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  • Les cyberattaques s’enchaînent en France

    Les cyberattaques s’enchaînent en France

    Un grand coup était porté le 27 janvier 2021 pour perturber et détruire l’infrastructure du botnet connu sous le nom d’Emotet. Depuis les opérateurs derrière les ransomwares et autres attaques des systèmes d’information n’ont pas arrêté. Que ce soit en France, Espagne, Allemagne, États-Unis… que ce soit dans le domaine de l’éducation, de l’emploi, de l’assurance, de la banque, des la santé, des hôpitaux… personne n’est épargné. Quand un groupe tombe, souvent comme l’hydre, un autre apparaît.

    Début février 2021, les opérateurs derrière le ransomware Avaddon, affichaient leurs méfaits. C’est la compagnie SVI Assurances qui en faisait les frais. L’entreprise n’ayant pas coopéré, Avaddon affichait la conséquence : « l’entreprise ne veut pas coopérer avec nous, et nous divulguons les informations personnelles de l’entreprise, de ses employés et de ses clients ».

    Cyberattaques en série

    Ainsi près de 472 Mo de données décompressées, contenants plus de 3000 dossiers, avec des informations critiques d’identité de personnel et de client misent à la disposition de tout un chacun par les opérateurs. Au mois de décembre 2020, c’est Dassault Falcon qui devient la cible des opérateurs derrière Mount Locker.

    Quinze communes de l’Oise attaquées en 2020. Creil, Vandélicourt, Boubiers… pour ne citer qu’elles. La plus importante fuite est sans doute les données de la mairie de Villers-Saint-Paul, au nord de Creil (fichiers électoraux, d’état civil et comptabilité).

    Le 29 décembre 2020, la commune de Saint-Crépin-Ibouvillers est victime d’une attaque, via un courriel. « On ne s’imagine pas être une cible », s’étonne encore Alain Letellier, l’édile de la commune située à 20 km au sud de Beauvais. Le siège de la communauté de commune des Sablons, dont il était président avait été victime en 2019 d’une attaque plus conséquente. (Crédits : capture d’écran)

    Les dossiers sensibles chiffrés, la collectivité se devaient de les récupérer. « C’était des budgets, des payes, des archives de la communauté de communes… et ils demandaient une rançon en bitcoin », soupirait Alain Letellier. Ils ont dû payer l’équivalent de 10 000 euros en bitcoins, relatait Julie Jeunemaître sur le site de France 3 Hauts-de-France.

    Angers, Bayonne, Marseille

    Le samedi 16 janvier 2021, c’est le service informatique de la mairie d’Angers. La mairie de Bayonne début décembre 2020, et celle de Marseille à la mi-mars de la même année. Le 14 février 2021, c’est le ramsomware Darkside qui signait un nouveau méfait. « Darkside signe de son côté, la 32e prise d’otage de données appartenant à une entreprise française […] et après avoir piraté la société Wonderbox, affiche leur menace à l’encontre de la société de recrutement Penelope », souligne le site ZATAZ. Le mardi 16 février 2021, c’est au tour de l’hôpital nord-ouest et ses trois sites de Villefranche-sur-Saône (69), Tarare/Grandris (69) et Trévoux (01) de subir une attaque.

    Comme Publi-Hebdos du groupe SIPA-Ouest France en novembre 2020, le centre hospitalier universitaire Charles-Nicolle à Rouenle 16 novembre 2020, le quotidien Paris Normandie le 18 novembre 2020, la Ville d’Évreux et l’agglomération Évreux Portes de Normandie 17 décembre 2020, l’hôpital aura à batailler durant un trimestre avant de revenir à la normale.

    En effet, une période de trois mois est souvent nécessaire pour recouvrer une organisation adéquate, en remettant progressivement en route, et par ordre de priorité, tous les terminaux (après nettoyage et vérifications) des systèmes d’information infectés. Dans Le Progrès Arnaud Mabire, vice-président de la communauté d’agglomération Évreux portes de Normandie expliquait que « Nous avons dû formater 1 500 ordinateurs et réinitialiser 250 serveurs », suite à l’attaque d’un rançongiciel mi-décembre. (Crédits : AFP/Philippe Desmazes)

    L’hôpital de Dax affecté par un ransomware, celui des Escartons à Briançon pourrait l’avoir été également, indique le Dauphiné, et hier, le 9 mars 2021, c’est France bleu Pyrénées-atlantique qui délivre l’information concernant l’établissement situé à Oloron Sainte-Marie. Si aucune fuite n’a été détectée, les dossiers des patients sont inaccessibles aux personnels soignants. Les opérations ne sont, pour l’heure, pas déprogrammées, néanmoins, la pharmacie ne peut plus accéder à ses stocks. Le directeur de l’hôpital, Frédéric Lecenne s’inquiète : « Ça met en péril tout de même l’activité normale de l’hôpital. »

    Le plan quantique en route

    Lors de la présentation de la stratégie nationale sur les technologies quantiques « plan quantique », le 21 janvier 2021 à Paris-Saclay, le président de la République Emmanuel Macron soulignait l’importance stratégique nationale de la recherche pour aujourd’hui et demain. Le Président de la République a annoncé le lancement de la stratégie quantique nationale, comprenant : La mise à disposition de nouveaux moyens pour les chercheurs, y compris sur la formation, mais aussi pour les start-ups et les industriels ; Le développement de l’informatique quantique ; Des investissements dans toutes les technologies autour du quantique : communications, capteurs, cryptographie.

    Quantique, Macron, France

    C’est un plan massif, de 1,8 milliard d’euros, dont 1 milliard de l’État, pour les 5 prochaines années, qui positionne la France à un très bon niveau à l’échelle internationale. « C’est ce que je suis venu vous dire : cette profonde accélération et transformation de notre écosystème, et le fait aussi que nous décidons de nous hisser sur le podium mondial en termes de financement, d’investissement dans le quantique », martèle Emmanuel Macron.

    « Le nombre d’attaques a augmenté de 255 % en 2020 par rapport à 2019, rappelle l’Élysée. Le phénomène touche tous les secteurs de tous les pays. » L’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) a vu ses effectifs gonfler de 50 %, passant de 400 à 600 personnels, entre 2017 et 2020. « 150 millions d’euros seront consacrés à la cryptographie post-quantique pour sécuriser les communications avec des protocoles résistant aux méthodes de calcul des futurs ordinateurs quantiques. » (Crédits : capture d’écran YouTube)

    L’idée est de faire infuser la sécurité numérique sur l’ensemble du territoire, de la simple sensibilisation d’individus lambda à la création d’un écosystème mêlant recherche et formation, public et privé, start-up et collectivités. Une enveloppe de 500 millions d’euros, soit la moitié du financement global, est réservée à la recherche-développement, à destination de secteurs porteurs comme la sécurité des objets connectés par exemple. Un milliard d’euros doit être mobilisé pour augmenter le chiffre d’affaires de la cybersécurité d’à peine 8 milliards d’euros en 2019, et ainsi arriver au triple en 2025, soit 25 milliards. L’Élysée veut doubler le nombre d’emplois du secteur, pour l’amener à 40 000, et voir émerger « au moins trois licornes » françaises, c’est-à-dire des entreprises au top niveau mondial (start-up dont la capitalisation dépasse un milliard de dollars).

  • Vous souffrez d’alopécie !

    Vous souffrez d’alopécie !

    Tous les voisins de M. Sépa Phot portent une casquette, un chapeau ou un béret. Mais pour lui, le choix s’est porté naturellement, ou presque, sur une casquette gavroche. « Ça revient à la mode », soufflait avec persuasion Mme Kharéson quelques jours plus tôt. Il faut dire qu’avec le mouchodrome se formant sur l’os pariétal, plus précisément les golfes temporaux et le vertex, les fortes bises rafraîchissent les idées de son conjoint. Pas besoin de s’arracher les cheveux.

    Ah, l’alopécie ou quand la nature appuie sur le bouton « suppression » au sommet du crâne. Ce mot savant désigne une réalité capillaire moins poétique : la perte des cheveux. Pas ceux qui tombent en automne pour mieux repousser au printemps — non ! Ceux qui font leurs valises sans laisser d’adresse et toujours sans remords. C’est le genre de surprise qui commence souvent par un « Papa, on voit ton crâne briller ! » Merci, mon cœur, nous répondons.

    L’alopécie, c’est capillotracté

    La perte des cheveux est naturelle. Mais quand elle prend plus de place, alors nous parlons de calvitie, pelade… Elle commence souvent par une diminution sur l’os frontal pour s’étendre sur l’arrière de la tête, ou l’os pariétal. C’est à cet instant que certains préfèrent avoir la boule à zéro. Inquiet M. Phot, après plusieurs mois d’attente, rencontrait son dermatologue. Après plusieurs minutes, le docteur renseigne le verdict : « M. Phot, j’ai une bonne nouvelle, vous êtes atteint d’alopécie androgénétique masculine sur les golfes temporaux et le vertex, tout va bien ! »

    La chute des cheveux est différente selon le sexe, l’âge, et les gênes (Crédits : Ryan McGuire/Pixabay)

    Les yeux écarquillés, il ne comprend pas un seul mot du docteur. « Pardon », s’interroge-t-il. « C’est simplement de la calvitie », claque l’homme en blouse blanche. M. Phot acquiesça sans dire un mot en attente d’explications fournies du spécialiste. « L’alopécie androgénétique masculine ou calvitie est une évolution normale, banale et fréquente de la vie des cheveux, ce n’est pas une maladie. Elle est cependant plus fréquente aux alentours des 40 ans. Elle touche environ 15 % des hommes à l’âge de 20 ans, puis 30 % à 30 ans et la moitié des hommes de plus de cinquante ans, assure-t-il. Vous êtes dans la moyenne haute »

    Légende autour des cheveux

    « Tu vois bien, tu n’es pas chauve, tu souffres d’alopécie », s’amuse Mme Kharéson. De par le regard jeté vers sa femme, le docteur ajoute « que la chute des cheveux ne connaît pas de genre. Les cheveux des femmes ne tombent pas de manière régulière sur une année, ils chutent plus particulièrement au printemps et en automne ». En partant du cabinet médical, le professionnel tend une brochure complète sur les cheveux au couple.

    Samson et Dalila, de Paul Rubens. Son épouse Dalila soudoyée par les Philistins, obtient le secret de la force contenue dans sa chevelure de Nazir.

    Permettant de savoir, que le cuir chevelu comporte en moyenne 150 000 cheveux, qu’ils poussent de 0,35 cm chaque jour, soit 1 cm par mois. Qu’un renouvellement de 50 à 80 cheveux est effectué de manière physiologique, et qu’au-delà de 100 précieux cheveux, cela est pathologique. Les légendes autour de la virilité ont défrayé les croyances. La chevelure a une connotation incontestable de séduction chez la femme, mais aussi chez l’homme. Ainsi, dans la Bible existe la légende des cheveux de Samson, dont ils tireraient toute sa force. Texte que l’on trouve dans le chapitre XIV du Livre des Juges de la Bible hébraïque. Des légendes urbaines et contemporaines indiquent que les hommes chauves sont les plus virils, en raison d’une quantité d’hormones masculines supérieure à la normale.

  • La journée internationale du Droit des femmes

    La journée internationale du Droit des femmes

    La Journée internationale du Droit des femmes est célébrée dans de nombreux pays à travers le monde. C’est un jour où les femmes sont reconnues pour leurs réalisations, sans égard aux divisions, qu’elles soient nationales, ethniques, linguistiques, culturelles, économiques ou politiques, explique l’ONU. Elle est établie au 8 mars de chaque année. Purement symbolique est-elle, elle a le mérite, comme toutes les journées internationales, de mettre en lumière ledit sujet. Pourquoi créer une telle journée ? Pour qui ? Depuis quand ?

    Chaque 8 mars, une clameur mondiale s’élève. Celle qui remémore que l’égalité entre les femmes et les hommes n’est pas encore la norme. Elle est officiellement reconnue par l’ONU en 1977, la Journée internationale des droits des femmes est bien plus qu’un simple rituel. Elle dresse le bilan : inégalités salariales persistantes, violences sexistes et sexuelles, accès inégal à l’éducation ou aux soins, invisibilisation dans certains métiers… Même de mettre en lumière des femmes privées de tout qui résistent tout de même.

    La Journée du 8 mars

    « Elle sera sans doute l’occasion, comme souvent, d’un accroissement des propos misogynes, notamment sur les réseaux sociaux. Le 8 mars n’est pas, comme on l’entend encore parfois, la journée de “la” femme, qui mettrait à l’honneur un soi-disant idéal féminin (accompagné de ses attributs : cadeaux, roses ou parfums). Elle est une journée de mobilisation des pouvoirs publics pour rappeler que l’égalité femmes–hommes est une priorité. C’est dans ce sens que nous souhaitons l’organiser », écrivait le 7 février 2013 la ministre française des Droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem.

    Droits, femmes, usa

    Que veut dire « égalité » ? C’est un nom féminin, issu du latin « aequalitas ». Le Larousse le définit selon « qualité de ce qui est égal », et le Littré comme la « qualité de ce qui est égal. Égalité de deux lignes, de deux angles. Égalité d’âge, de mérite. »

    Cette journée est antérieure à la publicité qui lui est faite. Elle daterait du XIXe siècle, 1848 pour être précis, sur le continent américain. Lors d’une convention contre l’esclavage, qui sévissait encore, deux femmes s’indignaient de l’interdiction faite aux femmes de prendre la parole. Ainsi les Américaines Elizabeth Cady Stanton et Lucretia Mott réunissent plusieurs centaines de personnes à leur Convention pour les droits des femmes à Seneca Falls, la première du genre. Elles revendiquaient des droits civils, sociaux, politiques et religieux pour les femmes.

    Cela amènera la première journée américaine des femmes le dimanche 28 février 1909. Elle sera célébrée jusqu’en 1913. Il est nécessaire d’indiquer que le premier pays à avoir autorisé les femmes à voter est la Nouvelle-Zélande en 1893 — 2015 pour l’Arabie saoudite —, non sans mal. Imaginez une pétition de 270 mètres signée par 30 000 femmes, soit le quart des Néo-Zélandaises, une année plutôt pour revendiquer ce droit fondamental. Elles ne seront éligibles qu’après la Première Guerre mondiale, en 1919.

    (Crédits : La déclaration de sentiments et de résolutions du 19-20 juillet 1848 /DR)

    Puis c’est au tour de l’Europe de se mettre en marche. Du 28 août au 3 septembre 1910 se déroule le huitième congrès socialiste international à Copenhague, au Danemark. Plus de 100 femmes de 17 pays se retrouvent pour entériner une journée honorant la Femme, et favorisant l’obtention du droit de vote. À la suite de la décision prise à Copenhague, la Journée internationale des femmes est célébrée pour la première fois, le 19 mars 1911, en Allemagne, en Autriche, au Danemark et en Suisse, où plus d’un million de femmes et d’hommes assistent à des rassemblements.

    Une lente avancée

    Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, l’assemblée des Nations unies adopte un document emblématique et pierre angulaire du futur. La Déclaration des droits de l’Homme est la première reconnaissance mondiale de l’existence de droits fondamentaux inaliénables et de libertés essentielles qui s’appliquent à chaque être humain — les femmes comme les hommes —.

    Il a fallu attendre 1977 pour qu’elle soit officialisée par l’assemblée des Nations unies. En appelant « tous les États à proclamer, comme il conviendra en fonction de leurs traditions et coutumes historiques et nationales, un jour de l’année Journée des Nations Unies pour les droits de la femme et la paix internationale ».

    En 1979, la convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF). Souvent appelée la « Charte des droits des femmes », la CEDEF est le document international le plus complet visant à protéger les droits humains des femmes.

    (Crédits : une copie de cette pétition est conservée aux Archives nationales de la Nouvelle-Zélande/DR)

    Pétition, Nouvelle Zélande, femme

    Le droit à l’égalité de rémunération, y compris de prestation, à l’égalité de traitement pour un travail d’égale valeur aussi bien qu’à l’égalité de traitement en ce qui concerne l’évaluation de la qualité du travail », écrit la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes.

    Serment, Onu,

    L’article 11, alinéa 1.c, donne droit à l’égalité de rémunération entre femmes et hommes. Mais ce qui peut paraître choquant à la lecture est le fait « d’interdire, sous peine de sanctions, le licenciement pour cause de grossesse ou de congé de maternité et la discrimination des licenciements fondée sur le statut matrimonial » (Article 11, alinéa 2.a).

    Sous-entendu que certains pays l’autorisaient. L’article 13 donne une vision étendue sur la liberté des femmes avant les années 80. Il octroie le droit aux prestations familiales, aux prêts bancaires, prêts hypothécaires et autres formes de crédit financier, à la participation aux activités récréatives, aux sports et à tous les aspects de la vie culturelle…

    (Crédits : ONU)

    Les jeunes filles nées en 2010 possèdent le même âge qu’« ONU Femmes », 11 ans. Le 9 mars 2020, il y a tout juste un an, la commission de la condition de la femme soulignait un constat d’échec. Le rapport de la 64e session, disponible en anglais, arabe, chinois, espagnol, français et russe, est affligeant de vérité.

    « Nous, les ministres, représentantes et représentants de gouvernements […] reconnaissons que, 25 ans après la quatrième Conférence mondiale sur les femmes, aucun pays n’est vraiment parvenu à assurer l’égalité des genres et l’avancement des femmes et des filles, qu’il existe toujours des inégalités marquées à l’échelle mondiale […] »

    Les rapporteurs exhortent les hommes et les garçons à se mobiliser pleinement en faveur de l’égalité des genres et de l’avancement de toutes les femmes et les filles.

    Les collages s’affichent partout dans les rues des villages ou villes, ici à Poitiers, dans la Vienne (86). (Crédits : DR)

    Poitiers, rues, femmes

    Puis la violence ne connaissant pas de frontière, le 17 juin 2011, le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies adopte « par 23 voix contre 18 et avec six abstentions, le Conseil a adopté une résolution sur la protection contre la violence et la discrimination en raison de l’orientation sexuelle et de l’identité de genre […] La discrimination à l’encontre de ce groupe est étroitement liée à son identité de genre et se manifeste à travers sa vulnérabilité face à l’exclusion sociale ou la violence, comme des actes de ” viol correctif “, des agressions et le refus d’accès à des services de base », ajuste ledit Conseil.

    Quels sont les chiffres ?

    Le constat de l’ONU est factuel. La population en 2020 en millions d’individus est de 7 795, dont 49,6 % sont des femmes. La différence est de 92 millions d’hommes sur l’ensemble du globe. Certains pays comptent plus de femmes que d’hommes et inversement. Pays où la population féminine est supérieure (Nombre d’hommes pour 100 femmes) : Népal (84,5), Hong Kong (84,8), Russie (86,8), Lettonie (85,5), Ukraine (86,3) et inversement, pays où la population féminine est inférieure (Nombre d’hommes pour 100 femmes) : Qatar (302), Émirats arabes unis (223,8), sultanat d’Oman : (194,1), Inde (108), Chine (105)

    Les chiffres indiquent que les femmes représentent peu ou prou la moitié de la population mondiale. Or, comme le stipule le rapport de la 64e session de l’ONU Femmes « aucun pays n’est vraiment parvenu à assurer l’égalité des genres et l’avancement des femmes et des filles ».

    Cela signifie que malgré tout les femmes ne bénéficient pas des mêmes droits. L’inégalité salariale est considérable, l’écart est de 16 %. Cela correspond à peu de chose à la différence, entre le salaire brut et le chômage partiel, instaurée actuellement en France. Les femmes gagneraient 84 % du salaire moyen des hommes.

    Les femmes et les hommes ne sont physiquement pas égaux. Chaque État prône l’égalité à défaut de l’équité. Cette dernière donne la disposition à faire à chacun parts égales, à reconnaître impartialement le droit de chacun. (Crédits : DR)

    Une loi islandaise prône depuis le 1er janvier 2018 l’égalité de salaire, elle oblige les employeurs à prouver qu’homme et femme gagnent autant au même poste. « Le nouveau texte de loi inverse la charge de la preuve : il ne revient plus aux salariées de prouver la discrimination en raison de leur genre, mais aux entreprises de démontrer que, si écart de salaire il y a, le genre n’y a aucune part », raconte le Point. Autre pays, autre avancée, en Nouvelle-Zélande, le parlement compte 57 élues pour 120 sièges, soit 48,33 % tandis que la moyenne mondiale est de 25 %. Le grand gagnant est le Rwanda avec 61,25 % de femmes au parlement.

    Mariées avant leurs 18 ans

    Le monde compte 1,1 milliard de filles. L’UNICEF atteste que « si toutes les femmes bénéficiaient d’une éducation secondaire, le taux de mortalité des enfants diminuerait de 49 % ». L’exemple de l’Afghanistan est criant de vérité. « On estime que seuls 32 % des garçons et 8 % des filles ont participé à une forme quelconque d’enseignement primaire, et que les taux de fréquentation, d’abandon et d’achèvement des études ont été aggravés par les restrictions imposées par les talibans à l’éducation des filles », souligne le rapport rédigé en 2002 par l’ONU.

    Après la chute des talibans, « on estime que 1,5 à 1,8 million d’enfants – dont des filles – sont venus à l’école […] » Ainsi le chiffre estimé de filles bénéficiant d’éducation sous le régime des talibans à la chute dudit régime est passé de 5 000 à 2 400 000 en 2011. Depuis leur retour, la liberté des femmes est inexistante. La loi dite sur la « prévention et vices et la promotion des vertus » oblige les femmes et les filles « à couvrir leur visage et leur corps dans l’espace public, à être toujours accompagnées d’un homme de leur famille lorsqu’elles utilisent les transports, qui leur interdit de chanter et même de parler en dehors de chez elles ».

    Dans le monde, 700 millions de femmes ont été mariées avant 18 ans, écrivait en 2016, Eugénie Bastié (le Figaro). En 2019, une femme sur cinq ayant entre 20 et 24 ans était mariée avant l’âge de 18 ans. (Crédits : Roberto Nickson/Pexels)

    Au cours de la dernière décennie, le taux mondial de mariage d’enfants a chuté, la diminution la plus importante sur cette période étant observée en Asie du Sud. De nos jours, c’est en Afrique subsaharienne que le risque de mariage d’enfants est le plus élevé : plus d’une femme sur trois de la tranche d’âge 20-24 ans y a été mariée avant ses 18 ans. « Si toutes les femmes avaient accès à l’enseignement secondaire en Afrique subsaharienne ainsi qu’en Asie du Sud et de l’Ouest, le nombre des mariages d’enfants chuterait de 64 % », appuie l’UNICEF.

    « Le mariage tue l’enfance », affirme Henrietta Fore, directrice exécutive du Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF). Ces nouvelles estimations portent le nombre total d’enfants mariés dans le monde à 765 millions, en 2019. Les filles continuent toutefois d’être disproportionnellement touchées, avec une jeune femme âgée de 20 à 24 ans sur cinq mariée avant son 18e anniversaire, contre un jeune homme sur 30. Il y a une année, le 11 mars 2020, l’ONU affirmait que plus de 14 millions d’adolescentes dans 12 pays d’Afrique, du Moyen-Orient et d’Asie du Sud vont pouvoir bénéficier des services du programme mondial de l’UNFPA et de l’UNICEF pour mettre fin au mariage des enfants d’ici 2023. (Crédits : DR)

    Le droit à disposer de son corps semble échapper encore aux femmes. À peine plus d’une femme sur deux dans le monde connaît cette liberté sur les choix inhérents à la santé, la sexualité comme la procréation. Pire, chaque jour, 137 femmes sont tuées par un membre de leur famille. On estime que sur les 87 000 femmes qui ont été intentionnellement tuées en 2017 dans le monde, plus de la moitié (50 000) l’ont été par un partenaire intime ou un membre de leur famille. Plus d’un tiers (30 000) des femmes intentionnellement tuées en 2017 l’avaient été par leur partenaire intime actuel ou par un ex-partenaire.

    Le droit à l’avortement en France existe depuis 17 janvier 1975 grâce à la loi relative à l’interruption volontaire de grossesse, dite loi Veil. Promulguée le 17 janvier 1975, pour 5 ans à titre expérimental, elle est reconduite sans limites de temps par une loi depuis le 31 décembre 1979. En Irlande, cela ne fait que deux ans. Depuis décembre 2020, l’Argentine accède à la liste des 68 pays autorisant légalement l’avortement. Avec ce texte, l’Argentine rejoint des pays comme Cuba, l’Uruguay et le Guyana, qui autorisent l’interruption volontaire de grossesse (IVG) sans condition en Amérique du Sud. Tandis qu’en octobre 2020, la Pologne régresse sur cette question à travers la décision de la cour constitutionnelle de bannir ce droit.

    (Crédits : extrait du Journal officiel du 18 janvier 1975/Légifrance)

  • Le papier hygiénique fête ses 11 siècles d’existence

    Le papier hygiénique fête ses 11 siècles d’existence

    Ce petit rien, qui pendant le premier confinement provoqua des batailles rangées, est né au Xe siècle… en Chine, lors de la dynastie Song. Il était fabriqué pour l’usage exclusif des empereurs. Depuis, ce bout de papier a fait couler bien de l’encre ici et là. Les Américains, champions toutes catégories, sont suivis de près par les Allemands, avec 141 rouleaux par an et par personne. Comment sommes-nous passés de solutions naturelles à celles d’utiliser du papier dans un usage intime ?

    Avant l’invention chinoise, les techniques utilisées divergeaient selon les civilisations. Au Ve siècle avant notre ère, les Grecs utilisaient leurs doigts, des cailloux ou encore leurs vêtements, explique ça m’intéresse. Le besoin de confort amène son évolution. Au fil du temps, il passe par le tissu, la laine parfumée, le lin, le chanvre, le papier journal…

    Un bout de papier salvateur

    Longtemps taboue, l’histoire du papier hygiénique traverse les civilisations avec discrétion. Bien avant son invention moderne, les pratiques d’hygiène variaient selon les époques et les régions : eau, feuilles, coquillages, tissus ou encore bâtons d’hygiène dans la Chine ancienne.

    Le premier papier toilette tel que nous le connaissons est né dans les années 1850 en Angleterre. Mais c’est aux États-Unis qu’il sera fabriqué à la chaîne en 1857. Joseph Gayetty déposa le brevet du « Gayetty’s Médicated Paper ».

    Son prix de 50 cents octroyait à l’acheteur un paquet de 500 feuilles. Un dollar de 1850 en vaut 33,54 aujourd’hui, selon le calculateur. Il avait eu la riche idée de marquer chaque feuille d’un filigrane à son nom. Son papier contenait une quantité certaine d’Aloe pour des questions d’hygiène, mais pas seulement. Il était recommandé pour la prévention des hémorroïdes.

    Il faudra attendre quatre décennies pour que le papier toilette devienne le best-seller que nous arrachons feuille après feuille. C’est en juin 1891 que l’Américain Seth Wheeler dépose le brevet du « papier toilette » en rouleau.

    Trois mois plus tard, le 15 septembre 1891, il améliore son système en imaginant des lignes de perforations afin de pouvoir détacher plus facilement les feuillets si précieux.

    Mais c’est le XXe siècle, avec la généralisation des toilettes modernes et l’évolution des normes sanitaires, qui donne au papier toilette ses lettres de noblesse. Il devient un bien de consommation très courant en Occident.

    Aujourd’hui, cet objet du quotidien, tombé dans la banalité, incarne à lui seul les inégalités d’accès à l’hygiène dans le monde… et un poids environnemental non négligeable.

    L’affiche ventait les mérites et bienfaits pour la santé du papier hygiénique. (Crédits : DR)

    Meilleure disposition du rouleau

    Il existe des débats à haute envolée lyrique et indispensables à l’évolution de l’espèce humaine. Le premier est celui de nommer une viennoiserie contenant du chocolat. « Vous l’avez ? » Alors certains expliquent que c’est une chocolatine, d’autres un pain au chocolat. Du reste, le principal est que cette gourmandise soit délicieuse, le reste… Mais une question demeure quel est le bon positionnement du rouleau. Entre nous, chacun sa préférence, il n’existe pas de meilleure disposition, quoique…

    En dessous (DR)
    Au-dessus (DR)

    Fort du débat que vous venez d’entamer avec les personnes qui vous entourent, ou vos collègues devant la machine à café, l’inventeur Seth Wheeler propose sa vision des choses. Oprah Winfrey, dans le talk-show AM Chicago sur WLS-TV dans les années 1980, qui deviendra The Oprah Winfrey Show aurait affiché sa préférence

    « Laissez-moi vous dire que moi, Oprah Winfrey, je suis moi-même une fille qui opte par-dessus », a-t-elle révélé. « Je préfère par-dessus », poursuit-elle, face à des applaudissements déchaînés, « parce que ça se déchire si facilement ! »

    Bien que cet autre débat soit vital, faites bon usage, c’est là tout l’enjeu. Pour le reste, il faut adapter son positionnement au dérouleur installé.

    Selon son inventeur, voici la disposition adéquate pour en tirer le meilleur usage (Crédits : S. Wheeler)

    Quoi qu’il en soit, le chiffre d’affaires du fameux papier en Europe représente 8,5 milliards d’euros, et certains prétendent que l’argent n’a pas d’odeur. Cela dit, il y eut en mars 2020 une augmentation significative de la vente de papier toilette. Italie (+140 %), Australie (+98 %), Espagne (+82 %), Royaume-Uni (+80 %), États-Unis (+60 %), Inde (+51 %), Allemagne (+35 %), France (+30 %). Ainsi, comparé au tableau de consommation, avec un produit en croix, les chiffres paraissent lunaires.

      À l’échelle mondiale, les estimations indiquent que plus de 42 millions de tonnes de papier toilette seraient produites chaque année.

      Or, cette production ne serait pas sans conséquence. Selon des ONG, environ 270 000 arbres sont abattus chaque jour pour répondre à la demande mondiale en papier toilette, soit près de 10 millions par an. Une grande partie de cette production provient encore de fibres vierges, parfois issues de forêts primaires, malgré les efforts de recyclage dans certains pays.

      Il faudra attendre la fin des années 1960 pour que le papier hygiénique se démocratise en France, bien que le papier journal eût toujours sa place dans les années 70, croyez-moi. Dorénavant, une solution alternative existe, le lavage avec de l’eau. Certains appareils comme la toilette japonaise sont équipés de jet d’eau réglable. Mais, il existe aussi le fameux bidet, utile à cet effet, que vous pouvez observer chez vos grands-parents ou parents. Désormais, vous ne le verrez plus jamais du même œil.

      À l’heure où les questions d’écologie et de sobriété s’imposent, le papier toilette cristallise un débat : entre confort, culture et nécessité de repenser notre rapport à l’hygiène… et à la nature et à l’eau.

      Crédits : La consommation annuelle en rouleau et en kilogramme au cours de l’année 2018 /Statista Consumer Market Outlook)

    • Peurs sur la banquise

      Peurs sur la banquise

      Quand l’un des plus connus cofondateurs d’entreprise dans l’univers de la sécurité des systèmes d’informations lance un pavé dans la mare, ça éclabousse ! Cette personne n’est autre qu’Eugène Kaspersky, à la tête de l’empire du même nom : Kaspersky Lab. Tous ne sont pas d’accord, mais cela permet, à minima, de se poser des questions, avec en vue une collaboration régionale et internationale. Durant le 33e forum économique Asie-Pacifique (APEC) à distance, pandémie oblige, parrainé par Kaspersky Lab, son président directeur général s’est exprimé le 2 mars 2021.

      Quand vous avez du temps de libre, que l’ensemble des pays de la planète, ou la majeure partie est confinée à domicile, que faire ? Il suffi alors de naviguer sur le WEB, parcourir des forums, s’intéresser au code, se tester… Pour le reste, cela est écrit dans les faits-divers à la rubrique Tech.

      Terreau favorable à la cybercriminalité

      « Si la pandémie disparaît, les criminels partiront en vacances, déclarait-il en ajoutant que l’une des raisons du ralentissement des attaques serait de la prise du temps nécessaire pour qu’ils dépensent l’argent volé pendant la pandémie, et qu’un retour aux vols “habituels” pourrait être attendu dans quelques mois ». Lui coupant l’herbe sous le pied, Greg Austin, professeur de cybersécurité, de stratégie et de diplomatie à l’université de Nouvelle-Galles du Sud a rapidement rejetée cette théorie.

      Web, deep, dark

      Le contre-argument du Dr Greg Austin affirme qu’à mesure que les travailleurs retournent à leurs bureaux, les comportements à risque (comme tomber dans le piège des courriels d’hameçonnage) s’ensuivent.

      « Les cybercriminels, étant les opportunistes qu’ils sont, vont essayer de tirer profit de la situation en intensifiant les campagnes de phishing », disait-il et, a appelé à mettre de nouveau l’accent sur la formation et l’éducation en matière de sécurité.

      À la section cybercriminalité du parquet de Paris, 148 procédures pour attaque au rançongiciel ont été ouvertes en 2019. Ce nombre est passé à 436 en 2020. Une quarantaine d’autres ont déjà été ouvertes pour le seul mois de janvier.

      (Crédits : L’Internet est comme l’iceberg qui dérive, le plus dangereux est en dessous de la surface/DR)

      Après l’hôpital de Villefranche-sur-Saône, le 15 février 2021, c’est le leader des solutions d’encaissement pour les commerces de proximité, Cashmag, qui subit une attaque revendiquée par les opérateurs derrière le ransomware Avaddon, le 3 mars 2021. Ce scénario catastrophe se répète jour après jour, semaine après semaine, en France et dans le monde. Tous les voyants sont actuellement au rouge. En France, l’agence nationale de sécurité des systèmes d’information (ANSSI) intervient quand des attaques touchent le secteur public ou les entreprises sensibles.

      Recrudescence de groupe criminels

      En 2020, l’agence a été appelée à 192 reprises. Le nombre a quasiment quadruplé par rapport à l’année 2019, où elle était intervenue à 54 reprises. « De plus en plus de jeunes criminels rejoignent le cyberespace, déclare Eugène Kaspersky. Je crains que ce soit la prochaine étape d’une cyberguerre, pour pirater non seulement les systèmes informatiques traditionnels et les smartphones, mais aussi pour pénétrer dans les systèmes industriels, dans les infrastructures, y compris les infrastructures critiques. »

      Depuis le début de la pandémie, les confinements et restrictions de libertés s’enchaînent. Il n’en faut pas plus pour qu’un cybercriminel junior monte d’un échelon supplémentaire, profitant du terreau fertile ainsi créé, et intègre un gang international.

      Le forum accueillait des représentants des gouvernements du Vietnam, de la Malaisie et de l’Indonésie. Ces derniers présentaient leurs approches nationales de la sécurité des systèmes d’information. Le vice-ministre vietnamien de l’Information et de la Communication, M. Nguyen Huy Dung a détaillé l’adoption d’une stratégie de protection à quatre niveaux. Elle comprend la sécurité interne, des services de sécurité 24 heures sur 24 fournis par un professionnel externe, une sécurité indépendante supplémentaire et un système de surveillance. Il a également déclaré que le Vietnam avait lancé une campagne de sensibilisation du public à la sécurité de l’information.

      Azleyna Ariffin, la directrice adjointe principale de l’Agence nationale de cybersécurité de Malaisie, décrivait la sécurité du cyberespace malaisien comme une nécessité de collaborations régionales et internationales. Elle a également parlé d’une campagne nationale de sensibilisation à la cybersécurité qui s’étend de l’enseignement primaire jusqu’à l’âge adulte.

      Avaddon, darknet, web

      Quant au directeur de l’infrastructure nationale d’information critique, à l’Agence nationale de la cybersécurité et de la cryptographie en Indonésie, Achmadi Salmawan, a souligné l’importance d’impliquer tous les acteurs, en particulier dans une Indonésie géographiquement et culturellement diversifiée où les motivations et les approches varient considérablement.

      Un apprentissage plus que nécessaire

      M. Austin a souligné que l’éducation sur le sujet de la cybersécurité est essentielle. Il a déclaré que s’il est important de se préparer à lutter contre la cybercriminalité et le développement de logiciels malveillants, il est également essentiel de comprendre que le monde de la cybercriminalité et de la sécurité évolue rapidement et que les criminels améliorent leurs méthodes d’attaque.

      internet, web, cyberattack

      La pandémie de Covid-19 a obligé de nombreuses personnes à travailler à distance, loin de la sécurité des réseaux d’entreprise et des appareils de travail.

      Nombreux sont ceux qui ont utilisé leurs appareils pour leur travail privé et professionnel, souvent à la recherche d’informations sur la pandémie, de programmes de secours et de vaccins dans des coins éloignés d’Internet.

      Les dirigeants pendant le dialogue informel des pays insulaires du Pacifique avec les dirigeants de l’APEC à Port Moresby, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, le 17 novembre 2018. (Crédits : Image d’illustration /AP/Aaron Famila)

      Au niveau Européen, l’ANSSI martèle, le manque de sensibilisation aux risques « cyber », l’absence de maîtrise des systèmes d’information, le non-respect des mesures d’hygiène informatique, la pénurie d’experts en cybersécurité et, dans une certaine mesure, l’augmentation de la surface d’attaque du fait de la généralisation du télétravail, sont autant de faiblesses exploitées par les cybercriminels. Les campagnes d’attaques, qui ont touché la France et l’Allemagne en 2020, ont perturbé de nombreuses activités, et des pertes financières importantes. L’ANSSI a d’ailleurs dévoilé sa stratégie pour faire face à la menace.

    • D’où viennent les jours de la semaine

      D’où viennent les jours de la semaine

      Lundi, mardi, mercredi, jeudi, vendredi, samedi et dimanche, connaissez-vous leur point commun ? Exact, c’est bien la syllabe « DI », pourquoi est-ce si important. Les latinistes auront déjà trouvé, j’imagine.

      Les deux lettres présentes dans chaque jour, proviennent de dies, qui en latin signifie journée. Il suffit de trouver la solution pour le reste des lettres.

      Lundi se décompose en dies lunae et se réfère à la Lune. Mardi donne martis dies et fait appel à Mars, dieu de la guerre. Mercredi, mercurii dies, pour Mercure, messager des dieux, dieu de l’éloquence, des poètes et du commerce.

      Logiquement, jeudi se traduit par lovis dies, Jupiter dieu de la terre et du ciel, et des êtres vivants s’y trouvant. Vendredi pour veneris dies, Venus, déesse de la beauté, mère de Cupidon et des Amours. Samedi, exprime saturni dies, Saturne dieu des Saturnales, du temps et de la mort. Quant à dimanche, il fait référence au jour du Seigneur, avec dies dominica.

    • La loi dite de Sécurité Globale

      La loi dite de Sécurité Globale

      Cette proposition de loi défraie la chronique depuis sa genèse. Quel est le constat de départ ? Que préconise-t-elle ? Pour qui ? Pourquoi ? Est-elle liberticide ? Toutes ces questions méritent une étude approfondie de cette dernière. En premier lieu son étymologie, puis la procédure législative avec les différentes étapes du vote d’une loi, avant le plus important, la dissection des articles. Commençons par le commencement, il faut déterminer le sens de « sécurité globale ».

      L’étymologie de la première composante « sécurité » nom féminin venant du latin securitatem : qui a été refait sur le mot sûreté (qui est la forme ancienne). La sûreté est du caractère de celui sur qui l’on peut compter, ou l’état de celui qui n’a rien à craindre pour sa personne ou pour sa fortune définit le Littré. Quant à l’adjectif « global », selon le centre national de ressources textuelles et lexicales (CNRTL) : qui est considéré en bloc, dans sa totalité, qui s’applique à un ensemble sans considérer le détail.

      Le constat de départ

      Donc, la proposition au sens littéral est une proposition de loi dans laquelle tout individu n’a rien à craindre pour sa personne ou sa fortune en totalité, cela semble être intéressant de prime abord. La première brigade de sûreté vit à sa tête Eugène-François Vidocq sous Napoléon « lorsqu’il est écarté de la Brigade de Sûreté en 1827, il se lance, en parallèle de son agence de renseignements, dans la fabrication de papiers. Vidocq, qui est tombé pour faux en écriture, se passionne pour le papier infalsifiable et l’encre indélébile », raconte le Figaro à la sortie du film « L’empereur de Paris »

      Actuellement, mardi 2 mars 2021, la proposition de loi est à la quatrième étape sur sept, après avoir été adoptée par l’Assemblée nationale : L’initiative ; Le dépôt ; L’examen de la première assemblée ; Le vote de la première assemblée ; La navette entre les deux assemblées ; L’adoption ; La promulgation

      « l’insécurité prend aujourd’hui des formes de plus en plus variées dans le quotidien des Français : depuis les incivilités dans les transports jusqu’aux violences graves sur les personnes en passant par les trafics — notamment de stupéfiants — en bas des immeubles, les violences urbaines ou les rixes entre bandes.

      En 2017, le président de la République a fait de la sécurité la priorité de son quinquennat. […] Le groupe La République en marche, et la majorité à l’Assemblée nationale ont contribué au renforcement des mesures protectrices des Français en votant notamment en faveur de la loi du 30 octobre 2017 renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme […]. » Voici l’exposé des motifs de proposition de loi n°3452 relative à la sécurité globale.

      (Crédits : Eugène-François Vidocq vers 1835, portrait dessiné par Achille Devéria, lithographie, Paris, musée Carnavalet.)

      Donc l’insécurité est grandissante selon les premiers mots de la proposition de loi n° 3452. Les données accessibles sur « data.gouv.fr » des crimes et délits enregistrés par les services de gendarmerie et de police depuis 2012 donnent le tableau suivant :

      AnnéeNombreDifférence n-1Tendance 2012Tendance n-1
      20203 327 737-450 089-4.30 %-11.91 %
      20193 777 826+106 616+8.64 %+2.90 %
      20183 671 210+10 650+5.58 %+0.29 %
      20173 660 560+110 020+5.27 %+3.09 %
      20163 550 540-27 948+2.11 %-0.78 %
      20153 578 488+3 586+2.91 %+0.10 %
      20143 574 902+52 273+2.81 %+1.48 %
      20133 522 619+45 328+1.30 %+1.30 %
      20123 477 301000
      Les données affichent une baisse de la délinquance en 2020 par rapport à l’année 2012, de François Hollande à Emmanuel Macron

      La proposition de loi relative à la sécurité globale s’étend sur 31 articles, en plusieurs chapitres. Renforçant ou octroyant des pouvoirs de police, dans une certaine mesure aux agents de sécurité privée, mais donnant la charge de police judiciaire à la police municipale, entre autres.

      La police municipale

      L’article premier donne à titre expérimental, et pour trois ans – après la promulgation de la loi au journal officiel – le pouvoir de police judiciaire aux communes et établissements publics de coopération intercommunale à fiscalité propre (NDLR communauté de communes ou EPCI). Donc les communes et « Com Com » ayant plus de 20 agents de police municipale pourraient demander les compétences de police judiciaire.

      Selon l’article 14 du Code de procédure pénale, la police judiciaire est l’autorité ayant pour mission de « constater l’infraction, d’en rassembler les preuves et d’en rechercher les auteurs ». Dans le cadre de cette mission, la police judiciaire doit « recevoir les plaintes déposées par les victimes d’infractions, et, de les transmettre le cas échéant au service territorialement compétent » (art.15-3 du code de procédure pénale).

      Les pouvoirs octroyés par le premier article seraient susceptibles de voir les policiers municipaux procéder à l’immobilisation et à la mise en fourrière du véhicule en vertu de l’article L. 325-1-1 du code de la route, mais pas seulement. « […] pour les infractions commises sur la voie publique et qu’ils sont habilités à constater, procéder à la saisie des objets […]. Les objets saisis sont immédiatement inventoriés et placés sous scellés, en présence de la personne, qu’elle en soit la propriétaire ou qu’elle en ait la libre disposition […] »

      La charge d’officier de police judiciaire prend la majeure partie du temps du professionnel. (Crédits : DR)

      Sans oublier qu’ils pourraient intervenir pour des délits comme l’ivresse sur la voie publique, la vente à la sauvette, la conduite sans permis, les squats de halls d’immeubles, les tags, l’occupation illégale d’un terrain communal, l’usage de stupéfiants, le port ou le transport d’armes, ou encore le défaut d’assurance. « Ces mesures d’application interviennent au plus tard le 30 juin 2021 »

      Police administrative et judiciaire

      Quelle est la différence entre les deux entités ? La police administrative a pour mission de prévenir les infractions, de maintenir l’ordre et de protéger les citoyens. Elle est dite police d’ordre. La police judiciaire a une mission d’investigation et de répression. L’article 14 du code de procédure pénale prévoit que la police judiciaire est chargée de constater les infractions à la loi pénale, d’en rassembler les preuves et d’en rechercher les auteurs tant qu’une information n’est pas ouverte. En pratique, ce sont souvent les mêmes personnes qui exercent et remplissent les fonctions administrative et judiciaire.

      Le fait que ladite proposition de loi autoriserait la police municipale au constat pour la rédaction d’un procès-verbal montre que les agents ne possèdent pas les autorisations actuellement. Comme le fait de relever l’identité des auteurs des délits (premier alinéa de l’article 78-6 du code de procédure pénale), contrôler l’obligation d’assurance d’un véhicule (l’article L. 451-1-1 et au 2e alinéa de l’article L. 451-1-2 du code des assurances).

      La sécurité privée

      Le marché de la sécurité privée employait 175 000 personnes en France, en 2019. Cette proposition de loi donnerait habilitation a recueillir ou à relever l’identité de l’auteur présumé de l’infraction. Ainsi en cas de refus ou d’impossibilité de confirmer votre identité : « L’agent qui dresse procès-verbal en rend compte immédiatement à tout officier de police judiciaire […] qui peut alors lui ordonner sans délai de lui présenter sur-le-champ la personne concernée ou de la retenir pendant le temps nécessaire à son arrivée […] ».

      À défaut d’un tel ordre, l’agent ne peut retenir la personne concernée. Cependant, durant le temps incombé à l’information et décision de l’officier de police judiciaire (OPJ), le fait de ne pas demeurer avec l’agent de sécurité, ou le refus d’obtempérer à l’ordre de suivre l’agent pour se voir présenter à l’OPJ sont puni, au maximum de deux mois d’emprisonnement et de 7 500 € d’amende.

      Le survol des lieux stratégiques par des aéronefs est une priorité de défense. (Crédits : MOBOTIX)

      Lorsque les circonstances et les lieux l’exigent, ils peuvent également utiliser des moyens radioélectriques, électroniques ou numériques permettant la détection des aéronefs circulant sans personnes à bord, comprenez drones dans le cas ils seraient susceptibles de représenter une menace de sécurité. Comme ce fut le cas en 2014 avec le survol de centrales nucléaires, ou encore avec l’action revendiquée par Greenpeace en 2019, relate L’Express. « Ils peuvent exploiter et, si besoin, transmettre les informations recueillies aux services de l’État concourant à la sécurité intérieure et à la défense nationale », souligne l’article 19 bis.

      Big Brother is watching you

      La modification du second alinéa de l’article L. 252-2 du code de la sécurité intérieure ajoute : « […] nationales et des services de police municipale ainsi que par les agents individuellement désignés et dûment habilités mentionnés aux articles L. 531-1, L. 532-1 et L. 533-1. » Ainsi la CCTV connue outre-Manche pourra fleurir à chaque coin de rue en métropole, comme en outremer. Lorsqu’un EPCI exerce la compétence relative aux dispositifs locaux de prévention de la délinquance, il peut décider, sous réserve de l’accord de la commune d’implantation, d’acquérir, d’installer et d’entretenir des dispositifs de vidéoprotection.

      Si la comparaison peut paraître précipitée, l’exemple de la capitale anglaise fait référence, avec ses 42000 caméras. La pandémie actuelle due au virus SARS-nCoV-2, dit Covid-19, rend la part belle aux caméras dites intelligentes. À Paris, la station Châtelet-Les-Halles la douzaine de caméras observent le port ou non du masque, relate relate France Inter. Faute de festival en 2020, c’est au marché de Cannes qu’il faut sourire, comme l’explique Le Monde, « à Cannes, des tests pour détecter automatiquement par caméras le port du masque ». La commission nationale informatique et des libertés (CNIL) appelle à la vigilance sur l’utilisation des caméras dites « intelligentes » et des caméras thermiques. (Crédits : DR)

      Le dernier comptage effectué en 2012 par la CNIL faisait état de 935 000 caméras de surveillance installées sur notre territoire. Où sont-elles ? Absolument partout ! Aux guichets de banque, dans les bureaux de tabac, les parkings, les couloirs de métro et même sur les lieux de travail… La modification ou mise à jour des systèmes de surveillance est effectuée par l’ajout d’une couche logicielle à des systèmes de vidéoprotection préexistants, ou du déploiement de nouveaux systèmes vidéo dédiés. Ainsi, elles œuvrent dans les dispositifs de prise de température automatique (caméras thermiques), de détection du port de masque, de respect des mesures de distanciation sociale, etc.

      Surveillance biométrique de masse

      Mis en place pour la DSP2, la surveillance biométrique ne se limite pas à la reconnaissance faciale. « Alors que la police continue d’utiliser de façon massive la reconnaissance faciale à travers le fichier des traitements des antécédents judiciaires (TAJ), plusieurs villes et administrations ont déployé des dispositifs de contrôle de température, de détection de port du masque ou des projets de vidéosurveillance intelligente pour suivre et tracer les mouvements sociaux », ajuste la quadrature du net.

      Il n’y a pas qu’en France ou se développe cette surveillance, en Italie, Serbie, Grèce, ou encore Pays-Bas. « L’État déploie plusieurs dispositifs qui promettent à l’Europe un avenir de surveillance automatisée permanente. »

      L’article 22 traite des caméras aéroportées. Il se veut rassurant : « Le public est informé par tout moyen approprié de la mise en œuvre de dispositifs aéroportés de captation d’images et de l’autorité responsable, sauf lorsque les circonstances l’interdisent ou que cette information entrerait en contradiction avec les objectifs poursuivis. » Que cela semble désuet ! Les dispositifs portés à la connaissance de la CNIL qui prévoient la possibilité pour les personnes de manifester leur opposition par un mouvement corporel significatif, tel un « non » de la tête, n’apparaissent pas satisfaisants du point de vue de la protection des intérêts des personnes. (Crédits : PublicDomainPictures/Pixabay)

      Cette solution est peu vraisemblable, elle contraint également les individus à afficher publiquement leur opposition au traitement et fait porter une charge trop importante sur la personne, a fortiori si les dispositifs de ce type se multiplient. La période de conservation des données serait portée à 30 jours avant effacement selon le quatrième alinéa de l’article L424-4.

      La quadrature du net alerte les citoyens à travers un article intitulé « Sécurité globale : La droite appelle à la reconnaissance faciale ».

      Elle rappelle que : « demain 3 mars, la commission des lois du Sénat examinera la loi Sécurité globale, déjà adoptée en novembre par l’Assemblée nationale. Alors que le texte était déjà largement contraire à la Constitution et au droit européens, les sénateurs et sénatrices de droite et du centre souhaitent s’enfoncer encore plus loin dans l’autoritarisme en officialisant un système jusqu’alors implicite dans la loi : instaurer un vaste régime de reconnaissance faciale. »

      Biométrie, l’individu devient une monnaie, de la data (Crédits : Tumisu/Pixabay)

      « Je considère que l’interdiction érigée par l’article 24 […] constitue une atteinte au droit à la liberté d’expression », explique Dunja Mijatovic, Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe.

      L’article 24

      Le Conseil de l’Europe exhorte le Sénat à amender le texte. « Le texte de cet article tel qu’il est soumis à votre examen demeure, à mon sens, insatisfaisant du point de vue du respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales », écrit la Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, Dunja Mijatovic, dans une lettre datée du 15 décembre et adressée aux membres de la commission des lois de la Chambre haute et à son président, François-Noël Buffet.

      Une « atteinte au droit à la liberté d’expression »

      « Cette interdiction constitue une atteinte au droit à la liberté d’expression, laquelle inclut la liberté d’informer, et elle est de nature à aggraver la crise de confiance entre une partie de la population et une partie des forces de l’ordre, ce qui ne saurait concourir à la protection de ces dernières », souligne encore la commissaire.

      S’exprimer est une liberté dont tout être humain devrait jouir. Or le fait de tuer des libertés, comme de les restreindre est définie par l’adjectif liberticide — du latin libertas, liberté, et cædere, tuer —, comme cela se produite ne République Populaire de Chine.

      « Les autorités ont renforcé leurs restrictions visant les droits à la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique. Elles ont exercé une censure très stricte sur tous les médias, de la presse écrite aux jeux en ligne », écrit Amnesty International.

      Vers un État policier ?

      Dire que cette proposition de loi relative à la sécurité globale est liberticide, il n’y aurait qu’un pas à franchir.

      De l’autre Médiapart écrit « le signe d’un État policier réside dans le fait que la police n’est contrôlée que par elle-même et non par une autorité indépendante d’elle. Cette absence de contrôle par une autre instance qu’elle est le premier signe que nous vivons dans un état policier. »

      Un État policier est un gouvernement qui exerce son pouvoir de manière autoritaire et arbitraire, par le biais des forces policières… Pour le juriste français Raymond Carré de Malberg, la notion d’État policier est à considérer par opposition à l’État de droit.

      (Crédits : Valeria Boltneva/Pexels)

    • Les secrets du Petit-Beurre

      Les secrets du Petit-Beurre

      Il est possible que vous ayez déjà croqué dans le fameux et désormais culte petit-beurre de LU, sans savoir que le hasard n’est en rien à l’origine de la forme du biscuit. Hormis le fait qu’il fut inventé en 1886 par Louis Lefèvre-Utile – vous comprenez mieux le LU – et que la production avoisine les 9000 tonnes chaque année, soit un milliard d’unités, il y a des choses que vous ne soupçonnez pas. Si, comme chaque enfant, vous commencez par croquer les quatre côtés, vous vous approchez du secret bien gardé.

      Un peu d’histoire auparavant. C’est à l’origine une rencontre entre deux artisans-biscuitiers, Jean-Romain Lefèvre et Pauline-Isabelle Utile, en 1846. Deux années plus tard, la maison LU naquit au 5, rue Boileau, à Nantes. C’est aussi une source de fautes d’orthographe pour les écoliers. La gourmandise promet le pluriel, car en manger un seul est triste. Il s’écrit donc Petits-Beurre.

      La qualité et le travail paient

      En 1882, à l’exposition de Nantes, la maison LU remportait la médaille d’or. Dix-huit printemps passent lorsque la consécration internationale frappe à la porte. Lors de l’exposition universelle de 1900 à Paris, la maison nantaise reçoit l’unique grand prix décerné à la biscuiterie.

      C’est vers l’année 1886 que leur fils Louis s’inspire d’un napperon pour dessiner celui qui deviendra le véritable Petit Beurre. Regardez bien le biscuit pour mieux cerner l’inventivité du créateur. « Il possède quatre oreilles traduisant les quatre saisons, 52 dents pour le nombre de semaines dans une année et 24 points pour les heures de la journée, ingénieux, non ? »

      Le Petit Beurre, de la marque LU, est désormais détenu par Mondelēz, multinationale agroalimentaire américaine. (Crédits : DR)

    • Le premier jour de l’an était le 1er avril

      Le premier jour de l’an était le 1er avril

      Cela peut paraître complètement insolite pour les contemporains que nous sommes, et pourtant. Le 9 août de l’an de grâce 1564, jour de la Saint Amour, Charles IX signait en présence de sa mère la régente Catherine de Médicis, un édit qui allait bouleverser le monde. C’est dans la commune de Roussillon, entre Grenoble et Saint-Étienne, situé dans le département de l’Isère, que le cortège royal arrivait en grande pompe et prestement. Il semble peu probable que le souverain se rendit dans cette bourgade, si la peste ne sévissait dans la capitale.

      Avant l’adoption du calendrier grégorien en 1582, le Nouvel An est fêté dans plusieurs régions d’Europe autour du 1er avril, à l’issue de la Semaine sainte ou à la fin de l’équinoxe de printemps. Mais un Roi de France, avec la complicité tardive d’un Pape change le monde.

      Un rendez-vous avec l’Histoire

      Lorsque le roi Charles IX, en France, décide de déplacer le début officiel de l’année, du 1er avril au 1er janvier, nombre de citoyens, par ignorance ou par tradition, continuèrent à célébrer le Nouvel An au début d’avril. Les réseaux sociaux ne fonctionnaient pas encore, faute de connexion.

      Pour se moquer d’eux, certains prirent l’habitude de leur jouer des tours, ou de leur offrir de faux cadeaux. C’est ainsi serait né le poisson d’avril, ancêtre facétieux et perpétuel de nos blagues printanières et enfantines.

      Revenons à nos moutons. Durant ce séjour, il signe un document qui aura des répercussions inimaginables pour l’époque.

      Le lendemain du jeudi 4 octobre 1582, les Romains doivent s’éveiller le vendredi 5 octobre 1582. Rien de plus logique, sauf que…

      C’est sans compter sur le pape Grégoire XV, qui choisit cette date pour passer du calendrier Julien au Grégorien, avec un décalage de dix jours, donc les Romains se réveillèrent le 15 octobre 1582.

      Un retour vers le futur

      Cette date n’a jamais existé, car le lendemain du jeudi 4 octobre 1582 devint le vendredi 15 octobre 1582. Une réforme du calendrier était devenue nécessaire, car notre calendrier prenait du retard par rapport aux saisons (année astronomique).

      Il faut attendre l’année 1622 pour que le pape Grégoire XV généralise la mesure de l’édit de Roussillon prise 58 ans plus tôt à l’ensemble du monde catholique.

      L’édit indique un seul et même jour pour le commencement de l’année, sur l’ensemble du territoire et bien au-delà (Crédits : Association l’Édit de Roussillon)

    • La galette des Rois

      La galette des Rois

      Ce moment de partage et de gourmandise, qui surpasse les religions ou les croyances, subit bien des évolutions au fil des siècles. De l’époque romaine à nos jours en passant par la monarchie, les us et coutumes changèrent. Une tradition ancrée qui se partage au bureau comme à la maison, que ce soit en famille, entre collègues ou avec des amis. Quelques différences subsistent, que vous vous trouviez au nord ou au sud des Pyrénées, surtout la date. Bien que, concernant la gourmandise, elle semble n’avoir aucune frontière.

      Selon un sondage effectué entre le 2 et 3 janvier 2018 par l’Institut français d’opinion publique (IFOP) pour la fédération des entreprises de boulangerie (FEB), 94 % des personnes interrogées en consomment, dont certains plusieurs fois pour 64 % des gens. Près de la moitié des Français l’achète chez leur artisan, et plus d’un tiers en grande surface commerciale, les autres gourmands la confectionnent chez eux. « Les pâtissiers se régalent à la faire, les boulangers se régalent à la faire, nos clients se régalent à la consommer », salivait Thierry Marx dans l’histoire à la carte sur France info. Ce sont plus de neuf Français sur dix qui consomment de la galette au mois de janvier.

      Mais d’où vient-elle ?

      Il faut enfourcher la machine à explorer le temps, pour se retrouver dans la Rome antique. Lors des fêtes des Saturnales, une semaine avant le solstice d’hiver (du 17 au 23 décembre), les Romains célébraient le dieu Saturne. C’était l’occasion de réjouissances populaires. Durant cette période, l’ordre hiérarchique est aboli. Si bien que l’autorité des maîtres sur les esclaves est suspendue.

      Les Romains utilisaient une fève pour déterminer le « roi » d’un jour. Ainsi l’heureux élu a le pouvoir d’exercer tous ses désirs, quels qu’ils soient, avant d’être mis à mort, ou de retourner à sa vie servile.

      Dans « Recherches de la France » d’Étienne Pasquier, écrit en 1581, l’homme de loi explique la coutume, à laquelle il assiste dans le livre IV au chapitre IX. « Celle des Rois […] une infinité de débauches de bouche. Celui qui est le maître du banquet a un grand gâteau, dans lequel il y a une fève cachée, gâteau dis-je, que l’on coupe en autant de parts qu’il y a de gens conviez au festin. Cela fait on met un petit enfant sous la table, lequel le maître interroge sous le nom de Phébé […] À cet interrogatoire l’enfant répond d’un mot latin Domine, pour cela le maître l’adjure de dire à qui il distribuera la portion du gâteau qu’il tient dans la main. » Le convive recevant la part contenant la fève est désigné « Roi » de la compagnie. Les fêtes perdurent souvent jusqu’au 6 janvier.

      « L’Hiver ou Les Saturnales » d’Antoine-François Callet. (Crédits : Musée du Louvre)

      La date du 6 janvier évoque dans la religion catholique, l’Épiphanie. « La fête est venue d’Orient où elle a été fixée au 6 janvier : fête des lumières, fête de l’eau, elle est beaucoup plus la célébration de l’inauguration du ministère public du Christ, lors de son baptême au Jourdain, qu’une festivité des événements de l’enfance de Jésus », explique sur son site l’Église catholique de France. Dans la liturgie latine, là où ce jour n’est pas férié, la célébration de cette fête est fixée au dimanche le plus proche du 6 janvier, cette année, ce fut le 3 janvier 2021. Elle est surtout la fête des Mages ou des « Rois ».

      Au XVIe siècle, sous le règne de François 1er, la confection du gâteau des Rois est à l’origine d’une querelle entre boulanger et pâtissier. Le souverain, surnommé le « Roi Chevalier », trancha en faveur des pâtissiers. Les boulangers contournèrent cette faveur en confectionnant la galette des Rois, qu’ils offraient à leurs clients. Chaque année en France, c’est près de 30 millions de galettes qui sont mangées.

      (Crédits : Capture d’écran de Recherches de la France, Livre IV chapitre IX/Gallica/BNF)

      À l’origine, la visite des rois mages et le baptême de Jésus étaient regroupés au 6 janvier. Au IVe siècle, l’Église romaine a déplacé la nativité au 25 décembre afin de combattre les fêtes païennes, suivie par l’Église d’Orient au début du Ve siècle. Pour les orthodoxes en Russie, le 6 janvier est le jour de la veille de Noël, en Grèce, c’est le jour de la Théophanie, qui commémore la manifestation divine de la Trinité lors du baptême du Christ dans le Jourdain. Quand, en Espagne, le 6 janvier, les enfants reçoivent les cadeaux de « Noël », 12 jours après la naissance de l’Enfant Jésus, en dégustant le fameux et traditionnel Roscón de Reyes.