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  • J’ai un « bug » informatique

    J’ai un « bug » informatique

    Ne vous est-il pas déjà arrivé que ce soit en cours, au travail, chez vous… que le matériel informatique ne fonctionne plus, ou que l’écran reste figé, ou encore, à la fin d’une journée, votre ado, interloqué, vous dise « JPP, askip ma gow a poucave »… Oui, c’est effectivement à cet instant que vos neurones s’entrechoquent, se nouent et qu’à la fin votre cerveau « bug ». Rassurez-vous, ce n’est que passager. Car chaque problème possède sa solution, autrement, il n’y a pas de problème. Mais, connaissez-vous l’origine de ce terme ?

    Selon le Cambridge Dictionnary, le mot bug signifie un tout petit insecte. S’exprimer par « J’ai un bug informatique » signifierait que vous possédiez un insecte informatique ? Non, c’est plus simple que cela. Mais, que vient faire un insecte dans le monde informatique ? La légende prend date au mardi 9 septembre 1947, à 15 h 45 précise. C’est-à dire que dans 163 jours, à partir du 30 mars 2021, soit le 9 septembre 2021, cela fera 74 ans, soit 648 684 heures, donc 2 335 262 400 secondes… Vous avez buggé, pardon, boggué !

    Vous avez-dit « bug »

    C’est à cette date que l’informaticienne Grace Hopper, travaillant à l’université d’Harvard aux États-Unis, trouve un papillon de nuit dans le calculateur Mark II. Composé de relais électromagnétiques, le papillon s’était bloqué dans l’un d’eux. Il provoquait un court-circuit mettant en défaut l’ordinateur. Le premier « bug » de l’histoire informatique était né, il n’en faut pas plus pour construire une légende.

    Bug, papillon, informatique

    Plus surprenant, si l’attribution de la maternité du mot « bug » est fréquente envers l’informaticienne et officier Grace Hopper (1906-1992), or cette mention apparaît déjà dans les notes de l’inventeur Thomas Edison (1847-1931) explique Isabelle Collet. Dans « Les oubliées du numérique », la professeure en sciences de l’éducation rappelle que « ce terme était déjà en usage pour désigner une panne au temps de Thomas Edison ».

    Voici l’image, conservée à la Smitsonian Institution, du premier cas réel de bug. (Crédits : Smithsonian Institution)

  • Le cybercasse de deux Français pour 9,5 millions de dollars

    Le cybercasse de deux Français pour 9,5 millions de dollars

    C’est le cybercasse le plus important à ce jour. Si la société GateHub a déclaré croire que le pirate informatique avait abusé de son API pour mener ses attaques, sans vraiment savoir comment. Cela semble similaire à une attaque DDoS par réflexion, d’où l’usurpation d’identité. Cette attaque (DDoS) fleurit chez les opérateurs de Ransomware, parce qu’elle est relativement facile à mettre en œuvre. Pour autant, il est possible d’anticiper cette menace, car les conséquences peuvent être dramatiques pour les cibles impactées.

    Le préjudice peut être financier, atteindre l’image même de l’entreprise, causant des dommages irrémédiables. En premier lieu, qu’est-ce qu’une attaque par DDoS ? Quelles sont les cibles privilégiées ? Comment s’en prémunir ? Que faire en cas d’infection ?

    DDoS, rien ne va plus…

    « Les attaques par déni de service distribué (Distributed Denial of Service ou DDoS) sont aujourd’hui fréquentes, notamment du fait de la relative simplicité de leur mise en œuvre, et de leur efficacité contre une cible non préparée. Ces attaques peuvent engendrer des pertes financières non négligeables par l’interruption de service ou encore indirectement, par l’atteinte portée à l’image de la cible », explique le rapport, « Comprendre et anticiper les attaques DDoS » de l’agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) en préambule.

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    Une attaque par « déni de service distribué » (de l’anglais Distributed Denial of Service, DDoS) vise à rendre indisponibles un ou plusieurs services dans un but purement malveillant. L’origine peut être une vengeance, jusqu’aux revendications idéologiques, et bien sûr les extorsions de fonds, à l’aide des fameux Ransomares. Cette attaque se sert d’une faiblesse, d’une vulnérabilité logicielle ou encore ,. Imaginons que votre site possède la capacité de 100 000 connexions simultanées, il suffit de saturer la bande passante, ou attaques volumétriques, pour rendre inopérant votre site. Comme lorsqu’en plein cours, ou, lors d’une réunion, vous recevez trop de demandes et d’informations. Elles vous provoquent un « Bug » au cerveau.

    L’attaque use de machines infectées, dites zombies, pour multiplier les connexions et ainsi faire tomber le site de la cible. (Crédits : numerama)

    Il peut s’agir aussi d’une grande ouverture de nouvelles sessions TCP dans un intervalle de temps très court, ou encore d’un nombre trop important de traitements concurrents effectués par une base de données. Le TCP (NDLR : Transmission Control Protocol), littéralement, « protocole de contrôle de transmissions », est un protocole de transport fiable, en mode connecté, documenté dans la RFC 7931 de l’IETF. Oubliant le bien-fondé et la protection de notre vie privée, une phrase est entendue maintes et maintes fois : « Je n’ai rien à cacher »… indiquant la non-conscience et supputant la faible protection des systèmes d’informations usités par le grand public.

    Néanmoins, nous parlons d’attaque DDoS lorsqu’elle fait intervenir un réseau de machines (souvent compromises, par exemple le vôtre) afin d’interrompre la majeure partie, du ou, des services d’une entreprise, d’une collectivité, d’un centre de soins, d’un hôpital, d’un SDIS… a contrario, d’un ordinateur du quidam lambda.

    Les opérateurs derrière le ransomware Avaddon revendiquent, preuve à l’appui, l’attaque par DDoS, l’une des dernières victimes affichées ci-dessus, comme Mikro Trading, en Tchéquie, Basque Centre for applied mathematics (BCAM) en Espagne, mais aussi l’entreprise Targetcom basée en France.

    La réponse est plus simple qu’il n’y paraît. Toute entité dont l’activité dépend d’une infrastructure connectée à l’Internet, autrement dit, toutes ! Évidemment, des cibles sont plus lucratives pour les entités malveillantes : ainsi le e-commerce, les gouvernements, les institutions financières, ou bien encore les structures d’hébergement informatique sont des mets privilégiés. En 2014, l’ANSSI admet que les opérateurs français constataient plus d’un millier d’attaques journalières, soit une toutes les 86 secondes. (Crédits : capture d’écran)

    DDoS, ransomware, avaddon

    Plusieurs moyens d’attaques : ils peuvent user de botnets, de réflexion, d’amplification (DNS, NTP). L’attaque par réflexion consiste à envoyer des paquets (comme vous envoyez des courriers à un tiers) en utilisant l’adresse IP de la machine ciblée comme IP source, pour tromper le terminal par usurpation d’identité. L’amplification est volumétrique, a pour objectif d’épuiser la bande passante réseau disponible afin de rendre un ou plusieurs services inaccessibles. Elle se distingue avec des protocoles DNS, NTP et bien d’autres encore.

    Comment s’en prémunir

    En premier lieu, considérer qu’un système d’information peut avoir des faiblesses, et donc renforcer l’équipe pour améliorer la sécurité desdits systèmes. Les équipements de type pare-feu et les répartiteurs de charges contribuent à absorber certaines attaques. La limite est lorsque les sites possèdent une forte audience. « Ils ne constituent pas une protection suffisante contre ce type d’attaque d’une manière générale », assure le rapport de l’ANSSI.

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    Pour cela il est nécessaire, comme dans un bâtiment de guerre (par exemple un sous-marin), de posséder des contres-mesures. Avant de lancer ces protections, il faut identifier la procédure des attaquants. Les moyens mis en œuvre sont pléthores. Car une attaque peut intervenir sur n’importe quelle partie de la chaîne, en interne comme en externe.

    Donc, une fois les terminaux protégés, il est primordial que les services ayant accès auxdits terminaux le soient également. Les hébergeurs sont susceptibles d’être force de proposition (entreprise extérieure pour l’hébergement des serveurs), des filtrages comme lorsque vous tamisez votre farine pour la rendre plus fine. Ces derniers sont effectués par un opérateur de transit ou encore en amont par des filtreurs. (Crédits : David Mark/Pixabay)

    De plus, il existe un réseau de diffusion de contenu (Content delivery network, CDN) formant un maillage de terminaux reliés via l’Internet et protègeant vos installations, car toutes les données ne sont pas au même endroit. Cela est comme les pièces d’un puzzle disséminées à droite et à gauche, vous pouvez assembler toutes les pièces et obtenir l’objectif final, le beau château ou les petits chatons jouant avec la pelote de laine, sans posséder aucun morceau dudit puzzle chez vous… Le plus simple est d’avoir et d’être en bonne relation avec le responsable de la sécurité informatique, vulgarisé par « RSSI » et de lui demander conseil.

    Que faire en cas d’attaque ?

    Lorsqu’une attaque est détectée, cela signifie que vous disposez de moyens de supervision et d’alerte, si ce n’est le cas, munissez-vous-en. Vous pouvez évaluer votre niveau d’exposition à la menace « Cyber » sur cette page-ci. Cmme les premiers gestes en portant secours à une personne, il est indispensable de protéger, alerter, écarter et secourir rappellent les sapeurs-pompiers de France. Avant de lancer les contre-mesures, identifier l’élément défaillant, le ou les protocoles utilisés ainsi que les sources de l’attaque… L’attaque DDoS peut-être un cheval de Troie, masquant la véritable volonté des opérateurs malveillants, à savoir une exfiltration de données (Ramsomware) ou une tentative d’intrusion.

    « Selon la nature de l’organisme attaqué, la loi peut imposer une déclaration d’incident. Cette déclaration ne constitue en aucun cas un dépôt de plainte, et ne s’assortit d’aucune garantie d’assistance technique », martèle l’ANSSI. De plus, les opérateurs d’importance vitale sont tenus d’informer sans délai l’agence nationale. En 2014, un incident considéré comme significatif atteint au minimum 100 000 abonnés. En cas de survenance d’incident, l’ANSSI possède une page, plus que complète, pour le déclarer « En cas d’incident ». Elle apporte des réponses aux questions que vous pourriez vous poser et les liens s’y rapportant. Car l’attaque DDoS peut avoir de graves conséquences pour l’entreprise ou la collectivité et judiciaires pour ces auteurs. Le Code pénal, à travers son article L 323-2, prévoit jusqu’à 5 ans de prison et 150 000 euros d’amende le fait d’entraver ou de fausser le fonctionnement d’un système de traitement automatisé de données. Lorsque cette infraction a été commise à l’encontre d’un système de traitement automatisé de données à caractère personnel mis en œuvre par l’État, la peine est portée à sept ans d’emprisonnement et à 300 000 € d’amende.

    (Crédits : Mary Pahlke/Pixabay)

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    Ces sanctions n’incluent évidemment pas les dommages et intérêts que les victimes de l’attaque pourraient réclamer au civil, au titre du préjudice, notamment matériel. En outre, l’article L 323-1 insiste sur « le fait d’accéder ou de se maintenir, frauduleusement, dans tout ou partie d’un système de traitement automatisé de données est puni de deux ans d’emprisonnement et de 60 000 € d’amende. Lorsqu’il en est résulté soit la suppression ou la modification de données contenues dans le système, soit une altération du fonctionnement de ce système, la peine est de trois ans d’emprisonnement et de 100 000 € d’amende. Lorsque les infractions prévues aux deux premiers alinéas ont été commises à l’encontre d’un système de traitement automatisé de données à caractère personnel mis en œuvre par l’État, la peine est portée à cinq ans d’emprisonnement et à 150 000 € d’amende. »

    Jusqu’à 7 ans de prison

    Les exemples de condamnations sont nombreux. Blanchiment d’argent avec le ransomware Locky, « The dark overlord » condamné à 1, 5 million de dollars d’amende, et 5 ans de prison, même nombre d’années de prison pour un hacker Canadien, Karim Baratov tandis que Roman Seleznev en prenait 27. Grant West citoyen britannique condamné à dix ans et huit mois en 2018. Le 13 janvier 2020, en France, un jeune hacker écopait d’une peine de quatre mois de prison avec sursis.

    Prison, noir, détenu

    Un jeune Grenoblois de 20 ans, connu sous le pseudo « Prosox » avait pris six mois avec sursis dans une précédente affaire et 140 heures de travail d’intérêt général pour le piratage de la chanson, dont le clip est le deuxième le plus visionné avec 7,264 milliards de vues au 24 mars 2021, « Despacito » sur le site Vevo.

    Mais ce dernier se retrouvait dans une bien plus grosse affaire judiciaire. En effet, deux jeunes Français de 20 et 21 ans, Nassim B et Gabriel K.A.-.B. connu respectivement sous les pseudonymes « Prosox » et « Kuroi’SH », ont dérobé plus de 9 millions de dollars en cryptomonnaie. « Sur Internet, nul n’est à l’abri d’une action malveillante ou de messages non sollicités. »

    (Crédits : Ichigo121212/Pixabay)

    Le 18 février 2021, le gouvernement français affichait la stratégie française pour accroître la cybersécurité et faire face à la menace. « La cybersécurité constitue un moteur de croissance important pour les années à venir. Saisissons-nous de cette technologie pour nous positionner dans les secteurs économiques de demain : le véhicule autonome, l’Internet des objets ou l’informatique en nuage (Cloud) par exemple. C’est maintenant que cela se joue […] », explique Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, des Finances et de la Relance. Le but : renforcer la protection des citoyens, des administrations et des entreprises. Et le 8 mars 2021, l’ANSSI proposait un guide des mécanismes cryptographiques, avec des règles et des recommandations. Comme les services de la météorologie, l’agence nationale possède une page relatant les principales menaces. Enfin, elle propose des liens pour signaler toute malveillance ou encore des spams reçus, car l’ANSSI exhorte : « Sur Internet, nul n’est à l’abri d’une action malveillante ou de messages non sollicités. »

  • Habillé aux parfums de Bretagne

    Habillé aux parfums de Bretagne

    Le chandail de ma grand-mère m’évoque des souvenirs. « Il fait frisquet, mets un chandail », me disait-elle. Cela doit évoquer des images pour certains, quand d’autres iront voir dans un dictionnaire, ou directement, via un moteur de recherche, sur l’Internet. Mais savez-vous d’où vient ce fameux chandail ? Pourquoi le portait-on ? Et surtout quelle est son histoire ? Tout comme la marinière célébrée par Jean-Paul Gaultier. Retour sur cet élément de la garde-robe d’un temps ancien.

    Le chandail vestige d’un temps incertain se trouve dans les armoires des grands-parents. L’un évoque les pêcheurs, l’autre conte les mousses de la Marine nationale. Mais derrière ces deux pièces, ces vêtements nous racontent l’histoire de la mode. Entre fragments d’une culture populaire et l’histoire de la Bretagne, jusqu’aux podiums des défilés parisiens.

    Du chandail à la marinière

    Remontons un siècle, voire deux en arrière, pour nous replonger dans « un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître », chantait Charles Aznavour. En effet, filons au XIXe siècle, dans un pays cher à Gwen, un ami journaliste, la Bretagne. Les maraîchers bretons qui vendaient l’ail aux Halles de Paris portaient de gros pulls tricotés en hiver. C’est donc de ces « marchands d’ail » que nous vient l’origine du terme de chandail.

    Halle, Paris, marché

    Il est un vêtement de dessus en tricot de laine généralement épais, à col roulé et manches longues, qui s’enfile par la tête et s’arrête à la taille ou aux hanches, définit le centre national de ressources textuelles et lexicales (CNRTL). Pour saisir l’origine du mot chandail, il faut se plonger dans la langue française et ses subtilités. Ainsi une aphérèse consiste à enlever une lettre ou une syllabe au commencement d’un mot. Emprunté du latin aphaeresis, du grec aphairesis, proprement « action d’enlever » explique l’Académie française à travers son dictionnaire.

    Ainsi, l’artiste peintre, sculpteur et architecte Giotto a subi l’aphérèse de son prénom Ambrogiotto, tout comme Lino Ventura (1919-1987) dont le prénom était Angiolino. Acteur incontournable et père d’une enfant pas comme les autres, il est à l’origine de la fondation Perce-neige. Donc l’aphérèse appliquée au marchand d’ail, donnera « chand-ail », d’où le nom porté par le pull tricoté, qui gratte un peu, après l’avoir revêtu, pour la première fois. « J’ai l’impression qu’on vit comme quand grand-mère tricotait, une maille après l’autre, et ce n’est qu’après un long temps qu’on se rend compte que c’est un chandail », ajustait André Brink dans son œuvre « Le Mur de la peste »

    Les Halles de Paris en 1931 concentraient et représentaient la vie populaire (Crédits : DR)

    Du chandail à la marinière

    La marinière est indissociable de la vie des mousses et de la Marine nationale. C’est aujourd’hui, il y a 163 ans, le 27 mars 1858, que le bulletin officiel détaillait la liste des uniformes des matelots. « Les marins français sont fiers d’être reconnus du premier coup d’œil par leurs frères d’armes et leurs concitoyens, voire par les marins étrangers. […] Aussi, bien que pouvant être jugés d’un autre temps, le sabre, le veston croisé, la vareuse et son col bleu, le tricot rayé et le bonnet à houppette rouge ont encore un bel avenir devant eux », détaille Éric Schérer dans « Le marin et son uniforme. Une identité à affirmer ».

    Incontournable, cette pièce qui officiait en tant que sous-vêtement devait compter un nombre de lignes bien précises est devenue un classique de la mode. Soumise à des codes et dimensions strictes : « 21 raies blanches larges de 20 mm et 20 ou 21 raies bleues larges de 10mm. Pour les manches, le tricot doit comporter 15 raies blanches et 14 ou 15 raies bleues ».

    Elle était à manches trois quarts pour ne pas dépasser de la vareuse. « À bord d’un bateau, il faut éviter tout ce qui est coutures, boutons, pour éviter de se prendre dans les cordages. Comme le tricot descend jusqu’aux débuts des cuisses, c’est long, donc il y a plus de rayures, c’est tout », souligne Delphine Allanic.

    Deux femmes changeront, à tout jamais, le statut de la marinière. Sidonie-Gabrielle Colette, dite Colette (1873-1951), écrivaine et présidente de l’Académie Goncourt de 1949 à 1954, et, Gabrielle Chanel, dite Coco Chanel (1883-1971), créatrice de mode, modiste et grande couturière française. La première porte régulièrement la tunique dans les bals masqués à Paris vers la fin du XIXe siècle, relate Le Point.

    Cependant, il faut attendre XXe siècle pour que le tricot rayé passe à la forme que nous connaissons. Dans les années 1916-1917, Coco Chanel, va le vulgariser et le rendre plus fluide, à base de soie. Un grand pari pour l’époque, car elle propose aux femmes bourgeoises de porter un vêtement de travail… masculin ! (Crédits : DR)

    Le tricot rayé connaît une reconnaissance internationale à travers 7e art et la Nouvelle Vague française, le tout au travers d’un film culte : « Le Mépris » de Jean-Luc Godard. « Quand j’y réfléchis bien, outre l’histoire psychologique d’une femme qui méprise son mari, Le Mépris m’apparaît comme l’histoire de naufragés du monde occidental, des rescapés du naufrage de la modernité, qui abordent un jour, à l’image des héros de Verne et de Stevenson, sur une île déserte et mystérieuse, dont le mystère est inexorablement l’absence de mystère, c’est-à-dire la vérité », décrit le cinéaste. Mais c’est une autre icône de la mode, grand couturier au demeurant et idole d’une amie, Élodie, qui fera de la marinière une création mythique, un certain Jean-Paul Gaultier. « J’aime voir les choses sous un angle inhabituel, et remettre en question l’attendu ». Le toucher de l’artiste se découvre jusqu’aux flacons des parfums de sa marque en marinière, la boucle est bouclée…

  • Nous mentent-ils ?

    Nous mentent-ils ?

    Le mensonge, qu’il soit pieux, dans le but d’être utile ou agréable, d’éviter un chagrin, afin de ne pas blesser, ou encore par obligation, par conservation de secret professionnel ou d’État, reste un mensonge. Ce qui dérange est la multiplication et la fréquence des mensonges, car croire devient difficile, voire impossible. L’expression « à force de crier au loup » prend tout son sens dans un monde contemporain dit de « communication ». D’autant que les grands de ce monde aiment les belles phrases alambiquées, pour ne rien dire.

    Mais d’où vient ce mot mentir, et sa conséquence verbeuse qu’est le mensonge ? Le verbe mentir est apparu au Xe siècle. Du latin « mentiri », il donne pour vrai, affirme ce qu’on sait être faux. Le nom issu du verbe est un mensonge, c’est la vérité, bref… Ce nom est issu du bas latin « mentio », de même sens, explique l’Académie française. C’est un propos contraire à la vérité, tenu avec dessein de tromper, voici le mensonge.

    Les affaires « Alfred Dreyfus » et « François Mitterrand »

    La première affaire est l’arrestation, la condamnation et la dégradation du Lieutenant-Colonel Alfred Dreyfus (1859-1835). En 1892, Édouard Drumont fondateur du journal La Libre Parole (avec en sous-titre « La France aux Français »), antidreyfusard, nationaliste et antisémite, il est le créateur, avec le marquis de Morès, de la Ligue nationale antisémitique de France. Député d’Alger de 1898 à 1902, il est l’une des principales figures historiques de l’antisémitisme en France. Il est d’ailleurs le premier à annoncer à mots couverts l’arrestation d’Alfred Dreyfus.

    Presse, antisémite, calomnie

    Le journal affichera cette une (voir ci-contre) après les deuxièmes procès et la condamnation de Dreyfus le 10 septembre 1899. Ce dernier est accusé d’espionnage au profit de l’Allemagne et passe devant le conseil de guerre le 19 décembre 1894.

    Le 5 janvier 1895, il est dégradé dans la cour d’honneur de l’École militaire de Paris devant une foule haineuse criant « À mort Judas ! Mort au juif ! » Il sera réhabilité le 12 juillet 1906.

    L’affaire « François Mitterrand »

    L’autre se passe quelques années ultérieurement. Le 16 octobre 1959, un commando tire à la mitraillette sur la voiture du sénateur de la Nièvre, François Mitterrand. Près du jardin du Luxembourg, à Paris, il échappe à l’attentat en se réfugiant dans le jardin de l’Observatoire. Son sang-froid est célébré dans les jours qui suivent. Pourtant les soupçons changent de direction. « Le Sénat va lever son immunité parlementaire et Mitterrand sera inculpé. Mitterrand, la fausse victime, le menteur, accuse le coup. Des amis le voient pleurer, le pensent proche du suicide », raconte Claude Askolovitch sur France Inter.

    Ce qui est sûr, c’est que le mystère reste entier. L’ancien gaulliste devenu poujadiste Robert Pesquet — ayant avoué l’organisation de l’attentat et rencontré François Mitterrand auparavant — est-ce qu’il l’a fait avec la complicité de François Mitterrand pour remettre ce dernier au cœur du jeu politique ? Ou pour discréditer le futur président de la République. À vous de vous faire une idée.

    (Crédits : DR)

    Tchernobyl, mensonge d’État français

    Le 26 avril 1986, le réacteur numéro quatre de la centrale de Tchernobyl explose. 650 000 militaires, pompiers, mettront dix jours à maîtriser l’incendie. Sous la présidence de François Mitterrand, et Jacques Chirac Premier ministre, en place depuis cinq semaines, une politique du silence est mise en place pour ne pas ébranler la confiance des Français quant au nucléaire. « Il y a ce que l’on appelle un lobby du nucléaire, c’est-à-dire qu’il y a des gens qui ont des énormes intérêts financiers à ce que le nucléaire, soit bien perçu par la population », explique Jean-Claude Bourret, présentateur du journal télévisé (1975-1987).

    À l’époque, l’éminent professeur Pierre Pellerin du SCPRI (Service central de protection contre les rayonnements ionisants), sous la tutelle de la ministre Michèle Barzach, ministre de la Santé et de la Famille. « Je voudrais bien dire, ici, clairement, que même pour les Scandinaves la santé n’est absolument pas menacée […] ça ne menace personne, sauf peut-être dans le voisinage immédiat de l’usine et encore […] », martelait le professeur. Même la journaliste et présentatrice du bulletin météo Brigitte Simonetta se veut rassurante : « En France, l’anticyclone des Açores s’est développé, la météo affirme qu’il restera jusqu’à vendredi prochain suffisamment puissant pour offrir une barrière de protection. Il bloque en effet toutes les perturbations venant de l’est. » (Crédits : DR)

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    Interrogée pour le magazine en 2002, elle explique avoir fait de son mieux avec les informations reçues. « Je me demande si à l’époque je n’ai pas fait preuve d’incompétence, j’éprouve des remords avec ce que l’on sait maintenant […] », raconte-t-elle dans l’émission Secrets d’actualité présentée par Laurent Delahousse. Pour autant, comme l’explique les paroles de la chanson « Né en 17 À Leidenstadt » de Jean-Jacques Goldman : « Aurais-je été meilleur ou pire que ces gens… ».

    Le nuage est passé sur la France

    Aujourd’hui, la vérité est crue, le nuage est bien passé sur la France contrairement à ce que disait l’État. Jean-Claude Zerbig, ingénieur au commissariat à l’énergie atomique (1965-1998) à Saclay, en région parisienne. « Toutes les alarmes étaient en déclenchement, ça sonnait de partout et les gens ne voyaient pas du tout d’où ça pouvait venir », soulignait l’ingénieur en se rappelant du 1er mai 1986. Dans la caserne d’Ajaccio, le déclenchement du détecteur de radioactivité sonne à 10 h 20 selon la main courante de la caserne le 2 mai 1986.

    Panneaux, personnages, image

    Nice-Matin écrivait dans son édition du dimanche 4 mai 1986 : « Ajaccio : un étrange nuage a enveloppé, avant-hier soir le centre-ville d’Ajaccio, lui donnant pendant quelques minutes un aspect fantomatique […] L’appareil en provenance de Paris, à 21 h 35 et celui venant de Nice, à 22 h, n’ont pas pu se poser sur la piste de Campo-dell’Oro, la visibilité étant inférieure à 200 m ».

    Le 6 mai 1986, une missive arrive de l’hôtel de Villeroy : « Le territoire français a été totalement épargné, affirme le communiqué du ministre de l’Agriculture », François Guillaume. Corine Lalo, journaliste grand reporter intriguée se rend à la frontière franco-allemande, tous les chiffres lui sont donnés sur l’ampleur de la catastrophe. La vérité arrivera le 10 mai 1986, sur le plateau de Jean-Claude Bourret.

    (Crédits : Gerd Altmann/Pixabay)

    « L’omission est-elle un mensonge ? » Elle est l’action d’omettre, manquer à faire, à dire une chose. Du côté du droit, c’est un terme de jurisprudence qualifiant le manquement à une chose exigée par la loi, et qui, dans certains cas, entraîne la nullité. En droit, cela va bien plus loin. La non-dénonciation de crime est un délit. (À ne pas confondre avec la délation, qui est une dénonciation inspirée par l’intérêt, la haine, le désir de nuire ou le sectarisme). Le fait, pour quiconque ayant connaissance d’un crime dont il est encore possible de prévenir ou de limiter les effets, ou dont les auteurs sont susceptibles de commettre de nouveaux crimes qui pourraient être empêchés, de ne pas en informer les autorités judiciaires ou administratives est puni, de trois ans d’emprisonnement et de 45.000 € d’amende (Code pénal, art. 434-1). Lorsque le crime visé au premier alinéa de l’art. 434-1 constitue une atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation […] la peine est portée à cinq ans d’emprisonnement et à 75.000 € d’amende (Code pénal Art. 434-2).

  • Ramsomware : Bilan de l’année 2020

    Ramsomware : Bilan de l’année 2020

    Une entreprise française est la nouvelle victime du ransomware MountLocker. Après l’entreprise Dassault Falcon Jet en décembre, c’est 160 Gb que les opérateurs ont aspiré. Au passage ils opèrent également sur les entreprises américaines de Faps Inc, dans le New Jersey, et Geotech engineering & Testing, à Humble au Texas. Les opérateurs affichaient les preuves des cyberattaques le 17 mars 2021.

    L’expert mondial des spécialités électriques et des matériaux avancés, qui avait fait l’acquisition de la société Fusetech, basée à Kaposvár en Hongrie, cyberattaqué le 15 mars 2021. L’achat pour quatre millions d’euros hors complément de prix futur (Earn out) permet de renforcer l’efficacité industrielle en Europe dans le domaine des fusibles, et d’intégrer la fabrication de certains produits futurs en norme européenne (IEC). Le 11 mars 2021 zonebourse relatait que le groupe accusait une perte de 12 millions d’euros, contre un bénéfice de 57,3 millions en 2019, néanmoins la confiance était de mise sur l’avenir de l’entreprise, quelques jours avant que MountLocker l’épingle à son tableau de chasse.

    Les opérateurs indiquent avoir téléchargé l’ensemble des données de l’entreprise internationale Mersen, soit 160 Gb (Crédits : capture d’écran)

    L’ancienne compagnie lorraine de charbons est un groupe international d’origine française basé à La Défense. Depuis le début de l’année 2021, elle n’est pas la seule. Pas moins de quarante et une entreprises, collectivités locales, de la boulangerie à l’Hôpital, en passant par les Pompiers :

    À lire aussi « Les cyberattaques s’enchaînent en France »

    Le rapport 2021 sur les ransomwares de Palo Alto Networks affiche la couleur. Les opérateurs derrière les différents ransomwares demandent des rançons bien plus importantes qu’en 2019. Selon ledit rapport, le montant moyen réglé par les entreprises américaines, canadiennes et européennes affiche une progression de 171 %. Il est passé de 115 123 $ en 2019 à 312 393 $ (261 670 euros) en 2020. Quant à la plus haute rançon payée, de 5 millions à 10 millions de dollars en 2020. Comme la plus haute de mande atteint 30 millions, soit plus de 25 millions d’euros. « Les organisations du monde entier sont prises en otage par des ransomwares, et beaucoup sont contraintes de payer les cybercriminels parce qu’elles ne sont pas équipées pour lutter contre la menace pour diverses raisons, allant du manque de l’absence de sauvegardes récupérables ou le fait que le coût de l’interruption de service est supérieur au coût du paiement de la rançon », souligne John Davis, général de division de l’armée américaine à la retraite et vice-président du secteur public chez Palo Alto Networks.

    Nombre d’organisations victimes dans le monde, par famille de ransomware, sur la période entre janvier 2020 et janvier 2021 (Crédits : Unit42)

    Confrontée à des perspectives financières plus fragiles tout au long de l’année, ainsi qu’aux défis supplémentaires liés au télétravail, de nombreuses entreprises ont été confrontées à des problèmes de sécurité. Ainsi, la sensibilisation aux cybermenaces et les protections de cybersécurité peuvent être plus difficiles à mettre en œuvre.

    C’est pourquoi le modèle de ransomware en tant que service (RaaS), est simple à exécuter, exceptionnellement efficace et potentiellement rentable. Les opérateurs malveillants continuent d’accéder aux environnements des victimes par des méthodes traditionnelles, notamment l’hameçonnage, les identifiants RDP (Remote Desktop Protocol) faibles ou compromis, et l’exploitation des vulnérabilités des applications comme des logiciels.

    Les informations diffusées peuvent être personnelles comme des pièces d’identité, CV, comptabilité, identifiant à différents sites… (Crédits : capture d’écran)

    De nombreux opérateurs combinent également des logiciels malveillants de base tels que Dridex, Emotet et Trickbot pour l’accès initial. Une fois à l’intérieur d’un réseau, ils usent d’outils natifs tels que PSExec et PowerShell. Mais, à la place du cryptage des fichiers, les opérateurs exfiltrent d’abord les fichiers pour contraindre la victime à payer la rançon. Les fichiers exfiltrés sont ensuite publiés, ou menacés de l’être, sur un site de fuite dont la majorité est hébergée sur le dark web, sites créés et gérés par lesdits opérateurs.

    Les opérateurs prouvent leurs dires, et leurs connaissances de l’environnement réseau de la victime,
    tout en affichant l’arborescence du site partiel ou complet. (Crédits : capture d’écran)

    Les pays les plus touchés de janvier 2020 à 2021 sont les États-Unis (151 attaques), le Canada (39), l’Allemagne (26), le Royaume-Uni (17), la France (16)… Taïwan, la Thaïlande, et les Émirats-Arabe-Unis n’ont subi qu’une seule diffusion. Les ransomwares sont observés sur Microsoft Windows, Apple Mac OS, les systèmes d’exploitation mobile, mais également sous environnement Linux. Si les opérateurs derrière les ransomwares s’attaquent à tous. Damien Bancal, fondateur de ZATAZ, a pu interviewer un opérateur du ransomare MountLocker. « La plupart des entreprises paient la rançon. Parfois, les entreprises affichées paient et nous les supprimons. […] Nous utilisons les trous de sécurité des réseaux de la même manière que les avocats utilisent les trous juridiques. […] Peut-être que certains groupes travaillent avec des gouvernements de manière très privée. Mais le gouvernement a une échelle incomparablement plus grande. Je pense qu’ils ont autre chose à faire que du ransomware », répond l’opérateur.

    Une carte du monde avec les principaux pays attaqués sur la période d’une année de janvier 2020 à 2021 (Crédits : Unit42)

    « Les formes les plus efficaces de protection contre les ransomwares sont la sécurité des points de terminaison, le filtrage des URL ou la protection du Web, la prévention des menaces avancées (menaces inconnues) et la protection contre les virus », mentionne le rapport de John Davis pour Palo Alto Networks. En France, l’agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) bénéficie d’une enveloppe de 136 millions d’euros dans le cadre du plan « France Relance ». Il est plus que nécessaire, car les collectivités, les entreprises sont des cibles de choix, le « Groupe-Upperside » est la dernière victime revendiquée.

    Les opérateurs derrière le ransomware Conti News revendiquent l’attaque sur le groupe français Upperside (Crédits : capture d’écran)

    En effet l’objectif est d’élever durablement le niveau de cybersécurité de l’État, des collectivités, mais aussi des organisations au service des citoyens (Hôpitaux, SDIS…). « Il est plus que jamais urgent d’agir concrètement et collectivement en matière de sécurité numérique. Le plan France Relance est une belle opportunité pour changer la donne, pour donner une impulsion nouvelle là où c’est nécessaire, pour protéger durablement et au juste niveau ce qui doit l’être. L’État, les collectivités territoriales, les établissements de santé, les organismes au service des citoyens sont autant d’acteurs qui pourront en bénéficier avec l’aide de l’ANSSI » explique Guillaume Poupard, directeur général de l’ANSSI.

  • De quel genre êtes-vous ?

    De quel genre êtes-vous ?

    Le « genre », deux voyelles et trois consonnes composent un simple mot, qui à lui seul peut déclencher envolées lyriques et vastes polémiques à chaque coin de rue. Mais, au-delà de ses cinq lettres, qu’est-il réellement ? Depuis son apparition outre-Atlantique dans les années 70, il débarque avec les années eighties en France. Il provoque un tsunami dont les vagues perdurent encore aujourd’hui. Si de nombreuses questions subsistent, le questionnement permet éclaircissement.

    Rappelons-nous, en préambule que dans le domaine de l’être vivant, il y a deux espèces, l’animal et le végétal. Au sein de l’espèce animale, le genre humain est l’ensemble des êtres humains sans distinction. Un ensemble composé de personnes avec des sexes différents, un féminin, l’autre masculin. Le terme « Gender » est apparu dans les années soixante-dix, après un des plus grands moments, de l’histoire de la musique populaire, classé par le magazine Rolling Stone parmi les 50 qui ont changé l’histoire du rock’n’roll, apothéose du mouvement hippie, le festival de Woodstock. Il fut et reste un des plus grands moments à divers points, il a contribué à la libération sexuelle.

    Le guide de la bonne épouse décrivait en 1955 les bonnes attitudes selon les auteurs. Suivi par Fascinating Womanhood, d’Helen Andelin, en 1963, est un best-seller, en réaction à la seconde vague féministe. Un manuel de protection pour surfer sereinement sur le net existe. (Crédits : DR)

    Le guide de la bonne épouse

    En 1955, aux États-Unis d’Amérique, un article intitulé « le guide de la bonne épouse » est paru dans le mensuel « The housekeeping Monthly » (ci-dessus) provoquant un scandale retentissant. Le mouvement féministe américain venait de naître. Il prend de l’ampleur, avec la libération sexuelle et cherche à faire entendre sa voix. Robert Stoller popularise en 1968 une idée dans laquelle il n’y a pas de réelle correspondance entre le genre, féminin ou masculin, et le sexe, femme ou homme.

    « De l’enfance à l’adolescence, tout semble disposé pour creuser davantage le fossé naturel qui la sépare de l’homme […] », résumait Simone de Beauvoir sur le tome II de « Le deuxième sexe ». (Crédits : Alexandra Galakof)

    Le deuxième sexe

    Dans le tome 1 intitulé « Les faits et les mythes » de l’ouvrage « le deuxième sexe » de Simone de Beauvoir, l’auteure débute par deux citations antinomiques, écrites par leurs auteurs avec un écart de plus de deux millénaires. La première de Pythagore (-580 -495) : « Il y a un principe bon qui a créé l’ordre, la lumière et l’homme et un principe mauvais qui a créé le chaos, les ténèbres et la femme ». Puis la seconde, aux antipodes du réformateur religieux et philosophe présocratique grec : « Tout ce qui a été écrit par les hommes sur les femmes doit être suspect, car ils sont à la fois juge et partie », écrit François Poulain de la Barre (1647-1725), écrivain, philosophe cartésien et féministe français.

    L’hyperandrogénie

    Il est nécessaire de différencier le genre de la « sexualité ». L’appareil génital confère notre identité, femme ou homme, mais pas seulement. Il permet de déterminer biologiquement et physiologiquement les différences entre le genre humain. Malgré que cela pose dans le sport des romans-fleuves, tel le cas de l’athlète sud-africaine Caster Semenya.

    Caster Semenya, lors des championnats d’Afrique d’athlétisme à Durban, le 26 juin 2016. (Crédits : AFP)

    La chose qui lui est reprochée est que son corps produise un taux de testostérone supérieure de 5 nmol/l que la norme définit, à 10 nmol/l par la fédération internationale d’athlétisme, la World Athletics (IAAF jusqu’en octobre 2019). Fédération qui impose un traitement médical aux sportives hyperandrogènes pour abaisser leur taux d’hormones masculines racontent Isabelle Mougere et Liliane Charrier. Le 19 février 2021, l’athlète décide de porter l’affaire devant la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH).

    Naître dans le mauvais corps

    Être né garçon avec une personnalité de fille et inversement n’est pas une maladie. L’association ORTrans estimait en 2018 que la France comptait 15 000 personnes transgenres, selon la question que posait le député (LFI) Bastien Lachaud au ministre de l’Intérieur en avril 2018. Isaac, 14 ans est née Taila. Très tôt, l’adolescent se posait des questions. « Je ne comprenais pas pourquoi je n’avais pas un corps comme les autres garçons », évoquait-il dans une partie du programme qui lui était consacrée dans Zone Interdite, en 2017.

    Il est temps que le monde reconnaisse et célèbre la riche diversité de la nature humaine»

    Victor Madrigal-Borloz et Dainius Pras (OMS)

    L’homosexualité dépénalisée en 1982

    Gisèle Halimi (1927-2020) défendait le 27 juillet 1982, dans l’hémicycle l’abrogation de l’alinéa 2 de l’article 331 du Code pénal. « Comment des députés français, c’est-à-dire par définition même, des femmes et des hommes, ont pu légiférer contre l’homosexualité. » C’est sur une proposition du ministre de la Justice, Robert Badinter, l’Assemblée nationale vote la dépénalisation de l’homosexualité. Avec l’abrogation de l’article 331-2 du Code pénal, l’homosexualité n’est plus considérée comme un délit, depuis bientôt quatre décennies.

    Connaître sa préférence sexuelle

    Selon l’étude effectuée par Statista, plus de quatre personnes sur cinq indiquent une sexualité « conventionnelle », l’hétérosexualité, puis cela se complique. Les personnes attirées par le même sexe sans forcément franchir le pas, les bisexuelles, les homosexuelles… Il n’y a pas de bonnes réponses quant à votre orientation ou préférence sexuelle, seule celle qui vous satisfait est la bonne. D’autant qu’elle fait partie de votre vie intime, personne ne vous oblige à la renseigner. Vous n’êtes pas caractérisé par votre sexualité, mais par votre personnalité. Elle se présente par des caractéristiques émotionnelles, morales ou intellectuelles.

    La répartition de la population française en 2019 selon l’orientation sexuelle. Enquête réalisée auprès de 3013 personnes. (Crédits : Statista 2021)

    L’OMS a supprimé le « trouble de l’identité de genre » de sa liste des maladies le 25 mai 2019 à la suite d’une résolution. « Nous nous attendons à ce que cette reclassification ait un impact très positif sur la perception erronée selon laquelle certaines formes de diversité de genre sont des pathologies, ou une maladie […] », ont déclaré Victor Madrigal-Borloz, Expert indépendant sur la protection contre la violence et discrimination fondée sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre, et Dainius Pras, Rapporteur spécial des Nations Unies sur le droit à la santé. « Il est temps que le monde reconnaisse et célèbre la riche diversité de la nature humaine », concluaient les deux experts de l’OMS.

    Le tableau comporte des colonnes, où les « identités de genres » apparaissent (Crédits : drapeau-lgbt)

    La communauté LGBTQ+

    Elle peut s’identifier par deux acronymes. Le premier LGBT, puis le second LGBTQIA+, cependant un autre apparaît également somme toute plus complet, LGBTQQI2SAA. Il semblerait que le mouvement LGBT soit apparu au début des années 70 en France. En mars 1971, explique le site « c’est comme ça » : « La création du front homosexuel d’action révolutionnaire (FHAR) par Françoise Marie-Thérèse Piston d’Eaubonne, dite Françoise d’Eaubonne (1920-2005). L’association radicale, issue des mouvements étudiants de mai 68, elle rompt avec l’ancien militantisme LGBT+ qui était assimilationniste (le droit à l’indifférence était revendiqué). »

    Puis viennent les différentes identités de genre :

    • Androgyne
    • Asexuel(le)
    • Bisexuel(le)
    • Cisgenre
    • Fluid
    • Gay
    • Hétérosexuel(le)
    • Intersexué(e)
    • Lesbienne
    • Pansexuel(le)

    Les orientations sexuelles méconnues

    Comme l’indique le site, passeport santé, hétérosexualité, homosexualité ou bisexualité ne sont que les trois orientations sexuelles les plus connues. Il en existerait bien d’autres, continu l’article, marqué par des tendances sentimentales diverses ou inexistantes. Le sentiment se définit par le fait de porter de l’intérêt pour quelqu’un ou quelque chose, quant à l’adjectif sentimental, il concerne l’amour. La sexualité est l’ensemble des phénomènes sexuels ou liés au sexe, que l’on peut observer dans le monde des vivants. Ainsi, passeport santé à travers sa journaliste, Marie-Eve Wilson-Jamin ajoute ces dernières :

    • Aromantique
    • Demisexuel
    • Demiromantique
    • Graysexuel
    • Lithromantique
    • Polysexuel
    • Sapiosexuel
    • Skoliosexuel

    Christianisme, Islam, Judaïsme

    Il faut effectuer une différence entre le physique d’une personne et sa volonté de s’habiller avec les vêtements qui lui sied. Ainsi, les Écossais portent des kilts, les pratiquants de l’Aïkido portent un pantalon ample pouvant être apparenté à « une jupe-culotte », le Hakama. Les marins avaient des boucles d’oreilles pour aiguiser leur vue, et les différentes sommités religieuses des trois religions monothéistes portent des « robes ». Si elles ne sont pas au sens général des robes de femmes, elles sont un costume traditionnel. En quoi être un homme vêtu de vêtement typiquement dit féminin est un problème, comme son contraire ? Pascale Gorguet, conservatrice au musée de la mode de la ville de Paris stipule que cette robe des religieux « remonte aux origines ».

    Brian Molko, au centre, chanteur du groupe Placebo à l’aise avec son apparence, aime à jouer sur son image androgyne et la confusion qu’elle crée dans l’esprit des gens. (Crédits : DR)

    Jusqu’au XIVe siècle, les hommes étaient en robe

    « Dans l’Ancien Testament, le pantalon n’existait pas, et jusqu’au XIVe siècle, les hommes étaient en robe. Le religieux est comme l’homme en général. » La soutane intérieure, appelée ordinairement soutane est une robe portée par tous les clercs, moines, et souvent par des séminaristes, pour la confession catholique. Les personnes de confession musulmane portent une Djellaba, robe longue avec un capuchon, enfin ceux de confession juive portent un Kittel. Dans les trois religions monothéistes qu’est le Christianisme, Islam, Judaïsme, les personnes portent des tenues assimilées à une robe. Il ne faut pas assimiler la tenue que porte un être humain avec son identité de genre ni sa sexualité.

    Androgyne, ou l’art de troubler

    L’androgynie est involontaire, cependant « C’est comme ça » justifie et définit qu’elle peut aussi être affirmée, comme revendiquée par l’apparence vestimentaire et l’attitude. Hermaphrodite est un synonyme, une personne qui tient des deux sexes. David Bowie, Tilda Swinton, Cillian Murphy ou encore Brian Molko (Placebo) qui indiquait « Je suis très à l’aise avec mon apparence et avec la confusion que cela crée dans l’esprit des gens. » Ce qui est cocasse est le fait de vouloir se différencier de la norme sociétale dite « hétéronormée », pour ne pas être « genré » tout en déterminant et catégorisant les populations non hétérosexuelles, l’arroseur arrosé.

    Le 11 octobre 1972 à Bobigny, Gisèle Halimi et Delphine Seyrig pendant le procès de Marie-Claire Chevalier, âgée de 16 ans, poursuivie à cause d’un avortement consécutif à un viol. (Crédits : Michel Clément)

    Qui suis-je ?

    Le coming-out serait nécessaire pour le bien-être de la personne selon les témoignages. L’amour, c’est aimer quelqu’un tout en connaissant ses défauts. Que ce soit un homme qui aime un autre homme, une femme avec une femme… Plutôt que de vouloir entrer dans la norme, se fondre dans la masse insipide, être dans l’ordinaire… Soyez extraordinaire ! La mode n’est pas définie par ce que vous portez, mais par la manière de le vêtir. En quoi, la société comme les individus, comme mes voisins, mes collègues de travail, etc. ont besoin de connaître ma préférence sexuelle, en quoi doit on connaître mes préférences culinaires, comme mes préférences politiques. « Car s’il est un choix individuel par essence et devant échapper à toute codification, c’est bien celui de la sexualité », exhortait en 1982 l’avocate, la militante féministe et femme politique franco-tunisienne, Gisèle Halimi.

  • La nature est magique

    La nature est magique

    Souvent le règne animal est empli de surprises, sur lesquelles l’être humain s’émerveille. Certaines font froid dans le dos, quand d’autres sont peu ragoûtantes. Elles permettent de contempler avec stupéfaction l’accommodation des différentes espèces et leurs évolutions. Un florilège de nos voisins, issus des mers et étendues d’eau de nos contrées. D’autant que toutes ont une utilité, dans un monde sauvage où la survie est la règle, ne laissant peu de place au relâchement.

    Le Fugu prend la grosse tête face à ses détracteurs. Il absorbe une quantité d’eau suffisante, à l’approche de prédateurs, pour se gonfler et afficher ostensiblement des piquants à faire pâlir de jalousie les escrimeurs du monde entier. Celui que l’on surnomme affectueusement poisson-globe, poisson-lune, ou encore le poisson-poison est un met connu et couru des Japonais, à plus d’un titre. Le premier se juge à la fin du repas, une fois que les lèvres sont légèrement anesthésiées par l’infime dose de poison qu’il contenait encore.

    Aucun antidote !

    Puis la rareté provoque une flambée des prix exorbitants, transformant un simple plat en véritable luxe. La dégustation d’un plat de Fugu dans de grandes tables comme le restaurant deux étoiles Usukifugu Yamadaya situé à Hiroo commence à 6000 yens (46 €) jusqu’à 30 000 (230 €). De bonnes adresses proposent également le Fugu, ainsi le Kikuchi à Ueno, propose une entrée de gamme à 4000 yens (30 €).

    Fugu, Japon, sashimi

    Le poisson-lune possède une toxine plus puissante que le cyanure, la tétrodotoxine. Cette dernière est contenue dans ses organes que sont le foie, les ovaires et les yeux.

    C’est pourquoi seuls des spécialistes sont autorisés à le cuisiner et après une formation de trois à cinq années sanctionnée par un certificat d’État.

    Ses effets sont fulgurants : la langue s’engourdit d’abord, puis les lèvres et la bouche entière. Le système nerveux est atteint, la victime peut être prise de convulsions, perdre la parole, être paralysée puis perdre conscience et en mourir.

    Quatre à huit heures, c’est le délai moyen de survie après l’absorption du poison. De plus qu’il n’existe aucun antidote.

    (Crédits : DR)

    Chaque année, on déplore au Japon plusieurs empoisonnements liés à une mauvaise préparation de ce poisson. Comme Bandô Mitsugorô VIII (1906-1975), célèbre acteur de théâtre kabuki, qui par défi se risquait à goûter au fruit défendu. En voulant impressionner ses invités, il goûtait le foie de l’animal… et qui a succombé à sa bravade, seul dans sa chambre.

    Avaler grâce à ses yeux

    Inconcevable pour nous êtres humains, mais la grenouille se sert de ses yeux pour avaler plus facilement. Elle fait descendre un œil, voire les deux, dans sa cavité buccale pour faire passer sa nourriture de l’extérieur vers l’intérieur. L’impression donne à voir qu’elle dort, pas du tout, maintenant vous observerez d’un autre œil les amphibiens. Elles sont très utiles aux jardiniers.

    En effet, devenue adulte, la grenouille comme la rainette verte, se délecte d’insectes de toutes sortes (papillons, mouches, moustiques…). Si vous croisez une grenouille dans votre jardin, vous pouvez tenter de l’embrasser, elle se transformera peut-être en princesse, avec votre âme d’enfant vous pourriez donner vie au conte et légende, qui sait.

    Saviez-vous que la plus grosse grenouille de la planète, Conraua goliath, pèse plus de 3 kg, et mesure plus de 30 centimètres, sans compter ses pattes arrières. Une fois déployée, elle triple sa longueur.

    Un papillon vit dangereusement posé sur la tête du batracien, la grenouille n’a d’yeux que pour lui (Crédits : Frank Winkler/Pixabay)

    Grenouille, mare, papillon

    Elle vit au Cameroun, en Afrique de l’Ouest. Quant à la plus petite, qui est Cubaine, elle ne mesure pas plus d’un centimètre. Néanmoins, elles sont championnes de saut avec des bonds à plus de 20 fois leur propre taille, faites le calcul pour la vôtre c’est impressionnant.

    Respiration aérienne

    Pléthores d’insectes vivent et évoluent dans une mare. Ainsi les acilies, coléoptères nageurs, possèdent une particularité déconcertante. Les mâles sont munis de ventouses sur leurs pattes pour retenir les femelles durant l’accouplement. Mais ces dames, préférant la multiplicité de partenaires, ont quant à elles développé sur le thorax une structure empêchant ces derniers de s’éterniser.

    Dyptique, amre, aquatique

    L’acilie adulte mesure pas plus de 20 mm. Les dytiques ont hacké, ou détourné de l’utilisation première, leurs ailes afin de chasser sous l’eau. Car ils forment une famille de coléoptères, comme leurs cousins les scarabées et les coccinelles, dont ils possèdent une respiration terrienne.

    Mais comment font-ils ? Le plus simplement du monde, ils se servent de leurs ailes, ou élytres, pour emprisonner une bulle d’air, comme le commandant Cousteau et ses bouteilles de plongée. Les dytiques mettent leur ingéniosité à leur propre service, avec ses pattes arrières frangées de poils natatoires qui lui servent de véritables rames pour se déplacer aisément sous l’eau, magique !

    (Crédits : DR)

  • Élèves et écoles cyberattaqués aux USA

    Élèves et écoles cyberattaqués aux USA

    Le malheur des uns fait le bonheur des autres, stipule l’adage : les criminels profitent de la pandémie, sans scrupules. Le FBI mentionnait une augmentation significative des vols de données envers les étudiants, les enseignants comme les établissements entre août et septembre 2020 avec la cyberattaque du district de Clark, dans le Nevada. Ces attaques se perpétuent encore aujourd’hui, comme celle du district d’Hanover, en Pennsylvanie, début mars 2021, sans connaître la date de fin, si elle existe.

    Dans un rapport du Bureau fédéral d’investigation (NDLR : Federal Bureau of Investigation, FBI) publié sur son site officiel, il est indiqué que les cybercriminels « volent et menacent de divulguer au public des données confidentielles sur les étudiants à moins que les institutions ne paient une rançon ». L’agence de sécurité américaine avait reçu des rapports depuis le début de l’année 2020, mais de janvier à juillet, le vol de données liées à l’enseignement en ligne avait représenté 28 % de toutes les attaques de ransomware signalées aux États-Unis.

    Augmentation des cyberattaques aux États-Unis

    L’augmentation entre août et septembre s’est produite dans plus d’une douzaine d’entités et, dans de nombreux cas, les établissements d’enseignement ont accepté de payer la « rançon ». L’agence pour la cybersécurité et la sécurité des infrastructures (CISA) et le Multi-State Information Sharing and Analysis Center (MS-ISAC) collaborent dans la lutte contre ce fléau.

    Selon le FBI, les cybercriminels ralentissaient l’accès aux vidéoconférences pour forcer les verrous menant à des informations sensibles. Dans certains cas, ils « rendent les systèmes inaccessibles pour les fonctions de base, en utilisant des tactiques précédemment exploitées par les entreprises et l’industrie ».

    Ils utilisaient des noms d’élèves absents de la classe pour participer à la vidéoconférence, racontaient des témoins à l’agence fédérale. « Les criminels harcelaient verbalement les élèves et les enseignants, leur montraient des images pornographiques et violentes, pour les faire chanter », raconte le journal mexicain Excelior le 13 décembre 2020. (Crédits : DR)

    Puis, toujours selon l’agence d’investigation outre-Atlantique, ils incitaient les victimes à révéler des informations personnelles (mot de passe, informations bancaires, date de naissance, nom…) à travers un courriel piégé. Dans le but que les personnes ciblées se rendent sur un site Web compromis avec un logiciel malveillant. Ainsi les cinq variantes de ransomware les plus courantes identifiées par le FBI sont : Ryuk, Maze, Nefilim, AKO et Sodinokibi/REvil.

    Attaques par déni de service

    « Les opérateurs considèrent les écoles comme des cibles attrayantes, et ces types d’attaques devraient se poursuivre tout au long de l’année scolaire. Ces problèmes seront particulièrement difficiles pour les écoles qui font face à des limitations de ressources », ont averti la CISA et le FBI dans leur rapport du mois de décembre 2020. « Dans ces attaques, les opérateurs ciblent les systèmes d’information des écoles, ralentissant l’accès et, dans certains cas, rendant les systèmes inaccessibles pour les fonctions de base, y compris l’enseignement à distance. Adoptant des tactiques précédemment utilisées contre les entreprises et l’industrie, les acteurs du ransomware ont également volé – et menacé de divulguer au public – des données confidentielles sur les étudiants, à moins que les établissements ne paient une rançon », martèlent les agences.

    Ce que confirme le 28 septembre 2020 l’article du Wall Street Journal : « Certains districts ont payé des rançons, le Journal ayant trouvé des exemples allant de 25 000 à plus de 200 000 dollars, décidant que la reconstruction des serveurs est plus coûteuse, et pourrait retarder l’apprentissage pendant des semaines. » Le comté de Clark, dans le Nevada, est le plus grand district scolaire touché par des cybercriminels durant la pandémie de Covid-19.

    Les pirates auraient divulgué les numéros de sécurité sociale, les adresses et les informations sur la retraite des employés du district, ainsi que des fichiers sur les étudiants comprenant leurs noms, dates de naissance, adresses, écoles et même leurs notes, soulignait le site Fast Company, après avoir eu accès au rapport. (Crédits : Ethan Miller/Getty Images)

    Cyber, école, usa

    Selon les agences fédérales, les pirates continueront à utiliser tout un assortiment d’outils, des attaques par déni de service aux rançongiciels en passant par les intrusions via des technologies éducatives tierces (comme les suites d’apprentissage en ligne telles que Google Classroom). Les écoles sont des lieux où la sensibilisation aux risques est faible, où le financement de la cybersécurité est minimal. Selon le FBI, tous ces phénomènes devraient se poursuivre au rythme actuel, voire s’aggraver en 2021, souligne le site Gizmodo le 5 janvier 2021.

    Le district d’Hanover ciblé

    « Plus le passage à l’enseignement à distance se généralise, plus les attaques vont se multiplier […] », avait déclaré Dave Ring, chef de la section cyber du FBI, à ABC News. Le 2 mars 2021, lors d’une réunion virtuelle du conseil scolaire d’Hanover en Pennsylvanie, le surintendant Nathan Barrett déclarait que l’établissement avait subi une attaque des systèmes d’information, comme les voisins les plus proches.

    Lycée, USA, cyberattack

    Le complexe de la démesure est un district scolaire public de taille moyenne situé dans la Wyoming Valley, il s’étend sur environ 78 km2.

    Les criminels profitaient de la pandémie et de l’enseignement à distance pour opérer. « Le district a connu des problèmes intermittents d’Internet lundi et mardi », a déclaré Nathan Barrett. Le manque de surveillance et d’hygiène informatique, couplé aux objets connectés, suffisent parfois. La pandémie, et les mesures de confinement ont fait le reste.

    (Crédits : Capture d’écran)

    Le président du conseil scolaire, John Mahle, a contacté la Garde nationale de l’armée pour enquêter avec sa division des cyberopérations nationales « afin d’identifier les points problématiques », relatait Michael Buffer dans « The Citizens’ Voice ». Ils annonçaient en parallèle un plan hybride de cours en ligne et en présentiel dès le 22 mars 2021.

  • Qui est le plus rapide entre l’escargot et la limace ?

    Qui est le plus rapide entre l’escargot et la limace ?

    Imaginons que vous deviez arrêter votre choix entre ces deux êtres pour faire une course en binôme. Qui désignerez-vous entre la limace avec son corps élancé, profilé, ou bien l’escargot qui porte sa « maison » sur le dos, donnant plus de prise au vent ? La réponse à la question est plus facile à donner qu’il n’y paraît de prime abord. Êtes-vous sûr de votre choix, totalement sûr ? Très bien, les jeux sont faits, rien ne va plus… Mettons-nous à la hauteur de ces deux spécimens, donc au ras du sol.

    Commençons par faire connaissance. Ils sont tous deux des mollusques gastéropodes. Mais, bien sûr ! Premièrement, un mollusque vient du latin mollusca, c’est un animal invertébré, à corps mou. Puis, le gastéropode est un mollusque aquatique ou terrestre muni d’un large pied ventral (servant à la reptation, parfois à la natation) et le plus souvent d’une coquille univalve hélicoïdale (généralement dextre). Les gastéropodes forment une classe importante, groupant actuellement plus de 7 000 genres, explique le Larousse.

    Limace, forêt, nature
    Ne pas juger un livre à sa couverture. (Crédits : Maxime Thibault/Pixabay)

    Une limace est le nom commun de certains mollusques gastéropodes pulmonés, terrestres ou marins, apparemment sans coquille. Les limaces sont des animaux polyphylétiques, explique le site aquaportail. Elles s’apparentent à des escargots dont la coquille a presque disparu, très réduits et quasiment invisibles. Elle conserve un reste de coquille, mais à l’intérieur de leur corps. Il sert de stockage pour les sels de calcium indispensables à la digestion.

    Une jeune limace est appelée limaçon

    Malgré leur réputation de nuisible, elle joue un rôle important dans l’écosystème, dont l’être humain fait partie intégrante. Elle est détritivores (elle se nourrit de débris animaux et végétaux) ou mycophage (champignon). Donc si elles mangent vos salades, c’est pour une bonne raison, le déséquilibre de la chaîne alimentaire, mais aussi parce qu’elles sont affamées. La solution, leur offrir une alternative avec une planche de bois au sol. Elles peuvent participer au compostage de vos déchets verts. De plus, elles sont à leur tour des mets de choix pour d’autres, « les hérissons, les serpents, les nématodes, les staphylins, les lézards ou les oiseaux ». De plus la science s’inspire de la nature, donc des limaces. Ainsi des chercheurs de Harvard ont développé un scotch qui pourrait révolutionner la chirurgie.

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    L’escargot est un équilibriste. Ils sont environ 60 000 à 75 000 espèces différentes connues dans le monde entier (Crédits : azeret33/Pixabay)

    Les escargots sont apparus sur terre, il y a 600 millions d’années, d’abord dans l’eau puis sur terre. Leurs « cornes » sont en fait des tentacules, les plus grandes sont les yeux, celles du dessous constituent un organe à la fois tactile et olfactif. Son plus grand atout n’est pas sa vue, mais les « cornes » inférieures lui permettant de se déplacer par le toucher. Son muscle reptateur ne lui confère pas de marche arrière. Le pied, qui est en fait un énorme muscle capable de se contracter et de s’allonger, n’autorise qu’un déplacement vers l’avant.

    Hermaphrodite comme sa cousine

    La plupart des escargots, comme les limaces, sont hermaphrodites. L’accouplement est toutefois nécessaire pour fertiliser les ovules de chaque individu. Ils ne sont pas comme Nemo, le désormais célèbre poisson-clown, hermaphrodite successif. C’est-à-dire qu’ils commencent leur vie mâle, pour la finir femelle, ou inversement. L’escargot possède une particularité. À la fois mâle et femelle, il possède des ovules et des spermatozoïdes, cependant les produits de reproduction mâle arrivent à maturité avant les produits de reproduction femelle. C’est pour cela qu’il doit s’accoupler avec un partenaire, pour une fécondation dite croisée.

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    Un véritable pèlerinage, d’un côté comme de l’autre. (Crédits : open street map)

    Un périple de 45 ans

    Mais revenons à votre choix pour la course, imaginez qu’elle se déroule entre Paris et Marseille, soit une distance de 794 kms. En qualité de binôme vous effectuez le retour : lequel des deux groupes sera le plus rapide ? Supposons que vous marchiez à la vitesse de cinq kilomètres par heure. Votre temps devrait être inférieur à 178 heures (177 h et 8 minutes pour être exact). Malgré la coquille apparente contenant ses viscères, l’escargot se déplace à la vitesse moyenne de 0, 005 km/h tandis que la limace prend plus son temps et file à la vitesse moyenne de 0, 002 km/h. Donc la limace effectuerait la distance de Paris à Marseille en 397 000 heures. Ce qui donne avec la calculatrice magique donne 45 ans 116 jours et 16 heures. L’escargot quant à lui prendrait 149 940 heures correspondant à 18 ans 46 jours et 16 heures. Bon courage !
    La conclusion est simple : ne vous fiez jamais aux apparences, elles sont parfois trompeuses.

  • L’agence pour l’emploi espagnole cyberattaquée, est hors service

    L’agence pour l’emploi espagnole cyberattaquée, est hors service

    Le Service public de l’emploi de l’État (SEPE) a subi hier matin, 9 mars 2021, une attaque informatique générale. Elle a touché tous ses bureaux sur le territoire ibérique, l’obligeant à suspendre toute activité et à reporter les rendez-vous de la journée. Des actions urgentes ont eu lieu, avec pour objectif principal de contenir, d’isoler et, d’atténuer son impact sur les systèmes d’informations. Depuis, le site est hors ligne, en raison de l’attaque cybernétique subit et plonge dans l’attente les assurés.

    Le site du SEPE est hors service depuis mardi en raison d’une cyberattaque. « Le ministère du Travail enquête sur l’origine de la faille de sécurité dans les systèmes informatiques du service public de l’emploi qui a également affecté les ordinateurs des employés de l’agence, qui ont dû les éteindre en attendant de connaître l’ampleur », explique El Diario.

    Le SEPE est hors ligne

    Une équipe de techniciens et d’experts du ministère travaille pour le retour à une activité normale dès que possible. « Le ministère du Travail et de l’Économie sociale regrette profondément les désagréments causés aux utilisateurs en raison de cette cyberattaque », indique le ministère. « Des travaux sont en cours dans le but de restaurer les services prioritaires dès que possible, notamment le portail du service public de l’emploi de l’État, puis de rétablir progressivement le reste des services destinés aux citoyens, aux entreprises, aux prestations et aux agences pour l’emploi », affiche l’agence.

    « Les délais de demande de prestations seront prolongés d’autant de jours […], cette situation n’affectera en aucun cas les droits des demandeurs de prestations », mentionne le SEPE.

    Le renouvellement des droits se fera automatiquement ou pourra être renouvelé une fois que le service aura été rétabli sans perte.

    (Crédits : capture d’écran)


    « Cette situation a provoqué le retard dans la gestion de centaines de milliers de rendez-vous dans toute l’Espagne […] avec les difficultés que tout cela entraîne dans la situation d’avalanche de dossiers à laquelle est confronté le SEPE depuis le début de la pandémie. »

    4 008 489 Espagnols au chômage

    Le syndicat des employés du service public (CSIF) s’inquiète de l’obsolescence du matériel informatique relate Vozpopuli. Luis Gonzalez, représentant du syndicat CSIF (Centrale indépendante des syndicats et des fonctionnaires) à Tarragone en Catalogne, rappelle que les matériels informatiques sont « dépassés ». Le nombre des demandeurs d’emploi dépasse les 4 millions (4 008 489), une première depuis avril 2016.

    Les mécanismes de chômage partiel, croient le nombre total. Ce type de chômage est mis en place dès le début de la pandémie en mars 2020. Il a été renouvelé jusqu’au 31 mai prochain relate Les Échos.

    Les premières investigations ne permettent pas, actuellement, de connaître l’origine de cette attaque. Néanmoins la signature d’apparition du ransomware Ryuk est définie sous la forme d’un fichier texte ou d’un fichier HTML comme le montre l’image ci-contre. En janvier 2020, les opérateurs derrière le ransomware Ryuk s’introduisirent et mirent hors service les systèmes de l’hôpital de Torrejón, dans la province de Madrid, mais pas seulement. (Crédits : elDiario.es)

    Comme l’explique El Mundo, d’autres entreprises espagnoles ont subi également le ransomware « d’origine russe », la radio privée SER et Everis. Gerardo Gutierrez, directeur du SEPE, a confirmé qu’il s’agit de « la dernière version du virus Ryuk » et que l’agence a subi « une cyberattaque similaire à celles reçues par d’autres entreprises ou administrations dans le monde ».

    Le rançongiciel Ryuk

    Nouveau venu dans le monde des ransomwares ? Pas vraiment ! Selon le rapport de l’agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI), le rançongiciel Ryuk a été observé pour la première fois en août 2018. « C’est une variante du rançongiciel Hermes 2.1, vendu sur le forum souterrain exploit.in à partir de février 2017 par le groupe cybercriminel CryptoTech pour environ 300 dollars. Depuis octobre 2019, Ryuk dispose d’une fonctionnalité lui permettant d’allumer les postes éteints présents sur le réseau local (Wake-on-LAN) afin d’accroître sa surface de chiffrement », continue le rapport de l’Agence.

    Ransom, Ryuk, cyber

    Son apparition remonterait à décembre 2019, le rançongiciel Conti serait mis à la disposition d’affiliés selon le modèle de ransomware-as-a-service (RaaS).

    (Crédits : Déroulé simplifié de la chaîne d’infection Emotet-TrickBot-Ryuk/ANSSI)

    « Il a notamment été déployé en parallèle de Ryuk au cours de chaînes d’infection Emotet-TrickBot-Ryuk/Conti ou BazarLoader-Ryuk/Conti. Il est à l’origine de la compromission de nombreuses entités depuis août 2018, qu’il cible pour leur rentabilité et leur capacité à payer des rançons de montants élevés (Big Game Hunting). En octobre 2020, Ryuk serait responsable de 75% des attaques sur le secteur de la santé, secteur qu’il attaquerait depuis le premier semestre 2019 », poursuit l’ANSSI. Bien qu’aucun ciblage sectoriel spécifique ne puisse être identifié, il apparaît cependant qu’il cible particulièrement les États-Unis et le Canada, mais dorénavant aussi en Espagne.