Blog

  • Les services de police infectés par ransomware

    Les services de police infectés par ransomware

    Enfant, tous nous avons incarné les gendarmes et les voleurs, ou encore à la balle aux prisonniers. Imaginez-vous que cette fois-ci les rôles s’inversent. Mais d’autant plus inquiétant, les preuves de leurs larcins s’exposent, rendant compliqué le travail des forces de l’ordre. Voici le légendaire jeu des « gendarmes et des voleurs » version 2.0. Différents postes de police aux États-Unis comme au Royaume-Uni, bureau de procureur, avec les données des délinquants, des victimes et des personnes sous protection et anonymisation en accès libre.

    Le département de police de l’Illinois aux États-Unis subit une attaque par code malveillant en 2017. Le pays de Lincoln, dont la capitale est Springfield, est à nouveau visé, via les opérateurs derrière le ransomware « Dopple ». Tous les renseignements à la disposition du procureur général de l’Illinois sont désormais diffusés, soit plus de 200 GB. Mais ce dernier n’est pas un procureur à proprement parler, il est l’équivalent du ministre de la Justice en France, le garde des Sceaux.

    La police américaine infectée par les ransomwares

    Sur l’Hexagone, il est un magistrat qui dirige les poursuites de la société envers la personne mise en examen. Les informations auxquelles il a accès sont gigantesques, et extrêmement sensibles. Les procès-verbaux, les enregistrements audios, les dépositions, les civilités des condamnés, leurs casiers judiciaires, les prénoms et noms des policiers, leurs adresses, mais pas seulement.

    Donnée; ransowmare, fuite

    Le patronyme des victimes de délits, de crimes, de viols divulgués, avec leurs dossiers complets (adresse, témoignage, photos…). Comme le programme de confidentialité des adresses de l’Illinois (ACP). Il fournit aux victimes de violences domestiques, d’agressions sexuelles et de harcèlement criminel, ainsi qu’aux membres de leur famille, une adresse de remplacement à utiliser comme adresse de domicile, d’école et de travail, au lieu de l’adresse réelle figurant dans les registres publics.

    Les rapports d’intervention des forces de l’ordre de l’Illinois font état des violences, avec victimes et auteurs présumés. (Crédits : capture d’écran)

    Aucune n’est épargnée, la police de la capitale américaine en est la preuve. Les opérateurs derrière le ransomware « Babuk » affichent la couleur. Parmi ces informations sensibles figurent la liste des membres, dont certains en infiltration dans des enquêtes criminelles ou le profil « d’indics », fournisseurs de précieuses précisions pour les autorités. Si les identités de ces personnes étaient mises à jour ou partagées avec des gangs, leurs vies pourraient être en danger.

    « Nous sommes conscients d’un accès non autorisé sur notre serveur. Alors que nous déterminons l’impact complet et continuons à examiner l’activité, nous avons engagé le FBI pour enquêter pleinement sur cette question », communique le département de la police métropolitaine de Washington D.C. La menace des opérateurs est explicite : « […] si aucune réponse n’est reçue dans les 3 jours, nous commencerons à contacter les gangs afin de drainer les informateurs, nous continuerons à attaquer le secteur de l’État des États-Unis, FBI CSA […] ».

    Sur le continent américain, les USA subissaient déjà de nombreuses attaques en 2017 (comme la police de l’Illinois), comme le démontre cette carte. (Sources : Techtalk)

    carte, USA, police

    « Le fait que des données d’une nature aussi sensible aient pu être consultées par des pirates en dit long sur la qualité du service que les élus fournissent à cette ville. Ce qui est ironique, c’est qu’à une époque où les policiers sont pris pour cible par leurs dirigeants pour de prétendus méfaits, ce sont en réalité leurs dirigeants qui sont vraiment incapables de respecter les normes », a déclaré Gregg Pemberton, président du syndicat de la police de Washington D.C.

    Du ransomware à la violation de données en Angleterre

    À l’heure de la 5G, du tout internet et du tout électrique, la menace est plus que réelle. L’évolution des technologies a permis à des millions d’entreprises du monde entier de mettre au rancart leurs classeurs et de passer, lentement mais sûrement, au tout dématérialisé. Mais ont-ils pensé à la sécurité de leurs systèmes d’information ? C’est moins sûr !

    Pharmacie, Boots, Londres

    À l’époque où les stylos et le papier avaient cours, nous pouvions enfermer les documents sensibles sous clé. Mais, comme nous avons déplacé nos activités en ligne, sur ordinateur, smartphone ou dans les nuages (Cloud computing) la protection est devenue plus difficile, au fur et à mesure.

    En 2016, au Royaume-Uni, Tesco a vu ses clients se faire voler 2,6 millions de livres sterling après le piratage de plus de 10 000 comptes bancaires. La chaîne de supermarchés a été condamnée à payer une amende de 16,5 millions de livres par la Financial Conduct Authority, et a dû rembourser tous ses clients. La sécurisation des systèmes d’information a un coût, mais sûrement moins que 19,1 millions de livres sterling (22,2 millions d’euros).

    (Crédits : Michaelpuche/Shutterstock)

    En 2017, la chaîne de pharmacies Boots a été confrontée à une violation potentielle des données de quelque 150 000 clients. Elle a suspendu les règlements par carte de fidélité après les tentatives pour s’octroyer les mots de passe des différents comptes. L’organisme représentant plusieurs chaînes de pharmacies au Royaume-Uni avait mis en place une « équipe de crise » pour contrer les cyberattaques.

    Rien n’est totalement sécurisé

    Les data sont potentiellement de l’argent, comme l’explique le dernier numéro de Cash Investigation sur France 2 : « Nos données personnelles valent de l’or ». Les différents commissariats possèdent des données sur tout un chacun, car ils accèdent à de nombreux sites gouvernementaux et conservent, pour leurs enquêtes, de nombreuses informations (immatriculation, délinquant sexuel, historique judiciaire, dépôts de plainte, coordonnées…). Un site s’est intéressé au problème outre-Manche. Dans l’article, le journaliste David Janssen révèle que l’année 2020 fut prolixe.

    Commissariat de policeViolation de données en 2020
    Lancashire Constabulary594
    Police du Sussex334
    Humberside Police230
    Service de police d’Irlande du Nord194
    Durham Constabulary125
    Police des West Midlands119
    Leicestershire Constabulary118
    La liste est longue et compte 23 entités des forces de l’ordre. En 2021, les attaques ne cessent pas, ainsi la police du Sussex en enregistre 62, West Midlands 37, le nord du Pays de Galles 24 et le Wiltshire Constabulary 12. (Sources : VPNoverview)

    Le FSB, cible de cyberattaques

    La nouvelle peut surprendre et ravir les aficionados de James Bond. La fiction devient réalité, car cette dernière est issue de l’agence de presse anglaise, Reuters. Le service de sécurité de la Fédération de Russie a subi des attaques des systèmes d’information. Des opérateurs étrangers ont compromis, selon le rapport, des agences fédérales russes dans le cadre d’une campagne d’espionnage numérique. Les responsables russes qualifient de « sans précédent par son ampleur et sa sophistication ».

    Chose inhabituelle, des détails techniques supplémentaires divulgués sur le fonctionnement interne des deux souches de logiciels malveillants. Le compte rendu indique également que les délinquants ont utilisé les installations de stockage en cloud des principales entreprises technologiques russes, Yandex et Mail.ru, pour exfiltrer des données. Andrei Nekrasov, chef du département principal d’organisation et d’analyse du bureau du procureur général de la Fédération de Russie, a indiqué lors d’une interview accordée à l’agence TASS, la situation de la cybercriminalité en Russie. Il indique les raisons de sa croissance continue, du travail des forces de l’ordre et des mesures proposées pour endiguer la vague de cybercriminalité.

    Andreï Nekrasov est le chef du département principal d’organisation et d’analyse du bureau du procureur général de la Fédération de Russie. (Crédits : Service de presse du bureau du procureur général)

    « Si ce rapport était un effort de signalisation par le gouvernement russe à un service de renseignement occidental — comme beaucoup l’ont prétendu —, alors c’était un signal très subtil », déclarait Stefan Soesanto, chercheur en cyberdéfense, à Reuters le mercredi 26 mai 2021. Ledit document a été publié conjointement par Rostelecom-Solar (division de cybersécurité du géant russe des télécommunications Rostelecom), et le Centre national de coordination des incidents informatiques (NKTsKI), une organisation de type CERT créée par le Service fédéral de sécurité (FSB) russe en 2018.

    Les problèmes de sécurité liés à l’utilisation des technologies modernes sont légion. Ces dernières années, le nombre de délits commis à l’aide des systèmes d’information a atteint une telle ampleur que cela permet aux instances russes d’en parler comme d’une menace pour la sécurité nationale.

    En 2020, la tendance négative n’a fait que s’intensifier. « La croissance enregistrée de ces empiétements s’est élevée à 73,4 %, et leur nombre total pour l’année a atteint 510 300. De plus, s’il y a cinq ans, ces actes représentaient moins de 2 % de la structure globale de la criminalité, l’année dernière, ils représentaient déjà 25 % de tous les crimes enregistrés dans le pays. La croissance de ces crimes a été observée dans toutes les régions, la plus importante à Saint-Pétersbourg (de 2200 en 2019 à 19 500, soit 780 %) et dans la région de Leningrad (de 3000 à 7400, soit 143 %) », recueille le journaliste Alexander Shashkov. (Crédits : WikiImages/Pixabay)

    Dans un timing parfait, l’annonce a été faite alors que le Kremlin fait l’objet d’un examen de plus en plus minutieux aux États-Unis et ailleurs. Non seulement en raison du piratage de SolarWinds, que Moscou nie avoir commis, mais aussi en raison d’allégations selon lesquelles la Russie héberge sciemment des cybercriminels à la recherche de rançons. Néanmoins, le Kremlin voit un message positif dans les propos de Biden sur les règles de la lutte contre la cybercriminalité.

  • Suis-je complotiste ? (dernière partie)

    Suis-je complotiste ? (dernière partie)

    La xénophobie, ou la crainte de ce qui est étranger, voici ce qui a permis à de nombreuses personnes d’envahir, d’exterminer, d’accomplir des crimes contre l’humanité… En fait, tout ce que la bassesse humaine est capable de faire, la peur le permet. Le complot à travers la peur donne le pouvoir recherché, ainsi il ne saurait tarder de voir celle sur l’astéroïde Apophis. Une théorie du complot en plus ? Quelles sont-elles ? Intéressons-nous au SARS-CoV-2 et à tout ce qui l’entoure.

    Considérant qu’elle risquerait d’émerger d’ici quelques années, la NASA (National Aeronautics and Space Administration) confirme dès à présent qu’Apophis ne percutera pas notre planète. Concentrons-nous ! Les théories les plus répandues concernent John F. Kennedy, Lady Di, le SIDA et sa création secrète en laboratoire, la mission Apollo, la Terre est plate, Mark Zuckerberg serait un illuminati, les traînées d’avions dans le ciel ou chemtrails, des reptiles extraterrestres aux commandes, le 11 septembre 2001, les attentats de Charlie Hebdo et de l’Hypercacher, Pizzagate ou encore le Deep State, Ebola. Michael Jackson, Elvis Presley et Adolf Hitler ne seraient pas morts… Le complot ne connaît pas d’origine, si ce n’est celle de l’être humain. Ainsi l’assassinat de Jules César par Brutus son fils, la conjuration des Pazzi, celui des Poudres, Ravaillac ou le fou du roi, la conjuration des Égaux avec Gracchus Babeuf, le Reichstag qui brûle, la Cagoule ou encore l’extermination des Templiers… sont des complots, non des philosophies.

    Philippe IV le Bel et les Templiers

    « Si toutes les théories du complot ne sont pas aussi dangereuses que dans le cas d’une pandémie (certaines sont même inoffensives), l’adhésion à ce type de raisonnement peut conduire à la violence », écrit Caroline Weill. Le roi français, Philippe IV le Bel, avait contracté de nombreux emprunts auprès de l’ordre des Templiers. Ruiné, avec les caisses de l’État vides, une seule solution s’imposait, celle d’éliminer les problèmes, donc les créanciers.

    Croyance, templier, armure

    Ainsi le dernier des Capétiens n’aurait plus de dettes et récupérerait le trésor des hommes à la Croix rouge, en charge de l’argent des croisés.

    Accusés de tous les maux, notamment de pratiquer des obscénités, de cracher sur le crucifix en reniant le Christ, ils sont sur ordre du souverain arrêtés le 13 octobre 1307, un fameux vendredi.

    Jacques de Molay, qui occupait la fonction prestigieuse de grand maître de l’ordre du Temple, assistait la veille, au côté du roi, aux obsèques de Catherine de Courtenay, épouse de Charles de Valois. (Crédits : DangrafArt/Pixabay)

    La commune de Poitiers joue un rôle important dans le déroulement de l’affaire des Templiers, car c’est là que réside le pape Clément V, en 1308, avant l’installation de la papauté en Avignon. C’est donc à Poitiers que des commissions d’enquête ecclésiastiques ont été envoyées. C’est également là que les discussions entre le pape et les émissaires royaux ont contribué à légitimer partiellement les procès contre l’ordre.

    Il sera arrêté dans la maison cheftaine de l’Ordre, à Paris. Au soir du 11 mars 1314, Jacques de Molay et Geoffroy de Charnay sont livrés aux flammes, sur l’« île aux Juifs », et de ce bûcher, Jacques de Molay lancera sa malédiction.

    « Pape Clément ! Roi Philippe ! Avant un an, je vous cite à comparaître au tribunal de Dieu pour y recevoir votre juste châtiment ! Maudits ! Maudits ! Soyez tous maudits jusqu’à la treizième génération de vos races ! »

    (Crédits : Marie-Christine Potteau/Pixabay)

    La malédiction du grand-maître allait s’avérer : Clément V meurt le 20 avril 1314 d’étouffement. Philippe IV le Bel décède dans la nuit du 26 au 27 novembre 1314 d’un ictus cérébral et ses trois fils mourront dans les douze années suivantes sans laisser de descendance mâle, mettant ainsi fin à la lignée directe des Capétiens. Inspirée de ces faits, l’œuvre de Maurice Druon, Les Rois Maudits, parait en 1977.

    La thèse de l’accident ressurgit

    Le Wall Street Journal relance celle d’un accident de laboratoire à Wuhan, en Chine. Ce dernier a affirmé avoir eu accès à des données inédites du renseignement américain. Selon ces indiscrétions, trois chercheurs de l’Institut de virologie de Wuhan avaient été atteints dès novembre 2019 de « symptômes compatibles à la fois avec ceux de la COVID-19 et une infection saisonnière ». Pékin a démenti les informations du Wall Street Journal, les qualifiant de « totalement fausses ». Aux États-Unis, l’hypothèse d’une fuite du virus d’un laboratoire chinois avait jusqu’ici surtout été alimentée par l’administration précédente.

    Trump, USA, covid

    Ainsi, selon les instances sanitaires, le nombre de décès du SARS-CoV-2 serait de 3 489 658 à travers le monde. Sur 168 105 518 cas, 149 494 595 sont en rémission, soit 15 121 265 actuellement infectés, avec 96 325 patients en situation grave ou critique (NDLR Au 25 mai 2021, 15 h GMT). « Je ne suis pas un complotiste, je ne pense pas que l’on organise la peur, je pense que le ministre de la Santé a peur, il a peur pour de bon », répondait le professeur Didier Raoult, directeur de l’IHU, au journaliste Bruce Toussaint, vendredi 16 avril 2021.

    Cette sensation réserve bien des surprises, amène à des gestes et postures que nous n’aurions jamais envisagés ni soupçonnés. « Il y a une contamination émotionnelle […] tous paranoïaques, tous peur les uns des autres, une obsessionnalité, toutes les autres pathologies n’existaient plus », explique la psychologue clinicienne et psychothérapeute, Marie-Estelle Dupont. (Crédits : Capture d’écran/independent)

    Dans une dépêche, il affirme « qu’il avait “très peu de doutes” que le COVID-19 provenait d’un laboratoire de Wuhan ! » Puis, dans un communiqué du 24 mai 2021, l’ex-président américain adopte un ton triomphant « maintenant, tout le monde reconnaît que j’avais raison quand j’ai très tôt déclaré Wuhan comme la source de la COVID-19 ». La vérité pourrait être révélée si et seulement si la République populaire de Chine donnait accès à toutes ses données et infrastructures. Autant croire au père Noël, à moins qu’un nouveau lanceur d’alerte apparaisse tels Julian Assange, ou Edward Snowden.

    Test PCR positif au Coca-Cola

    Les tests PCR positifs suite à l’ajout de Coca-Cola, comme en appui d’un article du New York Times du 29 août 2020, mis à jour le 29 avril 2021, une théorie d’un site rapporte que 90 % des gens auraient dû être négatifs lors de vérification d’infection. « En juillet 2020, le laboratoire a identifié 872 tests positifs, sur la base d’un seuil de 40 cycles. […] Dans le Massachusetts, de 85 à 90 pour cent des personnes qui ont été testées positives en juillet avec un seuil de 40 cycles auraient été jugées négatives si le seuil était de 30 cycles », a déclaré le Dr Mina.

    Tout est une question de chiffre et de perspective. En Inde, au 24 mai 2021, 303 720 décès sont à déplorer, soit 0,022 % de la population. À la même date, 108 658 Français ont succombé, soit 0,16 %.

    « Je pense effectivement que dans la panique il y a eu une espèce de surenchère et de focalisation sur le COVID qui n’a fait qu’apporter de l’eau au moulin aux gens, aux complotistes […] », Marie-Estelle Dupont sur la chaîne YouTube (fermée depuis par le géant du WEB) du conseil Me Di Vizio. « En temps de guerre, la vérité est si précieuse qu’elle devrait toujours être protégée par un rempart de mensonges », martèle Winston Léonard Spencer-Churchill.

    (Crédits : Kaboompics.com/pexels)

    Elle déclarait sur Sud Radio : « Je crois que les décisions qui sont prises au nom du bien sont quand même très souvent déconnectées de la réalité humaine et que malheureusement la vie ce n’est pas évité la mort et la santé, c’est contrôler une courbe statistique de circulation virale […] Depuis un an nous ne vivons plus pour une maladie qui n’est pas la peste noire […] L’être humain étant un mammifère, sa survie dépend des interactions et des contacts affectifs. »

    La surmortalité

    Dans un article du Monde, publié le 15 janvier 2021, les auteurs indiquent en titre : « la France a connu en 2020 la plus importante mortalité de son histoire récente », et écrivent que sur la totalité de l’année (2020), près de 667 400 décès ont été enregistrés, soit 9 % de plus qu’en 2018 ou 2019. Mais que représente l’histoire récente ? Estimons que l’examen de l’histoire récente réfère à l’anthropologie (la science de l’Homme) et à la sociologie (la science de la société).

    Considérons la mortalité, très récente, de 2017 à aujourd’hui.

    DateJanvier 2017Janvier 2018Janvier 2019Janvier 2020Avril 2020Janvier 2021
    Décès66 90058 61159 19156 10065 50065 500
    Évolution-12,39 %-11,52 %-16,14 %-2,09 %-2,09 %
    La comparaison des chiffres dépend toujours de l’abscisse et de l’ordonnée que vous préconisez pour votre étude et du message à faire passer. Mais également du point de référence. Comme les prévisions météorologiques depuis 1880 ou 1947, tout peut alors changer en terme de canicule. (Sources : INSEE)

    Néanmoins, si l’on admet que la femme et l’homme vivent et n’existent qu’à travers ses semblables — autrement dit à l’intérieur d’un système de relations sociales, économiques et culturelles qui lient entre eux les membres d’un même groupe —, on peut considérer que l’anthropologie et la sociologie poursuivent la même finalité : précisément l’étude de l’ensemble des productions sociales et culturelles dont ils sont à l’origine. Donc à la fin du XIXᵉ et début XXᵉ siècle.

    Existe-t-il des pics de mortalité de plus de 60 000 personnes avant 2020 ?

    Mois-Année01-4601-4701-4901-5102-5302-5601-6003-6303-6512-6901-7301-2017
    Décès70 90060 45387 86163 04873 02361 55660 41463 03864 17474 72564 76266 990
    Néanmoins, des surmortalités existent en janvier 1947, mars 1955, janvier 1957, mars 1962, mars 1968, décembre 1974, janvier 1997, janvier 2000, janvier 2009… Tout dépend de la comparaison que vous souhaitez et du message à transmettre. (Sources : INSEE)

    Comme suite à l’action de l’octogénaire, qui, à travers ses avocats, demandait au Conseil d’État de recouvrer ses libertés de mouvement, du fait de sa double vaccination, l’entité répondait négativement. « Le Conseil d’État considère que les restrictions de liberté sont justifiées quoi qu’il en soit pour l’instant », explique Me Clarisse Sand sur Sud Radio. Normalement, un principe en droit veut que le doute profite à l’accusé : « ici le doute doit profiter à la liberté ». Ce qui est très compliqué, c’est que nous sommes dans une situation où la loi impose un principe d’interdiction avec des exceptions. Le paradigme est inversé. Là où le bât blesse, il n’y a pas eu de débat scientifique. « Pas guidés par un désir de vivre, on est guidés par une peur de la mort. Quand vous êtes guidés par la peur, vous prenez des décisions irrationnelles, quand vous êtes guidés par le désir de vivre, vous construisez un chemin », justifie Marie-Estelle Dupont.

    Gouverner par la peur

    « Enfermer de force des gens bien portants ne peut et ne pourra jamais, à mon sens, être défini comme un remède », relate Marie-Estelle Dupont. Pourtant le chef de service de réanimation à l’hôpital Avicenne, Yves Cohen, exhortait le 26 mars 2021 sur LCI au contraire. « Sur le plan sanitaire, nous, nous partons pour des semaines devant nous parce qu’on n’a vraiment pas compris […] Donc, nous, on appelle fortement à un confinement réel, comme ce qui est passé en avril et mars 2020. »

    Peur, masque, combinaison

    Ce à quoi elle répondait : « On ne peut pas argumenter pour un confinement, surtout que si c’était vraiment efficace, on n’en serait pas au troisième. Cela rend les gens fous ! En psychiatrie, c’est terrible ce que l’on voit, monsieur. On a eu trois défenestrations en dix jours à Robert-Debré, en pédopsychiatrie, chez une population de 7-11 ans. À 7-11 ans, on ne se suicide pas, monsieur, on joue aux Pokémon. »

    La peur engendre un sentiment de sécurité en ne sortant pas de chez soi, en restant en télétravail, en distanciel. N’avez-vous pas croisé des personnes qui, surprises de votre apparition à un croisement de rues, reculent pour être à bonne distance, ou cette personne qui s’écarte de peur de n’être à moins de deux mètres de vous, alors que vous portez ce magnifique masque ? (Crédits : Elliot Alderson/Pixabay)

    Ou bien encore, celle qui, habituée aux remarques du monde du travail, vous indique que si elle ne s’approche pas de vous, c’est qu’elle a… une angine, voici le visage de la peur, le syndrome de la cabane. Identifiés au début des années 1950 grâce aux chercheurs d’or aux États-Unis qui restaient des mois entiers dans des cabanes et, lors de leurs retours à la vie « normale » avec femme et enfants, n’arrivaient plus à s’adapter. Il perdure au-delà du déconfinement décidé par le président de la République, Emmanuel Macron.

    Le complot rend intelligent

    Autre peur : le passage de l’hygiénisme à l’hyperhygiénisme. Le premier a permis de sauver des vies, notamment la mortalité infantile, mais le second devient une dérive psychopathologique, d’autant que plus nous sommes protégés et stériles, plus nous sommes faibles immunitairement. Mais jamais la peur n’a soigné, au contraire elle peut provoquer l’alexithymie.

    Yeux, bleu, film

    Elle est une incapacité à identifier, ou exprimer ses émotions. Ce trait de personnalité est communément observé parmi les patients présentant des troubles du spectre autistique et des symptômes psychosomatiques.

    Les neuromédiateurs qui participent à l’équilibre cérébral, la dopamine, la sérotonine, etc. se synthétisent dans l’intestin, et nos défenses immunitaires sont à 80 % sous la responsabilité de nos tubes digestifs (attention, la pensée est créatrice : se faire un sang d’encre, se mettre la rate au court-bouillon…).

    (Crédits : Lucy de Luc Besson)

    Alexandre Astier, interviewé sur les conspirations, est persuadé que nous sommes allés sur la lune, mais ne se sent pas crédule pour autant. « Le complot donne à des gens l’occasion de résister, d’être intelligents parce qu’on ne la leur fait pas, ils ne veulent pas gober ce qu’on leur dit, c’est hyper sain. » Autrement dit, avoir la faculté de comprendre, mais aussi l’ensemble des fonctions mentales ayant pour objet la connaissance conceptuelle et rationnelle. Il faut croire, mais pas trop facilement et trop naïvement, des choses même invraisemblables, ne pas être crédule en fait. Quand tout parait flou, louche, incompréhensible, cherchez toujours d’où vient l’argent, et l’endroit où le papier-monnaie se dirige, ou bien de qui nous ne pouvons parler.

  • Avis de tempête au pays de vos données

    Avis de tempête au pays de vos données

    Le « pass sanitaire » vient d’être voté en France par les chambres basse et haute, afin de pouvoir participer, selon les dires des autorités gouvernementales, à des événements qui pourront regrouper plus de 1000 personnes. Dans le même temps, des fuites plus que conséquentes de documents d’identités, de renseignements médicaux, d’informations bancaires, d’adresses e-mail, de numéros de téléphone, d’identités numériques sont légion. Qu’en est-il des données, de vos données ? Seront-elles sécurisées ?

    L’infection d’AXA par le ransomware « Avaddon » affole la toile et le reste du monde. Mis à part le fait d’avoir touché un très gros poisson, cela démontre que les infrastructures doivent être renforcées, et les moyens mis en adéquation avec les risques encourus. D’autant qu’il s’agit de renseignements ultrasensibles. « Vous pouvez nous féliciter pour l’attaque réussie de l’entreprise, nous avons crypté AXA Asia dans les pays suivants : Thaïlande (Krungthai-AXA), Philippines, AXA Investment, Hongkong et Malaisie », se congratulent les opérateurs.

    Données médicales volées

    Ils revendiquent posséder trois téraoctets de données. Elles sont d’ordre médical (antécédents, y compris des comptes rendus sur le VIH, l’hépatite, les MST et d’autres maladies), les réclamations des clients, les paiements aux clients, toutes les pièces d’identité des clients, les comptes bancaires et tous les documents scannés des clients, mais pas seulement.

    Axa, ransomware, darkweb

    L’Agefi stipule que le matériel réservé des hôpitaux et des médecins (enquêtes privées pour fraudes, accords réservés, remboursements refusés, contrats et rapports, cartes d’identité, etc.) y figure également.

    Les données sont en libre accès lorsque les opérateurs du ransomware n’obtiennent pas la rançon escomptée. Des informations extrêmement sensibles sont livrées à tous, comme les quasiment 200 GB de la ville de Presque Isle dans le Maine, aux États-Unis.

    (Crédits : capture d’écran)

    La société comme les personnes assurées sont les victimes, à plus d’un titre, de la cyberattaque. Le principe de la double extorsion est de mise. L’ingénierie sociale peut alors utiliser ses données sensibles pour d’autres méfaits.

    Frappé deux fois de suite

    Il y a plus de deux mois que l’incendie chez OVH Cloud, à la veille de son introduction en bourse, le 10 mars 2021, rendait inaccessibles différents sites. Dans un mail interne qu’Agefi avait pu consulter, Axa France indiquait avoir été « victime d’une extraction non autorisée de données concernant certains collaborateurs d’Axa en France ». Ainsi, début mai, ce sont 7500 actuels et anciens salariés de 55 ans et plus qui ont vu leurs civilités complètes divulguées.

    Leurs adresses, numéros de sécurité sociale… ont fuité à la suite du feu, fragilisant les serveurs dans lesquels un des fournisseurs d’AXA hébergeait ses données. La dernière société à subir une infection est Acer Finance, basée à Paris, qui est une société de gestion de portefeuille.

    Elle venait d’annoncer le 21 avril 2021 que « Laillet Bordier et Acer Finance fusionnent pour donner naissance à LB&AF ». Le message des opérateurs est sans appel. Les données sont cryptées et la menace de divulguer toutes les informations est réelle. Cathar Games a vu 779,06 GB de documents compressés en libre accès. (Crédits : capture d’écran)

    Communiqué, rançon, fuite

    Quelques jours auparavant, c’est la Fédération des syndicats des métiers de la prestation intellectuelle, du conseil, de l’ingénierie et du numérique de plus de 3000 TPE-PME, CINOV. Après la fuite datant de 2019, qui ressurgit en 2021, donne entrée à 20 millions de comptes de Français sur le réseau « social » Facebook, et les données de santé de 500 000 personnes en France au mois de février 2021.

    500 000 dossiers médicaux

    De son côté, la CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés) avait annoncé mercredi 24 février 2021 qu’elle avait lancé une enquête pour savoir si les sociétés (dont les données ont été volées) ont manqué à leurs obligations. En plus de prodiguer des consignes de sécurisation des données, le RGPD impose aux entreprises ayant subi une violation de leurs données de le signaler.

    données, web, dark

    Or la CNIL avait déclaré ne pas en avoir été avertie. Peut-être plus inquiétant, s’il en est, l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) annonçait ce même mercredi 24 février 2021 qu’ils avaient identifié l’origine de cette fuite de données dès le mois de novembre 2020, et informé le ministère de la Santé, Olivier Véran.

    « Les recommandations nécessaires ont été données par l’ANSSI pour traiter l’incident. »

    (Crédits : capture d’écran)

    Le groupe Stelliant aurait été victime d’une offensive malveillante dans la nuit du 14 au 15 mai 2021, qui paralysait certaines de ses activités depuis ce week-end. Le spécialiste de l’expertise travaille actuellement au redémarrage de ses systèmes. De l’autre côté de la mer du Nord, l’Irlande a subi également, dans la période, une infection.

    « Il y a une attaque ransomware importante sur les systèmes informatiques de HSE. Par précaution, nous avons arrêté tous nos systèmes informatiques afin de les protéger de cette attaque et de nous permettre d’évaluer pleinement la situation avec nos propres partenaires de sécurité », tweetait l’organisme.

    La maternité Rotunda de Dublin a prévenu que toutes les visites ambulatoires avaient été annulées, sauf pour les femmes enceintes d’au moins trente-six semaines, « en raison d’un grave problème informatique ».

    Le docteur Fergal Malone, responsable de cette maternité, a expliqué à RTE que l’attaque visait des ordinateurs stockant des dossiers médicaux. (Crédits : Jonathan Borba/Pexels)

    Maternité, bébé, femme

    « Il n’y a pas de problème pour la sécurité des patients », a-t-il assuré et l’hôpital est passé en mode dégradé avec les dossiers papiers. « Mais évidemment, le débit sera beaucoup plus lent », a-t-il déclaré.

    Le « Pass Sanitaire » est-il sécurisé ?

    Clément Beaune, secrétaire d’État en charge des Affaires européennes, indiquait au Sénat que la version française du « pass sanitaire » serait « soumise, avant toute mise en œuvre, à l’avis de la CNIL ». Elle possède un pouvoir tout relatif de recommandation, souligne le journaliste Olivier Tesquet, interviewé par Salomé Saqué, sur Blast. L’exemple des caméras intelligentes de Datakalab, pour mesurer le port du masque dans les transports en commun, est criant de vérité.

    QR-Code, pass sanitaire, covid

    La CNIL émettait des recommandations, mais l’État est passé par un décret. Les nouvelles sanctions que la CNIL, hormis le caractère pénal, peut prononcer sont :

    • Une astreinte
    • Le retrait d’une certification
    • Le retrait d’agrément
    • Des amendes administratives (de 4% du CA mondial à concurrence de 20 millions d’euros)

    Dématérialisé, le dispositif pose évidemment la question de la protection des données. Selon le gouvernement, les données sont chiffrées et restent en local sur le terminal téléphonique des usagers. Ce dernier assure que l’application ne garde rien en mémoire pour scanner les codes. Grâce à l’usage de ces QR code, les autorités ou effectifs habilités n’ont par ailleurs accès qu’aux informations qui leur sont utiles selon le gouvernement : « Quand vous tendrez votre pass, la seule chose qui apparaîtra à l’écran sera du vert ou du rouge. Personne ne saura si vous pouvez vous déplacer grâce à un vaccin ou un test PCR », déclarait Cédric O, secrétaire d’État en charge du numérique, sur Europe 1.

    La cocasserie du « pass sanitaire » vient de l’interview du maire de Nice, Christian Estrosi, par Jean-Jacques Bourdin, sur BFM-TV le 30 mars 2021. « Je suis en faveur d’un pass sanitaire tout de suite […] ce qui permettrait de libérer un certain nombre d’activités au plan culturel, au plan commercial […] muni de ce pass sanitaire, et la condition naturellement serait que vous n’ayez à aucun moment refusé d’être vacciné […] », explique l’édile. « C’est presque de la vaccination obligatoire », questionne le journaliste. (Crédits : Juliettpapa97/Wikipedia)

    « Non, ça veut dire que vous acceptez de ne plus participer à un certain nombre d’activités où vous pourriez être contaminant. » Autrement dit, vous avez le choix d’approuver votre vaccination obligatoire pour vous rendre sur la promenade des Anglais. Endroit même où la reconnaissance faciale était testée lors du carnaval. Un sondage demandé par BFM-TV posait la question suivante : « Vous personnellement, seriez-vous favorable ou opposé à la mise en place de ce “pass sanitaire” permettant aux personnes ayant un test négatif récent ou étant vaccinées d’accéder à certains lieux (stades, salles de concert, voyages, etc.) et interdisant à celles n’ayant pas de test négatif ou non vaccinées d’y accéder ? » Près de deux tiers des personnes interrogées sont favorables (63 %), dont plus de 71 % de ces personnes ont plus de 50 ans. Concernant la sécurité, chiffrée ou non, il faut se rappeler qu’avant d’être ajoutés à « TousAntiCovid », les résultats de tests et autres certificats sont, quoi qu’il arrive, centralisés sur la plateforme sidep.gouv.fr et, aussi protégée soit-elle, aucun système informatique n’est infaillible. Mélangez toutes ces données, les confidentielles, celles qui ont fuité, celles qui échappent à tout contrôle, épicez de la loi de sécurité globale, saupoudrez de reconnaissance faciale, vous obtenez un cocktail explosif. Sachant qu’« il n’y aura pas de retour en arrière… »

  • Suis-je complotiste ? (2ᵉ partie)

    Suis-je complotiste ? (2ᵉ partie)

    La crise mondiale due au SARS-CoV-2 pose question sur l’information et son rayonnement. Deux termes sont apparus, le premier « fake news », dont la publicité fut faite par l’ancien président des États-Unis, Donald Trump. Puis les « deepfakes », extrêmement plus dangereuses, car on peut faire dire n’importe quoi à n’importe qui. Qui sont ceux qui diffusent les fausses données, les fake news ou les infox ? Qu’en est-il de la vérité lorsque l’intelligence artificielle deviendra plus que performante ?

    Les complotistes mettent en doute chaque média, chaque renseignement et chaque journaliste. Sun Tzu dans « L’Art de la guerre » décompose ses savoirs en treize chapitres. Le dernier, et pas des moindres, s’intitule « De la concorde à la discorde ». Il y dresse cinq types de discordes. Elles sont dans les villes et villages, extérieures, entre les inférieurs et les supérieurs, de la vie et de la mort. Ainsi l’utilisation des dissensions à travers l’usage intensif de l’espionnage est le plus sûr moyen d’user et d’abuser de ces dernières.

    La discorde : union des complotistes ?

    Qu’est-ce que la discorde ? Selon Le Larousse, elle se définit par le « désaccord, dissentiment violent qui oppose des personnes entre elles et les dresse les unes contre les autres ». Plusieurs synonymes aident à saisir la portée du nom féminin : « conflit – désunion – division – querelle – zizanie ». Ainsi vous comprendrez aisément que la guerre est celle du contrôle de l’information, et de ses systèmes.

    Personnages, sensations, vérités

    « Les grands généraux en viennent à bout en découvrant tous les artifices de l’ennemi, en faisant avorter tous ses projets, en semant la discorde parmi ses partisans, en les tenant toujours en haleine, en empêchant les secours étrangers qu’il pourrait recevoir, et en lui ôtant toutes les facilités qu’il pourrait avoir de se déterminer à quelque chose d’avantageux pour lui. » (Sun Tzu, L’Art de la guerre)

    En 2020, le rapport Reuters propose un éclairage extrêmement intéressant et de nombreuses données. Ainsi, il montre la proportion de personnes ayant utilisé différentes sources pour s’informer. Elles sont la télévision, la presse écrite, l’Internet et les réseaux sociaux.

    Le graphique démontre le changement des habitudes. L’information traditionnelle est la grande perdante. Elle représentait, en 2013, 64,16 % des auditeurs, pour chuter d’un quart pour atteindre 47,57 %.

    Ce qui permet logiquement aux autres de croître, l’Internet en général. Ce dernier progresse de 20 %, passant de 27,88 % à 33,49 % des sources, pour occuper 52,42 % (35,84 % en 2013). Dans ce laps de temps, la proportion de terminaux téléphoniques, couramment nommés smartphones, arrive, en une décennie, à 9,038 milliards d’unités contre 5,275 en 2010 (Sources : Statista).


    (Crédits : John Hain/Pixabay)

    Dans ce nouveau paysage numérique, les réseaux sociaux sont devenus le principal théâtre d’opérations de la guerre de l’information. Leur force : la viralité. Leur faiblesse : l’absence de filtre. Propices à l’émotion, aux raccourcis et aux jugements hâtifs, ils transforment l’utilisateur en relais, souvent malgré lui. Des algorithmes, invisibles, mais puissants, favorisent les contenus polarisants, car ils génèrent plus d’engagements — donc plus de profit. C’est dans ce terreau que prospèrent les manipulations, les deepfakes et les campagnes de désinformation organisées, qu’elles émanent de groupes idéologiques, d’États ou d’intérêts privés.

    Voici la résultante à la question posée en avril 2020 : « Au cours de la semaine dernière, quelles sont les sources d’information suivantes que vous avez utilisées ? » La prédominance des réseaux égale la télévision.

    L’échantillon total est Royaume-Uni = 2191, États-Unis = 1221, Allemagne = 2003, Espagne = 1018, Corée du Sud = 1009, Argentine = 1003. (Crédits : Reuters)

    tableau, stats, vérité

    En quelques clics, une rumeur devient vérité pour des millions d’yeux. La discorde n’est plus seulement semée par des discours, elle est entretenue, démultipliée, orchestrée à grande échelle. Et lorsque les réseaux sociaux deviennent la première source d’information, la frontière entre réalité et fiction s’amenuise dangereusement.

    La culture de la désinformation

    Premièrement, la désinformation est l’utilisation des médias pour faire passer un message susceptible de tromper ou d’influencer l’opinion publique. Dans son acception générale, elle peut être définie comme la manipulation d’une cible déterminée à des fins politiques, militaires ou économiques, à l’aide d’une donnée traitée par des moyens détournés.

    Fake news, explosif, mensonge

    La désinformation est un art à part entière. Elle se décompose en plusieurs volets : la désinformation ; la mésinformation ; la réinformation ; la manipulation ; la déstabilisation ; les opérations de « false Flag » ou « deepfake » ; la propagande ; la guerre psychologique ; les morts suspectes.

    Elle désigne, selon Vladimir Volkoff, une technique qui consiste à fournir à des tiers des renseignements erronés, qui les conduisent à commettre des actes collectifs ou à diffuser des jugements souhaités par les instigateurs. Vient ensuite la mésinformation, ou mauvaise qualité du produit. Elle est due en partie à la course aux scoops, ou au besoin de rentabilité exacerbé des organes de presse. L’exemple du regain de violence au Proche-Orient fait à nouveau les gros titres de l’actualité, le conflit israélo-palestinien est « de retour ». (Crédits : Hartono Creative Studio/Pixabay)

    « Tout est parti, à mon avis, de l’action de la police israélienne la nuit de la prière durant le ramadan, des images de grenades lancées dans les mosquées. Avant, lors de périodes de fortes tensions, la police israélienne interdisait aux moins de 40 ans de venir à la mosquée », indique Charles Enderlin, ancien grand reporter et correspondant de presse, lors de l’émission « C Politique » dimanche 16 mai 2021. Le fond du conflit se résume en six dates :

    Remontons le temps… Le 4 novembre 1995, le Premier ministre israélien Yitzhak Rabin, cheville ouvrière des accords d’Oslo entre Palestiniens et Israéliens, était assassiné par Yigal Amir, jeune Israélien. Dans la continuité, le sioniste religieux Baruch Goldstein est l’auteur le 25 février 1994 du massacre de 29 Palestiniens, dont sept enfants, et de 125 blessés dans la mosquée Ibrahim, à Hébron.

    Baruch Goldstein avait un autre admirateur : Itamar Ben Gvir. Actuel chef de l’organisation Otzma Yehudit (Puissance juive N.D.L.R.), radicalisé lors de la première Intifada, il a 19 ans à l’époque des faits, et est hostile au processus de paix. Il rejoint le parti Moledet, favorable à la déportation des Palestiniens, avant de rallier la mouvance kahaniste exclue de la Knesset en 1984 en raison de la discrimination raciale de son parti.

    « C’est un mouvement nationaliste et raciste israélien », assure Charles Enderlin, habitant à Jérusalem depuis 53 ans. L’homme ci-dessus est entré dans le « saint des saints », la Knesset, il est l’incarnation même de l’extrême droite israélienne.

    Itamar Ben Gvir, président d’Otzma Yehudit, au centre, à Jérusalem, le 22 mars 2021. (Crédits : Menahem Kahana/AFP)

    Foule, Israël, Knesset


    Le président d’Otzma Yehudit, Itamar Ben Gvir, a profité de son tout premier discours en plénière en tant que membre de la Knesset, lundi 26 avril 2021, pour insister sur le fait que les médias avaient procédé à un « assassinat » de son mentor, le rabbin radical Meir Kahane, écrit Jacob Magid. En omettant de manière fortuite ou volontaire d’indiquer que le militant d’extrême droite avait été condamné pour incitation à la violence et soutien à une organisation terroriste dans ses jeunes années. Est-ce de la mésinformation ou de la manipulation ?

    La réinformation, ou la vérité détenue

    Ce néologisme est usé par les personnes détenant « la vérité ». Elle part souvent d’un bon sentiment. Les médias sont le pouvoir ultime, galvanisant les foules, déstabilisant d’autres. Au sein d’une mondialisation du mensonge, ou de l’approximation politique, et de la manipulation de l’information, une minorité aurait en charge le rétablissement de la vérité.

    Krusi, réseaux, sociaux

    Ema Krusi, à propos du référé au Conseil d’État en France, et de son ordonnance, exhorte : « C’est incroyable, et c’est écrit noir sur blanc […] Les personnes vaccinées sont celles qui sont le plus exposées aux formes graves et aux décès ».

    Elle dit à juste titre dans cette vidéo postée sur Facebook que les textes juridiques sont rédigés pour se couvrir, chaque mot et ponctuation compte. Elle omet cependant et volontairement, à deux reprises (car elle lit le texte), le terme « aussi ». Consécutivement, elle affiche en encadré le texte tiré de l’article du Figaro. Aussi est un adverbe signifiant une relation d’égalité, également…

    (Crédits : capture d’écran)

    En remplaçant aussi par également, la phrase de l’article indique que les personnes vaccinées sont les mêmes qui sont également exposées aux formes graves et au décès. Oui, toutes les personnes qui dépassent l’espérance de vie à la naissance sont plus susceptibles de décéder. Sur le rôle des médias, Luc Bronner répond : « Les mots ne sont pas neutres ». En effet, chaque mot possède sa propre définition.

    Comme la machination, lorsque pris par le temps d’antenne, la durée d’un reportage, ou la longueur d’un article, on ne peut tout dire, des choix sont alors obligatoires pour que le reportage soit instructif et intéressant. Les adeptes des théories du complot s’introduisent dans cette brèche involontaire.

    Le Larousse définit la manipulation comme le fait d’amener quelqu’un insidieusement à tel ou tel comportement, le manœuvrer. L’incendie du Reichstag en février 1933, où les communistes furent accusés d’avoir mis le feu, est un parfait exemple. Les nazis profitent de cet acte pour invoquer un complot, interdire le Parti communiste et instaurer la dictature.

    (Crédits : Flickr/Pexels)

    Rouages, machine, mouvement

    Outre-Atlantique, Liz Cheney (fille du vice-président Dick Cheney), députée républicaine, et ancien numéro trois du parti dénonce et déclare : « Des millions d’Américains ont été manipulés par l’ancien président. Ils n’ont entendu que ses mots, pas la vérité, et il continue de fragiliser la démocratie américaine. » En cause, hormis les critiques envers Donald Trump, c’est son refus de soutenir sa rhétorique complotiste sur une fraude électorale lors de la présidentielle de 2020, qui lui vaut les foudres des républicains.


    Déstabiliser, propagande, deepfake, et morts suspectes

    Les opérations de déstabilisation sont monnaie courante. Elles peuvent être politiques, géopolitiques, économiques, culturelles… Les deepfakes le permettent, grâce aux technologies de l’intelligence artificielle et au deep learning. Elles peuvent superposer des fichiers audio ou vidéo existants sur d’autres fichiers déjà existants.

    USA, Army, deepfake

    Cette technique peut être utilisée pour créer des infox et des canulars malveillants. Prendre le visage d’un individu sur une vidéo, pour le remplacer dans des vidéos politiques ou pornographiques (revenge porn), mais également reproduire la voix d’une personne pour lui faire dire ce que l’instigateur souhaite. Cela peut se faire à des fins politiques, pour ruiner une vie, que la personnalité soit connue ou non, ou encore de propagande.

    Elle est un concept désignant des techniques de persuasion, mis en œuvre pour propager une idée, une opinion, une idéologie et stimuler l’adoption de comportements au sein d’un public cible. Ces techniques sont exercées sur une population, afin de l’influencer, voire de l’endoctriner, bon gré mal gré (Corée du Nord, Chine, Allemagne nazie…).

    Jouer sur l’affectif

    La propagande utilise la publicité, car cette dernière vise à modifier des choix, des modèles de société, des opinions et des comportements, et la publicité est de la propagande. Elle provoque des conflits, des guerres psychologiques, qui parfois deviennent armés. Ainsi sont déclenchés les drames perpétrés en Irak ou en ex-Yougoslavie.

    La propagande sert à vous faire des choses dont vous n’auriez peut-être pas envie. L’affiche d’enrôlement américain, avec « I Want You for U.S. Army », de James Montgomery Flagg (1877-1960) lors de la Première Guerre mondiale. (Crédits : Library of Congress Prints and Photographs Division Washington, D.C.)

    Colin Powell fut un exemple et l’instrument de l’administration sous Georges W. Bush. « Il ne peut faire aucun doute que Saddam Hussein a des armes biologiques en nombre suffisant pour tuer des centaines de milliers de personnes. Grâce à des laboratoires mobiles clandestins qui fabriquent des agents atroces tels que la peste, la gangrène gazeuse, le bacille du charbon ou le virus de la variole. Nous avons une description de première main de ces installations de la mort », s’exprime-t-il le 5 février 2003, au siège des Nations unies.

    Dans une interview à L’ObsColin Powell : comment la CIA m’a trompé », 3 mars 2013), il avouait avoir seulement trois jours pour préparer son discours, et « à partir d’un texte rédigé par un conseiller du vice-président Cheney » et bien « évidemment, je pensais que la CIA avait vérifié ses informations. »

    Et il ajoutait : « Dix ans plus tard, Tenet n’a toujours pas reconnu que celles-ci étaient fausses ! Pas une fois, il n’a expliqué pourquoi ses services avaient écrit, par exemple, que Saddam Hussein avait des centaines de tonnes d’armes chimiques, alors qu’il n’en possédait pas un gramme ! ».

    Colin Powell à l’ONU montrant un tube indiquant que ceci est de l’anthrax comme preuve des centaines de tonnes d’armes chimiques détenues par Saddam Hussein. (Crédits : capture d’écran INA)

    Onu, Powell, fake news

    Mais la guerre de l’image et de l’influence ne se joue plus seulement sur les plateaux de télévision ou à la tribune de l’ONU. Elle se livre désormais sur les réseaux sociaux, devenus les premiers vecteurs de diffusion de l’information — ou de perversion. Ces plateformes sont le théâtre d’une bataille cognitive continue où se mêlent vraies alertes, infox virales et narratifs toxiques. Les algorithmes de recommandations, les bulles de filtres, les bots automatisés et les campagnes de désinformation ciblée (Cambridge Analytica) permettent de manipuler les perceptions, d’orienter les émotions et de polariser les débats. Une vidéo trafiquée, un tweet mensonger, une image sortie de son contexte suffisent à faire basculer l’opinion publique, à allumer des incendies sociaux ou à renforcer les discours radicaux. Ce n’est plus seulement la propagande qui s’adresse à la foule, c’est la foule elle-même qui devient relais, caisse de résonance, et parfois même bourreau volontaire. Il ne reste que les morts suspectes : « Qui a tué Lady Di ? » C’est la théorie du complot qui a le plus d’adeptes, juste après la dangerosité des vaccins. À suivre…

  • Allons vivre et danser !

    Allons vivre et danser !

    Qui ne rêve pas à l’heure actuelle d’aller danser sous une boule à facette. Puis, sortant à l’aube du club, grâce à Vénus, déesse de l’amour, vous grimpez, accompagné dans votre Twingo direction l’océan… quand vous tombez nez à nez avec les « Poulets » ! Savez-vous d’où leur provient ce sobriquet ? Venez, je vous emmène en périple, à travers l’histoire des noms et des objets qui nous entourent !

    La boule à facette est pour les moins de vingt ans une chose inconnue que les vieux se remémorent. Elle est évoquée lors des soirées trépidantes, en y allant du « C’était mieux avant ! ». Sérieusement, vous avez juste perdu une partie de votre insouciance qui caractérise les jeunes années. Tandis que les 2003 vous invectiveraient de la sorte : « Y a que des schlags et des dalleux dans cette boite ! – Mais grave ! On se natchave ! ». Bref… « Ne vous en déplaise, éployer vos ailes ! Nous partons au début du siècle dernier. » Alors que l’ampoule électrique fut l’invention de Thomas Edison, en 1879, peu de temps est nécessaire pour en tirer parti. Une demande de brevet est déposée par un ingénieur américain, Louis Woeste en 1917. L’homme vivant à Cincinnati promeut l’innovation sous le nom de « Myriad Reflector ».

    La plus grosse boule à facettes fut installée en 2014 lors du festival de l’île de Wight, son diamètre mesurait 10, 33 m. (Crédits : Justin Vogt/Pixabay)

    Deux décennies plus tôt, la « mirror ball » (à ne pas confondre avec le 5e album de Neil Young) est mentionnée dans « The Electrical Worker ». La publication d’un syndicat d’électriciens du Massachusetts raconte le « dispositif lumineux spectaculaire » du bal annuel organisé au Roughaus Hall, à Charlestown. « Les initiales du groupe, N.B.E.W, étaient illuminées par des lampes incandescentes […] et une autre lampe clignotait vers une mirror ball. » Le premier avènement d’une boule à facette s’effectue au cinéma, grâce au film « Berlin, symphonie d’une grande ville » en 1927. Puis à la fin des années 50, elle apparaît dans le film américain « Certains l’aiment chaud ». Elle s’impose en incontournable du disco, allant jusqu’à faire partie des éléments notables de ce mode de vie, au même titre que les pantalons « pattes d’éléphant ». Elle connaît son heure de gloire dans les années 70 et 80 avec ABBA (Dancing Queen), Barry White (Let The Music Play), Boney-M (Rasputin), Boys Town Gang (Can’t take my eyes off you). Puis remise au goût du jour avec Donna Summer (Hot Stuff) et la version de KygoMusic (la boule à facettes arrive à 1 m 41 secondes), quand au tube de Gloria Gaynor, il est devenu un symbole depuis un certain 12 juillet 1998

    Vénus ou la lumière

    La planète Vénus est connue de tous, et pourtant. Elle est la deuxième du Système solaire par ordre d’éloignement, et sixième plus grosse (tant par sa masse que son diamètre). Si la plupart d’entre nous le désignent « Étoile du berger », Vénus est la déesse de l’amour, de la séduction, et de la beauté féminine dans la mythologie romaine. Néanmoins, saviez-vous qu’elle possédait également la dénomination de « Lucifer » ? Surprenant, en effet ! Lucifer signifie en latin « qui apporte la lumière » de « lux » (lumière) » et « ferre » (porter). Car dans l’astre du matin, qui n’est autre que Vénus précède le soleil. Elle annonce la venue de la splendeur de l’aurore, permettant au pâtre de trouver et guider son troupeau. Différents outils proposent une vision, plus ou moins abordable, de la voie lactée et complémentaire des observations traditionnelles. Ainsi, plusieurs logiciels ou applications sont accessibles tels SkyView, Stellarium, Celestia

    Vénus est au plus près de la constellation du Taureau. Cette dernière est traversée par le soleil entre le 14 mai et le 22 juin. Au-dessus se positionne Mercure, la Lune quant à elle est située, sur l’instantanée, entre les cornes, tandis que le soleil est l’étoile la plus prégnante et brillante. (Crédits : SkyView)

    À bord de la twingo

    La production de la twingo, reconnaissable à son avant et ses phares en forme de tête de grenouille, est stoppée le 27 janvier 2021. Du projet X-06 à sa première commercialisation, un accouchement de 33 mois, pour succéder sa grande sœur, la « 4 L ». La fabrication effectuait sur une chaîne de robot automatisé à 86 % raconte Génération Twingo sur leur site. En effet, Renault cherchait à trouver une remplaçante à sa célèbre Renault 4. Cette dernière, construite des années 1961 à 1992, voyait le nombre de véhicules vendu à plus de 8 millions d’exemplaires. Elle est la trente-quatrième voiture la plus distribuée au monde, et quatrième Française. Le classement des automobiles les plus commercialisées de l’Histoire s’affiche sur le site Auto-Moto, dont quatre Françaises sur trente-quatre :

    • 19e, Renault Clio, 15, 5 immatriculations depuis 1991
    • 32e, Citroën 2CV, 9 millions d’immatriculations entre 1948 et 1990
    • 33e, Peugeot 206, 8, 4 millions d’immatriculations entre 1998 et 2013
    • 34e, Renault 4, 8, 2 millions d’immatriculations entre 1961 et 1992
    Génération Twingo, organise des rassemblements annuels entre passionnés, raconte Ouest-France. (Crédits : DR)

    Rappelez-vous du slogan : « Twingo, à vous d’inventer la vie qui va avec ». Sa production s’est arrêtée après 28 années de bons et loyaux services, la twingo n’est plus. Un peu plus de 2, 6 millions d’immatriculations au compteur, mais connaissez-vous l’origine de son nom ? Décomposons pour mieux comprendre. Trois groupes de deux lettres pris à travers des pas de danse, à savoir, le TWist, le swINg et le tanGO constituent son patronyme. Elle figure treizième des voitures les plus volées en France en 2020.

    Eh bien mon cochon !

    Cette formule tend à souligner un constat réprobateur, voire laudateur, qui s’adresse à l’être humain. Cochon était aussi le surnom des policiers américains dans les années 70, décennies où le titre phare « Y.M.C.A. » des Village People sortait. Ainsi dans diverses contrées, femmes et hommes en uniforme portent des sobriquets divers et variés. Au Royaume-Uni, ils sont les sauterelles ou en anglais « grasshopper ». Cela fait référence au « squealer » à la personne qui communiquait des informations, communément « indic » comme Huggy-les-bons-tuyaux dans « Starsky et Hutch ». Ce terme provient de l’argot pour signifier « Grass » une herbe qui donne un tuyau au « copper », cuivre ou « flic ». Cela suffit à déclencher un surnom. Au pays d’Angela Merkel, ils sont appelés des taureaux. Au XVIIIe siècle, la force policière assurant l’ordre public était baptisée « Bohler », « Landbohwler » ou « Landpuller ». Les différentes formules trouvent leur origine dans le mot« Bol ». Cette locution est néerlandaise et signifie « tête » ou « personne intelligente ». Donc un « bohler », ou taureau est quelqu’un qui a un cerveau et agit avec sagesse, CQFD.

    Le 1er mai 1929 à Paris, un homme fouillé par un policier. (Crédits : Agence Meurisse/Gallica/BNF)

    En France, le terme « Poulet » est issu en partie de l’histoire de France. L’épisode de la commune en 1871, détruit de nombreux édifices publics dont la préfecture de Police, fondée sous Napoléon 1er. Le maire de Paris, Jules Ferry, met à disposition la caserne de l’île de la citée. Sauf qu’à cet emplacement se trouvait un ancien marché aux volailles. Il n’en faut pas plus pour que les Parisiens s’emparent et affublent les personnes en bleu dudit sobriquet. Une phrase passée à la postérité fut celle d’Yvonne de Gaulle, épouse du président et général. Suite à l’attentat du petit Clamart, elle s’exprimait « J’espère que les poulets n’ont rien eu ! » La première dame de France ne parlait en rien des forces de l’ordre chargé de la protection présidentielle, mais des volailles achetées chez Fauchon et placées dans le coffre, criblé de balles.

  • Cyberattaque d’un pipeline aux USA

    Cyberattaque d’un pipeline aux USA

    Colonial Pipeline, qui détient le plus grand oléoduc sur le sol américain, est infecté par un code malveillant. La police fédérale américaine refuse de communiquer quant au versement possible d’une rançon. Seule indication de la part du FBI, le ransomware DarkSide serait à l’origine de l’attaque. Un vent de panique concernant une hausse du prix des carburants, ou encore un impact sur l’économie, affole la population outre-Atlantique. Cet oléoduc transporte essence et diesel sur près de 9000 kilomètres à travers les États-Unis, de Houston (Texas) jusqu’au port de New York.

    Colonial Pipeline est la firme qui délivre quotidiennement plus de 380 millions de litres de fioul, elle a cessé toutes opérations samedi 8 mai 2021. La distribution représente quasiment 45 % des carburants consommés sur la côte est américaine. « Le 7 mai, la compagnie Colonial Pipeline a appris qu’elle était victime d’une attaque de cybersécurité », explique le groupe.

    Une faille dans les tuyaux de l’énergie

    Dans un communiqué laconique, Colonial Pipeline confirme avoir placé à l’arrêt toutes ses actions. « Nous avons mis certains de nos systèmes hors ligne par précaution afin de contenir la menace, ce qui a temporairement interrompu toutes les opérations de pipelines et affecté certains de nos systèmes informatiques. » En coulisses, l’information circule, le groupe est victime du ransomware DarkSide.

    Colonial, carte, USA

    Le président des États-Unis, Joe Biden, continue d’être régulièrement renseigné de l’incident du Colonial Pipeline, stipule le site de la Maison-Blanche. L’institution apprécie en permanence la répercussion de cet incident sur le ravitaillement en carburant de la côte est.

    « Nous surveillons les pénuries d’approvisionnement dans certaines parties du Sud-Est et évaluons toutes les mesures que l’administration peut prendre pour atténuer l’impact autant que possible. »

    Le locataire de la Maison-Blanche a ordonné aux agences du gouvernement fédéral de mobiliser leurs ressources pour aider à édulcorer les déficits là où ils se produisent.

    (Crédits : AFP)

    Des responsables américains ont cherché à apaiser les inquiétudes, soulignant que les répercussions ont été modestes jusqu’à présent. Pour autant, les prix de l’essence aux États-Unis avaient augmenté de 1,5 % lundi matin, d’après la BBC.

    Inquiétudes au Québec

    L’arrêt du pipeline a des conséquences immédiates : files d’attente interminables devant les stations-service, flambée des prix à la pompe, et crainte de pénuries dans plusieurs États du Sud-Est. Des mesures d’urgence sont prises pour réacheminer le carburant par voie terrestre ou maritime. Les aéroports de Baltimore, Atlanta, Charlotte ou encore Nashville devront décider quant à leur alimentation en kérosène, dès demain mercredi 12 mai 2021. Au Québec, le gestionnaire d’actifs des épargnes des travailleurs possède 1,5 milliard de dollars américains de participations.

    « Oui, la Caisse détient une participation dans Colonial Pipeline », corroborait le porte-parole de la Caisse de dépôt Maxime Chagnon, joint dimanche après-midi par La Presse.

    « Le ransomware DarkSide est responsable de la compromission des réseaux de Colonial Pipeline », confirme le FBI. Les enquêteurs ont déterminé l’origine de l’agression dès lundi, par deux faits. Le premier concerne le langage utilisé, le russe. Le second vise le codage, qui est réalisé pour ne pas s’attaquer aux entreprises qui usent de claviers russes, selon l’agence gouvernementale. Cette opération révèle au grand jour une nouvelle forme de vulnérabilité nationale. Pour la première fois, une cyberattaque non étatique paralyse un pan entier de l’économie américaine.

    (Crédits : Mikhaël Noury/Pexels)

    Québec, ransom, village

    « Nous continuons à travailler avec l’entreprise et nos partenaires gouvernementaux sur l’enquête. » Le président du Bureau ovale indiquait que rien ne permet pour le moment de conclure à une participation de Moscou. Le Kremlin a nié mardi être impliqué dans cette opération. « La Russie n’a rien à voir avec ces cyberattaques. La Russie n’avait rien à voir avec les cyberattaques perpétrées précédemment », souligne le porte-parole du Kremlin, Dimitri Peskov. « Nous rejetons catégoriquement toute accusation à notre endroit à ce sujet. »

    DarkSide, la face obscure du hacking rentable

    Apparu à l’été 2020, le rançongiciel DarkSide fait ses classes. Vraisemblablement issu de la sphère russophone, il se distingue dès ses premières attaques par un code sophistiqué et un modèle économique structuré : celui du RaaS, Ransomware-as-a-Service. Il repose sur la location de leur rançongiciel à des affiliés, en échange d’un pourcentage sur les rançons versées.

    Code, clavier, web

    L’organisation se revendique de proposer un « produit visant uniquement les grandes entreprises ».

    D’après plusieurs sources concordantes, Colonial Pipeline aurait payé 4,4 millions de dollars en cryptomonnaie pour recouvrer ses données. Le FBI parviendra à retracer une partie de la transaction et à récupérer une portion des fonds, soit 2,3 millions de dollars américains.

    Après 2021, plusieurs groupes cybercriminels apparaissent. Ils possèdent des méthodes similaires à celles de DarkSide, notamment BlackMatter et AlphV (BlackCat). Le modèle RaaS, quant à lui, continue de prospérer, décentralisant les attaques et brouillant les pistes d’attribution. (Crédits : Antoni Shkraba Studio/Pexels)

    Les spécialistes parlent déjà d’un tsunami numérique, non pas pour son ampleur destructrice, mais pour la prise de conscience brutale qu’il a provoquée. L’organisation fait sa dernière apparition le 13 mai 2021, la possible dispersion dans d’autres groupes similaires tels que Revil/Sodinokibi ou Ragnar Locker est avérée. La fin du ransomware REvil est actée par le FSB en 2022.

  • Suis-je complotiste ? (1ʳᵉ partie)

    Suis-je complotiste ? (1ʳᵉ partie)

    Le film « Hold-up » défraie la chronique le 11 novembre 2020, jour de l’armistice de la Première Guerre mondiale. Dès sa sortie, la population est scindée en deux, les personnes qui acquiescent, et celles réfutant la véracité inscrite sur la pellicule. Durant 163 minutes, les images posent des questions sur la pandémie due au SARS-CoV-2. Pour autant, sommes-nous tous des complotistes ? Mais qu’est vraiment une théorie du complot ? Un complotiste ? Sont-ils nombreux ?

    Est-ce qu’émettre des doutes, des interrogations envers les institutions, la parole de nos dirigeants fait de nous des adeptes de la doctrine… sûrement pas. Il est la résolution concertée secrètement et pour un but le plus souvent coupable, en droit, pour un attentat politique définit le Littré. C’est une atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation. Cette dernière est l’ensemble des êtres humains vivants dans un territoire identique, ayant une communauté d’origine, d’histoire, de culture, de traditions, parfois de langue, et constituant un groupe diplomatique.

    Les mécanismes à la base

    Le complot et la conspiration se retrouvent dans le sens de la cabale, dans son sens figuré. « Les menées secrètes de gens qui s’entendent pour un même dessein. Former des cabales. C’est un homme de cabale. On a fait, on a monté une cabale contre cette tragédie. » Ainsi les mécanismes de base se tiennent en cinq points. Le premier est l’opposition à une déclaration, ou thèse officielle, dont les instigateurs seraient des institutions politiques, des lobbies scientifiques voir des médias. Ainsi, les attentats du 11 septembre 2001 commis aux États-Unis ne seraient pas l’œuvre des terroristes, mais de l’administration Bush elle-même.

    Lady Di, Uk, princesse

    En deuxième, il serait la manipulation de l’actualité effectuée en coulisse par une organisation mondiale et confidentielle, dans ses propres intérêts. En France, Mohammed Merah aurait été un agent français, abattu pour permettre la réélection de Nicolas Sarkozy. Le hasard est la troisième composante. Rien n’est dû au hasard, le tremblement de terre secouant Haïti aurait été provoqué à l’aide d’une arme sismique « top secret » américaine. La mort de la princesse de Galles, dite Lady Di, émanerait d’une résultante de la famille royale britannique, et selon Mohamed Al-Fayed, père de Dodi décédé dans le même accident, par le biais du MI6.

    Manipulations et vérités

    L’empilement d’arguments, exact ou non, est l’avant-dernier rouage. Qu’ils possèdent des rapports entre eux ou pas, ils donnent une orientation différente de la mouture dite officielle. Les explications ne convenant pas à leur thèse, les contradictoires sont écartés. Ne reste que ceux qui appuient leur version de la vérité, ils font feu de tout bois. Les virus d’Ebola, du SIDA ou du SARS-CoV-2 seraient les œuvres des laboratoires à la solde des gouvernements. Le projet Apollo 11 est édifiant pour les « complotistes ». Enfin, toutes personnes n’adhérant pas à la théorie sont naïves. (Crédits : DR)

    À l’heure, des réseaux dits « sociaux » ou les informations se partagent sans prendre le temps de les vérifier ni de se poser des questions est légion. Ainsi, la vindicte populaire condamne une personne sans avoir un accès aux documents accumulés par la justice, les belligérants, et les preuves de l’accusation. Ils se fondent une opinion. La rumeur est un grand brouhaha indistinct d’origine quelconque, mais encore un ensemble confus de bruits, de sons, de voix provenant d’un lieu où de nombreux individus sont rassemblés définit Le Larousse. Elle est nommée « radio moquette ».

    Différencier rumeurs, désinformations et théories du complot

    Taper son code de carte bancaire, sur le clavier d’un distributeur de billets (DAB), à l’envers pour appeler la police. La fin du monde prédit par les Mayas en 2012, comme de porter sa bague de mariage à l’annulaire, car directement relié au cœur… Ainsi lorsqu’elle est confirmée, la rumeur devient renseignement authentique, dans le cas contraire, elle est fausse, voire de la diffamation ou pire de la désinformation. Cette dernière, bien plus dangereuse, puisqu’elle utilise les systèmes en place, pour induire en erreur, cacher ou travestir des faits.

    Les exemples ne sont pas rares, certains plus gros que les autres. En France, le nuage de Tchernobyl n’aurait jamais traversé le pays selon le gouvernement et les médias de l’époque. Tout comme l’invasion et la guerre en Irak, car Georges W. Bush connaissait l’existence d’armes de destruction massive.

    Quant aux théories du complot, elles proviennent régulièrement de nos peurs. Elles sont six, à savoir la mort, l’étranger, la maladie, la technologie, le progrès et la mondialisation, dans seul et unique but, à l’initiative de groupes tels les Illuminati, les francs-maçons

    Qu’allons nous faire cette nuit demande Minus à Cortex : « la même chose que chaque nuit, Minus, tenter de conquérir le MONDE ! », répond Cortex. (Sources : TF1.fr)

    Nuage, Tchernobyl, Russie

    Pour le reste, c’est un savant mélange, presque une formule magique issue d’un vieux grimoire. Au départ, quelques soupçons de mensonge, une pincée de crédulité, faire mijoter l’ensemble, et servir bien chaud. « Le mensonge et la crédulité s’accouplent et engendrent l’opinion », explique Paul Valéry (1871 – 1945).

    Le complot, la cabale, la brigue

    La brigue est individuelle, la cabale requiert une association de personne. Le complot diffère de la machination par son côté subversif et politique dont l’intention est le changement. Ces termes ont comme dessein commun l’expression d’une entente à plusieurs pour atteindre un objectif. Une conception de la conjuration mettrait en scène : « un petit groupe de gens puissants qui se coordonne en secret pour planifier et entreprendre une action illégale et néfaste affectant le cours des événements », selon Peter Knight, professeur de littérature et civilisation américaines à l’université de Manchester.

    Sion, Israël, invention

    Elles seraient issues des lettres puis de l’imaginaire des êtres humains. « Beaucoup de théories du complot sont nées dans des œuvres de fiction, qui ont ensuite été considérées comme réelles », martèle l’enseignant dans un article du Monde.

    L’exemple le plus parlant est « Les protocoles des sages de Sion », connu sous le titre original russe « Протоколы сионских мудрецов » ou « Сионские протоколы ». C’est un faux inspiré d’un roman allemand [Biarritz, d’Hermann Goedsche, 1868]. Lui-même calqué, voire plagié, d’un texte français paru fin XIXe [dialogue aux enfers entre Machiavel et Montesquieu, un pamphlet anti-bonapartiste publié par Maurice Joly en 1864]. Ce texte fut inventé, de toutes pièces, par la police secrète du Tsar en 1903. L’Okhrana, présente un plan de conquête établi par les israélites et les francs-maçons. L’antisémitisme fleurit en Europe au début du XXe siècle, et notamment en France, l’affaire Dreyfus en est le parfait exemple.

    Du pamphlet au complot

    Dans « Les Protocoles des sages de Sion », l’auteur décrit et dénonce les abus de pouvoir de Napoléon III, et les manipulations politiques utilisant les médias écrits durant le Second Empire. Pour information, la liberté de la presse en France est classée, en 2021, 34e sur 180 (25e en 2025) par Reporters sans frontières, pour n’être que 18e des membres de l’Europe, juste devant le Royaume-Uni (avant la loi de sécurité globale). Ce pamphlet lui vaudra l’emprisonnement.

    Cette idéologie d’une machination absolument montée de toutes pièces sera reprise par Adolf Hitler dans Mein Kampf. Elle l’utilise pour fomenter une théorie selon laquelle un ou plusieurs gouvernements seraient contrôlés par des israélites, ZOG (N.D.L.R. Gouvernement d’occupation sioniste, en français).
    (Crédits : DR)

    « Les protocoles des sages de Sion », inventé de toutes pièces servira de nombreuses fois. La police secrète russe, l’Okhrana est à l’origine de l’écrit, dans le but de la préservation de l’ordre et de la sécurité publique. Ci-dessus se trouve la couverture du pamphlet de 1912, réalisée par Sergueï Nilus.

    De nombreuses philosophies étaient des satires à l’origine. C’est ce qu’explore Umberto Eco dans Le Pendule de Foucault [Grasset, 1990], avec ces trois amis inventant, pour s’amuser, un complot mondial qui leur échappe. Ce scénario se produit chaque jour sur l’Internet.

    En 2005, basé sur des romans et théories du complot, l’extrémisme de droite slovaque est entré dans la vie politique du pays avec son dirigeant Marian Kotleba. « Le parti a exalté l’histoire de la guerre en Slovaquie, lorsque le pays a collaboré avec l’Allemagne nazie. Ses membres portaient des uniformes qui ressemblaient beaucoup aux uniformes utilisés par les forces de la force paramilitaire de l’État fasciste slovaque pendant la guerre — la Garde de Hlinka », écrivent les journalistes Irena Bihariová et Daniel Milo. (Crédits : The Slovak Spectator)

    idéologie, nazisme, extrême droite

    « Quand on veut noyer son chien, on dit qu’il a la rage. » Pour nuire à quelqu’un, les calomnies sont le plus court chemin. Elles sont des imputations que l’on sait fausses, et qui blessent la réputation et l’honneur de quelqu’un, pourrait-on y voir un dessein politique ? Un complotiste est donc défenseur d’une ou de plusieurs théories. Il est déterminé par ses paires, car il ne donne pas la même version que les bien pensants, ou se pose-t-il des questions. Quoiqu’il en soit, leur nombre n’est pas connu, seule une estimation existe. En 2018, selon une étude de l’IFOP pour la fondation Jean-Jaurès et le site Conspiracy Watch, 79 % des Français croient à au moins une thèse répandue (Source : Libération). Sur les 66, 97 millions de Français en 2018, quatre sur cinq, soit 52, 91 millions seraient donc considérés comme complotiste, à tort ou à raison. À suivre…

  • « C’est un yéti ! »

    « C’est un yéti ! »

    La vie de la nature étonne à chaque instant. Que ce soit le Yéti, découvert en 2005, le Toxot, l’autruche ou encore le Wombat, tous font preuve d’une particularité qui les rend extraordinaires. Les plus âgés furent bercés au son des histoires rocambolesques du célèbre reporter croqué par Hergé, avec entre autres « Tintin au Tibet » et la rencontre avec l’abominable homme des neiges. Cette légende n’existe plus, depuis l’année 2005. Mais saviez-vous que le wombat court plus vite et plus longtemps qu’Usain Bolt ?

    Il est blanc, il est poilu et vit caché, c’est le fameux Yéti ! Pas tout à fait, c’est le Kiwa Tyleri, le petit dernier de la famille des crabes-yétis à avoir été découvert, mais le premier dans les eaux froides de l’Antarctique, en 2015. Le premier représentant du groupe de créatures aux pattes velues, mis à part l’Homme a été détecté dans l’océan Pacifique Sud, il y a une décennie.

    A la découverte du crabe yéti

    À contrario de l’abominable homme des neiges avec qui il partage son nom, ce crustacé à pinces mesure de 0,5 à 15 centimètres. Ce n’est que la troisième espèce de crabe-yéti connue à ce jour. Des scientifiques, en exploration, dirigeaient leur véhicule vers les sources hydrothermales de l’est de la dorsale Scotia.

    crabe, yéti, groupe

    Elle se situe à plus de 2 600 mètres de profondeur. Ils découvraient que d’importantes communautés de crabes-yétis y vivaient dans des conditions stupéfiantes. Les températures ici-bas dépassent de peu le point de congélation, cependant, l’eau qui s’échappe des sources brûlantes le cuirait instantanément avec ses 400 °C.

    Les crabes-yétis, qu’ils soient femelles ou mâles, se regroupent sur une source hydrothermale de la dorsale de Scotia. Ils vivent à 700 par mètre carré.

    Dépourvus de rayons de soleil, ces crabes trouvent leur ressource vitale en mêlant l’utile à l’agréable. Grâce à leur pilosité plus qu’importante, nommée setae, ils attirent les bactéries dont ils se nourrissent principalement, et prennent le surnom de « crabe Hoff », en hommage à la star d’Alerte à Malibu David Hasselhoff. (Crédits : NERC Conseil national britannique de recherche environnementale)


    Sven Thatje (directeur de l’étude et écologiste à l’université de Southampton au Royaume-Uni) avoue préférer le nom officiel de l’espèce, K. tyleri. Un choix effectué avec son équipe pour rendre hommage à la carrière de Paul Tyler, professeur émérite de l’université de Southampton et pionnier de la recherche en eaux profondes.

    L’œil plus gros que son cerveau

    Dans les particularités, l’autruche en possède plus d’une, mais celle de son œil n’est pas piquée de hannetons. Premièrement, l’image qu’elle plante sa tête dans le sable pour se cacher est pure légende. Elle vient de Pline l’Ancien, naturaliste romain, qui rapportait ce phénomène dans Histoire naturelle, au premier siècle de notre ère. Néanmoins, cet oiseau pourrait presque dunker sans sauter.

    Elle mesure pour les plus grandes jusqu’à 2,80 m quand le panier de basket culmine à 10 pieds ou 3,05 mètres. L’autruche est le plus grand des oiseaux, pèse 90 kilos chez les femelles et près de 150 kilos pour les mâles. Elle peut aussi sauter jusqu’à 1,5 mètre en hauteur et des bonds de 4 m. Son espérance de vie à la naissance est de 70 ans, et de 40 ans en captivité.

    C’est pourquoi, voyant ses prédateurs de loin, elle a tendance à se plier pour bénéficier du fait des mirages pour se cacher. L’effet visuel de réflexion de la lumière donne la sensation de grande flaque d’eau, ainsi le plus gros et plus grand des oiseaux se sert à bon escient de ses capacités mentales.

    (crédits : Andreas Volz/Pixabay)

    Œil, autruche, nature


    Chose impressionnante, car l’autruche a deux yeux de 5 cm de diamètre quand l’homme atteint tout au plus 2,4 cm. De plus chaque globe oculaire pèse 47,6 grammes, pour 7 chez l’homme. Enfin son cerveau est 33 fois plus petit que celui de l’homme (1,4 kg) avec 42,1 grammes, ce qui démontre que la taille ne fait pas tout.

    Vous êtes plus Cupidon ou Toxot ?

    Dans le but d’atteindre votre but à l’aide d’une flèche, préféreriez-vous être Cupidon ou le Toxot ? Tous deux sont redoutables et font mouche à chaque fois. Le premier est, selon la mythologie romaine, le fils de Vénus et de Mars. Le second est connu sous le nom de Toxotes Jaculatrix, ou poisson archer à bandes noires. Il est un petit prodige des mangroves d’Asie du Sud-Est et d’Océanie. Long d’à peine 20 cm, il possède un talent hors du commun : il crache de l’eau avec une précision chirurgicale pour faire tomber les insectes perchés sur les branches, parfois à plus de deux mètres au-dessus de la surface.

    Poisson, archer, cupidon

    Loin d’être un simple jet désordonné, son tir est calculé, corrigé par la réfraction de l’eau, et ajusté selon la distance. On pourrait croire à une fable, si la science n’avait pas validé cette adresse stupéfiante. Originaire des côtes sud de l’Asie, il mesure en moyenne 20 cm. Il possède la capacité d’envoyer un jet d’eau à deux mètres au-dessus de la surface, soit dix fois sa taille.

    Un tube se forme entre son palais et le bord de sa langue. Il recueille de l’eau qui sera éjectée avec force en fermant ses ouïes. Pour être sûr de toucher leurs proies, chaque jet est dix fois plus important que la cible (insectes, lézards, araignées…). En cas de blocage de cette dernière, cet « as de la gâchette » peut effectuer un bond hors de son milieu naturel de 30 cm. (Crédits : Marhi_226/flickr)

    À sa manière, le toxote est le Cupidon des mangroves : sauf que ses flèches ne percent pas les cœurs, elles décrochent les proies. Là où le dieu ailé vise les sentiments, le poisson archer vise la survie. L’un déclenche l’amour, l’autre l’ingestion. Mais tous deux partagent une arme : la précision. Et dans les deux cas, gare à celui qui croise leur trajectoire.

    Le Wombat bat à la régulière Usain Bolt

    Si la comparaison demeure anecdotique, le Wombat, marsupial dodu de trente kilogrammes environ, peut sprinter à 40 km/h durant 90 secondes, en cas de danger. Il effectuerait le 100 m en 9 secondes, alors qu’Usain Bolt, qui détient le record du monde depuis le 16 août 2009, terminerait avec 58 centième de seconde de retard. De plus, son arrière-train est doté d’une plaque cartilagineuse dure, protégeant l’entrée de son terrier.

    L’originalité réside en l’expulsion de ses excréments sous la forme de cube. Cette particularité est associée au nombre de cacas quotidien, comme le lapin, il est prolixe. Pas moins de 100 chaque jour, mais de la forme d’un dé à jouer.

    Le wombat à nez nu (Vombatus ursinus) laisse comme marque de son territoire des crottes cubiques. Comment fait-il alors que son anus est rond ? Voici la question que se sont posée des scientifiques. Scott Carver, spécialiste australien de la faune sauvage et coauteur de l’étude, dissèque un cadavre de wombat euthanasié après avoir été percuté par une voiture. Il remarque alors la présence des fameuses crottes cubiques dans le dernier mètre des boyaux de l’animal. (Crédits Yang Et Al)

    Australie, wombat, nature

    En revanche, les excréments sont encore liquides en amont. Ils ont examiné les intestins, et constaté qu’ils contiennent deux rainures où les viscères sont plus flexibles. Les parties les plus rigides sont « comme un élastique rigide, elles vont se contracter plus rapidement que les régions molles », souligne David Hu, chercheur en biomécanique au Georgia Institute of Technology et auteur de l’étude.

    crotte, cubique, australie

    Une crotte en forme de cube est déposée par le mammifère sur le sommet d’un rocher. Il borne les limites de son territoire.

    Les zones intestinales plus souples se contractent lentement et moulent les derniers coins du cube, explique l’équipe. Chez d’autres mammifères, le péristaltisme ondulatoire des muscles gastro-intestinaux est constant dans toutes les directions.

    Mais chez le wombat, le tissu rainuré et les contractions irrégulières sur de nombreux cycles forment des cubes fermes aux côtés plats. Cette étude, pour le moins originale, peut prêter à rire. (Crédits : Yang Et Al)

    Mais pour Scott Carver, cette façon de fabriquer des cubes à partir d’un tube souple pourrait être appliquée à d’autres domaines, comme le secteur de la santé ou de l’industrie. Une question se pose : « quelles sont les véritables inventions de l’Homme ? »

  • Ransomware : un chaud mois d’avril

    Ransomware : un chaud mois d’avril

    Les infections par code malveillant ne se sont pas arrêtées durant le mois d’avril 2021, bien que le mois de mars soit déjà bien rempli. Ce sont donc vingt-et-une attaques perpétrées contre des entreprises privées et publiques en France. Souvent, les tracas sont comme une rangée de dominos, des dommages collatéraux arrivent avec des coûts pour la remise en fonction. Elles sont catastrophiques pour des petites et moyennes entreprises, mais restent un problème majeur pour tout un chacun.

    « Pierre Fabre » avait subi dans la nuit du 30 au 31 mars 2021 une infection par code malveillant de type ransomware. Les opérateurs derrière le RaaS (Ransomware as a Service) « Revil » demandaient une rançon de 50 millions de dollars. L’entreprise amorce un retour progressif à la « normale » un mois après l’infection. Puis, ce fut l’hôpital de Saint-Gaudens, où les soignants s’accommodaient d’une seconde infection, entre LE SARS-CoV-2 et le ransomware. L’armateur Bourbon, leader dans les services de l’offshore pétrolier, infecté dans la nuit du 8 au 9 avril 2021.

    Ce vendredi 9 avril 2021, le maire de Douai (59), Frédéric Chéreau s’exprimait en vidéo : « Une attaque informatique que nous avons subie la nuit dernière, la ville de Douai est l’objet , en ce moment même, d’une attaque par un rançongiciel […] ». Une commune en chasse une autre. À l’inverse du film Ch’tis, direction le Vaucluse. La ville de L’Isle-sur-Sorgue se voyait réclamer une somme rondelette : « […] des hackers professionnels sans doute issus du Liechtenstein réclament une rançon de 500 000 euros à la Ville en échange d’une clé de décryptage », confirmait Pierre Gonzalvès, le maire. Puis Morières-lès-Avignon, autre commune du département, subit à son tour une infection informatique.

    70 attaques mondiales en dix jours

    Un début d’avril particulièrement douloureux en France, sur le front des infections suite aux cyberattaques. Elles sont sept en France, mais soixante-dix dans le monde entier, 229 au mois de mars. L’entreprise infectée In Extenso revendique 100 000 clients en TPE (Très petite entreprise) et PME (Petites et moyennes entreprises).

    ransom, darkweb, code

    Cocasserie du moment, cette attaque survient alors que la délégation aux entreprises du Sénat organisait le 15 avril 2021 à 9 h une table ronde sur la cybersécurité des ETI-PME-TPE, avec Guillaume Poupard (ANSSI) et Jérôme Notin (GIP Acyma), entre autres.

    Conti News est l’un des ransomwares les plus présents quant aux attaques cybernétiques de type ransomware. Le Canadien Capmatic est, avec les trois dernières victimes présentes sur le site de fuite du ransomware sur le darkweb. Les cybercriminels pratiquent la double extorsion, avec sur l’image ci-contre, l’une des dernières revendications des opérateurs.

    (Crédits : capture d’écran/Conti News)

    La fondation Hopale prenait une piqûre de rappel avec l’attaque infectieuse du centre de vaccination de Berk-sur-Mer, dans le Nord-Pas-de-Calais. Les principales menaces venaient des ransomwares Ryuk, Conti et Darkside. Trescal informait par communiqué être la cible d’une attaque sur quelques serveurs européens et asiatiques.

    • 15 avril : Gecos
    • 16 avril : Fondation Santé des étudiants de France
    • 18 avril : Oré Peinture
    • 19 avril : Protectim, prestataire de services sécurité privés, Marietton développement, API
    • 20 avril : l’escape game castrais, Challenge Room
    • 21 avril : Unilasalle, le centre François-Baclesse
    • 23 avril : Apperton, Dirickx, Interfel
    • 25 avril : CNE, la maison de champagne Laurent Perrier, le groupe Hopps, Bourg Saint-Maurice-Les Arcs, Invicta Group
    • 27 avril : Voies navigables de France
    • 28 avril : Reorev

    Les fuites de données de santé, des réseaux sociaux (20 millions de comptes en France), permettent de croiser les données, et, ainsi, de pouvoir accéder à des informations sur des habitudes, préférences… permettant la future infection des systèmes d’information. Douze établissements de la Fondation santé des étudiants de France, dont la clinique iséroise de la Tronche, étaient en pause le 17 avril 2021.

    Chiffrement et extorsion

    « Les hackers ont bloqué le serveur et réclament une rançon », indique Nice-Matin. Les opérations criminelles cherchent à gagner de l’argent, tout simplement, sans états d’âme. Le spécialiste du génie mécanique frappé par le groupe « LV » le 28 avril 2021. Il est partenaire des groupes stratégiques français, tels Thales, Safran, SKF, Eiffage, Schneider Electric, Groupe Atlantic (infecté en 2020) ou encore Michelin, sur les 43 affichés par le groupe sur son site. L’un des derniers à s’afficher au palmarès des opérateurs est la firme japonaise « Kajima Corp ». Les attaques ne sont pas dues au hasard, il existe une démarche première financière, mais pas seulement.

    Car l’entreprise est spécialisée dans la conception, l’ingénierie, la construction et le développement immobilier, et depuis la seconde moitié des années 90, dans l’environnement. Notamment pour le traitement des déchets, le traitement de l’eau, la réhabilitation des sols et le conseil en environnement.

    Nous sommes actuellement sur le web dit sémantique, nommé 3.0, avec en point de mire l’internet 4.0, dont le standard n’est pas encore établi. Il y aura un changement radical, bénéfique pour certains, car grâce à la surveillance de masse votée et en cours d’application en France, avec la loi de sécurité globale, différentes lois « antiterroristes », couplées à l’internet des objets, vous vous trouverez comme les personnages du film « Wall-E ». (Crédits : Obayashi)

    Japon, construction, ransom

    Il est déjà en train de grignoter du terrain, millimètre après millimètre… Est-ce le retour de la trilogie Matrix ou celle de Terminator ? Faudra-t-il beaucoup de temps avant d’y être immergé ? « Les technologies qui le rendront possible sont déjà en développement et commencent à voir le jour. Les assistants virtuels, tels que Siri, Cortana ou Google Now, obtiennent, jour après jour, une meilleure compréhension du langage naturel grâce aux systèmes d’apprentissage automatique. Dans le même temps, Big Data est traité de plus en plus efficacement, reliant toutes les informations obtenues à travers de multiples sources », écrivait en septembre 2020 le journaliste Dimas Pardo.

  • Prenez garde aux Saints de glace

    Prenez garde aux Saints de glace

    Souvent, cette expression est prononcée par les aïeux, inconnue de la génération Z. La connaître peut éviter aux plantations de souffrir, ou de limiter la souffrance. Trois sont connus de tous, Saint-Mamert, Saint-Pancrace et Saint-Servais, le plus redouté, car le tout dernier. Les jardiniers, les agriculteurs et tous les travailleurs de la terre les redoutent. Mais d’où viennent-ils ? Est-ce réel ? Quelle peut être l’origine de ces Saints de glace qui chaque année sont un marronnier journalistique ? Partons à la découverte des fameux cavaliers.

    Les cinq cavaliers du froid que sont Saint-Georges (23 avril), Saint-Marc (25 avril), Saint-Eutrope (30 avril), Saint-Croix (3 mai) et le Saint qui ferme la porte du froid, quoique, Saint-Jean Porte Latine (6 mai). Ce quintuor précède les fameux Saints de glace, ils sont Saint-Mamert (11 mai), Saint-Pancrace (12 mai) et Saint-Servais (13 mai). La période correspond au mois Floréal du calendrier révolutionnaire français.

    À quel Saint se vouer ?

    Ils font parler d’eux, car c’est à cette période que jardiniers amateurs et confirmés sèment les graines de plantes gélives. Elles sont celles qui s’épanouissent durant la saison chaude, mais craignent le froid. Ainsi ce sont des légumes-fruits tels les agrumes, les tomates, les poivrons, les piments, les aubergines… mais aussi les cucurbitacées (concombres, melons, cornichons, courges, courgettes, pastèques, potimarrons…).

    Chaque semi doit être protégé du froid, surtout les gélives. La période de gel du mois d’avril 2021 produit des dégâts considérables auprès des maraîchers.

    La ville de Beauvais (60) enregistre son treizième jour de gel du mois le 27 avril 2021, un record.

    L’image des saints de glace est associée aux dictons. Ils se suffisent à eux-mêmes pour comprendre l’importance de ces jours pour les récoltes futures : quand il pleut le jour de Saint-Georges, sur cent cerises, on en a quatorze.

    (Crédits : Dirk (Beeki®) Schumacher/Pixabay)

    Mais c’est également : entre Georges et Marquet, un jour de l’hiver se met ; qui n’a pas semé à la Sainte-Croix au lieu d’un grain en mettra trois ; s’il fait beau à la petite Saint-Jean, année fructueuse en froment ; attention, le premier des saints de glace, souvent tu en gardes la trace ; les trois saints au sang de navet, Pancrace, Mamert et Servais, sont bien nommés les saints de glace, Mamert, Servais et Pancrace ; avant Saint-Servais, point d’été, après Saint-Servais, plus de gelée.

    Une coutume du Vᵉ siècle

    Ils sont issus des us et coutumes aux alentours des 500 ans après Jésus-Christ. Le 11 mai, à la sainte Mamert, soit 37 jours après Pâques, introduisait les trois jours des Rogations. Elles consistent à l’origine en des rituels apotropaïques et propitiatoires que sont des chants religieux, prières d’intercession, ou encore processions pour favoriser la prospérité des moissons, des cultures et plantations. Des processions, la mémoire est restée intacte, d’autant que la Lune rose et rousse, est présente.

    En effet, si le phénomène de Lune rousse est évoqué, c’est surtout que si le ciel est dégagé, la lune va roussir, indirectement, les jeunes pousses. Le phénomène de gelée associé à la rosée du matin donne aux végétaux un aspect brûlé, de couleur rousse. Cette année, elle prend effet du 12 avril 2021 au 11 mai 2021. Elle se calcule en prenant la lunaison suivant le jour de Pâques, soit du 16 avril 2022 au 16 mai 2022.

    La Lune a une influence sur le jardin, comme sur les marées, un satellite d’une aide précieuse lorsqu’on y prête attention. Concernant la période des saints de glace, des scientifiques, plus terre à terre, auraient observé que les poussières stellaires seraient plus abondantes durant ce laps de temps… (Crédits : Romuald Pena)

    Cette explication est infirmée par le fait que les astronomes ne détectent aucun nuage de poussière de ce type sur la trajectoire de la Terre, même avec des instruments très sensibles comme les miroirs de télescopes spatiaux et les instruments de la Station spatiale internationale où le Français, Thomas Pesquet survole la Terre. Quoi qu’il en soit, dans le cas où vous avez effectué des plantations et que vous souhaitez les protéger du froid, vous pouvez placer un voile d’hivernage, mettre un paillis ou encore retourner un pot en terre, comme une bouteille en plastique coupée sur les jeunes pousses.