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  • Quid de vos données ?

    Quid de vos données ?

    Les datas, si vous aviez encore un doute, se négocient à prix d’or. Car, elles sont une denrée plus chère que le fameux et légendaire lingot de métal jaune. Il suffit de se pencher sur un moteur de recherche pour mentionner vol et santé pour que vous ayez sous vos yeux plusieurs liens possibles. Le dernier en date en France, concerne l’affaire des 1, 4 millions de personnes dont les renseignements de test contre le SARS-CoV-2 furent dérobés. Sans oublier les 40 millions d’Américains, comme l’institut national d’assurance israélien.

    Les données de 1,4 million de Français ayant effectué des tests anti-Covid à l’été 2020 ont été subtilisées, prévenait l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) en septembre 2021. De plus en plus fréquent, ce genre de vol laisse pantoises et incrédules les visées. Par le biais d’un simple courriel, les personnes touchées se voient confirmer qu’une « violation des données personnelles » concernant 1,4 million d’individus est réelle, déclarait l’AP-HP. Au menu, les noms, date de naissance, numéro de sécurité sociale sont parties dans les profondeurs de l’Internet. Elles peuvent permettre de concevoir de fausses identités, ou bien procéder à du hameçonnage en bonne et due forme. Bis repetita à la fin des vacances estivales avec FranceTest. L’année 2021 laisse apercevoir son crépuscule, que les attaques de l’année passée parfument encore l’air ambiant. En 2020, 27 hôpitaux étaient ciblés par des codes malveillants.

    40 millions d’Américains touchés

    Ils sont plus de 40 millions aux États-Unis qui ont vu leurs informations de santé exposées. Il existe un delta important par rapport à 2020. Selon les lois en vigueur outre-Atlantique, lesdites organisations du secteur sont tenues de signaler toute violation ayant un impact sur 500 individus ou plus, au bureau des droits civils du département de la santé et des services sociaux, ce qui rend ces violations, publiques. Au 8 décembre 2021, le bureau en a recueilli 578. Bien moins me diriez-vous que l’année passée, avec les 599 brèches signalées en 2020. Oui, je suis d’accord avec vous, à la différence près que les opérateurs malveillants n’avaient récupéré des données que d’environ 26 millions de personnes. Soit une augmentation de presque 154 %. Les dossiers médicaux contiennent des informations qui peuvent être utilisées pour présenter de fausses demandes de remboursement ou encore acheter des médicaments, sachant qu’ils sont hors de prix si vous n’avez pas de couverture maladie aux USA.

    L’attaque de l’établissement hospitalier chilien touchait l’aide humanitaire aux sans-abris en octobre 2021. « Les hôpitaux ont longtemps eu d’autres priorités que la cybersécurité et ne croyaient pas à la menace », déplorait Guillaume Poupard, directeur de l’ANSSI. Cette phrase est vraie à tout endroit de la Terre. (Crédits : DR)

    L’une des plus grandes violation en 2021, selon Health News Florida, est le résultat d’une cyberattaque de la Florida Healthy Kids Corporation, qui a exposé les informations de 3,5 millions de personnes. Sans oublier, la déconvenue du Southern Ohio Medical Center en novembre 2021, un hôpital à but non lucratif situé à Portsmouth dans l’Ohio.

    Le Canada, Israël… touchés

    Plus de la moitié des victimes connues de rançongiciel au Canada en 2021 étaient des fournisseurs d’infrastructures essentielles (énergie, santé et fabrication) selon le rapport du centre de la sécurité des télécommunications (CST). Les infections par ransomware sont « effrontées, sophistiquées, de plus en plus fréquentes et, pour les cybercriminels, très rentables », ajoute-t-il. La CST déclare avoir eu connaissance de 235 incidents liés au Ransomware-as-a-Service entre le 1er janvier et le 16 novembre 2021. « La pandémie de COVID-19 a rendu des organisations comme les hôpitaux, les gouvernements et les universités plus conscientes des risques liés à la perte d’accès à leurs réseaux, et se sentent souvent résignées à payer des rançons », note le rapport. Terre-Neuve-et-Labrador est toujours en rémission après l’attaque de son système de santé, « annulant des milliers de procédures médicales allant de la chimiothérapie aux radiographies », explique CBC. Atténuer les risques croissants nécessitera des efforts nationaux, stipule le compte rendu, mais cela passe par une éducation et ainsi « adopter les meilleures pratiques pour durcir les systèmes critiques, ainsi que des actions internationales coordonnées pour saper les infrastructures et tactiques criminelles ».

    En Israël, c’est l’Institut national d’assurance (Bituah Leumi) qui déclarait mercredi 8 décembre 2021 que son site web s’était effondré… à cause d’une cyberattaque. Peu de temps après, l’institution reconnaît le type d’offensive qui avait fait tomber le site, était une attaque par déni de service (DDoS). Selon le NII, sa base de données n’a pas été pénétrée et le piratage se limite pour l’instant à perturber le fonctionnement du site Web.

    Un hôtel 5 étoiles

    Tandis que les vacances scolaires en France sonnent leurs arrivées ce soir, et que la neige est en abondance selon les stations, un hôtel suisse affublé de 5 étoiles était victime d’une cyberattaque. Le 8 décembre 2021, le Waldhaus, situé dans la station de Flims (Grison), aurait été victime d’une attaque par rançongiciel. Les faits se seraient produits le 18 octobre, indiquait le service de communication. Les cybercriminels auraient exigé une rançon pour le décryptage des données. Ils auraient en outre prétendu avoir téléchargé des informations des serveurs. L’hôtel n’a ni confirmé ni infirmé un éventuel règlement d’une quelque somme que ce soit.

    La Quadrature du Net se bat sans relâche pour la défense des libertés fondamentales dans l’environnement numérique. Une lettre d’alerte a été signée de 69 organisations, dont les syndicats de journaliste, et le syndicat de la Magistrature. La seule présence de ce dernier devrait titiller les curiosités. (Crédits : capture d’écran/Assemblée nationale)

    D’autres données posent question, pour être plus précis, c’est l’utilisation de ces données qui interroge. C’est l’objet en France de la proposition de Loi sur la « Responsabilité pénale et sécurité intérieure ». Le gouvernement, comme il possède ce droit, a engagé la procédure accélérée sur ledit texte le 19 juillet 2021. La Quadrature du Net (LQDN) se bat, becs et ongles, contre de multiples dérives. Elle « promeut et défend les libertés fondamentales dans l’environnement numérique. L’association lutte contre la censure et la surveillance, que celles-ci viennent des États ou des entreprises privées. » Depuis la Loi de sécurité globale, elle est sur le pont, ou plus exactement face au parquet. Après avoir fait interdire juridiquement, par quatre fois l’utilisation policière des drones, elle se retrouve à une cinquième reprise dans le même combat. Les articles 7, 8 et 9 autoriseront la surveillance, pour le premier dans les cellules de gardes à vue et de retenues douanières pour « pour prévenir les risques d’évasion ».

    « L’officier de police judiciaire […] recourt à la contrainte de manière strictement nécessaire et proportionnée, compte tenu de la situation particulière du mineur. » Si le celui-ci apparaît âgé d’au moins treize ans, et l’infraction constitue au moins cinq ans de prison (Art. 55-1, 412-1 et 413-6 du Code de procédure pénale). (Crédits : Stux/Pixabay)

    Les suivants légifère la surveillance par drone, hélicoptère et voiture. Depuis plus d’un an, la police déploie illégalement des drones pour nous surveiller, malgré deux interdictions du Conseil d’État, une sanction de la CNIL et une censure du Conseil constitutionnel, explique LQDN. D’autant que l’article 16 autorisera la police à recourir à la violence physique, pour obtenir les empreintes digitales et la photographie des personnes suspectées d’avoir commis une infraction punissable d’au moins trois ans de prison (Art. 61-1 ou 62-2). « Les empreintes et photos ainsi obtenues pourront être recoupées avec les fichiers de police existants, notamment par reconnaissance faciale. »

  • Vol par « Mouse-jacking »

    Vol par « Mouse-jacking »

    Ce n’est pas le titre du dernier blockbuster de Noël ni le prochain Disney sortant pour les fêtes, il s’agit bel et bien d’une technique de vol de voiture. Elle est plébiscitée dans 75 % des crimes, pour dérober votre chère automobile sans effraction. Fini les portes en papillon, ou encore le coup du cintre pour déverrouiller l’objet de convoitise. Désormais, comme beaucoup de choses, tout passe par l’« Informatique ». Bienvenue dans l’ère de l’Internet des Objets, vous en êtes devenu dépendant sans y prêter attention, c’est bien là, où le bât blesse.

    « Apprêtez-vous à entrer dans une nouvelle dimension, qui ne se conçoit pas seulement en termes d’espace, mais où les portières entrebâillées du temps peuvent se refermer sur vous à tout jamais… La Quatrième dimension ! » Voici l’un des textes présentant l’épisode de la série « The Twilight Zone », qui donne le ton, comme le « La » en classe de musique, bienvenue dans le monde réel qui parait incroyable, avec le mouse-jacking. C’est la méthode la plus répandue, plus de trois quarts des malfaiteurs ont recours à cette dernière.

    La police de West Midlands diffusait la vidéo d’un vol par Mouse Jacking qui s’était déroulé le 25 septembre 2017, ce dans un but éducatif auprès de la population. (Crédits : West Midlands Police/YouTube)

    Le 13 décembre 2021, la police fribourgeoise démantelait un trio de cambrioleurs de voitures haut de gamme, qui aurait sévi entre septembre 2020 et avril. Après leurs interpellations, les trois trentenaires sont placés en détention. Via des appareils électroniques, les auteurs présumés relaient le signal de la clé du véhicule, tandis qu’elle se trouve au domicile du propriétaire. Il trompe le récepteur situé dans l’auto, et repart avec. Au total, 17 vols de voitures avec ce mode opératoire ont été recensés entre septembre 2020 et avril 2021, en Suisse.

    Comme dans le film « Gone in 60 seconds », le plus souvent, les malfrats répondent à une commande. Dans l’affaire fribourgeoise, l’un des suspects a été interpellé en Allemagne, puis extradé vers la Suisse. Les deux autres l’ont été à Bâle, avant d’être acheminés dans le canton de Fribourg. (Crédits : Pexels/Pixabay)

    « Le montant total du butin n’a pas pu être estimé avec exactitude, mais il se chiffre en plusieurs centaines de milliers de francs pour toute la Suisse. Les auteurs présumés de ces méfaits ont été placés en détention préventive et le sont encore à l’heure actuelle », a précisé la police. Pour prévenir ce type de vol, la police suisse recommande de déposer sa clé de voiture dans une boîte métallique ou dans un étui en aluminium. De cette manière, « les malfrats n’auront ni la possibilité de se connecter à la clé ni à la voiture, via un appareil électronique », déclare-t-elle.

    Êtes-vous assuré pour ce type de vol ?

    Ainsi comme le jackpotting, il suffit d’usurper l’identité, non du DAB, mais de la clé. Cela permet au malfaiteur d’ouvrir, et de repartir au volant de votre véhicule, le tout en un clin d’œil, et surtout sans effraction. Il ne faudrait alors pas plus de deux à trois minutes à un voleur pour dérober une voiture grâce à cette méthode, tandis que pour certaines, seule une poignée de secondes est nécessaire. « C’est notamment le cas de la DS 3 Crossback, qui pâtit d’un système d’ouverture sans clé défaillant », soulignait Auto-Moto en février 2021. Ce n’est pourtant pas le principal dilemme. Dans l’inconscient collectif, comme pour tout assureur — un assureur couvre le risque, mais ne le prend jamais — « sans effraction, il n’y a pas de vol », car juridiquement, c’est à l’accusateur d’apporter la preuve du délit.

    Celui qui réclame l’exécution d’une obligation doit la prouver

    Art. 1315 du code civil

    L’information était vraie… jusqu’au 22 septembre 2015. Un arrêt de la Cour d’appel de Paris établit un précédent (CA Paris, 22 sept. 2015, n°14/14596), ce dernier est intéressant pour tous les possesseurs de véhicules en France. Situons l’affaire. Un « propriétaire d’un véhicule Peugeot 307 […] garanti par un contrat d’assurance multirisque voiture particulière souscrit le 14 janvier 2012 auprès de la MACIF, a été victime d’un vol de son véhicule le 17 septembre 2012 ». Son véhicule est retrouvé, deux jours plus tard, complètement dépecé sur la même commune.

    Bref, avant de signer un contrat, quel qu’il soit, lisez-le et éclaircissez les zones d’ombres s’il y en a, avec votre interlocuteur.
    N’oubliez pas les délais de rétractation, en fonction dudit contrat que vous paraphez. (Crédits : StockSnap/Pixabay)

    Suite à la réception du rapport de l’expert qu’elle avait mandaté, la compagnie MACIF opposait, par courrier du 8 octobre 2012, un refus de garantie à son assuré motivé par « l’absence de traces d’effraction telles que prévues au contrat. » La Cour d’appel statuait que sa voiture « lui a été volé à l’aide d’une effraction électronique ce qui constitue une effraction au sens commun du terme, que dès lors la garantie de l’assureur est due. » Elle va même plus loin en établissant que « la clause prévue dans l’article 5 des conditions générales du contrat est abusive parce qu’elle réduit les moyens de preuve de l’effraction ». La cour d’appel insiste que le mode de preuve restrictif « ne correspond plus à la réalité des techniques modernes mises en œuvre pour le vol des véhicules ».

  • Kronos à court de temps

    Kronos à court de temps

    Si votre entreprise emploie Kronos, sur les semaines à venir, il se peut que vous ne puissiez pas l’utiliser pour pointer vos entrées et sorties de travail. La compagnie de gestion des ressources humaines Ultimate Kronos Group a été la cible d’une infection par ransomware. Il entrave l’accès de ses clients au traitement de la paie, à la gestion des feuilles de temps, mais également à elle de leur personnel. La période de fêtes de Noël risque d’être entachée des conséquences de cette attaque.

    Parmi les clients de renom qui exploitent les systèmes de la firme figurent Tesla, Puma et le YMCA, pour ne citer qu’eux. L’attaque a également touché Kronos Workforce Central, qui contient une suite de solutions de gestion de la main-d’œuvre. Celle-ci est utile pour administrer le temps et les présences, les absences, la planification et bien plus encore.

    Dans un premier communiqué samedi 11 décembre 2021, la direction affirmait qu’elle avait pris acte d’une activité inhabituelle impactant les solutions UKG utilisant Kronos Private Cloud, et qu’un ransomware avait ciblé ce dernier. « Pour l’instant, nous n’avons pas connaissance d’un impact sur UKG Pro, UKG Ready, UKG Dimensions ou tout autre produit ou solution UKG, qui sont hébergés dans des environnements séparés et non dans le Kronos Private Cloud », a écrit Bob Hughes, vice-président exécutif de Kronos. C’est la mise à jour de Kronos Private Cloud qui aurait été frappée par une attaque de ransomware.

    De nombreuses entreprises mais également des administrations sont touchées, comme la ville de Cleveland, dans l’Ohio, dont on voit le marché, ci-dessus. (Crédits : Fuji Nakama/Pixabay)

    Les produits de chronométrage de Kronos sont utilisés par des entreprises au Royaume-Uni, notamment la chaîne de supermarchés Sainsburys, Boots the Chemist et Jaguar Land Rover, mais pas seulement. Outre-Atlantique l’université de Clemson en Caroline du Sud, l’hôpital universitaire de Winthrop à Long Island, ainsi que par des administrations locales et d’État comme le comté de Santa Clara, ou la ville de Cleveland. Par l’envoi de courriels, aux entreprises clientes, la firme confirme que l’entreprise a mis hors ligne ses services de cloud privé suite à une attaque de ransomware. Elle conseille de déployer des « protocoles alternatifs de continuité de l’activité », ce qui pourrait avoir des conséquences sur les salaires de Noël des Britanniques, souligne The Register. En effet, le service de chronométrage est en relation avec les systèmes de paie des sociétés, permettant de régler chaque membre du personnel en fonction du temps travaillé.

    Plusieurs semaines

    Le message de la victime est sans surprise, le rétablissement du service complet prendra « plusieurs semaines ». Cela dit, l’expectative est la plus totale, pour savoir si la vulnérabilité Log4j d’exécution de code à distance a été le moyen d’accès des attaquants. Valéry Rieß-Marchive, Rédacteur en chef de LeMagIT, explique que toutes les conversations de la planète cybersécurité ne tournent qu’autour d’un seul sujet : la vulnérabilité dite Log4Shell, référencée CVE-2021-44228. Il suffit de lire que le patch est un correctif d’urgence pour combler une faille critique d’exécution de code sans authentification dans un utilitaire de journalisation largement utilisé, pour attraper une sueur froide.

    Gareth Corfield prophétisait en préambule par « préparez-vous à passer un week-end très chargé en atténuation et en correctifs », dans son article. (Crédits : capture d’écran/UKG)

    La direction d’UKG s’accordait sur l’ampleur de l’incident et déclare que « […] nous avons alerté nos clients concernés et informés les autorités, et nous travaillons avec des experts en cybersécurité de premier plan. Nous reconnaissons la gravité du problème et avons mobilisé toutes les ressources disponibles pour soutenir nos clients et travaillons avec diligence pour restaurer les services affectés. »

  • Le jackpotting sévit en France

    Le jackpotting sévit en France

    Il existe dans la mémoire collective des Français des réminiscences de braquages spectaculaires. Celui des 16 et 17 juillet 1976, qui après avoir creusé un tunnel de huit mètres de long, accédait à plus de 300 coffres de la Société Générale de Nice. Le gang des égoutiers dévalisait pour un montant de 46 millions de francs. En 1992, c’est la banque de France à Toulon qui se fait délester de 146 millions de francs (22 millions d’euros). La police ne parviendra qu’à arrêter la moitié des voleurs, ainsi qu’une toute petite partie du butin. Maintenant, ils font du « jackpotting ».

    Le braquage avec armes est celui le plus fantasmé au cinéma. Plusieurs noms d’œuvres du septième art surviennent, « Reservoir Dogs », « Inside Man », « Le Clan des Siciliens », « Point Break », « … et pour quelques dollars de plus », « Le Cerveau », sans oublier « La Casa de Papel ». Mais, selon le ministère de l’Intérieur les vols avec armes, c’est-à-dire armes à feu, armes blanches ou par destination, ont diminué sur le territoire, en 2018 et 2019 7 500 sont constatés, pour 6 900 en 2020. Mais l’image d’une personne portant un collant sur le visage, n’est plus. Désormais, celui qui arrache un distributeur de billets (DAB) à l’aide d’une voiture bélier est de l’histoire ancienne.

    Une photo du tunnel creusé pour accéder à la salle des coffres de la Société Générale à Nice par le gang des égoutiers, qui cambriola la banque, en juillet 1976, avec à leur tête Albert Spaggiari. Avant d’être un criminel, il s’engagea à 17 ans chez les parachutistes, et part pour l’Indochine française. Il y est blessé deux fois et décoré. (Crédits : STF/AFP)

    L’attaque par boîte noire d’un DAB, en anglais « ATM black box attack », est également appelée jackpotting. Cette opération consiste à percer un trou pour accéder à son infrastructure intérieure. Les malfaiteurs déconnectent ensuite le DAB et le relient à un équipement électronique externe, nommé boîte noire. Celle-ci utilise les commandes natives du DAB pour que la machine délivre des billets sans qu’une carte ou une autorisation de transaction soit nécessaire. C’est ce que le distributeur la Banque postale de Simorre, dans le Gers à subit. « Le 2 novembre dernier à 3 heures du matin, deux hommes filmés par la caméra qui surplombe le DAB ont découpé au chalumeau la façade de l’appareil avant d’en prendre le contrôle à distance. La gendarmerie la plus proche étant à une quinzaine de kilomètres et la route départementale traversant Simorre très peu fréquentée la nuit, les hommes cagoulés ont pris tout leur temps pour dévaliser le distributeur », relate Vincent Gautronneau dans Le Parisien. La commune gersoise n’est pas un cas isolé. Les Policiers et gendarmes en ont relevé pas moins de 34 au cours des six derniers mois. « Depuis le début de l’année, 21 enquêtes concernant des attaques par jackpotting ont été ouvertes », spécifie le parquet de Paris.

    Le 16 novembre 2021, une tentative de jackpotting a eu lieu dans une succursale d’Argenta à Dessel (province d’Anvers). « Lors d’un jackpotting, des criminels tentent de manipuler l’ordinateur du distributeur automatique de billets pour qu’il libère tout l’argent », a précisé Christine Vermylen, porte-parole d’Argenta. (Crédits : Liese Demeulenaere/HLN)

    Déjà en juin 2014, les attaques de type « cash out » ou « jackpotting » survenaient. Europol expliquait que les premiers incidents reliés aux logiciels malveillants de guichet automatique bancaire (GAB) se signalaient en Europe occidentale. Selon les statistiques de l’EAST (Association européenne pour les transactions sécurisées), 51 évènements de ce type avaient été notifiés en 2014. D’après le rapport de European ATM Security, les attaques de boites noires augmentaient en 2016. Europol arrêtait en 2017, 27 individus liés à des attaques dites de boites noires de guichet automatique à travers toute l’Europe. Elles ont eu lieu en République tchèque, en Estonie, en France, aux Pays-Bas, en Roumanie, en Espagne et en Norvège. Les auteurs impliqués proviennent principalement de pays tels que la Roumanie, la Moldavie, la Russie et l’Ukraine.

    La mallette du parfait cambrioleur. L’opération conjointe des services de Police de Pologne, d’Allemagne, d’Autriche, de Suisse, de République Tchèque, et Slovaquie ont permis l’arrestation de deux criminels en juillet 2021. (Crédits : Europol)

    En France, durant l’année 2020, après un mois de traque, la police judiciaire et la gendarmerie interpellaient simultanément à Colombes, Laval et Nice, plusieurs cybercambrioleurs originaires d’Europe de l’Est. Deux d’entre eux étaient mis en examen et placés en détention provisoire, attendant le procès. Conformément à l’enquête, une filière internationale procédant sur l’ensemble de l’Europe « ciblait des DAB qu’elle dégradait de nuit pour y connecter un dispositif numérique. Elle laissait à un hacker agissant depuis l’étranger la prise de contrôle du logiciel de distribution de billets », précisait le procureur de Paris, Rémy Heitz. Les attaques qui ont eu lieu en Allemagne ainsi que dans d’autres pays à travers l’Europe semblent être produites « par le biais d’un logiciel russe appelé Cutlet Maker », qui, selon Motherboard, peut être acheté pour 1000 dollars (USD). Aux États-Unis, un programme dénommé Ploutus. D serait plus populaire, explique Trust My Science. Une vidéo, réalisée par l’entreprise de sécurité informatique Kaspersky, montre comment s’effectue un jackpotting sur un DAB standard. La chaine You Tube « Tomorrow Unlockeb », by Kasperky propose un documentaire sur ce fléau, avec en vedette Barnaby Jack.

    À distance, grâce à des lignes de code, les criminels prennent le contrôle du DAB. Le reste de l’équipe attend devant que ce dernier s’ouvre, et déverse son contenu, sans se vider entièrement, pour ne pas déclencher l’alarme. Une capture d’écran du panneau de commande du logiciel Cutlet Maker. (Crédits : Cryptoinsane/Twitter)

    En plein été 2021, les autorités polonaises interpelaient deux individus qui commettaient des attaques de type « boîte noire » contre des DAB. Les malfaiteurs connectaient des appareils électroniques à un distributeur et le forçaient à distance à cracher tout son argent. Les deux suspects, tous deux de nationalité biélorusse, ont été arrêtés à Varsovie le 17 juillet. Les criminels ciblaient en général l’identique marque et le même modèle de DAB. Leurs méthodes étaient toujours la même. Ils accédaient aux fils du DAB en perçant des trous, ou en faisant fondre des parties de celui-ci. Cela leur permettait de connecter la machine à un ordinateur portable qui était ensuite utilisé pour envoyer des commandes de relais qui faisaient que la machine distribuait tout son argent. L’enquête a révélé des dizaines d’attaques dans au moins sept pays européens, pour un montant estimé à 230 000 euros en espèces.

  • Les violences faites aux Femmes (2e partie)

    Les violences faites aux Femmes (2e partie)

    Un évènement judiciaire va ébranler la France, il y a quarante-trois ans. Le procès d’Aix-en-Provence en 1978, qui fut électrique et symbolique à bien des égards, a marqué l’Histoire en ouvrant la réflexion, plus que nécessaire sur une nouvelle définition du viol. Alors que les actrices contemporaines de ce monde ont déferlé avec les mouvements #Metoo et #Metootinceste, les affaires #Weinstein comme #Epstein, ne cessent de révéler de sombres chapitres supplémentaires.

    C’est l’histoire de deux jeunes femmes qui changea à jamais le regard de la société française. Imaginez-vous, au mois d’août 1974, vous, de la même manière que beaucoup de personnes, filez affichant le sourire de circonstance vers le soleil et le sable fin des plages. Le choix de la destination est le vôtre, comme le fut celui d’Anne Tonglet et de sa compagne Aracelli Castellano. Ce couple de touristes belges souhaite rejoindre un camp naturiste de Sugiton, mais le mauvais temps les oblige à bivouaquer dans sur la calanque de Sormiou, près du port de Morgiou dans les Bouches-du-Rhône. C’est alors qu’un jeune homme les interpelle, elles l’éconduisent fermement, il recommencera le lendemain, pour le même résultat. Accompagné d’Albert Mouglalis, ouvrier de 24 ans, et Guy Roger, maçon de 29 ans, père de cinq enfants, Serge Petrilli, serveur âgé de 22 ans reviendra dans la nuit du 21 au 22 août 1974, une fois la soirée terminée au bar le Nautic. Avec la ferme intention de se venger dira-t-il aux gendarmes.

    J’ai essuyé un refus blessant. Cela était intolérable et je m’étais promis de me venger

    Serge Petrilli. Le figaro

    Le procès des trois auteurs présumés commençait, le mardi matin 2 mai 1978, devant la cour d’assises des Bouches-du-Rhône, présidée par M. Marcel Fourgeaud. Les trois hommes, représentés par Mes François Tubiana, Gilbert Collard et Jean-Claude Simoni, plaidaient non coupables en face d’un jury composé de sept hommes et deux femmes. Les deux femmes affirmaient, quant à elles, avoir été violées. Les avocats de la partie civile étaient la défenseure des droits des femmes Gisèle Halimi et Agnès Fichot.

    Josyane Savigneau, journaliste couvrait le procès pour Le Monde : « Je n’avais plus l’énergie de réagir, indique Anne ; aucun son ne sortait de ma bouche […] Mais nous avons dû “subir”, contrairement à ce que semble nous faire dire le procès-verbal de nos déclarations au juge d’instruction. […] Aracelli Castellano, enceinte après les faits de cette nuit-là, avortera quelques semaines plus tard ».

    « C’était extrêmement violent. Il y avait des crachats, on recevait des insultes, Gisèle Halimi a été giflée. C’était inouï », se rappelait Anne Tonglet dans L’Express.
    Propos que relatait le journaliste Claude Sérillon au micro de France 2. « C’étaient, à l’entrée comme à la sortie de l’audience les mèmes scènes. » (Crédits : capture d’écran INA)

    Malgré des débats extrêmement houleux, une ambiance nauséabonde à l’extérieur, les trois prévenus seront condamnés. Serge Petrilli à six ans de réclusion criminelle pour viol, Guy Roger et Albert Mouglalis n’écoperont que de quatre ans chacun pour « tentative de viol ». La circonstance aggravante de viol en réunion ne sera pas retenue, mais le regard juridique sur ce crime vient (enfin) de changer en France.

    Une femme violée est une femme cassée, c’est une femme éclatée, une femme qui, à mon sens, ne s’en remettra jamais

    Gisèle halimi. France 3 Reims. Ina. 26 mai 1977

    En 1975, il y aurait eu 22 000 viols en France, mais seules 1 600 femmes ont porté plainte. « Les femmes ne veulent plus se taire, les femmes veulent crier qu’elles en ont marre, elles en ont marre d’être violées, elles en ont marre d’être battues ». Il faudra attendre 1980 et la proposition de loi de la sénatrice Brigitte Gros, pour qu’il soit puni de 15 ans de réclusion criminelle. « Pour la première fois, a honte a changé de camp, devant tout le monde », martelait Anne Tonglet.

    Le rapport affiche 54 800 violences sexuelles en 2020. En 2019 les chiffres sont ahurissants : 11 568 viols sur majeurs, 11 971 viols sur mineurs, 13 669 harcèlements sexuels et autres agressions sexuelles sur majeurs, 18 636 pour les mineurs, et 15 013 atteintes sexuelles. (Crédits : SSMSI, base des crimes et délits enregistrés par la police et la gendarmerie, Gouv.fr)

    Le verdict fait un effet domino, il incite de nouvelles femmes à prendre publiquement la parole, dans les jours et semaines qui suivirent le procès, pour témoigner de leur propre viol. « Avant ce procès, personne n’en parlait. C’était tabou, explique Jacqueline Rémy, une toute jeune femme lorsque le procès commence. Il ne fallait pas se plaindre. Même les familles des victimes refusaient de l’entendre. Et si on allait au commissariat, les policiers ricanaient, le plus souvent. »

    Depuis 2020, Harvey Weinstein purge une peine de 23 ans de prison à New York. Accusé par 90 femmes au total, il encourt jusqu’à 140 années supplémentaires derrière les barreaux. L’ancien producteur lors d’une audience préliminaire à son procès au tribunal de Los Angeles, le 29 juillet 2021. (Crédits : Étienne Laurent-POOL-AFP)

    Les deux textes sont fusionnés et longuement débattus au Sénat puis à l’Assemblée nationale. Il faudra finalement attendre le 23 décembre 1980 pour que la loi soit promulguée. Elle établit le viol comme : « Tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui par violence, contrainte ou surprise » dans l’article 222-23 du Code pénal. Cette nouvelle définition élargit donc le viol à tous les cas de pénétration sexuelle, et le réprime plus fortement par quinze ans de réclusion criminelle contre cinq auparavant. D’autres dispositions sont aussi adoptées : le huis clos n’est plus obligatoire, les associations peuvent se porter parties civiles et le nom des victimes ne doit pas apparaître sans leur accord. Des avancées comme autant de victoires pour ce « procès du viol » devenu historique.

    Libération de la parole

    Les plaintes pour violences sexuelles recueillies en 2019 croissent de 240 % depuis 2010 (2,6 fois quand la victime est majeure, 2,2 fois lorsqu’elle est mineure). Ce sont 56 000 victimes de violences sexuelles enregistrées en 2019, dont 55 % de mineures. L’augmentation, plus marquée depuis 2018, peut être liée avec l’évolution du dépôt de plainte, ce dans le contexte de l’affaire Weinstein et des différents mouvements, tel #MeToo, favorisant la libération de la parole.

    2010-20122013-20152016-2018
    Nombre de victimes déclaréesViolences sexuelles
    Violences physiques
    dont dans le ménage
    183 000
    961 000
    328 000
    208 000
    982 000
    311 000
    307 000
    862 000
    268 000
    Taux de prévalence (en %)Violences sexuelles
    Violences physiques
    dont dans le ménage
    0,4
    2,2
    0,8
    0,5
    2,2
    0,7
    0,7
    1,9
    0,6
    Taux de plainte (en %)Violences sexuelles
    Violences physiques
    dont dans le ménage
    5,7
    22,4
    10,3
    8,2
    20,5
    7,7
    20,3
    19,4
    9,0
    Le tableau relate les déclarations et les plaintes des personnes âgées de 18 à 75 ans victimes de violences physiques et sexuelles déclarées. Il est mis en ligne le 9 décembre 2021. (Crédits : Gouv.fr)

    La hausse des violences sexuelles enregistrées devant les services de sécurité résulte d’un double mouvement : les personnes déclarant avoir subi de telles atteintes sont plus considérables et elles portent plus fréquemment plainte. Ainsi, le nombre d’individus de 18 à 75 ans s’affirmant victimes de violences sexuelles augmente de 13,7 % entre les périodes 2010‐2012 et 2013‐2015, puis de 47,6 % entre 2013‐2015 et 2016‐2018, dans le contexte particulier de l’affaire Weinstein et du mouvement #MeToo. Sur le même laps de temps, le taux de plainte pour violences sexuelles a quasiment quadruplé entre 2010-2012 et 2016-2018. Il en résulte que quatre victimes sur cinq ne se sont pas rendues auprès des institutions de sécurité, dont les motivations sont effrayantes.

    Les justifications de non-déplacement glacent le sang. Surtout lorsque plus de 65 % des victimes indiquent que « cela n’aurait servi à rien », ou bien pire « ce n’était pas grave » pour 40 %. (Crédits : Gouv.fr)

    De plus, les victimes de violences sexuelles sont en très grande majorité… des femmes. Sur la période de 2010-2012 et 2016-2018, près de quatre d’entre elles sur cinq sont de la gent féminine, quant à celle comprise en 2013 et 2015, le taux bondit à plus de 85 %.

    À suivre

  • La santé brésilienne infectée par un virus

    La santé brésilienne infectée par un virus

    La formule pourrait être cocasse, si ce n’est qu’en ces temps particuliers, où le SARS-CoV-2 est l’une, voire la principale information depuis bientôt deux années. Alors le Brésil souffre dans ses institutions. Alors que vendredi 10 décembre 2021 le pays du mont du Pain de Sucre enregistre le plus petit nombre de cas de Covid-19, selon les autorités (7 916 enregistrements par jour), c’est le ministère de la Santé et son système d’information qui est infecté par un virus, mais informatique celui-ci.

    Vendredi matin, les vecteurs d’information du ministère de la Santé viennent de subir une attaque d’opérateurs, et sont désormais hors ligne. L’infection se serait produite, selon les dires, vers 1 h. Le ministère concerné ne s’est pas encore positionné sur les impacts possibles. Lorsqu’on essaie d’accéder aux sites web, comme aux applications concernées, un message revendiqué par le groupe « Lapsus $ » stipule que « les données internes des systèmes ont été copiées et effacées » et conseille de contacter les secours. Ils affirment détenir 50 téraoctets d’informations, et déclarent également qu’ils étaient prêts à échanger ces données avec le paiement d’une rançon en cryptomonnaie.

    Le réseau interne du Secrétariat national du Trésor a été la cible d’une attaque par ransomware en août dernier. À l’époque, le ministère de l’économie avait informé que l’action n’avait pas causé de dommages aux systèmes ni aux bons du Trésor. (Crédits : capture d’écran)

    « Le ministère de la Santé rapporte que dans les premières heures de vendredi (10) a subi un incident qui a temporairement compromis certains systèmes de dossier, comme e-SUS Notifica, Système d’information du programme national de vaccination (SI-PNI), ConecteSUS […]. Le Cabinet de sécurité institutionnelle (GSI) et la police fédérale ont déjà été appelés à soutenir les enquêtes. Le département d’informatique du SUS (Datasus) agit avec un maximum d’agilité pour rétablir les plateformes », indique le communiqué. Le cabinet de sécurité institutionnelle et la police fédérale ont déjà été déclenchés pour soutenir le ministère de la Santé dans les enquêtes. Il ne donne aucune prévision à ce stade quant au retour à la normale des services et des sites web.

    Le Brésil, comme Cuba, la Biélorussie, l’Île Maurice sont en « rouge », car « une circulation active du virus est observée avec une présence de variants préoccupants ». Le Canada, l’Australie, Hong-kong sont en vert, alors que l’Afrique du Sud est en écarlate, grâce à « Omicron », en date du 4 décembre 2021. (Crédits : capture d’écran/Gouv.fr)

    Les Brésiliens dans le dur. L’émission du certificat, et de la carte nationale numérique de vaccination Covid-19, sont indisponibles pour le moment. Le Gouvernement français émet des différences en fonction d’« une classification des pays a été définie sur la base des indicateurs sanitaires. |…] sont adaptées selon les évolutions de leur situation épidémique. » Du vert, au rouge écarlate en passant par l’orange. Sans cette preuve vaccinale, les Brésiliens qui se dirigent vers la France se verront notifier une « quarantaine obligatoire de 10 jours contrôlée par les forces de sécurité ». C’est ce même gouvernement français et ses représentants, après s’être fait prendre en vidéo, au congrès des maires, sans respecter les gestes barrières, et port du masque, n’apparaissent désormais nulle part sans ce que dernier, soit ostensiblement visible. Ils ont contribué à l’essor de la culture et du film français des frères Lumière, « L’arroseur arrosé »… en invectivant tout un chacun par des recommandations de tenue et de savoir-vivre à leurs administrés, mais sans les respecter, ni les appliquer à eux-mêmes.

  • LDLC dans la tourmente

    LDLC dans la tourmente

    C’est par un communiqué de presse du lundi 29 novembre 2021 que le groupe LDLC relatait avoir « détecté un incident de cybersécurité dans ses systèmes informatiques, ayant entraîné un accès non autorisé aux données de l’entreprise », mais « n’a pas eu d’impact sur les opérations commerciales du Groupe ». Les opérateurs derrière Ragnar_Locker ont publié un échantillon de renseignements dérobés sur le système d’information de la firme, ainsi que plusieurs captures d’écran.

    Les assaillants derrière le ransomware sont clairs dans le message « Si le Groupe LDLC souhaite arrêter le processus de fuite et éviter d’autres publications, il en a déjà été informé et sait comment nous contacter ». Ils ajoutent avec une pointe sarcastique « n’oubliez pas de vérifier vos e-mails ». « Aujourd’hui, nous publions le premier lot de données, mais si le Groupe LDLC ne nous contacte pas, nous continuerons à télécharger des données jusqu’à ce que toutes les informations soient divulguées », préviennent-ils, depuis les premiers dévoilements sur le site de fuites.

    Les opérateurs par cette preuve de fuite montrent qu’ils étaient en mesure de suivre les échanges de l’équipe de réponse à incident. Les cyberdélinquants démontrent qu’ils ont encore un plus large accès à son système d’information, ainsi qu’à ses postes de travail. Par cette preuve, la compromission est possiblement. (Crédits : capture d’écran)

    LDLC précisait néanmoins que les données clients n’étaient pas concernées et que ses équipes de sécurité s’affairaient à une « analyse approfondie » afin de renforcer les mesures de protection mises en œuvre. Comme rappelle Le MagIT ce que soulignait Jérôme Saiz, du cabinet Opfor Intelligence : « dans une crise cyber, il faut considérer que l’on n’a plus confiance en ses moyens de communication ».

    Outre les captures d’écran, Ragnar_Locker relaie également deux archives en téléchargement. Elles sont respectivement pour l’une de 8,5 Go et pour l’autre de 21 Go compressées, que le groupe affirme avoir volées. Le groupe indique avoir « notifié » le groupe LDLC de l’attaque et du vol de données, mais n’avoir reçu aucune réponse de sa part, ce qui l’a poussé à commencer la diffusion de ces dernières.

    Des investigations se poursuivent. « Même si certaines données à caractère personnel ont pu être consultées, cela ne concerne en aucun cas les informations sensibles relatives aux clients des sites internet marchands du Groupe », assure LDLC. (Crédits : capture d’écran)

    Ce qui doit être lu entre les lignes est que LDLC refuse de payer la rançon réclamée par le groupe d’assaillants, d’autres fichiers seront répandus. Ragnar Locker est connu pour lancer des attaques de codes malveillants de type ransomware, doublé souvent d’un chantage à la diffusion de datas volées sur leur site dédié. Ragnar_Locker a également publié trois captures d’écran suggérant que le groupe s’est intéressé de près à l’infrastructure virtualisée de LDLC.

    Ragnar_Locker serait actif depuis au moins avril 2020. Il avait notamment visé l’avionneur Dassault Falcon Jet, avec près de 87 Go d’informations compressées, ou encore l’éditeur de jeu vidéo Capcom lors du mois d’août 2020 pour un total de 196, 58 Go de données compressées.

    « L’attaque pourrait d’ailleurs avoir commencé avec l’exploitation de la vulnérabilité CVE-2021-21985 », informe Le MagIT. En effet, cette faille permet à attaquant non authentifié d’exécuter du code arbitraire à distance, avec qui plus est un haut niveau de privilèges. De plus, des codes d’attaques sont disponibles publiquement pour la vulnérabilité CVE-2021-21985 et le CERT-FR a connaissance d’exploitations actives de celle-ci. Cette dernière est connue pour être exploitée dans le cadre de cyberattaques avec déploiement de ransomware. Cette vulnérabilité état documentée par l’ANSSI le 7 juin 2021, avec des recommandations de sécurité pour les architectures basées sur VMware vSphere ESXI.

  • Le site de la RNLI hors ligne après une cyberattaque présumée

    Le site de la RNLI hors ligne après une cyberattaque présumée

    Ceux qui œuvre au sein de la Royal National Lifeboat Institution (RNLI) naviguent désormais comme dans le fog londonien sur le web, à vue. Depuis le 4 décembre 2021, le site a été mis hors service par précaution. Selon le Mail Online, cette infection par codes malveillants serait attribuée à des groupes dits anti-migrants après que des bateaux ont sorti 100 migrants, dont des bébés, d’une mer agitée au petit matin. Les sauveteurs avaient signalé à la police britannique avoir reçu des courriels menaçants.

    « Le site Web de la RNLI a fait l’objet d’une activité suspecte aujourd’hui, vendredi 3 décembre 2021 », déclarait un porte-parole de la RNLI. La vitrine de l’organisation caritative est depuis hors ligne, après que l’incident fut découvert et que son personnel ait reçu environ 3 000 courriels d’intimidation. « D’éminents activistes soupçonnent des groupes d’extrême droite d’être à l’origine de l’incident après que Britain First a exhorté ses partisans à envoyer des courriels de plainte à l’organisation caritative », relate le Mail Online. Le mouvement politique Britain First, à travers son leader Paul Golding a « nié toute implication », déclarant au Mail Online qu’il « n’a pas la capacité de pirater des sites web et quiconque suggère que nous pourrions le faire répand de fausses nouvelles ».

    Toute personne se rendant sur le site de l’association est dirigée vers une page d’accueil indiquant que « la requête est bloquée ». (Crédits : capture d’écran)

    La Royal National Lifeboat Institution, colle dans la volonté de sauver des vies à notre Société Nationale de Sauvetage en Mer (SNSM). Elle est la plus grande organisation caritative qui sauve des vies en mer autour des côtes du Royaume-Uni, de la République d’Irlande, des îles Anglo-Normandes et de l’île de Man, ainsi que sur certaines voies navigables intérieures. « Nous nous concentrons sur notre objectif principal, qui est de sauver des vies en mer, et notre service de sauvetage 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 reste pleinement opérationnel », ajuste le porte-parole en rappelant à son personnel et ses bénévoles de rester vigilants afin d’assurer leur propre sécurité et celle de leurs collègues.

    La RNLI qui est une organisation caritative au Royaume-Uni et en République d’Irlande, est visée par une infection malveillante. (Crédits : UKNewsPictures)

    Le groupe a déclaré sur son compte Telegram, car banni de tous les réseaux sociaux : « Britain First a lancé une campagne de plaintes à l’encontre de la RNLI pour faire pression sur elle afin qu’elle abandonne son soutien à l’immigration illégale et au trafic d’êtres humains et qu’elle se concentre plutôt sur le sauvetage des vies britanniques le long de nos zones côtières ». La semaine dernière, alors que la tempête Arwen s’abattait sur la Grande-Bretagne avec des vents de force coups de vent dépassant les 50 kilomètres par heure, la RNLI a mis quatre marins en sécurité au large des côtes du Pays de Galles. La semaine précédente, l’équipe de sauvetage dans le nord de l’Angleterre a affronté des vagues de six mètres pour sauver six pêcheurs, sur leur bateau de 14 mètres après que son moteur soit tombé en panne. Des interventions comme celles-ci, l’organisme de bienfaisance entièrement bénévole qui existe depuis 200 ans en effectue régulièrement, sans jugement ni préférence, à toute personne en difficulté en mer. Samedi 4 décembre 2021, les mauvaises conditions météorologiques entravaient opérations de secours, notamment en raison du brouillard.

    Tandis que la tension provoquée par les déclarations du groupe politique Britain First envers la RNLI battait son plein, c’est cet actuel drame qui occulte cette campagne de dénigrement. Vingt-sept personnes, dont sept femmes, dont l’une était enceinte, et trois enfants, ont péri lorsque leur bateau a chaviré mercredi 24 novembre 2021, dans le détroit du Pas-de-Calais. « La Manche, nouveau cimetière à ciel ouvert […] C’est l’événement le plus meurtrier depuis 2018 […] », s’indignait France Bleu.

    Une migrante et sa progéniture après avoir été aidés à débarquer d’un bateau de sauvetage de la RNLI sur une plage de Dungeness, sur la côte sud-est de l’Angleterre, le mois dernier. « Nous ne pouvons pas oublier que l’interminable débat sur l’immigration […] est un débat sur le droit des gens à vivre », a déclaré Rosie Carter, de HOPEnotHate. (Crédits : AFP)

    Consécutif aux 27 décès et aux opérations des forces de l’ordre, cinq personnes ont été arrêtées en France, dont un homme interpellé pendant la nuit au volant d’un véhicule immatriculé en Allemagne, rempli de bateau gonflable, type « zodiac ». Bien qu’il n’y ait « aucun lien prouvé » avec le naufrage, selon les procureurs, bien que le ministre français de l’Intérieur Gérald Darmanin insistait sur le fait que tous étaient « directement liés » aux noyades. L’enquête est en cours. « La RNLI est fière du travail humanitaire de ses équipages bénévoles de bateaux de sauvetage dans la Manche et nous sommes reconnaissants de l’élan de soutien que nous avons récemment reçu », ajoutait le porte-parole. Les événements tragiques « nous rappellent tristement à quel point il est dangereux de prendre la mer dans l’une des voies de navigation les plus fréquentées du monde à bord d’embarcations non adaptées » à la traversée, surtout à l’approche de l’hiver ou la mer forcit.

  • Un vaccin contre… une gâterie

    Un vaccin contre… une gâterie

    Non, ce n’est pas une affabulation ni un jeu de mots ni voire une contrepèterie, ceci est la vraie campagne de publicité déguisée d’un club suisse, pour soi-disant inciter à la vaccination contre le SARS-CoV-2. L’offre suggérée avait cours jusqu’au 30 novembre 2021, le club en question octroyait cette prestation pour remercier les individus vaccinés de contribuer à la reprise d’une vie normale. Celui-là même qui avait défrayé la chronique en ouvrant aux hommes le concept d’un café-pipe.

    C’est une véritable information qui a de quoi surprendre, un doux euphémisme. La maison close, qui se définit comme « le plus grand club érotique de Genève », accordait aux hommes vaccinés une fellation gratuite. Il fallait, pour cela, avoir reçu la deuxième dose dans les trois derniers jours. La proposition était valable jusqu’au 30 novembre. « Pour remercier les personnes vaccinées de contribuer à la reprise d’une vie normale, le Delicious offre à chaque personne vaccinée de moins de 3 jours une pipe, sur présentation d’un justificatif », annonçait fièrement l’établissement.

    Sans doute le plus ancien métier du monde dit-on, car la prostitution était sacrée à Babylone, les jeunes filles y vendaient leurs charmes pour la déesse Ishtar. Le roi Josias abolissait cet acte, en 640 av. J.-C.. À Athènes les maisons closes se nomment des dictérions. Elles étaient sous la protection de Venus. (Crédits : ConstantLorelai/Pixabay)

    Pour mieux comprendre, un texte juridique fédéral autorise, ou tolère, le travail du sexe en Suisse. Afin d’encadrer ce métier peu commun, Genève s’est dotée en décembre 2009 d’une loi qui vise à garantir la liberté d’action des personnes qui se prostituent. En l’état qu’« elles ne sont pas victimes de la traite d’êtres humains, de menaces, de violences, de pressions ou d’usure ou que l’on ne profite pas de leur détresse ou dépendance pour les déterminer à se livrer à un acte sexuel ou d’ordre sexuel ». Mais également à assurer la mise en œuvre de mesures de prévention, de promotion de la santé et de réorientation professionnelle, sans oublier la limitation des troubles à l’ordre, et à la tranquillité publique. La Loi concerne :

    • La prostitution sur le domaine public
    • La prostitution de salon
    • La prostitution d’escorte

    Le club Delicious ne semble présenter des prestations qu’à destination des hommes, car dotés de pénis. Comme le rapporte Watson, l’établissement avait déjà fait parler de lui en 2018 en proposant le… « café pipe ». Pour 80 francs suisses, soit environ 76 euros, on vous sert un café à déguster en même temps qu’une hôtesse effectue une fellation. « Le café est un moment privilégié et rapide. Des études ont démontré que les hommes étaient plus performants au travail après avoir été satisfaits durant la matinée », assurait Bradley Charvet en 2016 au quotidien Le Matin. Le club n’érigeait aucune communication envers la gent féminine. Est-ce parce que les femmes, n’aimant pas le goût, évitent de boire du café, selon l’étude menée et publiée par la revue Food and Nutrition sciences. La Suisse est décidément un pays pas comme les autres.

  • Attaque des services de santé au Maryland

    Attaque des services de santé au Maryland

    Le site de la santé du Maryland, aux États-Unis, subissait une attaque par codes malveillants dimanche 5 décembre 2021. En conséquence, le site Web du ministère de la Santé a été compromis après une cyberattaque. Les indicateurs concernant le Covid-19O n’ont pas été mis à jour en raison d’une « panne de serveur » affichait l’accueil lundi 6 décembre 2021. Le dysfonctionnement altérait les missions informatives sur les médicaments, mais aussi sur les maisons de retraite.

    Le site Web du département de la santé avait été redirigé vers la page de l’État, tandis que les responsables passaient en revue les systèmes individuels pour déterminer si des données avaient été volées. « L’enquête est en cours, les employés et partenaires potentiellement concernés ont été informés, et nous fournirons des informations supplémentaires si les circonstances le justifient », assurait Andy Owen du département de la santé du Maryland. Il faut noter que la cyberattaque a également supprimé les ressources normalement disponibles sur le site. Notamment celles invitant les habitants à demander l’aide de Medicaid, à obtenir des données sur la sécurité des maisons de retraite et à commander des tests gratuits à domicile pour les infections sexuellement transmissibles. « Les données seront mises à jour dès que possible », déclarait le ministère.

    Comme après chaque attaque, la réhabilitation peut être longue, en fonction du type et la dangerosité de l’infection. Les autorités assurent que le site sera opérationnel dès 20 h (heure locale), tout en remerciant de leur patience les administrés « pendant que nous travaillions à sa restauration ». (Crédits : capture d’écran/Twitter)

    Lundi, l’agence n’avait pas mis à jour les mesures COVID-19 de l’État et évoquait une « panne de serveur ». Le ministère a déclaré que rien ne prouve que des données ont été compromises et qu’il n’a pas encore confirmé si un pirate informatique a détourné ses ordinateurs en demandant de l’argent, ce qui est arrivé à la ville de Baltimore il y a deux ans. Le ministère de la Santé déclarait qu’il travaillait en étroite collaboration avec les instances fédérales et étatiques chargées de l’application de la loi pour faire face à l’incident et recueillir des informations complémentaires.