Il y a cent ans… tombait la neige

La mémoire est un outil que l’on doit travailler pour qu’elle puisse transmettre aux moins expérimentés de la vie. Les plus de cent ans vous raconterait, ponctué de silences leurs souvenirs, les archives à travers la France au sein des bibliothèques, archives départementales, permettent de saisir un instant le daguerréotype d’une époque révolue. Sépa Phot entrepris pour ses petits-enfants, de remonter de la cave, les documents que son père, et le père de son père, avaient conservés, durant tant d’années.

Aujourd’hui, 23 mars 2022, il fait un temps radieux sur Berd’huis, comme à chaque coin de rue en France, le soleil brille. Pourtant, il y a cent ans, c’était une autre paire de manches. Il y a tout juste un siècle, l’Écho de Paris, dans son édition de cinq heures, titrait « la neige tombe partout en France ». Une situation qui inspira peut-être la chanson de Salvatore Adamo « Tombe la neige ». « La neige qui, de quelques rares flocons avait baptisé mardi le premier jour de printemps ne s’en est pas tenue là », commentait le journaliste. La capitale et le territoire français se couvraient de blanc. Le bulletin météorologique annonçait dans la région parisienne des vents de nord-est modérés, du froid, des gelées, des éclaircies et averses de neige, ce dans tout l’hexagone. Le sud n’était guère plus épargné. Elle tombait dans le territoire toulousain, mais fondait en touchant le sol.

Le budget de la France recueillait déjà les inquiétudes. « L’immensité de la dette intérieure et extérieure de France s’élevait à 330 milliards de Francs ». Le passage des anciens au nouveau Franc s’effectuait en 1960, à cette date, 100 anciens francs ne valaient plus qu’un Franc. (Crédits : L’Écho de Paris/BNF Gallica)

Plus bas, ce n’était pas la même chanson, une violente tempête de neige s’abattait sur les hauts arrondissements de Prades et de Céret. Les poteaux téléphoniques et électriques pliaient sous la charge. Un enchevêtrement inextricable qui stoppa la circulation des trains sur la ligne Villefranche-Montlouis.
En Dordogne, à Bergerac, c’est une trombe d’eau qui coupait routes et voies de communication dans le Périgord noir. Partout l’identique constat, il neige. À Aurillac, elle est tombée durant dix heures, pour atteindre 5 cm, au Lioran quatre fois plus. Plus à l’est, Saint-Étienne passait du vert au blanc, sur 10 bons centimètres, rien à voir avec le temps de ce jour, 23 mars 2022 et ses 18 degrés Celsius.

Romuald Pena

Journaliste et curieux de nature, j’aime les mots et ce qu’ils chantent aux oreilles qui les entendent. « La vérité, c’est qu’il n’y a pas de vérité », assurait Pablo Neruda. Ainsi j’apporte des faits, des faits, encore et toujours des faits, car : « Nous ne pouvons être condamnés à pire, à juger les autres, à être des juges. » (Le Testament d’Orphée, de Jean Cocteau)

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