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  • Emotet is back

    Emotet is back

    Celui qui était démantelé en janvier 2021 par Europol semble refaire surface. Emotet fait son come-back, au même degré qu’une star déchue de son piédestal, d’après les travaux menés par plusieurs experts en cybersécurité pour Cryptolaemus. Pourtant, au début de l’année, Europol se félicitait d’avoir réussi à détricoter ce malware qui a déjà fait de nombreuses victimes. Pour autant le retour de l’un des plus significatifs des botnets pourrait potentiellement gâcher les fêtes des fin d’année, comme Noël, qui est devenu une célébration populaire déconnectée de son fondement religieux.

    Le botnet Emotet a de nouveau été détecté, révèle Cryptolaemus, un groupe d’experts en cybersécurité, ce mardi 16 novembre 2021. Pourtant, en janvier de cette année, une opération planétaire, chapeautée par Europol et Eurojust, avait annoncé avoir réussi à obtenir le contrôle de l’infrastructure Emotet. « Les autorités policières et judiciaires du monde entier ont démantelé cette semaine l’un des plus importants réseaux de zombies de la dernière décennie : EMOTET. Les enquêteurs ont désormais pris le contrôle de son infrastructure dans le cadre d’une action internationale coordonnée. »

    « La quantité de spams semble également augmenter, et les fils de discussion volés qui sont eux-mêmes insérés sont assez récents sur ces chaînes de réponses depuis le mois dernier » gazouilla #Cryptolaemus le 15 novembre 2021. (Crédits : Cryptolaemus/Twitter)

    C’est la société G-Data qui a eu la primeur de détecter cette nouvelle version. Le dimanche 14 novembre, vers 21 h 26 UTC, les experts observaient sur plusieurs de leurs trackers Trickbot que le bot avait essayé de télécharger une DLL sur le système. Selon un traitement interne, explique la firme, ces DLL ont été identifiées comme étant Emotet. « Le démantèlement d’Emotet, coordonné au niveau international, a été efficace pendant de nombreux mois et a permis de sauver de nombreuses victimes. Nous en félicitons toutes les autorités concernées. Néanmoins, nos analyses actuelles montrent qu’Emotet est maintenant de retour comme le montre l’analyse manuelle des échantillons de logiciels malveillants actuels », commente le Dr Tilman Frosch, Directeur général G DATA Advanced Analytics.

    L’URL contient un chemin de ressource aléatoire et le bot transfère la charge utile de la requête dans un cookie. « Le cryptage utilisé pour cacher les données semble différent de ce qui a été observé dans le passé. De plus, l’échantillon utilise maintenant HTTPS avec un certificat de serveur auto-signé pour sécuriser le trafic réseau. » (Crédits : Cyber.WTF)

    La France dans le viseur d’Emotet

    Alors que les médias du monde se focalisaient sur un virus, un autre microbe s’attaquait aux instances françaises. Le samedi 5 septembre, Pascal Ceaux, écrivait dans les colonnes du Journal du Dimanche que : le tribunal de Paris est sous le coup d’un cheval de Troie, distribué par la messagerie électronique. « Des faux mails ont été expédiés notamment à destination d’avocats comme Pierre Cornut-Gentille et Jean-Marc Delas, tous deux spécialisés dans le droit pénal des affaires », expliquait-il.

    Des attaques par codes malveillants sont effectuées à chaque instant. L’ANSSI met à disposition de nombreux rapports concernant les alertes de sécurité, menaces et incidents, avis de sécurité, indicateurs de compromission, durcissement et recommandations, et bulletins d’actualité consultables sur leur site. (Crédits : capture d’écran/Twitter)

    L’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) alertait le 7 septembre 2020 à ce propos « Depuis quelques jours, l’ANSSI constate un ciblage d’entreprises et administrations françaises par le code malveillant Emotet. Il convient d’y apporter une attention particulière, car Emotet est désormais utilisé pour déposer d’autres codes malveillants susceptibles d’impacter fortement l’activité des victimes. »

    À deux semaines du Black Friday

    L’inquiétude semble être prégnante chez les commerçants, peu de temps avant une période plus que vitale pour leurs chiffres d’affaires. « À l’approche du Black Friday qui lance la saison d’achats la plus importante de l’année, les hackers se préparent à lancer une nouvelle vague d’attaques. […] 44 % des retailers ont ainsi été touchés par un ransomware en 2020, et beaucoup ont même payé une rançon très élevée. Le coût moyen de récupération des données et de reprise de l’activité à la suite d’une telle attaque dans le secteur du retail s’élèverait donc à 1,6 million d’euros », explique le Journal du Net. Un adage stipule qu’il vaut mieux prévenir que guérir. En effet, les montants financiers pour réparer les dommages peuvent être dramatiques pour quelqu’une entreprise. Si comme les symptômes d’un rhume chez l’être humain sont seuls visibles :

    • Le nez qui coule et qui se bouche
    • Les éternuements
    • Un chatouillement ou même une sensation de brûlure dans le nez
    • Une perte de l’odorat et du goût plus ou moins prononcée, voire de la fièvre

    Si, le simple rhume évolue en général vers la guérison sans complication, lorsque la muqueuse est fortement enflammée ou les défenses naturelles amoindries, d’autres infections s’invitent, voire de la fatigue. Des maladies respiratoires peuvent se produire dans les voies supérieures (trachéite, bronchite), les sinus ou encore l’oreille moyenne. Des infections peuvent alors s’installer et provoquer diverses maladies, comme une sinusite ou une otite. Des précautions sont alors à prendre, conseille le JDN :

    • Disposer d’une bonne solution de stockage de données
    • Repérer et renforcer votre maillon faible
    • Hiérarchiser vos données
    • Protéger vos données dans le cloud
    • Adopter l’authentification multi facteurs

    Mieux vaut prévenir que guérir

    Comme l’évoque la fable « La Cigale et la Fourmi », les pénuries peuvent engendrer bien des dommages. C’est le cas au sein de la « cybersécurité ». La demande de compétences en sécurité est devenue bien supérieure à l’offre. Les évaluations tablent sur 70 % des entreprises dans le monde qui manquent de spécialistes en sécurité informatique, et il faudrait en former 4 millions pour répondre aux besoins du marché. Le numérique s’impose ainsi comme un domaine de recrutement en expansion et dont le taux d’embauche est 2,4 fois plus élevé que dans les autres secteurs. Dans les prochaines années, Pôle Emploi estime que ce sont 191 000 postes qui seront à pourvoir d’ici 2022. L’observatoire de la Grande école du numérique (GEN) a analysé, en février 2021, les besoins en compétences numériques dans les treize régions de l’hexagone. L’étude souligne que « les régions peinent à recruter : entre 60 % et 80 % des recrutements sont jugés difficiles dans ces métiers dans l’ensemble des régions ».

    La Cigale, ayant chanté tout l’été, se trouva fort dépourvue quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau de mouche ou de vermisseau.

    La Cigale et la Fourmi. Jean de La Fontaine

    Rappelez-vous, en septembre 2021, la Société de transport de l’Outaouais (STO) était la victime d’une attaque par codes malveillants de type ransomware. Cela a obligé la compagnie à forcer l’octroi de sept contrats de gré à gré pour gérer la crise. La moitié est pour assurer la surveillance de crédit et la protection contre le vol d’identité des employés et clients concernés.

    Sur environ 160 000 comptes clients, près de la moitié d’entre eux contiennent des données personnelles sensibles compromises telles que des adresses, noms et dates de naissance.

    Le montant total de la facture pour la Société de transport de l’Outaouais (STO) atteint 1 million de dollars. (Crédits : capture d’écran/Facebook)

    « Moins de deux mois après que la Société de transport de l’Outaouais ait été victime d’une cyberattaque, les 2700 employés, actuels ou anciens, et 80 000 usagers, dont les données personnelles ont été compromises ont été contactés », assurait la direction de la compagnie canadienne jeudi 28 octobre 2021. La présidente de la STO, Myriam Nadeau, expliquait que les dossiers des employés, actuels et anciens, ont été traités en premier, étant donné que ce sont majoritairement ceux dont les données les plus « sensibles » ont été compromises.

  • « Alea jacta est »

    « Alea jacta est »

    Cette locution que j’ai ouïe, peu ou prou, dans les palabres de comptoirs est latine. Elle signifie « le sort en est jeté », ou « les dés sont jetés », que Jules César aurait prononcé le 10 janvier 49 av. J.-C. ce juste avant le passage du fleuve Rubicon. Vous souvenez-vous d’une expression exaltée d’une bouche en 2013, par une certaine Nabilla « Allô ! T’es une fille, t’as pas de shampoing ? ». D’où est issu ce fameux mot que tout un chacun indique en « décrochant » son téléphone ?

    Il existe ainsi pléthores de locution de la langue française, en 2021, que nous usons sans qu’elles ne disparaissent. Par acquit de conscience, je viens vous les conter. Je viens de glisser la première, innocemment. Le terme « acquit » est dérivé du verbe « acquitter ». Depuis le début du XIXe siècle, cela désigne le fait de reconnaître un individu non coupable des charges qui pesaient contre elle. Elle est usitée depuis le XIe en d’autres circonstances. La première est lorsque nous acquittons, ou libérons, une personne d’une dette ou obligation. Dans « qui paye ses dettes s’enrichit », elle acquitte quelque chose. Ainsi, acquitter une dette, c’est la régler. Comme pour sa parole, une promesse, c’est la respecter ou la remplir. C’est pourquoi acquitter sa conscience est l’action de ce que nous croyons devoir faire, selon ce que nous dicte notre conscience. Ce faisant, on la libère du poids qui aurait pu peser dessus si on n’avait pas fait le nécessaire. Si l’expression « par acquit de conscience » est apparue au milieu du XVIe siècle, elle a été peu utilisée durant ceux des sciences (17e) et des lumières (18e), puisqu’on lui préférait la variante « à/pour l’acquit de sa conscience », aujourd’hui disparue. « J’ai résisté longtemps. J’avais déjà donné deux fois ma signature, mais pour l’acquit de ma conscience, le cœur n’y était pas comme on dit. » L’usage de cette expression sous-entend, le plus souvent, un manque de conviction totale : « Je l’ai fait par acquit de conscience, pour m’éviter d’éventuels scrupules, mais sans être vraiment convaincu que c’était indispensable. »

    L’affaire de l’exécution des Rosenberg

    Le 19 juin 1953, l’exécution de Julius et Ethel Rosenberg aux États-Unis, condamnés pour trahison fait couler beaucoup d’encre. Imaginez l’avocat chargé de leurs défenses, est-il « l’avocat du diable » ? Cette expression identifie celui qui défend une cause choquante ou perdue d’avance, mais aussi le moyen de faire du bruit, du buzz. Le bourdonnement provoqué est une technique marketing consistant à susciter du bouche-à-oreille autour d’un événement, d’un produit ou d’une offre commerciale et, ce faisant, des retombées dans les médias. Cela procure le plaisir de scandaliser ceux qui n’admettent pas qu’on puisse aller dans ce sens, par exemple lors d’une campagne pour l’élection présidentielle en France. Ce qui n’a rien à voir avec Buzz l’Éclair, bien entendu. Mais revenons à nos moutons.

    « Le droit à la légitime défense est un droit reconnu à tout sujet de droit international en tant que droit protecteur. Ce droit se trouve très souvent manipulé par les États puissants dans le cadre de la protection de leurs intérêts individuels au détriment de la souveraineté de certains États dits faibles. » (Crédits : Ezequiel Octaviano/Pixabay)

    Il y a parfois de supposés coupables (Klaus Barbie, défendu par Me Vergès) ou des causes difficilement défendables au vu de l’atrocité des crimes choquante ou l’immoralité reprochée. Et pourtant, tout le monde doit pouvoir être défendu, même ce satané diable, considéré par certains comme responsable de tant d’infâmes vilenies. Ou encore l’Affaire judiciaire française Deulin, qui s’est déroulée en 1987. Les circonstances étranges du suicide de Janine Deulin, âgée de 33 ans, valent à son époux Jean-Pierre d’être suspecté de meurtre et emprisonné. Le procès a lieu en 1990. Jean-Pierre Deulin est acquitté grâce à son avocat, Me Dupond-Moretti. L’enquête a conclu à une mort volontaire sans en connaître la raison. Cette locution du XVIIIe siècle vient de l’Église, l’advocatus diaboli était un religieux qui, au cours de l’étude préalable à la canonisation d’une personne, devait rechercher tout ce qui pouvait trahir l’influence du diable, dans son comportement. Ce rôle a été supprimé par le pape Jean-Paul II en 1983.

    « Alea jacata est »

    Âgée de deux millénaires, la locution émise par Jules César est toujours d’actualité. Il l’aurait prononcé 49 ans avant notre ère. Car à la tête de son armée venant de Gaule, il a franchi le Rubicon, prêt à affronter le consul Pompée qui dirigeait Rome. Ce jour — là, César prenait un double risque, celui de transgresser une loi (il est interdit à tout général de franchir ce fleuve avec ses troupes) et de perdre sa guerre contre Pompée. De la même manière qu’un postulant à un concours remet sa copie, il a dû ressentir le frisson du joueur qui lançant les dés, qui peut en seul instant, tout perdre ou tout gagner. Alea, en latin, signifiait « jeu de dés » ou « » et, par extension, il a désigné le sort ou le hasard. Par conséquent, une fois que les dés sont jetés, la décision prise ou l’action lancée, il n’y a plus qu’à patienter pour constater ce que le sort aura bien voulu décider. Cela stipule aussi un choix embrassé irrévocablement, quelles qu’en soient les conséquences.

    Ah, que de petits mots peuvent changer votre vie ! Nabilla Benattia en prononçant cette phrase lançait sa « carrière ». Considérée comme peu intelligente voire complètement imbécile, cette personne est-elle depuis plus de dix ans en train de prendre les gens pour des idiots en laissant croire qu’elle l’est ? (Crédits : Alexas_Fotos/Pixabay)

    « Allô ! T’es une fille, t’as pas de shampoing ? Allô ! Non, mais allô quoi ! », s’offusquait Nabilla dans une émission de « télé-réalité ». Cette formule d’accueil placée au début d’une conversation téléphonique est bien plus qu’une interjection. Officiellement, c’est en mars 1876 qu’Alexander Graham Bell fait fonctionner son téléphone. Pour marquer ce moment historique, il prononce une phrase d’une profondeur haletante : « Monsieur Watson, veuillez venir dans mon bureau, je vous prie. » Dès 1880, la mise en relation entre personnes se fait par des « hallo » venus de halloo, salutation prononcée au début des conversations dans la contrée d’origine. Cependant, il remonterait au temps des bergers normands installés en Angleterre après l’invasion de Guillaume le Conquérant au XIe siècle, bergers qui s’appelaient ou rassemblaient leurs troupeaux par des halloo (l’anglo-normand hallœr signifiait « poursuivre en criant »). Ce dernier perdit son h pour devenir « allô ». Depuis, chaque pays connaît son interjection pour commencer une conversation téléphonique.

    Moi, tatillon ! Non !

    Il n’est pas si difficile de le prouver. Certains aimeraient à dire que c’est « chercher une aiguille dans une botte ou meule de foin ». Autrement dire vouloir réaliser une chose extrêmement délicate. Si l’expression n’est que peu ou prou usée par les étudiants ou jeunes actifs, Madame de Sévigné l’employait déjà en 1652 (la date d’apparition de cette expression est quant à elle inconnue). Le sens semble être suffisamment limpide. Quiconque a déjà tenté de retrouver une personne dans une foule, chercher une bague sur une plage en saisit l’essence et l’origine de la locution « chercher une aiguille dans une meule de foin ». Est-ce plus facile de trouver un brin de paille dans une botte d’aiguilles ? À défaut de me piquer un nombre incalculable de fois, je m’en lave les mains de vouloir le prouver. Les transitions sont parfois capillotractées, j’en conviens, comme celle-ci.

    Dans les pays « développés », il suffit de tourner un robinet pour voir couler l’or bleu sans discontinuer. 90% de la population mondiale (6,8 milliards de personnes) avait accès au moins à un service de base, consistant en un point d’eau amélioré nécessitant un trajet de 30 minutes aller-retour au maximum pour aller chercher de l’eau. (Crédits : Abdul Momin/Pixabay)

    Saviez-vous que les ablutions, qui signifient « faire sa toilette », est une expression dérivée de pratiques religieuses ? En effet le terme vient du latin ablutio issu du verbe abluere qui voulait dire « laver ». Dans de nombreuses religions, elles sont un acte rituel de purification par l’eau. Chez les musulmans, l’ablution avant la prière est obligatoire. Elle doit être faite avec de l’eau (ou de la terre propre si l’on est en voyage). Dans chaque mosquée, il doit y avoir une salle des ablutions qui isole la salle de prière du monde profane. Chez les catholiques, les ablutions se pratiquent au cours d’une messe, avant la communion, lorsque le prêtre fait verser un peu d’eau sur ses doigts pour les laver. À l’époque où les messes étaient en latin, le prêtre récitait un psaume commençant par « Lavabo inter innocentes manus meas » (je laverai mes mains parmi les innocents). Si Vincent Lagaf‘ en avait effectué un tube au temps du « Top 50 », vous avez reconnu là un mot qui vous est familier. Le terme Lavabo a ensuite été transposé aux ablutions profanes et a d’abord servi à désigner le meuble de toilette portant la cuvette et le pot à eau (broc). Il n’y a pas si longtemps que l’eau courante est arrivée dans toutes les chaumières, comme les douches. Nombreux Poitevins comme Français ont connu les douches publiques, comme l’était par exemple auparavant le bar « Au WC » à Poitiers, ou encore les établissements de bain boulevard Chasseigne. Puis, avec la modernisation, la cuvette en faïence que vous connaissez bien et dans laquelle vous faites vos ablutions.

  • Vous êtes vous déjà fait arnaquer ?

    Vous êtes vous déjà fait arnaquer ?

    C’est une sensation désagréable, voire vexante. « Non, pas moi ?!? » Pourtant, s’il est une chose, hors mis devant la mort et au sein des cabinets d’aisances, où nous sommes tous égaux, c’est bien devant devant la malveillance, la malhonnêteté de tout un chacun. Elles sont multiples, car les canaux le sont avec. Courriel, SMS, impôts, signalement de contenu pédophile sur votre ordinateur, loterie…Comment déjouer les tentatives d’escroqueries ? Quelle conduite à tenir ? Que faire ?

    Je viens vous conter une histoire qui m’est arrivée, il n’y a pas plus d’une huitaine. Créant une annonce pour la vente d’un véhicule d’occasion sur un site bien connu en France, Le Bon Coin pour ne pas le citer, des coordonnées sont visibles et consultables par n’importe quel quidam. Ce qui est plus que logique pour que les potentiels acquéreurs contactent le vendeur. Rien de choquant de prime abord, et pourtant. Une personne s’adresse au propriétaire dudit véhicule par message, une discussion s’engage, où l’individu demandant la confirmation du prix fixe de la voiture, il se décide de l’acheter sans même l’avoir vu. Dès cet instant, il faut mettre l’alerte en vigilance (première méfiance). Puis sous prétexte d’« être en déplacement durant deux semaines » l’homme se propose de régler la moitié de la somme par transfert (deuxième méfiance). Alors que le site le Bon Coin suggère un paiement sécurisé, afin d’éviter les arnaques.

    La Poste n’autorise pas l’envoi d’argent en liquide par le biais de ses services. Les billets de banque et les pièces métalliques de monnaie font même partie des objets interdits par l’entreprise au même titre que les produits stupéfiants ou encore les articles de contrefaçon. (Crédits : capture d’écran)

    Comme convenu, il transmet des documents par voie électronique avec un message. Puis en ces termes, tente de prouver sa, soi-disant, bonne foi :

    Les malfaiteurs présumés fonctionnent à l’identique, jouant sur la corde sensible. Mais pour autant, il faut garder la tête froide, jamais la Banque Postale ne vous demandera de confirmer sur un numéro de téléphone mobile une transaction qui plus est pour renvoyer de l’argent. (Crédits : capture d’écran)

    Soyons diligents, et naïfs. Je vérifie sur l’application d’une société de transferts de fonds de Western Union, via suivi de transfert. Tout me parait correct, car validé par la couleur verte de l’espoir. De ce fait, par un beau samedi matin, je me rends, tout guilleret, aux bureaux de la poste de Chauvigny, profitant par la même du marché qui s’y tient. Après avoir rempli en bonne et due forme les documents nécessaires au retrait d’argent, je les propose à la préposée.

    Après avoir appâté le poisson, le pêcheur resserre petit à petit l’étau autour du coup de sa potentielle victime. (Crédits : capture d’écran)

    Celle-ci après avoir vérifié les données, elle me tient ces propos : « Comment dire, il n’y a rien sur ce transfert, par un seul centime ». Une discussion s’instaure, expliquant le pourquoi du comment. Quelques dizaines de secondes plus tard, nous nous retrouvâmes tels des chalands à déambuler entre les fumets, criés et autres plaisirs, au milieu du marché. À cet instant, je me fais plus naïf que je ne suis, bien que l’humilité est un sentiment et un état d’esprit à user chaque jour. Je me permets d’envoyer une réponse pour connaître la réaction du soi-disant acquéreur.

    Le message qui mit le feu aux poudres. (Crédits : capture d’écran)

    C’est après l’avoir reçu que l’individu m’appelle avec un autre numéro de portable, sûrement un téléphone prépayé comme dans les films d’espionnage. Les échanges qui suivirent furent hauts en couleur. En premier lieu, il m’ordonna à mots couverts de le mettre en relation avec la personne propriétaire de ladite voiture. Je refusais catégoriquement, il commence à s’énerver, devenir désobligeant. Lorsque je lui explique que la préposée confirme l’absence de l’argent, il répond « vous n’avez pas suivi les instructions, et vous me traitez de voyou ? » Durant onze minutes, le monologue non du vagin, mais de la vente s’éternisa. « Puisque c’est comme ça, je vais retirer l’argent, tant pis pour vous », me dit-il pour me faire paniquer. N’étant pas dupe, je fis mime d’abonder dans son sens, et de respecter à la lettre lesdites instructions… que je ne fis pas, bien entendu. Désappointés, mais heureux d’avoir débusqué tels des furets, les malhonnêtes gens, ils ne nous restent qu’à regagner nos pénates, forts de cette expérience.

    Tout semble normal. Le service client de Western Union, agréable au demeurant, me confirme que ce transfert n’est pas destiné à la France. Me laissant à demi-mot comprendre que cette méthode d’hameçonnage est fréquente et que la société en souffre, tous comme les consommateurs. (Capture d’écran)

    L’après-midi, je me rends à Poitiers au tabac-presse Le Diplomate, situé à l’angle de la rue Carnot et celle du Petit Bonneveau, sachant que ces derniers proposent des transferts tels que celui cité. Sur l’application du commerçant, tout parait valide également. Il me conseille très justement de contacter le service client, et m’invite à l’informer des suites lorsque j’aurais plus de renseignements. Le dimanche, trépasse, après avoir dégusté pendant le dîner, un petit salé et ses légumes, suivis par une tarte aux pommes maison. Ce qui me conduisit à un lundi plein d’enthousiasme. Je décide donc de me rendre à la grande poste, tout près du commissariat de Police de la cité pictave, rue de la Marne. Je suis au fait que le transfert ne contient pas un kopeck, ou du moins pas un qui me soit destiné. Patientant au sein du hall, un préposé me reçoit. Comme tout un chacun, l’employé de la Banque Postale m’indique qu’il ne saisit pas comment cela est possible de voir la supposée transaction validée, et invalidée au même instant. Je quitte la personne et l’ouvrage architectural. J’apprendrais que la transaction existe réellement, mais pas vers un pays situé à côté de la France.

    L’attestation d’envoi qui n’est qu’un faux grossier. Une personne de confiance m’invite à observer l’impression entre le Oui et le Non, le fameux numéro de téléphone pour valider le transfert, les frais comme la loi inexistante, qui se veut être une pâle imitation de la Loi n° 2012-354 du 14 mars 2012, bref… (Crédits : capture d’écran)

    Comment déjouer les arnaques ?

    Attention, tout ce qui est trop beau, est vraisemblablement une imposture, une escroquerie ou une tentative. Un I-Phone 13 Pro Max à 500 euros est un exemple, tout comme le Galaxy Z Fold3 5G à 800 €, ou encore l’OPPO Find X3 Pro 5G à 600 €, fuyez si cela est une annonce d’un vendeur en ligne ! Soyez sur vos gardes ! Demandez à quelqu’un de confiance, ou sur l’Internet dans un moteur de recherche mentionnez les coordonnées fournies, tel le numéro de téléphone. S’il vous apparaît de nombreuses occurrences pour une imposture, c’est sûrement le cas. Des sites référencent les arnaques par le biais des personnes à travers la France, comme par exemple Signal Arnaques. Pareil, lorsque vous recevez un courriel des impôts pour un remboursement, taxe d’habitation, règlement d’impayé… contactez-les… vous serez fixé et rassuré. « Si effectivement une action est requise de votre part vis-à-vis de l’administration fiscale, vous retrouverez cette information dans votre espace privé sur le site www.impots.gouv.fr. De plus, si vous aviez à bénéficier d’un remboursement, celui-ci se ferait automatiquement. Il ne transiterait jamais par votre carte bancaire, mais serait directement versé sur le compte que vous avez enregistré auprès des services fiscaux », assure la DGFIP. Il existe aussi l’arnaque à la loterie, au colis, à l’amour, au signalement de contenu pédophile sur votre ordinateur, au logement, à l’emploi, du scamming.

    ATTENTION , grosse arnaque , j’ai reçu mon pli par la poste comme indiqué. J’ai payé la modique somme de 755 € oui vous avez bien compris !!!!! Je me suis connecter avec le code de la carte, voila et maintenant j’attends, j’ai tous simplement perdu 755 € alors faite gaffe

    Une victime

    Comprenant sans coup férir que cette démarche est de l’arnaque, ou plus véritablement de la tentative d’escroquerie, j’ai contacté Western Union. La personne du service client m’a confirmé que sans transfert d’argent, il ne portait pas les faits à la connaissance de la justice. Que « pour les transferts sans problème, mais qu’il ne faut jamais régler ou se faire payer une somme par ce moyen ». Là où le bat blesse est la somme supplémentaire au montant attendu. Après avoir joint son complice présumé (le directeur fictif d’une Banque Postale) par téléphone, il demande pour assurer la transaction, et la sécuriser de reverser les 180 €. Gaussons-nous, car notre bonhomie entre en jeu. Une fois que vous avez réalisé, en toute bonne foi, le « remboursement » du trop-perçu, vous êtes victime d’une escroquerie. Il est déjà trop tard. Demandez un chèque de banque en horaires d’ouverture, cela vous permettra de vérifier la véracité et solvabilité auprès de la banque concernée.

    Quelle conduite à tenir ?

    J’ai effectué un signalement sur le portail dédié, et cela va de soi, sur le site marchand. Vous souhaitez déposer plainte ? Plusieurs possibilités, rendez-vous au commissariat de police ou à la brigade de gendarmerie dont vous dépendez, ou adressez votre plainte par écrit au procureur de la République du tribunal judiciaire de votre domicile.Vous pouvez également déposer une pré-plainte sur le site du ministère de l’Intérieur. Dans les faits que l’on peut signaler, il existe les catégories suivantes :

    • Pédophilie ou corruption de mineur sur Internet
    • Incitation à la haine raciale ou provocation à la discrimination de personnes en raison de leurs origines, de leur sexe, de leur orientation sexuelle ou de leur handicap
    • Menaces ou incitation à la violence
    • Trafic illicite (stupéfiants, armes, etc.)
    • Mise en danger des personnes
    • Incitation à commettre des infractions
    • Spam
    • Injure ou diffamation
    • Escroquerie
    • Terrorisme : menace ou apologie
    « Si vous êtes témoin ou victime de faits nécessitant une intervention immédiate de services de police ou de secours, par exemple : ne agression, un accident, un incendie, vous ne devez pas utiliser ce site, mais composer le 17 sur votre téléphone », rappellent-ils. (Crédits : Gouv.fr)

    Pour rappel l’escroquerie est le fait, soit par l’usage d’un faux nom ou d’une fausse qualité, soit par l’abus d’une qualité vraie, soit par l’emploi de manœuvres frauduleuses, de tromper une personne physique ou morale et de la déterminer ainsi, à son préjudice ou au préjudice d’un tiers, à remettre des fonds, des valeurs ou un bien quelconque, à fournir un service ou à consentir un acte opérant obligation ou décharge. L’escroquerie, comme la tentative est punie de cinq ans d’emprisonnement et de 375 000 euros d’amende. Les peines sont portées à dix ans d’emprisonnement et à 1 000 000 euros d’amende lorsque l’escroquerie est commise en bande organisée. « Prenez soin de vous, et faites très attention, les malfaiteurs n’ont aucun scrupule. »

  • Ransomware : GoldDust remporte la mise, face à REvil

    Ransomware : GoldDust remporte la mise, face à REvil

    Quelque 150 personnes qui achetaient, ou vendaient de la drogue, ou des armes sur le DarkWeb ont été appréhendées dans le monde entier, lors de l’un des plus amples coups de filet à ce jour concernant la version profonde d’Internet, a annoncé Europol, mardi 26 octobre. La dernière opération d’Europol, GoldDust a permis d’arrêter pas moins de sept individus, mais pas des moindres dans l’Univers du ransomware, Sodinokibi/REvil.

    Comme une pieuvre étend ses bras, l’opération « DarkHunTOR » « consistait en une série d’actions séparées, mais complémentaires en Australie, Bulgarie, France, Allemagne, Italie, aux Pays-Bas, en Suisse, au Royaume-Uni et aux États-Unis », précisait l’agence. Aux États-Unis, quelques 65 personnes ont été capturés légitimant, entre autres, 47 en Allemagne, 24 au Royaume-Uni, quatre en Italie et autant aux Pays-Bas. Plusieurs « constituaient des cibles d’importance » pour Europol. Les forces de l’ordre ont également saisi 26,7 millions d’euros en numéraire et monnaies électroniques ainsi que de la drogue, notamment 25 000 comprimés d’ecstasy, et 45 armes à feu.

    150 suspects ont été arrêtés dans le cadre de l’opération #DarkHunTOR visant les vendeurs et les acheteurs de biens illicites sur le #darkweb. (Crédits : Europol)

    Le 4 novembre 2021, les autorités roumaines ont capturé deux individus soupçonnés d’infections par codes malveillants en déployant le ransomware Sodinokibi/REvil. Ils seraient, selon Europol, responsables de 5 000 infections, et auraient empoché pas moins d’un demi-million d’euros de rançons. Depuis février 2021, les forces de l’ordre ont appréhendé trois autres affiliés de Sodinokibi/REvil, et deux suspects liés à « GandCrab ». Ce sont là quelques-uns des résultats de l’opération GoldDust, qui a impliqué 17 pays (Australie, Belgique, Canada, France, Allemagne, Pays-Bas, Luxembourg, Norvège, Philippines, Pologne, Roumanie, Corée du Sud, Suède, Suisse, Koweït, Royaume-Uni, États-Unis), Europol, Eurojust et INTERPOL. « Toutes ces arrestations font suite aux efforts conjoints des services répressifs internationaux pour identifier, mettre sur écoute et saisir une partie de l’infrastructure utilisée par la famille de ransomware Sodinokibi/REvil, qui est considérée comme le successeur de GandCrab. »

    C’est l’infection de plus d’un million de victimes, et jusqu’à 1500 entreprises, par le ransomware « REvil/Sodinokibi » qui faisait la une des différentes presses, qu’elles soient en version papier, web, radiophonique ou télévisuelle, le 5 juillet 2021. (Crédits : DR)

    Depuis 2019, plusieurs firmes planétaires ont été confrontées à de graves cyberattaques, à travers le ransomware Sodinokibi/REvil. Début octobre, un affilié de Sodinokibi/REvil a été arrêté à la frontière polonaise après l’émission d’un mandat d’arrêt international par les États-Unis. Ce ressortissant ukrainien est soupçonné d’avoir perpétré l’offensive Kaseya, pour laquelle Sodinokibi/REvil a demandé une rançon d’environ 70 millions d’euros. En février, avril et octobre 2021, les autorités sud-coréennes ont capturé trois affiliés impliqués dans les clans de ransomware GandCrab et Sodinokibi/REvil, qui ont fait plus de 1 500 victimes. Le 4 novembre 2021, c’est au tour des autorités koweïtiennes d’arrêter un autre affilié de GandGrab, « ce qui signifie qu’au total, sept suspects liés aux deux familles de ransomware ont été arrêtés depuis février 2021. Ils sont soupçonnés d’avoir attaqué environ 7 000 victimes au total ».

    De GrandCrab à Sodinokibi/REvil

    Un pic d’activité d’infections par ransomware avait été détecté lors des deux premiers trimestres 2020. « Il est lié à un groupe appelé GrandCrab, dont l’activité a été réduite depuis l’arrestation de son distributeur en Biélorussie en août 2020. Un deuxième pic a été constaté en juillet 2021, lié au groupe de ransomware Babuk, à l’origine d’une cyberattaque contre la police du District de Columbia aux États-Unis », explique Sud Ouest. En effet, les autorités biélorusses venaient de capturer une personne de 31 ans accusée d’avoir commercialisé le rançongiciel GandCrab. L’homme avait été arrêté à Gomel, une petite ville du sud-est de la Biélorussie, aux frontières de la Russie et de l’Ukraine.

    Ce ressortissant ukrainien est soupçonné d’avoir perpétré l’attaque Kaseya. « On peut raisonnablement supposer que des milliers de petites entreprises pourraient potentiellement être impactées », affirmait en juillet 2021 à NBC News l’expert en sécurité John Hammond. (Crédits : Europol/Twitter)

    Mais, l’agence européenne soutient une enquête menée par la Roumanie ciblant la famille de ransomwares GandCrab. Avec plus d’un million de victimes dans le monde, GandCrab était l’une des familles de ransomware les plus prolifiques sur Terre. Ces efforts conjoints ont abouti à la publication de trois outils de décryptage par le biais du projet No More Ransom. Cela a permis de sauver plus de 49 000 systèmes d’information et plus de 60 millions d’euros de rançons non payées à ce jour. L’enquête a parallèlement porté sur les affiliés de GandCrab, dont certains auraient évolué vers Sodinokibi/REvil. L’opération GoldDust s’est également appuyée sur les pistes de cette précédente enquête visant GandCrab, assure Europol.

    Les outils mis à disposition pour les deux familles de ransomware ont permis plus de 50 000 décryptages, qui représentaient une rançon de 520 millions d’euros demandée par les cybercriminels. (Crédits : capture d’écran)

    Actuellement, No More Ransom bénéficie d’outils de décryptage pour GandCrab (versions V1, V4 et V5 jusqu’à V5.2) et pour Sodinokibi/REvil. Les méthodes de décryptage de Sodinokibi/REvil ont aidé plus de 1400 entreprises à déchiffrer leurs réseaux, épargnant près d’un demi-milliard (0, 475) d’euros de pertes potentielles.

  • Une récompense de 10 millions de dollars

    Une récompense de 10 millions de dollars

    Pour les remporter, il ne faut pas acheter un jeu de grattage, ni même un billet de tombola, ou encore participer à la Lotería de Navidad en Espagne. Comme dans les westerns spaghettis, répondre à un avis de recherche contre des malfaiteurs, par des renseignements. En effet, le Département d’État américain annonce une gratification numéraire pouvant croître jusqu’à 10 000 000 $, pour toute information menant à l’identification, ou à la localisation de toute personne occupant un poste clé au sein du groupe criminel, usant du RaaS connu sous le nom de « DarkSide ».

    Une récompense pouvant aller jusques et y compris à 10 000 000 $, en outre, le ministère en octroie une autre jusqu’à 5 000 000 $, cette fois pour toute indication conduisant à l’arrestation, comme à la condamnation, ce dans n’importe quel pays, de tout individu ayant ou tenté participer à un incident lié au RaaS (Ransomware as a Service) DarkSide. L’affaire dite de Colonial Pipeline en mai 2021 a mis le feu aux poudres. L’infection par codes malveillants a abouti à la décision de la société de fermer de manière proactive et temporaire le pipeline de 5 500 miles qui transporte 45 % du carburant utilisé sur la côte est des États-Unis.

    Le Département qui gère le programme de récompenses pour la criminalité transnationale organisée (TOCRP) est en étroite coordination avec ses partenaires fédéraux chargés de l’application de la loi. Dans le communiqué de presse, l’institution clame haut et fort que plus de 75 hors-la-loi transnationaux et grands trafiquants de stupéfiants ont été traduits en justice depuis 1986 grâce aux efforts conjoints avec le NRP (Programme de récompense des narcotiques). Le ministère se targue d’avoir versé plus de 135 millions de dollars à ce jour.

    L’affiche délivrée par le bureau fédéral d’investigation, et le département de la justice américaine est sans ambiguïté. (Crédits : DR)

    Une autre somme du même acabit est offerte envers un ressortissant colombien pour un système de corruption présumé. D’après l’acte d’accusation de dix-neuf pages, les cinq hommes auraient reçu 1,6 milliard de dollars du Venezuela et auraient transféré 180 millions de dollars par ou vers des comptes bancaires aux États-Unis. Les trois Colombiens et les deux Vénézuéliens font face à un chef d’accusation de conspiration en vue de commettre un blanchiment d’argent et à quatre de blanchiment d’argent. « À partir de 2015, Pulido et d’autres individus ont commencé à travailler pour obtenir ou conserver des contrats pour fournir de la nourriture au peuple vénézuélien. Pulido et ses co-conspirateurs auraient majoré le coût de production des boîtes de nourriture afin de réaliser un profit personnel sur leur production », peut-on lire dans le communiqué.

    De DarkSide à REvil

    REvil, connu également sous le nom de Sodinokibi, a été détecté pour la première fois en avril 2019. Il exploitait la vulnérabilité O-Day Oracle WebLogic. Les opérateurs développant et commercialisant ce ransomware ont déclaré « être d’anciens affiliés de GrandCrab ayant acheté le code source ». REvil est vendu en tant que RaaS sur les forums cybercriminels russophones par l’identité numérique « UNKN » depuis mai 2019, explique L’Usine Digitale. L’association avait disparu la veille de la fête nationale française avant de réapparaître début septembre. Il semble que cette fois, REvil n’est plus. Un acteur lié à REvil connu sous « 0_neday » annonçait la fin des activités. La motivation est extrêmement simple et compréhensible. Un un tiers non identifié dispose d’une copie de l’infrastructure du groupe, jusqu’aux clés privées des sites accessibles via Tor.

    Gazouillé par Dmitry Smilyanets, de Recorded Future, et selon le cybermalfaiteur : « Le serveur était compromis et ils me cherchaient. Pour être précis, ils ont supprimé le chemin vers mon service caché dans le fichier torcc, et ont augmenté le leur pour que j’y aille. J’ai vérifié sur d’autres – ce n’était pas le cas. Bonne chance à tous, je m’en vais. » (Crédits : DR)

    Selon le département américain du Trésor, les opérateurs derrière les ransomware ont capté à minima la cagnotte de cinq milliards de dollars en quelques années. Le conglomérat REvil était connu pour exiger des sommes très élevées afin de déchiffrer les données cryptées. Le record est de 70 millions de dollars américains. En juin 2021, le président américain Joe Biden menaçait son homologue russe Vladimir Poutine de conséquences s’il ne prenait pas de mesures contre les groupes de cybercriminels usant de codes malveillants depuis la Russie. Le gouvernement allemand d’Angela Merkel abordait aussi régulièrement cette même menace avec l’administration russe, selon le ministère des Affaires étrangères. Mais l’identification concrète de suspects est considérée comme extrêmement difficile.

    Des sommes très importantes ont été saisies, avec du matériel informatique. Les auteurs « siphonnaient » de l’argent pour des pirates informatiques internationaux et, au cours de leur activité, ils ont « légalisé » ainsi des dizaines de millions de dollars. (Crédits : Police ukrainienne)

    Pourtant et depuis plusieurs mois, l’Office fédéral de la police criminelle (BKA) et le Baden-Württemberg LKA (police de proximité) enquêtent sur le groupe REvil. Les forces de l’ordre allemandes auraient identifié l’un des opérateurs principaux, révèlent Die Zeit et BR24 dans deux articles publiés le 28 octobre 2021. Sur les réseaux sociaux, Nikolay K. (nom modifié) se présente comme un trader de cryptomonnaies, dont sa devise est « In Crypto we trust ». L’investigation permet de se faire une idée précise du comportement de l’homme en question : maison avec piscine près d’une grande ville du sud de la Russie, vacances de luxe à Dubaï et aux Maldives, un yacht à 1 300 euros par jour. Les enquêteurs pensent que cet homme serait l’un des cerveaux du célèbre logiciel malveillant REvil et de son prédécesseur présumé Gandcrab. Car « son train de vie luxueux est vraisemblablement financé par l’argent des extorsions – versé par les entreprises et les autorités victimes d’attaques de pirates informatiques ».

    11 personnes arrêtées en Ukraine

    La police ukrainienne a révélé l’arrestation d’un groupe usant de ransomware. Ces derniers auraient attaqué une cinquantaine d’entreprises en Europe comme en Amérique. La réclusion encourue est au maximum de douze années. « Les infractions pénales ont été découvertes par des officiers du département de cyberpolice, en collaboration avec la direction des enquêtes de la police nationale, des représentants du bureau du procureur général, avec la participation de collègues de l’Union européenne, de l’Union européenne, des forces de l’ordre de France, des États-Unis, des Pays-Bas et de Norvège », explique le communiqué en date du 29 octobre 2021.

    Les individus ont produit et vendu des clés USB avec des virus, qui ont cassé les portefeuilles numériques des victimes et leur ont volé des cryptomonnaies. (Crédits : Police Ukrainienne)

    Le groupe était composé de 11 membres. Deux d’entre eux distribuaient directement le logiciel malveillant, tandis que les autres assuraient le support des serveurs et aidaient à retirer l’argent obtenu par des moyens illégaux. Le cumul des sommes avoisinerait les 120 millions de dollars. Les pertes subies par les proies s’élèvent à 120 millions de dollars. Parmi les victimes figurent des entreprises de France, de Norvège, d’Allemagne, de Suisse, des Pays-Bas, du Royaume-Uni et des États-Unis. Ce sont vingt-huit perquisitions qui ont été effectuées dans la ville de Kiev, les régions de Volyn, Ternopil, Kharkiv, Zaporizhia et de Donetsk.

    Le FSB à l’origine d’attaque contre des agences gouvernementales ukrainienne

    L’information va faire grand bruit. Les experts en cybersécurité du SBU « ont identifié les pirates informatiques du célèbre groupe ARMAGEDON, responsables de plus de 5 000 cyberattaques contre des organismes gouvernementaux ukrainiens et des infrastructures critiques », indique le site Ukrinform. Il a été établi que ledit groupe fait partie du FSB, et que ce dernier « opérant depuis la Crimée occupée, ainsi que des traîtres qui ont pris le parti de l’ennemi lors de l’occupation de la péninsule en 2014 », rapportait le communiqué de presse de la SBU.

    L’agence de sécurité ukrainienne a révélé l’identité des présumés coupables, ayant obtenu des preuves irréfutables de leur activité illégale, notamment des appels téléphoniques interceptés, « malgré le fait que le réseau utilisait des logiciels malveillants produits par le FSB, ainsi que des moyens d’anonymisation en ligne ». (Crédits : SBU)

    Depuis l’annexion de la péninsule ukrainienne de Crimée par la Russie en 2014, l’éclatement du conflit armé dans l’est de l’Ukraine, entre forces ukrainiennes et séparatistes pro-russes, a fait depuis plus de 13 000 morts. Depuis sept années, les auteurs supposés, ci-dessus (demeurant innocent avant d’être reconnus responsables) auraient mené plus de 5 000 cyberattaques et poursuivi les tentatives d’infection de plus de 1 500 systèmes informatiques gouvernementaux. Les principaux objectifs du groupe dirigé par le FSB étaient les suivants :

    • Prendre le contrôle d’infrastructures critiques (centrales électriques, systèmes de chauffage et d’approvisionnement en eau)
    • Collecte de renseignements sur la sécurité, la défense et les opérations des agences gouvernementales
    • Mener des opérations psychologiques
    • Bloquer les systèmes d’information

    Actuellement, cinq membres de l’organisation criminelle ont été accusés de haute trahison en vertu de l’art. 111 du Code pénal ukrainien. Selon les renseignements dont dispose le SBU, le groupe de hackers ARMAGEDON est un projet spécial du FSB, dont la cible principale était l’Ukraine. « Son travail était coordonné par le 18e centre (centre de sécurité de l’information) du FSB, basé à Moscou ». Une enquête plus approfondie, comprenant des examens médico-légaux, est en cours. Elle a pour finalité de traduire en justice les agents du FSB accusés d’espionnage, d’interférence non autorisée avec les systèmes informatiques et de création de logiciels ou de matériels malveillants.

  • Faites vos jeux, rien ne va plus

    Faites vos jeux, rien ne va plus

    Tandis que tous ne pensaient qu’à célébrer la fête d’Halloween, les attaques par ransomware firent figure d’épouvante sur plusieurs continents. Les 37 000 étudiants et 4 000 professeurs de l’université autonome de Barcelone (UAB) ne pouvaient imaginer être contaminés par un autre virus que le SARS-CoV-2… ce fut le cas avec le PYSA (Protect your system amigo), mais également des écoles américaines, des cliniques et hôpitaux à travers le monde, les transports de la communauté de Toronto, Solware qui partage son expérience pour prévenir, ainsi que la toute puissante NRA.

    Depuis le 11 octobre 2021, rien ne va plus dans la capitale catalane, de nombreux élèves de l’UAB sont privés de leurs courriers électroniques universitaires, de WiFi, de base de données… Les professionnels reconnaissaient déjà qu’il faudrait « des heures, des jours ou des semaines » pour que la normalité soit rétablie. Ce qui n’est toujours pas le cas, qui plus est, les discours n’évoquent plus de « jours ou peut-être de semaines », mais des mois, peut-être décembre ou janvier 2022. Dès le 15 octobre 2021, les équipes examinent, et vérifient, un par un, l’état de plus de 10 000 systèmes informatiques des différents bâtiments et facultés pour voir s’ils étaient endommagés, sur la base d’un test effectué avec une clé USB qui contient un kit de diagnostic, relate le 20 minutes espagnol.

    Tous les utilisateurs sont invités à changer de mot de passe pour accéder aux applications de l’environnement Microsoft. « Nous rappelons que pour créer un nouveau mot de passe, ils doivent d’abord donner une adresse e-mail alternative, différente de celle qu’ils utilisent à l’UAB. » (Crédits : capture d’écran)

    Les responsables de l’établissement nient avoir été en relation avec les cybercriminels concernant une rançon. Si des professionnels invités dans l’émission « Els Matins » de TV3 parlaient de trois millions d’euros, le recteur de l’UAB, Javier Lafuente, dément être prêt à payer cette somme ou toute autre, affirme The News Trace.

    Près de 1000 écoles américaines attaquées en 2021

    Outre-Atlantique, le district scolaire de Janesville (Wisconsin) a subi une attaque par code malveillant de type ransomware durant le week-end du 23-24 octobre. Ce qui a eu pour conséquence de bloquer l’accès des élèves, du personnel et des parents à plusieurs systèmes et programmes en ligne (Infinite Campus, Classlink, manuels et ressources). L’équipe informatique a contacté la Division of Enterprise Technology Cyber Response Team de l’État, le FBI et le ministère américain de la Sécurité intérieure. Cette mésaventure n’est que la dernière en date d’un nombre croissant d’attaques par ransomware contre des administrations municipales et des écoles. En août 2021, 58 avaient touché autant de districts scolaires et organisations éducatives dans tout le pays, dont 830 écoles individuelles. « Il y a eu 84 incidents en 2020 », indique WPR. Brett Callow, chercheur chez Emsisoft, a partagé la liste avec Motherboard, elle comprend 73 districts scolaires, soit 985 établissements d’enseignement.

    Le porte-parole du district scolaire, Patrick Gasper, a confirmé dans un courriel que Janesville avait souscrit une cyberassurance, et que le groupe était en contact avec son agent d’assurance au sujet de l’évènement. (Crédits : capture d’écran Facebook)

    « 2021 : l’année des ransomwares » pourrait être le titre d’une œuvre cinématographique. La réalité dépasse souvent la fiction. Certaines attaques ont fait couler beaucoup d’encre aux États-Unis : Colonial Pipeline ou le fournisseur de viande JBS. Ainsi que le « Colegio medico de Chile » en septembre 2021, révélé un mois plus tard. Un peu plus au nord, le Canada n’est pas mieux loti. La ville de Clarence-Rockland subissait lundi 25 octobre une infection des systèmes d’information. Une semaine plus tôt, c’est l’hôpital du district de Kemptville qui signalait un « incident de cybersécurité », comme la Société de transport de l’Outaouais (STO) début septembre. « La situation à laquelle nous nous habituons de plus en plus, c’est que les cybercriminels balayent Internet complètement, de part en part, et cherchent des systèmes vulnérables », explique Steve Waterhouse, chargé de cours en sécurité de l’information à l’Université de Sherbrooke et ancien agent de sécurité des systèmes d’information au ministère de la Défense nationale canadien.

    Des données de santé dans la nature

    Pléthores d’hôpitaux, de cliniques sur les cinq continents ont été ciblés par les attaques, mais dans quel but ? La raison semble toute trouvée, au vu des nouvelles disséminées ici et là, l’argent. Pendant que la planète se suspend à quelque chose d’invisible à l’œil nu, de l’ordre d’un diamètre de 50 à 140 nanomètres (le cheveu mesure entre 50 et 100 micromètres, mille fois plus grand). Donc, les forces de défense sont dirigées vers le SARS-CoV-2, tandis que celle des systèmes d’information et outils informatiques de plus en plus prégnants dans nos sociétés est délaissée, depuis bien longtemps. Le tout, en espérant naïvement que les criminels adoptent une éthique quant aux cibles si sensibles. Souvent les attaques se soldent par une demande de rançon, les communiquées de presse ne spécifient, que peu ou prou, cette information. Il y a deux jours, le 2 novembre 2021, le plus grand centre de cancérologie de Las Vegas indiquait avoir subi une infection par ransomware, lors du « Labor Day » au mois de septembre. Le centre affirme que les données des patients ont pu être compromises. Les pirates ont pu obtenir les noms, adresses, dates de naissance et numéros de sécurité sociale des patients dans les dossiers médicaux. Le centre informe actuellement les patients actuels et anciens concernés.

    Les grands groupes criminels ont fait un communiqué de presse, au début de la crise, pour dire que, temporairement, ils suspendaient les attaques contre les hôpitaux

    Guillaume poupard. Public Sénat. 4 Novembre 2020

    La fuite de 500 000 dossiers de patients en Bretagne, l’hôpital d’Arles, en France pour ne citer qu’eux, en Belgique la clinique située à Bouge, le groupe de cliniques privées Pallas infectées en août 2021. Outre-Atlantique, des experts sont préoccupés par l’étendue des dommages causés aux banques de données du système de santé de Terre-Neuve-et-Labrador, à la suite d’une cyberattaque détectée en fin de semaine dernière. « Lorsqu’une attaque par ransomware se produit, tous les services sont arrêtés dans un hôpital. Les médecins, les infirmières, ils n’ont pas accès aux dossiers et ne peuvent donc pas fournir des soins efficaces aux patients », a déclaré Ed Gaudet, PDG de Ciensient à CBS News. Comme en France, les infections par ransomware procurent des effets négatifs à long terme sur les hôpitaux, selon une nouvelle analyse menée par la Cybersecurity and Infrastructure Security Agency (CISA) « Les effets en aval comprennent l’annulation ou le report d’opérations chirurgicales et de traitements contre le cancer, la fermeture de plusieurs sites de collecte de tests COVID-19, l’incapacité de soumettre des images radiologiques et la perte de communication entre les hôpitaux du réseau ». Cela ajoute des complications supplémentaires lorsque des lits sont à 80 % occupés, et que les établissements, de l’hexagone, sont obligés de déprogrammer des opérations de toutes sortes.

    Le ministre de la Santé, John Haggie a déclaré mardi 2 novembre 2021 qu’on ne pouvait pas encore déterminer précisément l’ampleur de l’arriéré qui serait créé par la cyberattaque présumée, ni sur le temps qu’il faudrait pour reconstruire et restaurer les services. (Crédits : DR)

    Au début du mois d’octobre, UMass Memorial Health, un système de soins de santé situé à Worchester, dans le Massachusetts, prévenait 209 048 patients que leurs informations privées avaient pu être compromises. « Le 25 août 2021, nous avons terminé le processus d’identification des personnes dont les informations étaient contenues dans les comptes. Pour les patients, les informations concernées comprenaient les noms, les dates de naissance, les numéros de dossier médical, les informations sur l’assurance maladie et les informations cliniques ou de traitement, telles que les dates de service, les noms des prestataires, les diagnostics, les informations sur les procédures et/ou les informations sur les prescriptions. Pour les participants à un régime de santé, les informations concernées comprenaient les noms, les numéros d’identification des souscripteurs et les informations relatives au choix des prestations. Pour certaines personnes, un numéro de sécurité sociale et/ou un numéro de permis de conduire étaient également concernés », stipule le communiqué en date du 25 août 2021.

    Purement financier

    La cyberattaque contre l’hôpital Hillel Yaffe de Hadera est purement financière, évoque le responsable de la cybersécurité au sein du ministère de la Santé, Reuven Eliyahu. « C’est probablement un groupe de hackers chinois qui s’est séparé d’un autre et qui a commencé à travailler au mois d’août », explique-t-il dans un entretien accordé à la radio militaire.

    « Le personnel et les experts externes en cybersécurité continuent de résoudre l’attaque par ransomware, gazouille TTC. Les systèmes touchés par l’attaque sont toujours hors service, mais nous nous efforçons de les rétablir en toute sécurité. » (Crédits : capture d’écran YouTube)

    Les opérateurs derrière les offensives par ransomware stoppent les systèmes — empêchant l’accès aux dossiers des patients, la transmission des images radiologiques et d’autres fonctions qui augmentent le risque pour eux — jusqu’à ce qu’une somme soit payée. Les pirates russophones à l’origine de cette vaste campagne de piratage (FIN12) vérifieraient les comptes bancaires avant de sélectionner leurs victimes, exigeant des rançons qui peuvent se chiffrer à plusieurs millions de dollars.

    70 % des entreprises payent la rançon

    La dernière entreprise attaquée est l’agence de transport en commun connue sous le nom de TTC (Toronto Transit Commission). Elle exploite les services d’autobus, métro, tramway et de transport adapté dans la capitale de l’Ontario. « L’étendue complète de l’attaque est en cours d’examen et la TTC travaille avec des experts des forces de l’ordre et de la cybersécurité sur la question », a déclaré Stuart Green, un porte-parole de la compagnie. L’entreprise fournit un service de transport en commun jusqu’à 1,7 million de personnes par jour. « Selon une nouvelle étude près de 70 %, des organisations canadiennes qui ont été victimes d’une attaque par ransomware l’an dernier ont payé les rançons demandées pour éviter les temps d’arrêt, les atteintes à la réputation et d’autres coûts », selon la chaîne CTV News.

    Les opérateurs derrière Grief affichent 623, 2 mégaoctets de données de la NRA. Des lettres datant de 2016 à l’attention de quatre sénateurs, des membres de l’association, mais aussi le budget des différences assurances pour l’année 2022. (Crédits : capture d’écran)

    Du 29 avril au 12 mai 2021, Colonial Pipeline était à l’arrêt total. La panne a entraîné de longues files d’attente dans les stations-service, dont beaucoup étaient à sec, et une hausse des prix du carburant. Car la société transporte environ 2,5 millions de barils de carburant de la côte du Golfe du Mexique à la côte Est. Colonial a payé aux pirates, qui étaient affiliés à un groupe de cybercriminels lié à la Russie et connu sous le nom de DarkSide, une rançon de 4,4 millions de dollars peu après le piratage. Les pirates avaient également volé près de 100 gigaoctets de données de Colonial Pipeline et avaient menacé de les divulguer si la rançon n’était pas payée.

    Le groupe Avril opère dans 19 pays et emploie 7600 salariés. En 2020, son chiffre d’affaires s’élève à 5,8 milliards d’euros. Il possède comme filiale Lesieur, l’huile Puget, Diester, œufs Matines (France), Bunica (Roumanie), Taous, El Kef (Maroc)… (Crédits : capture d’écran)

    Le groupe français Avril a été victime d’une cyberattaque mercredi 3 novembre 2021. C’est un groupe agro-industriel international d’origine française spécialisé dans l’alimentation humaine, l’alimentation animale, l’énergie et la chimie renouvelable. Toutes les mesures nécessaires à la protection des systèmes d’information ont immédiatement été mises en place dans l’ensemble du Groupe, comme la coupure de son réseau IT. Avril confirme que « certains sièges et site du groupe fonctionnent en mode dégradé » et indique « mettre tout en œuvre pour continuer ses activités et servir ses clients ».

    Attaque ton ennemi quand il n’est pas préparé, apparais quand tu n’es pas attendu

    Sun Tzu

    Qu’en sera-t-il pour le lobbying extrêmement puissant et source de conflit, qu’est la NRA (National Rifle Association) ? « La NRA ne discute pas des questions relatives à sa sécurité physique ou électronique. Cependant, la NRA prend des mesures extraordinaires pour protéger les informations concernant ses membres, ses donateurs et ses opérations – et elle est vigilante à cet égard », a écrit Andrew Arulanandam, directeur général des affaires publiques de la NRA. Les experts en cybersécurité sont convaincus que « Grief est une initiative d’un groupe de cybercriminels russes qui utilisait auparavant le pseudonyme Evil Corp », actuellement sous le coup de sanctions de la part du département du Trésor américain, explique NBC News. Le constat semble amer, quel que soit l’endroit sur le globe. « Dans le cyberespace, la bataille est un marathon ; c’est une guerre continue. C’est la Troisième guerre mondiale. C’est un champ de bataille où se trouvent des milliards de combattants », évoque dramatiquement Reuven Eliyahu.

    Échanger pour mieux se protéger

    Solware Auto est depuis près de 35 ans au cœur du monde de l’automobile et de ses évolutions, car il est un logiciel de gestion et facturation qui est au cœur de nombreux garages. Le 12 août 2021, les équipes de Solware découvrent que leurs serveurs ont été chiffrés par le ransomware Conti. L’attaque a supprimé des données de sauvegarde et le chiffrement de données de production. « Cet incident a eu notamment pour conséquence de perturber l’accès à plusieurs applications hébergées, affectant ainsi de nombreux clients usagers du DMS winmotor2 », relate Le Journal de l’Automobile. « Face au fléau de la cybercriminalité et les attaques par ransomware, nous avons absolument besoin d’une immunité collective ! C’est la raison pour laquelle j’ai décidé de partager ma malheureuse expérience et de rompre la loi du silence qui prévaut en ces circonstances, y compris et surtout avec nos confrères et concurrents du marché du DMS automobile, dont certains avec lesquels j’ai déjà échangé », annonce Gérald Ferraro.

  • Quel jour sommes-nous ?

    Quel jour sommes-nous ?

    Voilà une question qui parait simple de prime abord, savez-vous ce qu’est un calendrier ? Bien sûr, vous avez les souvenirs des Sapeurs-pompiers ou du facteur qui venait sonner à la porte, il y a encore quelques années. Le démarchage à domicile étant interdit par la loi, pour les 2010 et inférieurs cela reste une légende. L’être humain nécessite des repères comme ledit calendrier. Quel est le plus vieux trouvé actuellement ? En existe-t-il plusieurs sortes ?

    Aujourd’hui, 30 octobre 2021, le soleil se lève timidement, sous la couverture de nuage sur Berd’huis et partout en France, avec le paradoxe dut à la distance entre l’Est et l’Ouest. Hors mis le décalage du aux fuseaux horaires, les départements et territoires d’outre-mer, comme les terres australes, la date est commune à tout un chacun.

    « Chéri », entonna M Phot de bon matin.

    « Oui », répondit Mme Kharéson, le nez dans les effluves du petit déjeuner.

    « Si nous sommes le jeudi 4 octobre 1582, quel jour serons-nous demain », questionne-t-il sa dulcinée d’un œil malicieux.

    Après un silence marquant l’incrédulité d’une telle interrogation, surtout de si bon matin… Séki prenait le temps de terminer son breuvage nécessaire pour un réveil en douceur… Voyant l’air amusé du gamin qu’il était, elle ne fit plus languir.

    « Quelle date as-tu mentionnée ? », souffla-t-elle.

    « Le 4 octobre 1582 », souffle-t-il impatient.

    « Après toutes ses années ensemble je sais que la réponse ne sera pas logique, surtout vu ta mine enjouée… le 5 octobre », affirma-t-elle dubitativement.

    « Tu me connais que trop bien. En fait le lendemain du 4 octobre 1582 fut le 15 octobre de la même année. J’ai lu ce … »

    Elle comprit qu’elle avait eu la réponse et que l’explication allait chantonner à ses oreilles… bien qu’elle aurait préféré le silence jusqu’à ce que son mug de café au lait, sucré du miel de sa ruche, et ses tartines grillées ne soit engloutis.

    « … matin que c’est le pape Grégoire XV qui a tout organisé. Il avait choisi cette date pour migrer du calendrier Julien au Grégorien, avec un décalage de dix jours, donc les Romains se réveillèrent le 15 octobre 1582. Complètement dingue, non ? »

    Elle n’eut pas le loisir de s’exprimer que …

    « Donc le 5 octobre 1582 n’a jamais existé, et en une nuit ils sont passés du 4 au 15 octobre 1582. D’après qu’ils prenaient du retard par rapport aux saisons, le journaliste parle d’année astronomique, sans l’expliquer. Ces journalistes… », conclut-il.

    Alors satisfait de son effet, il marqua un silence. Séki en profita pour lui poser une devinette, qui se transforma en colle.

    « Toi qui semble tout maîtriser, de quand date le plus vieux calendrier », se réjouit-elle.

    « Je n’en sais fichtre rien », s’exclama-t-il en adoptant sa moue caractéristique.

    « Vous avez quatre heures », explosa-t-elle de rire. Elle allait avoir la paix jusqu’au repas de treize heures, et le sacro-saint journal télévisé.

    Mouché, il débarrassa la table, après s’être resservi un thé à l’orange… avant de se pencher sur le sujet. La notion de temps, au même degré que le calendrier, fut inventée par l’homme pour diviser et orchestrer l’instant sur de longues durées. Les bases furent, le retour des saisons, le cycle lunaire, ou encore le déplacement de l’ombre du à l’astre de feu, pour organiser la vie agricole, sociale et religieuse des différents peuples. Le mot calendrier provient du latin calendarium signifiant livre de comptes qui lui-même dérive de calendae considéré comme le premier jour du mois chez les Romains.

    Ci-dessus, une illustration du fonctionnement des fosses. « L’alignement de la fosse correspond également au lever du soleil du milieu de l’hiver, ce qui permettait aux chasseurs-cueilleurs de bénéficier d’une “correction astronomique” annuelle afin de mieux suivre le passage du temps et le changement des saisons. » (Crédits : BBC)

    Le plus vieux calendrier date de 10 000 ans, bien avant l’écriture cunéiforme. Il fut identifié en 2013, non sur le continent africain comme pourrions-nous croire, car berceau de la vie, mais en Écosse. Des archéologues pensent avoir découvert le plus ancien « calendrier » sélène du monde dans un champ de l’Aberdeenshire. Appartenant au Mésolithique, il consiste en un ensemble de fosses organisées de manière à correspondre aux phases lunaires. Déjà à cette époque, un cycle calendaire entier était divisé en douze parties.

    Une grande inscription cunéiforme a été trouvée sur le côté sud de la colline du château de Van, à quatre kilomètres à l’ouest de l’actuelle ville de Van, dans l’est de la Turquie. Elle mesure plusieurs mètres de haut et de large, a 25 siècles et le message vient du roi perse Xerxès. (Crédits : DR)

    Cette découverte surprit la communauté scientifique. Les Hommes vivant à cette époque étaient plus intelligents qu’elle ne le croyait. En effet, c’est au Néolithique, vers 7 000 av. J.-C., que débutent l’agriculture et l’élevage en Europe. « Les preuves suggèrent que les sociétés de chasseurs-cueilleurs en Écosse avaient à la fois le besoin et la sophistication de suivre le temps au fil des années, de corriger la dérive saisonnière de l’année lunaire et que cela s’est produit près de 5 000 ans avant les premiers calendriers officiels connus au Proche-Orient », affirme Vince Gaffney, professeur d’archéologie du paysage à Birmingham.

    Différents types

    Les principales sources desdits calendriers sont la Lune et le Soleil. Les lunaires, basés sur les phases de notre satellite, les solaires établis sur le cycle annuel de notre astre, les luni-solaires, fondés sur les deux. Ils existent cependant de nouveaux types motivés sur d’autres étapes. Avec l’invention de l’écriture cunéiforme vint le calendrier sumérien. Celui-ci vit le jour environ 3 000 ans av. J.-C. en Mésopotamie, l’actuel Moyen-Orient. En ces temps immémoriaux, l’année solaire a été scindée en deux périodes, l’« été » incluant la moisson des céréales, entre mai et juin, et l’« hiver » qui correspondait au nôtre. « Trois saisons en Assyrie et quatre en Anatolie ont été comptées, mais en Mésopotamie la bipartition de l’année a semblé normale. »

    La course autour du chrono est la principale source de discorde. Il suffit d’imaginer que vous arriverez à l’endroit choisi en temps et en heure, pour ne plus être en retard. Ce n’est pas la peine de se prendre pour un pilote de rallye sur route ouverte, puisque le temps de vie perdu ne se rattrape pas. (Crédits : Karolina Grabowska/Pixabay)

    Au fil des siècles, de nombreux calendriers virent le jour aux quatre coins du monde, chacun possédant ses propres spécificités. Le calendrier nilotique de l’Égypte antique se basait sur le Nil. Le chinois quant à lui utilise la lune et le soleil et ses cycles ne se renouvellent pas en même temps que le calendrier Grégorien. Si bien, que si ce dernier est usité en Chine, le Nouvel An chinois est encore actuellement célébré selon le calendrier chinois pour des raisons traditionnelles. L’hégirien ou islamique est un calendrier lunaire synodique non solaire, fondé sur une année de 12 mois de 29 à 30 jours chacun. Une année hégirienne compte entre 354 et 355 jours. Elle est donc plus courte que l’année solaire d’environ 11 jours. C’est pour cela que la période du Ramadan n’est jamais la même d’année en année. Le calendrier hébraïque est luni-solaire composé d’années solaires, de mois lunaires, et de semaines de sept jours commençant le dimanche et se terminant le samedi, jour du Shabbat… Chaque mois débute avec la nouvelle lune.

    N’oubliez pas que durant cette nuit, avant celle d’Halloween, à trois heures du matin, il sera deux heures. (Crédits : Gerd Altmann/Pixabay)

    Celui menstruel qui affecte la moitié de la population planétaire est habituellement compris entre 21 à 35 jours, avec une moyenne de 28 jours. Le calendrier solaire utilisé sur Terre est qualifié de « Grégorien » car institué par le pape Grégoire XIII au XVIe siècle. Appliqué uniquement dans les pays catholiques en raison de son origine, il s’est depuis étendu à la quasi-totalité des États du monde, tous sauf l’Afghanistan, l’Éthiopie, l’Iran, le Népal et le Vietnam. Ainsi, alors qu’il parait aujourd’hui parfaitement normal d’en accrocher un rigolo dans sa cuisine, ou d’en imprimer un annuel, ou celui de votre smartphone. À l’avenir, vous connaîtrez l’histoire et les péripéties de ce simple élément du quotidien considéré comme acquis par beaucoup.

  • Problèmes sur l’authenticité du « passe sanitaire »

    Problèmes sur l’authenticité du « passe sanitaire »

    Tandis que le gouvernement français veut proroger le « passe sanitaire » jusqu’au 31 juillet 2022. Des problèmes récurrents arrivent ici et là quant à l’édition, ou la sécurisation des données dudit sésame. Des informations confidentielles se retrouvent ainsi dans la nature, quand d’autres lieux subissent leurs troisièmes pannes en un petit mois. Sans oublier l’enquête de Cyberguerre sur la gigantesque faille européenne, et le bug révélé par le journal suisse Waston.

    Le mardi 26 octobre 2021 le ministre de la Santé, Olivier Véran était auditionné au Sénat dans le cadre du projet de loi « vigilance sanitaire ». En préambule, ce dernier rappelle qu’ « il ne s’agit plus d’état d’urgence sanitaire, mais bien de vigilance sanitaire ». Pendant près de 2 h 30 les explications et échanges fusent entre les participants. Le dessein de la loi prévoit de prolonger jusqu’au 31 juillet 2022 le régime de sortie de l’état d’urgence sanitaire et donc la possibilité de recourir au passe sanitaire. Il reporte à la même date la fin desdites dispositions.

    Prorogation du « passe sanitaire »

    « J’ai observé dans les deux avis du conseil scientifique du 5 et du 6 octobre qu’autant le conseil scientifique estime qu’il est absolument certain que le passe sanitaire a joué un rôle déterminant pour l’accélération des vaccinations, autant dit-il, le rôle du passe sanitaire en tant que mesures favorisant la protection des individus est plus difficile, à mettre en évidence. Le passe sanitaire a été mis en place début août alors que la décroissance de l’épidémie du variant delta est plutôt survenue vers le 20 juillet donc il a pu contribuer, dit le conseil scientifique, à cette décroissance, mais il est difficile de mesurer exactement dans quelle mesure », martèle le sénateur Philippe Bas (LR), rapporteur de la loi « Vigilance sanitaire ».

    Nous estimons que le passe sanitaire, et les mesures de jauges et de gestion qui sont encore en vigueur nous permettent de réduire de 30 % la circulation du virus. Sans ça nous serons bien au-delà de 5 000 cas par jour.

    Olivier Véran, ministre des solidarités et de la santé

    Puis c’est au tour de la rapporteure, Pascale Gruny (LR) : « Comptez-vous dans les mois à venir adapter le schéma de vaccination obligatoire et rendre nécessaire la troisième dose ? » Ce à quoi, le ministre des Solidarités et de la Santé répond : « Ça fait l’objet de réflexions et d’une saisine et aux autorités sanitaires compétentes, le comité de stratégie vaccinale, la haute autorité de santé et le Conseil scientifique. Est-ce qu’il y a lieu ou non, pour conserver le bénéfice de son passe, d’une troisième dose, lorsqu’on est particulièrement fragile ? Je n’ai pas la réponse, mais j’ai posé la question ». Une réponse loin d’être suffisante pour la sénatrice PS, Marie-Pierre de la Gontrie. « Est-ce que j’ai bien entendu qu’en fait, vous n’en saviez rien ? À l’heure où nous parlons, vous ne savez pas dire si le passe sanitaire restera valide. »

    En ce jour, il est établi que le passe a favorisé la vaccination à la suite du discours du président de la République, Emmanuel Macron. Quant au bien fondé du « passe sanitaire », Olivier Véran répond lui-même : « Est-ce qu’on peut quantifier l’impact du passe sanitaire sur la circulation du virus ? Moi je vous pose une autre question est ce qu’on peut quantifier l’impact du masque dans l’épidémie, est-ce qu’on peut quantifier l’impact du gel hydroalcoolique ? »

    Est-il sécurisé ?

    C’est un excellent problème qui s’impose à tout un chacun. La plupart des personnes qui ont dû présenter leur certificat Covid dans un restaurant, en boîte de nuit ou toute manifestation le savent. Il y a ceux qui contrôlent consciencieusement ledit sésame en le scannant, puis les autres qui se limitent à appuyer sur le bouton de vérification. Il existe une grave faille de sécurité dans le cas de la validation rapide. En effet, ceux qui détenaient un certificat grâce à un test négatif ou une guérison pouvaient faire apparaître la couleur verte bien plus longtemps après qu’il soit périmé. « Pour cela, il leur suffisait de changer bêtement la date et l’heure du téléphone portable », rapporte le site Waston.

    Si de tels certificats Covid sont considérés comme en bonne et due forme en Suisse, c’est parce que le logiciel CovidCert ne vérifie que s’il est présent sur la liste de la Confédération.
    Mais d’aucune manière s’il est en cours de validité ou expiré, c’est là que le bât blesse. (Crédits : DR)

    « Il n’est pas permis aux examinateurs d’appuyer sur la touche de rafraîchissement du téléphone portable d’autrui. La seule méthode d’essai autorisée est l’utilisation de l’application d’essai par le testeur », atteste l’Office fédéral de santé publique aux associations et aux cantons suisses. Toujours chez les Helvètes, une panne, la troisième au mois d’octobre, empêchait d’émettre quelconque certificat durant quatre heures. « Il y a actuellement un problème technique dans l’émission des certificats Covid », a indiqué, jeudi 28 octobre 2021 midi, l’Office fédéral de l’informatique et de la télécommunication (OFIT). « Ce n’est pas la première fois que des pannes affectent les certificats. Lundi après-midi, des problèmes concernant la vérification et l’émission des passes ont eu lieu pendant une bonne dizaine de minutes », révèle la Tribune de Genève.

    Fraudes internationales

    Le jeudi 28 octobre 2021, le site Cyberguerre de Numerama publiait une enquête sur « Des dizaines de pass sanitaires frauduleux générés : enquête sur une gigantesque faille européenne ». Le problème rencontré en Suisse serait-il l’arbre qui cache la forêt ? Il pourrait s’agir d’une des affaires les plus sensibles concernant la création et l’usage de passes sanitaires dans toute l’Europe, assure-t-il. Ainsi différents sites Internet permettaient de concevoir des QR Code dont au moins l’un d’entre eux engendrait des certificats de vaccination authentifiés dans l’Union européenne. En France, il serait possible pour un soignant d’établir un profil pour un individu n’étant pas couvert par l’assurance maladie. Comme l’explique le guide de l’institution, un personnel habilité doit en principe vérifier les informations à partir d’une pièce d’identité quand il crée un « passe sanitaire ».

    Pléthores de sites (ici sur le Darknet) fournissent des sésames contre monnaie sonnante et trébuchante, ce sans à se faire inoculer les solutions nécessaires à son obtention. Le texte proposé durcit les sanctions en cas de fraude au « passe sanitaire », jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et 75 000 € d’amende. (Crédits : capture d’écran)

    Le formulaire qui permet de créer un QR Code exige plusieurs champs obligatoires : nom, prénom, date de naissance, date d’injection, quel vaccin et par quel pays émetteur. Les malversations seraient liées à l’usurpation des clés de chiffrages telles les PGP pour « Pretty Good Privacy ». Ainsi des clés polonaise et macédonienne auraient circulé pour l’impétration du sésame. Depuis plusieurs jours, des individus « revendiquent sur des plateformes de ventes de données volées avoir obtenu une ou plusieurs clés privées européennes », qui leur fourniraient la possibilité de constituer des passes comme bon leur semble. Ce qui présagerait une compromission de la légitimité des différentes clés publiques liées à ces clés privées.

    Quid des nos infos ?

    Au Québec, au moment où les habitants sont vaccinés contre le SARS-CoV-2 leurs informations personnelles sont demandées. Elles sont ensuite utilisées pour créer la preuve, ou QR Code. Lors de ce processus, elles sont vérifiées auprès de chaque personne, afin d’en assurer la véracité. Or, lorsqu’Élodie* a été vaccinée la semaine dernière, rien ne s’est passé comme l’indique le protocole. Une mauvaise coordonnée téléphonique a été employée pour l’envoi de sa preuve vaccinale, avec ses informations privées… « Comme je ne recevais pas la preuve vaccinale, j’ai suivi les directives du ministère pour la télécharger moi-même. C’est là que j’ai vu qu’il n’avait pas utilisé le bon numéro de téléphone », raconte-t-elle à Métro. L’affaire pourrait prêter à sourire, si ce n’est la réponse téléphonique d’un salarié du ministère concerné : « On ne peut rien faire pour vous malheureusement ».

    500 000 patients se retrouvaient avec leurs données les plus confidentielles livrées en pâture. (Crédits : DR)

    Élodie craint donc que ses informations personnelles circulent sur le web, et d’être victime d’une malversation. Devant cette circonstance, elle réfléchit à ester en justice. « Je regrette hautement d’avoir fait confiance au gouvernement avec mes données, avoue-t-elle. C’est quelque chose qui me dérangeait, mais avec la situation actuelle de la pandémie, je me disais que je pouvais accepter cette étape-là. » Quand les attaques par codes malveillants ciblent les entreprises comme les hôpitaux, n’importe quel individu est en droit de se questionner.

    La prise d’Helena aurait été débranchée mardi 26 octobre 2021, avant la publication de l’enquête du Soir. Le site est inaccessible désormais. (Crédits : capture d’écran)

    Chez nos voisins et amis belges, Helena ne les fait plus rire. Cette dernière est un environnement sécurisé pour tous les documents médicaux, comme en France, « Mon espace Santé » qui devrait être déployé en 2022. Cette plateforme permet aux patients et aux professionnels de la santé de communiquer. En 2019, Helena avait réussi à obtenir la possibilité de diminuer le niveau de sécurité exigé pour qu’un patient puisse accéder à son dossier médical. Si bien qu’il est possible d’accéder à un dossier médical sans prouver son identité et sans lien thérapeutique avec un médecin. Face au risque conséquent de fuite de données, une plainte a été déposée auprès de l’Autorité de protection des données (APD) par Medispring, une coopérative regroupant plus de 2 200 médecins, au sujet d’Helena, une des plus importantes applications d’échange de données entre médecins et patients en Belgique, rapporte Le Soir. Quand à la France

    *prénom d’emprunt

  • Fuite au pays de l’Internet des objets (IoT)

    Fuite au pays de l’Internet des objets (IoT)

    La population mondiale est de plus en plus connectée, tout du moins, par les objets. Lors des trois premiers mois de 2020, tandis que les sociétés étaient figées, les ventes de montres « intelligentes » progressaient de 20 % au niveau de la planète, sans discontinuer. Au deuxième trimestre 2021, les livraisons s’envolent de 47 % selon les chiffres de Strategy Analytics passant de 12, 3 à 18,1 millions d’unités écoulées. Un rythme que les industriels n’avaient pas connu depuis 2018. Dans ce même temps, plus de 61 millions d’enregistrements de données fuitaient.

    En premier lieu, « Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu ». Cet apophtegme (du grec ancien ἀπόφθεγμα / apóphthegma : ” précepte, sentence “) est une parole mémorable ayant valeur de maxime, soit une formule exprimant une idée générale. C’est pourquoi elle est une sorte d’adage auquel on confère une autorité particulière en l’attribuant, de façon exacte ou apocryphe, à une personne. Le sujet de cet article fait suite à un échange avec Fernanda V., une lectrice de « Libr’Expression », concernant un papier sur les objets connectés : « Je voulais le partager avec vous, car l’article nous apprend l’importance de se méfier de nos données et je pense qu’il serait très utile pour vos lecteurs aussi, si vous décidez de le partager avec eux. »

    Pour apprécier l’ampleur de la fuite, et des possibles autres, il est nécessaire de mesurer le marché mondial des objets connectés que sont les montres. Selon les dernières recherches de Strategy Analytics, les expéditions internationales bondissaient de 47 % par an pour atteindre les 18 millions d’unités au deuxième trimestre 2021. L’Apple Watch a conservé la première place avec 52 % des parts de marché mondial des tocantes « intelligentes », Samsung la deuxième (11 %) et Garmin la troisième (8 %). « Les ventes en ligne d’appareils axés sur le fitness qui contribuent à soutenir les soins de santé personnels restent populaires et constituent le principal moteur du boom des smartwatchs », explique Steven Waltzer, analyste principal au sein de Strategy Analytics. La période due au SARS-CoV-2 a modifié la perception des personnes quant à leurs corps. Ainsi, l’Apple Watch Series 6 (avant l’arrivée de sa grande sœur) est le modèle le plus populaire pour de multiples raisons et « d’un portefeuille croissant d’applications de santé et de fitness », justifie Neil Mawston, directeur exécutif chez Strategy Analytics.

    « Nous nous attendons à voir 20 milliards d’objets connectés à Internet d’ici la fin de l’année 2020. […] comme les distributeurs automatiques, les moteurs d’avion, les voitures connectées… », prophétisait en 2019 Mark Hung, vice-président en charge des études au cabinet d’analyse Gartner (Crédits : roxanawilliams1920/Pixabay)

    L’Internet des objets est conséquent : enceintes, ampoules, thermostats, téléviseurs, réfrigérateurs, jouets pour adulte ou enfant, caméras, alarmes… Comme les montres dites intelligentes qui connaissent un plébiscite fulgurant. Ce succès profite avant tout à Apple dont les expéditions annuelles sont en hausse de 46 % avec 9,5 millions d’unités. La marque à la pomme revendique ainsi une part écrasante de 52,8 %. Le marché planétaire des chronographes connectés a crû à un rythme effréné de 53,5 % par an, en volume, entre 2014 et 2020. Si l’Amérique du Nord représente le premier marché régional pour ce produit avec plus d’un tiers (35 %) de la consommation mondiale, « c’est en Asie-Pacifique que la croissance devrait être la plus forte dans les années à venir ». La demande asiatique est alimentée par l’accès généralisé aux smartphones et l’utilisation massive de services digitaux. Le marché français est lui aussi en profonde hausse, mais dans une bien moindre mesure que ses voisins britannique, allemand ou italien. En effet, le taux de pénétration des montres connectées en France est le plus bas des quatre pays cités précédemment.

    Il existe un débat sur la façon dont les trackers de fitness ou les wearables IOT peuvent être considérés comme des dispositifs médicaux. Question primordiale, car le marché mondial de la gestion de la santé devrait atteindre 46,7 milliards de dollars américains d’ici 2026. (Crédits : fancycrave1/Pixabay)

    61 053 956 enregistrements exposés

    Une base de renseignements non protégée exhibait 61 053 956 enregistrements (17, 6 Gb) contenant des données provenant de trackers de fitness et de « wearables » (technologie portable comme un vêtement, une montre…), selon un rapport établi par le chercheur en sécurité Jeremiah Fowler, sur WebsitePlanet. Dans un échantillon limité d’environ 20 000 enregistrements, Fowler indique que parmi les principaux trackers de santé et de fitness apparaît celui de Fitbit (racheté par Google pour 2,1 milliards en 2021) comme source 2 766 fois, et les instances de ce qui semble être l’Healthkit d’Apple, 17 764 fois. Ce dernier et son équipe de recherche constataient que de nombreux enregistrements exposés contenaient des informations telles que :

    • Le prénom
    • Le nom
    • Le pseudonyme
    • La taille
    • La date de naissance
    • Le sexe
    • La géolocalisation
    • L’identifiant de géolocalisation
    • Le relevé cardiaque
    • Le saturation en oxygène
    • Le type de sport
    • Le profil-utilisateur
    • Les données relatives au sommeil
    • Les statistiques liées à la vitesse de déplacement
    • Le traceur lui-même
    • Le poids de l’utilisateur

    Après une fouille minutieuse, de nombreuses références se rattachaient à « GetHealthApp », une société basée à New York qui offre une solution unifiée pour accéder aux informations de santé et de bien-être provenant de centaines de wearables, d’appareils médicaux et d’applications. « J’ai immédiatement envoyé une notification de divulgation responsable de mes découvertes et j’ai reçu une réponse le lendemain me remerciant pour la notification et confirmant que les données exposées avaient été sécurisées », notifie le chercheur. Les différents dispositifs de suivi de la forme physique sont devenus monnaie courante. Approximativement 21 % des adultes américains disent enfiler fréquemment une montre « intelligente » ou un tracker de fitness, selon une étude de Pew Research réalisée en 2019 aux États-Unis.

    Alors que 2020 commençait, avec les traditionnelles résolutions du Nouvel An, environ un adulte américain sur cinq (21 %) stipule régulièrement porter une montre « intelligente » ou un tracker de fitness portable, selon l’enquête du Pew Research Center menée du 3 au 17 juin 2019. (Crédits : DR)

    Innocent aux mains pleines

    Dans son rapport, Fowler note que de multiples trackers de fitness sont liés à des profils où les utilisateurs sont encouragés à saisir des informations personnelles. Cela facilite grandement les méfaits futurs des différentes personnes derrière des codes malveillants. Chaque détail est une mine de donnée, pour identifier l’usager. « La plupart des utilisateurs de wearables pensent qu’aucun cybercriminel ne s’intéresse au nombre de pas qu’ils font ou à la durée de leur sommeil, mais c’est une erreur d’ignorer comment vos données sont utilisées ou partagées. Toutes les données ont de la valeur et, à mesure que la technologie des wearables se développe, les types et la précision des données collectées sur les utilisateurs se développent également », écrit-il.

    Environ quatre Américains sur dix entérinent l’usage des indications desdits trackers de fitness pour la recherche sur les maladies cardiaques. Auxquels convient-il d’ajouter les 22 % qui ne se prononcent pas, car « qui ne dit mot consent ». Donc, près de deux tiers des Américains acceptent que leurs données soient utilisées. (Crédits : DR)

    La Food and Drug Administration (FDA) a désigné FitBit comme un logiciel en vente libre et un dispositif médical de classe II. Le 14 septembre 2020, Fitbit a d’ailleurs reçu l’autorisation de la FDA, ainsi que l’approbation CE pour sa fonction d’électrocardiogramme permettant de suivre les irrégularités du rythme cardiaque. « Les dispositifs de Fitbit collectent désormais des données sur environ 29 millions d’utilisateurs dans le monde et Google affirme que les données sur la santé et le bien-être des utilisateurs de Fitbit ne seront pas utilisées pour les publicités Google. Dans de nombreux autres secteurs, la technologie dépasse les lois et les règlements au détriment de la vie privée des utilisateurs. » Selon le site Web et la FAQ de Gethealth.io, le processus est conforme à la loi HIPAA et indique que « les données des utilisateurs sont sécurisées grâce au transport SSL, au cryptage AES256, à la journalisation et au suivi, et toutes les données sont stockées et gérées de manière conforme à la loi HIPAA. »

    Comment sécuriser ces objets ?

    En mai 2016, un audit d’objets connectés avait été réalisé dans le cadre du « Sweep day ». La Commission nationale informatique et libertés (CNIL) affichait un constat pour le moins préoccupant :

    • 59 % ne fournissaient pas une information claire et complète sur la collecte et les conditions d’exploitation des données à caractère personnel des utilisateurs
    • 68 % ne donnaient aucune information relative aux conditions de stockage des données
    • 72 % n’informaient pas les utilisateurs des modalités de suppression de leurs données du dispositif connecté
    • 38 % ne fournissaient pas de coordonnées permettant aux utilisateurs de se renseigner sur les modalités de traitement de leurs données à caractère personnel

    Pour certains, ce sont autant de portes laissées ouvertes aux personnes malveillantes. Tous sont concernés, le système d’information des entreprises et administrations, infrastructures publiques (eau, électricité, gaz, télécoms, transports, hôpitaux, administrations…)… tout système électronique en réseau est désormais susceptible d’être infecté.

    « L’Internet des objets (IoT) n’ont été prévus pour être sécurisés. Du pain béni pour les cyberpirates, qui bénéficient d’outils industrialisés pour mener leurs attaques. » (Crédits : DR)

    Voici dix pratiques à adopter données par le site d’assistance et prévention en sécurité numérique :

    • Avant l’achat, renseignez-vous sur l’objet connecté
    • Modifiez les mots de passes par défaut de vos objets connectés
    • Mettez à jour sans tarder vos objets connectés et les applications associées
    • Protégez vos informations personnelles
    • Vérifiez les paramètres de sécurité de vos objets connectés et de leurs applications
    • Éteignez systématiquement vos objets connectés lorsque vous ne les utilisez pas
    • Mettez à jour les appareils raccordés à vos objets connectés
    • Sécurisez votre connexion Wi-fi
    • Limitez l’accès de vos objets connectés aux autres appareils électroniques ou informatiques
    • Supprimez vos données et réinitialisez votre objet lorsque vous ne vous en servez plus

    L’agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) a mis en ligne un document à télécharger. Si vous doutez encore, voici deux exemples : en 2018, un casino s’est fait pirater la base de données de ses plus gros clients. Les pirates ont réussi à y accéder en passant par le thermomètre connecté insuffisamment sécurisé d’un aquarium de l’établissement. En 2019, une petite fille de 3 ans confie à ses parents qu’une voix lui parle dans le baby-phone vidéo qu’ils ont installé dans sa chambre. Les parents s’aperçoivent que la caméra change toute seule d’orientation. Un pirate, qui avait pris le contrôle à distance de l’objet connecté, les observait et parlait à l’enfant pour l’effrayer quand elle était seule.

  • Squid game fait des émules

    Squid game fait des émules

    C’est, au-delà de la série, le phénomène du moment qui fait grimper tous les statistiques, en France comme ailleurs. Pour confirmation, le fabricant des Vans en toile blanche que portent les joueurs se frotte les mains. Elles ont vu leurs ventes augmenter de 7 800 % depuis la diffusion sur Netflix. Les bénéfices engendrés par « The Squid Game » intéressent de nombreuses personnes, toutes ne sont pas forcément bien intentionnées. Les criminels ne reculent donc devant rien pour faire du profit.

    Le code « QR » fleurit ici, et là. Sa traduction en mode verbeux signifie « quick response code ou code à réponse rapide », est un type de code-barres à deux dimensions. Celui-ci est lisible par un terminal qu’il soit vu par écran interposé ou sur sa version imprimée sur papier. Ce dernier, que vous trouvez sur votre passe sanitaire est constituée de modules-carrés noirs disposés dans un carré à fond blanc. Attention à ne pas confondre le Flashcode (ou encore 2D-Doc) avec le code QR (à la Française). Au sein de la péninsule ibérique, il est désormais légion. Comme partout ailleurs, cet outil affiche des informations auxquelles on accède lorsqu’on les scanne avec un appareil photo, d’un téléphone portable. Ces habitudes se sont généralisées notamment pour afficher un menu de restaurant, montrer patte blanche au cinéma… Pour autant, tel le couteau peut être un instrument magnifique pour délivrer une tortue des Galapagos emprise dans un filet de pêche. Il est également à l’honneur dans 4 615 vols avec armes blanches, 626 contre les particuliers et 595 contre les institutions, commerces en 2019, en France.

    Méfiez-vous s’ils apparaissent seuls et suspendus dans des lieux publics

    Police nationale (@policia) 15 octobre 2021

    Comme une pièce de monnaie, il possède deux côtés. Le 15 octobre 2021, la police nationale espagnole alertait par un gazouillis d’un nouveau type d’escroquerie à Malaga. Les cybercriminels ont réussi à obtenir les données personnelles et bancaires des victimes, en exploitant les « codes QR ». Par conséquent, ils invitent chaque utilisateur à faire très attention lorsqu’ils en lisent un inconnu, soit à chaque instant. Précisément, les forces de l’ordre soulignent les risques liés au balayage des codes QR qui accompagnent les cartes, qui comportent un triangle, un cercle et un carré, lesquels reproduisent ceux qui apparaissent dans la série populaire et peuvent être trouvés seuls ou accrochés dans des lieux publics.

    Des milliers d’Américains vivant à New York et Miami ont vu émerger une étrange carte de visite sous leur porte. L’agence canadienne Wunder use de ces trois formes géométriques pour promouvoir les services de la société Relief. Cette dernière propose une application pour aider les Américains à solutionner leurs problèmes d’endettement. (Crédits : Relief)

    Dans « The Squid Game », ces cartes sont attribuées aux individus susceptibles de participer à la compétition de vie ou de mort qui est au centre de l’histoire de cette fiction. Au réel, toute personne qui scannérise la figure géométrique accompagnant les cartes frauduleuses avec son smartphone court le risque d’être contaminé, voire « piraté ». « Si nous scannons un code et que nous ne savons pas s’il est digne de confiance, il peut nous conduire vers des sites infectieux et mettre nos appareils en danger », martèle la police.

    QRishing et QRljacking

    Mais comment cela fonctionne-t-il ? C’est assez simple en soi ! Lorsqu’un quidam lambda scanne un « QR », au lieu d’accéder à une page web, de télécharger une application ou découvrir un menu… il se retrouve dans un espace où des lignes de codes dérobent vos données personnelles, comme bancaires. Par ailleurs, l’Institut national de cybersécurité ibérique (Incibe) souligne qu’il existe trois modèles d’attaques différentes profitant de ces codes. Deux attaques possibles, la première le Qrishing, puis le Qrljacking.

    La police espagnole met en garde contre une escroquerie utilisant des cartes du « jeu de la pieuvre » pour vous voler, ou pire encore. (Crédits : Policía Nacional)

    La première est de type phishing. Combinée à l’ingénierie sociale, la victime fournit ses données et indications d’identification en scannant un code « QR » dans une page web, un e-mail ou un message. Somme toute classiquement, l’individu est redirigé vers un site qui usurpe l’identité d’une l’entreprise officielle et qui demande des informations confidentielles ou bancaires. La seconde Qrljacking, ou détournement de session se caractérise par l’utilisation de l’ingénierie sociale pour dévier le compte d’un service qui accepte la fonction « Login with QR code » (comme celle du service WhatsApp). Ils essaient d’inciter la victime à scanner un code QR modifié qui se fait passer pour l’original qui a été précédemment capturé par les cybercriminels. Lors du scannage de ce dernier, provenant bien sûr d’un site web non fiable, le terminal téléphonique est donc infecté par un code conçu pour en exploiter les vulnérabilités.

    Cascade de mauvaises nouvelles

    Par la suite viennent les téléchargements de logiciels (Drive by download) ou de l’injection de codes malveillants (via un exploit présent sur la page web vers laquelle le code QR redirige). Le site malveillant est conçu pour exploiter les vulnérabilités présentes dans votre smartphone au niveau du logiciel et peut réaliser de multiples actions malveillantes :

    • rejoindre un botnet (par exemple pour réaliser une attaque DDoS contre un site web légitime)
    • divulguer des informations sensibles
    • s’abonner à des services premium
    • afficher des publicités de manière silencieuse à l’insu de l’utilisateur
    • accéder à différents éléments de l’appareil (microphone, caméra…)
    • accéder aux données du navigateur
    • envoyer des e-mails
    • récupérer la liste de vos contacts afin de leur envoyer des messages (malveillants, bien entendu)
    • déclencher des appels téléphoniques vers des numéros surtaxés
    • envoyer des SMS malveillants
    • effectuer des paiements mobiles

    Toutes ces actions se déroulent, évidemment, en arrière-plan, de sorte que les usagers ne sont pas conscients de ces comportements. « France Num » affichait le 23 août 2021, le résultat d’une enquête de MobileIron éloquente quant à nos smartphones et de leurs utilisations vis-à-vis des codes QR :

    • 74 % des personnes interrogées estiment qu’ils leur facilitent la vie (mais 51 % déclarent ne pas avoir de logiciel de sécurité sur leur smartphone)
    • 47 % de ce même panel ont noté une augmentation de leur utilisation
    • Durant les 6 derniers mois, 38 % en ont scanné un dans un restaurant, un bar ou un café, et 37 % pour un commerce de détail
    • 53 % des individus souhaitent qu’ils soient davantage utilisés dans l’avenir
    • 66 % des interrogés avouent avoir des problèmes, dont plus de la moitié en sont conscients, mais les utilisent quand même
    • 51 % des personnes interrogées sont inquiètes quant à la confidentialité et à la sécurité des données concernant l’utilisation des QR codes
    L’image, ci-dessus est un exemple de code QR. Il représente l’URL (Uniform Resource Locator) du site Wikipedia.

    Vous y êtes ? Très bien, car un homme averti en vaut deux, l’adage fonctionne également avec une femme. Ces conseils de prudence valent également pour toutes réceptions de courriels, clefs USB trouvées au sol, SMS… quelques règles distillées par « France Num » :

    • Avant de scanner un QR code, s’assurer qu’il ne couvre pas un autre code
    • En cas de doute, ne pas le scanner
    • Vérifier l’URL proposée sur la notification avant de cliquer sur la redirection. Si elle est étrange ou très courte, quitter la notification
    • Il doit vous amener à une information souhaitée, si ce n’est pas le cas, fermez la page et effacer l’historique de son navigateur
    • S’il arrive vers une application de l’AppStore ou de Google Play, s’assurer que l’entreprise mentionnée sur cette page a bien développé l’application demandée
    • Ne pas installer d’applications de sécurité à partir d’un lien scanné. On cherche à installer sur votre smartphone ou tablette, un logiciel malveillant (malware)
    • Être méfiant sur les QR codes distribués sur des cartes, mentionnés sur des affiches lors d’évènements ou placés dans des lieux publics