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  • Ma voiture électrique est-elle écologique ?

    Ma voiture électrique est-elle écologique ?

    De prime abord, cela semble logique. La transition énergétique pour la croissance verte votée le 17 août 2015 a l’air d’adopter la « bonne » direction, car il est prévu l’installation de sept millions de bornes de recharge pour véhicules électriques, mais pas seulement. Le renouvellement des flottes de l’État et de ses établissements publics avec au moins 50 % de véhicules propres est acté. De quelle manière est produite l’électricité ? Les voitures sont-elles réellement propres ?

    À l’heure de la prise en compte que la planète Terre est unique, et que nous vivons dessus. Les questions sur la pollution engendrent des discussions dans chaque foyer. La distance entre le domicile et le lieu de travail s’allonge, ce qui nécessite un moyen de locomotion. La voiture thermique est-elle polluante ? La réponse est oui, mais est-ce que la voiture électrique est écologique ?

    Écologique, ma voiture électrique ?

    Premièrement, la voiture électrique n’est pas née d’hier. Les premiers modèles du genre apparaissent au XIXᵉ siècle. Grâce à l’amélioration des batteries effectuée par deux ingénieurs français, Gaston Planté en 1859, puis Camille Faure en 1881, l’essor de ces véhicules arrive. Ainsi l’Exposition internationale d’électricité à Paris, du 15 août au 15 novembre 1881. La première automobile à se placer au départ d’une course le fera en 1895, pour la célèbre Paris-Bordeaux. Elle devra abandonner sur le retour à Orléans, l’autonomie était d’environ 50 km à la vitesse moyenne de 24 à 30 km/h.

    Voiture, jamais, contente

    Pièce phare du musée du château de Compiègne (60), la « Jamais Contente », est une voiture électrique conçue et conduite par le Belge Camille Jénatzy. Elle fut la première automobile à franchir le cap des 100 kilomètres par heure, le 29 avril 1899, sur la plaine d’Achères (78). Le pilote et son épouse aux Tuileries.

    Il était nécessaire de disposer de batteries de rechange tout le long du parcours. La vitesse n’est pas encore la préoccupation principale. Ce n’est que huit années plus tard que la « Jamais Contente » passe la barre des 100 km/h.

    Pour cause, elle possédait deux moteurs à propulsion électrique ainsi qu’une nouveauté révolutionnaire, des pneus en caoutchouc… Mais le bouleversement électrique attend patiemment durant de très nombreuses années, au fond d’un garage, rangé dans une boite en carton. (Crédits : DR)

    À croire que les hommes ont toujours préféré, et de loin, la vitesse à la durée, un concept qui amène à réflexion pour comprendre bien des choses de la société, bref… Pour autant, il ne faut pas confondre vitesse et précipitation, ici ou ailleurs.

    La fée Électricité habite depuis notre quotidien. Nous avons tous en tête l’image de Benjamin Franklin sous l’orage, à ne pas confondre avec la tortue nommée Franklin, ou Benjamin au Québec… Revenons au citoyen des États-Unis et à son cerf-volant. En juin 1752, ce dernier eût attaché une clé métallique au bas de la corde de l’ensemble, puis l’aurait fait voler au sein d’un orage.

    Démontrant par l’expérience que la foudre était de nature électrique. Ce n’est que plus d’un siècle après que la première centrale de production naissait. En 1868, Zénobe Gramme améliorait la dynamo, une décennie passait, pour que William George Armstrong alimente ses bâtiments de ferme et son habitation d’une centrale hydroélectrique de 7 kW, en courant continu. (Crédits : Colin Behrens/Pixabay)

    Ampoule;image, prise

    Ce n’est qu’en 1890 que le courant alternatif apparaît. La révolution industrielle est en marche. L’invention de l’électricité fut lumineuse. Elle est devenue indispensable, voire vitale pour de nombreux pays et populations.

    Comment est-elle produite ?

    Le site de Réseau de transport d’électricité (RTE) affiche la couleur quant à la production, de manière journalière. Les diverses ressources sont le solaire, le fioul, le charbon, les bioénergies, l’hydraulique, le gaz, l’éolien et le nucléaire. Les données sont simples et claires, la production est comme ce qui suit :

    Type d’énergieProduction en MégawattPourcentage
    Nucléaire335 40067,1 %
    Hydraulique65 10013 %
    Éolien39 7007, 9 %
    Gaz34 5006, 88 %
    Solaire12 6002, 5 %
    Bioénergies9 6001, 9 %
    Charbon et Fioul3 1000, 6 %
    La production française d’électricité en 2020 par filière sur l’ensemble du territoire tire son bilan. (Sources : RTE)


    Comment comparer les différentes énergies, l’éolien peut-il compenser à sa mesure ? Car pour produire 5,7 TWh en 2017, soit l’équivalent des deux réacteurs de la centrale nucléaire de Fessenheim (fermée le 29 juin 2020), 262 éoliennes en mer ou 900 terrestres sont nécessaires. Actuellement 10 518 mâts (au 1er janvier 2025) sont déployés, qui devrait atteindre pratiquement 13 000 en 2028, comme l’explique Le Figaro. Mais leurs installations échauffent les tensions, comme dans les Hauts-de-France, où Xavier Bertrand, président du conseil régional, et candidat déclaré à l’élection présidentielle de 2022, propose que tout projet d’implantation soit soumis à un référendum local.

    EDF, énergies, renouvelable

    Rappelons qu’au préalable, des enquêtes publiques sont réalisées, et que la loi a été modifiée comme l’indique le rapport sur l’« Économie circulaire dans la filière éolienne terrestre en France », en page 14. Par exemple du 15 avril au 18 mai 2021, pour les communes de Fontaine-le-Sec et Forceville-en-Vimieu, toutes deux dans la Somme, ladite enquête est disponible sur le site de la préfecture de la Somme. « Les éoliennes défigurent le paysage, pourrissent la vie des riverains et coûtent un fric fou », explique-t-il. Qu’elles soient sur terre ou en mer, la facture a atteint 1,93 milliard d’euros.

    Le mix d’énergies, que revendique EDF, utilisé pour produire l’électricité en France, est nucléaire pour trois quarts, les énergies renouvelables représentent moins d’un sixième du total, avec 13,6 %, dont 9,8 % dus à l’hydraulique. (Crédits : EDF)

    Le coût d’un parc éolien terrestre, vendu clé en main, oscille entre 1,4 à 1,6 million pour une production d’un mégawatt. Il faut ajouter le prix de l’entretien, du recyclage… souligne le rapport Nᵒ 2019/Nᵒ 01/CGE/SG du ministère de la Transition écologique et solidaire. « La nouvelle programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) prévoit d’atteindre pour l’éolien terrestre 24,6 GW en 2023 et entre 34,1 et 35,6 GW en 2028. […] rendre obligatoire d’ici 2023 le recyclage des matériaux constitutifs des éoliennes lors de leur démantèlement […] favoriser la réutilisation des sites éoliens en fin de vie pour y réimplanter des machines plus performantes ». Donc, la consommation de la voiture électrique est « écologique » à 23,4 %, par des énergies renouvelables dans la production 2020. De plus, la production électrique a reculé de 7 % en 2020, son niveau le plus bas depuis 2009. La production nucléaire est en baisse de 11,6 % en raison de la crise sanitaire et des mesures de confinement qui ont perturbé le calendrier de maintenance des réacteurs.

    Qu’en est-il de ses composants ?

    Les véhicules, qu’ils soient à moteur thermique ou électrique, émettent de la pollution. Pollution qui existe pendant l’extraction des matières premières, lors de la construction, de l’utilisation et du recyclage, donc nous polluons chaque jour. Néanmoins, la société nous sollicite à travers différentes obligations (travail, alimentations, scolarité…). La voiture électrique se caractérise par une recharge, le passage de l’électricité alternative en continu (transformateur), la batterie… de nombreuses ressources nécessaires sont extraites des réserves de terres rares.

    Bloc, tableau, stat

    Selon les écrits de Didier Julienne, les terres rares ne le sont pas ! En effet, sans être de l’infox, « métaux rares » est un abus de langage. Leur découverte date de la fin du XVIIIᵉ et du début du XIXᵉ siècle. La langue française régissait les échanges internationaux à l’époque. L’emploi du terme « terre » désigne les minéraux, d’où la confusion. Les minéraux se définissent par : « Tout corps non organisé, qui se trouve dans l’intérieur de la terre ou à sa surface, tels que métaux, pierres, substances combustibles ».

    Réserves en milliers de tonnes d’oxydes de terres rares dans le monde en 2019. (Crédits : Statista)

    Ainsi les terres rares regroupent dix-sept métaux : le scandium, l’yttrium, et les quinze lanthanides (Lanthane, Cérium, Praséodyme, Néodyme, Prométhium, Samarium, Europium, Gadolinium, Terbium, Dysprosium, Holmium, Erbium, Thulium, Ytterbium, et Lutécium).

    La consommation de minerai ou de terres rares diffère : Une éolienne demande 17 kg de terres rares (10 518 éoliennes) ; Une voiture électrique consomme entre 5 et 9 kilogrammes de cobalt ; Un ordinateur dispose de 30 g de cobalt ; Un smartphone de 5 à 10 g de cobalt.


    Abondant au sein de la croûte terrestre, leur exploitation n’est pas, au moment de leur découverte, chose facile. Leur consommation croît depuis 1970, ainsi l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME) affirme que les besoins mondiaux se chiffrent à 130 000 tonnes par année.

    Ci-contre des fragments purs (99,9 %) de cobalt, raffinés par électrolyse, à côté d’un cube d’1 cm3 de cobalt de pureté (99,8 % = 2N8), pour comparaison. (Crédits : Alchemist-hp/Pixabay)

    Terre rare, cobalt, minerai


    Concernant le rapport de production d’électricité en les éoliennes et une centrale nucléaire, connaissez-vous le rapport ?. « Si l’on veut tout de même répondre à la question de façon stricto sensu, posons les bases. Prenons une production d’énergie annuelle moyenne de 1800 MWh pour le nucléaire (correspondant à l’ancienne centrale nucléaire de Fessenheim), et de 3 MWh par éolienne pour l’éolien. En prenant en compte le facteur de capacité de chacune de ces énergies, respectivement de 70 et 21 %, il faut un peu plus de 4 000 éoliennes terrestres pour remplacer une centrale nucléaire de la taille de Fessenheim », explique le site Transition écologique.

    D2sert, Chili, volcans

    Le lithium ne fait pas partie des terres rares, pourtant présent dans la croûte terrestre. Selon l’ONU, en 2018, seul un pour cent de terres rares est recyclé.

    L’Ademe dans son rapport affiche des données pour l’extraction de minerai. Ainsi il est nécessaire de puiser respectivement, pour un kilo de vanadium, de cérium et de gallium, 8,5 tonnes, 16 tonnes et 50 tonnes de roches. Ensuite la purification d’une tonne de roches demande 200 m³.

    L’extraction du lithium contribue à la dégradation de l’environnement, à la dégradation des paysages et à la contamination des sols selon la CNUCED, comme le salar d’Atacama qui est le dépôt salin le plus grand du Chili. (Crédits : Francesco Mocellin/Wikipedia)


    La demande accrue de matières premières pour les batteries des voitures électriques semble inéluctable. Car elles ont augmenté de 65 % en 2018 par rapport à l’année précédente, pour atteindre 5,1 millions de véhicules. « Cette hausse devrait même atteindre 23 millions en 2030, selon l’Agence internationale de l’énergie », relève la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED).

    Quid des batteries ?

    Selon les chiffres, la voiture de marque Renault dite « Zoé » est le véhicule à moteur électrique le plus vendu en Europe (99 432 en 2020, devant la « Tesla Model 3 » 85 979). La batterie la plus utilisée est composée de lithium-ion, donc du lithium, mais aussi de cobalt, nickel, manganèse. Il est le 33ᵉ élément le plus abondant sur terre, et peut être extrait par lixiviation de roches magmatiques dites pegmatites (l’Australie-Occidentale est 1ᵉʳ producteur mondial), dans une moindre mesure de granite, mais également d’argiles (Nevada, États-Unis — Sonora, Mexique).

    Vitesse (km/h)Température (°C)ChauffageClimatisationAutonomie (km)
    13035nonoui206
    130-15ouinon149
    8035nonoui266
    80-15ouinon165
    5035nonoui301
    50-15ouinon173
    3035nonoui319
    30-15ouinon177

    La meilleure autonomie, selon le simulateur, est de 409 km pour une vitesse de 30 km/h à une température de 20 °C en mode économique. La recharge à 80 % pour une autonomie de 317 km est de 29 h 34 sur une prise domestique, et 1 h 5 en charge rapide. (Sources : Renault)


    En outre, à partir de réservoirs de saumures naturellement riches en sels de lithium, sodium et potassium localisés sous le lit de lacs salés, notamment au Chili, en Amérique du Sud. L’extraction du lithium utilise près de 65 % de l’eau de la région de Salar de Atamaca, l’une des zones désertiques les plus sèches du monde, pour pomper les saumures des puits forés. « Cela a provoqué l’épuisement et la pollution des eaux souterraines, obligeant les agriculteurs locaux de quinoa et les éleveurs de lamas à migrer et à abandonner les établissements ancestraux. » Jusqu’à présent, aucune solution viable économiquement n’a été jusqu’ici proposée pour extraire le lithium de l’eau de mer. Une batterie est à remplacer dès que ses capacités deviennent inférieures à 70 %, indiquent les constructeurs automobiles, ce qui arrive en général au bout de 8 à 10 ans d’utilisation normale, en fonction de la vitesse, de la température extérieure, de l’utilisation de climatisation ou chauffage. La garantie d’une batterie est, pour la majorité des offres, de 8 ans, comme sa baisse de recharge. Chez Renault, un simulateur est disponible en ligne pour la « Zoé »,

    La pollution dite « grise »

    Qu’est-ce que la pollution ? C’est l’action de souiller par des ordures. Autrement dit, le fait de laisser ici et là des déchets qui ne sont pas assimilables par la nature. La science de la molysmologie est celle qui étudie les pollutions. Futura-Sciences la définit par la science de la pollution et des problèmes posés par les différents types (comme la pollution lumineuse) et le comportement de leurs polluants (origines, voies de transfert, transformations, effets…).

    La pollution grise, ou énergie grise est plus pernicieuse. Elle est la quantité d’énergie consommée lors du cycle de vie d’un matériau ou encore d’un produit. Son cheminement suit des étapes : la production, l’extraction et le transport des matières premières, la transformation, la fabrication, le transport, la mise en œuvre, l’entretien, sa commercialisation et enfin le recyclage.

    « L’extraction nécessite beaucoup d’énergie, dans des pays où l’électricité est le plus souvent produite à partir d’énergies fossiles. Sur place, ces activités peuvent également provoquer des pollutions des sols ou des cours d’eau. Pour ne rien arranger, ces métaux pourraient venir à manquer dans les années à venir, surtout le cobalt », commente EDF. (Crédits : Jean-Brice Lemal [Planimonteur], Pagecran)

    Zpé, batterie, électrique

    La voiture électrique n’est donc ni la promesse d’une mobilité immaculée, ni le mirage d’une révolution sans contrepartie. Rappelez-vous que toute énergie utilisée produit des déchets, avant, pendant et après, il faut choisir entre bénéfice et risque. Elle déplace les pollutions plus qu’elle ne les efface : moins de gaz d’échappement dans nos villes, mais davantage de pressions sur les sols, les mines et l’eau dans d’autres régions du monde. Son impact dépend du mix électrique qui l’alimente, des conditions d’extraction des métaux rares et de la capacité à recycler ses batteries. Au fond, la question principale n’est peut-être pas de savoir si la voiture électrique est « écologique », mais si notre rapport collectif à la mobilité peut le devenir. Car le véritable enjeu n’est pas seulement la nature du moteur, mais la place que nous choisissons de donner à la voiture dans un monde contraint par ses ressources finies.

  • Êtes-vous heureux ? C’est quoi le bonheur ?

    Êtes-vous heureux ? C’est quoi le bonheur ?

    C’est une excellente question ? Comment savons-nous que nous sommes heureux ? Quel est ce ressentiment qui nous transporte à sourire, rire, vivre sans penser au lendemain ? La perception varie en fonction de l’âge, du pays, du sexe… . Le Larousse définit le fait d’être heureux par « Qui jouit du bonheur ». Ce terme est souvent associé à la bonne fortune, à la chance, une occasion… Et pourtant, il suffit d’une simple attention envers une personne qui ne possède rien, pour lui apporter de la joie. Que savons-nous du bonheur ?

    Le mot bonheur se décompose en « bon » et « heur ». Le premier est le contraire de mauvais, et le second vient du latin Augurium, se référant au « présage tiré de l’observation des oiseaux ». Le tout premier sens fut chance. Il prit ensuite le sens d’une personne dont l’état d’esprit est comblé. Donc l’heur désigne ainsi un présage (augure, prédiction, prophétie), quel qu’il soit. D’où l’expression de « bon augure ». Mais alors, comment combler quelqu’un à part en satisfaisant tous ses désirs ? Sera-t-il heureux lorsqu’il aura tout ?

    Le bonheur est si simple

    Depuis le 1er avril 2012, il existe un classement mondial du bonheur par pays, le World Happiness Report. En 2020, le classement « par indices de bonheur » les plus élevés du monde donne sont la Finlande, le Danemark, la Suisse, l’Islande, et la Norvège. En 2024, La Finlande est toujours première, la France est 33e. Les pays ayant les plus faibles indices relatifs au bien-être sont l’Afghanistan, le Soudan du Sud, le Zimbabwe, le Rwanda, la Syrie, la Centrafrique, et la Tanzanie en 2020.

    Paris, Halliday, champs

    « L’argent ne fait pas le bonheur, mais il y contribue », souligne un proverbe français. Il est ainsi aisément possible d’aligner ici et là plus de deux mille citations évoquant le bonheur, mais quelle est votre définition ? J’ai recherché à la manière journalistique cette réponse, et de manière intuitive. La première définition donnée, « pouvoir m’acheter ce que je veux, voyager, faire la fête, oui, faire la fête… » Ce qui est cocasse à la vue du reportage sur ARTE Regards dont le sujet est « Millionnaires du bitcoin », Didi Taihuttu explique qu’un jour son père le contacte pour l’informer d’une chose importante : « J’ai un cancer, il me reste un an à vivre ».

    « Être heureux avec ma famille et profiter de la vie […] Je ne retournerais jamais à mon ancien mode de vie », explique Didi Taihuttu. (Crédits : Romuald Pena)

    L’homme riche d’une femme et trois filles, comme disait Grand Corps Malade à pris une décision primordiale à ses yeux. « Est-ce que je dois travailler comme un fou pendant dix ans, puis tomber malade et mourir, à 48 ans comme ma mère ou à 61 ans comme mon père ? »


    Deux mois après il vend ses deux sociétés, ses voitures et part en voyage avec sa famille. Malgré leur fortune, ils souhaitent retourner à une vie simple. « Être riche » en est une autre, mais qu’est-ce que la richesse ? Fabien Marsaud, dit « Grand Corps Malade » donne sa définition de la richesse : « À partir d’une femme et d’un enfant » dans l’émission clique TV présentée par Mouloud Achour.

    Comme ceux qui dans la commune de Chaumont-en-Vexin (60) ont assisté au Royal Jump de Bertichères, et croiser Élodie Fontan, Philippe Lacheau, Noémie Lenoir, ou d’assister au concert de Patrick Bruel… Être heureux de partager un moment malheureux, la phrase peut paraître nauséabonde, et pourtant.

    (Crédits : Romuald Pena)

    Groupe, sourire, fête

    Lors des funérailles de Johnny Hallyday en décembre 2017, environ un million de personnes s’étaient donné rendez-vous sur l’avenue des Champs-Élysées, autour de l’Arc de Triomphe, ou près de l’église la Madeleine pour communier de leur tristesse, mais en étant heureuses de vivre ce moment. Peu importe, ils sont en création de souvenirs, de bons moments, d’euphorie, ne les jugez pas, ne soyez pas envieux, souriez pour eux, ils sont heureux des plaisirs simples.

    Homme, radio, exposition

    Ensuite, « Aller au restaurant, boire un verre en terrasse, sortir en club, s’enjailler quoi ». Oui, le faites-vous pour être à la vue de tous, abhorrant une bouteille d’alcool, avec des bougies d’ambiance, ou fontaine d’artifice, afin de montrer « oui, je suis là ». C’est compréhensible lorsque la population estudiantine s’amuse, pour autant, sont-ils plus heureux ?

    Où dorénavant, nombreux, et nombreuses sont en concert, en festival et bras tendu filme avec leur smartphone. « Donc je mets comme d’habitude, de la French Touch, j’ai essayé un peu de commercial, de la tech, un peu de deep », raconte Bob Sinclar. « Mais les gens sont anesthésiés. Ils sont avec leur téléphone, je ne sais pas ce qu’ils attendent. Même sur World Hold On, même sur Love Generation et sur tous mes hits, ils sont amorphes, complètement morts », poursuit-il.

    Sont-ils heureux de vivre un moment unique de leur vie, ou heureux de montrer à de nombreux inconnus qu’ils y étaient ?

    D’autres vous diront le plaisir de partager leurs passions. C’est ainsi que Jean-Claude Beïret Montagné affichait son sourire à l’exposition des TSF (Télégraphie sans fil) dans la commune de Thiron-Gardais (28).

    Cet ancien ingénieur radio électricien, devenu électronicien est incollable sur le sujet. Il était heureux d’expliquer aux curieux le fonctionnement des radios que nous écoutons désormais sur nos smartphones.

    Mais un mal sombre tourne tout autour des personnes envieuses de la joie des autres : la jalousie. Elle se définit par : « Mauvais sentiment qu’on éprouve quand on n’obtient pas ou ne possède pas les avantages obtenus ou possédés par un autre. » (Crédits : Romuald Pena)

    Pourquoi afficher sa jalousie pour un bien, pourquoi être jaloux de ce que détient votre voisin, serez-vous plus heureux que maintenant en le possédant ? Le désir de jouir d’un avantage pareil à celui d’autrui n’est pas de la jalousie, mais de l’envie. Pourquoi vous contenter médiocrement de cela, visez plus haut, car « Autant viser la lune, car même en cas d’échec on finit dans les étoiles », disait Oscar Wilde. Alors, soyez heureux de sa réussite, enviez-la, c’est à votre tour !

    Se promener au sein du jardin du Collège Royal et Militaire de Stéphane Bern, en contemplant le travail de Louis Benech. « Dans ce métier, ce qui est merveilleux, c’est que l’on n’est jamais sûr de ce que l’on fait, de comment les choses vont évoluer. Il y a plein de paramètres que l’on ne maîtrise pas, des sous-sols qu’on connaît mal, les éléments climatologiques… Tout cela est passionnant ! », répondait le jardinier d’exception à l’Écho Républicain.

    Certains vous diront qu’ils ont eu la chance d’accéder aux lieux où s’exerce le pouvoir comme le Sénat. Déambuler au sein de la chambre haute, suivre un pensionnaire du Palais du Luxembourg toute une journée. Approcher les ministres en poste, avoir l’exclusivité d’être dans l’hémicycle en leurs présences.

    Se rendre compte que dans cet espace prennent place, les deux personnages les plus importants de l’État français, le Premier ministre Édouard Philippe et Gérard Larcher.

    Ou encore d’accéder au tarmac d’un circuit automobile, entouré de voitures d’exceptions, de Porsche, de Ferrari, Lamborghini, et, voir un papy de 76 ans vivre son rêve de gosse en participant au Championnat de France de formule 3000, au volant de sa monoplace.

    Le bonheur passe souvent par de simples espiègleries, comme le Prince Philip Mountbatten, duc d’Édimbourg et Prince consort du Royaume-Uni qui porte le costume d’un garde gallois, sous l’œil amusé de la Reine Élisabeth II.

    (Crédits : Reuters)

    Reine, royaume-uni, rire


    Le bonheur, ou le sentiment d’être heureux semble être fugace, mais réel. Il se retrouve lorsqu’un petit-fils offre un citron du jardin à sa grand-mère. Lorsqu’on se promène en forêt, lors du partage d’un gâteau entre deux enfants, qui ne se jugent pas, car ils sont des enfants. L’adulte est un enfant qui s’ignore.

    Danse, duo, bonheur

    Le simple fait de proposer son aide à deux personnes âgées pour les aider à descendre de gros cartons de leur voiture, aider quelqu’un à traverser une voie de circulation.

    Le simple fait de prêter attention à l’autre, saluer par un bonjour n’importe qui que vous croisez, ramasser des choses tomber au sol pour autrui, sourire à une personne pour le simple fait de lui sourire, être présent, sans rien dire, lors de moment douloureux pour autrui, regarder le soleil se lever ou se coucher sur l’océan, ou ailleurs…

    Un simple pas de deux peut suffire à procurer du bonheur, il faut vivre l’instant présent, comme le couple de danseurs lors d’une fête à Méru (60). (Crédits : Romuald Pena)

    Nous sommes heureux de voir le nombre croissant de personnes nous suivant sur « nos réseaux sociaux », cela est nécessaire à notre époque, mais rappelez-vous que vous êtres des millions, voire des milliards devant votre écran d’ordinateur, de smartphone, de tablette… à regarder ce que fait l’autre, mais seul.

    Le côté positif de cette période est de pouvoir se recentrer sur l’humain. Alors, soyez heureux, le masque que vous portez ne vous empêche pas d’être heureux, de rire, de sourire, de savourer la vie, de vivre bien au contraire.

    Les végétaux que sont les fleurs connaissent également le bonheur, seule la définition change. Comme le bonheur est différent d’un individu à un autre, d’une ethnie à une autre… Car peu importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse.

    Avons-nous besoin réellement de quantifier le bonheur, comme toutes ses choses qui ne sont pas matérielles, pas vraiment ?

    (Crédits : Ina Lübeck Hertel/Pixabay)

    Alors, qu’est-ce que le bonheur ? Une richesse faite d’instants, pas de possessions. Une émotion partagée, pas un trophée exhibé. Il est là, discret, fugace, mais toujours sincère. Il naît d’un regard, d’un geste gratuit, d’un éclat de rire imprévu. Le bonheur ne se cherche pas : il se cueille, à la volée, dans les détails du quotidien. Et s’il fallait retenir une seule chose, ce serait peut-être celle-ci : le bonheur ne se possède pas, il se donne, il se partage, il se vit… simplement : « Souriez à la vie et soyez heureux ! »

  • L’Italie subit de multiples infections par ransomware

    L’Italie subit de multiples infections par ransomware

    Après l’ordre national des notaires, la municipalité de Brescia et celle de Rho, c’est au tour d’un groupe automobile d’Italie du nord d’être infecté par un code malveillant de type ransomware. L’attaque de l’ordre par RansomExx n’a fait que peu de bruit, en revanche, c’est la rançon demandée pour chaque commune lombarde qui fait couler beaucoup d’encre. Tout comme l’attaque cybernétique contre l’entreprise Axios, qui ressemble à celle subie par le CNED en France.

    Le nouveau rapport sur la cybersécurité en Italie confirme que le courrier électronique est l’un des vecteurs principaux de violation des systèmes d’information dans l’industrie et le domaine bancaires. Ainsi, les clients du géant automobile « Gino Grupo » basé à Cuneo, dans le Piémont, font les frais d’opérateurs malveillants.

    L’e-mail vecteur principal des cyberattaques


    C’est par un courriel que les milliers de clients du principal concessionnaire de la région de Granda, et l’un des plus importants d’Italie furent prévenus : « Chers clients, le 7 avril 2021, nous avons malheureusement découvert que nos systèmes avaient été attaqués par des pirates informatiques inconnus. Nous avons donc immédiatement fait appel à une entreprise spécialisée afin de tenter de résoudre le problème et de limiter au maximum les dégâts », précisaient-ils. La Stampa explique que le groupe visé « livre chaque année plus de 10 000 voitures » de marques prestigieuses (Mercedes Benz, BMW, Mini, Aston Martin), possède huit succursales et 340 employés au Piémont, en Ligurie et en Toscane, avec un chiffre d’affaires de 250 millions d’euros.

    « C’est le mercredi que l’attaque aurait eu lieu, la conséquence se ressentait avec la panne du site le lendemain jeudi 8 et vendredi 9 avril 2021. Des enquêtes sont en cours – poursuis la lettre aux clients —. L’attaque a provoqué, d’une part, le cryptage de données dans nos serveurs (nous essayons de réinstaller une copie qui n’a pas été compromise) et, d’autre part, une exportation de données ». La procédure est identique aux infections par code malveillant de type ransomware, une partie des données sont inaccessibles, car chiffrées.

    Caselle Torinese voit ses données exfiltrées suite à l’infection par un ransomware. (Crédits : Capture d’écran)


    L’autre partie est lisible comme preuve de l’infection, puis de l’exfiltration. En France, l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) propose un guide afin d’anticiper, et de connaître les démarches à effectuer dans : « Attaques par rançongiciels, tous concernés – comment les anticiper et réagir en cas d’incident ? » De son côté le groupe automobile continue de travailler dans le but d’atténuer les effets, et en restaurant les données, puis en les sécurisant. « Nous avons préparé la plainte qui sera déposée auprès de l’autorité judiciaire le lundi 12 avril et nous en informons l’Autorité de protection de la vie privée », conclut le groupe en conseillant à ses clients de signaler toute situation anormale et de changer leurs mots de passe.

    Une rançon de 26 bitcoins

    La commune de Brescia, chef-lieu de la Lombardie, située au nord de l’Italie est infectée par un code malveillant. Les opérateurs derrière le ransomware DopppelPaymer se sont attaqués aux terminaux de la municipalité. Il n’existe aucun doute possible sur la nature de l’intervention subie par la ville : « À des fins d’extorsion », martèle la municipalité aux journalistes du « Corriere della sera ».

    L’attaque se serait effectuée en deux temps, la première dans la nuit du 29 au 30 mars 2021, puis celle du 31 mars au 1er avril. Étrangement, elle se déroule au moment où les données de la ville de Brescia se dirigeaient vers un cloud. « Un projet qui devrait augmenter considérablement le seuil de sécurité […] ».

    Il fallu attendre quelques jours pour que les intentions soient dévoilées aux dirigeants de la commune italienne. Une demande de rançon, a été formulé, de 26 bitcoins, équivalents à plus de 1, 36 millions d’euros. « Bien entendu, la police a été immédiatement informée et tout paiement est exclu, |…] », explique le directeur général du Palazzo Loggia, Giandomenico Brambilla. (Crédits : capture d’écran)

    Italie, notaire, cyberattaque

    Le ransomware DopppelPaymer a extorqué, entre 2019 et 2021, plus de 600 victimes. C’est le 28 février 2023 qu’Europol coordonne une opération de Police. Deux descentes, une en Allemagne et l’autre en Ukraine permettent l’arrestation de deux suspects et la confiscation de matériel. Trois ressortissants russes étaient activement recherchés. Le groupe avait mené une attaque contre le National Health Service du Royaume-Uni en 2017, celle en 2021 contre la NRA.

    La commune de Rho se relève

    La ville lombarde de Rho est infectée par DoppelPaymer, comme Brescia auparavant. L’action se déroule dans la nuit du 1er avril 2021, entre 3 h 21 et 5 h 40 selon les autorités. Il Giorno relate, qu’après 13 jours, les dommages causés au réseau sont réparés ; mais le retour à la normale est encore loin.

    Rho, Italie, ville

    Il est fréquent qu’une période de trois mois soit nécessaire après de telles infections. Au sein de la municipalité, un travail de fourmi s’effectue. Le personnel, soutenu par des techniciens de sociétés externes, travaille à la réinitialisation de tous les terminaux, soit près de 300.

    En plus de la reconfiguration du système informatique, un nettoyage en profondeur est nécessaire. Un travail scrupuleux, mais fondamental pour repartir en toute sécurité.

    La municipalité s’en sort mieux que prévu selon son maire Pietro Romano, mais le retour à la normalité promet d’être long.

    (Crédits : DR)


    « Les modalités de l’attaque contre la ville de Rho sont très similaires à celles utilisées par les hackers de Brescia. Heureusement, nous n’avons perdu aucune donnée. […] Malheureusement, l’incident s’est produit malgré le fait que les systèmes antivirus et de sécurité de l’information sont actifs », souligne l’édile Pietro Romano. La rançon demandée était de 7,62 pour augmenter à 13,178 bitcoins, soit près de 700 000 euros au cours actuel.

    Axios, le CNED italien


    L’entreprise Axios fournit l’interface entre parents, professeurs et élèves pour environ 40 % des écoles italiennes, ce qui représente plus de 5, 5 millions d’étudiants. « Suite aux vérifications techniques approfondies effectuées depuis samedi matin parallèlement aux activités de restauration du service, nous avons reçu la confirmation que l’inefficacité créée est sans équivoque le résultat d’une attaque de ransomware sur notre infrastructure », affirmait le site Axios le 5 avril 2021.

    Le rêve de chaque enfant s’est réalisé en Italie. Imaginez-vous le premier jour des vacances scolaires ayant cette discussion avec vos parents : « As-tu des devoirs à faire pour les vacances de Pâques ? », demanderait votre maman.

    « Non ! », auriez-vous répondu. « Comment ça, non ? Je vais vérifier… » Et, là grande surprise, pas de bulletins de notes, ni de devoirs, de véritables vacances en perspective.

    « Tous nos techniciens travaillent à un rythme incroyable pour rétablir tous les services dans les plus brefs délais, mais cela n’exclut pas qu’il puisse y avoir de légers retards par rapport à ce qui est indiqué », souligne la direction. (Crédits : capture d’écran)

    Italie, ransom, cyber

    Suite à la cyberattaque de Rho, la police a commencé ses investigations. Les premières informations indiquent que l’attaque est partie de Moldavie et que les auteurs devraient être les mêmes que ceux qui ont attaqué la ville de Brescia et Axios. Le ransomware avait été utilisé contre plusieurs entreprises, dont le géant taïwanais Foxconn et le français Manutan. Les principaux suspects, Igor Garshin, Igor Olegovich Turashev et Irina Zemlianikina, sont arrêtés. Un autre suspect, Artem Stryzhak arrêté en 2024 en Espagne est extradé en avril 2025 vers les États-Unis.

  • Réelle saturation des lits de réanimation ?

    Réelle saturation des lits de réanimation ?

    L’occupation des lits de réanimation est de 114,8 % selon les données que recueille le site CovidTracker auprès de Santé publique France et de l’INSEE pour la France. Ce qui inquiète, au vu de la situation, est le nombre de lits d’hospitalisation dans nos lieux de santé en France. La situation semble « critique » et « partout très préoccupante », selon les interventions du Premier ministre, Jean Castex, et du ministre de la Santé, Olivier Véran. Qu’est-ce qu’un lit de réanimation ? De combien de lits dispose la France ? Depuis quand ?

    Avant de parler de réanimation, quel est le nombre de lits au sein des établissements de santé en France ? Il est nécessaire de les différencier, nommer et dénombrer, afin d’effectuer un constat, un daguerréotype du soin en France. Car chaque parole, chaque chiffre, chaque démonstration est étroitement lié au point de référence adopté.

    Déserts médicaux et « Communication »

    Ainsi, entre 2003 et 2018, le nombre de lits d’hospitalisation à temps complet installés, tous établissements, toutes disciplines et tous secteurs confondus, est passé de 468 000 à 396 000 (service de santé des armées et établissements de Mayotte compris). « Ce mouvement général résulte de la volonté de supprimer des lits excédentaires et de réorganiser l’offre », explique la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES). Ce mouvement supprime volontairement et réorganise l’offre de soin.

    En quinze années, c’est 33 000 lits de médecine, chirurgie obstétrique et odontologie (MCO) supprimés. Le plus préoccupant, si vous avez été hospitalisé dernièrement, c’est la durée du séjour qui es drastiquement réduite. La capacité d’accueil en long séjour a perdu 49 000 lits sur 15 ans, pour atteindre 31 000 en 2018.

    Donc au total, ce sont 69 000 lits en moins sur l’ensemble des établissements, et plus de 100 000 par rapport à 1997 (507 996). La raison : la transformation en établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes de certaines unités.

    (Crédits : DREES)

    Cette décision est relative à la circulaire DHOS/02/F2/DGAS/2C/CNSA n° 2008/340 relative à la mise en œuvre de l’article 46 de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2006, modifiée concernant les unités de soins longue durée (USLD). Circulaire décidée sous Jacques Chirac, appliquée sous Nicolas Sarkozy. En début de mandat, les personnes élues appliquent, semble-t-il, les décisions de leurs prédécesseurs.

    La santé est devenue lucrative

    Il ne faut pas être dupe : si la baisse est constatée en psychiatrie de 7 000 lits entre 2003 et 2018 dans les établissements publics, elle augmente de 3 800 dans ceux (privés) à but lucratif, où « elle représente 26 % de la capacité d’accueil ». Cette croissance se rencontre dans les accueils de moyen séjour, où la progression est positive, passant de 92 000 à 106 000 places. Dans les établissements à but lucratif, la capacité croit de 12 000 lits et représente un tiers de la capacité totale d’accueil en 2018. C’est de notoriété publique que des fonds de pension américains rachètent des cliniques françaises, depuis plus d’une décennie, comme l’expliquait déjà Le Télégramme en 2007.

    Le groupe Vitalia, branche immobilière de Blackstone créé en avril 2006, avait en un an et demi racheté 45 cliniques ou maisons de convalescence en France. « Le groupe est associé au fonds de pension américain Blackstone qui a investi près de 32 milliards de dollars au cours des vingt dernières années aux États-Unis, en Europe, en Chine ou en Inde », ce que confirmait Le Monde. Les fondateurs du fonds d’investissement, Pete George Peterson et Stephen Allen Schwarzman, sont issus de l’ancienne banque d’affaires new-yorkaise Lehman Brothers à l’origine de la crise financière mondiale de 2008.

    (Crédits : DR)

    Clinique, santé, Poitiers

    Dans l’hexagone, une mise en examen sème le trouble dans le groupe Elsan, numéro 2 de l’hospitalisation privée en France. « Il aurait soigneusement organisé sa banqueroute » titrait Marianne, de plus L’Indépendant ajoute : « Or Elsan avait repris le projet de construire une nouvelle clinique à Montredon-Corbières, conçu par Marcel Hermann, PDG de Médipôle Sud Santé, lui-même contraint de céder son poste en avril 2016 après le scandale international des Panama Papers. » Néanmoins le conseil, Me Christophe Dejean insiste sur le fait qu’Elsan conteste toute irrégularité dans cette procédure mise en œuvre sous l’égide du tribunal de commerce. « Elsan a payé l’intégralité des dettes de l’établissement et accompagné le reclassement des salariés. Jérôme Nouzarède entend coopérer pour que justice lui soit faite », ajoute l’avocat, Me Dejean.

    Saturation des lits de réanimation en France

    Parmi les mesures annoncées, mercredi 31 mars, veille du premier avril, par le gouvernement pour enrayer la progression du virus figure l’augmentation des lits de soins intensifs à 10 000. La direction générale de la Santé (DGS), au 19 mars, recensait 7503 lits de réanimation, dont 6456 occupés, soit 86 %. Existe-t-il une différence entre lit de réanimation, de soins intensifs et de surveillance continue ?

    Doigt, saturation, hôpital

    Vous vous doutez qu’à la lecture de la question, la réponse est positive. Une unité de surveillance continue (USC) est destinée à accueillir et prendre en charge des malades nécessitant une surveillance rapprochée, puis la dégradation de l’état de santé place le patient en surveillance continue, puis en réanimation.

    Au sens strict, selon l’Académie de Médecine, la réanimation désigne au sein de l’hôpital « un ensemble de moyens diagnostics et de traitements permettant de maintenir les fonctions vitales lorsque le patient ne maîtrise plus “un équilibre aussi proche que possible de la normale dans le milieu intérieur” (J. Hamburger, 1950) pour protéger le métabolisme des organes essentiels, en particulier celui du cerveau. »

    (Crédits : Engin Akyurt/Pixabay)

    Celui-ci prend en charge les patients présentant ou susceptibles de présenter des défaillances viscérales aiguës mettant en jeu le pronostic vital. Cela nécessite à la fois l’utilisation de techniques spécifiques, de matériels coûteux et la permanence de nuit comme de jour d’un personnel médical et d’auxiliaires spécifiques, compétents et entraînés. Elle nécessite aussi des structures appropriées pour mettre en œuvre les diagnostics et les traitements.

    6733 lits de réanimation

    Début janvier 2021, la direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) propose à qui veut bien les lire les données du nombre de lits de réanimation, de soins intensifs et de soins continus en France, fin 2013 et 2019. « Le nombre total de lits de soins critiques est désormais estimé à 19 604 lits, contre 19 580 en septembre dernier », ajuste la DREES. Ces données établissent le nombre de lits (adultes et enfants) au sein de la France entière, ainsi que par département, soit 5433 lits de réanimation, 5954 de soins intensifs et 8217 de surveillance continue pour commencer l’année 2020.

    La Montagne a joint les agences régionales de santé (ARS) qui auraient communiqué le chiffre de 6733 lits « armés » pour les réanimations en janvier 2021, très bien, mais le personnel soignant existe-t-il en nombre suffisant ? La réglementation des articles D. 712-108 et D. 712-109 impose au minimum deux infirmiers pour cinq patients et un aide-soignant pour quatre patients, sous la responsabilité d’un cadre infirmier, avec, selon le texte, un ou plusieurs médecins compétents en réanimation.

    RégionsNombre de lits au 31/12/2019Nombre de lits au 15/01/2021Évolution
    Auvergne – Rhône-Alpes614790+ 28, 66 %
    Bourgogne – Franche-Comté203262+ 29, 06 %
    Bretagne171226+ 32, 16 %
    Centre – Val-de-Loire198229+ 20, 53 %
    Corse1838+ 111, 11 %
    Grand-Est505620+ 22, 77 %
    Guadeloupe3335+ 6, 06 %
    Guyane1329+ 123, 08 %
    Hauts-de-France474595+ 25, 53 %
    Île-de-France12251425+ 16, 33 %
    La Réunion7580+ 6, 67 %
    Martinique2930+ 3, 45 %
    Mayotte1216+ 33, 33 %
    Normandie258294+ 13, 95 %
    Nouvelle-Aquitaine443509+ 14, 90 %
    Occitanie482628+ 30, 29 %
    Pays de la Loire198249+ 25, 76 %
    Provence-Alpes-Côte d’Azur490678+ 38, 37 %
    France54336733+ 23, 93 %
    Le nombre de lits de réanimation au 31 décembre 2019 provient d’une enquête de la DREES (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques) publiée le 12 janvier dernier. Le nombre de lits de réanimation au 15 janvier 2021 a été communiqué par la Direction générale de l’offre de soins à la Montagne.

    Prenons l’exemple de la Marne qui affiche, selon l’article paru en janvier et mis à jour le 3 février 2021 sur le site de la DREES, 60 lits de réanimation adultes et enfants. Ils sont 42 en centre hospitalier régional et 18 dans d’autres établissements. Imaginons que l’occupation des lits est totale. La journée est découpée en trois tranches de huit heures, ce qui nécessite 24 personnels infirmiers, 15 aides-soignants, 12 cadres de santé et autant de médecins. Cela représente soixante-trois pour un service, et donc 189 sur une journée de 24 heures. Comptant seuls les lits de réanimation, soit 6733, il faut à minima 21 209 médecins, cadres de santé, infirmiers et aides-soignants… Quand il n’y a pas de décompensation (insuffisance cardiaque, pulmonaire, hépatique et rénale), car dans ce cas les équipes peuvent alors doubler, atteignant 42 418 personnes.

    La France 10e au classement de l’OCDE

    En France, nous avons au 1er janvier 2019, avec les données accessibles de l’INSEE, 11 524 médecins anesthésistes-réanimateurs, dont plus d’un tiers sont des femmes. 722 572 infirmières, car les femmes représentent près de 90 % du contingent, et 245 200 aides-soignants.

    Tableau, lit, stat

    Il existe, selon le document du syndicat national (SNIA), que 10 843 infirmiers-anesthésistes diplômés d’État (IADE) en France. Encore une fois, selon les données du SNIA, près de 72 % des IADE sont des femmes, comme les cadres de santé. La raison première de la « saturation » des lits de réanimation ne date pas d’hier.

    En 2017, un article dans l’Obs titrait « Grippe : les hôpitaux en souffrance à cause des lits supprimés par Touraine ? »

    (Crédits : OCDE)

    Frédéric Valletoux, président de la Fédération hospitalière de France et maire (Agir) de Fontainebleau, expliquait déjà que « l’hôpital se paie les dysfonctionnements de notre système. […] La crise actuelle montre surtout la désorganisation du système de santé où une grande partie des malades vont aux urgences alors qu’ils pourraient être traités par la médecine de proximité. Le véritable problème se situe dans le développement des déserts médicaux ! »

    La politique de la Communication

    Marisol Touraine, ministre de la Santé et des Affaires sociales, mettait en place un plan d’économie de 10 milliards d’euros, en 2017, sous François Hollande. La santé est comme une piscine municipale, la balance est rarement positive, pour autant, est-il possible de quantifier le prix d’une vie ? La raréfaction des docteurs en médecine, associée à une population dont l’espérance de vie à la naissance est de 85,6 ans pour les femmes et de 79,7 ans pour les hommes, ajoutée à une diminution drastique, car économique, du nombre de lits, pose de nombreux problèmes.

    La parole du président de l’association des médecins urgentistes de France, Patrick Pelloux, est claire : « Notre activité est constante avec une petite augmentation, mais, en gros, on y arrive », assure-t-il. Selon un récent décompte de la DGOS auprès de l’AFP, il y avait ainsi 7655 lits « armés » affirme LCI. Car selon ses estimations, sur les quelque 5090 patients malades du Covid-19 comptabilisés dans ces services de soins critiques, 3827 sont en services de réanimation selon Santé publique France au 1er avril. L’urgentiste avait indiqué au préalable 25 % avant de se raviser et de corriger en indiquant que seuls 50 % « sont en réanimation, avec intubation et respirateur ».

    Donc, la moitié d’entre eux ne serait donc pas sous oxygénation, mais « dans des unités de soins continus qui dépendent des réanimateurs. » (Crédits : Fauxels/Pexels)

    La saturation des lits de réanimation en France, souvent brandie comme un tocsin médiatique, mérite d’être nuancée, contextualisée et surtout replacée dans l’histoire longue des politiques de santé publique. Si les chiffres bruts peuvent impressionner, ils sont le reflet d’un système hospitalier profondément transformé depuis plusieurs décennies. Sans personnel formé, un lit n’est qu’un meuble. La crise sanitaire, en réalité, a joué le rôle d’un révélateur : révélateur d’un hôpital public contraint, d’un système de soins sous tension chronique, d’une politique de gestion comptable. Entre le fantasme de la saturation totale et la réalité, une chose est sûre : derrière chaque pourcentage, il y a des soignants, des patients, des choix politiques. Et peut-être, au bout du compte, une question simple : quelle place voulons-nous encore accorder au soin dans notre société ?

  • « J’ai été élu, à une large majorité »

    « J’ai été élu, à une large majorité »

    Voici ce que disent tous les politiques, lorsque le dépouillement les nomme vainqueurs de l’élection. Or, lire le résultat d’une étude, d’un sondage, d’une élection est toujours assujetti à votre point de vue, mais pas seulement. Chaque lecture dépend des choix que vous avez effectués au préalable, de vos hypothèses de départ, des questions ouvertes ou fermées… Lorsque vous biaisez volontairement ou fortuitement les bases, votre maison ne peut être stable. Ainsi lorsque les études visent un produit, lucratif potentiellement, il est si simple d’ajouter un grain de sable…

    « J’ai été élu à une large majorité. » Combien de fois avons-nous entendu cette formule ? sans jamais en interroger la mécanique ? Derrière les chiffres officiels se cachent des réalités moins flatteuses, des votes minoritaires érigés en plébiscites. Entre abstentions massives, votes blancs et usages stratégiques des données, les prestidigitateurs ont plus d’un tour dans leurs chapeaux. Car parfois, tout se joue à une virgule près.

    Résultat électif ou réel ?

    Prenons pour commencer le résultat des élections municipales de 2020 dans quatre villes de moins de 100 000 habitants, Avignon, Créteil, Poitiers et Fort-de-France. Elles affichent respectivement une population de 93 434, 92 737, 88 291 et 80 041 âmes, selon l’INSEE. En Avignon, Mme Cécile Helle (LDVG) est élue au 2e tour avec 45,62 % des voix, à Créteil, M. Laurent Cathala (LSOC) est élu avec 69,82 % des voix, sur Poitiers, Mme Léonore Moncond’huy (LDVG) devient l’édile poitevin avec 42,83 %, puis sur l’île de la Martinique à Fort-de-France, M. Didier Laguerre (LDVG) s’impose avec 67,44 % des voix. Réellement, combien de citoyens, inscrits sur les listes électorales, ont finalement voté pour eux ?

    Nom/VilleÉlecteursParticipation
    (1er Tour / 2d Tour)
    Votants / exprimés
    (1er Tour / 2d Tour)
    Résultat électifRésultat réel
    Helle / Avignon55 28534, 93 %/31, 87 %19 278/18 807-17 617/17 19345, 62 %14, 19 %
    Cathala / Créteil44 40730, 14 %/22, 64 %13 386/12 807-10 088/9 56769, 82 %14, 99 %
    Moncond’huy / Poitiers43 70536, 40 %/33, 19 %15 891/18 532-14 504/13 99642, 83 %13, 72 %
    Laguerre / Fort-de-France60 81025, 01 %15 209/14 40367, 44 %15, 98 %
    La différence entre la joie non dissimulée de l’édile à grands coups de chiffres reflète souvent une mascarade quant à la vérité crue.

    Les élections municipales de 2020 connurent un contexte particulier, il faut le reconnaître. La réaction à chaud du maire sortant, réélu à Fort-de-France, semble être sans appel : « […] Merci aux électeurs et aux électrices qui se sont mobilisés et qui, à près de 70 %, ont choisi leur maire à Fort-de-France […] », explique Didier Laguerre. Il se targue d’une victoire à près de 70 %, avec une abstention de trois quarts de la population.

    Au final, c’est un électeur sur six qui a voté pour lui. Dans la cité poitevine, une nouvelle venue, Mme Léonore Moncond’Huy rafle la mise avec 42,83 % de votes. « C’est confirmé, ma liste Poitiers Collectif remporte la victoire, et c’est massif », a assuré la jeune femme, âgée de 30 ans, qui s’est affirmée « particulièrement fière que Poitiers ait fait le choix de l’écologie et de la justice sociale », relate France TV Info. C’est exact, près de 43 % des votes, mais au réel moins d’un électeur sur sept. Tout est une question de point de vue

    68 000 décès imputables à la pandémie

    Selon le numéro 587 de mars 2021 de l’Institut national d’études démographiques (INED), la France métropolitaine a enregistré 654 000 décès en 2020. Soit 55 000 décès de plus que les 599 000 de 2019. Pour être exact, les données de l’INSEE indiquent 668 516 morts en 2020 pour 613 456 en 2019, soit un écart de 55 060, entre le 1er janvier et le 31 décembre 2020.

    TAbleau, données, covid

    C’est une hausse de 9,2 %, justifie le rapport (8,97 % avec les derniers chiffres). Mais parmi ces 55 000 décès supplémentaires, environ 13 000 sont statistiquement imputables au vieillissement de la population. Celui-ci « s’observe chaque année en l’absence de gain d’espérance de vie », ce qui entraîne mécaniquement une hausse annuelle du nombre de décès, indépendamment de tout contexte épidémique, détaille l’étude.

    Restent donc 42 000 décès supplémentaires en 2020, liés à la pandémie de Covid-19. Ces 23 000 décès de moins que les 65 000 imputés à la Covid-19 en 2020 par Santé publique France soulignent les auteurs Gilles Pison et France Meslé. Plusieurs phénomènes, mais un en particulier a influé : « la comorbidité ». Les décès par Covid-19 ont frappé en partie des personnes fragiles souffrant d’autres maladies (diabète, maladie cardiovasculaire, insuffisance respiratoire chronique…). « Une fraction d’entre elles serait de toute façon décédée en 2020, même en l’absence d’épidémie de Covid-19 », martèlent les auteurs. Seule une incertitude est certaine : le solde naturel, qui est la différence entre le nombre annuel des décès et des naissances, ne cesse de décroître depuis 2015 (197,1) pour atteindre 73 aujourd’hui.

    Les deux graphiques montrent un taux de décès très important pour les plus de 60 ans. La pandémie de Covid-19 est supérieure de 9,1 % au taux de mortalité de la grippe de Hong Kong entre 1968 et 1970. (Crédits : INED/Creative Commons)

    « Et si on mangeait, les enfants ? »

    La ponctuation est importante dans un texte, voire vitale. Sur la seule phrase : « Et si on mangeait, les enfants ?! », cela permet de faire la lumière sur sa fonction linguistique. Avec la présence de la virgule placée juste derrière le verbe, elle indique l’invitation aux enfants à venir se restaurer. Omettre cette ponctuation propose aux convives de littéralement manger les enfants, comme un met.

    Une autre phrase célèbre propose une compréhension, sur la simple présence de ladite virgule.

    Il s’agit d’une phrase dont le sens change selon la façon dont elle est ponctuée (rapportée par Beauzée dans son article « Ponctuation » de l’Encyclopédie de Diderot) : « On rapporte que le général Fairfax, au lieu de signer simplement la sentence de mort du roi d’Angleterre Charles 1er songea à se ménager un moyen pour se disculper dans le besoin, de ce qu’il y avoit d’odieux dans cette démarche, & qu’il prit un détour, qui, bien apprécié, n’étoit qu’un crime de plus. » (Crédits : DR)

    Grand'Ma, ponctuation, humour

    Il écrivit sans ponctuation, au bas de la sentence : « Si omnes consentiunt ego non dissentio » ce qui se traduit par « Si tous sont d’accord, je ne diverge pas », mais avec la virgule dans : « Si omnes consentiunt ego non, dissentio » la traduction est tout autre : « Si tous sont d’accord, moi non, je diverge ». Ce qui en laissait le sens ouvert, à charge pour les récipiendaires de l’interpréter.

  • Du poisson d’avril à la fricassée en chocolat

    Du poisson d’avril à la fricassée en chocolat

    Habituellement, les enfants dessinent un poisson sur un morceau de papier et le découpent. Puis, ils les accrochent avec du ruban adhésif dans le dos de leurs camarades, celui de leur professeur ou encore le votre. Quelle que soit l’âge de la personne auprès de laquelle vous évoquez ce souvenir, tous vous répondront avec un grand sourire, le sourire de l’enfant qui sommeille en chacun. Que savez-vous de cette coutume ? Connaissez-vous son origine ? Existe-t-elle seulement en France ?

    Le 1er avril arrive toujours avec son cortège de rires, farces et surprises. Le poisson d’avril, farce innocente, nous rappelle que l’humour à toujours sa place, même dans les affaires les plus sérieuses. Ainsi le plaisir des enfants, que cela soit à l’école, chez les grands-parents comme au domicile familial, d’accrocher un poisson dans le dos est intact.

    Quand le poisson d’avril nage dans nos agendas…

    Le poisson d’avril, ce rituel de farces et de sourires, puise ses racines en Europe, au XVIᵉ siècle. Du 7e siècle jusqu’en 1564, l’année commence autour du 25 mars. Une semaine où la tradition était de se faire des cadeaux pour célébrer le passage de l’année, le 1er avril. C’est ce qu’on appelle les étrennes, une tradition héritée des Romains. En l’an de grâce 1564, sous le règne du Roi Charles IX, l’envie de réforme du calendrier est prégnante. Ainsi, ils organisent, Charles IX et le pape Grégoire XV, un saut dans le temps, car le lendemain du 4 octobre 1582, c’est le 15. Mais, c’est le pape Grégoire XV qui a tout organisé. Il avait choisi cette date pour migrer du calendrier Julien au Grégorien, avec un décalage de dix jours.

    Image, archives, lettre

    Une date judicieusement choisie. En effet, le 25 mars est célébrée l’Annonciation. « L’Annonciation à la Vierge Marie est d’abord la fête de l’Incarnation puisque Dieu commence en Marie sa vie humaine qui conduira Jésus jusqu’à la Croix et la Résurrection, jusqu’à la Gloire de Dieu. Elle est célébrée par les catholiques le 25 mars. Lorsque le 25 mars tombe au moment de la Semaine sainte, elle est célébrée le lundi suivant l’Octave de Pâques », explique le site de l’Église catholique en France. Le fameux lundi de Pâques, qui tombe huit jours ensuite est le 1er avril.

    Or, sous Charles IX, en 1564 l’édit de Roussillon fixe uniformément le début de l’année sur le royaume du souverain, au premier jour du quatrième mois calendaire. Ledit édit de Roussillon fixa le premier jour de l’année au 1er janvier. Il fallu attendre 1622 pour que l’ensemble des chrétiens commence l’année le même jour, à travers le Pape Grégoire XV.

    Le poisson d’avril découlerait, semble-t-il, d’une volonté de moquer un individu. Comme lorsque, par exemple, l’on demande à un apprenti en brasserie, souvent âgé de quatorze ou quinze ans, d’aller chercher de l’huile de coude chez des commerçants avoisinants.

    La locution « poisson d’avril » est attestée au XVe siècle : sa plus ancienne occurrence connue se trouve dans le Doctrinal du temps présent et Danse aux aveugles de Pierre Michault, daté de 1466 ; elle y désigne un « entremetteur, intermédiaire, jeune garçon chargé de porter les lettres d’amour de son maître ». Puis, les décennies s’égrainent, la locution se transforme en tromperie. Ainsi, la signification serait d’« obliger quelqu’un à faire quelque démarche inutile pour avoir lieu de se moquer de lui ». (Crédits : Bibliothèque nationale de France)

    Ceux qui, par habitude ou par esprit de résistance, continuaient de célébrer la nouvelle année en avril étaient pris en dérision et moqués comme de naïfs « poissons d’avril ». Le choix du poisson n’est pas anodin : il évoque le Carême, cette période de jeûne où l’on consommait surtout du poisson. Très vite, les farces se multiplient et se popularisent : coller un poisson en papier dans le dos d’un ami ou inventer des histoires absurdes devient un jeu commun, des cours royales aux villages. À travers les siècles, cette tradition a traversé les frontières et les époques, se réinventant à l’ère numérique avec des blagues virales et des canulars médiatiques. Le poisson d’avril reste ainsi un symbole de légèreté et de malice, rappelant que même dans un monde sérieux, l’humour a toujours sa place et sait survivre aux changements de calendrier et aux modes.

    La création du Robilait

    Le 1er avril 1985, le journal de FR3 Poitiers, présenté par Marie-Agnès Cordier, lance un reportage sur un procédé révolutionnaire : le Robilait. Ouvrir son robinet, d’eau froide, entre 6 h 30 et 9 h pour voir couler… du lait. L’expérience conjointe entre le chef-lieu du département de la Vienne et la coopérative « Bonilait » distribuait le lait dans les quartiers de la ZUP.

    Les camions livrent le lait au château d’eau près de l’antenne régionale de France Télévisions, rue Fief des Hausses, avant le déménagement prévu cette année. Le directeur de la laiterie, Pierre-Jean Ribardiere et même le chef du rayon d’un supermarché, Philippe Bovani, jouaient le jeu. Vingt-quatre ans plus tard, ils remettent ça. Cette fois, les éoliennes ralentiraient la rotation de la Terre, preuves à l’appui, obligeant à passer de 35 h à 40 travaillées, et des journées de 25 h. Deux poissons d’avril passés à la postérité.

    Mais populairement, le poisson d’avril consiste à faire courir quelqu’un sous de faux prétextes le premier jour d’avril, affiche Le Littré, dans le 7e alinéa,« Poisson d’avril, maquereau ». (Crédits : Capture d’écran INA)

    Lait, robinet, zup

    De fil en aiguille, nous arrivons au poisson le Maquereau, qui possède deux sens dans le langage courant. Le premier est celle d’un poisson de mer (scomber vulgaris, scomber scombrus) nommé auriol ou aurion sur les bords de la méditerranée. Le second est un terme qui ne se dit pas en bonne compagnie, mais également le fait de débaucher et de prostituer des femmes ou des filles. Ainsi découle le terme maquereau ou maquerelle, marquant la personne se livrant au proxénétisme, tenant une maison de prostitution. En France, Fernande Joséphine Grudet, dite Madame Claude (1923-2015) qui régna sur un réseau dans les années 1960-1970, était une maquerelle célèbre.

    L’origine des œufs de Pâques

    Ils prennent naissance au sein de la religion, une fois de plus, mêlées aux traditions païennes. Dans la religion juive, « Pessa’h », commémore l’exode des israélites retenus esclaves, hors d’Égypte, emmenés par Moïse. Lors de leur premier repas d’hommes libres, ils ont sacrifié un agneau, animal sacré en Égypte. Cette viande est depuis consommée par les Juifs à l’occasion de Pessa’h.

    œufs, pâques, fête

    Lors de la dixième plaie d’Égypte, la mort passait au-dessus de ou par-dessus les maisons des Hébreux, étymologiquement. Pour les chrétiens, Pâques est la symbolique de la vie après la mort. Ce jour-là, ils célèbrent la résurrection du Christ, après sa crucifixion, le Vendredi saint. Pâques met aussi fin à la période de carême, qui dure quarante jours. On retrouve des similitudes avec Pessa’h, notamment l’agneau.

    On retrouve également Pâques dans les traditions païennes : c’est une période de renouveau, avec l’arrivée du printemps. Le renouveau est comme la sempiternelle question : « Qui est arrivé en premier l’œuf ou la poule ? » En soit peu importe, car qu’il soit en chocolat, en sucre, peint ou encore cuit : l’œuf est le symbole de la fête de Pâques. (Crédits : Pezibear/Pixabay)

    « Chez les Égyptiens, les Perses et les Romains notamment, l’œuf est un symbole de vie, que l’on s’offrait au printemps », souligne ça m’intéresse. Ainsi, s’inspirant du Nouveau Testament, la friture en chocolat, ces bonbons en forme de poisson, de crustacé et de coquillage, fait référence à deux épisodes précis de la Bible, des pêches miraculeuses. Les célébrations laissent libre cours à l’imagination. Souvent considéré comme la journée du fou, des innocents, les farces, les blagues… elle célèbre l’innocence. En Espagne, cette journée est le 28 décembre, « Dia de los santos inocentes », car les cadeaux de Noël sont distribués aux passages des Rois Mages, puis le premier avril pour l’Allemagne comme les Pays-Bas, c’est « Aprilscherz », le Brésil, la Suisse et la Suède fêtent « le jour des fous », au Québec elle se nomme « Courir le poisson d’avril », en Angleterre et aux États-Unis, le « April Fool’s Day », en Écosse « Cuckoo d’Avril »…

  • 533 millions de Facebookiens, et moi, et moi, et moi…

    533 millions de Facebookiens, et moi, et moi, et moi…

    Non, ce n’est pas un poisson d’avril qui s’extirpe d’un chapeau de magicien tardivement, la fuite est réelle. Les données de plus d’un demi-milliard d’utilisateurs du réseau social Facebook voient leurs données diffusées. Exfiltrées en 2019 par le biais d’une fonctionnalité non sécurisée, résolue depuis, elle circule depuis dans les méandres de l’Internet, pour apparaître samedi aux yeux de tous. 533 millions de profils du réseau social de Mark Zuckerberg ainsi exposés à la vue de tous.

    Lorsqu’un réseau social, a plus de deux milliards d’utilisateurs, est attaqué, des quantités énormes de données fuitent. Les cyberattaques ne donnent pas toutes des publications. Certaines passent sous le radar, pour n’apparaître que bien plus tard.

    Fuite massive de données

    Les cloches ont sonné en plein week-end pascal, c’est samedi 3 avril 2021, qu’Alon Gal tire la sonnette d’alarme, sur twitter. Les données de plus de 500 millions de personnes s’affichent sur un site, elles sont classées par pays en ordre alphabétique. De l’Afghanistan, l’Allemagne, du Bahrain, le Bostwana, la Bulgarie, le Burundi, le Canada, Chypre, la Croatie, l’Égypte, les Émirats arabes unis, l’Espagne, les États-Unis, l’Éthiopie, la France, la Grèce, L’Islande, l’Inde, l’Irak, la Libye, le Luxembourg, le Mexique, la Namibie, la Norvège, les Pays-Bas, le Portugal, le Royaume-Uni, la Syrie… Ils sont cent six pays sur la liste.

    Fuite, tableau, Facebook

    Les données ayant fait l’objet d’une fuite ne sont pas valables que pour les années 2018 et 2019. Elles ne sont apparues qu’en 2021. Comment est-ce possible ?

    En réalité, des cybercriminels exploitent la vulnérabilité en 2019, et Facebook l’a corrige immédiatement. Mais, la firme a oublié d’informer ses utilisateurs, de l’incident. En conséquence, Meta a été confrontée à des critiques sévères, ainsi qu’à une lourde amende de 265 millions d’euros (environ 276 millions de dollars américains).

    Le tableau recense, selon son concepteur, les pays dont les utilisateurs ont été le plus touchés. (Crédits : Twitter/zlatanvano)

    Ces données comportent en premier le numéro de téléphone, puis l’identifiant Facebook, votre civilité, la ville de résidence, l’ancien lieu de villégiature, la date de naissance, votre statut de relation (en couple, célibataire, compliqué, etc.), la date de création du compte, la biographie, et rarement l’adresse mail. Sur les 40 millions d’utilisateurs en France (en mars 2021), la moitié est concernée.

    Qui est concerné ?

    Maintenant, une question se pose : « Comment puis-je savoir si mes données ont fuité ? » Premièrement, ne pas surfer n’importe où. Le site Have I Been Pwned affiche depuis plusieurs années une sécurité des informations, et dans cette optique, son fondateur Troy Hunt, a décidé de débloquer la recherche par numéro de téléphone. Pour effectuer cette recherche, il faut se rendre sur le site « Have I Been Pwned » puis indiquer ledit numéro avec l’indicatif, +33 pour la France, en omettant le premier chiffre, le « 0 ».

    Le site vous indique si le numéro recherché fait partie des 533 millions de données. Prenez garde aux différents messages que vous pourriez recevoir, des cybercriminels s’en servent via du phishing, ou hameçonnage pour collecter d’autres données encore plus sensibles. Ainsi des sites sont apparus, permettant, selon eux, de vérifier que votre numéro de téléphone apparaissait parmi la liste. Les données que vous indiquez sur le site « Have I Been Pwned » subissent un hachage, garantissant votre sécurité.

    Rappelez-vous de cette maxime, littéralement, d’un certain Vladimir Lénine : « La confiance n’exclut pas le contrôle ».

    (Crédits : Capture d’écran)

    Site, web, hs

    Quiconque entre en possession de données provenant de la violation, pour une éventuelle utilisation, même à des fins positives, est interdit par la législation sur la vie privée, ces informations étant le résultat d’un traitement illicite, et pénalement répréhensible. Le site « https://haveibeenfacebooked.com » permettant, selon les indications, de vérifier si votre numéro de téléphone est l’un des 533 millions, est suspendu pour une durée indéterminée. La fuite comprend également les numéros de téléphone du PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, et des cofondateurs Chris Hughes et Dustin Moskovitz.

    Facebook, x, fuite

    De plus, il apparaît que le même numéro de téléphone est également enregistré à son nom sur l’application de messagerie Signal, axée sur la protection de la vie privée, relate « The Hacker News ». « Mark Zuckerberg respecte également sa propre vie privée en utilisant une application de chat qui dispose d’un cryptage de bout en bout et qui n’est pas détenue par Facebook », a tweeté Dave Walker, chercheur à SynackRedTeam.

    L’arroseur arrosé, car les données du fondateur de Facebook se trouvent parmi celles exfiltrées (Crédits : Dave Walker)

    La fuite questionne sur la sécurité, la directrice des communications de réponse stratégique, se veut rassurante dans un tweet : « Il s’agit d’anciennes données qui ont déjà été signalées en 2019. Nous avons trouvé et corrigé ce problème en août 2019 », déclare-t-elle. Alors que les dirigeants sont avares en communication avec la presse et les journalistes, Dave Walker ironise : « si les journalistes ont du mal à obtenir une déclaration de Facebook, peut-être peuvent-ils lui donner un coup de fil ? »

  • L’écoparticipation est abracadabrantesque !

    L’écoparticipation est abracadabrantesque !

    La fameuse écoparticipation qui nous rend plus écoresponsables, plus verts, plus… crédules, car notre imagination laisse à penser que le magasin vers lequel nous nous tournons pour nos achats, reprendra notre ancien lave-vaisselle, réfrigérateur, ou encore notre vieille commode, meuble à chaussures ou encore le matelas qui a bercé les nuits de votre dernier, ou pour commencer une nouvelle vie de couple… Mais savez-vous réellement ce qu’est l’éco-participation ? En quoi cela consiste ?

    C’est en ce lundi de Pâques que M. Sépa Phot déambule dans la maisonnée en chantonnant « Y a d’la joie » de Charles Trenet. Chipant au passage une navette qu’il affectionne tant. Souvenir provençal de son enfance, ce biscuit ovale à la fleur d’oranger le remplit de joie à chaque bouchée. C’était le gâteau que lui offrait son papet, son grand-père. Comme un pinson, il arrive enchanté devant la penderie, un léger rayon de soleil lèche le mur.

    Histoire d’écologie participative

    Après l’avoir entrouvert, il saisit d’un œil espiègle sa redingote parsemée de pétas. Ces pièces de tissu rapiècent avec merveille la Provence et le Pays basque de ses jeunes années. « Tu ne l’as pas encore jetée cette vieille guenille », sourit malicieusement Mme Séki Kharéson. Il se mit à rire voyant le sourire couvrant le doux visage de son amour de jeunesse. « Elle était livrée avec le mannequin », répondit-il.

    Vélo, panier, écologie

    Alors qu’il allait prendre les clés de son automobile pour acheter du pain, pâté de Pâques, chocolats et pâtisseries à la boulangerie du village, Séki l’interrompt : « Tu fais quoi ? Avec ta lubie sur l’écologie, tu n’as qu’à prendre le vélo plutôt que la voiture, comme ça pas de pollution », s’amusa-t-elle. Piqué, et pour ne pas perdre la face, il se dirigea vers la bicyclette. « Ah ! Tu es bien ostiné », appuya-t-elle.

    C’est vrai qu’il est un peu têtu, mais pas rancunier. Il enfourcha son clou, en chantant : « Y a d’la joie. Bonjour bonjour les hirondelles. Y a d’la joie, dans le ciel par-dessus le toit. Y a d’la joie, et du soleil dans les ruelles, y a d’la joie, partout y a d’la joie… » et disparu derrière les bosquets.

    (Crédits : Free-Photos/Pixabay)

    Comme tout un chacun, la famille se réunit pour déguster un bon repas, profitant de la « largesse » de la maréchaussée décrétée par son ministre de tutelle. Quoi qu’il en soit, les sujets s’égrenaient à table quand tout d’un coup, le mot « écoparticipation » vint casser l’ambiance festive.

    « Tu te rends compte, j’ai acheté matelas et sommier auprès d’une grande chaîne d’ameublement française. J’ai demandé à ce que soit pris mon ancien lit, lors de la livraison…» Le vendeur m’a répondu « Cela fera 15 euros de plus », s’offusque le beau-fils, Jean.

    « Mais, c’est l’écoparticipation », rétorque M. Sépa Phot, sûr de son fait.

    « Non, elle est déjà comprise dans la facture totale, il fallait que je paye en plus… J’hallucine », dramatise Jean Éthaissure, levant les yeux au ciel, devant son beau-père.

    À quoi ça sert l’écoparticipation ?

    L’écoparticipation est une somme ajoutée sur votre achat, représentant le coût de la collecte et du traitement des déchets électriques et électroniques, pour leur recyclage. Elle est fixée par le décret du 20 juillet 2005 (Articles R.543-172 à R. 543-206 du code de l’environnement).

    L’article R543-188 stipule qu’« en application de leur obligation de responsabilité élargie, les producteurs d’équipements électriques et électroniques ménagers sont tenus d’enlever ou de faire enlever, puis de traiter ou de faire traiter les déchets d’équipements électriques et électroniques ménagers collectés séparément, quelle que soit la date à laquelle ces équipements ont été mis sur le marché ».

    Si elle est devenue naturelle pour l’électroménager, l’union fédérale des consommateurs-Que Choisir (UFC-Que Choisir) rappelle « quant au recyclage, la réglementation impose aux distributeurs d’électroménager la reprise de l’ancien appareil lors de l’achat d’un nouveau. Ce service est financé par l’écoparticipation, incluse dans le prix de vente. Pour un lave-vaisselle, celle-ci tourne autour de 8 ou 10 € en moyenne. » (Crédits : Ryan McGuire/Pixabay)

    Laverie, linge, propreté

    L’écomobilier

    Puis en 2013, sa petite-sœur est née, l’écomobilier, issue de la loi n°2016-344 du 24 avril 2013. L’article du code de l’environnement R. 543-240 détermine et précise les conditions de mise en œuvre de l’obligation de responsabilité élargie du producteur aux éléments d’ameublement, ainsi que les modalités de gestion des déchets qui en sont issus. L’article approfondi et affirme que « l’on entend par éléments d’ameublement, les biens meubles et leurs composants dont la fonction principale est de contribuer à l’aménagement d’un lieu d’habitation, de commerce ou d’accueil du public en offrant une assise, un couchage, du rangement, un plan de pose ou de travail. »

    C’est-à-dire la liste suivante :

    1. Meubles de salon, de séjour, salle à manger
    2. Meubles d’appoint
    3. Meubles de chambre à coucher
    4. Literie
    5. Meubles de bureau
    6. Meubles de cuisine
    7. Meubles de salle de bains
    8. Meubles de jardin
    9. Sièges
    10. Mobiliers techniques, commerciaux et de collectivité
    11. Produits rembourrés d’assise ou de couchages

    Là où le bât blesse, c’est concernant l’obligation de reprendre, par exemple, un ancien matelas. L’association UFC-Que choisir est formelle : « Non. Le vendeur de matelas n’est pas tenu de reprendre votre ancien matelas. La filière a tellement bien négocié qu’elle est parvenue à échapper à l’obligation de reprise gratuite lors de l’achat d’un matelas neuf, contrairement à tous les autres secteurs qui appliquent le principe du 1 pour 1. »

    canapé sofa, cuir

    Sur son site, l’association martèle que « certaines enseignes reprennent votre ancien matelas. Renseignez-vous sur les conditions et le coût de ce service, qui peut être gratuit ou payant. »

    Ce qui est cocasse au vu de la liste des 24 actionnaires fondateurs d’Écomobilier : Alinea, Alsapan, But International, Cauval Industries, Compagnie Continentale Simmons, Conforama France, Meubles Demeyere, Fournier SA, Gautier France, Gram, Grand Litier First Service, Cofel, J. P. Gruhier, Meubles Ikea France SNC, Hygena Cuisines, Maison de la Literie, Mobilier de France, Mobilier Europeen, Groupe Parisot, Roset SA, Salm Sas, Sesame, Ucem, WM88.

    (Crédits : d Bossarte/Pixabay)

    Le site ELLE rédigeait un article à ce sujet, intitulé « Écomobilier : la nouvelle filière recyclage des meubles ». Chez Alinea, « les clients ayant opté pour la location d’un véhicule pour transporter leur nouveau meuble pourront laisser dans ce même véhicule leurs meubles hors d’usage, et leur assurer ainsi une seconde vie ». Dans les conditions générales de vente, l’enseigne affirme qu’ « à l’achat d’un appareil neuf, le client paie une “écoparticipation” correspondant au coût de collecte, de réemploi, de dépollution et de recyclage d’un appareil usagé équivalent. Son montant varie selon le produit et le type de traitement qu’il nécessite. Son montant est indiqué sur chaque fiche produit, séparément du prix du produit. Ce montant est reversé à l’éco-organisme agréé écomobilier. »

    Cela sans ajouter les 15 euros demandés pour reprendre la fameuse literie qu’une autre enseigne réclamait, un comble ! Jean Éthaissure s’est rendu, a priori, dans un magasin qui à dû effectuer une mauvaise interprétation de la loi, sinon, faire payer deux fois un client pour une même chose pourrait être considéré pénalement comme du vol.

    La majeure partie montre patte blanche, ainsi du côté d’Alpasan-Darty, un astérisque stipule que le prix comprend la participation au recyclage dit « l’écomobilier ». Chez Conforama, « le recyclage du mobilier usagé est intégralement financé par l’écoparticipation que paie chaque client lors de l’achat d’un produit ». Les meubles Demeyere distribués par exemple par Balitrand, l’enseigne y affiche la couleur. Il faut ajouter l’écoparticipation au prix du meuble acheté, une fois et une seule, tout comme la Maison de la Literie. (Crédits : DR)

    Loi, mention, légale

    La filière écomobilière est financée par l’adhésion des fabricants et distributeurs à travers une contribution financière payée par le consommateur pour chaque meuble (concerné par la réglementation) acheté. De la même manière que pour l’électroménager, une écoparticipation sera ajoutée au prix de vente du mobilier pour compenser le coût de la collecte et du traitement des déchets. Elle sera ensuite reversée à Écomobilier, par l’entreprise qui met le produit sur le marché, rappelle le site Elle. « Un dernier conseil pour ton prochain achat, pose toutes les questions nécessaires, sur la livraison, le recyclage du produit… avant de signer et de payer », conclut Sépa Phot.

  • Le ransomware « Cl0p » infecte six universités américaines

    Le ransomware « Cl0p » infecte six universités américaines

    Elles sont six universités américaines à avoir subi une infection par code malveillant, en un peu plus de dix jours. L’attaque cybernétique est de type ransomware. L’université du Colorado, de Miami, de Yeshiva, du Maryland, de Californie et la non moins prestigieuse université de Stanford, deuxième au classement mondial derrière le légendaire MIT. Tout ceci est rendu possible par l’infection préalable de l’application FTA d’Accellion de « transferts de fichiers sécurisés ». Des données privées sont ainsi divulguées.

    Tout commence avec la diffusion des notes, des numéros de sécurité sociale des étudiants de l’université du Colorado et de celle de Miami au début de l’année 2021. L’origine est l’application FTA (File transfer appliance) d’Accelion pour le transfert de données sécurisé. C’est un fournisseur de services de transfert de fichiers sécurisés qui permet aux organisations de partager « en toute sécurité » des documents sensibles avec des utilisateurs extérieurs à leur organisation.

    Cl0p exploite une faille

    Ce service, FTA, est populaire parmi les banques, les agences gouvernementales et les organisations financières qui partagent couramment des documents sensibles avec des utilisateurs externes. Une vulnérabilité a été découverte et documentée dans un rapport de onze pages, par la société de conseil en cybersécurité Mandiant. Il indique que la première faille a été découverte et résolue par Accellion le 16 décembre 2020, tandis que la seconde l’a été le 20 janvier 2021. En premier, l’opérateur malveillant a enchaîné les vulnérabilités suivantes : Injection SQL (CVE-2021-27101) et exécution de commandes du système d’exploitation (CVE-2021-27104).

    Les attaques impliquaient l’exploitation de plusieurs vulnérabilités zero-day dans l’ancien logiciel FTA. Un « zero-day » (0-day) est une vulnérabilité n’ayant fait l’objet d’aucune mise à jour, car n’ayant pas de publication, elle n’est pas connue. Elle cesse de l’être dès qu’un exploitant s’en sert. Le but fut l’installation d’un nouveau shell web, ou « code encoquillé », nommé « Dewmode », permettant un accès et un contrôle à distance. L’ANSSI documente un shell web avec l’exemple « Supernova » suite à la présence d’un code malveillant dans Solar Winds Orion.

    L’accès à des données de patients s’affich sur le site de fuite de Cl0p. (Crédits : capture d’écran)

    Quatre failles critiques

    Suite à de nombreuses attaques, l’entreprise Accellion a corrigé quatre vulnérabilités FTA. Elles étaient connues pour être exploitées par les opérateurs malveillants, en plus d’incorporer de nouvelles capacités de surveillance et d’alerte pour signaler tout comportement suspect. Les défauts sont les suivants :

    • CVE-2021-27101 – Injection SQL via un en-tête Host spécialement conçu
    • CVE-2021-27102 – Exécution de la commande OS via un appel de service Web local
    • CVE-2021-27103 – SSRF via une requête POST spécialement conçue
    • CVE-2021-27104 – Exécution de la commande du système d’exploitation via une requête POST spécialement conçue

    « Bien que nous croyons, sur la base de notre enquête à ce jour, que l’incident est limité au serveur Accellion utilisé pour les transferts de fichiers sécurisés, nous continuons à améliorer notre programme de cybersécurité pour protéger davantage nos systèmes contre les cybermenaces. Nous continuons à servir notre communauté universitaire conformément à notre engagement envers l’éducation, la recherche, l’innovation et le service », assure l’université de Miami. Sans pour autant être devin, le site Bleeping Computer avertissait : « il est probable qu’il publiera davantage de fichiers à l’avenir pour faire pression sur les victimes, afin qu’elles paient. »

    « Bien que l’ampleur de l’attaque n’ait pas encore été déterminée, les premières informations issues de l’enquête confirment que la vulnérabilité a été exploitée et que plusieurs types de données ont pu être consultées, notamment des informations personnelles identifiables sur les étudiants de Boulder et Denver, des informations personnelles identifiables sur les futurs étudiants, des informations personnelles identifiables sur les employés, des données cliniques et de santé limitées, ainsi que des données d’étude et de recherche », affirme l’université du Colorado dans son communiqué. Le 1er avril, sans mauvaise blague, « un certain nombre d’universités ont été ajoutées au site de fuite sur le dark web des acteurs de la menace Cl0p », souligne le site Data Breaches.

    La pression ne s’est pas fait attendre, sur leur site, les données s’affichent en cinq parties téléchargeables. (Crédits : capture d’écran)

    Elles semblent être liées à la brèche d’Accellion en décembre et janvier, renchérit l’auteur. La menace est prise très au sérieux, ainsi le 2 avril, le directeur financier de Stanford Medicine, M Randy Livingston et le doyen Lloyd Minor, ont confirmé dans un e-mail, adressé à leur communauté, l’exfiltration de données, relate le journal The Stanford Daily.

    Sous-investissements en cybersécurité ?

    Accellion a déclaré que 300 clients utilisaient l’ancien logiciel FTA, vieux de 20 ans, et que moins de 100 d’entre eux ont été victimes d’une brèche par les opérateurs derrière le ransomware Clop et FIN11. La chaîne de télévision CBS SF annonçait que « le système informatique de l’un des plus grands districts scolaires du pays a été piraté par une bande criminelle qui a crypté les données du district et exigé une rançon de 40 millions de dollars, faute de quoi elle effacerait les fichiers et mettrait en ligne les informations personnelles des élèves et des employés ».

    Code, cyber, web

    D’ailleurs, selon le site Bleeping Computer, des sources dans le domaine de la cybersécurité leur auraient révélé que la vulnérabilité du logiciel d’Accellion aurait été également à l’origine de l’infection de la Harvard Business School. Un sous-investissement en matière de sécurité des systèmes d’informations serait-il sous-jacent ?

    Au vu des nombreuses infections, la question a le mérite d’être posée ! Car, déjà deux décennies auparavant, le 25 avril 2001, ZDNET relatait déjà une attaque de l’université de Stanford où était scolarisée Chelsea Clinton, fille du 42e président des États-Unis.

    (Crédits : Gerd Altmann/Pixabay)

    Les opérateurs revendiquent que « nous n’avons jamais attaqué les hôpitaux, les orphelinats, les maisons de retraite, les fondations caritatives, et nous ne le ferons pas. Les organisations pharmaceutiques commerciales ne sont pas éligibles pour cette liste ; elles sont les seules à bénéficier de la pandémie actuelle. Si une attaque se produit par erreur sur l’une des organisations susmentionnées, nous fournirons le décrypteur gratuitement, nous nous excuserons et nous aiderons à corriger les vulnérabilités. » Parmi les autres victimes d’Accellion FTA infectées par « Cl0p » figurent le géant des supermarchés Kroger, la Reserve Bank of New Zealand, l’autorité australienne de régulation des marchés financiers (ASIC), Singtel, la société de cybersécurité Qualys, l’institut de recherche médicale QIMR Berghofer, le bureau de l’auditeur de l’État de Washington « SAO », ainsi que la société Shell.

  • La vie face aux mensonges des puissants

    La vie face aux mensonges des puissants

    Le scandale du Mediator connaît son épilogue ce lundi 29 mars 2021, après 10 ans de procédures judiciaires. Une décennie pour que le tribunal correctionnel de Paris inflige une amende de 2,7 millions d’euros au laboratoire Servier. Ce dernier est reconnu coupable de « tromperie aggravée » et d’« homicides et blessures involontaires ». Les tribunaux ont-ils rencontré ce genre d’affaires auparavant ? Comment accorder à nouveau sa confiance lorsque le mensonge est avéré ?

    « Malgré la connaissance qu’ils avaient des risques encourus depuis de très nombreuses années […] ils n’ont jamais pris les mesures qui s’imposaient et ainsi trompé les consommateurs du Mediator », a déclaré la présidente de la 31e chambre correctionnelle, Sylvie Daunis, au début de la lecture du délibéré.

    Mensonges, condamnations et amendes

    Condamné à payer 2,7 millions d’euros d’amende, le groupe pharmaceutique a été relaxé du délit d’« escroquerie ». Jean-Philippe Seta, l’ex-numéro 2 du groupe pharmaceutique et ancien bras droit du tout-puissant Jacques Servier, décédé en 2014, a quant à lui été condamné à quatre ans d’emprisonnement avec sursis et 90 000 euros d’amende. Cet ancien salarié du cabinet incriminé est pneumologue, tout comme la lanceuse d’alerte, Irène Frachon. Le groupe pharmaceutique, relaxé des faits d’escroquerie, a « fragilisé la confiance dans le système de santé », appuie la présidente du tribunal.

    Mediator, justice, jugement

    Dans ses réquisitions, la procureure Aude Le Guilcher a appelé à « restaurer la confiance trahie » en sanctionnant le « choix cynique » et le « sinistre pari » d’une firme ayant privilégié « ses intérêts financiers » à la santé des consommateurs du médicament, malgré « les risques qu’elle ne pouvait ignorer ».

    Le parquet avait requis à son encontre cinq ans, dont trois ferme et 200 000 euros d’amende. Plus dramatique et grave, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM, ex-Afssaps), qui a « gravement failli dans sa mission de police sanitaire », a été condamnée à 300 000 euros d’amende. Le parquet avait requis une amende de 200 000 euros.

    (Crédits : Thomas Coex/AFP)

    Comme suite aux réquisitoires de la procureure Aude le Guilcher, nous sommes amenés à nous questionner sur comment « restaurer la confiance trahie ». Car, quel que soit l’être, lorsque ce dernier reçoit un coup de bâton d’une personne en qui elle avait toute confiance, ayant entendu au préalable « Jamais je ne donnerai de coup de bâton ! » Comment réagiriez-vous ?

    Le scandale du tabac aux États-Unis

    De plus en plus de citoyens accusent l’Industrie de cacher la vérité, et l’Industrie s’en défend, alors comment la connaître ? Simplement, par le biais scientifique. « La science devenue arbitre, voici ce qui fait d’elle une cible, une activité à influencer, à corrompre ou à miner », pose le documentaire « La fabrique de l’ignorance » réalisé en 2020 par Franck Cuveillier et Pascal Vasselin, et, disponible sur ARTE. Le scandale du tabac n’explose outre-Atlantique qu’en 1994. L’un des personnages à l’initiative de la plainte collective est Howard Engle (1919-2009).

    Ce pédiatre spécialisé en neurologie se sert de ses expériences pour alerter sa patientèle. Il commence à fumer, plusieurs paquets par jour, à l’université. Malgré la survenue d’un emphysème pulmonaire, il ne peut s’arrêter de fumer, et meurt, sans connaître le jugement final. L’ordonnance initiale découlait d’un jugement civil de 1600 pages sur le racket rendu par la juge Gladys Kessler, qui reprochait à l’industrie du tabac d’avoir menti sur ses produits et de les avoir présentés sous un faux jour dès les années 1950.

    Dans le New York Times, Spana Maheswari explique « pourquoi les fabricants de tabac paient pour vous dire que fumer tue ». Le dimanche 26 novembre 2017, les grandes sociétés de tabac des États-Unis avaient commencé à diffuser des messages publicitaires aux heures de grande écoute et des pleines pages dans les journaux nationaux. (Crédits : Basil MK/Pexels)

    Cigarette, tabac, produits chimiques

    « Plus de gens meurent chaque année à cause du tabac que de meurtres, de sida, de suicides, de drogues, d’accidents de voiture et d’alcool, réunis », explique une publicité. En effet, selon l’OMS, le tabac fait plus de 8 millions de morts chaque année, équivalent à la population de la ville de Busan, en Corée du Sud. Plus de 7 millions d’entre eux sont des consommateurs ou d’anciens consommateurs ; environ 1,2 million des non-fumeurs involontairement exposés à la fumée, relate l’Organisation mondiale de la Santé. Ainsi, le jury a également déclaré les défendeurs responsables à l’égard du groupe pour des dommages-intérêts punitifs forfaitaires d’un montant de 145 milliards de dollars, en plus du libre accès à l’ensemble des documents secrets des fabricants de tabac.

    Le scandale du glyphosate de Monsanto

    Paul François, agriculteur du pays charentais, inhale accidentellement des vapeurs d’un herbicide de la firme Monsanto commercialisé sous le nom de Lasso, le 27 avril 2004. L’accident est survenu en vérifiant une cuve restée au soleil, alors qu’il pratique un épandage classique avec son tracteur sur ses cultures. L’herbicide n’est interdit en France que depuis novembre 2007, alors qu’il avait été banni du Canada dès 1985, puis en Belgique et au Royaume-Uni en 1992.

    Monsanto, agriculteur, Charente

    Il faudra attendre le 21 octobre 2020, pour que la firme Monsanto, rachetée par l’Allemand Bayer en juin 2018 pour 63 milliards d’euros, soit définitivement reconnue coupable.

    Un autre homme, outre-Atlantique, fait vaciller le colosse de l’industrie agrochimique Bayer-Monsanto, Edwin Hardeman. L’homme avait utilisé à des fins personnelles le « Roundup » dans son jardin pendant près de trois décennies. Le 27 mars 2019, un tribunal fédéral américain de San Francisco condamnait la firme à verserr 80,8 millions de dollars, soit 71,8 millions d’euros à Edwin Hardeman atteint par un lymphome non hodgkidien. Comme le scandale du tabac, après celui du Watergate dans les années 1970, c’est le « Monsanto Papers » qui rend compte de la manipulation de l’Industrie. (Crédits : Philippe Juste/MaxPPP)

    Cela montre comment la puissante firme faisait paraître des articles montés et écrits par ses employés et signés par des scientifiques de renom, contre rémunération.

    « Considérée comme une forme grave de fraude scientifique, cette pratique consiste, pour une entreprise, à agir en “auteur fantôme” : alors que ses propres employés rédigent textes et études, ce sont des scientifiques sans lien de subordination avec elle qui les endossent en les signant, apportant ainsi le prestige de leur réputation à la publication. Ces derniers sont bien entendu rémunérés pour ce précieux service de ‘blanchiment’ des messages de l’industrie. Dans le plus grand secret, Monsanto a eu recours à ces stratégies », souligne Le Monde.

    Edwin Hardeman est l’un des hommes reconnu victime des agissements et mensonges de la firme Monsanto. (Crédits : capture d’image CGA)

    Edwin Hardeman, monsanto, condamnation

    L’agnotologie

    L’instrumentalisation de la science à des fins pécuniaires et sans remords aucun de la part des grandes firmes donne naissance à une nouvelle discipline, l’agnotologie. Littéralement, science de la production d’ignorance, du doute ou de la désinformation. Elle met au jour les pratiques et les mécanismes cachés qui contribuent à retarder, parfois de plusieurs décennies (les poursuites judiciaires s’arrêtent au décès du plaignant en France) des décisions vitales, mais aussi le trucage des protocoles, voire la fabrication ad hoc de rats transgéniques pour garantir les résultats souhaités.

    Science, complot, poursuite

    Elle explique enfin, au plus près de la recherche, pourquoi nos sociétés dites « de l’information » s’accommodent si bien de l’inertie collective qui, dans le doute, favorise le business « as usual » et la consommation sans frein. Quelques-uns de ses représentants sont reconnus, dont l’historienne américaine des sciences Naomi Oreskes.

    Cette science donne la parole à des acteurs de premier plan pour un combat déterminant entre « bonne » et « mauvaise » science. Un exemple, avec les « découvreurs » des méfaits du bisphénol A, menant à son interdiction, sur l’hexagone depuis le 24 décembre 2012, mais discutée en Europe. Le produit ayant des effets observés sur la fertilité est toxique pour la reproduction humaine.

    (Crédits : Princeton University Press)

    Quand on voit également que le président brésilien, Jair Bolsonaro, ancien capitaine de l’armée, catholique converti à l’évangélisme, a des prises de positions radicales, racistes, homophobes, misogynes et emplies d’une nostalgie de la dictature. D’ailleurs pour Bolsonaro, il n’y a pas eu de coup d’État en 1964, c’était une « révolution démocratique ».

    Il s’est servi du « guide du zizi sexuel », pour discréditer le ministère de l’Éducation, Fernando Haddad, à des fins présidentielles. D’autant que ce dernier affirmait, dans une interview d’août 2018, qu’il s’agissait d’un « kit gay » distribué dans les écoles au Brésil.

    En réalité, il est un ensemble de documents devant être distribué en 2011 dans le cadre du projet « École sans homophobie », pour lutter contre l’intolérance envers la communauté LGBT. Alors que le best-seller de 2001 de ZEP et d’Hélène Bruller, ne l’a jamais été.

    Sans être complotiste, le cumul des scandales de toutes sortes, « Tabac », « l’ARC », « Sang contaminé », « Diamants de sang »… comme les mensonges de l’ancien ministre Cahuzac devant ses pairs, ou celui du président américain Bill Clinton en 1998, le président Georges W Bush affirmait selon un rapport le 7 octobre 2002 que l’Irak de Saddam Hussein « possède et produit des armes biologiques » tout en « poursuivant un programme d’armes nucléaires ».… entache la confiance envers les femmes et les hommes politiques.

    (Crédits : ZEP)

    Zep, Titof, bd

    Ajoutez à la défiance des politiques, une proposition de loi renforçant le pouvoir des forces de l’ordre et de la répression, un soupçon de complotiste, des caméras intelligentes, la reconnaissance faciale, un transfert de compétences régaliennes vers le domaine privé et saupoudrez le tout d’une pandémie d’un virus tel le Covid-19, et vous obtenez des idées de scénario pour des séries à succès.