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  • Flame, le virus fantôme

    Flame, le virus fantôme

    En mai 2012, les experts de Kaspersky, le laboratoire de cybersécurité basé à Moscou, annoncent une découverte qui fait date : un programme-espion d’une complexité inédite rôde sur les réseaux du Proche-Orient. Son nom : « Flame ». Les recherches indiquent que plus de 1 000 machines sont identifiées comme infectées. Les systèmes d’information appartiennent à des pays savamment ciblés. L’Iran, en fer de lance, mais aussi le Liban, la Syrie, le Soudan ou encore les Territoires palestiniens.

    Rapidement, la presse spécialisée évoque une campagne d’espionnage à grande échelle — un projet hautement stratégique, silencieux et méticuleusement ciblé. Il n’est pas comme Stormous qui revendique une cyberattaque contre les systèmes de l’Éducation nationale. Flame n’est pas un ransomware ni un ver destructeur. Il n’efface rien, ne bloque rien, mais il observe, collecte, intercepte. Une opération de renseignement cybernétique, probablement conçue pour durer dans le temps, à l’insu de ses victimes.

    Aux origines du cyberespionnage d’État

    Ce qui frappe immédiatement les analystes, c’est la richesse fonctionnelle du programme malveillant. Il est tout sauf un simple, déjà par son poids de 20 Mo. Il s’apparente plus à une plateforme d’espionnage modulaire. Ses opérateurs peuvent l’adapter en fonction des cibles et des besoins. « Il est beaucoup plus difficile de pénétrer un réseau, d’en apprendre plus à son sujet, d’y résider pour toujours et d’en extraire des informations sans être détecté que d’entrer et de se piquer à l’intérieur du réseau, causant des dommages », déclare en 2012 Michael V. Hayden, un ancien directeur de la NSA et directeur de la CIA ayant quitté ses fonctions trois ans plus tôt.

    Flamme, feu, chaleur

    Parmi ses fonctionnalités : l’interception des e-mails et des documents de type Word, Excel, PDF ; l’enregistrement des conversations audio, via l’activation du micro ; des captures d’écran régulières, lors de l’usage de logiciels spécifiques ; l’analyse du trafic réseau et des connexions Bluetooth ; et l’extraction furtive des données vers des serveurs distants.

    Le tout dans un code d’une taille peu ordinaire. Il représente près de 20 mégaoctets, soit dix à vingt fois plus qu’un malware classique en 2012. Cerise sur le gâteau, il est capable de se mettre à jour à distance, de s’auto-effacer, sans oublier le principal : échapper à la détection des antivirus traditionnels. Il dépeint, en 2012, le summum de l’ingénierie logicielle appliquée à l’espionnage. (Crédits : Miriam Espacio/Pexels)

    Comme Stuxnet, pas besoin de test de paternité pour émettre des soupçons précis et vraisemblables. Tout laisse à penser qu’il s’agit d’un outil conçu par un État ou un groupement interétatique. Pour étayer ces propos, les experts en rétro-ingénierie, entre autres, s’appuient sur la sophistication du code, la durée de développement supposée, la précision géopolitique du ciblage. Devant autant d’indices convergents, aucun doute. Un magistrat construit un faisceau d’indices. Ce dernier est un ensemble d’indices qui, par leur convergence, permettent de prouver un fait juridique ou un acte juridique.

    Une signature discrète mais révélatrice

    Une proximité avérée avec Stuxnet, le ver informatique qui a frappé les centrifugeuses nucléaires iraniennes en 2010. Certaines parties de code semblent partagées ou s’inspirent des mêmes bibliothèques. Un autre membre de la famille apparaît également : Duqu. Ce dernier est considéré pour avoir été créé par l’unité israélienne 8200. « L’unité 8200 est probablement la meilleure agence de renseignement technique au monde et se situe au même niveau que la NSA à tout point de vue, sauf l’échelle », explique Peter Roberts, chercheur principal au Royal United Services Institute de Grande-Bretagne.

    Bien entendu, aucune preuve formelle ne confirme ces allégations. Des enquêtes journalistiques, comme les « Pandora papers », les « Panama papers » et des rapports de cybersécurité, affirment que Flame s’inscrit dans l’identique lignée que Stuxnet, connu sous le nom d’« Olympic Games ».

    C’est un tournant, au moins pour le grand public. Il s’agit alors d’un outil digne de la guerre froide numérique. Très utile à des fins de collecte à grande échelle, sur le long terme, dans des zones de tension diplomatique.

    Le niveau est monté d’un cran. La logique n’est plus de punir ou d’extorquer, mais de savoir avant tout le monde. Pour anticiper les mouvements, cartographier les réseaux décisionnels, scientifiques ou militaires. (Crédits : Kevin Ku/Pexels)

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    Les militaires habitués aux codes de la Guerre voient une évolution drastique. Plus un bruit, pas de fumée, aucun champ de bataille visible. Flame déclare un changement de paradigme. Dans le cyberespace, la guerre n’est plus annoncée. Elle est diffuse et permanente, méthodique et chirurgicale. Les règles classiques de souveraineté et du droit international peinent à s’y appliquer. Le cyberespace devient un terrain de manœuvre parallèle, peuplé d’outils invisibles et de fronts mouvants.

    Héritage et enseignements


    Plus de dix années après sa découverte, il continue d’occuper une place particulière dans la mémoire. Il contribue à dévoiler au grand public l’existence d’une cyberactivité étatique soutenue, financée et technologiquement avancée. Il montre ou démontre que les États, eux aussi, pouvaient être acteurs — voire pionniers — d’un certain niveau de « piratage ».

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    Depuis, d’autres campagnes ont été révélées : Equation Group, Shadow Brokers, Pegasus… D’ailleurs, dans le cadre de l’enquête qui concerne les données recueillies, via Pegasus, par le consortium de journalistes, onze États sont pointés du doigt. Le Maroc, le Mexique, l’Arabie saoudite, l’Inde, l’Indonésie, les Émirats arabes unis, le Kazakhstan, l’Azerbaïdjan, le Togo et le Rwanda. En Europe, seule la Hongrie est visée par l’enquête.

    Depuis, une accélération de la militarisation du cyberespace et une prise de conscience mondiale des vulnérabilités systémiques qui nous entourent. Quoique sur la prise de conscience de vulnérabilité, il subsiste des doutes. (Crédits : Pixabay/Pexels)

    Flame n’est pas une simple concaténation de lignes de code. C’est un prélude à une ère nouvelle, une ébauche d’une société différente, où la cyberguerre n’est plus une hypothèse, mais une composante bien réelle des relations internationales. Les fuites successives et massives de data, la propagande, les communications tronquées, les diversions font partie d’un tout. Le programme malveillant Flame permet d’effectuer un retour vers le passé pour envisager un futur, qui se vit au présent.

  • Flavien se remplume (13/55)

    Flavien se remplume (13/55)

    En ce jour de réveillon en métropole, Flavien se lève à tout juste 7 h. La journée commence par une routine agréable : le petit déjeuner. Moment qui est plus rare lorsque vous ouvrez votre toile de tente, en plein milieu de nulle part. Flavien en profite pour se remplumer au vu des prochaines étapes. L’objet du jour est la visite d’une baie, tout au fond de l’endroit où il mouille depuis hier soir. Ce matin, la mer est formée. Heureusement, moins de deux heures après le petit déjeuner, ils déboulent à Sandy Beach.

    À 8 h 30, tous montent à bord des zodiacs pour se rendre au fond de la baie dans laquelle ils sont amarrés depuis la veille. « Il s’en est fallu de peu pour que l’on ne puisse pas débarquer , raconte Flavien. Sur la plage, la faune est partout, des milliers de manchots royaux et de gorfous de Schlegel m’entourent, sans parler des éléphants de mer. » L’aventurier du bout du monde photographie tout ce beau monde pendant plus d’une heure avant d’emprunter la passerelle aménagée pour mener à la colonie de gorfous de Schlegel.

    Gargantua n’a qu’à bien se tenir

    Malheureusement, elle est fermée à mi-chemin. Car les pétrels géants, espèce extrêmement sensible au dérangement, y nichent. « Ce sera tout de même l’occasion de photographier de magnifiques tapis de Pleurophyllum hookeri, dont trois pieds sont fleuris », se rassure Flavien. Il cherche en vain quelques insectes. Ces aptères sont timides, à moins que le froid ne freine les ardeurs de chacun. Accaparé par les mégafaunes qui l’entourent, il est surpris quant à l’arrivée des Zodiacs, deux heures plus tard. « Déjà ? Je n’ai pas vu le temps passer », appuie Flavien.

    La température fraîche ce matin a frigorifié plus d’un explorateur. De retour à bord, Flavien s’offre un moment pour se réchauffer. « À ne pas bouger sous ce ressenti inférieur à zéro, qui plus est en se faisant rincer sur le zodiac, je n’ai vraiment pas chaud, malgré les cinq couches enfilées. »

    Le corps mis à rude épreuve, rien de tel qu’une légère sieste pour reprendre des forces et de la chaleur, avant le repas de midi. Cet après-midi, ils retournent tous à terre pour une nouvelle heure sur cette plage, ils font durer le plaisir, pense Flavien. « L’équipage, dont je ne parle pas assez, est très sympa ! Les repas… Je n’en parle même pas… Une tuerie… Ça tombe bien, trop léger à mon départ, je vais prendre un peu de gras pour la suite de mon trip. » Une fois sur la plage, la brume matinale s’étant estompée, Flavien se métamorphose encore en paparazzi. (Crédits : Flavien Saboureau)

    Plante, faune, Pleurophyllum hookeri

    C’est entre 17 et 18 h que le bateau lève l’ancre. « Je récupère les enveloppes et cartes postales transmises pour qu’elles soient tamponnées sur Macquarie. Quel plaisir de découvrir cet estampillage, se réjouit-il ! Il est temps de faire mes adieux à cette île que je ne reverrai sûrement jamais, celle à la géologie si particulière, la seule à s’être formée sur la croûte océanique. » Durant le débriefing, le programme de la journée de mer de demain est dévoilé. « Elle est bien entendu dédiée à Noël, des repas à volonté s’annoncent, se languit Flavien. Puis un monsieur expérimenté nous présentera sa quête des manchots. Il a observé toutes les espèces dans sa vie. »

    Un autre Noël… Loin des siens

    Tel un habitué, Flavien feuillette les livres et documentations à la bibliothèque et teste le Wi-Fi pour le réveillon de demain. « Il faut payer 25 NZD pour la Wi-Fi. » Ce que refuse Flavien, mais la rumeur indique qu’il est possible de se connecter au Wi-Fi de l’équipage. Ils accèdent seulement à WhatsApp. « Chose faite ! Je le laisse allumé quelques minutes chaque jour, en cas d’urgence familiale. »

    Flavien, plage, Gorfous

    Jusqu’à ce soir, Flavien n’a envoyé aucun message depuis qu’il est en pleine mer. « Cap sur Campbell Island, la Mecque des mégaherbes », se réjouit-il en allant se faxer sous sa couette. Le lendemain, jour du réveillon de Noël, l’Heritage Adventurer se pare d’une ambiance particulière. Surtout lorsque l’on se trouve seul en ce jour, sans un membre de sa famille, comme Flavien.

    La mélancolie le touche, ses yeux observent les croisiéristes, contemplent la joie qu’il partage avec pudeur. La journée alterne entre gourmandise culinaire et bibliothèque. « Ce matin, nous prenons un gros lunch qui remplace le petit déjeuner et le repas du midi. Ils mettent les petits plats dans les grands. » En début d’après-midi, ayant, pour une fois, du temps libre, « je monte écrire mes cartes à la bibliothèque. » Sauf que le besoin de réconfort et d’échanges lui procure des idées, enfin surtout une. « L’idée m’est venue d’allumer WhatsApp. » (Crédits : Flavien Saboureau)

    Les deux heures censées être consacrées à l’écriture se passent à échanger par messages. Charité bien ordonnée commence par soi-même, dit le proverbe. Puis à 17 h, tous sont de retour à table. « Nous attaquons le second repas, qui dure deux trois heures avant la soirée à jouer. Un jeu de questions placé sous le signe de l’humour. » En ce jour, comme si l’océan avait décidé d’épargner les plus fragiles. L’océan est incroyablement calme pour ces latitudes, constate silencieusement Flavien. Le soir venu, il s’attelle à l’écriture de ses cartes postales. « J’en écris six, c’est pas si mal, vu comment c’était parti », s’amuse Flavien qui a recouvré le moral suite aux échanges par messages. À suivre…

  • Accès suspendu à Pornhub, et après…

    Accès suspendu à Pornhub, et après…

    Depuis le milieu de l’après-midi du mercredi 4 juin 2025, certains sites WEB proposant du contenu pornographique sont suspendus. YouPorn, RedTube et Pornhub de l’éditeur Aylo ne sont plus « accessibles » en France. L’un engage la liberté, l’autre la protection des mineurs. « S’ils ne veulent pas protéger nos enfants, alors qu’ils s’en aillent. C’est inacceptable, ce coup de pression qu’ils nous mettent », répond Clara Chappaz, ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du numérique.

    « À partir du 4 juin, nous suspendons l’accès à notre site Internet en France pour s’adresser à vous, nos usagers adultes français ! », écrit Aylo, éditeur de trois sites pornographiques (YouPorn, RedTube et Pornhub). Suite au blocage des sites pornos accessibles aux mineurs, la ministre se targue en affirmant que : « comme un videur en boîte de nuit, il nous faut aujourd’hui une vérification d’âge. » Peut-on encore protéger efficacement les mineurs sur le web, avec en permanence leur smartphone, quand la technologie évolue plus vite que la loi et que les adolescents en maîtrisent déjà tous les codes ?

    La bataille est engagée

    Cette interrogation, que partagent de nombreux parents, enseignants comme juristes, révèle la complexité d’un monde numérique en mutation constante. Les jeunes savent déjà contourner les filtres, créer des comptes anonymes, utiliser des VPN, change de serveur DNS et bien d’autres astuces encore. Face à cela, les lois, souvent lentes à être votées puis appliquées, peinent à suivre dans le WEB 2.0.

    Les internautes français découvrent désormais une page d’accueil vide, car ils sont inaccessibles depuis le territoire. Enfin, pas tout à fait vide, une illustration évoquant le tableau d’Eugène Delacroix « La Liberté guidant le peuple » est proposée avec un texte. La cause ? Une loi française exigeant des sites pornographiques une vérification d’âge plus stricte, destinée à bloquer l’accès des mineurs.

    Sur le papier, l’intention est noble. Éviter que nos enfants, parfois dès 11 ou 12 ans, ne tombent sur des contenus explicites. Les contenus proposés, qui mettent en scène des acteurs et actrices, sont de la fiction, qui peut être souvent violents ou dégradants. La réaction d’Aylo en dit long : elle préfère se retirer que se soumettre à des obligations jugées « dangereuses pour la vie privée » et « techniquement inefficaces ». (Crédits : Pavel Danilyuk/Pexels)

    L’Arcom affiche des statistiques sur un rapport de mai 2023 : dès 12 ans, plus de la moitié des garçons se rendent sur des sites adultes en moyenne chaque mois (12-13 ans, 51 % de garçons, 31 % de filles). « Je refuse que nos enfants grandissent avec la pornographie », assure la ministre. L’étude porte sur 14 111 sites recensés par Médiamétrie, dont 179 sites disposent d’une audience significative, soit plus de 50 panélistes. En précisant que les plateformes de partage de vidéos ou les réseaux sociaux ne sont pas prises en compte.

    Pornographie cs Réalité

    La fiction cinématographique suit l’évolution de la société. Par des expériences neurobiologiques, en faisant visionner des images pornographiques à des mineurs avec des capteurs sur le cerveau, vous observerez des réactions neurobiologiques apparentes sont les mêmes que dans un trauma, explique Marie Estelle Dupont, psychologue clinicienne.

    Quand tout un chacun visionne vidéos et images, les neurones miroirs entrent en jeu. L’apprentissage par répétition produit des traces mnésiques. Nommée aussi « engramme », elle est une modification durable du cerveau résultant de l’encodage d’une nouvelle information. L’apprentissage s’effectue par l’encodage, la consolidation, le stockage et le rappel. Lorsqu’une expérience, un fait ou une compétence est appris, le cerveau ne se contente pas de stocker cette information de manière statique.

    Ce concept fondamental amène à comprendre comment notre cerveau encode, conserve et rappelle les informations. Chaque souvenir, chaque compétence apprise laisse une empreinte durable dans notre cerveau, façonnant notre capacité à naviguer dans le monde.

    « Quand vous aimez le tennis et que vous regardez Roger Federer jouer au tennis, vos neurones miroirs vont faire progresser les schémas moteur. Mais quand vous regardez une scène de crime, une scène de viol, une scène de torture, vous avez des traces mnésiques », explique Marie Estelle Dupont.

    Pour prendre du recul, l’expérience est vitale. Le mineur n’a pas la maturité pour cela. Ce qui explique « quand on fait des enquêtes, il y a 46 % des jeunes qui nous disent qu’ils ont des pratiques violentes. 97 % du temps, c’est des garçons vers les filles, évidemment, puisque dans le porno, on retourne à quelque chose de très archaïque, où, en fait, ce n’est pas la dimension du plaisir qui compte, c’est la dimension de la domination et de la destructivité », martèle Marie-Estelle Dupont. (Crédits : Liza Summer/Pexels)

    Sur les réseaux, de nombreuses vidéos évoquent un chiffre, prônant la quantité à la qualité : le « bodycount ». Ce dernier prône la qualité des personnes. Comme par hasard, une fille qui aurait, selon les suppositions perdrait de sa « valeur » selon certains « influenceurs ». Les mêmes garçons qui ont été biberonnés à la pornographie débridée, où, quand ils émettent une onde cérébrale, pensent que les fictions pornographiques sont la réalité. « Maintenant, il y a une notion de réputation sexuelle où, si les filles ne se soumettent pas à très jeune à certaines pratiques, elles ont peur d’être harcelées et qu’il y ait un espèce d’effet de délation de celles qui ne veulent pas. »

    Temps juridique vs Adolescents

    L’étude de l’Arcom détermine que 57,5 % des garçons de 12 à 17 ans consultent des sites à caractère pornographique, contre 27,25 % des filles du même âge. Pour de nombreuses personnes, cette loi est une avancée essentielle. La bataille entre les législateurs et les adolescents ressemble à un jeu de chat et de souris… sauf que la souris court à la vitesse de la fibre, et le chat s’embourbe dans les procédures parlementaires. La loi française du 30 juillet 2020, comme celle en cours au Royaume-Uni (Online Safety Act, votée en 2023), et la loi étasunienne Senate Bill 287, plus connue sous « S.B. 287 », imposent donc un contrôle renforcé.

    Il est nécessaire de prouver son identité par différents moyens (carte bancaire, reconnaissance faciale…), autant d’outils pour s’assurer que l’internaute est majeur.

    En France, la loi produit ses premiers effets. Côté britannique, elle entrera pleinement en vigueur dans un mois, avec des obligations de « robust age assurance » pour les plateformes. Mais là encore, le rythme reste lent face à la créativité numérique des adolescents. Pendant ce temps, les États-Unis avancent en ordre dispersé. La Californie indique que toute application qui ne limite pas ses contenus nocifs aux mineurs peut être poursuivie en justice. L’approche plus dissuasive que protectrice ne garantit pas non plus une application uniforme à l’échelle fédérale. Partout, les États tâtonnent, contraints de réécrire des lois dans un monde où les ados ont déjà changé de plateforme, de langage et d’algorithmes. Le temps juridique est un temps long, le leur est instantané. (Crédits : Kindel Media/Pexels)

    Finalement, on peut bien légiférer, filtrer, surveiller… Mais peut-on vraiment protéger efficacement les mineurs dans un univers qu’ils comprennent mieux que nous ? Quand la technologie galope, que les codes se déverrouillent à douze ans, et que la loi, elle, marche encore à pas d’escargot ? Cette question, chaque parent se la pose. Mais c’est une question d’éducation. Le comportement, les attitudes, le savoir-vivre sont l’apanage des parents ou de l’État ? Logiquement, l’État produit des enseignements et les parents éduquent leurs enfants. Il est temps de remettre l’église au milieu du village, en affrontant avec lucidité et humilité : nous ne dresserons pas de murailles numériques solides si nous oublions de parler, d’écouter et de transmettre.

  • Akira, ransomware aux allures rétro

    Akira, ransomware aux allures rétro

    Sorti de nulle part ou presque au printemps 2023, le rançongiciel Akira truste les places de choix chez les ransomware. Les victimes, au nombre de 808, se trouvent en particulier aux États-Unis, au Canada, en Allemagne, au Royaume-Uni et au Brésil pour la moitié. Il a depuis plus d’une année gravi des échelons en qualité de Ransomware-as-a-Service (RaaS). Selon Recorded Future, il est l’un des plus actifs et persistants. De très nombreuses victimes dont certaines ne se relèvent pas, et mettent la clé sous la porte.

    Depuis son apparition en mars 2023, le ransomware Akira s’est imposé comme une menace de premier plan dans le paysage cybercriminel. Contrairement à son nom évoquant un manga culte et à son interface néo-rétro, Akira n’a rien d’un jeu. Il s’agit d’un ransomware opérant selon le modèle du RaaS : une plateforme mise à disposition de cybercriminels affiliés, qui partagent les rançons avec les développeurs du code malveillant.

    Une menace persistante au design trompeur

    Akira se distingue par sa stratégie de double extorsion. Ainsi, avant le chiffrement, il exfiltre des données tout en menaçant de les publier si la victime refuse de payer la rançon. Cette méthode décuple la pression psychologique sur les entreprises et organisations ciblées. Des soupçons appuyés notent des liens avec le groupe Conti dissous en 2022. Des migrations d’anciens affidés de BlackBasta provoquent l’explosion de la franchise. Akira présente des similitudes avec le ransomware Conti v2. A minima, les concepteurs d’Akira ont été au moins inspirés par les sources de Conti divulguées.

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    En juin 2023, Avast Threat Labs indique la liste des exclusions de type de fichier. « Akira ignore les fichiers avec les mêmes extensions que Conti, sauf qu’il y a akira_readme.txt au lieu de R3ADM3.txt. » Sur la liste des exclusions d’annuaires, Akira ignore les mêmes dossiers que Conti. Le 29 juin 2023, un déchiffreur est publié par Avast pour cette version.

    Akira exploite des vulnérabilités connues, et notamment CVE-2019-6693, CVE-2022-40684 et notamment la faille CVE-2023-20269 affectant les VPN Cisco ASA, pour s’introduire dans les réseaux. Une fois l’accès obtenu, il utilise des outils légitimes comme AnyDesk pour maintenir un accès distant ou encore WinRAR pour compresser les fichiers volés. (Crédits : capture d’écran/Akira)

    La filiation ou paternité relève de l’achat des droits d’exploitations. « Arctic Wolf s’est concentré sur l’analyse de la chaîne de blocs, estimant que dans les trois transactions suspectes qu’il a observées, les utilisateurs de ransomware Akira ont payé plus de 600 000 dollars au total aux adresses affiliées à Conti », explique The Record.

    Un arsenal technique affûté

    Akira exploite des vulnérabilités connues pour s’introduire dans les réseaux. Une fois l’accès obtenu, il déploie ses tentacules. Ce dernier use d’une méthode de chiffrement complexe. En 2023, les recherches démontrent que le chiffrement s’effectuait via une combinaison des algorithmes Chacha 2008 et KCipher2. Puis, les clés étaient chiffrées avec RSA-4096, destiné à un usage sensible.

    Yohanes Nugroho, chercheur en cybersécurité, détermine que la génération unique des clefs repose sur l’algorithme SHA-256. Qu’en plus, il est appliqué en 1500 tours sur quatre horodatages distincts, à la nanoseconde près ! Il n’y a pas de déchiffrement possible avec des méthodes classiques.

    La faille (sur Linux) que découvre le chercheur est liée à l’utilité même de la protection : l’horodatage. La rétro-ingénierie recrée les clés de chiffrement.

    « Le malware ne s’appuie pas sur un seul moment dans le temps, mais sur quatre moments distincts avec une précision à la nanoseconde. La corrélation entre ces moments permet de limiter le champ de recherche, rendant la force brute plus efficace. » (Crédits : Recorded Future)

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    En début d’année 2025, Akira a lancé une nouvelle version de son logiciel malveillant, écrite en Rust. Cette version cible des extensions de fichiers spécifiques et intègre des mécanismes d’évasion améliorés, rendant sa détection plus difficile. « Cependant, une fois que cela a été publié, les attaquants ont mis à jour leur cryptage. Je m’attends à ce qu’ils changent de nouveau leur chiffrement après que j’ai publié ceci », explique le chercheur.

    Des victimes au nombre de 808

    Depuis son apparition en mars 2023, le ransomware Akira a ciblé 808 victimes, selon Ransomware Live. La moitié d’entre elles se retrouve aux États-Unis (305), au Canada (40), en Allemagne (28), au Royaume-Uni (17), au Brésil (17). En mai 2025, l’entreprise KNP Logistics, l’un des plus grands transporteurs britanniques, a été contrainte à la fermeture après la cyberattaque de juin 2023.

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    Parmi les victimes notables figurent Nissan Australie (12/2023), l’université de Stanford (10/2023), le zoo de Toronto (01/2024), dont les données sont divulguées sur le site de fuite.

    Les dernières victimes en date sont : McKenzie Commercial Contractors (USA, 29/05/2025), AGME Automated Assembly Solutions (Allemagne, même date), Termignoni SpA (Italie, m.d.), et Del Corona & Scardigli (Canada, m.d.)

    Selon des données de Ransomware[.]live, Akira a revendiqué plus de 250 attaques en un an, affectant aussi bien des écoles publiques américaines, des fournisseurs d’énergie (Mississippi Power) que des entreprises agroalimentaires.

    (Crédits : Tima Miroshnichenko/Pexels)

    Si l’entreprise ne paie pas la rançon (allant de 200 000 dollars à plus de 4 millions de dollars des États-Unis sur la base des informations d’Arctic Wolf and Incident Response), le nom et les données de la victime sont publiés sur le site de fuite d’Akira. D’ailleurs, le ransomware revendique les victimes à un rythme effréné : « 54 au mois d’avril, à date, après 62 en mars, et un total de 80 en février. Mais dans ce dernier cas, au moins 21 des revendications se rapportaient à des faits antérieurs. »

  • La facture salée des cyberattaques

    La facture salée des cyberattaques

    Les attaques cybernétiques ne cessent d’augmenter depuis le premier trimestre 2025. Mis à part la violation des données, leur publication ou la vente sur des réseaux annexes, un coût est souvent ignoré. Les cyberattaques sont devenues, à l’ère du tout numérique, des catastrophes économiques aux effets en cascade. Les cas récents de Marks & Spencer et de Coinbase le confirment avec éclat : des centaines de millions d’euros évaporés, des chaînes logistiques perturbées, des cours de Bourse en chute libre.

    Pendant longtemps, les cyberattaques étaient perçues comme des incidents techniques, relégués aux équipes dites informatiques. Aujourd’hui, elles s’invitent au cœur des conseils d’administration, des États, de la géopolitique, de la guerre économique et militaire. Elles redessinent la carte des risques stratégiques.

    M&S : une faille à 300 millions d’euros

    Le 22 avril 2025, une cyberattaque cible le géant de la distribution Marks & Spencer. Dans un communiqué, l’entreprise reconnaît que « la nature de l’incident signifie que certaines informations personnelles des clients ont été volées ». Lesdites informations sont : le nom, l’e-mail, le numéro de téléphone, la date de naissance, l’historique des achats et les détails de paiement en ligne.

    Magasin, Leeds, UK

    Il n’existe, au stade de l’enquête en cours, aucune preuve du partage ou non, des données. La paternité est conférée à une organisation de cybercriminels liés au réseau Scattered Spider externalisant un programme désigné DragonForce. Les victimes les plus connues de Scattered Spider sont les casinos américains : Caesars et MGM Resorts.

    La première attaque du groupe date de 2022. Depuis, cinq membres sont arrêtés, quatre Américains et un Écossais. Ahmed Hossam Eldin Elbadawy, Noah Michael Urban, Evans Onyeaka Osiebo, Joel Martin Evans et Tyler Buchanan. Ce dernier, appréhendé en Espagne en juin 2024, est extradé vers les USA. Au-delà de la somme astronomique, c’est l’étendue des dégâts qui frappe : dysfonctionnement prolongé de l’unité e-commerce, désorganisation de la gestion des stocks, hausse des dépenses de cybersécurité… (Crédits : Mtaylor848/Wikipedia)

    « […] nous avons décidé de suspendre la prise de commandes via nos sites web et applications de M&S.com […] », explique la marque sur son site web. L’objet des intrusions non autorisées n’est plus seulement de simples fichiers volés, mais des modèles économiques, et leurs conséquences peuvent être mortelles pour les entreprises touchées.

    Coinbase : faille humaine et sociale

    À quelques milliers de kilomètres, c’est un autre géant qui semble vaciller. La plateforme américaine d’échange de cryptomonnaies Coinbase révèle avoir été victime d’une attaque aux conséquences potentiellement plus lourdes encore. Les estimations hautes affichent jusqu’à 400 millions de dollars de pertes. « Des criminels ont ciblé nos agents de support client à l’étranger. Ils ont utilisé des offres en espèces pour convaincre un petit groupe d’initiés de copier des données dans nos outils de support client pour moins de 1 % des utilisateurs mensuels de Coinbase. »

    Ce qu’ils ont : nom, adresse, téléphone et e-mail, pièces d’identité, données du compte (instantanés de solde et historique), données d’entreprise limitées. Ce qu’ils n’ont pas : identifiants de connexion ou codes 2FA, clés privées, capacité à déplacer ou accéder aux fonds des clients, accès aux comptes Coinbase Prime…

    L’entreprise a immédiatement rompu ses contrats avec les prestataires impliqués. Au lieu de payer la rançon, la société fait un pied de nez aux cybercriminels. Ils établissent un fonds de récompense de la même somme, 20 millions de dollars pour toute information menant à l’arrestation et à la condamnation des attaquants. De plus, les adresses des cybercriminels sont marquées, afin que les autorités « puissent les suivre et travailler à la récupération des actifs. » (Crédits : Worldspectrum/Pexels)

    Crypto, bitcoin, main

    Ce que révèlent ces deux affaires, c’est que la cybersécurité ne se résume pas à des pare-feu ou des protocoles. Elle touche à l’organisation même des entreprises, à la gestion de leurs partenaires, à la formation de leurs employés, à leur capacité à anticiper les modes opératoires de plus en plus sophistiqués des cybercriminels : l’ingénierie sociale.

    Ingénierie sociale : quand la menace parle votre langue

    Ce n’est plus seulement par la technique que les entreprises chutent : c’est par la parole, par l’illusion, par l’être humain. L’ingénierie sociale, cet art trouble de manipuler les comportements pour accéder à des informations ou à des systèmes, ne cesse de gagner en raffinement suite aux nombreuses fuites de données.

    Pirate, chapeau, corsaire

    Les fautes grossières dans des courriels douteux sont en diminution. Les attaques par phishing, spearphishing… sont de plus en plus crédibles. Le manque d’attention, de temps, la précipitation, le mobile first, fait qu’elles se glissent dans le quotidien d’un employé, sans éveiller le moindre soupçon.

    Et face à cette menace invisible, aucune ligne de code ne suffit. Ce qu’il faut, c’est une éducation., une culture de la vigilance, du doute constructif, de la responsabilité partagée. La cybersécurité ne se décrète pas, elle s’enseigne, se vit, se répète. Cela, aussi bien dans le monde professionnel que dans la sphère familiale. Elle n’est plus l’exclusivité des experts IT, mais elle doit être un réflexe collectif, une éthique du quotidien. Ce n’est pas la technologie qui échoue, c’est souvent la confiance mal placée, le silence gêné, le clic trop rapide. (Crédits : Mateusz Dach/Pexels)


    Parce qu’à l’ère de l’ingénierie sociale, le vrai pare-feu, c’est la conscience humaine. Le plus grand exploit jamais enregistré est le vol de 1,5 milliard de dollars en février à Bybit, deuxième plateforme mondiale de cryptomonnaies. Face à cela, les entreprises commencent à revoir leurs priorités. Mais l’ampleur des réformes à mener est immense : reconsidérer la gouvernance, auditer les chaînes de sous-traitance, investir massivement dans les outils de détection, intégrer la cybersécurité dès la conception des services. Car ce n’est plus une simple menace, c’est une condition de survie.

  • Doublement des cyberattaques en Amérique latine

    Doublement des cyberattaques en Amérique latine

    Il y a moins d’articles publiés sur les attaques cybernétiques de type ransomware, mais pourquoi ? La banalité d’un phénomène devenu courant ? La lassitude des lecteurs ou des journalistes ? Un peu des deux. L’information est dominée par d’autres sujets. Pour autant, les cyberattaques perdurent, les opérateurs derrière les ransomwares ne faiblissent pas, bien au contraire. Le constat est quasiment identique sur le globe terrestre, comme en Amérique latine où les cyberattaques ont doublé au premier trimestre 2025 par rapport à 2024.

    Selon les chiffres de Check Point, les établissements, de la très petite entreprise à la multinationale de la région américaine, ont subi 2,6 attaques par semaine. Une augmentation significative de 108 % par rapport au premier trimestre de l’année passée.

    Les cyberattaques croissent de 47 %

    Le constat est alarmant. « Une augmentation de près de 50 % des menaces cybernétiques dans le monde, avec une hausse de 126 % des attaques par ransomware. » Au premier trimestre de l’année 2025, les cyberattaques ont augmenté de 47 %, ce qui représente une moyenne de 1 925 attaques hebdomadaires (Afrique 3 286, +39% ; Asie-Pacifique 2 934, +38% ; Amérique latine 2 640, +108% ; Europe 1 612, +57% ; Amérique du Nord 1 357, +40 %). À travers la planète et de manière générale, l’éducation termine en tête avec 4 484 attaques par semaine. Suivent le gouvernement (2 678) et les télécommunications (2 664).

    Cyber, ransomware, security

    Si l’Afrique concentre la moyenne la plus élevée, avec 3 286 attaques hebdomadaires, l’Amérique latine n’est malheureusement pas en reste. Elle affiche la plus forte augmentation avec 108 %. La banalité des attaques augmente, quand celles par ransomware croissent de 126 %. L’Amérique du Nord concentre 62 % des incidents mondiaux, l’Europe 21 %. Les biens et services de consommation sont le secteur le plus ciblé (13,2 %).

    « Même les journalistes qui écrivent habituellement sur les ransomwares ne parlent plus des incidents aussi souvent qu’avant. Plusieurs journalistes m’ont même dit que Cl0p s’est plaint que personne ne couvre son exploit Cleo et les fuites de données qui ont suivi », explique Allan Liska, spécialiste du renseignement sur les menaces chez Recorded Future. (Crédits : Darwin Laganzon/Pixabay)

    Allan Liska indique avoir abordé le sujet de la lassitude à l’égard des ransomwares dans les conseils d’administration, mais concernant ces attaques cybernétiques, tous s’en moquent la majeure partie du temps.

    Les différents vecteurs d’attaques

    Les attaques de type ransomware augmentent, affichant 126 % de croissance au niveau mondial par rapport au premier trimestre 2024. Soit un total de 2 289 incidents signalés. Ils usent de faux courriels, de faux messages, de phishing, de spearphishing… mais pas seulement. Le clonage, plus ou moins bien réussi, de sites existants est de plus en plus prégnant.

    Au Mexique, c’est la marque de vêtements de plein air MAJA Sportswear qui met en garde ses clients. Un site WEB reproduisant son image tente d’escroquer les utilisateurs. Cela reflète l’évolution de la société, avec l’utilisation exponentielle de l’intelligence artificielle. Qui plus est, avec la saturation d’information et de communication, qui rend difficile la distinction entre le réel et le virtuel.

    « Ce que nous avons détecté, c’est une tentative de reproduction de notre site. Le design est similaire, les images sont les mêmes, les produits sont les mêmes. La seule chose qui n’était pas authentique était l’intention : il s’agissait d’une escroquerie visant nos clients », explique Jesús Polanco, responsable du commerce électronique de MAJA.

    Comment ça fonctionne ?

    Les cybercriminels clonent la conception et le contenu d’un site en question. Cela ne ressemble en rien au défaçage d’un site. Ils achalandent et proposent des produits à des prix très bas, défiant toute concurrence. Ils obtiennent ainsi vos données personnelles et bancaires.

    Les secteurs les plus touchés jusqu’à présent sont la mode, les cosmétiques et la technologie, mais toute entreprise ayant une présence numérique est vulnérable.

    Comment identifier un faux site ?

    Par des attentions abordables à tout un chacun. Il faut vérifier l’URL du site. Elle doit commencer par « https:// ». Elle correspond lettre pour lettre au domaine officiel. Ne pas faire confiance aux promotions absurdes, trop alléchantes, ni aux liens qui arrivent par courriels ou par les réseaux sociaux non vérifiés. (Crédits : Sid Maia/Pexels)

    Miroir, vêtements, magasin

    Les diverses fuites renforcent la pseudo véracité des messages reçus. En cas de doute, il suffit de choisir votre moteur de recherches préféré, de taper le nom de la marque ou du produit. Consultez toujours les réseaux officiels de la marque, ou encore écrire directement en cas de doute. Jamais, Ô grand jamais votre banque, la direction générale des finances publiques (DGFIP), et tout autre organisme ne vous demanderont de confirmer les données en leur possession.

  • Épidémie de cinétose à bord (10/55)

    Épidémie de cinétose à bord (10/55)

    La transition de milieu solide à liquide est parfois difficile. C’est ainsi que le compagnon indésirable des périples sur l’eau, le « mal de mer », s’invite. Sur un bateau, le décor semble stable. Sauf que la cinétose naît du conflit entre ce que voient nos yeux, et ce que comprend notre oreille interne. Le résultat ne se fait pas attendre : nausées, vertiges, fatigue. Flavien n’éprouve pas cet étrange mal, habitué au roulis avec le Marion Dufresne lors de son voyage vers l’île d’Amsterdam.

    Durant la nuit, « la mer commence à se former. » Dans la cabine 303, c’est Gabriel qui, le premier, fait les frais de cette agitation. « Je l’ai entendu se lever cette nuit pour aller vomir. » Pour le moment, Flavien ne ressent rien. Habitué ou accommodé, ce n’est pas pour cela qu’il est forcément épargné du mal de mer. Pour autant, il ne faut pas crier victoire trop tôt.

    La cinétose de Flavien

    Flavien et Fergus rejoignent le pont n° 5 pour observer l’arrivée du convoi maritime sur les îles Snares. « Ce minuscule archipel est l’un des très rares territoires de l’hémisphère sud à être épargné des mammifères introduits par l’être humain. Toute descente y est interdite. » Ça tombe bien, souffle l’apprenti marin, la mer de Tasman est déchaînée en ce matin du 20 décembre 2024.

    Passerelle, bateau, bouée

    Le chef d’expédition notifie l’impossibilité d’utiliser les Zodiacs pour longer les côtes. L’équipage et les croisiéristes ne sont pas surpris d’une pareille annonce. « Adieu la contemplation des quelques espèces endémiques comme l’emblématique Gorfou des Snares, endémique de ce minuscule archipel », se lamente tout de même l’aventurier.

    Alors, comme de nombreux autres, il occupe l’avant-midi à se déplacer, tel un acrobate, de passerelle en passerelle. Il tente de photographier le maximum de variétés. La liste non exhaustive affiche : Albatros de Buller, Manchot, Albatros timide… « En tout début de matinée, des dizaines de milliers de puffins fuligineux partent à la mer pour se nourrir », raconte avec surprise et bonheur Flavien. Avec deux millions d’individus, ce petit archipel héberge la plus grande population mondiale.

    (Crédits : Flavien Saboureau)

    Le voyage suit sa route en direction de l’archipel d’Auckland. Mais auparavant, ils longent la White Chain et sa colonie d’Albatros de Salvin. L’Heritage Adventurer quitte la protection de l’île et reprend sa route. « La mer est très formée. Des creux de 4 à 5 mètres s’offrent devant nous, je commence à me sentir pataud », blanchit Flavien. Il se repose avant le repas annoncé à 12 h 30. « Je ne dors que trente minutes. Je regrette — sans le regretter — d’avoir traîné hier soir. » Les premiers jours en mer sont toujours éprouvants. Il faut laisser le temps au temps, que l’oreille interne s’habitue à cet incessant roulis.

    À l’abordage d’Auckland Island

    Le lendemain matin, le réveil est à nouveau bien matinal. « Il est 5 h 45, quand le réveil sonne. J’ouvre le rideau. Nous sommes dans la baie », constate Flavien. La pluie fine, qui a fait son apparition hier, est toujours présente. À 7 h, les passagers grimpent sur les Zodiacs. « Nous allons enfin faire nos premiers pas sur les îles subantarctiques néo-zélandaises. » Le petit déjeuner englouti, ils s’équipent en conséquence, puis une longue attente s’effectue dans le couloir avant l’embarquement. « Nous sommes dix par bateau. Nous prenons quelques vagues de plein fouet. » Flavien est satisfait d’avoir acheté une housse de protection pour son appareil photo. Car, c’est passablement humides, qu’ils accostent sur une petite plage de galets.

    Le tracé est aménagé de caillebotis. Puis l’histoire du lieu est contée. « J’avoue ne pas avoir trop écouté, accaparé à photographier les quelques plantes se trouvant sur le chemin. » Telle la gentiane endémique d’Auckland, Gentianella cerina qui est en bouton. « J’espère qu’elle sera fleurie quand nous repasserons dans l’archipel, en particulier sur Enderby Island, à la fin de l’expédition. »

    L’excursion emprunte un semblant de sentier pour rejoindre une autre plage où les zodiacs les récupèrent. De retour à bord, étape obligatoire via la « mudroom » pour laver bottes et cirés. Le manque de sommeil affecte le baroudeur. Une présentation sur l’histoire d’Auckland se propose. « Je suis un peu fatigué. La mer s’est reformée, alors j’en profite pour faire un petit roupillon. » Cet après-midi, ils embarquent à nouveau pour la plus dure des randos de l’expédition, paraît-il.

    (Crédits : Flavien Saboureau)

    Île, pluie, zodiac

    Le bateau se rapproche au maximum des possibilités de navigation. « Il faut quand même faire quinze minutes de Zodiac, autrement dit de tape-cul dans le royaume de Neptune, pour parvenir au pied de l’ascension de l’après-midi », note Flavien. L’accostage est tout aussi sportif. Ils arrivent sur les basaltes recouverts d’algues, mais le front de mer offre ses premières mégaherbes (Anisotome latifolia, Bulbinella rossii), sourit-il. « L’endroit est incroyable, complètement reculé, au fond d’une baie. »

    Le paparazzi en action

    Le groupe entame deux heures de procession en direction d’une colonie d’albatros timides. « Je ferme la marche, car je n’arrête pas de déclencher mon appareil photo. Les espèces nouvelles et endémiques sont partout (Gentianella cerina, Plantago triantha…). » Les végétations sont principalement représentées par Ozothamnus, Myrsine divaricata, Polystichum vestitum, Hebe elliptica et la plus rare Hebe benthamii.

    Fleur, unique, découverte

    Arrivé aux alentours de 200 m d’altitude, Flavien affiche son plus beau et large sourire. « Je suis heureux de tomber sur la minuscule Abrotanella, une Asteraceae qui ne paye pas de mine… Puis une autre, Danamenia vernicosa. »

    Quelques instants passent quand, au pied de la colonie d’albatros, s’expose l’unique pied fleuri de Pleurophyllum speciosum. « Incroyable ! C’est la troisième espèce à ne pas rater du voyage. »

    Puis, durant une demi-heure, Flavien n’est pas seul à contempler la colonie d’albatros timides. À cet instant, de nombreux souvenirs amstellodamois lui reviennent en mémoire.

    (Crédits : Pleurophyllum speciosum/Flavien Saboureau)

    « Les albatros nichent sur des corniches végétalisées, comme dans les falaises d’Entrecasteaux, mais ici sur des mégaherbes : Anisotome, Bulbinella et Stilbocarpa polaris », explique Flavien à mots couverts. Les cris sont semblables à ceux des albatros à becs jaunes : « Quel plaisir ! » Au loin, se devine également le bruit des albatros fuligineux à dos clair, qui remémore les instants passés à Del Cano. Alors que tout un chacun pourrait être blasé après tant de pérégrinations, ce n’est pas le cas de Flavien. L’aventurier du bout du monde profite à fond du moment, avec un paysage incroyable, bien différent d’Amsterdam.

    Toujours en fin de peloton, « je peaufine et améliore mes photos avant de reprendre les Zodiacs », tout en descendant. Une fine pluie s’est invitée pour le retour. Elle leur fouette le visage, tandis que les vagues formées leur « cassent » le dos étant assis sur les boudins des Zodiacs. « Je suis arrivé sur les îles subantarctiques en hélicoptère, en petit avion et désormais en Zodiac. Je me rends compte des incroyables opportunités qui ont pu s’offrir à moi ces quatre dernières années. Tant d’efforts récompensés, même si ceux-là m’auront coûté cher… »

    À bord du Heritage Adventurer, le déjeuner se déguste alors qu’il sort des baies calmes proposées par l’archipel. Ils regagnent l’océan Austral et ses vagues parfois monstrueuses. « Pendant le repas, certaines d’entre elles dépassent la hauteur de la salle de restauration. Le Canadien souffre des conditions… et régurgite son repas sur la table. Il en disperse sur également Sophia et le Néo-Zélandais, les pauvres… » (Crédits : Flavien Saboureau)

    Flavien, selfie, Nouvelle-Zélande

    Faire contre mauvaise fortune bon cœur. « Nous changeons de table et en rigolons pendant les deux heures du déjeuner. » Avant de revenir dans la cabine et de savourer une douche amplement méritée, « je réalise la biosécurité des affaires utilisées ». Un bref instant, la contemplation est de mise. « Il est temps de se poser, de se rendre compte de l’incroyable journée passée », acquiesce Flavien. Désormais, direction l’île de Macquarie, à plus de 600 km de là, où ils arriveront dans quarante-huit heures. Demain sera une journée entière en pleine mer. À suivre…

  • Hana et Naoya, ou la bougie dans le vent

    Hana et Naoya, ou la bougie dans le vent

    La bougie est souvent liée à l’imaginaire collectif. En Orient, comme en Occident, elle se réfère à de nombreuses croyances. Elle est symbole de spiritualité dans de nombreuses cultures. Elle représente souvent la vie ou l’âme humaine une fois allumée. Plongée dans un livre, Capucine est absorbée par les lignes qui défilent sous ses yeux amoureux. La jeune femme, en week-end à Berd’huis, est installée dans la bibliothèque de ses grands-parents, lové dans son crapaud. Elle rêve depuis longtemps à travers la plume des auteurs et autrices.

    Capucine est assise, enfin installée dans le crapaud rouge carmin. Les jambes pointent vers le haut, la tête est légèrement dans le vide. Elle porte son pilou-pilou gris souris, celui avec les oreilles de chat. Délicatement posée sur le vieux tabouret de bois, une tisane fumante, et sa bougie, fleur de cerisier. Elle embaume le salon. Dans ses mains, un livre. Celui de la légende japonaise : Hana et Naoya. « Elle adopte des positions pour lire qui me surprennent toujours. Je ne sais pas comment elle fait », souffle Sépa. « Oui. Cette fois, c’est véritablement original », répond Séki.

    À travers la flamme d’une bougie

    Il était une fois, au sein du hameau paisible Shirakawa-go, bordé par les montagnes et baigné par les brumes légendaires du matin, un conte que l’on murmurait au coin du feu, au cours de l’hiver. Il faut dire que, durant cette saison, le paysage se couvre d’un blanc manteau épais et cotonneux. Désormais réputé pour ses maisons traditionnelles, au toit de chaume, appelées gasshō-zukuri, et inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Comme partout au Japon, contes et légendes y naissent.

    C’est l’histoire de deux âmes sœurs, liées par un amour profond et vulnérable, comme la lumière vacillante d’une bougie dans la brise printanière. Au sein des alpes japonaises, le temps qui dure est rude. Une vie de labeur, où les différences de rangs sociaux sont marqués. Mais revenons quelques temps en arrière.

    Elle porte le prénom d’Hana, une jeune femme à la beauté douce et à l’esprit libre. Ses cheveux soyeux et son teint impeccable attirent tous les regards. Lui, Naoya, était un artiste dont les toiles captent d’ores et déjà l’essence même de la nature : la fragilité des fleurs, la danse des feuilles sous le vent, la perfection des fleurs de cerisier. Leurs regards se croisent un soir d’automne, alors qu’une fête est donnée pour célébrer la récolte du riz.

    (Crédits : Petra/Pixabay)

    Ce soir-là, le vent souffle fort, et les bougies, dispersées çà et là, luttent pour leur survie. Hana et Naoya, au détour d’un regard, se virent dans la lueur tremblotante. Leurs mains se frôlent, un instant, une étincelle illumine le ciel étoilé. Mais leur amour est comme la bougie, aussi fragile que le vent lui-même. « La vie est une bougie dans le vent », chuchotait le vieux sage ayant capté cet instant bref et subtil. Hana et Naoya le comprirent.

    Le fragile destin

    Leur amour naît dans la douce lumière d’une bougie, mais tout autour d’eux, le vent souffle, menaçant d’éteindre ce fragile éclat. Ils ne sont pas du même rang social. Comme la flamme danse, leur relation est fragile. Ils se retrouvent la nuit, sous le ciel auréolé d’étoiles, et leur innocence est à l’image de leurs conversations, pleines de promesses que l’aube efface. Leurs échanges, tel le crépitement de la cire fondue, sont vivants et audacieux. Hana rêvait de voyager au-delà des montagnes, et Naoya voulait peindre l’immensité de la mer, telle La Grande Vague de Kanagawa.

    Mais un souffle plus prégnant amène avec brutalité le retour à la réalité de leurs rangs. Aucun des deux ne peut fuir cette réalité. Le vent incessant produit par leurs familles ignore l’amour naissant, qui hante et brouille leurs rêves.

    Ce vent, ce souffle inconstant, semble incarner la fatalité de leurs simples existences. Comme un amour d’adolescents, un soir d’été. Les jours passent. Les nuits s’éternisent. Chaque rencontre entre Hana et Naoya semble être la dernière. La bougie, leur bougie, toujours allumée, brûle la cire de leur amour, l’use, laissant place à l’ombre de leurs familles. Malgré tout, chaque instant, chaque battement d’ailes, chaque bruissement de feuille, chaque seconde de ce temps passé ensemble semblait précieux. Brûlant et plus vivant que tout ce qu’ils avaient vécu auparavant. (Crédits : Đức Thắng Hồ/Pexels)

    Un jour, une tempête violente s’abat sur le village. Le vent souffle si fort que toutes les bougies s’éteignent. Les flammes vacillèrent un dernier instant, et puis… Hana et Naoya se retrouvent dans le noir, séparés par la distance, par la vie, par le destin cruel de la lourdeur des protocoles. Si vous voyez des ombres perdues, tels des souvenirs effacés par la bourrasque de vent sur le sable, faisant bruisser les feuilles des arbres, chanter les oiseaux, asseoir le silence assourdissant d’un coucher de soleil, alors vous aurez eu la chance d’apercevoir Hana et Naoya. La flamme qu’ils avaient allumée possède l’éclat fragile qu’aucun vent, ni tempête ne pourrait vraiment éteindre. Quelle histoire souhaitez-vous vivre en allumant cette bougie posée sur votre table ?

  • Black-out : Quand le monde s’éteint

    Black-out : Quand le monde s’éteint

    Un black-out électrique survient lorsque l’équilibre entre la production et la consommation s’effondre. Contrairement à une panne locale, ce genre d’incident affecte de quelques milliers à plusieurs centaines de millions de personnes. Ce qui met en lumière la complexité des systèmes de production contrôlés et non. Retraçons les plus grands black-outs de l’histoire contemporaine, leurs causes profondes, leurs conséquences sociales et économiques, et les solutions envisagées pour éviter qu’un simple incident ne déclenche une réaction en chaîne.

    Le 28 avril 2025, l’Espagne et du Portugal se retrouvent sans électricité. Cette panne temporaire s’ajoute à une liste déjà longue de blackouts au niveau mondial. De l’Inde aux États-Unis, en passant par le Pakistan et le Bangladesh, ces incidents nous rappellent à quel point nous sommes dépendants de la fée électricité.

    L’Espagne et le Portugal plongés dans le noir

    Le black-out est une panne de mise à disposition de l’énergie électrique. Elle peut être complète, ou partielle en temps de guerre. La panne historique est sans précédent en Espagne. Elle est parmi les plus importantes d’Europe. Durant douze heures, 55 millions de personnes se retrouvent reconnectées à l’être humain et la nature. La panne est racontée par la presse mondiale, mais détaillée par El País. En Europe, cet incident n’est dépassé que par la panne touchant l’Italie en 2003. Elle prive aux environs de 56 millions de personnes, d’électricité selon les estimations.

    Les différents réseaux électriques sont interconnectés. En 2003, en Italie c’est une défaillance du réseau suisse qui a surchargé les interconnexions à l’origine de la panne. La panne qui touche l’Espagne le 28 avril 2025, connaît des rebondissements sur l’Île de La Palma, aux Canaries, ou presque.

    Ce jeudi 8 mai 2025, près de 30 000 personnes sont touchées par l’interruption de fourniture d’énergie entre 10 h et midi. Les viles touchées sont les villes de Los Llanos de Aridane, Breña Alta, Santa Cruz de La Palma et Fuencaliente. L’origine serait une panne localisée dans la sous-station de Los Guinchos. Les sociétés, Endesa et Red Eléctrica sont à pied d’œuvre pour déterminer l’origine de la panne. Si bien qu’en moins de deux heures, la fourniture est rétablie sur l’Île de La Palma. (Crédits : ahafid/Pixabay)

    « Nous devons entreprendre les améliorations nécessaires pour garantir l’approvisionnement et la compétitivité future de notre système », tweete le Premier ministre Pédro Sánchez. La Commission européenne disposera d’un rapport sur l’incident : date estimée à septembre 2026. Plusieurs hypothèses sont avancées sur la panne du 28 avril en Espagne et au Portugal : baisse de production d’électricité renouvelable, trop forte production d’électricité renouvelable injectée dans le réseau, cyberattaque…

    Les plus grands black-out au niveau mondial

    AnnéeLieuCauseAffectés en millionsDurée
    2012IndeDéfaillance technique6209 h 30
    2023PakistanDéfaillance technique230De 19 h à 21 h
    2001IndeDéfaillance technique230
    2021PakistanDéfaillance technique20022 h
    2014BangladeshDéfaillance technique15012 h
    2022BangladeshDéfaillance technique1407 h
    2015PakistanDéfaillance technique140
    2019JavaDéfaillance technique120
    2005Java-BaliDéfaillance technique100
    1999BrésilOrigine climatique97
    2015TurquieDéfaillance technique70De 1 h 30 à 6 h 30
    2009Brésil et ParaguayOrigine climatique607 h
    2003ItalieDéfaillance technique56De 5 h à 18 h
    2025Espagne et PortugalÀ déterminer55
    2003USA et CanadaDéfaillance technique55De 7 h à 96 h
    La grande majorité des incidents impliquent une perturbation du réseau provoquant une série de pannes, voire des pannes en séries. Les origines sont diverses et variées : une défaillance technique, une origine humaine ou un phénomène météorologique.

    Le cas de l’Italie, un certain 28 septembre 2003

    Si pour l’Espagne, l’enquête est en cours, la panne italienne de septembre 2003 est documentée. Le rapport de l’Union pour la coordination du transport de l’électricité (UCTE) contient 128 pages. Le condensé de l’examen de la séquence permettant d’identifier les causes se lit, en page 55. L’événement s’est produit au moment de la semaine où la charge était proche de son minimum, expliquent les experts.

    Les échanges transfrontaliers trouvent leur origine dans les différences de prix. « Ce ne sont pas les consommations nationales qui définissent le niveau des échanges, mais la capacité de transport du système lui-même. »

    Le point d’origine se situe sur une ligne à haute tension de 400 kV, entre Lavera et Mettlen, en Suisse. La ligne est désactivée à 3 h 01. Des branches touchent des câbles, ce qui provoque un court-circuit. La charge est détournée vers d’autres lignes, les surchargeant. Il s’en suit une cascade de déséquilibres dans le réseau électrique interconnecté.

    À 3 h 25, l’Italie est isolée du reste du réseau européen. Une chute de la fréquence est causée par une production insuffisante et une demande nationale élevée. (Crédits : Ciro Palomba/Pexels)

    Le territoire italien, sauf la Sardaigne et une partie de la Sicile, est privé d’électricité. 56 millions de personnes sont affectées. Des pannes dans les transports, des blocages dans les ascenseurs et des perturbations majeures se produient. Ce blackout est un exemple d’effondrement systémique dans un réseau interconnecté, où une défaillance locale, ici en Suisse, combinée à un manque de coordination en temps réel, provoque une panne nationale.

  • Tu tires ou tu pointes ?

    Tu tires ou tu pointes ?

    Les 40 ans d’Ozalee, fille de Sépa Phot et Séki Kharéson, se fêtent dans sa bourgade où vit le couple. C’est à Saint-Georges les Ballargeaux, dans la Vienne (86) que la fête se déroule. Les mises en bouche avec l’apéritif, le repas, l’ambiance, les gages… puis vient le moment de faire la sieste, de se balader ou bien de jouer à pétanque. C’est à ce moment que Sépa Phot sort de son coffre de voiture sa triplette avec le cochonnet. Les amis, les convives suivent, tous se retrouvent au bord du terrain pour en découvre. Mais savez-vous d’où provient la pétanque ?

    Gentiment, les équipes se forment. Vu les candidats à l’affrontement, trois équipes de triplette se forment. Les rôles partagés, la hiérarchie installée, la partie peu enfin commencer. C’est au tour de Sépa de lance sa boule pour coller au plus près du cochonnet. Bien loin de son terrain habituel de Nogent-le-Rotrou, il s’accommode.

    Une histoire particulière, du nord au sud de la France

    Les tentatives de déstabilisation s’enchaînent. Ozalee s’amuse à se positionner dans la ligne de mire de son père, pour le désorienter. « Je n’ai jamais vu ça », souffle Sépa, le sourire aux lèvres. « D’ailleurs, sais-tu, ou connais-tu l’origine ce la pétanque », s’enorgueillit Ozalee. « Alors là tu me poses une colle », répond-il.

    Au temps de l’Empire romain, le jeu de boules aurait été introduit en Gaule. Elles passent d’une fabrication en argile, en pierre, en bois puis à notre ère en acier. À la Renaissance, la noblesse s’empare du jeu à l’identique du bilboquet, comme du jeu de paume.

    Chemin faisant, elle prend racine dans le sud-est comme dans les frasques de Marcel Pagnol. Pourtant au XIXe siècle, chaque région de France y va se son grain de sel. Elles introduisent une variante d’usage. Dans la cité des gones, la Lyonnaise se développe. Les méridionaux, pour ne pas dire les Marseillais se passionnent pour la longue ou jeu provençal. La naissance officielle date de l’année 1907, à La Ciotat. Jules Hugues dit « Lenoir » propose de s’ancrer au sol, avec les « pieds tanqués ». Le nom est dérivé de l’expression provençale « pèd tanca ».

    (Crédits : joelARFIjoel/Pixabay)

    Ce choix s’explique par une légende qui raconte que Jules Hugues, passionné de provençal, souffrait de rhumatismes l’empêchant de jouer en prenant de l’élan. Le premier concours officiel, se déroule trois années plus tard à La Ciotat, sur le terrain du café « La Boule Étoilée », alors dirigé par les frères Ernest et Joseph Pitiot. Depuis la création, en 1959, les championnats du monde sacrent très régulièrement la France.