Connaissez-vous réellement votre corps ?

Il est notre tout et rien au même instant, celui qui nous permet d’être, dans lequel est notre âme, ce qui nous différencie, et nous rapproche. Ce qui fait l’existence matérielle d’un animal ou d’un homme, vivant ou mort. Une véritable usine, auquel nous ne prêtons pas attention, lorsque tout va bien. Qu’est-ce que la chassie ? Situez-vous la glabelle ? Les ongles poussent à quelle vitesse ? Vos oreilles grandissent-elles ?

Le corps possède une importance particulière, il est le lieu de tous les désirs, les fantasmes, les interrogations et le sujet préféré des publicités. Intéressons-nous à notre tête. La glabelle est un mot bien étrange, seules quelques professions ont ouï-dire de cette dernière. Emmanuel Chain, producteur, journaliste et ancien animateur de Capital sur M6, en a un, mais remplie de taroupe. Cet espace se situe entre le sourcil droit et le gauche. Juste en dessous se trouvent nos mirettes, outils indispensables de la vue. Saviez-vous qu’ils sont de la même taille à notre naissance qu’à notre mort ? Vous avez sûrement entendu votre maman, avant de partir à l’école, vous chantonner : « tu as des cacas d’œil ! », tout en vous enlevant ces petites choses placées au bord de chaque paupière. Ils sont dus à une sécrétion, ou humeur, onctueuse et jaunâtre exsudée par les glandes de Meibomius (du nom d’Heinrich Meibom, leur découvreur au XVIIe siècle), qui durcissent fréquemment à l’air libre (N.D.L.R. Elle se retrouve dans les muqueuses du nez et de la bouche).

Le gras, c’est la vie

Ces glandes sont importantes, elles sécrètent du meibum, un corps gras principalement constitué de triglycérides. Ces graisses s’ajoutent aux larmes et en composent la couche supérieure, ce pour une excellente raison. Cette couche lipidique sert à éviter l’évaporation de l’eau des larmes, en stabilisant le film lacrymal ! Grâce à cela, elles hydratent, nourrissent, oxygènent et surtout lubrifient la cornée. Elles se situent dans le cartilage de la paupière. Leurs inflammations, ou blépharites provoquent la « rougeur » de l’œil. La conséquence peut-être gênante : sécheresse, chalazion interne ou externe, concrétions et séborrhée des glandes.

La Vénus callipyge

C’est une partie de votre corps que vous ne voyez pas de prime abord, certaines personnes peuvent vous faire des compliments, souvent celle qui vous accompagne. Cet endroit comprend le petit, moyen et grand muscle glutéal, toujours pas ? Plus couramment les femmes que les hommes se font épiler le SIF, à ne pas confondre avec la déesse Sif… oui, il s’agit des fesses. Étymologiquement, du latin fissus (fendre), le mot le plus ancien est naches ou nages, issu du bas latin naticæ, venant lui de nates, fesse. « Le cerf doit avoir les nages [fesses] grosses et bien rebrassées [retroussées], les costez hauls et plains, les fesses blanches, la queue courte » (extrait du livre du roi Modus et de la reine Racio). Elles sont l’apanage de l’être humain, dû à la station debout, des vêtements portés et du fantasme féminin comme masculin.

La Vénus callipyge est un type particulier de statue grecque représentant la déesse Vénus, ou plus exactement Aphrodite, soulevant son péplos
pour se mirer dans l’eau et regarder ses fesses, nécessairement superbes, par-dessus l’épaule. (Crédits : DR)

Mais l’expression avoir un rhume de fesses n’existe pas, mais celui des hanches ou médicalement la boiterie de hanche, oui ! La synovite aiguë transitoire (SAT) de hanche ou « rhume de hanche » survient habituellement entre 3 et 8 ans. Elle peut-être confondue avec une ostéochondrite. Le tableau clinique typique est celui d’une boiterie aiguë d’esquive associée à une douleur plus ou moins intense et à une raideur de la hanche. Le questionnement révèle fréquemment une infection virale ORL, ou digestive (gastro-entérite) ou encore la réalisation d’une vaccination dans les deux semaines précédant l’apparition des symptômes. Courant chez l’enfant et l’adolescent, elle disparaît en quelques heures au décours de traumatismes bénins, sans fractures ou lésions articulaires. En cas de doutes ou de persistance, consultez votre médecin.

Excès de vitesse à 55 km/h

D’un fantasme à l’autre, l’éternuement en est un. La vitesse de cette expulsion fut longtemps estimée à 350 km/h, elle n’est en réalité que de 55 km/h ou 15, 3 m/s. Les postillons, environ 40 000, battent tout de même le recordman du monde sur 100 m plat. Haut la gouttelette en 6, 54 secondes, contre 9, 58 secondes pour Usain Bolt. Mais pourquoi éternue-t-on ? L’évacuation brusque et bruyante de l’air inspiré, par le nez et la bouche, sous l’effet du mouvement subit et convulsif des muscles respiratoires déterminé par une irritation de la muqueuse nasale, dixit le CNRTL (N.D.L.R. : centre national de ressources textuelles et lexicales).

L’éternuement est un réflexe de notre corps, salutaire et salvateur. Véritable forteresse pour empêcher les microbes et virus de s’inviter. (Crédits : Pexels/Pixabay)

Des picotements emplissent tout le haut du nez, puis vient l’« Atchoum ». Les agents pathogènes, les toxines et les particules inhalées constituent un défi permanent pour le système respiratoire. Le mode de défense initial est la larme mucociliaire, qui se compose de deux éléments principaux, la production et le transport du mucus. La fonction qui en découle est mucociliaire. « Propulsion du mucus nasal par les battements ciliaires de l’épithélium respiratoire de la muqueuse nasale qui entraînent le déplacement de la couche superficielle, visqueuse, du mucus nasal. Elle réalise une barrière mécanico-chimique de protection et contribue à l’humidification et à la filtration de l’air inspiré », explique le dictionnaire de l’académie de médecine.

S’empêcher d’éternuer causerait des dommages graves

Selon des chercheurs de l’université de Pennsylvanie (États-Unis), cette expectoration chasse les particules et autres pathogènes qui peuvent encombrer le conduit nasal, mais pas seulement. En provoquant une surpression à l’intérieur des poumons jusqu’au nez, l’expiration brutale d’air redynamise le système de circulation du mucus chargé de piéger les poussières et de les éliminer (The FASEB Journal, août 2012), une remise à zéro de notre système respiratoire. Pour autant, des éternuements peuvent perturber réunion, séance de cinéma… et la tentation de les retenir est grande.

Une simple vue des mains et des ongles peut refléter notre personnalité, si en plus des rumeurs s’ajoutent… (Crédits : skalekar1992/Pixabay)

Vous produisez une surpression dans votre chanfrein, gorge, yeux, système vasculaire (100 000 kilomètres au total) et dans votre boîte crânienne. Les vaisseaux capillaires sont les plus fragiles. « Ils constituent des points de faiblesse qui peuvent se rompre sous l’effet de la forte pression induite lorsque vous retenez un éternuement ou une toux », souligne la fondation Alzheimer. En outre, la multiplication de ces micro-lésions participe à une diminution du capital-cerveau et peuvent engendre l’apparition des premiers symptômes de la maladie d’Alzheimer. À vos souhaits !

733, 55 centimètres d’ongle

Voici le record que possédait l’Américaine Ayanna Williams jusqu’au 3 avril 2021. La sexagénaire, originaire du Texas et détentrice depuis 2018, du record du monde des ongles les plus longs, vient de décider de se couper les ongles. « Je me fais pousser les ongles depuis quelques décennies maintenant. Je suis tellement, tellement prête pour une nouvelle vie. Je sais qu’ils vont me manquer, mais c’est juste à ce moment-là – il est temps pour eux de partir. » Les tâches quotidiennes étaient impossibles à effectuer, comme conduire. Ils nécessitaient trois à quatre bouteilles de vernis, sur plusieurs jours. Les ongles poussent aux environs de 3, 5 millimètres par mois, donc pour un doigt, la longueur moyenne annuelle est de 4, 2 centimètres. La cocasserie vient que les ongles des hommes grandissent plus vite que ceux des femmes, et qu’elles représentent 54, 7 % des personnes souffrant d’onychophagie.

La longueur des ongles d’Ayanna Williams était devenue problématique dans la vie courante, d’où leur ablation après trois décennies de pousse. (Crédits : Rilezy’s)

Le nez et les oreilles s’allongent

Lorsque vous regardez vos grands-parents, une particularité vous frappe, leur nez et les oreilles paraissent plus grands que sur les photos de leurs mariages, il y a plusieurs décennies. Rassurez-vous, c’est normal, ou presque… Newton. La loi de la gravité ou force de la pesanteur est une composante. Le pavillon auriculaire gagne en surface, point dû à l’arrivée de nouvelles cellules, mais de la perte d’élasticité du cartilage. Pour ce faire, un biologiste d’outre-Rhin s’est entiché d’organe de l’ouïe de 1448 volontaires de 0 à 92 ans. La croissance est de 0, 19 mm chez la femme pour 0, 26 pour l’homme. La nature nous envoie-t-elle un message subliminal ? Cela permet en partie de compenser la perte d’audition. Quant au nez, que dis-je cette péninsule, est également frappé de pesanteur. Une étude de l’Université de l’Iowa précise que cela serait causé par un besoin en oxygène plus important pour l’accroissement et l’irrigation des muscles, l’Univers est bien fait.

Le nez qui s’allonge à chaque mensonge est un compte souvent conté à notre progéniture. Pour autant ne pas confondre les tromperies, et les histoires que les enfants se racontent avec leurs amis imaginaires. (Crédits : Roland Schwerdhöfer/Pixabay)

L’effet Pinocchio

Deux légendes sont inhérentes à notre nez. La première est l’effet Pinocchio. Dans le roman de Carlo Collodi, le personnage voit son appendice s’allonger à chaque mensonge. Que nenni, c’est au contraire un infime rétrécissement qui s’opère avec la diminution de sa température lorsque qu’un bonimenteur sévit. Ce fut démontré par des chercheurs espagnols, dont le docteur Emilio Gómez Milán. La seconde concerne le lien hypothétique entre le nez et le pénis. Scientifiquement infondée, une rumeur évoque la correspondance possible avec les doigts, plus particulièrement l’index. Evangelos Spyropoulos, médecin à l’hôpital d’Athènes, a étudié une cinquantaine d’individus mâles. Après les avoir mesurés sous toutes les coutures, la seule relation qu’il a trouvée, c’est justement avec la taille de l’index ! Hypothèse qui pourrait s’expliquer par les gènes Hox. Inutile, mesdames et messieurs, de scruter les mains de chaque homme pour en tirer des conclusions. À supposer que ladite relation entre doigt et pénis se confirme, elle serait statistique et en aucun cas systématique.

Fidel Plume

Équilibriste des mots, j'aime à penser qu'il existe un trésor au pied de chaque arc-en-ciel. Un sourire éclaire la journée de la personne qui le reçoit. Elizabeth Goudge disait : « La gratitude va de pair avec l'humilité comme la santé avec l'équilibre. »

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