenue est une allée large, généralement rectiligne et plantée d’arbres, conduisant à une habitation, un bâtiment officiel, un lieu public. Le boulevard (du moyen néerlandais bolwerc, bastion) est une voie spacieuse établie dans les villes sur l’emplacement des anciens remparts, cette large voie de communication urbaine plantée d’arbres », définit Le Larousse.

    « Donc c’est pareil », interrogea Mischa

    « Tatillon, il faut-être. C’est pratiquement la même chose, c’est une question de linguistique »

    Nous sommes contraints prendre de plus vieux livres pour comprendre. Le nom boulevard est un vieux terme du Génie militaire qui se définit par le : « terre-plein d’un rempart, tout le terrain d’un bastion ou d’une courtine. Il se dit, par extension, d’une promenade plantée d’arbres qui fait le tour d’une ville et qui occupe ordinairement l’espace où étaient d’anciens remparts. Aujourd’hui, par généralisation, il se dit de toute rue large, plantée d’arbres, qui traverse une ville. » Tandis que l’avenue est le « chemin par lequel on arrive en quelque lieu, ou encore d’une allée plantée d’arbres qui conduit à une habitation, un château. » Après un bref silence, l’explication se ponctua d’un « Ah, d’accord ».

    Sur les restes de fortification de la ville de Poitiers, au lieu-dit de la « tour à l’oiseau », la vue est imprenable. Vous avez le loisir d’observer le boulevard sous Blossac, et d’entrapercevoir la promenade des cours (côté droit de la photo), au-delà de la rivière Le Clain. (Crédits : DR)

    Tout en continuant leur discussion, ils s’entichèrent de connaître les définitions des différentes voies d’une ville ou d’un village. Ainsi la ruelle est une rue étroite (ça semble logique). L’allée est une ruelle généralement encadrée par deux rangées d’arbres. tandis que la rue est caractérisée par une largeur relativement faible et par son absence de contre-allées. « D’ailleurs, sais-tu que la rue des caillons est la plus petite rue de Poitiers », questionna l’oncle. Quant au chemin, il est normalement une voie de terre aménagée, parfois goudronnée. Enfin, la route est une voie qui porte le nom du lieu où elle aboutit.

    Le retour aux pénates

    La journée se termine à Paris, tant pour les uns que pour les autres. Ainsi, par le plus grand des hasards, le couple retrouve le neveu et son oncle à la gare Montparnasse. La discussion s’engage immédiatement sur la question qui taraudent, depuis le matin, l’esprit des voyageurs ornais. Le neveu prit un malin plaisir à leur expliquer. À l’annonce du train à destination de Nogent-le-Rotrou, tous se séparèrent. Les Pictes-charentais quant à eux attendaient, à peine un petit quart d’heure, leur TGV de 18 h 19. Après une balade sans encombre, jusqu’à la capitale de la Vienne, ils rejoignent le parvis de la gare.

    Venant d’Angoulême, le passage par l’avenue de la Libération, la porte de la Tranchée (disparue depuis), était et reste l’un des axes privilégiés d’accès à la ville.

    En sortant, ils empruntent le boulevard Pont-Achard, où se trouvait l’ancienne caserne de Sapeurs-Pompiers du même nom, pour utiliser les escaliers du diable en direction du parc de Blossac. Les deux marcheurs déambulent au sein de ce poumon vert pour atteindre la Tour à l’Oiseau, puis observent le boulevard sous Blossac et la promenade des cours avec ses rangées d’arbres. Ces derniers, las de la journée, via l’avenue de la Libération, se rendaient au faubourg de Chilvert, qui n’est autre qu’un quartier d’une ville située en dehors de son enceinte.

  • L’Amérique subit de multiples attaques

    L’Amérique subit de multiples attaques

    Les hôpitaux de l’oncle Sam ont été la cible de ransomware ces derniers jours, mais pas seulement. Des dizaines d’hôpitaux et de cliniques de Virginie-Occidentale, de l’Ohio et de l’Indiana sont dans l’obligation d’annuler des opérations chirurgicales, à la suite d’infections par ransomware. La journaliste de Fox News, Jacqui Heinrich révèle que le département d’État américain a récemment été touché par une cyberattaque et le Cyber Command du département de la Défense a été informé d’une possible violation grave.

    Dans le Midwest, c’est la pagaille depuis quelques jours, car une infection par code malveillant a ciblé plusieurs groupes hospitaliers, dont certains très tôt dans la matinée du 15 août 2021. Selon son site Web, l’attaque a entraîné des perturbations dans les opérations cliniques et financières, a déclaré Memorial Health System (MHS) dans un communiqué du 18 août. « Nous sommes constitués d’un réseau de sites et de spécialités fournis par plus de 3 000 employés qui comprennent trois hôpitaux (Marietta Memorial Hospital, Selby General Hospital et Sistersville General Hospital), des sites de services ambulatoires et des cliniques de prestataires », explique Scott Cantley, président-directeur général de MHS. En effet l’ensemble hospitalier regroupe 325 prestataires représentant 64 cliniques, réparties dans le sud-est de l’Ohio et dans certaines parties de la Virginie occidentale, est retourné au papier et crayon. « Le maintien de la sécurité de nos patients et de leurs soins est notre priorité absolue et nous faisons tout notre possible pour minimiser les perturbations, déclare le 15 août 2021 le PDG. Le personnel de nos hôpitaux – Marietta Memorial, Selby et Sistersville General Hospital – travaille avec des dossiers papier pendant que les systèmes sont restaurés et les données récupérées. »

    Les personnels de santé n’ont plus accès aux données des patients, de chaque service ni hôpitaux. Ils travaillent en mode dégradé, à savoir papier et crayon, ce qui rend leurs tâches quotidiennes plus que compliquées. (Crédits : iStock)

    La conséquence correspond à ce que des dizaines d’hôpitaux et de cliniques de Virginie-Occidentale et de l’Ohio annulent des opérations chirurgicales et détournent des ambulances. En effet, l’attaque par ransomware a privé le personnel de l’accès aux systèmes informatiques dans la quasi-totalité de leurs activités. « Nous continuerons à accepter : STEMI, STROKE et TRAUMA à l’hôpital Marietta Memorial, ont déclaré les responsables dans un communiqué. Il est dans l’intérêt de tous les autres patients d’être transportés vers l’établissement le plus proche. Si tous les hôpitaux de la région sont déviés, les patients seront transportés au service d’urgence le plus proche du lieu de l’urgence. Cette déviation se poursuivra jusqu’à ce que les systèmes informatiques soient rétablis. »

    C’est à partir de minuit dimanche 15 août 2021 que les trois hôpitaux ont commencé à transférer les patients en urgence au Camden Clark Medical Center. Cet établissement qui se trouve à une heure de route du Sistersville General compte 25 lits. Camden Clark se situe à environ 25 minutes de route des deux autres hôpitaux du MHS touchés. Une dernière institution touchée, qui dispense des soins intensifs, est une salle d’urgence autonome du Belpre Medical Campus à Belpre, dans l’Ohio. La plupart des établissements du consortium ont également annulé toutes les opérations chirurgicales et les examens radiologiques non urgents pour lundi et conseillent aux patients qui ont un rendez-vous avec un chirurgien ou un spécialiste lundi d’appeler à l’avance.

    Les opérateurs derrière « Vice Society » arborent comme des trophées les sites infectés et leurs données. (Crédits : capture d’écran)

    « Les soins aux patients ont continué à être notre priorité absolue, ajoute M. Cantley. Bien que plusieurs de nos systèmes aient été en panne, nous avons mis en place des processus solides pour maintenir des soins aux patients sûrs et efficaces. Nous réagissons collectivement conformément à notre processus et à nos politiques bien planifiés pour ce type d’événement. » Pour l’instant, aucune information personnelle ou financière d’un patient ou d’un employé n’a été compromise. MHS a parlementé avec les attaquants avec l’aide du FBI, de Homeland Security et des compagnies d’assurance, a déclaré Jennifer Offenberger, vice-présidente du groupement, lors d’une interview à FOX Business, ajoutant que « c’était un ransomware. Nous avons une solution négociée ».

    L’hôpital Eskenazi asservi par ransomware

    Eskenazi Health est un prestataire de services de santé qui exploite un hôpital de 315 lits, des établissements d’hospitalisation et des centres de santé communautaires à Indianapolis, aux États-Unis. Ils ont été victimes d’une attaque par ransomware le 11 août 2021, vers 3 h 30 du matin. La gravité de l’attaque l’a conduit à refuser des ambulances, et ainsi à détourner des patients vers d’autres hôpitaux, dès 7 h 51. Toutefois, l’autorité sanitaire a déclaré qu’aucune donnée concernant les employés ou les patients n’avait été compromise, écrivait le docteur Tim Sandle, le 11 août 2021. Or, depuis, les opérateurs de « Vice Society » affichent les données médicales complètes (voir ci-dessous). Bien que l’hôpital accepte, les patients qui se présentent d’eux-mêmes au service des urgences et les accouchements, les ambulances sont toujours invitées à se rendre ailleurs, a déclaré le porte-parole de l’hôpital Todd Harper.

    Les données affichées sont en libre accès. Elles exposent l’hôpital, les patients, mais tout autant que les personnels. (Crédits : capture d’écran)

    Gary Ogasawara, directeur technique de Cloudian, indique que ce genre d’attaque met à rude épreuve un secteur déjà mis à mal par la situation actuelle : « Les organisations chargées de protéger la vie des patients n’ont pas le temps de s’inquiéter de cybermenaces qui pourraient mettre à mal l’ensemble de leur système. » L’offensive démontre que de nouvelles approches sont nécessaires pour empêcher (ou réduire les impacts) que ce type d’incident ne se produise à l’avenir. Selon Ogasawara : « Malgré les efforts considérables déployés par le secteur de la santé pour se défendre contre ces menaces, cet événement illustre la réalité : les défenses traditionnelles, telles que les solutions de sécurité périmétrique, sont inévitablement insuffisantes face à des attaques de ransomware de plus en plus sophistiquées. » Les attaques de type ransomware contre les hôpitaux sont devenues de plus en plus fréquentes ces dernières années et les systèmes de soins de santé et hospitaliers sont parmi les plus durement touchés des industries. En France, c’est le centre hospitalier d’Arles qui était touché par une infection virulente d’après Le Parisien. Qui plus est par les mêmes opérateurs derrière le ransomware « Vice Society », un accord aurait peut-être été conclu, car l’hôpital français n’apparaît plus sur le site de fuites ce dimanche 22 août 2021. « C’est la première fois qu’Eskenazi subit une cyberattaque de ce type. Si un patient a un rendez-vous ou une procédure prévue, et qu’il doit être reprogrammé, l’hôpital le contactera », a déclaré Todd Harper.

    Au chevet d’un patient très important

    Samedi 21 août 2021, la journaliste, Jacqui Heinrich, de Fox news révèle que le département d’État américain a récemment été touché par une « cyberattaque » et le Cyber Command du département de la Défense a été informé d’une possible violation grave. La date de la découverte de la faille n’est pas précisée, pour autant il semble qu’elle est eu lieu il y a quelques semaines, selon le fil Twitter de la journaliste.

    Il existe chaque jour des millions d’attaques dites « informatiques » à travers le monde. Elles peuvent être par de différentes manières comme par dénis de service (DDoS). (Crédits : DR)

    Sans confirmer un quelconque incident, une source bien renseignée a déclaré à Reuters que le département d’État n’avait pas connu de perturbations importantes et que ses opérations n’avaient pas été entravées de quelque manière que ce soit. À savoir que la mission en cours du département d’État visant à évacuer les Américains et les réfugiés alliés en Afghanistan « n’a pas été affectée ». On ne sait pas exactement quand la violation a été découverte, mais on pense qu’elle s’est produite il y a quelques semaines. L’étendue de la brèche, l’enquête sur l’entité suspectée d’être à l’origine de cette brèche, les efforts déployés pour l’atténuer et tout risque permanent pour les opérations restent flous. « Le Département prend au sérieux sa responsabilité de protéger ses informations et prend continuellement des mesures pour s’assurer que les informations sont protégées. Pour des raisons de sécurité, nous ne sommes pas en mesure de discuter de la nature ou de la portée de tout incident présumé de cybersécurité à l’heure actuelle », a déclaré un porte-parole du département d’État dans un communiqué. Le département d’État a été touché par une cyberattaque, et le Cyber Command du département de la défense a été informé d’une possible violation grave.