Il y a près de quatre siècles que le cardinal de Richelieu signe les fondements de l’Académie française. Du haut Moyen Âge au début du XVIIe siècle le langage français prend ses lettres de noblesse. Il passe d’un état vulgaire à l’égalité en termes de dignité face au latin. L’évolution de la société admet les femmes à siéger au sein de l’institution. La première d’entre elles est Marguerite Yourcenar, en 1980. La première tentative est issue de Jean le Rond d’Alembert qui en 1760 propose la candidature de Julie de Lespinasse.
En 1629, neuf personnalités décident de se rencontrer, une fois par semaine, chez l’une d’elles, Valentin Conrart. Le groupe littéraire, dit « cercle conrart » se rassemble au 135 de la rue Saint-Martin. Son domicile parisien s’impose, car il est le plus facile d’accès. La rue fait désormais face au Centre Pompidou. La première assemblée ayant fait l’objet d’un compte rendu signé par Conrart date du 13 mars 1634. Le nom usuel « Académie française » est adopté huit jours plus tard. Les membres se dénomment « académistes », puis « académiciens » dès le 12 février 1635.
L’Académie française : un projet de Richelieu
Quinze jours auparavant, le 29 janvier 1635, le cardinal Richelieu, ministre de Louis XIII, décide de donner un cadre officiel à ce cercle d’érudits : l’Académie française est née. Cette naissance est jalonnée d’étapes. La première se trouve être les serments de Strasbourg en 842. La seconde rédigée par François 1er en 1539, est l’ordonnance de Villers-Cotterêts. Né François d’Angoulême, il fait du français la langue administrative et judiciaire commune à l’ensemble du royaume. Le français remplace le latin.
Richelieu est conscient de l’importance de la langue dans le rayonnement du royaume. Il officialise ces rencontres par un arrêt du Conseil et leur attribue un statut unique. L’Académie française, composée de 40 membres appelés les « Immortels » est née. Elle en compte depuis sa création 742. Sur les 36 sièges occupés, six sont occupés par des femmes (onze au total). Le fauteuil 3 est déclaré vacant depuis le 23 janvier 2025. La vacance n’est pas encore déclarée pour les 11, 14 et 22.
Les missions de l’Académie : garantir l’unité et l’élégance du français. Au XVIIe siècle, la langue française est en pleine expansion en Europe. Richelieu saisit l’importance diplomatique et littéraire du français. Il peut devenir une langue diplomatique, à condition qu’elle soit rigoureusement codifiée. L’Académie devient un instrument stratégique de pouvoir « doux ». Cela renforce l’influence culturelle et politique de la France sur le continent européen. (Crédits : Glotz/Wikipedia)
Dès ses origines, l’Académie française s’est vu confier plusieurs tâches essentielles. L’une d’entre elles, la rédaction d’un dictionnaire destiné à fixer et enrichir la langue vivante. Le premier « Dictionnaire de l’Académie française » paraît en 1694, marquant un tournant dans la normalisation du français. Aujourd’hui encore, l’Académie ne cesse de publier des éditions actualisées, reflétant l’évolution naturelle de la langue tout en préservant ses bases.
Une évolution qui traverse les âges
Depuis sa fondation, l’Académie française traverse monarchies, révolutions et républiques, en adaptant ses pratiques aux besoins de chaque époque. De nouvelles questions se posent aujourd’hui, notamment sur l’intégration de mots issus d’autres cultures ou de l’univers numérique. Mais, sa vocation reste inchangée : veiller sur la langue française tout en respectant son dynamisme et sa diversité. Le premier dictionnaire débute son écriture en 1638, il est achevé en 1694. La neuvième édition est achevée. Elle se compose de quatre tomes. Le premier de A à Enzyme (1992), de Éocène à Mappemonde (12/2000), de Maquereau à Quotité (11/2011), enfin de R à Z + addenda des tomes 1 à 3 (11/2024).
Lors de sa dernière parution, elle heurte la sensibilité de certains. Un collectif de linguistes s’insurge à travers dix points.
Dans une tribune publiée dans Libération, le collectif des Linguistes atterré relève qu’il manque des mots devenus courants tels que « coronavirus », « daron » ou « féminicide ». De plus il détermine « plus que contestables », la définition « d’hétérosexuel», qui est, selon l’Académie française, « relatif à la sexualité naturelle entre personnes de sexe différent ».
Or la sexualité a pour vocation naturelle la perpétuité de l’espèce humaine, comme de toute autre espèce animale. L’être humain est un mammifère doté d’une certaine intelligence.
(Crédits : sauvageauch0/Pixabay)
L’Académie française, à travers ses traditions et son engagement, illustre le lien profond entre langue, culture et identité nationale. Plus qu’un simple organisme, elle est un symbole vivant de la richesse de la langue française. La prochaine fois que vous utilisez un mot ou une expression française, vous penserez à cet héritage qui continue de façonner notre manière de penser et de communiquer.
Alors que TikTok est une menace pour la sécurité nationale des USA explique le sénateur John Tune, il n’est plus accessible le 19 janvier 2025, et rétablit le quelques heures après par le président Trump, pas encore investi. Sauf que ce réseau social est utilisé principalement sur smartphone. Récemment, des militaires français dévoilent, malgré eux des informations sensibles, à cause d’une application. Si l’ensemble des médias jettent l’opprobre sur les militaires français, ils ne sont pas les premiers ni les derniers. Néerlandais, Allemands, Américains, Russes, Israéliens… avant eux.
L’affaire semble détonante, voire explosive, cela dit elle est fâcheuse. Fournir des renseignements militaires à travers l’utilisation d’IoT ne devrait pas arriver… et pourtant. Comme l’explique Le Monde, « StravaLeaks : des dates de patrouilles des sous-marins nucléaires français dévoilées par l’imprudence de membres d’équipage ». L’application précise alors que « la Heatmap ne contient que des activités publiques et respecte tous les paramètres de confidentialité ». Des titres révélant cette affaire malheureuse sont nombreux. Mais est-ce la première fois sur le globe terrestre ?
Informations confidentielles divulguées
Les bases militaires et autres lieux stratégiques sont soumis à des protocoles stricts de sécurité. Il sera probablement renforcé très prochainement. Mais ce n’est pas la première et dernière fois que ce genre d’affaires existent. Si les révélations de 2024 font grand bruit, en 2018 se déroulent des fuites également à travers des applications, et une enquête approfondie. En 2022, l’exploitation de l’application Strava révèle l’emplacement de sites sensibles en Israël, tels l’emplacement précis des bases de l’armée de l’air, le quartier général du Mossad et les bases de renseignements militaires.
Dans chaque lieu stratégique, les employés montrent patte blanche. À travers scanners, système de reconnaissance faciale et équipes cynophiles, fouilles des voitures… Les téléphones portables et autres appareils électroniques y sont interdits.
L’enquête publiée fin octobre 2024 par le journal Le Monde affole les services de sécurité partout sur terre. « Les déplacements hautement confidentiels du président américain Joe Biden, de ses rivaux Donald Trump et Kamala Harris et d’autres dirigeants mondiaux peuvent être facilement suivis en ligne grâce à une application de fitness utilisée par leurs gardes du corps, a révélé une enquête du journal français Le Monde », indique Irish Independent.
Un triptyque du Monde dans lesquels Sébastien Bourdon, Antoine Schirer et Cellule Enquête vidéo dévoilent les dessous de l’affaire. Dans ce dernier volet, les traces numériques concernent des militaires de la base opérationnelle de L’île Longue, comme en 2018. Ce lieu hautement stratégique abrite la composante océanique stratégique de la dissuasion française, à savoir quatre sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE). (Crédits : Jakub Zerdzicki/Pexels)
La base opérationnelle de l’île Longue protège en son sein les quatre SNLE : le Triomphant, le Téméraire, le Vigilant et le Terrible. Ils sont « admis au service actif respectivement en 1997, 1999 et 2004 et 2010 bénéficient des matériels les plus modernes ainsi que d’une discrétion acoustique accrue ». Ils emportent l’arme nucléaire, le M51.
Les indiscrétions malheureuses
En septembre 2017, Strava lance sa « Global Heatmap ». Elle cartographie l’ensemble des trajets empruntés par ses utilisateurs. Cerise sur le gâteau, plus un itinéraire est emprunté, plus son tracé est épais et lumineux. En 2018, le siteDe Correspondent à travers les quatre auteurs révèle une enquête minutieuse dont le titre est « voici comment nous avons trouvé les noms et les adresses des soldats et des agents secrets à l’aide d’une application de fitness simple ».
L’article met en lumière une problématique cruciale concernant la sécurité des données personnelles et les dangers liés à la géolocalisation. Les auteurs expliquent comment l’appli fitness Polar a permis de révéler les identités et les localisations de militaires, d’agents de renseignement… travaillant sur des sites hautement sécurisés.
Tout comme d’autres applis (de fitness), elle collecte et affiche publiquement les données de ses utilisateurs (parcours GPS, noms, photos, jusqu’à parfois les coordonnées).
Ils ont également repéré des membres de la NSA aux États-Unis et d’autres agents en poste dans des zones sensibles (Gao au Mali, Guantanamo Bay à Cuba, possible GRU à Moscou, le MI5, le GCHQ). Cette révélation montre que des informations critiques, qui devraient être protégées, sont accessibles à quiconque sait où chercher.
Les applications de fitness, comme d’autres outils IoT, capturent des volumes considérables de données sensibles, mais leur sécurité est souvent reléguée au second plan au profit de la facilité d’utilisation et de l’engagement utilisateur. Cet exemple démontre comment des données a priori anodines peuvent être exploitées pour des activités malveillantes ou de l’espionnage. (Crédits : Plann/Pexels)
Ils expliquent que « les coordonnées GPS pour ces sites sont incroyablement faciles à trouver — souvent en utilisant Google Maps, et sinon via Wikipédia ». Leurs recherches en fonction des données publiques laissent sans voix. Ils identifient « un inspecteur général de l’armée américaine qui fait des tours autour de Guantanamo Bay ; plusieurs soldats américains à l’aéroport international d’Erbil, dans le nord de l’Irak ; plusieurs soldats français à une base militaire à Gao (Mali) ; et un analyste américain qui s’occupe de Fort Meade dans le Maryland, où se trouve également la NSA. » Puis via Endomondo « trois sergents et un administrateur de système à Guantanamo Bay ; Conseiller auprès des chefs d’état-major interarmées au fort Meade ; et deux soldats à l’aéroport international d’Erbil ».
Le plus gros tremblement de terre jamais enregistré se déroule le 22 mai 1960 à Valdivia, au Chili. Il apparaît sur l’échelle de Richter à la magnitude de 9,5. Il est 15 h 11 min et 17 secondes, quand le mégaséisme ravage tout. L’épicentre est déterminé proche de la ville de Lumaco, au Chili. Elle se situe à environ 570 kilomètres au sud de Santiago du Chili, la capitale. Comment se forment-ils ? Pourquoi l’échelle de Richter ? Pourquoi parle-t-on de magnitude et d’intensité ? Comment se mesurent-elles ?
Un tremblement de terre, ou séisme est un phénomène sismique causé par la libération soudaine d’énergie dans la lithosphère. La croûte terrestre se divise en plusieurs plaques tectoniques. Les principales plaques sont au nombre de vingt-trois. Les failles sont décrochantes (San Andreas), verticales, obliques, inversées (Nojima)…
La formation d’un tremblement de terre
Quand la Terre tremble, c’est notre monde qui vacille. Les tremblements de terre naissent des interactions entre les plaques tectoniques. Ces mouvements, lents et imperceptibles à l’être humain, exercent une pression colossale sur les roches de la croûte terrestre. Les étapes principales de formations se divisent en quatre parties.
Premièrement, l’accumulation de l’énergie tectonique. Les plaques tectoniques sont portées par les courants de convection du manteau terrestre. Leurs avancées s’effectuent sur des millions d’années. Les zones de contact, ou failles voient les forces de compression, d’extension ou de cisaillement s’accumuler. La roche, bien qu’élastique possède une limite de résistance.
Puis, lorsque cette limite est franchie, il y a une rupture de la roche. Une énergie considérable sous forme d’ondes sismiques se propage dans toutes les directions depuis le point de rupture. Troisièmement la propagation des ondes sismiques se classe en trois catégories.
Les plus rapides, qui dilatent et compriment les roches se nomment Ondes P (Primaires). Plus lentes, les ondes S (secondaires) provoquent des mouvements de cisaillement perpendiculaires à leurs directions.
Enfin, les ondes de surface sont responsables des dégâts majeurs. Elles se propagent en surface, instaurent des vibrations verticales et horizontales.
Ils sont d’origine tectonique, causés par le mouvement des plaques, d’origine volcanique, avec l’accumulation de magma, d’origine artificielle ou humaine, comme durant le concert de Taylor Swift à Seattle.
(Crédits : samimibirfotografci/Pexels)
Les tremblements de terre sont classés selon le mouvement de plaques. Le cisaillement est le résultat d’un glissement horizontalement de l’une contre l’autre (faille de San Andreas). La collision, de plaque indienne contre la plaque eurasiatique, donne naissance à l’Himalaya. La divergence est l’éloignement de plaques. Elles créent des dorsales océaniques (médio-atlantique). Enfin, la subduction, où une plaque glisse sous une autre (ceinture de feu du Pacifique).
Les échelles de mesure (Richter, MW, MSK-64…)
Différentes échelles existent pour mesurer secousses et ondes sismiques. L’échelle dite de Richter est créée en 1935 par le sismologue américain Charles F. Richter. Elle mesure la magnitude des tremblements de terre. Bien qu’elle ne soit plus la plus utilisée, elle est la référence du grand public, car plus accessible pour les non-spécialistes.
Il existe l’échelle d’intensité de Mercalli modifiée (MMI, 1902), puis en 1935 l’échelle ouverte de Richter. Révolutionnaire, l’échelle de Richter a progressivement été remplacée par une plus moderne.
En 1979, deux chercheurs au Caltech en Californie, Thomas Hanks et Hiroo Kanamori, proposent un nouveau mode de calcul pour la magnitude d’un séisme.
L’échelle de magnitude de moment (Mw) par exemple. Plus précise pour estimer l’énergie totale libérée, surtout pour les séismes très puissants (supérieur à 7).
Introduite dans les années 1970, l’échelle de magnitude de moment est le standard pour mesurer la magnitude des séismes. Elle repose sur une analyse physique de l’énergie libérée. Elle prend en compte : la surface de la faille rompue, le déplacement des plaques tectoniques, la rigidité des roches. Universelle pour mesurer, quels que soient la profondeur et le type de tremblement de terre.
Entre-temps la MSK-64 (fondée par Medvedev, Sponheuer et Karnik en 1964). Similaire à l’échelle de Mercalli, elle est utilisée principalement en Europe et en Asie. L’échelle de magnitude de surface (Ms), l’échelle de magnitude des ondes de volume (Mb) et l’échelle de Kanamori (magnitude énergétique). Elle sera intégrée en 1981 à la définition de l’échelle macrosismique européenne sous MSK81, avant la version EM92 pour désormais être EMS98 (page 12).
(Crédits : Mohammed Soufy/Pexels)
L’utilisation des différentes échelles en les combinant permet d’obtenir une vue détaillée et complète. L’interaction entre Richter/Mw quantifie la puissance globale. L’interaction de Mercalli et MMI, permet une analyse de l’impact sur les populations et les infrastructures. Enfin MS et Mb apportent une étude détaillée des types d’ondes.
Magnitude, intensité et dégâts
L’IRSN explique que « les médias font souvent référence à la magnitude du séisme sur l’échelle ouverte de Richter. » Pour autant, la détermination de la force des séismes se base sur deux indications : la magnitude et l’intensité. La magnitude est la mesure logarithmique de l’énergie libérée par un séisme, quand l’intensité est la valeur numérique de diverses grandeurs, exprimant l’importance, l’amplitude d’un phénomène.
La magnitude est caractéristique de l’énergie libérée par la rupture de la faille, alors que l’intensité est la résultante des secousses à un endroit donné (ressenti, dégâts…).
Le 17 janvier 1994, à Northridge en Californie (USA), un tremblement de terre de 6,7 sur l’échelle de Richter se produit à 4 h 30. Des ponts et des autoroutes sont détruits, 57 personnes sont décédées, plus de 9 000 blessés et plus de 20 milliards de dollars de dégâts.
Le 11 mars 2011, peu avant 15 h se déroule le grand tremblement de terre du Japon (東日本大震災, Higashi nihon daishinsai). Une magnitude de 9,1 sur l’échelle du moment (Mw) déclenche un tsunami. Des vagues de 40 mètres de haut ravagent la côte. Des milliers de disparus, 15 899 morts, et la catastrophe de Fukushima et de sa centrale nucléaire.
Lors de séisme supếrieur à 7 sur l’échelle ouverte de Richter, l’échelle du moment est plus précise. Elle prend en compte l’ensemble de la faille et de l’énergie totale libérée.
Un tremblement de terre dans le centre de l’Italie à L’Aquila est mesuré à 5,8 (Richter) et 6,3 par Mw. L’intensité Mercalli modifiée (MMI) oscille entre IX et X dans les zones les plus touchées.
La chine n’est pas épargnée le 28 juillet 1976 à 3 h 42. Dans l’édition de Hong Kong de l’ouvrage Modern History of China de Xu Zhongyao, « un rapport secret du gouvernement a dénombré 655 237 morts et 779 000 blessés», tandis que « les chiffres publiés plus tard par la China Earthquake Society étaient beaucoup plus bas ». Le rapport officiel a fait 242 769 morts et 164 851 blessés graves. Mesuré par l’échelle de surface à 7, 5 et XI (Extreme) sur MMI. La ville est complètement détruite.
(Crédits : Jan Schwebel/Pexels)
Le séisme du 27 mars 1964 à 17 h 36 touche l’Alaska. La magnitude relevée est de 9,2 sur l’échelle Mw. À la suite du séisme, 131 personnes sont décédées. Le tsunami perpétré se propage en Colombie-Britannique, Washington, Oregon et Californie. Des tsunamis ont causé des dégâts à Hawaï ainsi qu’au Japon. L’éruption du Krakatoa commence le 20 mai 1883 pour se terminer le 21 octobre de la même année. L’effet produit des ondes de choc qui font plusieurs fois le tour de la terre. Plus de 36 000 décès principalement dus au tsunami provoqué. Mais c’est également à 10 h 2, le 27 août la production du bruit le plus fort jamais enregistré : 310 dB.
Il fête ses 35 ans d’existence, le 12 décembre 2024. Le premier ransomware ou rançongiciel date de la fin des années 80. Son but, par chiffrement de données : extorquer de l’argent. Le premier à se faire connaître est PC Cyborg Trojan, codé par Joseph Popp. Depuis les cyberattaques ne cessent de faire la une des journaux print ou web. Il n’est pas une société qui soit épargnée. Si l’année 2023 vit le paiement de un milliard en rançon, ce montant pourrait devenir astronomique dans le futur.
La population mondiale découvre depuis quelques années, vers 2008, un phénomène : les ransomwares ou rançongiciels. Depuis l’avènement des réseaux sociaux, tout est dit est son contraire. La première affaire internationale parlant de clef de déchiffrage moyennant une somme d’argent date du 11 décembre 1989.
Voyage dans le passé
Le virus du SIDA découvert par le Professeur Montagnier fait des ravages à travers le monde. Les années 80 voient une recrudescence de contamination par ce virus mortel. Pour comprendre l’étendue d’une contamination, il faut trouver le patient zéro, puis effectuer de la rétro-ingénierie. En 1989 éclate le scandale des disquettes connues sous le nom « AIDs Trojan ». Ce cheval de Troie est considéré comme le premier ransomware.
La Ketema & Associates distribue par voie postale, des disquettes (5 pouces 1/4) contiennent le code source d’un programme d’information et de prévention contre le sida.
Mais elle contenait également un autre programme. Ce dernier s’installe silencieusement. Il se met en ordre de marche après 90 redémarrages. Il chiffrait des informations sur le système d’information, et les données personnelles.
Puis un message exige 189 dollars pour obtenir la clef de déchiffrement. Elle est à régler sur un compte au Panama pour la société PC Cyborg. L’enquête nécessite l’intervention d’Interpol. Après plusieurs pistent, les inspecteurs s’orientent vers le Panama. Mais l’armée des États-Unis envahit le pays le 20 décembre 1989.
Le hasard n’existe pas. Les autorités aéroportuaires douillent les bagages d’une personne en transit à Amsterdam pour du Kenya se rendre aux États-Unis. La police saisit un tampon de la société PC Cyborg. Sans élément, le citoyen américain Joseph Popp poursuit son voyage.
(Crédits : Walter Koch/Wikipedia)
Il est arrêté le 2 février 1990 par le FBI près de Cleveland, puis extradé vers le Royaume-Uni où il est incarcéré à la prison de Brixton. Déclaré « public disgrace », il est inapte à être traduit devant la justice britannique. Il ne sera pas inquiété par la justice américaine, mais condamné par contumace en Italie. L’étude des disquettes et du chiffrement donnent lieu à des critiques. L’utilisation du chiffrement symétrique par le Dr Joseph Popp donnera naissance à la cryptographie asymétrique.
La naissance des programmes
La technologie célèbre ses 35 ans le 12 décembre 2024. Les balbutiements apparaissent dès 2004. Un individu cible les citoyens russes avec un programme connu sous « GPCode ». Il est le premier programme informatique nommé désormais « phishing ». L’arnaque à la promesse de carrière, ou offre d’emploi est née.
Puis les variants tels Archiveus, Krotten, Cryzip, MayArchive usent de clés de chiffrement de plus en plus grandes. Ensuite Reveton en 2012 et Cryptolocker en 2013. Sur les quatre derniers mois de l’année, CryptoLocker amasse plus de 4 millions de dollars. L’opération Tovar stoppe son déploiement. Evgeniy Bogachev, alias « lucky12345 » et « Slavik », est chargé par le FBI d’être le meneur de Gameover_Zeus et Cryptolocker.
Depuis des rançongiciels fleurissent ici et là. Mais différents types existent. Le chiffrant qui affecte l’ensemble des systèmes d’information contaminés. Les utilisateurs découvrent un fichier texte avec des instructions relatives au paiement en Bitcoins. Il existe également les bloquants, ceux qui sont dits de Master Boot Record (MBR), mais les chiffrements sont le plus courants. Certains sont célèbres : WannaCry, Petya,
(Crédits : Mohamed Hassan/Pixabay)
Les ransomwares, dans une liste non exhaustive, sont au nombre de 231. Certains stoppent leur activité, d’autres sont arrêtés par les forces de l’ordre et certains perdurent : Omega, 8Base, BlackLock, Akira, alphalocker, BianLian, blacksuit, BrainCipher, Ciphbit, Cl0p, Daixin Team, DarkVault, Dunghill, Arcus, Basta News, DragonForce, Embargo, Play News, RA World, RansomEXX v2, RansomHouse, Space Bears, ThreeAM, RanomHub, Medusa, KillSec, Cicada3301… et bien sûr LockBit 3.0 (annonçant la version 4.0).
Alors que l’opération policière « Cronos » permettait l’arrestation de plusieurs membres du Ransomware-As-A-Service (RAAS) LockBit 3.0, en octobre 2024, il semble renaître de ses cendres. Sur le site de fuite, le ransomware le plus prolifique et plus médiatique annonce une nouvelle venue le 5 février 2025. Le citoyen israélien Rostislav Panev, accusé d’avoir développer tout ou partie du rançongiciel LockBit risque l’extradition vers les États-Unis pour complot, fraude et cybercriminalité.
Le communiqué d’Europol en octobre 2024 ne laissait aucun doute. L’opération menée entre autres par Europol, l’agence britannique de lutte contre la criminalité (NCA) et le ministère de la Justice américain publiaient des développements liés à leur opération Cronos contre LockBit 3.0. Quatre interpellations s’en suivent.
Si l’opération ne l’extermine pas, « LockBit a perdu des affiliés, dont certains se sont probablement tournés vers d’autres fournisseurs de Ransomware-as-a-Service à la suite de l’opération Cronos ».
Le teasing effectué annonce une nouvelle version de leur ransomware, LockBit 4.0 pour le 3 février 2025. « Want a lamborghini, a ferrari and lots of titty girls? Sign up and start your pentester billionaire journey in 5 minutes with us », proposent-ils.
À travers cinq liens différents en .onion, il faut s’inscrire et verser 0.007896 bitcoin. Dans le même timing, une arrestation révélée par YNet News fait le gros titre. Rostislav Panev arrêté à son domicile, à Haïfa le 18 août 2024, est soupçonné d’avoir participé au développement du ransomware LockBit. (Crédits : capture d’écran/LockBit)
YNet News explique qu’entre 2019 et 2024, Rostislav Panev aurait été développeur de logiciels pour LockBit. Il aurait créé des outils dont l’un permettait d’imprimer des notes de rançon à partir de n’importe quelle imprimante connectée à un système infecté. Au cours de l’enquête, des lettres de rançon menaçantes prétendument utilisées par LockBit et des portefeuilles numériques liés aux paiements de Panev ont été trouvés à son domicile de Haïfa. De plus, une rémunération d’environ 230 000 dollars, versée en bitcoins, aurait été perçue.
L’affaire qui affecte les clients de l’opérateur français Free est malheureusement ordinaire. Une cyberattaque perpétrée par une ou plusieurs individus dont le but est de faire de l’argent. Les données de 19 millions d’abonnés sont dans la nature, à vendre au plus offrant. Après SFR en septembre, Free est victime d’une intrusion non autorisée avec accès à diverses informations confidentielles dont l’IBAN, avec l’aide d’un complice en interne. Existe-t-il un risque ? Que faire en cas d’usurpation ?
Aucune entreprise n’est épargnée : Lumiplan par le ransomware Cactus, Cerp Bretagne Nord et European External Action Service (EEAS) par Hunters, le groupe Althays, Billaud et l’imprimerie Peau par Qilin, Schneider Electric par Hellcat et le groupe Fimar par Bluebox. Ses cyberattaques de type ransomware sont revendiquées depuis le début du mois de novembre 2024.
Quid de vos données ?
Après SFR, c’est au tour de Free d’être touché par une intrusion non autorisée. L’opérateur a révélé le samedi 26 octobre 2024 que les données de 19 millions de ses clients sont volées. Un courriel est parvenu à chaque abonné. L’ensemble de ces données est une goutte d’eau parmi les passées, futures et actuelles fuites. La différence est ici la présence de l’IBAN (International Bank Account Number). Mais quelles conséquences ?
Comme l’explique Benoit Grunemwald, expert en cybersécurité chez ESET dans un article de Numerama « des sociétés peu scrupuleuses se livrent à des malversations pour faire souscrire à des abonnements frauduleux à partir de cet IBAN. »
La méthode est simple. Zojo sur son compte X l’explique. Il suffit d’avoir accès, ici, à Stripe. Vous créez un produit lambda, pour certifier l’identité, vous vous servez des informations (prénom, nom, etc.)… Puis après le délai légal de paiement, vous êtes crédité.
Heureusement, il existe des procédures et protections pour éviter d’être lésé. Pour se protéger, il suffit de se pencher régulièrement votre compte, et faire opposition si nécessaire. Contrôlez les créanciers autorisés, vous pouvez également émettre une liste blanche de prélèvements SEPA, interdire les actions en provenance de certains pays, vérifier les mentions décrivant ledit créancier. L’avantage est aussi d’examiner si vous avez stoppé tous les qui ne sont plus indispensables.
(Crédits : capture d’écran/Free)
Depuis Free et Free Mobile, dépose plainte, le 25 octobre 2024, auprès du procureur de la République. L’ordonnance est rendue le 12 novembre 2024. Elle exige « le numéro de téléphone de cette personne, la ou les adresses IP qui ont pu être recueillies lors de la création du compte Telegram et de l’envoi de ce message, ainsi que les ports-source desdites adresses IP, Toutes informations utiles à l’identification de la personne recherchée, telles que prévues par les dispositions des articles L. 34-1 et R. 10-13 du code des postes et communications électroniques, Toutes informations disponibles dans ce contexte légal, et qui pourraient se rapporter à tout autre nouveau compte ou fonctionnalité de messagerie Telegram qui seraient utilisés par le pirate. »
Données personnelles données volontairement
Les fuites de données sont toujours problématiques. Si comme tout opérateur ou fournisseur d’accès à l’Internet, les civilités semblent nécessaires, qu’en est-il pour les applications que tout un chacun utilise sur son ordiphone ? Sachant que peu de personnes consultent ces centaines de lignes, et que la grande majorité coche la case certifiant l’acceptation et lecture des conditions générales de vente (CGV), ou bien la politique de confidentialité. Prenons alors un exemple parmi tant d’autres (Meta, Tinder, la plateforme TikTok, qui est devenue incontournable, au même titre que le smartphone pour naviguer.
Celle-ci est en vigueur depuis le 4 décembre 2024. « Nous recueillons vos informations de trois manières : les informations que vous fournissez, les informations recueillies automatiquement et les informations provenant d’autres sources. » D’ores et déjà, la firme chinoise annonce la couleur.
Il collecte ainsi le contenu utilisateur, notamment « les photos, les vidéos, les enregistrements audio, les flux en direct (livestreams), les commentaires, les hashtags, les avis, les évaluations, ainsi que les métadonnées associées (telles que la date, le lieu et l’auteur(-rice) du contenu). » Sans oublier la teneur des messages envoyés et reçus.
Mieux encore… imaginez que dans votre registre téléphonique, une ou plusieurs personnes n’utilisent pas les « réseaux sociaux », pour tout un tas de raisons valables. La plateforme recueille « les informations du répertoire de votre appareil, comme les noms, numéros de téléphone et adresses e-mail », si vous choisissez de synchroniser vos contacts, précisent-ils.
Cerise sur le gâteau, « nous conservons les renseignements aussi longtemps que nécessaire pour alimenter la Plateforme et pour les autres fins énoncées dans la présente Politique de confidentialité. » Vous pouvez ainsi, à titre de curiosité récupérer l’ensemble des données de votre compte.
Ce qui est intéressant est qu’outre-Atlantique, les différentes autorités souhaitent clore la plateforme, sans l’interdire, car l’utilisation d’une application ou des médias sociaux est une décision personnelle. François-Philippe Champagne, ministre de l’innovation, de la science et de l’industrie déclare que le gouvernement canadien agit « pour faire face aux risques spécifiques de sécurité nationale liés aux opérations de ByteDance Ltd au Canada ». (Crédits : Anna Shvets/Pexels)
« Le gouvernement ne bloque pas l’accès des Canadiens à l’application TikTok ou leur capacité à créer du contenu. […] Il est important que les Canadiens adoptent de bonnes pratiques en matière de cybersécurité et évaluent les risques possibles de l’utilisation de plateformes et d’applications de médias sociaux. » L’exemple est applicable à toute application, logiciel, jeu-concours, carte de fidélité… il est donc nécessaire de prendre le temps de lire les conditions générales de vente, la politique de confidentialité avant de signer, de cocher.
La ville de Poitiers se retrouve sous les feux des projecteurs depuis quelque temps. La dégradation des magasins sur le quartier des Couronneries, par deux fois ; puis la fusillade sous fond de trafic de drogue occasionne la mort d’un adolescent de quinze ans. Comment cette partie de la citée picte, qui accueille un marché dominical multiculturel, est transformée en un lieu mal fréquenté ? Comment passe-t-on d’un espace où des fermiers vivaient, où les jardins ouvriers fleurissaient, au meurtre d’un gamin de quinze ans ?
« L’actualité est décidément morose », s’émeut Séki Karéson.
« Oui, j’ai l’impression que dans les villes moyennes de France, c’est la même chose », rétorque Sépa Phot.
« Je parle de l’adolescent de quinze ans qui est mort après les coups de feu aux Couronneries, à Poitiers », appuie-t-elle.
« Tu te rappelles notre visite lors du festival de la BD à Angoulême ? »
« Oui et quel est le rapport ? »
« Le quartier de Basseau ressemble à s’y méprendre à celui-là, comme au quartier dit Le Val à Nogent. Je t’explique ! »
Pour permettre un éclairage, il faut prendre du recul, sans jugement, juste avec des faits. Je vous propose de revenir au début de l’année 1939, de construire un parallèle entre le quartier des Couronneries de Poitiers, et celui de Basseau à Angoulême. Deux départements différents, deux villes moyennes, deux chefs-lieux appartenant à l’ancienne région Poitou-Charentes, avec semble-t-il la même problématique de communautarisme.
Il était une fois…
Concernant Poitiers, pour le fameux quartier des Couronneries, imaginez qu’en lieu et place des immeubles, des maisons, des écoles, collèges et lycées, se trouvaient des champs, des vignes et huit exploitations agricoles avec deux communautés religieuses. L’eau courante arrive sur le plateau vers 1938-1939 au niveau du chemin de la Dauvergne et de la rue Jules Vergne. Les tranchées sont creusées par des militaires tunisiens qui cantonnaient sur le quartier des Dunes.
Le 11 décembre 1961, un arrêté du ministère de la Construction fixe les limites actuelles de la zone à urbaniser en priorité (Z.U.P.) des Couronneries. Deux architectes parisiens Raymondet et Malizard établissent un plan de masse prévoyant la réalisation de 4700 logements. L’ensemble néo-urbain reste cohérent, et abrite une population multiculturelle.
Le quartier est attractif par la proximité des commerces, des services, mais également par l’importance du milieu associatif, la proximité des transports, tout en admirant la vue panoramique du vieux Poitiers.
Trois églises, une coulée verte le long des falaises, plusieurs centres commerciaux, une bibliothèque, une mairie de quartier, un groupe scolaire dans chaque secteur…
La vision futuriste où la nouvelle identité se construit peu à peu, notamment grâce au plus considérable marché de la Vienne situé sur les places de Provence et de Coimbra. La ZUP est atypique en France, car les habitants de l’hypercentre s’y meuvent chaque dimanche.
La naissance d’un nouveau quartier est la résultante de l’insalubrité de nombreux de logements dans le Poitiers des années 1960, tandis que la population s’accroît. « En 1967, alors que seuls 40 % des logements français ont l’eau courante et le chauffage central, on atteint les 100 % aux Couronneries », écrit le journaliste Jean-Michel Gouin. Désormais, plus de 10 000 personnes y vivent, et cela engendre de différents usages avec un renouvellement urbain.
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Depuis le secteur des Couronneries a fait les gros titres de la presse. Trois soirées, fin juin 2023 durant lesquelles des émeutes touchent les quartiers et habitants des Couronneries, de Bel-Air et des Trois-Cités, tous trois quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPPV). Les émeutiers embrasent la ville, comme beaucoup d’autre suite au décès tragique du jeune Nahel en région parisienne. Un incendie volontaire détruit de nouvelles cellules commerciales, une année après le premier incendie dévastateur, puis dernièrement la fusillade provoquant le décès d’un jeune de quinze ans.
L’histoire de Basseau, quartier d’Angoulême
Situé à environ 5 km du centre-ville d’Angoulême, dans les méandres de la Charente, il est le faubourg le plus ancien, au moins autant que le chef-lieu. De la plaine de Basseau occupé par les Romains, sous le nom de la ville d’Olipe, aux guerres successives, il disparaît au XVe siècle. Le comte d’Angoulême, Hugues de Lusignan décide de paver le chemin des anglais. Oeuvre que poursuit le maire Gilibert jusqu’à l’ouverture en 1750 du chemin de la poste (Rue de Bordeaux). La poudrerie nationale s’implante au XIXe siècle sur ce qui va devenir le quartier Basseau.
Un camp militaire s’établit, pour loger la main-d’œuvre indochinoise. La Seconde Guerre mondiale éclate le 1er septembre 1939. Une année plus tard, le 24 juin 1940, la 2e division Verfugunstruppe Das Reich s’installe, à son entrée dans Angoulême, dans ce camp. Elle aménage plus de 20 ha entourés de barbelés, de miradors et de tour de guet le camp, spoliant les multiples propriétaires. Il se compose de 125 bâtiments.
En 1947, l’Armée projette la remise à la commune l’ensemble des terrains. De nombreux baraquements édifiés sur les lignes séparatives des propriétés empêchent la vente. Angoulême, en crise de logements, répond favorablement. La municipalité envisage la création d’habitations après avoir transformé les installations existantes. Le conseil général
Les mal-logés et sans-logis devancent l’intervention, et s’installent dans les baraquements dès 1951. « Comme il est impossible de trouver une chambre meublée à Angoulême, si tu veux emménager dans le camp de Basseau, c’est le moment », expliquent deux Charentaises.1
La vie propose parfois des solutions étranges. « On n’a pas hésité. On a dû passer par le bois de Saint-Michel : c’est par là qu’on a fait notre entrée, par un passage dans les ronces, en plein jour et on a déchargé les meubles ; ça a été vite fait, et la vie a commencé… Pour nous c’était le Paradis. »
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La ville d’Angoulême et le Conseil général de la Charente créent le quartier de Basseau. Un comité de gestion est fondé. Il est composé du Préfet, de quatre conseillers généraux et de l’inspecteur d’urbanisme. Vingt réunions en dix-huit mois, pour proroger la situation jusqu’à janvier 1952. Des travaux urgents à la construction des premiers HLM nous voici en 1957, la population est de 1550 habitants dont 900 de moins de 20 ans.
Un quartier en pleine mutation
Un plan de masse est envisagé en 1965 pour une grande partie du secteur « La Grande Garenne-Basseau ». La cité de la Charité voit 116 logements poussés au sol, les bordures de trottoirs sont posées en 1969. De 1970 à 1973, la Petite Garenne est construite. Les souvenirs d’adolescents de Basseau, ayant déménagé à la Petite Garenne, s’envolent avec la destruction des maisons et jardins en 1970.
Il y a moins de cinquante ans, en 1977 le quartier est à l’abandon. Au menu des situations sociétales problématiques, mauvaise desserte des transports en commun, absence quasi complète d’équipements collectifs… « Une impasse sociale et culturelle. Le quartier souffre de sa longue et difficile histoire […] un quartier qui n’intéresse plus personne excepté ses habitants. »
Une nouvelle municipalité souffle un vent d’espoir, mais son maire est rattrapé par la justice, plusieurs fois. Mais le quartier n’a pas bonne presse. « […] la presse est quelquefois injuste et les images ont la vie dure […] »
Les travaux s’éternisent, en 1979, l’école primaire Saint-Exupéry est démolie puis reconstruite en version scolaire. En septembre tombent les derniers baraquements, ultimes témoins de l’ancien camp.
De l’autre côté de la France se déclenchent, au mois de septembre 1979, les premières émeutes urbaines, dans le quartier de la Grappinière, à Vaulx-en-Velin, banlieue de Lyon. La politique de la ville naît aux débuts des années 1980. Elle a pour but de réduire les écarts de développement au sein des villes. Elle vise à restaurer l’égalité républicaine dans les quartiers les plus pauvres et à améliorer les conditions de vie de leurs habitants, qui subissent un chômage et un décrochage scolaire plus élevés qu’ailleurs, et des difficultés d’accès aux services et aux soins, notamment.
Il existe donc le centre-ville, place forte, et les banlieues qui est l’ensemble des agglomérations entourant un centre urbain et participant à sa vie et à ses fonctions. Les banlieues se développent dès la fin du XIXe siècle. Elles émergent en réponse à l’exode rural et l’essor industriel. Durant l’hiver 1954, l’appel de l’Abbé Pierre accélère la politique de construction massive de logements. L’État, de 1959 à 1975 créée 197 ZUP avec 2,2 millions d’habitations à loyer modéré (HLM). Le nombre de HLM passe de moins de 500 000 à près de 3 millions.
Le salarié, aux Couronneriesou à Basseau, doit bénéficier des bienfaits de l’hygiène et de la modernité, en séparant l’habitat du lieu de travail, l’usine. La dureté de la vie laisse le débat de la mixité sociale, des formes urbaines à la porte. La réflexion politique change, dès 1977. La loi Barre dispose l’allocation personnalisée au logement (APL) et oriente vers l’accession à la propriété individuelle. Cela incite les classes moyennes à quitter les habitats sociaux collectifs pour des lotissements pavillonnaires, accélérant la dévalorisation des quartiers, prisés quelques années auparavant.
Pour autant, la crise et paupérisation des banlieues enfante de la politique de la ville en 1980, avec le quartier prioritaire de la politique de la ville (QPPV), quartier de la politique de la ville (QPV) ou quartier prioritaire (QP), communément nommé QPV. Désormais un territoire devient quartier prioritaire lorsqu’il remplit un unique critère, le revenu par habitant. Il compare les revenus moyens de l’agglomération, ainsi que ceux de la France.
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Aux Couronneries 79,7 % de logements sociaux parmi les résidences principales, 57,1 % de taux de pauvreté, 40,5 % des 16-25 ans non scolarisés et sans emploi, 40,4 % de familles monoparentales. À Basseau, 3560 habitants, 55,0 % de taux de pauvreté, 40,3 % des 16-25 ans non scolarisés et sans-emploi, 38,0 % de familles monoparentales. Le calcul, selon l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), détermine 1 514 quartiers prioritaires, dont 1 296 en Métropole. Ils accueillent dans 859 communes un douzième de la population française (5,4 millions) : 70,8 % d’ouvriers et employés, 39 % de moins de 25 ans, 29,4 % d’immigrés, 23,6 % d’étrangers. Cet ensemble inédit concentre la pauvreté, la délinquance, la violence sociale, l’inégalité et l’insécurité.
« Mémoire collective d’un quartier d’Angoulême » édité par l’ACAIQ 1985 ↩︎
La journée la moins agréable de son séjour est arrivée. Ce lundi quatre mars deux mille vingt-quatre, il se réveille aux aurores. Levé à 7 h 30 ce matin, il me reste à réussir à tout caser dans mon sac, songe-t-il. Bien que cette fois je n’ai plus les lyophilisés, j’ai quelques souvenirs plus volumineux à faire rentrer. Sa tocante affiche 8 h 45 quand il dit au revoir à Clémentine et Gonzalo, qu’il remercie une nouvelle fois chaleureusement. Puis, il s’en va chargé comme une mule.
Après avoir déniché une boulangerie, où je mange les moins bonnes viennoiseries de mon voyage, je passe une dernière fois à Scotia Bank pour retirer 5000 pesos. En effet le billet de 2000 est très bien dessiné. Le seul moyen de repartir avec est de faire de la monnaie sur 5000… Désormais habitué, il prend le métro, comme si de rien n’était, mais dans le sens inverse de la veille. À l’endroit même où le bus m’a déposé hier je suis censé y trouver une navette qui va à l’aéroport pour la modique somme de 2000 pesos. Et à peine suis-je sorti du sous-terrain que je grimpe dans l’autobus qui part aussitôt.
Perturbé il se trompe d’arrêt et doit faire une nouvelle fois marcher. 1,5 km pour rejoindre le terminal international de l’aéroport de Santiago. Là-bas tout s’enchaîne très bien et après seulement une demi-heure d’attente en salle d’embarquement je monte dans l’avion de la compagnie LATAM direction São Paulo vers 12 h 15.
Durant les quatre heures de vol, je passe la majeure partie du temps à tenter de rattraper les journées non écrites de ce récit. Arrivé à São Paulo il fait plus de 32 °C, mais je n’ai pas le temps d’y penser. Sauf peut-être à l’arrivée à Paris et ses cinq petits degrés. Je n’ai qu’une heure pour ma correspondance avec le vol de Paris. Le temps, une nouvelle fois, de passer la sécurité aéroportuaire et d’aller aux toilettes, je monte dans un aéronef pour cette fois onze heures de vol. (Crédits : Dendroseris littoralis — Asteraceae, endémique de l’île Santa Clara/Flavien Saboureau)
Alors qu’il est 19 h quand j’écris ces lignes, il fait déjà nuit noire sur le Brésil, étonnant comme fuseau horaire… Pendant ce temps-là, Flavien espère que son sac à dos a bien été chargé dans la soute de l’avion, lors de l’escale. Ce mardi 5 mars 2024, j’arrive à l’aéroport Charles de Gaulle. Le soleil se cache derrière des nuages parisien. Comme prévu, la température avoisine les 5 °C, mais un vent rafraîchit et abaisse la température ressentie. En attendant le train pour Poitiers, c’est la reprise de lecture des nombreux e-mails. « Ça y est, 106 jours plus tard l’aventure se termine. Après 38 000 km, dont près de 1 500 à pied, il est tant de rentrer dans le Poitou, à Lavausseau et de retrouver famille et amis. Il va falloir renflouer les caisses aussi… »
Depuis plusieurs années, les affaires de violences sexuelles prennent une ampleur médiatique accrue. Parmi elles, des cas emblématiques et mondialement relayés comme le procès dit Pelicot, impliquant des viols multiples avec de nombreux individus. Mais également des dossiers jugés avec les 20 ans de réclusions criminelles à l’encontre de Jean-Philippe Desbordes, soulèvent des interrogations sociétales. L’affaire Weinstein déclenche le #MeToo, quel sera l’impact des affaires Pelicot et Desbordes ?
Ce qui émerge aujourd’hui, c’est le choix de victimes de refuser le huis clos pour revendiquer leur droit à la parole et sensibiliser l’opinion publique. C’est aussi un moyen de changer le point de vue, d’être véritablement des victimes, et non plus la cause des crimes perpétrés à leur encontre. La levée du huis clos à la demande de Gisèle, dans le procès de Dominique Pelicot et ses cinquante co-accusés, n’est pas la première fois dans l’histoire judiciaire française.
La fin du silence
L’affaire des « viols de Mazan » met en lumière l’ampleur des agressions sexuelles dans notre société. Elle met en lumière la prise de conscience, voire jusqu’à l’exagération, grâce au choix de la victime, que les débats soient publics. Désormais, les victimes, loin de se terrer dans la discrétion, décident de témoigner pour dénoncer et obtenir justice. Les affaires de Mazan, Desbordes sont malheureusement deux cas parmi les très nombreuses affaires de viols et d’agressions sexuelles, révélées ou non.
En 2023, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur, 114 000 personnes sont victimes de violences sexuelles. « Parmi ces victimes, près de 84 000 victimes ont subi ces violences en dehors du cadre familial ou conjugal, soit 74 % des victimes de violences sexuelles. »
D’autant que la majorité des victimes enregistrées pour violences sexuelles hors cadre familial sont des femmes, dont plus de la moitié sont mineures. C’est pourquoi, lorsqu’elles portent plainte, elles choisissent ou ne s’opposent pas à la mise en place du huis clos.
Ces affaires montrent comment le huis clos, autrefois perçu comme protecteur, peut être aujourd’hui vécu comme un frein à la reconnaissance des victimes. Claudine Cordani est la première victime de viol mineure, en 1985 à refuser le huis clos en France. (Crédits : CQF-avocat/Pixabay)
Lorsque le juge d’instruction lui demande pourquoi elle ne veut pas de huis clos, Claudine répond : « Parce que c’est pas à moi d’avoir honte, et je voulais que tout le monde le sache. C’est pas parce que des gens pensent nous salir, ou pensent que nous avons été salies, qu’il faut que nous, nous le croyions. Et pour ne pas le croire, il faut le dire à tout le monde. Dans un viol, qui doit avoir honte ? Les violeurs, point. Les choses sont super claires, faut pas essayer de nous faire prendre des vessies pour des lanternes. »
Un rejet croissant du huis clos
Les audiences à huis clos, initialement conçues pour protéger les victimes, semblent être en question. Le huis clos est prononcé « […] lorsque les poursuites sont exercées du chef de viol ou de tortures et actes de barbarie accompagnés d’agressions sexuelles, le huis clos est de droit si la victime partie civile ou l’une des victimes parties civiles le demande ; dans les autres cas, le huis clos ne peut être ordonné que si la victime partie civile ou l’une des victimes parties civiles ne s’y oppose pas. […] »
Claudine Cordani est « violée par trois hommes près du canal de l’Ourcq à Paris. Elle est ensuite séquestrée et violée à nouveau dans un appartement du nord parisien. »
Réussissant à s’enfuir, elle rencontre deux individus qui ont eu des altercations avec ses violeurs le matin même. Ils lui donnent leurs noms, elle porte plainte. « Ils m’ont donné tous les éléments pour que la police puisse retrouver mes agresseurs très rapidement et c’est ce qui a été le cas. » Ils sont pris en flagrant délit.
Lors du procès, elle est la première victime en France à lever le huis clos. Elle prend cette décision en 1985, alors qu’elle n’a que dix-sept ans. « À l’époque, ça ne se faisait pas de lever le huis clos dans les affaires de viol, le président de la cour était furieux », explique son avocat au moment du procès, Me Alain Mikowski.
Deux des accusés sont condamnés à 10 et 12 ans de prison, plus de trente ans avant #MeToo.
Similairement, l’affaire Desbordes, où des faits d’agression de barbarie et de viols se sont déroulés dans le cadre familial et sportif.
« J’ai subi des viols, de la maltraitance physique et psychologique, de la privation de nourriture. On a beaucoup souffert », confie Néguineva Momeni, l’une des trois victimes, à l’ouverture du procès.
(Crédits : Pavel Danilyuk/Pexels)
Il écope de 20 années de réclusions criminelles quand son ex-compagne est, elle, reconnue coupable de complicité dans l’exécution des viols, part en prison pour cinq ans. Ils sont inscrits au fichier national des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes.
Des enjeux multiples
Les affaires « Pelicot » et « Desbordes » ne sont pas de simples faits divers : elles sont le reflet d’une mutation, où la parole libérée des victimes devient un levier de transformation sociale. Pour les victimes, refuser le huis clos, c’est aussi regagner un contrôle sur leur récit. C’est aussi un moyen de transformer cette expérience de souffrance en résilience et de revendication. Les souffrances de la victime ne sont pas au cœur du procès pénal.
Le condamné est reconnu coupable des torts causés envers la société. Les victimes et leurs souffrances ne sont prises en compte que si la victime se constitue partie civile grâce au versement de dommages et intérêts. La science comme le terme de victimologie apparaît à la fin des années 1940.
C’est dans les années 1970, sous l’influence des mouvements féministes qu’une seconde tendance émerge. « […] Elle ne cherche plus à expliquer la genèse du crime, mais à traiter la souffrance des victimes. […] La victimologie participe à l’approche scientifique d’un phénomène de société : la victimisation des femmes »1, explique Anne-Blandine Caire, professeur de droit privé et de sciences criminelles et Margaux Camous, attachée temporaire d’enseignement et de recherche, doctorante en droit privé et sciences criminelles.
Il existe désormais une redéfinition du statut de la victime. Elle n’est plus uniquement vue au travers de sa relation à l’auteur. Désormais, elle se constitue en rapport à une société qui la reconnaît dans son identité et sa souffrance en qualité de victime. Un autre point de droit apparaît, le consentement. Le Royaume-Uni, l’Irlande, l’Allemagne, la Belgique, le Luxembourg, Chypre, l’Espagne, la Suède ou l’Islande, le consentement est introduit juridiquement. Des lois exigent un consentement explicite pour les actes sexuels. Depuis le 1er juillet 2018, la Suède adopte une législation sur les infractions sexuelles fondées sur le volontariat explicite, pour que les actes sexuels ne soient pas considérés comme des infractions pénales. Sans consentement franc, vous pouvez être condamné pour viol par négligence ou négligence sexuelle.(Crédits : DR)
Le refus du huis clos marque une étape décisive dans la lutte contre les violences sexuelles. En exposant leur vérité au grand jour, les victimes ne cherchent pas seulement une réparation personnelle : elles ouvrent la voie à un changement sociétal plus profond. Elles ouvrent la voie pour que la honte change de camp. Il appartient désormais aux institutions, mais aussi à chacun de nous, d’écouter avec attention et d’agir pour prévenir ces drames, sans pour autant confondre tribunal des réseaux sociaux et tribunal judiciaire.
« De quelques spécificités victimologiques de l’affaire Pélicot » Publié sur Actu-juridique. ↩︎
Ce matin, Flavien accuse le coup. La fatigue des cent derniers jours, l’accumulation des sentiments divers et variés, les kilomètres parcourus, les dénivelés emmagasinés… font que le moteur a du mal à s’enclencher. Mais il y a aussi le ressenti du continent sud-américain qui, de par sa population attachante, rend le départ de Flavien compliqué. Un jour à Valparaíso, le retour à Santiago du Chili pour récupérer ses affaires, puis la traversée de l’atlantique.
« Je prends le petit déjeuner à l’auberge, mais j’éprouve de la difficulté à démarrer. Je ne pars qu’à 10 h 30. De toute façon ici la vie citadine ne commence qu’à midi », souffle-t-il. Un programme de découverte s’impose tout de même. « Ce matin, ou plutôt cette fin de matinée je visite le quartier coloré de Bellavista ; au passage je parcours quelques marchés artisanaux à la recherche de cadeaux pour mon retour. »
Récupération des affaires chez Clémentine et Gonzalo
Ensuite, l’heure de midi oblige, il se restaure dans un parc culturel, très sympa ajoute-t-il. Après le repas, rien de tel que de faire une pause salvatrice. « J’en profite pour faire la sieste. La semaine, très chargée, sur l’île de Robinson Crusoé m’en a fait oublier l’existence. » Après être rentré à l’auberge pour consulter les horaires de bus, « je prends la ligne de Viña del Mar, la station balnéaire chilienne à seulement quelques kilomètres ».
« Le chauffeur conduit comme un malade, la porte ouverte, à la recherche de clients », s’effraie Flavien. Attiré par les musées comme un papillon par les lumières, il ne rate pas une occasion de parfaire sa culture. « Au vu du monde qui annonce se rendre au musée, le Francisco Fonck, semble valoir le coup », bien qu’hésitant. Toujours suivre son instinct dit le sage. « Je ne me suis pas trompé. Il évoque aussi bien l’histoire naturelle qu’archéologique du pays. Centré sur la civilisation de l’île de Pâques, on peut même y croiser un vrai Moaï à l’entrée. »
Ensuite, Flavien est à la recherche de sa désormais habituelle glace. « C’est blindé de monde », note-t-il en prenant la direction de quelques bâtiments historiques. Son escapade se termine, quelques heures plus tard en retournant sur Valparaíso. (Crédits : Stephanie Melgarejo/Pexels)
En quête d’un restaurant, un rabatteur convainc de rentrer dans le sien. « Je mange d’excellents raviolis au saumon, mais je m’arrête là, ce n’est pas forcément donné. » Avant de rentrer à l’auberge, il flâne dans la ville, de nuit cette fois. Demain c’est son dernier jour avant de passer l’entièreté de son temps dans les aéroports.
La fatigue se fait sentir
Comme la veille, et ce malgré un bon petit déjeuner, le décollage est de plus en plus dur. « Je ne sais pas trop quoi faire avant de prendre le bus pour Santiago. Nous sommes dimanche, le Muséum d’histoire naturelle est malheureusement fermé. » Par défaut, il opte pour le musée de l’armada chilienne. Affublé de ses affaires, après quelques dizaines de minutes de marche « je découvre le bâtiment très impressionnant avec une vue donnant directement sur le plus important port du pays. »
Il visite durant deux heures, mais serait volontiers resté plus longtemps « si je savais parfaitement lire l’espagnol ». Après avoir égrainé de nombreux musées, il touche du bout du doigt l’histoire chilienne.
À peine s’être extirpé du musée, qu’il associe le nom de capitaines de navire avec ceux des rues. Après avoir mangé ce qui est sûrement son ultime completo, sur le sol chilien, direction la gare routière. « Il y a plus de 3 km », comme si trois mille mètres pouvaient effrayer ce marcheur invétéré.
Quarante minutes à parcourir une dernière fois les rues de cette ville. Pour 4 500 pesos seulement, le voici dans le bus en route pour la capitale. « J’ai le temps de rattraper mon retard d’écriture sur mon journal de bord », réfléchit-il. (Crédits : Rodolfo Ditzel Lacoa/Wikipedia)
À son plus grand étonnement, c’est la compagnie française Flixbus qui assure le transport jusqu’à Santiago. Le terminus est annoncé. « Les deux heures de trajet sont partagées entre rédaction et sommeil… Je ne suis pas déposé à la même gare routière que la dernière fois, mais je connais bien le métro désormais. »
Dernière soirée sur le continent
Comme le ferait un Chilien, à travers le métro, il se faufile, pour arriver à sa destination. À 16 h 45, il frappe à la porte de Clémentine et Gonzalo. « Ils m’accueillent, mais je ne tarde pas à repartir pour aller acheter des souvenirs pour la famille. » L’hospitalité qu’ils ont démontrée à l’égard de Flavien l’a touché. Faute d’avoir pu trouver une plante à leur offrir, il n’est pas botaniste pour rien, il les remercie chaleureusement. Ils visitent Cerro Santa Lucia. C’est l’un des parcs les plus courus de la capitale.
Avant l’arrivée des Espagnols au XVIe siècle, les Mapuches l’appelaient Huelén, un mot qui, dans le mapudungun, signifie « mélancolie ». Ce qui correspond parfaitement au sentiment dont l’aventurier du bout du monde semble être pris. Cette colline d’une hauteur de 69 mètres couvre 65 300 m2. À l’origine, elle était utilisée comme point de vue stratégique. De son sommet existe une vue panoramique du territoire.
Après avoir visité le fameux Cerro Santa Lucia, c’est le quartier très connu des fêtards et amoureux de la vie nocturne que découvre Flavien. Barrio Lastarria ou Bellas Artes se situe entre la place d’Italie et Santa Lucia « On se dirige vers le quartier Lastarria, celui des bars. Juste le temps de prendre un verre, Gonzalo a préparé des filets de porc et du riz pour le repas » (Crédits : Nereidas/Wikipedia)
« Ça y est, c’est ma dernière soirée en Amérique du Sud, demain à cette heure-là je serai au-dessus de l’Atlantique… La chaleur diminue et devient agréable. J’en profite, car la météo s’annonce bien différente à mon retour en France ! ». À suivre…