Tous les paiements de plus de 30 euros seront vérifiés à l’aide d’au moins deux éléments d’authentification, à la mi-mai. Cette procédure, le DSP2, va hanter vos nuits et vos jours dans les prochaines semaines. Qu’est-ce que c’est encore que ça ? Suis-je concerné ? Quel est le bénéfice ? Pour qui ? Toutes les questions sont légitimes ! Vous devriez recevoir, si ce n’est déjà le cas, un courrier de votre établissement bancaire vous signalant une mise en authentification forte de vos moyens de paiement.
L’authentification forte, ou 2e directive européenne sur les services de paiement (DSP2) est exigée dorénavant pour tous les paiements électroniques en ligne. Dès septembre 2019, l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement (OSMP) avait publié un plan de migration pour assurer la mise en œuvre en France.
Lutter contre les fraudes
La norme de sécurisation des paiements, la DSP2, s’applique à l’ensemble des achats en ligne. Son but, lutter contre les fraudes par carte bancaire. Leurs fréquences augmentent avec le développement du e-commerce. Ce système d’authentification forte assure la protection des commerçants et rassure les clients. Car « le taux de fraude est 20 fois plus élevé en e-commerce (0,16 % des montants) que dans les commerces de proximité », explique Jean-Michel Chanavas, délégué général de Mercatel.
Les données semblent être séparées, le tout encadré par les RGPD (Crédits : Banque de France)
Mais quel est ce nouvel anachronisme ? Créé par la loi n° 2016-1691 du 9 décembre 2016, sous la présidence de François Hollande l’OSMP est une instance destinée à favoriser l’échange d’informations et la concertation entre toutes les parties concernées — les consommateurs, commerçants et entreprises, autorités publiques et administrations, banques et les gestionnaires de moyens de paiement — par le bon fonctionnement des moyens de paiement et la lutte contre la fraude. À ce titre, l’OSMP reprend toutes les missions précédemment dévolues à l’Observatoire de la sécurité des cartes de paiement créé en 2001, auquel il succède, sur un périmètre élargi à l’ensemble des moyens de paiement scripturaux.
Une évolution nécessaire
À partir du 15 mai prochain, toutes les transactions en ligne de plus de 30 euros seront vérifiées à l’aide d’au moins deux éléments d’authentification sur les trois suivants : un code de saisie que seul l’utilisateur connaît, par une notification de la banque reçue sur le terminal téléphonique de l’utilisateur, ou une caractéristique personnelle de l’utilisateur (empreinte digitale, reconnaissance faciale ou reconnaissance d’iris). Selon un calendrier précis et déjà mis en place pour le mois de janvier 2020.
La pandémie a effectué un décalage de trois mois glissants (Crédits : Banque de France)
Les niveaux ainsi décidés s’échelonnent à partir du mois d’octobre 2020. C’est pourquoi les transactions de 2000 € non authentifiées selon le protocole DSP2 sont rejetées. Le seuil du montant de la transaction diminue pour arriver progressivement à zéro. Cela fait donc dix jours, depuis le 15 février 2021 qu’un règlement de 500 € sera rejeté le cas échéant.
Dans le rapport annuel de 2019, l’OSMP dresse le portrait des opérations de paiement scripturales (l’argent en chiffre enregistré dans les banques dans les comptes courants forme ce qu’on appelle la monnaie scripturale) réalisées par les particuliers, les entreprises et les administrations représentent en 2019 un volume de 26 milliards de transactions pour un montant total de 28 658 milliards d’euros.
« Comme les années précédentes, la carte continue d’avoir la préférence des Français qui l’utilisent dans plus de la moitié des transactions scripturales en volume (55 %, contre 53 % en 2018) pour un montant total de 599 milliards d’euros en 2019», explique la commission. Concomitant au refus rencontré de plus en plus grand du paiement par chèque. Le déclin continu du chèque, observé depuis les années 2000, s’est encore poursuivi en 2019 « tant en nombre qu’en valeur d’opérations (- 9 % dans les deux cas), avec une émission de près de 1,6 milliard de chèques en 2019, pour un montant global de 814 milliards d’euros. » Il reste cependant ancré dans les habitudes de paiement, ce pour les règlements de montants élevés. Il conserve sa troisième place des moyens de paiement le plus utilisé, avec 6 %, en valeur de transactions, derrière la carte bancaire (55 %), prélèvement (17 %), et juste devant le retrait d’espèces (5 %).
Conditions de mise en œuvre
La mise en place de telles mesures d’authentification forte est justifiée par le rapport : « En cumulant les transactions de paiement et de retrait, la carte enregistre également une hausse de ses montants de fraude en 2019 (470, contre 439 millions d’euros en 2018, soit + 7 % sur un an), et représente toujours une écrasante majorité (97 %) du nombre de transactions frauduleuses», ajuste la commission. Soit, le bénéfice est axé sur la diminution des fraudes pour le consommateur, les commerçants, et surtout les banques auprès desquelles vous devez demander le remboursement des sommes selon des critères définis. Il peut vous être demandé de supporter une partie des pertes (50 € maximum).
La note de l’observatoire de la sécurité des moyens de paiements conclut en stipulant « En parallèle, en lien avec les réseaux de paiement par carte, la Banque de France établira des lignes directrices sur les conditions de mise en œuvre de l’authentification forte pour quelques cas d’usage emblématiques (paiement one-click avec carte préenregistrée sur le site marchand, paiement effectué avec un portefeuille électronique sur lequel la carte de paiement est enregistrée, abonnements en ligne, réservation de service de type VTC, etc.) »
Trois solutions, dont un dispositif physique délivré par l’établissement bancaire, sont la volonté de l’Europe pour lutter contre la fraude de 470 millions d’euros sur les 28 658 milliards d’euros de paiements scripturaux. (Crédits : Banque de France)
Une question demeure, « quid de la sécurité des données ainsi enregistrées auprès des différents établissements bancaires? » Que deviennent-ils, lorsque l’on change de banque ? D’autant plus qu’après la fuite des données médicales de 500 000 Français, le doute est plus que permis.
De nombreuses personnes expriment, sur l’internet, qu’une pandémie arriverait tous les siècles 1820, 1920, 2020… Ils semblent oublier celles des années 1957 et 1968, le SIDA ou encore la tuberculose, pour ne citer que ces dernières. De l’ignorance à la désinformation, jusqu’au complot, il n’y a qu’un pas que tout un chacun peut franchir consciemment ou inconsciemment. Mais que sont les pandémies ? Sont elles des périodes de l’histoire contemporaine ? Comprendre et observer pour mieux saisir les enjeux.
Le dictionnaire de l’Académie de médecine définit le terme pandémie par : « Épidémie qui frappe de nombreux pays ou le monde entier ou qui atteint la plupart des individus d’un même pays. » L’étymologie de pandémie est issue du grec « pan », qui signifie « tout » et « demos » pour « peuple ». Elle survient lorsqu’un nouveau virus, ou bactérie apparaît, se propage dans le monde entier, en l’absence d’immunité dans la grande majorité de la population, par exemple un nouveau type de grippe.
Depuis quand existent-elles ?
Les témoignages de pandémie se transmettent grâce à l’écriture. Les grandes épidémies sont rares, puis augmentent avec les échanges commerciaux. Ainsi la première épidémie connue fut la peste dite « d’Athènes » entre 430 à 426 avant notre ère. C’est au début de la guerre du Péloponnèse, en 430, quand les spartiates entrent en Attique, péninsule et région de la Grèce, menée par Périclès, que la force des Athéniens est vaincue par un ennemi invisible, mais meurtrier, la peste.
Décrite par l’historien Thucydide — atteint puis guéri —, la maladie se manifeste par des diarrhées, des rougeurs, des convulsions précédées par des fièvres. Elle aurait tué plus du quart de la population de l’Attique.
« Il brûle d’une fièvre si dévorante qu’il ne peut supporter le contact des tissus les plus légers. Il faut rester nu. Par désir d’une eau fraîche, beaucoup, pris d’une soif inextinguible, sont entraînés à se jeter au fond des puits », raconte l’article « La peste d’Athènes. Épidémie et conséquences politiques » d’Olivier Battistini pour Conflits.
De l’année 165 à 190, la peste Antonine, a touché l’Empire romain, durant les règnes de Marc-Aurèle et Commode. Il s’agit probablement d’une épidémie de variole. Elle est connue par des écrits antiques, dont celui du médecin Gallien. Elle aurait tué environ 10 % de la population, soit plusieurs millions d’individus. La variole est une affection contagieuse aiguë, causée par le virus variolique.
(Crédits : Michel Serre, Vue de l’hôtel de ville pendant la peste de 1720/DR)
Elle se transmet d’un individu à l’autre par des particules en suspension ou des gouttelettes provenant des personnes infectées qui présentent les symptômes de la maladie. « Suite à une campagne de vaccination mondiale menée par l’OMS, la variole a été déclarée éradiquée en 1980. Elle ne survient plus de façon naturelle, mais des stocks de virus variolique sont encore conservés dans deux laboratoires de confinement renforcé », souligne l’OMS.
Près de 50 000 cas de peste entre 1990 et 2020
La toute première pandémie n’arrive qu’à partir du milieu du Ve siècle. La peste – Yersina Pestis – serait probablement venue d’Asie, par la route de la soie. Dans le livre « Les Sociétés en Europe du milieu du VIe à la fin du IXe siècle » où les textes sont réunis et présentés par Alain J. Stoclet, l’historien Procope de Césarée raconte : « Il y eut en ces temps-là une pestilence qui manqua d’emporter la race humaine tout entière. […] Elle ne se manifesta pas seulement dans une région ni n’affligea tel homme plutôt qu’un autre […], mais embrassa toute la terre et prit la vie de tous les hommes. […]». L’estimation du nombre de morts, principalement autour de la méditerranée, oscille de vingt-cinq à cent millions de décès.
Grégoire de Tours, dans son Histoire des Francs, livre quatrième « De la mort de Théodebert Ier à celle de Sigebert Ier, roi d’Austrasie (547 – 575) » raconte : « […] il y eut dans tout le pays une telle mortalité sur le peuple, qu’il est impossible de compter les multitudes qui périrent. Comme les cercueils et les planches manquaient, on en enterrait dix et plus dans une même fosse ; on compta, un dimanche, dans une basilique de Saint-Pierre, trois cents corps morts. La mort était subite ; il naissait dans l’aine ou dans l’aisselle une plaie semblable à la morsure d’un serpent ; et ce venin agissait tellement sur les hommes qu’ils rendaient l’esprit le lendemain ou le troisième jour [xxxvi] ; et la force du venin leur ôtait entièrement le sens. Ainsi mourut le prêtre Caton […] » Comme le fit le pape Pelage II, en 590.
La peste noire, du XIVe siècle à aujourd’hui
La plus grande épidémie de l’histoire est sans doute celle de la peste noire, qui débuta en 1347 pour finir en 1352. Elle aurait tué d’un tiers à la moitié de la population européenne, soit environ 34 millions de personnes. À nouveau, elle arrive par la route de la soie. Constantinople fut la première ville touchée en Europe, puis Marseille… Elle atteint les îles britanniques et la Scandinavie.
(Crédits : Carte de diffusion de la peste noire en Europe et Afrique du Nord. /FlyingPC)
Elle frappe de nouveau et à maintes reprises au XVIIe siècle, à Lyon. Puis en 1656, plus de la moitié des habitants de Naples sont morts, leur nombre est estimé à 450 000. Dix ans plus tard, c’est Londres qui est meurtrie. Près de 100 000 décès, soit 20 % de la population. Le grand incendie de la City du jeudi 2 septembre au lundi 6 septembre 1666 aurait aidé à clore la pandémie.
Le même nombre de défunts est à déplorer en Provence. Arrivée par le biais d’un navire marchand en 1720, jusqu’à 1722, cette épidémie de peste est la dernière sur le sol français. « La peste est une maladie infectieuse très grave chez l’homme avec un taux de létalité de 30 % à 100 % en l’absence de traitement », prévient l’OMS.
Selon la voie d’infection, il est observé trois formes de peste : la peste bubonique, septicémique et pulmonaire. La forme bubonique, caractérisée par une tuméfaction douloureuse des ganglions lymphatiques appelés « bubons », est la plus courante. De 2010 à 2015, l’OMS rapporte que 3248 décès sont imputés à la peste.
Chassez une épidémie, une autre prend la place. La variole fut un fléau majeur durant trois siècles, de 1500 à 1800. À la fin du XVIIIe siècle, le médecin anglais Edward Jenner vaccine James Phillips 8 ans, le 14 mai 1796. Il utilise du pus issu de la vaccine des vaches, maladie apparentée, mais bénigne pour l’homme. Ce sera le début avec succès de la vaccination.
De 1817 à 1923, c’est le choléra qui fait des ravages. À travers six pandémies, de l’Asie — dont il est originaire — au continent américain en passant par l’Europe, l’infection fera des millions de morts. Mais c’est la troisième vague de 1852 à 1860 qui sera la plus meurtrière. De 1855 à 1945, la peste de Chine a fait des ravages en Inde, avec une dizaine de millions de morts. L’Europe et l’Amérique maîtriseront les quelques cas.
(Crédits : Les soldats suédois touchés par l’épidémie de grippe qui a ravagé la planète en 1918. /EL MUNDO)
La grippe espagnole est la plus forte pandémie ayant frappé l’Europe depuis la peste noire du XIVe siècle. Elle aurait tué entre 20 et 50 millions de personnes en 1918 et 1919, selon l’OMS (voir tableau ci-dessous). Originaire d’Asie, elle apparaît en mars 1918 dans les bases militaires américaines, au Kansas. Nommée ainsi, car l’Espagne, non soumise au secret militaire, fut la première à en parler publiquement. Le virus s’est propagé comme une traînée de poudre, suite à l’arrivée, en Europe des militaires d’outre-Atlantique.
Tableau récapitulatif des pandémies de grippe (Crédits : OMS)
De 1956 à 1958, la grippe asiatique affecte mortellement d’un à quatre millions de personnes, essentiellement en Asie. Les souvenirs français sont moindres, elle aurait causé 15 000 décès. Une décennie plus tard, la grippe de Hong-Kong sévit. Si elle laisse peu de souvenirs aux Français, elle dénombre 30 000 morts dans l’hexagone, et jusqu’à 4 millions selon l’OMS. Quant à la grippe H1N1, dite « influenza », elle engendre entre 100 et 400 mille décès. Les jeunes adultes et les enfants sont les plus touchés. La tuberculose a contaminé 10 millions de personnes, dont 1,4 million de morts dans le monde en 2019 : 56 % sont des hommes, 32 des femmes et 12 % sont des enfants.
Chaque semaine, environ 5500 jeunes femmes âgées de 15 à 24 ans sont infectées par le VIH.
Le virus d’immunodéficience humaine (VIH) communément nommé SIDA atteint le système immunitaire. Les premiers signes sont apparus en 1970, aux États-Unis. À ce jour, un traitement à base de médicament antirétroviral peut permettre de vivre comme tout un chacun. 26 millions de personnes avaient accès à la thérapie antirétrovirale en juin 2020. Sur les cinq continents, 38,0 millions de personnes vivaient avec le VIH en 2019, 1,7 million est devenu nouvellement infecté en 2019.
Des maladies liées au sida en 2019, 690 000 personnes meurent. 75,7 millions ont été infectés par le VIH depuis le début de l’épidémie. Au total 32,7 millions de personnes décédées de suite de maladies liées au sida depuis le début de l’épidémie (fin 2019) selon l’ONUSIDA.
« Les femmes et les filles représentaient environ 48 % de toutes les nouvelles infections à VIH en 2019. En Afrique subsaharienne, elles représentaient 59 % de toutes les nouvelles infections. Plus d’un tiers (35 %) des femmes dans le monde ont subi des violences physiques ou sexuelles de la part d’un partenaire intime ou des violences sexuelles de la part d’un partenaire non régulier à un moment de leur vie. Chaque semaine, environ 5500 jeunes femmes âgées de 15 à 24 ans sont infectées par le VIH», martèle l’ONUSIDA
Message explicite et sans équivoque (Crédits : ONUSIDA)
Il est fréquent de recevoir des courriels indiquant « Vous êtes millionnaire » ou encore « Vous avez gagné un téléviseur de 152 cm »… Le seul problème est que l’augmentation et la fréquence de réception peuvent engendrer une baisse de la surveillance. Les données que nous acceptions de partager peuvent parfois tomber entre de mauvaises mains. Ainsi, les intentions malveillantes resurgissent. Quand le cadeau est trop gros, il est nécessaire de prendre du recul, de se questionner et d’user de ruses et de logiciels.
Comme tout un chacun, M. Sépa Phot en reçoit chaque jour, mais ne comprend pas comment c’est possible. « Je n’ai pas donné mon adresse e-mail », grommelle-t-il dans son coin, face à son écran d’ordinateur. Attirée par les soupirs incessants, Mme Kharéson arrive auprès de lui : « Teste ton adresse e-mail », lui dit-elle. « Je veux bien, mais je ne sais pas comment faire, tu as une idée ? », questionne Sépa.
3.2 milliards d’e-mails et de mots de passe
« Bien sûr, tu vas sur “haveibeenpwned” ce qui veut dire “Ai-je été piraté ?” », explique-t-elle tout en pianotant.
« À toi de jouer », exhorte Séki Kharéson.
Le résultat est sans appel !
Capture d’écran (Crédits : Haveibeenpwned.com / Site https://haveibeenpwned.com/)
Il n’y a plus qu’à prendre les mesures de sécurité nécessaires :
• Changez le mot de passe de l’adresse e-mail concernée • Choisir un mot de passe, ou passphrase, à sécurité forte. • Affecter un mot de passe pour un et un seul e-mail, ou donnée de connexion à un site.
Alerté par sa mésaventure, il se renseigne sur la toile, et reste bouche bée. Début février 2021, 3.2 milliards d’e-mails et de mots de passe ont fuité sur l’internet.
Un couple partage, depuis bien longtemps, le bonheur d’être ensemble. Mme Séki Kharéson et M. Sépa Phot habitent dans un endroit paisible du sud de l’Orne, non loin de Nogent-le-Rotrou, à Berd’huis. La vie y est paisible et ritualisée. La journée débute toujours par un café noir pour monsieur, et un thé avec un nuage de lait pour madame. Accompagné par une odeur de pain grillé, de beurre demi-sel et de confiture, sans oublier le journal bien sûr. Les jeux de mots et blagues, comme explications alambiquées sont légion.
Souvent l’impensable est malheureusement vrai. C’est ainsi que la presse apporte son lot de nouvelles. Hormis la rubrique nécrologique, l’horoscope et les mots fléchés. Alors que le matin souffle ses brumes, d’autres embaument la cuisine. Entre l’odeur des viennoiseries et des boissons chaudes, l’odeur particulière du journal ajoute son grain de sel.
Deux siècles pour abroger une loi
Rien de tel qu’une habitude prise lors de la retraite : lire le journal. En fonction de l’âge, certains jettent un coup d’œil plus à la nécrologie qu’au mariage, mais parfois un sujet hors du temps fait l’unanimité.
« Oui, chéri ? », répondit-elle en se demandant ce qu’il voulait bien encore.
« Je suis tombé sur un article ce matin et… »
« Tu ne t’es pas fait mal ? », sourit-elle malicieusement.
« Ah, ah, ah… Imagine depuis le 31 janvier 2013, tu as le droit de porter un pantalon sans craindre de te faire arrêter par la police ! »
« Tu te moques de moi », rétorque-t-elle d’un air dubitatif.
« Pas tout le temps », ria-t-il à gorge déployée. «Écoute ce que raconte le journaliste. »
Il chausse ses lunettes, se chauffe la gorge en finissant d’un trait son café et lut d’un ton enjoué.
« Le 16 brumaire an IX (NDLR 7 novembre 1800), le préfet de police Dubois ordonnait que toute femme, désirant s’habiller en homme, devra se présenter à la préfecture de police pour en obtenir l’autorisation, et que toute femme trouvée travestie, qui ne se sera pas conformée aux dispositions des articles précédents, sera arrêtée et conduite à la préfecture de police. »
L’un des plus grands cabinets d’avocats au monde, Jones Day est victime le 3 février 2021 du ransomware, CLOP. Basé à Cleveland, Ohio aux États-Unis il emploie plus de 2500 avocats sur cinq continents. Le bureau français est à Paris dans le premier arrondissement, à deux pas de la place de la Concorde. Jones Day est l’un des plus grands cabinets d’avocats au monde. Il compte plus de 2500 avocats dans le monde, et affiche un chiffre d’affaires annuel de 2 milliards de dollars.
Ce cabinet n’est pas un simple cabinet d’avocats. Il entretient des liens étroits avec l’administration Trump, après que plus d’une douzaine de ses avocats ont travaillé à la Maison Blanche, y compris Don McGahn, qui y a été l’avocat jusqu’en 2019.
100 Gigaoctets de données sur le darknet
Jones Day a fait la une des journaux outre-Atlantique pour avoir représenté Trump dans sa tentative d’invalidation de l’élection présidentielle américaine de 2020 en affirmant l’existence de « fraude électorale ». Cela a suscité une immense critique outre-Atlantique, pour autant continue de travailler avec l’organisation Trump.
« Contrairement aux allégations publiées dans divers médias, Jones Day ne représente ni le Président Trump, ni son comité de campagne, ni aucune autre partie dans un quelconque litige relatif à des fraudes électorales. Le Cabinet ne représente aucune partie dans aucun contentieux ayant pour objet de remettre en cause ou de contester les résultats des élections américaines », démentait le cabinet.
Un cabinet d’avocat attaqué, c’est un comble. Mais ce n’est pas en cela que l’information est détonante. Jones Day compte de nombreux clients de premier plan, dont l’ancien président des États-Unis, Donald Trump, mais pas seulement.
JP Morgan Chase & Co., Google d’Alphabet inc., et McDonald’s. pour ne citer qu’eux. La fuite de 100 Go de données pourrait avoir des répercussions conséquentes.
Tyler Combs sur Advintel prophétisait par son article, publié le 12 février 2021, sur les menaces qui pèsent sur les cabinets d’avocats, et comment les opérateurs des ransomwares exploitent les informations confidentielles contre les cabinets d’avocats.
(Crédits : Google)
« L’une des principales tâches d’un cabinet d’avocats est de gérer et de protéger les informations privées d’un client. Sachant cela, les acteurs de la menace recherchent ces informations lorsqu’ils pénètrent dans le réseau d’un cabinet d’avocats, les volent et les proposent à la vente sur les forums et les marchés du Dark Web», explique Tyler Combs.
Déjà en septembre 2020, un opérateur a eu accès à des données contenant les formulaires d’autorisation I-9, nécessaires aux États-Unis pour pouvoir travailler. Ainsi, il accédait aux noms, numéros de téléphone, adresses e-mail, dates de naissance, numéros de sécurité sociale, numéros de passeport…
Dès le 13 février 2021, DataBreaches.net révèle l’information en titre de son article : « Les opérateurs prétendent avoir volé des fichiers Jones Day ; le cabinet d’avocats reste silencieux.» Peu de temps après, les opérateurs affichaient des données comme preuve de leurs délits sur le Darkweb, amorçant de ce fait la négociation. Les pirates affichent 23 liens liés à Jones Day, d’une taille allant de 1, 54 Go à 4, 5 Go. L’un d’eux est signalé comme « e-mails extraits ».
Les opérateurs du ransomware, CLOP affichent les preuves de leur délit sur le dark web (captures d’écran)
Dans un communiqué, Jones Day affirmait qu’il était le deuxième grand cabinet d’avocats en deux semaines à voir des données privées exposées à la suite d’une violation chez Accellion, qui fournit des services de transfert de fichiers et d’autres services à un certain nombre de cabinets. « Cependant, le pirate a déclaré au Journal (NDLR The Wall Street Journal) qu’il avait piraté directement le serveur de Jones Day et qu’il n’était pas impliqué dans le piratage d’Accellion », relate The Wall Street Journal.
Les opérateurs affichent sur le Dark Web plusieurs documents qui appartiendraient audit cabinet. « Jones Day continue d’enquêter et sera en discussion continue avec les clients concernés et les autorités compétentes », conclut le porte-parole de Jones Day, David Petrou.
L’affaire Duhamel aura-t-elle brisé le silence autour de l’inceste ? Des milliers de victimes d’inceste présumées témoignent sur Twitter sous le hashtag #MeTooInceste, depuis le samedi 16 janvier 2021. Trois ans après après la déferlante #MeToo et ses variantes à travers le monde, qui avait initié la chute d’Harvey Weinstein, libérant la parole autour du harcèlement sexuel, maintenant vient la libération des paroles concernant les crimes sexuels sur mineur.
« J’avais 14 ans et j’ai laissé faire […]. J’avais 14 ans, je savais et je n’ai rien dit », écrit Camille Kouchner, maîtresse de conférences en droit, dans son livre « La Familia Grande ». Œuvre qui suit, de près d’une année « Le Consentement » de Vanessa Springora. Au-delà des différentes accusations écriées sur les différents réseaux « sociaux », c’est la parole des victimes qui est exhortée. Car les agressions sexuelles présumées sur une personne majeure comme mineure, au moment des faits, sont mises plus facilement au jour de tous.
Libération des paroles
« Ce mouvement de libération de la parole, c’est extraordinaire, d’abord parce que ça la libère, c’est un poids considérable, colossal pour les victimes. Il faut le supporter ! En revanche, je dis : attention, la justice, et vous le savez, ne se rend jamais sur les réseaux sociaux », explique le garde des Sceaux, Éric Dupond-Moretti, lors d’une interview accordée à Brut. Les réseaux permettent aux témoignages d’exister, de libérer une parole souvent lourde à porter. Les mots mettent à nue la cruauté que les victimes ont subie :
La chanteuse, Yasmine Modestine livre crûment son histoire. «Un oncle m’a sorti” du lit quand j’avais 6 ans il m’a déshabillée mis sa langue dans la bouche retourné il s’est déshabillé J’ai senti une énorme chose contre mes fesses Je pensais que si je n’ouvrais pas les yeux alors j’étais plus forte que lui Tu parles ! » #metooinceste” @yasminmodestine 15 janvier 2021
Des anonymes osent, comme Pascal Toullet : « J’ai 52 ans, je suis heureux de vivre, Mes 3 enfants et mon ex femme sont mes rayons de soleil. Oui,j’ai bien fais de parler. De croire en notre police ou gendarmerie,MERCI. De croire en notre justice,MERCI. De croire en ma thérapeute MERCI » #metooinceste 15 février 2021
(Crédits : Luis Quintero/Pexels)
Et d’autre encore « Violée par ma mère, à partir de 2ans environ,je suis devenue toxicomane, (héroïne, alcool,) et violée enfant et adulte, par des hommes. Je vous comprends vraiment. » @catou1957 #MeTooInceste #incestematernel 11 février 2021
Que dit la loi
L’article 222-22 du Code pénal est limpide à ce sujet : « Constitue une agression sexuelle, toute atteinte sexuelle commise avec violence, contrainte, menace ou surprise. » Mais pas seulement : « Le viol et les autres agressions sexuelles sont constitués lorsqu’ils ont été imposés à la victime […], quelle que soit la nature des relations existant entre l’agresseur et sa victime, y compris s’ils sont unis par les liens du mariage.» En quoi, ledit article conclut sur celles commises sur un mineur à l’étranger : « Lorsque les agressions sexuelles sont commises à l’étranger contre un mineur par un Français ou par une personne résidant habituellement sur le territoire français, la loi française est applicable par dérogation au deuxième alinéa de l’article 113-6 et les dispositions de la seconde phrase de l’article 113-8 ne sont pas applicables. »
Concernant le viol — articles 222-23 à 222-26-1du code pénal — il est indiqué que tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui ou sur la personne de l’auteur par violence, contrainte, menace ou surprise est un viol. Le viol est puni de quinze ans de réclusion criminelle, et vingt ans pour des circonstances aggravantes, comme l’âge — mineur de 15 ans —, lorsqu’il est commis par plusieurs personnes agissant en qualité d’auteur ou de complice, avec menace d’une arme, et cætera. Pour autant, pour que la victime présumée soit reconnue comme telle, il faut que la personne présumée auteure des faits soit reconnue coupable. Pour cela, il est nécessaire et primordial que les victimes portent l’action en justice. (Crédits : Capture d’écran/C à vous/France5)
Les violences, les agressions sexuelles et la mise en péril de mineur concèdent un délai de prescription de 20 ans à compter de la majorité du mineur-victime. La loi prévoit désormais pour les infractions sexuelles sur mineur des délais de prescription de 30 ans, mais il ne s’applique pas aux infractions prescrites avant le 6 août 2018. Ainsi, la victime peut porter plainte jusqu’à 30 ans après sa majorité dans les cas les plus graves que sont le viol ou le crime de proxénétisme.
En ce qui concerne le cas de la plainte de Coline Berry envers son père, le délai de prescription de 20 ans après sa majorité serait en date de 2014.
« […] le parquet va donc faire mine d’enquêter, non pour vérifier si les faits sont prescrits – ce serait faire offense à son niveau de compétence –, mais pour apporter à la victime une autre réponse que celle de la prescription tant décriée », souligne dans une tribune, Marie Dosé, Céline Lasek, Delphine Meillet, Christian Saint-Palais, Daniel Soulez Larivière, Hervé Temime, avocates et avocats-pénalistes. Les mots possèdent un poids dans la communication d’un côté comme de l’autre. Une déclaration de culpabilité, à mots couverts : « Les faits dénoncés sont susceptibles d’être qualifiés pénalement mais sont prescrits. » (Crédits : Donald Tong/Pexels)
Actuellement Éric Dupond-Moretti, garde des Sceaux travaille sur un texte qui sera présenté aux assemblées pour que les victimes soient considérées en tant que telle, et non plus comme simple témoin explique-t-il à Brut : « Exemple une affaire de viol, quatre autres affaires commises par le même auteur victimes sont prescrites, aujourd’hui, une seule affaire sera jugée, les autres ne le seront pas […] Je trouve juste que les quatre victimes des quatre affaires prescrites aient un statut de victime, et qu’en quelque sorte la prescription qui était acquise dans leur affaire, soit décalée, et que dans le procès, qu’il n’y ait pas qu’une seule victime et quatre témoins, mais cinq victimes. »
Quels sont les chiffres en France
L’auteur du site « Politologue, crimes et délits » abat un travail considérable, rendant accessibles et claires les informations. Toutes les données ont été enregistrées auprès de la Police nationale et de la Gendarmerie nationale. Ainsi, entre 2012 et 2019, c’est 57 175 viols sur majeurs, 63 828 sur mineurs, 71 643 harcèlements sexuels et autres agressions sexuelles sur majeurs et 106 974 sur mineurs, sans oublier les 103 367 atteintes sexuelles.
Pour l’année 2020, selon les datas de la plateforme ouverte des données publiques françaises, 13 018 (+1450, 12,5 % par rapport à 2019) viols sur majeurs, 13 072 (+1101, +9,2 %) sur mineurs, 13 524 (-145, -1,1 %) harcèlements sexuels et autres agressions sexuelles sur majeurs et 18 190 (-446, -2,4 %) sur mineurs, et 15 218 (+205, +1,4 %) atteintes sexuelles ont été pris en compte par dépôt de plainte.
Le constat est significatif entre 2012 et 2020 en France.
France
2012
2020
Tendance
Viols sur majeur
4 749
13 018
+274 %
Viols sur mineur
6 145
13 072
+213 %
Harcèlements sur majeur…
5 612
13 524
+241 %
Harcèlements sur mineur…
9 797
18 190
+186 %
Atteintes sexuelles
13 400
15 218
+114 %
Total
39 703
73 022
+183 %
En huit années, les viols sur majeur comme sur mineur ont plus que doublé en France.
Quel est le point de vue ramené à un département, prenons comme exemple la Vienne. Elle affiche deux sous-préfectures, Châtellerault et Montmorillon et Poitiers en préfecture. Cette dernière, de taille moyenne, est classée première grande ville de France où il fait bon vivre, selon « l’Étudiant » en septembre 2020.
L’évolution et structure de la population, entre 2007 et 2017, selon les services de l’INSEE, donne la vision de la répartition sur l’ensemble du département.
La population de la Vienne a peu augmenté sur une décennie (Crédits : INSEE)
Sur la période de 2012 à 2020, il y a eu 159 800 crimes et délits enregistrés auprès des services de la Police nationale et de la Gendarmerie nationale. Quand aux crimes sexuels dans la Vienne, ils sont en augmentation, comme partout en France.
(Sources : Crimes et délits enregistrés par les services de gendarmerie et de police depuis 2012)
La présomption d’innocence
L’Assemblée nationale reconnaît et déclare les droits de l’Homme et du Citoyen en 1789. La présomption d’innocence est décrite dans le neuvième des dix-sept articles : « Tout homme étant présumé innocent jusqu’à ce qu’il ait été déclaré coupable, s’il est jugé indispensable de l’arrêter, toute rigueur qui ne serait pas nécessaire pour s’assurer de sa personne doit être sévèrement réprimée par la loi. » Fin janvier 2021, Coline Berry-Rojtman, fille aînée de Richard Berry, a déposé plainte contre son père pour «viols et agressions sexuelles sur mineur de 15 ans par ascendant» et « corruption de mineur ».
Dans l’émission « C à vous », sur France 5 animée par Anne-Élisabeth Lemoine, le 16 février 2021, le conseil de Richard Berry, Me Hervé Temime s’exprimait : « Devant un tribunal, c’est à l’accusation d’apporter la preuve de la culpabilité, sur les plateaux télé, c’est le contraire. » Sans le savoir, une bombe allait être lâchée en direct devant le journaliste Patrick Cohen et l’animatrice Anne-Élisabeth Lemoine. « Le service public, que j’apprécie tant, est-il toujours à la hauteur de ce respect de la présomption d’innocence ? Il y a aujourd’hui une telle peur des réseaux sociaux que vous savez ce qu’il s’est passé vendredi soir ? Un film dans lequel Richard Berry n’est qu’acteur a été déprogrammé au dernier moment », s’insurgeait l‘avocat.
(Crédits : Capture d’écran/C à vous/France5)
La réponse est arrivée quelques minutes plus tard par un communiqué de France 3, transmit en direct à Anne-Élisabeth Lemoine : « Afin de ne pas perturber les démarches juridiques, dont la presse, se fait l’écho entre Richard Berry et sa fille, et en accord avec les ayants droit, France 3 décale le téléfilm la loi de Damien. » En colère, l’avocat de Richard Berry martelait : « C’est ce que je vous disais, j’avais raison. Si c’est cette raison qui est avancée, plus jamais aucun film de Richard Berry ne sera programmé sur le service public puisque la justice ne pourra jamais trancher. CQFD. Qu’ils prennent un bon avocat ! Avec des explications de cette nature, ils ont intérêt à être bien défendus… »
Des droits et des devoirs
Le garde des Sceaux approuve le bien-fondé de la libération de la parole, mais rappelle les règles élémentaires du droit. « Donc oui à la libération de la parole de la victime, c’est un mouvement merveilleux, puis ça démontre que la société tout entière a conscience de la gravité de ces crimes et des conséquences qu’ils génèrent, mais attention, ensuite, il y a des règles, notamment des règles de preuve qu’il faut mettre en œuvre, parce que la justice, ça n’est pas l’arbitraire, ça n’est pas la rue, ça n’est pas les réseaux sociaux. »
« Il vaut mieux hasarder de sauver un coupable que de condamner un innocent » (Voltaire, Zadig ou la destinée)
Dans plusieurs journaux, la fille aînée de Richard Berry s’est exprimée, comme ici dans 20 minutes. « J’ai besoin de la reconnaissance des faits» en dépit d’une éventuelle prescription, explique Coline Berry-Rojtman. C’est bien la reconnaissance des faits, afin de se reconstruire que les victimes demandent. « […] Pour d’autres victimes qui souhaitent libérer leurs paroles, mais qui ne veulent pas de procès, elles attendent le bénéfice de la prescription — les poursuites ne sont plus possibles – pour dire les choses en sachant qu’il n’y aura pas de procès, car elles ne veulent pas de procès », souligne le garde des Sceaux.
(Crédits : Алексей Васильев/Pexels)
Les violences, d’autant plus les crimes sexuels ne connaissent de frontières. « […] L’inceste, le viol, ça touchent toutes les catégories sociales ou sociologiques », a affirmé le garde des Sceaux à Brut. Néanmoins, les droits et devoirs de chacun doivent être respectés. Près de deux ans après la déferlante #balancetonporc sur les réseaux sociaux, Sandra Muller, l’initiatrice du hashtag emblématique, a été condamnée en première instance par le tribunal de Paris, mercredi 25 septembre 2019, pour diffamation. Elle devra verser à Éric Brion, qu’elle accusait de harcèlement, la somme de 15 000 euros de dommages et intérêts. Elle a interjeté appel par son conseil. L’appel a été jugé mercredi 27 janvier 2021. La cour ne rendra son verdict que le 31 mars 2021. Sandra Muller reste à ce jour innocente en vertu de l’article 9 de la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen.
Une attaque informatique visant à empoisonner l’eau potable a été déjouée de justesse dans une ville de Floride, annonçaient lundi les autorités américaines. Après les faiblesses mises au jour par les différents ransomwares, la vulnérabilité des systèmes d’information dans des infrastructures critiques, comme la distribution de l’eau, pose question. La ressource indispensable à toute vie sur terre se devrait d’être surveillée comme le lait sur le feu.
Boire de l’eau du robinet aurait pu gravement nuire à la santé des habitants d’Osldsmar, dans le comté de Pinellas, en Floride. Dans la matinée du 5 février 2021, l’eau potable de la ville côtière a été chargée de 11 100 parties par million (ppm) d’hydroxyde de sodium – soude caustique – au lieu des 100 ppm habituelles. « Quelqu’un a piraté le système non pas une, mais deux fois… », a déclaré Bob Gualtieri.
Problème de sécurité nationale
Sans l’intervention rapide des employés, les conséquences pouvaient être graves. En effet, le fait d’ingérer de l’hydroxyde de sodium, utilisé pour contrôler l’acidité de l’eau, peut brûler les lèvres, la langue, la gorge et l’estomac en provoquant des dommages irréversibles. Dans les cas les plus graves, les victimes peuvent décéder.
Lors d’une conférence de presse, le shérif du comté de Pinellas, Bob Gualtieri, a déclaré qu’un opérateur légitime avait vu le changement et l’avait rapidement annulé, mais ce dernier avait signalé que la tentative de piratage comme une menace sérieuse pour l’approvisionnement en eau de la ville. Le policier se montrait de suite rassurant.
Le shérif, Bob Gualtieri, au centre lors de la conférence de presse (Crédits : capture d’image YouTube)
« L’approvisionnement en eau n’a pas été affecté de manière significative, le public n’a jamais été en danger. Il aurait fallu entre 24 et 36 heures pour que l’eau infectée atteigne le système de distribution de la ville », expliquait-il. Le bureau du shérif du comté a ouvert une enquête criminelle avec le FBI et les services secrets, a déclaré Gualtieri.
Les cyberattaques et leurs cibles
Le sénateur de Floride, Marco Rubio s’est empressé de tweeter : « Je demanderai au FBI de fournir toute l’assistance nécessaire dans le cadre d’une enquête visant à empoisonner l’approvisionnement en eau d’une ville de Floride. Cela devrait être traité comme une question de sécurité nationale. »
Cette attaque fait écho à un article écrit en juin 2016, sur le site Partage des eaux. En mars 2016, l’Américain Verizon avait fait état de l’attaque d’une usine d’eau potable, ou les belligérants avaient modifié les quantités des composants chimiques présents dans l’eau. En octobre 2016, c’est au tour de l’agence de l’eau du Rhin Meuse d’être une victime. Durant l’année 2017 en Italie, un Marocain voulait empoisonner l’eau potable de Rome. Un an plus tard, c’est en Sardaigne qu’une menace similaire se tenait.
En avril 2020, le système d’approvisionnement en eau en Israël avait subi des tentatives d’intrusions, déjouées. Elle donne également à parler du ver informatique Stuxnet découvert en 2010. Il aurait été conçu pour s’attaquer aux centrifugeuses d’enrichissement d’uranium, afin de ralentir le programme nucléaire iranien, connu sous le nom de l’opération « Olympics Games ». Ce dernier a la capacité de reprogrammer des automates programmables industriels (API). Certains automates sont utilisés pour la distribution d’eau potable ou les oléoducs.
Insolite comme titre ! En fait, c’est le statut que le serveur donne suite à une erreur client HTTP 418. « Je suis une théière ». Par cette phrase, le serveur indique qu’il refuse de préparer du café, car le café est infusé dans une cafetière, non une théière. Cette erreur est une référence au protocole Hyper Text Coffee Pot Control Protocol, ou HTCPCP qui signifie littéralement : « Protocole hypertexte de gestion de cafetière ». C’est le poisson d’avril du 1er avril 1998 des RCFs.
Depuis plus d’une année, il est plus célèbre qu’une rock-star, la planète entière ne parle que de lui, le Covid-19. Tout est entendu sur ce virus, mais qu’est-ce que c’est ? C’est un virus, me répond l’écho ! Un peu court comme réponse… Mardi 9 février 2021, la mission scientifique internationale diligentée par l’OMS a livré ses premières conclusions. La conférence de presse se tenait depuis Wuhan, en République populaire de Chine (RPC). Après un séjour de quatre semaines, dont deux passées en isolement, l’équipe a annoncé n’avoir pu définir les origines de la pandémie.
« Le SARS-CoV-2 peut avoir pour origine une transmission zoonotique mes les réservoirs hôtes restent à identifier », expliquait le professeur Liang Wannian, chef de la délégation chinoise. Du côté de Peter Ben Embarek, chef de la délégation de l’OMS, ce n’est pas plus probant.
« La conclusion est que nous n’avons pas trouvé de preuve d’une grande épidémie qui pourrait être reliée à des cas de Covid-19 avant décembre 2019, à Wuhan ou ailleurs. »
Seule paraît, selon les experts, hautement improbable l’hypothèse d’un incident de laboratoire. « La théorie la plus probable est la contamination de l’être humain par un animal intermédiaire », ajoute Peter Ben Embarek.
La transparence de l’empire du Milieu n’est plus à démontrer. Thea Fischer a déclaré à la presse qu’elle n’avait pas pu obtenir de la Chine les données brutes qu’elle souhaitait. « Je dois me fier à l’énorme quantité de données qui ont été analysées et qui m’ont été présentées », a-t-elle déploré.
(Crédits : Hector Retamal /AFP)
La structure générale des virus
Son étymologie vient du latin, qui signifie poison. L’Académie de Médecine le définit comme ce qui suit. « Virus : se reproduisant à partir de son matériel génétique et utilisant les matériaux de la cellule qu’il infecte pour la biosynthèse de ses propres constituants. Il est constitué d’un acide nucléique (ADN ou ARN), d’une capside protéique, faite d’un assemblage de capsomères (protéines), destinée à protéger l’acide nucléique viral, responsable de l’antigénicité du virus, et parfois d’une enveloppe dérivée des membranes cellulaires, porteuses des récepteurs se fixant sur la cellule à infecter. »
Oui, beaucoup de termes du lexique médical qui ne sont pas forcément accessibles à tous. Simplement, c’est une cellule dotée d’une intelligence lui permettant de se multiplier, de muter (pour devenir le plus contagieux possible) le tout en très grande quantité pour contaminer un être vivant, puis un autre, etc. Ce qui à terme peut provoquer une pandémie (comme en 1918, 1957 et 1968), qu’explique Jamy Gourmaud dans un épisode de l’émission « C’est pas Sorcier ». (Crédits : Nicolas Joubert, Université de Tours)
C’est un organisme vivant. Il utilise une cellule pour se répandre dans l’organisme provoquant une inflammation. En réaction, des anticorps sont créés. Il existe des virus qui infectent des animaux (l’être humain est un animal, classé comme mammifère, doté d’une certaine intelligence), les végétaux et également les bactéries (bactériophages).
S’ils provoquent des maladies, les virus peuvent être considérés comme des germes pathogènes. Ils sont environ deux cents dans ce cas. Si la majorité des maladies virales sont bénignes, d’autres présentent une gravité certaine (SIDA, fièvres hémorragiques, encéphalites, hépatites…), puis certains virus jouent un rôle dans le développement de tumeurs malignes et de cancers.
La découverte des virus trouve son origine au XIXe siècle, avec les travaux d’Adolf Mayer sur la mosaïque du tabac. Plus tard, le microbiologiste Martinus Beijerinck comprit que la particule infectieuse devait être bien plus petite qu’une bactérie. Le virus de la mosaïque du tabac (VMT) n’a été identifié qu’en 1935 par Wendell Stanley.
(Credits : Medical Art Service, Munich/Wellcome Images)
C’est en 1953 qu’André Lwoff énonçait les trois caractères fondamentaux. Les virus ne contiennent qu’un seul type d’acide nucléique (ADN ou ARN) qui constitue le génome viral, ils se reproduisent à partir de leur matériel génétique et par réplication, enfin ils sont doués de parasitisme intracellulaire absolu.
D’où vient le Covid-19 ?
Tout semblait commencer dans la province d’Hubei, en Chine, au sein de la ville, désormais célèbre, Wuhan. Une épidémie de pneumonies, qui fut décrite comme d’allure virale de cause inconnue a émergé en décembre 2019. Les enquêteurs n’ont découvert aucune indication clinique de la circulation dudit virus à Wuhan et ses environs, stipulait Lian Wannian, professeur et chef de la délégation chinoise lors de la conférence.
Dès le 9 janvier 2020, les autorités sanitaires chinoises et l’OMS officialisaient la découverte d’un nouveau coronavirus. D’abord appelé 2019-nCoV puis SARS-CoV-2, car différent du virus SARS-CoV responsable de l’épidémie de SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) en 2003.
Il l’est également du virus MERS-CoV responsable d’une épidémie évoluant depuis 2012 au Moyen-Orient. Ce nouveau virus est responsable de cette maladie infectieuse respiratoire appelée Covid-19 (pour CoronaVIrus Disease 2019).
Plutôt que devenir tous des « Iznogoud », obsédé par l’idée de devenir « calife à la place du calife », le plus simple, et plus sage, est de demander conseil auprès de son médecin traitant. Car, selon l’OMS, il existe différents symptômes : Les classiques : fièvre, toux sèche et fatigue ; Les moins courants sont la perte du goût et de l’odorat, congestion nasale, conjonctivite (yeux rouges), mal de gorge, maux de tête, douleurs musculaires ou articulaires, différents types d’éruption cutanée, nausées ou vomissements, diarrhée, frissons ou vertiges.
La grippe saisonnière admet des symptômes sensiblement identiques : apparition brutale d’une forte fièvre, de toux (généralement sèche), de céphalées, de douleurs musculaires et articulaires, de malaise général, de maux de gorge et d’écoulement nasal.
En vulgarisant, on pourrait admettre que la grippe saisonnière et le Covid-19 sont de la même famille, voire très proche parent. En effet, la transmission des deux virus est semblable. Il se transmet facilement d’une personne à l’autre par l’intermédiaire des microgoutelettes et des particules excrétées par les sujets infectés lorsqu’ils toussent ou éternuent. C’est ainsi que l’on comprend mieux l’intérêt, comme disaient-ils jadis : « Mets ta main devant ta bouche quand tu éternues ! » (Crédits : DR)
Dorénavant, le gouvernement français oblige le port du masque… afin d’éviter d’arroser nos concitoyens de nos postillons (même sans pandémie, cela reste peu agréable) et d’autres gestes, comme de se laver les mains. Si la plupart des sujets atteints, par la grippe comme la Covid-19, guérissent en une ou deux semaines sans traitement médical, chez les personnes âgées et les malades souffrant de pathologies graves, elles peuvent provoquer de graves complications et la mort. Santé publique France déclarait « Ainsi, plus de 71 000 décès liés à la COVID-19 ont été rapportés du 1er mars 2020 au 19 janvier 2021. »
Les données de la pandémie
En France, de nombreux sites diffusent des informations, comme « Cascoronavirus ». Les données sont issues du site « Santé publique France » ou encore le site des « data » Françaises. Les chiffres de « Santé publique France » en date du 9 février 2021 :
3 360 235 cas confirmés, soit 18 870 de plus que la veille
80 147 décès, dont 56 476 à l’hôpital, 439 de plus sur les dernières 24 heures
10 886 nouvelles hospitalisations
1 758 admissions en réanimation sur les derniers sept jours
Les chiffres mondiaux au 09 février 2021 : 107 411 571 cas confirmés dans le monde ; 2 351 195 décès dans le monde
Quid des tests ?
Quasiment chaque jour, des données sont affichées, lues, écrites sur l’avancée et l’ampleur de la pandémie, que ce soit en France, en Navarre ou mondialement. Quoi penser lorsque l’on entend « test positif », « test négatif » ?
Test RT-PCR positif : soit il est détecté de l’ARN du virus vivant, alors le sujet est potentiellement contagieux, que cette personne soit symptomatique – malade – ou asymptomatique – porteur sain. Il peut être détecté de l’ARN du virus mort, qui n’aurait pas été éliminé par les cellules infectées, ou encore que lesdites cellules ne soient pas éliminées de l’organisme. Ce qui a été observé sur une période allant jusqu’à deux mois après la contamination. Il est dit que le sujet est positif au test RT-PCR pour le Covid-19, mais non contaminant.
Test RT-PCR négatif : pour un patient asymptomatique, il peut n’avoir pas été infecté tout simplement, ou être au début de la phase d’incubation. Il est préconisé de réitérer le test quelques jours plus tard.
Aujourd’hui 9 février 2021, en France, ce n’est pas moins de 45 959 545 tests réalisés, pour 42 829 358 négatifs (93,19 %) et 3 130 187 positifs (6,81 %).
En métropole, le taux de positivité est le plus haut en région Auvergne-Rhône-Alpes. Elle affiche un taux de 9,7 % pour 5 504 588 tests suivi par la Bourgogne-Franche-Comté (7,9 %, 1 871 255).
Au plus bas se trouve la Nouvelle-Aquitaine les chiffres sont de 5,2 % pour 3 472 409 tests, la Bretagne (4,2 %, 1 683 754) et la Corse (3,1 %, 282 364).
Dans les territoires et départements d’outre-mer, Mayotte affole les compteurs. En effet, le taux affiche 11 % pour 72 708 tests, tandis que la Réunion est à 2,5 % pour 425 450 tests.
Cette phrase, issue d’un article du site France Soir, est partagée chez Ze Journal, Bon Sens. Perplexe, j’ai demandé à un docteur en médecine générale de m’éclairer. Voici sa réponse : « Devant un premier test négatif réalisé sur une personne cas contact, symptomatique, on refait un test rtPCR sept jours après si le tableau est très évocateur sinon on en reste là. On ne va sûrement pas faire de test sur le LBA, ni de scanner en ville. Le scanner en ville est fait devant des signes de complications (exemples : suspicion embolie pulmonaire, de péricardite ou de surinfection pulmonaire). »
Inquiétude sur les mutations
La presse écrite évoque la peur des mutations dans ces titres. « Pourquoi la mutation du variant anglais suscite l’inquiétude ? », « Faut-il s’inquiéter de la nouvelle mutation du variant anglais du virus ? », « Le variant anglais poursuit ses inquiétantes mutations », « De nouvelles mutations du virus qui inquiètent », « Progression de la mutation du coronavirus : l’inquiétude grandit dans le monde ». Les mutations E484K, N501Y semblent inquiéter, les professionnels de santé. « Au 27 janvier 2021, 299 cas d’infection au variant 20I/501Y.V1 et 40 cas d’infection au variant 20H/501Y.V2 ont été rapportés en France », communique Santé Publique France.
En France, les résultats préliminaires suivants portent sur 123 laboratoires ayant transmis leurs résultats de criblage au 3 février 2021 à 13h ; ils montrent que parmi les cas diagnostiqués le 27 janvier 2021 :
14,0 % de ces cas seraient des suspicions de variants 20I/501Y.V1 (UK) pour 78 laboratoires utilisant un criblage par technique Thermo Fisher (TFS)
14,6 % seraient des suspicions de variants 20I/501Y.V1 (UK) ou 20H/501Y.V2 (ZA) ou 20J/501Y.V3 (BR) pour 45 laboratoires utilisant un criblage par RT-PCR spécifique recherchant la mutation N501Y.
(Crédits : Markus Spiske/Pexels)
« Les résultats préliminaires de cette deuxième enquête Flash […] confirment d’ores et déjàl’augmentation de la circulation des variants qui était attendue, et une situation hétérogène selon les régions », précise Bruno Coignard, Directeur des maladies infectieuses à Santé publique France. Les mutations posent questions, les centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) aux États-Unis résument bien la situation : Dans quelle mesure ces nouveaux variants se sont répandus ; Comment ces variantes peuvent affecter les thérapies, vaccins et tests existants.
Les responsables de la santé publique veulent savoir si les variants:
Se propagent plus facilement de personne à personne
Causent une maladie plus légère ou plus grave chez les personnes
Sont détectés par les tests viraux actuellement disponibles
Changent l’efficacité des vaccins COVID-19
Le Vaccin AstraZeneca
Après Pfizer et Moderna, un troisième vaccin est validé par la haute autorité de santé (HAS) AstraZeneca va arriver en France pour les soignants et les moins de 65 ans. Mais pourquoi fixer un âge pour un vaccin ? La réponse est simple, l’âge de la cohorte. L’analyse publiée par l’hebdomadaire britannique, The Lancet – qui fait partie des prestigieuses revues scientifiques dans le domaine de la santé – affichait une cohorte totale de 11 636 personnes.
Entre le 23 avril 2020 et le 4 novembre 2020, 23 848 participants ont été recrutés, 11 636 ont été inclus dans les analyses d’efficacité primaires. La majorité était âgée de 18 à 55 ans, 6 542 sur 7 548 (86,7%) au Royaume-Uni et 3 676 sur 4 088 (89,9%) au Brésil.
Les personnes de 56 ans ne représentaient 8, 4% de la cohorte totale, et 3,8 % pour les plus de 70 ans. 60,5% étaient des femmes. Les résultats intermédiaires ont ainsi démontré l’efficacité du vaccin ChAdOx1 nCoV-19 à 90 %, observée chez les participants ayant reçu une faible dose. C’est pour cela qu’il est recommandé pour les personnes de moins de 65 ans.
(Crédits : cottonbro studio /Pexels)
Seule ombre au tableau, les variants pourraient rendre le vaccin d’AstraZeneca moins efficace. Marie-Paule Kienny, virologue et directrice de recherche à l’INSERM, répondait à Apolline de Malherbe sur RMC, le 9 février 2021 : « Il semble être peu efficace contre le variant qui circule en Afrique du Sud […] on ne sait pas s’il est efficace chez les personnes de plus de 65 ans, il semble être prudent, comme l’ont recommandé plusieurs pays européens, d’utiliser ce vaccin chez les personnes plus jeunes, affirme Marie-Paule Kienny. Les campagnes de vaccination qui sont en route sont là pour protéger contre l’hospitalisation, les formes sévères, la mort… »
Un tsunami a atteint le Brésil le 19 janvier 2021. Une base de données contenant des informations détaillées sur 104 millions de véhicules et des données sur 40 millions d’entreprises, déballe la quasi-totalité de la vie des citoyens. Les données exposées concernent plus de 220 millions de Brésiliens, soit plus que le total de la population (la base contient aussi des données de personnes décédées). L’entreprise de sécurité Psafe identifiait le 19 janvier 2021 une fuite extrêmement inquiétante.
Trois jours plus tard, le site Tecnoblog expliquait qu’une personne ayant découvert ladite fuite avait téléchargé des données critiques, en août 2019, raconte sur son cybermagazine, Numerama. Ces données sont critiques parce que la base contient le « Cadastro de Pessoas Físicas » (CPF) des victimes, l’équivalent de notre cher Trésor public, le centre des impôts en France. L’équivalent du CPF serait le numéro fiscal, l’identifiant lié au paiement des impôts.
220 millions de Brésiliens concernés
En effet, Le CPF est un document d’identité qui se révèle indispensable pour tout un tas de formalités au Brésil par exemple ouvrir un compte en banque, faire une carte de transport, ouvrir une ligne téléphonique et bien entendu aussi en vue de l’obtention d’un visa. La seule présence du CPF suffit à envisager des risques de fraude ou d’usurpation d’identité, puisqu’il enregistre les données des véhicules, des sociétés et des Brésiliens.
« Les cybercriminels mettent à disposition une partie des bases pour prouver la véracité des informations obtenues et tentent d’une manière ou d’une autre de profiter de ces incidents, en vendant des données telles que les e-mails, les numéros de téléphone, le pouvoir d’achat et les données d’occupation des personnes concernées. »
La carte indispensable pour vivre au Brésil (Crédits : lostinbrasil.net)
Au total, c’est 37 bases qui comprennent l’état civil, la liste des parents, l’adresse complète, avec latitude et longitude, le niveau d’éducation, le salaire, le revenu, le pouvoir d’achat… mais pas seulement. Il s’accompagne d’une variété de données d’une précision effrayante. Voici une liste non exhaustive de ce que contient la base sur chaque individu :
• Nom, prénom, date de naissance, nom des deux parents, statut marital, niveau d’éducation. • E-mail, numéro de téléphone, adresse (nom précis de la rue, mais aussi coordonnées GPS). • Plusieurs équivalents du numéro de sécurité sociale, et le détail de certaines prestations régulières, similaires à celles de la caisse d’allocation familiale française. • Des détails sur le foyer : nombre de personnes, niveau de revenu. • Des détails sur le travail : nom et identifiant légaux de l’employeur, type d’emploi, statut du poste, date d’embauche, salaire, nombre d’heures par semaine. • Des estimations de revenu : ce calcul prend en compte le salaire, le loyer, ou encore la perception d’une éventuelle rente. Ces données servent à classer les personnes par niveau de classe sociale (baisse, moyenne, haute) et par niveau de revenu. • Toutes sortes de données financières : le détail du score de crédit ; le nom des débiteurs et le statut des dettes ; l’identifiant de la banque des mauvais payeurs.
Jusqu’à 50 millions de Réaux d’amende
Le directeur du laboratoire dfndr, Emilio Simoni s’est exprimé : « […] les données sont utilisées pour des escroqueries de phishing, une fois que le cybercriminel a le CPF et d’autres données réelles de la personne, il serait facile de se faire passer pour un service légitime et utiliser l’ingénierie sociale pour obtenir des données plus critiques de la victime, qui pourraient être utilisées pour demander des prêts, des mots de passe bancaires et des contrats de service, prévient-il. » Dans la déclaration, PSafe n’indique ni le nom de la société impliquée ni la manière dont les informations ont été divulguées, que ce soit en raison d’une faille de sécurité, d’une invasion de hackers ou d’un accès facile. La nouvelle loi brésilienne, de protection des données personnelles (Lei Geral de Proteção de Dados pessoais, LGPD n° 13.709/18), inspirée du RGPD européen prévoit des sanctions, qui ne seront appliquées qu’à partir d’août 2021. Les entreprises qui ne respecteraient pas les nouvelles obligations paieraient une amende de 2 % de son chiffre d’affaires dans la limite de 50.000.000 Réaux (environ 7, 7 millions d’euros).